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 Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]

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Diane Sanchez

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MessageSujet: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Dim 4 Nov - 2:43

1ere nuit après la Lune Rouge


Les voilà les cris de joie, les bonheurs nocturnes des faibles, de ceux qui se livrent aux plaisirs de chair et aux bonheurs trop simple pour être ceux de Diane. Faut-il être sot pour tant apprécier de se laisser aller à ce genre de choses, non décidemment, après une journée au marché des esclaves, rien ne lui intimait de rejoindre ces êtres.
C'est plutôt une fois dans sa demeure, en entendant le bruit des vagues frapper longuement contre les planches qu'elle put décider de ne pas faire comme ces gens-là, de prouver encore la différence d'une femme sans âme et de glace.
Un rien pour se vêtir, un pantalon volant, un haut certainement trop court et ses armes avant de se cacher sous une espèce de long voile noir déposé sur son visage. Le pas pressé, trop pressé, traversant pontons et embarcadères avant d'enfin trouver la destination tant espérée: l'île des souffrances, des cris, des cruautés les plus abjectes, et puis les ruines de Kor, rien de tel pour passer une nuit un peu différente.

Voilà que Diane Sanchez prit son souffle pour plonger sans crainte, jamais de crainte, et rejoindre la fameuse île en une bonne heure, oui il n'y avait pas à haïr la nage, c'était elle qui l'avait bien guidée sur cette rive des années auparavant et qui lui avait offert cette vie.
En tout cas, elle était bien parvenu auprès des croix et des hommes presques morts ou endormis sur ces dernières pour mieux continuer à s'avancer en cet endroit.
Un pas de plus pour atteindre les ruines où bien vite végétation et architecture se mêle en un rien de souffrance et de haine, tout pour ravir et inspirer.
S'approcher un peu plus... Et là, sur une pierre, voilà que Diane s'agenouille et offre un rien de sang de victimes récoltées dans la journée, une prière et elle se redresse enfin pour aller s'assoir un peu plus loin. Qui peut passer sa nuit à prier les dieux? Elle certainement, mais assise sur ce recoin de temple, la voilà à passer une nuit à la belle étoile.
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Malak Rochaël

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Dim 4 Nov - 3:59

"Tu veux peut être me donner la main aussi ?"
Demanda alors Malak parfaitement incrédule. Bon sang, il n’y avait pas que des intellectuels parmi les pirates, et surtout des crétins congénitaux selon lui ! L’homme a demi penché devant lui, terré dans l’obscurité de quelques ombres hasardeuses ne bougea pas, et ne répondit pas non plus. Dieu qu’il y avait parfois des êtres stupides et complètement inconscients des risques qu’ils prenaient à chaque silence consenti et résigné. Quand Malak avait décidé de l’emmener avec lui, ce n’était pas pour avoir un animal de compagnie, en la personnification d’un chien, mais bien un gage de survie. De là à ce qu’il l’accompagne dans son projet, il n’avait pas eu ce genre de suite dans les idées. Il aurait fallu être vraiment sot pour avoir d’ailleurs une telle idée, et déjà que son entreprise s’avérait quelque peu dangereuse voir complètement suicidaire, Malak n’était pas homme à se démonter, surtout devant une femme.
Oui, c’était bien après Diane qu’il courrait furtivement. Cela n’avait rien de difficile, c’était même d’ailleurs évident, vu que le matin même, leurs routes s’étaient croisées et qu’il lui avait promis une nouvelle entrevue. Sans doute plus vite que la briseuse d’âme n’aurait pu le concevoir, mais c’était le côté parfaitement imprévisible et surprenant du chef des Egorgeurs. Comment savoir où elle se trouvait ? Malak n’était plus au temps où il envoyait quelqu’un la suivre, car il aurait pu être certain qu’il n’aurait jamais revu cet homme. Non, il avait simplement fait comme tout le monde, il s’était renseigné, et en général, quand il voulait savoir quelque chose, les connaissances finissaient toujours par lui venir. Richement informé, il n’avait d’ailleurs été que peu surpris, et ne s’était pas attardé, une fois que le soleil était venu effleurer l’horizon. Absent pour une durée indéterminée, et peut bientôt interminable, mais peu importait, qui ne tentait rien n’avait rien, douce philosophie en cette soirée, qui pouvait être tout aussi plaisante que sanglante. Tout un programme.
"Dégage !"
Finit-il par ordonner un l’homme qui déguerpit rapidement. Non mais c’est vrai, il n’était vraiment pas aidé parfois. Ses critères devenaient vaguement laxistes mais il se promit d’y remédier en temps et en heures, et en l’occurrence, ce n’était ni le lieu ni le moment pour pareille réflexion. Malak s’engagea un peu plus sur l’île de la Muerta, au point de s’enfoncer dans les ruines de l’ancien temple dédié à la divinité des torturés, Kor. Il n’était pas spécialement prudent, d’autant qu’il avait l’ouie fine, et qu’à part Diane, il voyait mal quelqu’un s’aventurer dans un tel lieu. En un sens, il estimait le fait qu’elle ose venir jusqu’ici, mais loin de s’y attarder, il passa même à tout autre chose lorsque ses yeux tombèrent sur la femme en question. Un sourire s’étendit sur ses lèvres, et ne doutant pas qu’elle ait déjà dû l’entendre, il s’arrêta à quelques pas, pour commencer :
" Diane Sanchez, Briseuse d'Âmes par excellence, seule sur l'île de la Muerta. Je pesais donc mes mots quand je disais "plaisir"."
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Diane Sanchez

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Dim 4 Nov - 13:50

Un bruit, puis un autre, la voilà qui sent le danger et se met bien vite sur ses gardes, la main sur sa dague, décidemment à l'affut de tout, de peur peut-être de finir en un combat sanglant avant de reconnaitre le pas: Malak, le chef des Egorgeurs sombres, que pouvait-il donc faire là? Une brute stupide qui déjà lui semblait trop malsaine, oui malsaine puisqu'après tout, elle, elle ne l'était pas, elle représentait simplement ce glaçon inatteignable entre tous.
Et au lieu de se targuer de cela, la voilà à lever les yeux sur cette ombre s'avancant déjà avant de se redresser pour faire face à l'ennemi potentiel. Que pouvait-il donc lui vouloir pour la suivre jusqu'ici? Car oui, il était simplement clair qu'il l'avait suivit ou bien qu'il savait où elle se trouvait, il était simplement impossible qu'il soit là juste pour prier, ce serait étonnant de la part d'un homme tel que celui qui ne semble avoir aucune foi.
Pourtant... Pourtant il y avait certainement de quoi réveiller les instincts les plus bas, mais hors de question.
Droite, bien en face de cet homme déjà trop proche d'elle, elle plantait encore son regard glacial, toujours ruisselante d'eau suite à sa nage effrénée.


-La solitude a souvent du bon, je ne pensais pourtant pas que je méritais une malédiction en me retrouvant face au chef des Egorgeurs Sombres.


Le ton était déjà donné, un rien d'agressivité déjà mais inaudible dans sa voix, pourtant, utiliser le mot "malédiction" exprimait déjà ce que pouvait penser Diane de la situation.
Tordant un rien ses longs cheveux noirs pour qu'un peu d'eau s'échappe de ces derniers mais toujours une main sur sa dague, la voilà à fixer cet adversaire.


-Et que me vaut cette confrontation?

Après tout oui, que lui voulait-il donc lui et son regard si pervertit, valait-il donc mieux que ces prostituées qu'elle détestait tant? De toute évidence non, il avait absolument tout d'une bête, de quoi la mettre en rage, pourtant, elle restait là, impassible, toujours pour ne pas se rabaisser, pour rester digne et certainement pour comprendre ce qu'il pouvait bien lui vouloir.
Ha ce qu'elle détestait cette idée d'attirance animale contre laquelle luttait déjà le peu d'âme lui restant. Non, il était impensable de se rabaisser aux Egorgeurs. La pensait-il donc si faible?
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Malak Rochaël

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Dim 4 Nov - 14:34

Diane Sanchez dans toute sa splendeur. Toujours aussi froide, distante, effacée, décalée du propre de l’homme, à tel point qu’il aurait été bon de savoir de quoi elle pouvait bien être faite. Cette femme était du respect à l’état pur, une montagne infranchissable, imprenable, qu’apparemment, rien ne saurait ébranler, atteindre, voir même effleurer. La Briseuse d’Âmes était à elle seule la quête la plus improbable que l’Homme saurait entreprendre, et pourtant, Malak, dans un accès d’audace, de courage, d’inconscience ou même de suicide s’y était attaché et bien loin de s’en voir démonter, il n’en était que plus hardi. L’ego de Malak n’avait sans doute aucun égal, si triste cela soit-il à dire, mais après tout, Diane semblait en valoir la peine, en tous les cas, il ne démontrait ainsi, aussi suicidaire cela pue-t-il être.
"L’affront que tu fais à la nature humaine fait de toi la proie de tous les châtiments, Diane, répondit-il simplement. Crois-tu seulement être maudite par ma présence ?
La réplique qu’elle avait su lui adresser auparavant "aurait sans doute refroidi plus d’un homme, mais Malak n’était pas la personnification d’une telle banalité. Déjà qu’il fallait une certaine témérité, sinon une inconscience démesurée pour venir jusqu’ici, jusqu’à elle, et oser seulement entrer en contact, encore moins se seraient aventurés si près de la mort. Combien d’hankiens l’auraient fait ? Malak était quasiment certain qu’ils pouvaient se compter sur les doigts d’une main et que les deux tiers auraient été complètement fous. Les autres ? Simplement animé par un désir inexplicable, qui valait tous les courroux et toutes les souffrances de l’île elle-même.
"Mais je vais me faire un plaisir d’être ton fardeau, reprit-il enfin."
En parlant de malédiction en tout genre, Malak était sans doute l’homme le plus maudit que l’île ait su engendrer. Si l’on faisait abstraction, déjà, de toutes les prières des hommes adresser aux dieux pour le punir d’autant de violence et de cruauté, il ne réchappait pas aux offenses divines elles-mêmes. Contrairement à ce que l’on saurait croire, Malak avait la foi, mais loin de croire en quelques divinités multiples et pathétiques en son sens, il ne vouait ses croyances qu’en lui-même, et en une nature qui avait su faire de lui ce qu’il était devenu. Le paradoxe était tout là. Malak ne voulait guère croire en ces êtres mystiques fabriqués par les habitants de l’île avant lui, il se contentait uniquement de croire en l’île, rien de plus.
Confrontation ? Oui, leur rencontre en avait tous les airs, de toute façon, Malak n’avait que des ennemis, au point que chacune de ses rencontres devienne une potentielle rencontre voir règlement de compte sanglant. Rien ne l’opposait vraiment à Diane, d’autant que la quête qui l’animait était tout autre. Pourquoi aurait-il voulu sa mort ? Il n’avait que faire des briseurs d’âmes, et n’avait point besoin de leur pouvoir et de leur influence pour continuer à prospérer et à s’étendre. Une visite en tout bien tout honneur, si l’en est, semblait pourtant être exclue.
"Une envie insatiable de poser les yeux sur toi, et d’entendre avec un plaisir peu commun ton sarcasme et la froideur de ton âme."
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Diane Sanchez

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Dim 4 Nov - 14:51

Etait-il en prime trop audacieux ce pirate sans coeur et à l'écoute du moindre de ses désirs? Oh que oui, chacun de ses regards, chaque mot exprimait clairement ses désirs, elle aurait put l'envier puisqu'après tout, elle n'avait rien d'aussi excitant, mais c'était cette différence qui l'éloignait des hommes pour tenter de se rapprocher des Dieux.
Pouvait-il seulement s'en targuer? En tout cas, Diane cherchait toujours à le différencier, l'abaisser un peu plus pour s'échapper de l'emprise qu'il tentait déjà de poser sur elle.
Voilà seulement l'instant où elle avait put comprendre qu'il n'allait pas tenter de lui planter une lame ou de l'égorger, de toute façon, cette idée était juste stupide, deux chefs de clan n'ont aucun intérêt à déclencher une guerre quand ils sont liés l'un à l'autre par le bénéfice de l'esclavagisme.


"Un affront la nature humaine? Voilà une chose nouvelle, mais je doute qu'on me maudisse pour ta présence" Elle n'avait put qu'arquer un sourcil à chacune de ses paroles .

Que pouvait-il donc vouloir? En tout les cas, sa dernière réponse était plus que nette, il n'y avait aucune question à se poser, il tentait donc de la prendre pour l'une de ses nombreuses prostituées? Inutile de le préciser: elle était alors vexée au plus haut point, voir plutôt courroucée par ses paroles et prit bien vite le temps de lui tourner le dos, toujours sur ses gardes, pour changer de lieu et se retrouver plus proches des corps en croix, hésitant à repartir, et puis non, ce n'était pas à elle de perdre un instant sa dignité en s'éloignant!


"Ne me prends pas pour l'une de tes prostituées, je ne suis pas de cet acabit, si tu désires être un fardeau, sache que je me débarrasse vite de ces derniers, je n'apprécie aucune faiblesse.

Oh oui, bien entendu, intérieurement elle restait humaine et aurait put laisser échapper un sourire, mais laisser un sourire c'était être vaincue, impensable en somme, elle conserva donc ce regard froid pourtant animé désormais d'un rien d'envie, que connaissait-elle à ces choses là? Rien, elle ne connaissait que les hommes d'Amérique qu'elle n'avait découvert que comme des choses faibles, et elle s'était interdite à faiblir à nouveau.
Alors non, le roc ne flanchirait pas un instant, même pas pour un pirate à l'âme aussi sombre que la sienne.

Mais la flatter sur sa froideur, son sarcasme, c'était une belle tentative, un autre coup d'épée dans l'eau en apparence en tout cas. Pourquoi les hommes devaient-ils donc se prendre d'envie pour les femmes inacessibles? Et pourquoi devait-il blasphémer à ce point? Pour un peu, elle aurait-été prêtresse, fort heureusement, elle n'était pas faible à ce point. Un soupir et elle se tourna enfin pour lui faire face, aussi proche certainement qu'il s'amusa à l'être dans la matinée pour lui chuchotter quelques mots.


"Poses les donc sur une chose plus agréable, et si tu aimes tant les âmes noires, regardes donc la tienne dans un miroir, je ne suis pas un objet de désir."
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Malak Rochaël

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Dim 4 Nov - 16:29

"Prostituée ? Oh, Evangeline est bien plus que cela, Diane. Tu sous-estimes tellement les femmes qui ne sont pas de ta force. La chaleur de son âme vaut bien la froideur de la tienne."
Etre l’enfant des plaisirs charnels n’apparaissait pas à Malak comme une faiblesse. En tous les cas, pas sous toutes ses formes, surtout quand l’on considérait la mère des prostitués. Cette dernière avait su se faire sa place par ce moyen, et elle savait surtout en jouer. Quand on y pensait, c’était bien plus les hommes qui en étaient affaiblis, qui se laissaient leurrer par la beauté d’un corps, aux dépens de la cruauté de l’esprit. Evangeline Warford avait réussi là où toutes les autres n’étaient que de vagues plaisanteries, et son pouvoir s’était étendu au point que l’on puisse maintenant constaté que peu d’hommes avaient encore la chance et le privilège de pouvoir effleurer un tel être du bout des doigts. Evidemment, Malak était de ceux-là, tout simplement parce qu’il était l’un des mieux placés à Hanka pour prétendre à un tel plaisir, mais il ne passait guère son temps à s’en vanter, à quoi bon ? Cela aurait été comme s’il pouvait se vanter d’être à la tête des Egorgeurs Sombres, si ce n’était inné, c’était bien largement mérité.
En somme, la seule chose qui faisait la différence entre Evangeline Warford et Diane Sanchez, c’était bien l’intérêt que l’on pouvait leurs porter, et leurs procédés de réussite. La première avait compris la principale faiblesse de l’homme, la chair, et la seconde avait tout aussi bien saisi celle qui s’en suivait, la crainte par le respect ou l’intimidation. Selon Malak, elles se valaient, mais il n’attendait pas la même chose des deux partis. L’on pouvait considérer que la mère de la Rose de Sang n’était qu’une proie facile, presque rêvée, tant la réussite était évidente, mais il n’avait obtenu d’elle qu’une douce nuit. Et après ? Le respect avait suivi, car outre la satisfaction qu’elle avait su lui apporter, Malak avait su reconnaître en elle, quelque chose de bien plus précieux : il avait su se montrer vulnérable à son corps, et sa fin s’en était trouvé tellement proche. Evangeline n’était pas femme à sous-estimer. Pour Diane, cela semblait en fait le contraire. Plutôt que de s’attaquer à la chair avant l’esprit, l’on devait se confronter à la froideur émanant de son âme, bien que son corps sache attiser tous les brasiers possibles. Elle se montrait dure, distante, glaciale, si bien que l’on savait comment l’estimer, mais n’avait-elle pas elle aussi cet ardent penchant aux plaisirs charnels ? Malak en était réellement persuadé. Pourquoi comparer les deux femmes ? Tout simplement parce qu’elles se ressemblaient bien plus que l’une ou l’autre ne voudrait bien l’admettre.
"Ton soucis, Diane, c’est que tu vois tout par la faiblesse, tout ce qui ne te ressemble pas, qui ne t’équivaut pas … Jure-tu par autre chose que l’état de vulnérabilité des uns ou des autres ? Tu ne vis plus que pour ta puissance, et pourtant moi aussi … "
Sauf que lui vivait de surcroît pour les plaisirs que les dieux semblaient tout de même avoir accordé à l’homme de son vivant. Il n’existait pas d’état de réelles faiblesses, selon lui, mais il savait que la Briseuse d’Âmes ne jurait que par cela. Il était difficile de dire lequel de leur ego était le plus imposant, car si Malak le démontrait toujours avec une extrême clarté, Diane était loin d’en être totalement dépourvue, et son attitude en était le spectacle gratuit. Elle vint ensuite à lui, enfin, sous une certaine relativité tout de même. Le signe précurseur d’une victoire ? Il n’y croyait guère, mais il était loin d’être à court d’arguments et d’efforts, ce serait trop facile en ces termes.
"Diane, Diane, Diane … Pourquoi dois-tu être si peu objective ? Je sais le sang empoisonné qui parcourt mes veines, je suis né ainsi. Pourquoi crois-tu que ma noirceur d’âme est un seul penchant pour une femme de ton envergure ? Si tu n’étais pas si imbue de toi-même, de ton sentiment de puissance, tu saurais que tu es l’objet de toutes les convoitises, quoi que je sois le seul audacieux inconscient capable d’oser te le dire."
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Diane Sanchez

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 14:10

Comment osait-il donc la comparer à cette femme qui n'avait aucune dignité? Absolument rien ne pouvait les comparer, elles étaient bien trop différentes et à dire vrai Diane n'était pas l'un des trophées que l'on exhibe à chaque instant comme elle qui pouvait trop souvent s'en targuer. On ne se voyait pas prit de fierté quand on avait été marqué par Diane Sanchez, on apprenait plutôt à être réduit et brisé, on s'enseignait alors un sens de respect bien différent que le plaisir.
Après tout, elle était certainement bien plus la représentation d'une brutalité silencieuse et trop froide, sinueuse et empoisonnant les chairs avant de vous enlever tout dignité. Diane célébrait juste la grandeur de la puissance et du respect des puissants, rien de plus et d'une façon pourtant différente des prêtres de l'île. Elle n'était pas un jouet des choses trop terrestres! Jamais elle ne se laisserait aller à des choses avec si peu d'intêret dans ce qu'elle appelait le lieu supérieur, la terre des Dieux.

Comment ne pas y penser? Et surtout comment imaginer qu'un homme comme lui se permette de désirer la souiller de ses pensées obcènes? Oh oui, elle était en rage, vexée, terriblement et péniblement d'ailleurs puisqu'elle en serrait les dents jusqu'à se mordre un instant le petit doigt, comme elle le faisait trop souvent, saleté de manie qui lui donnait une apparence trop stupide à son gout. Elle reposa bien vite sa main avant de poser encore sur Malak un regard ardent, y avait-il du désir? Certainement mais principalement de la rage et un certain mépris pour les paroles qu'il avait tenu. Mais on ne se permettait pas la colère sur une île où l'on vient offrir ses prières! Jamais, la voilà donc redressant l'échine et le visage, toujours trop proche de ce pirate trop arrogant, cruel certes mais trop décadent et ne s'attardant de toute évidence pas aux désirs des Dieux.
Comment pouvait-on être ainsi? Et comment osait-il en prime en rajouter? Elle avait l'impression de voir une vieille scène de théâtre observée en Thaïlande, là où les masques cachent les hommes pour ne montrer que leur âme et leurs terribles secrets, et où chacun tente enfin de briser l'autre par quelques danses singulières et typiques, leurs mots les représentaient certainement trop.


"Et c'est un soucis? Je ne vis que pour une puissance que tu n'oserai convoiter, voici certainement la différence, je suis un peu moins terre à terre. "

Elle avait à nouveau arcquer un sourcil et se sentait surement plus puissante que jamais face à lui et grace à ses mots et ses pensées quand à leurs désirs si différents, elle en esquissa d'ailleurs un début de sourire narquois, de quoi certainement énerver un peu plus son locuteur, mais elle doutait que cela y fasse grand chose. Voilà que pour l'instant elle se sentait juste différente, comme elle l'aimait parfois, avoir ce sentiment de ne pas être simplement une femme sans coeur, mais d'y ajouter un rien de mystique qui certainement fait parfois une certaine différence.
Et voilà qu'elle avait droit aux arguments stupides et trop réchauffés pour être un jour oublié.


"Sais-tu que tu parles comme les gens du continent d'où je suis issue? Et penses tu donc que les convoitises stupides et sans intérêt m'attirent un seul instant? Je te le répète Malak, cherches donc une autre victime, tes mots ne feront rien, quoique tu dises. Il y a du bon à être imbue de soit, crois-moi, enfin, tu le sais très bien après tout, tu n'es pas plus délicat à ce sujet!"
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Malak Rochaël

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 14:36

"C’est ça qui est remarquable chez toi, Diane, reprit-il dans un sourire tout bonnement amusé, avec une légèreté impressionnante. Tu démontres toute la froideur par laquelle ton corps est consumé, mais ce n’est jamais qu’une douce façade, un masque factice. Es-tu seulement consciente du brasier qui anime ton esprit ? Le regard que tu poses sur moi n’est guère celui d’une femme indifférente, distante et sans pitié …, finit-il tranquillement, avec un peu plus de sobriété. Tu veux être proche des dieux, t’éloigner de ce que tu dis futilités et ignominies, mais tu sais combien les divinités ne veulent pas des hommes, quand nous sommes, nous, les seuls qu’ils veuillent bien de toi."
Malak, Malak, Malak … Il ne cessait jamais de s’exprimer dans cette suffisance personne agaçante, comme si tout ce pouvait bien sortir de sa bouche était le fruit d’une légitimité quasiment divine, quoi qu’il n’ait aucunement ce genre de foi. Il avait en revanche toute confiance en ce qu’il savait prononcer, et ne changerait pour rien au monde chaque mot s’était vu sortir de sa bouche. Il était toujours en position de conscience de ce qu’il disait, faisait et désirait, et c’était justement le poids de sa force, car s’il n’était pas convaincant, il était tout de même lucide. Au pire, elle ne le tuerait pas, il s’en irait de lui-même, ce qui semblait d’ailleurs prévu sous peu. Il était parfaitement inutile pour lui de la mettre en rage au point qu’elle ne se déchaîne, mais ce n’était pas pour autant qu’il comptait partir sur le champs, et encore moins qu’il ne comptait pas revenir dans des temps prochains, et sans doute plus proches qu’elle ne pourrait le concevoir. Il demeurait tout de même légèrement attristé d’un tel refus, trop conscient de ses propres aspirations, qui ne se résumaient pas seulement à un simple désir, contrairement à tout ce qu’il pouvait explicitement avancer. L’éloge qu’il faisait à Diane ne visait pas seulement à partager un moment avec elle, loin de là.
Elle avait beau se voir plus puissante et plus imposante que lui, Malak ne cillait pas, ne bougeait pas d’un pouce, ne faisait rien que soutenir le feu de son regard ardemment dirigé contre lui. Cette lueur incendiaire qui brillait intensément était justement le paradoxe de cette femme de pouvoir. Son corps de glace n’était que la surface que son cœur de feu. Et pourtant, elle demeurait totalement détachée, indescriptible, inapprivoisable. L’indomptable Diane Sanchez était bel et bien fidèle à elle-même, et Malak en était si conscient, qu’il poursuivait en ce sens. S’il avait durant un seul instant désire une femme si facile à conquérir, il se serait aventuré en terrain moins hostile que celui de cette Briseuse d’Âmes.
"Il ne s’agit pas de victimes … Il s’agit de bien plus que cela. Ce qui te gêne le plus dans le désir que j’éprouve pour toi n’est pas le fait en lui-même, mais bien que je sois passé par autre chose avant toi. Tu t’estimes tellement que tu ne me vois pas digne de toi … sans doute, continua-t-il dubitatif. Je respecte cela, mais je n’abandonne pas. "
Tout ceci ressemblait vaguement à un « Malak, vas-y, enfonce toi un peu plus » et pourtant, il s’enhardissait toujours à poursuivre. Il ne se déferait pas si facilement de ce qui l’avait conduit jusqu’ici, et rien que pour ce regard incendiaire qu’elle posait sur lui, il était capable de demeurer ainsi encore un bon moment.
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Diane Sanchez

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 15:16

"Laisses donc ton interprétation douteuse de mes regards! Qui es-tu donc pour te permettre de penser si bien les connaitre? Nous ne sommes rien l'un pour l'autre mis à part des collègues et c'est certainement bien mieux ainsi quand je vois tes ambitieux bien simplistes." mais qu'est-ce qui, pour Diane n'était pas simpliste? Elle réagissait presque comme si une gosse était enfuie bien profondément dans le reste de son âme. "Comment peux-tu juger de ce que les dieux veulent ou non de moi? Te penses-tu leur égal?" Prise par une envie indicible de lui prouver le contraire, de prouver au monde qu'un jour les dieux poseront leur regard sur eux pour leur offrir un petit "quelque chose", elle lui avait murmuré ces mots au creux de l'oreille.

Que lui prenait-il donc? Elle avait ce besoin indécent de prouver au monde qu'après tout, oui, ceux qui le désireraient pourraient se rapprocher des dieux, les égaler ou peut-être prendre une place là-bas, à leur côté. Elle aspirait à quelque chose de si différent, à un monde encore plus complexe, puisqu'après tout, elle venait d'ailleurs, et un dépaysement demande un autre dépaysement et ainsi de suite. Et voilà que ce Malak se voyait à son tour presque divin? Pourquoi ne voulait-il donc pas croire en la nature divine? Voilà qu'il l'intriguait, la gamine bien cachée en elle était terriblement intriguée désormais par un homme qui pourtant devrait croire plus que tout autre à ces divinités.

Qu'était-il donc, lui l'Egorgeur qui se donnait une image si arrogante quand elle commençait à en saisir autre chose. Etait-il lui aussi un genre de gamin qui ne désire qu'un jouet qu'il ne peut pas avoir ou cachait-il donc un petit quelque chose plus intriguant? Y avait-il un passé divin ou une chose de ce genre? Elle qui n'était pas native avait toujours été intriguée par les êtres ayant toujours vécu en ces lieux, ils devaient saisir et distinguer des choses qu'elle ignorait plus que quiconque puisque trop nouvelle ici. Et si il était alors ce genre de clef qui vous permet d'atteindre les dieux? Ou alors se cherchait-elle simplement des excuses aux paroles qu'il avait prononcé et qu'elle savait trop juste. Son regard qui avait été parcourut d'un intérêt certain avait reprit ce bleu glacial pourtant toujours parcourut de cette flamme si particulière. Ha, ce qu'il était cruel d'avoir ce genre de sentiments humains sans en comprendre le but.


"Crois-tu donc que je me limite à ce genre de choses? Tu crois donc tant en toi pour penser que j'éprouve une crainte quelconque parce que tu as un passé? C'est tout aussi prétentieux Malak!
Non, je ne vois que faiblesse dans ce désir de chair, voilà tout, pourquoi ne veux-tu donc pas le comprendre? "


Pourquoi restait-il donc si persuadé? Si conquérant? Et finalement voilà qu'elle se répétait encore un peu cette question, elle aurait adoré savoir ce qu'il lui voulait vraiment.
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Malak Rochaël

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 15:47

"Tu te crois puissante et forte parce que tu nourris l’ambition de valoir la grâce des dieux ? Demanda-t-il profondément amusé cette fois-ci. Tu oses prétendre que t’écarter de la dite faiblesse de la chair fera de toi un soupçon de leur égal ? Tu es une femme, Diane ! Rien de plus, et qu’importe tes croyances, tes actes, et ton attitude, tu ne seras jamais qu’un pion sur leur vaste jeu pervers, qui vise à nous laisser nous élever, pour mieux rabattre notre orgueil et notre réussite ! S’évertuait-il à lui faire comprendre. Nous ne valons par leur ego, et rien que pour cela, les dieux se jouent de nous. N’a-t-on jamais appris sur ton continent que les dieux envient la seule chose que nous possédions et qui leurs fasse défaut, soit la mortalité ? Nous pouvons mourir ! Et c’est exactement pour cette raison que nous sommes vus comme des êtres faibles. Tu te crois si proche d’eux, que tu omets tout ce qui fait ta nature, finit-il avec toujours autant de passion. Les dieux ne sont que la mystification des ambitions stupides de l’Homme qui ne sont pas capables d’admettre leur présent. A quoi bon rêver d’un futur divin et éternel, quand on est incapable de vivre son présent sans savoir de quoi sera fait demain et si l’on a encore la chance de voir ce lendemain se lever sur notre vie ? Veux-tu donc vivre dans cette éternité stupide dont tu te lasseras encore plus vite ? Oh, Diane Sanchez, j’avais sur estimé votre valeur, conclut-il gravement."
Il sentait cet ardent brasier brûler chaque partie de son corps, ce qui n’était dû qu’au regard qu’elle posait encore et toujours sur lui. Cela faisait bien longtemps que Malak avait démystifié la grandeur factice des dieux, pas qu’il n’y croit pas, c’était sensiblement différent, mais bien que pour lui, les dieux n’étaient qu’un adversaire qu’on s’évertuait toujours à combattre bien que l’on sache pertinemment qu’on faillirait un jour. Il connaissait les légendes, et les craintes de ses ancêtres, mais les massacres dont il avait été l’auteur ou le commanditaire lui avaient donné la foi selon laquelle les dieux, si impitoyables soient-ils, ne laisseraient jamais un ego tel que celui de Malak ravager sans rien dire une communauté entière. Là où l’Egorgeur aurait pu penser avec vanité que les dieux le craignaient, il savait qu’un jour son tour viendrait, et que sa puissance serait annihilée plus vite qu’il lui avait fallu de temps pour la bâtir. Et après ? Certes, ses ambitions se voyaient sur le court terme, mais il se refusait catégoriquement à prétendre à de telles bassesses en côtoyant ces dieux tellement imbus d’eux-mêmes et aveuglés par leur pouvoir qu’ils ne sachent plus quoi inventer pour torturer l’Homme. En un mot, Malak voulait vivre l’instant présent, avant qu’un dieu s’ennuyant à mourir dans les recoins sombres animés par son esprit vil et joueur ne s’attache à détruire sa vie comme il l’avait pour bien d’autres avant l’Egorgeur. Ce dernier se vouait à un combat sans merci contre les divinités, jurant que tant qu’il tiendrait debout, il continuerait à défier les dieux par toute l’arrogance et la vanité propre à l’Homme et sa future perte.
Paradoxal, sans aucun doute. Malak était sensiblement différent de la majeure partie des hankiens, natifs tout du moins, et il n’avait guère plus de foi en les dieux qu’il en avait en les hommes. La seule arme qui osait faire la différence était bien sa fierté, qui faisait sa force. Tout était question d’orgueil, mais Malak était loin d’être si aveuglé qu’il ne prenne pas conscience de l’épée de Damoclès qui trônait toujours au-dessus de sa tête. Quitte à ce qu’elle transperce un jour son corps, il voulait avoir vécu tout ce qui était possible, avoir satisfait toutes ses aspirations jugées si futiles et qui faisaient néanmoins l’envie des dieux s’ennuyant du haut de leur ego démesuré. Diane ne voulait ou ne pouvait le comprendre ? Qu’à cela lui tienne, Malak ne pouvait pas changer la vanité de cette femme d’exception, comme personne ne saurait changer la sienne. Tout allait logiquement, Diane et Malak n’évoluaient pas dans le même monde, au grand damne de ce dernier.
"Je ne comprendrais jamais ton sens de la faiblesse, reprit-il. Qui crois-tu être devant tes dieux ? Crois-tu pouvoir prétendre à leur vaine faveur ? Ta foi suffira-t-elle vraiment à seulement les approcher ? Oh, oui, qu’ils te rendent avec brio ta servitude ! Sur joua-t-il. Combien de ces chiens qui te servent d’esclaves passent de leur temps à prier pour que tu les exécutes plus vite ? Alors, oui, les dieux entendent nos prières. Et ceux qui veulent leur liberté ? L’amour ? Ta mort ? Les dieux ne répondant qu’à un seul désir … Et ce sont bien le leurs. Je me suis tellement attardé en ta compagnie que je m’en vois totalement dérouter de mon objectif premier. Inutile que je change ta vanité, seuls tes dieux sont en mesure de calmer ton ego …, finit-il dans un souffle."
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Diane Sanchez

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 16:04

"Oui je me pense différente Malak, parce que je ne viens pas d'ici, parce que de ma terre natale, les seuls Dieux que nous avons priés ne nous ont pas apporté la moindre chance comme ceux qui sont bien ici! Parce que de là où je viens, le seul dieu qu'ils prient trop souvent est lui, l'incarnation des désirs des puissants.
Mais ici j'ai vu des choses que je n'espérais pas, j'ai simplement put voir qu'il existait encore une flamme en un lieu et pour être arrivée ici je ne peux que croire en eux.
Es-tu capable de le comprendre toi qui as toujours vécu avec eux? Si je pouvais te montrer ce qu'est mon monde, peut-être me comprendrais-tu."
La voilà qui levait le regard vers un ciel rouge avant d'esquisser un sourire aux accents de mélancolies qu'elle avait trop connu là-bas. "Tu vois, j'ai un rien de sentimental au plus profond de moi, c'est ce qui continue de me faire espérer." Et la voilà qui se révélait un peu trop à son gout mais elle ne pouvait plus réellement cacher ces choses.

A cet instant, Diane trop froide et brutale révélait peut-être un rien de faiblesse qui la fit se détourner pour observer un peu plus ce ciel bénit qui ne lui rapelait que trop qu'elle n'était qu'une étrangère ici, une naufragée qui avait sut se faire une place. C'était cela qui l'avait rendut si croyante: la possibilité de se trouver une nouvelle vie et un recommencement inespéré, c'était peut-être pure folie, mais elle se sentait vivre en y pensant, elle était juste la femme qui avait put recommencer et oublier l'identité des hommes en d'autre terre. Pouvait-il seulement le saisir? Un soupir et elle finit par se reprendre, était-il utile de montre qu'elle était bien différente de l'image qu'elle donnait? Elle avait assez subit ici pour se forger un roc et devenir impassible. Bien sur, son âme était déjà bien sombre avant d'arriver ici, mais elle avait put donner un sens à ses choix ici et pas ailleurs.
Pendant ses jours de marche, ses instants à se battre pour survivre et à éliminer avec cruauté avant d'atteindre Hanka, elle avait put saisir le sens même de sa vie, était-ce donné à tous? En y repensant, sa jambe droite lui fit mal un instant, une stupide cicatrice, une morsure de plus d'ici, quelque chose qui l'avait fait avancer dans le sang et la cruauté, à en oublier la moindre crainte.

C'était certainement ce qui les différenciaient tant, elle croyait en elle et en ces dieux qui n'étaient peut-être que des projections de ses désirs, mais au moins, elle avançait, elle vivait pleinement et avec un but qui ne pourrait jamais se voir différent, puisqu'il était le seul et unique qu'elle ai jamais eu.
Non il ne la comprendrait pas, c'était certain, mais dans un sourire, le visage tourné vers lui, l'un de ses rares sourires sincères qu'elle lui offrait alors, elle put répondre.


"Je ne te demande pas de comprendre, peut-être juste d'oublier ce que j'ai put te dire, tu es incapable de saisir que ma "vanité" et mon ardent désir de m'approcher de ces "dieux" restent ce qui m'a permit d'avancer et d'arriver ici.
Nous ne sommes pas si différents, si j'étais née ici, je serai peut-être comme toi, sceptique, mais vois-tu, je viens de trop loin pour oublier les forces que je n'ai jamais connu. Je suis humaine oui après tout."
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Malak Rochaël

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 16:28

"Si je saisis bien le sens de tes mots, répondit-il calmement, ta plus grande faiblesse est de devoir croire en la fiction pour mieux avancer … Qui est le plus vulnérable des deux en somme ? Je ne crains pas les dieux, mais toi tu crains de ne plus y croire. Ta faiblesse fait ma force, comme ma faiblesse fait la tienne. Je n’ai jamais eu besoin de cette foi pour avancer, parce que je croyais en moi. Je pense sincèrement que tu es plus vulnérable que tu ne veux bien l’admettre, et que je suis plus vaniteux que je ne le devrais, continua-t-il."
Et après ? Malak se sentait blaser de telles considérations. Diane et lui vivaient dans deux mondes sensiblement différents, et pourtant, elle était sensée s’être adaptée à ce qu’il aurait toujours dû croire, toute sa vie. Son éducation et sa vie avait fait de lui quelqu’un de bien différent de ce en quoi croyait les hankiens, tout simplement parce qu’il n’était qu’un futile instrument de vengeance. Oui, il était né par la faveur des dieux selon laquelle il devrait être la revanche de son père. A quoi bon ? Celui-ci avait péris, Malak s’était retrouvé à l’avènement de sa quête, sans pour autant avoir ce qu’il désirait. Ce n’était pas de ses envies de devenir chef des Egorgeurs Sombres, loin de là, on lui avait toujours soufflé ce désir, qui en fin de compte n’avait jamais été sien. C’était là qu’il n’avait pu concéder aux dieux une toute puissance sur sa personne. L’on avait dicté à Malak sa conduite tout le début de sa vie, jamais plus il n’en serait ainsi.
"Crois moi ou non, mais je comprends, dit-il doucement. Nous sommes loin d’être différents, crois bien que je le sais. Ma présence ici n’est pas anodine, je sais ce que tu représentes, et je savais déjà quelle était ma propre valeur ? Plus qu’un désir charnel, Diane, c’est une nouvelle aspiration qui s’est emparée de moi. Tu aspires à rejoindre les dieux, là se marque notre divergence, mais je ne pense pas que tes choix soient forcément les meilleurs pour y parvenir. Ta servitude ne prouve que ta faiblesse, et nos dieux ne veulent que la force. Je ne dis pas que mon ego vaut leur grâce, je n’en veux guère, et cela serait insuffisant, mais pourquoi renoncer aux plaisirs et ambitions vaines qu’ils nous accordent en somme ? Tu te lèves chaque matin avec les mêmes espoirs, comme moi, je me lève avec chaque jour de nouvelles envies … Tu brides ton humanité. Tu veux rejoindre les dieux, dit-il en haussant à peine la voix, alors soit, je ne suis pas apte à t’en empêcher, vis pour eux, meurs pour eux. Si tout cela te permet d’avancer, qu’il en soit ainsi, je ne suis qu’un homme … Avancer pour aller vers où ? S’arrêta-t-il net. Tu vas à ta perte comme chacun de nous, seulement quand nous, nous marchons, toi, finit-il, toi, tu cours. "
Il lâcha un profond soupir, hochant la tête de droite à gauche, entre résignation et consternation. Il finit par tout simplement détourner le regard, le poser au sol, et se faire pensif pendant un instant. Il avait voulu prétendre devant Diane, il avait cru voir en elle ce qui lui faisait défaut, il avait eu la vaine idée de concevoir un proche avenir trop utopique sans doute pour convenir à la belle. Malak se savait dans l’échec, et même pire, dans l’erreur, et bien qu’il conserve son désir et son aspiration, prolonger une telle discussion semblait inutile. Quoi qu’elle montre plus d’une fois un instant de faiblesse, que jamais il ne s’enhardit à exploiter pour autant. Il n’abandonnait pas, et n’abandonnerait pas, mais le terrain se faisait si glissant qu’il sentait Diane s’éloigner. Et pourtant, en plus d’un sens, elle s’était rapprochée de lui, jusqu’à presque essayer de lui faire entrevoir sa conception des choses, croyez bien que Malak en avait été flatté. Inutile de chercher plus longtemps ce qu’elle ne concèderait jamais. Plus que du désir, Malak se savait prisonnier d’un sentiment plus complexe dont elle était l’objet.
"Je te laisse t’en remettre à Kor, puisse-tu trouver ce que tu cherches, lâcha-t-il en croisant à nouveau son regard."
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Diane Sanchez

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 18:26

"Me suis-je dis invulnérable? Pas un instant, mais mieux vaut montrer aux autres que je ne le suis pas pour eux, tu le sais très certainement mieux que moi puisque tu en joues tout autant auprès de ton clan." elle s'avouait plus humaine que jamais, mais surtout, ce brasier qui la possédait ne cessait de la bruler un peu plus à chaque changement opéré sur Malak, par chaque révélation. "Et quoi? Ma faiblesse reconnue te permettra de te sentir un instant supérieur à un autre chef de clan?"

Elle était de nouveau sur la défensive mais plus que jamais désireuse de voir ce qu'il entendait par ce qu'elle pouvait selon lui tant rater, il était juste douloureux de se brider, mais qu'en diraient les forces dont elle était si proche? Ou plutôt que se dirait-elle si elle cédait? Elle qui s'était promise de ne jamais avoir de maitre, elle brisait après tout chacune de ses promesses en voyant les dieux comme supérieurs et en se brulant de désir pour un homme sans foi. Cette île n'était qu'une surprise perpétuelle, un fardeau de découvertes, un souffle de désirs et de cruauté malsaine. Bien sur elle était perdue mais fallait-il que ce roc le montre un instant devant celui dont elle se méfiait tout en le désirant plus ardemment dans chacun de ses regards.
Elle était certainement prise d'une folie insensée pour s'imaginer être plus puissante que ses désirs purement humains, fallait-il qu'elle prie pour les perdre ou y succomber? Encore cette question, sans relâche, prise au piège dans ce crâne où trop de choses prenaient alors un malin plaisir à se bousculer.
La haine et le désir sont-ils donc si proches? Sont-ils des moteurs trop ignorés dans diverses quêtes?


"Et pour toi, il vaut mieux obéir aux désirs brulants d'un être que de se laisser aller au divin?
J'entends bien ta façon de voir les choses, mais comment juger ce que tu ignores? Rien ne prouve là si l'un de nous prend le bon ou le mauvais chemin. "


Et voilà que la pauvre Diane prit un instant son souffle pour oublier ses aspirations de paix intérieure en oubliant des choses trop humaine pour se tourner vers cet homme bien trop vivant et troublant pour ne pas essayer. Oui, après tout, était-ce donc folie que d'espérer voir si les choses encore et toujours répétées par cet homme n'était pas une réalité?
La nuque saisit par sa main ne subissant toujours aucun tremblement, la voilà à déposer ses lèvres sur les siennes un instant sans délicatesse, n'exprimant qu'un pur moment de désir avant de s'éloigner enfin en le lachant et en haussant les épaules.
Bien entendu, tout en elle se battait pour s'entendre elle-même se traiter d'idiote, de trainée, de faible, mais elle espérait y avoir obtenu une réponse sur les désirs qui la troublaient tant.


"Vois-tu, le désir ne change pas grand chose, je n'en suis pas moins humaine qu'avant..." soupira-t-elle à son tour.
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Malak Rochaël

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 18:49

"Je faisais plus que relever ta vulnérabilité, Diane, répondit-il premièrement, je la confirmais tout simplement. Tu l’as dit toi-même, tu es humaine, tu es tout aussi vulnérable que moi, la seule question qui se pose est : A qui ? A quoi ?"
Pour sa part, Malak connaissait la majeure partie de ses faiblesses : il était un homme, ce qui lui en faisait déjà une, plus que proéminente, il fallait donc ajouter à cela, son orgueil, sa fierté démesurée et tellement vaniteuse, son sens du pouvoir qui n’était qu’artifices, il ne valait quelque chose que parce qu’il existait des êtres capables d’y croire, et il y avait la multitudes de ses envies, désirs et aspirations, qui nourrissaient sa vie chaque jour avec plus d’ardeur encore, et encore. Malak n’était guère plus fort ou plus faible que tout autre homme, la seule chose qui faisait la différence était sa lucidité quant à ce fait, et les solutions apportées à sa difficulté. Tant qu’il saura convaincre les idiots qui sont à son service qu’il a la légitimité de sa grandeur, il sera grand. Tout n’était qu’absolution entre les hommes eux-mêmes, les dieux n’étaient que le prétexte des uns ou des autres, leur moyen de pression sur les uns ou les autres, en somme, l’aboutissement de leurs artifices dans l’espoir d’abattre par la foi les uns … et les autres.
"Si tu ne peux obéir à ton libre arbitre alors tu soumets son corps et ton esprit à ce que ce dernier s’invente."
Malak n’eut guère le loisir d’en rajouter ou d’en penser plus que cela. Il fut un moment pris dans une sorte de fureur incompréhensible et indescriptible, alors qu’il se délectait paisiblement du contact des lèvres de Diane sur les siennes. Oui, il n’était pas déçu de cet instant, néanmoins, le désir prospérait. Là où il aurait pu exister un semblant de victoire, un contentement mérité en fin de compte, il demeura totalement impassible, immobile. Il gardait les yeux vivement posés sur elle, quoi qu’il ne fût jamais qu’un mur, décidemment fermé à la compréhension. Sceptique. Voilà exactement son état quant à cette femme énigmatique mais toujours aussi désirable et convoitée. Indécis, également. Poursuivre en son propre sens, ou se dérober à la situation ? Alors qu’il commençait seulement à obtenir ce que son instinct parfaitement humain le sommait d’acquérir, il se ravisa, et révisa sa position et sa considération de la situation.
"Ton geste me permet seulement de concevoir cette humanité que tu offres si rarement, souffla-t-il faiblement. Pourquoi ? Tu sembles réfuter ton appartenance aux hommes, perpétuellement … Ton cœur n’est pas de glace, n’est-ce pas ? Cet artifice nous est-il seulement destiné ou te concerne-t-il également ?"
Sa question était en tout point sincère, et il ne la lâchait pas des yeux. Quelque part, il aurait aimé faire un pas de plus, dans tous les sens du terme, mais sa contenance de l’instant ne le lui permit pas. Malak perdait doucement en arrogance, tentant vainement de gagner en compréhension.
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Diane Sanchez

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 19:19

"Si je te révélais déjà mes faiblesses, ce serait un peu simple si l'envie te venait de me combattre."

Pour elle, une faiblesse se découvrait, elle ne se révélait jamais aussi facilement, puisqu'elle ne voulait guère se voir disparaitre trop vite. Certainement, elle était trop faible pour se dérober aux Dieux, elle l'était également pour oublier sa nature humaine, mais elle y travaillait au possible pour, le moment venir, faire d'elle la notion même de fierté et offrir un sens du respect bien différent des conventions. Peut-être en serait-elle capable dans ce village de débauches, avec ce statut de Briseuse d'Ames. La différence également, c'est que cette place, elle l'avait choisit et convoitée, la femme de l'extérieur n'avait pas reprit le "commerce" de ses parents, elle avait été livré à ses propres choix, mais rien ne lui disait alors qu'à ce sujet, elle n'était pas conditionnée en un sens par la détestable façon dont elle fut parfois traitée par d'autre, voilà ce qu'elle refusait: ne pas inspirer crainte ou respect, c'était certainement en soit une faiblesse immense.
Elle obéissait bien entendu à son libre arbitre puisque celui-ci lui demandait de croire en autre chose que l'être humain, en une autre puissance, un rien de la quête de la pierre philosophale certainement, le besoin de puissance ou de savoir à travers des forces supérieures.

Et voilà que la situation ne changeait pas un instant, que tout restait alors similaire mis à part le fait de faire progresser la situation, et cette sincérité dans chacune de ses paroles brisant peu à peu cette fierté dont il faisait tant preuve auparavant fit chanceler un instant la chasseresse. Voilà qu'elle commençait à se dire qu'en effet, la nature humaine elle même possédait un certain pouvoir presque indicible et caché sous tant de sentiments faibles et indignes.
Que pouvait-elle donc trouver en fouillant plus profondément? Mais c'était là peut-être se perdre ou se découvrir en s'offrant deux chemins à suivre plutôt que le seul chemin de la découverte des dieux, elle aurait enfin celui de la découverte de l'homme.Y avait-il vraiment une différence après tout? Comme chaque homme, ils étaient cruels, parfois sages, aimants, des projections des désirs les plus humains en somme, rien de plus, suivre ses chemins ne signifierait donc que se recroiser en bien des intersections? Une route plus sinueuse qu'elle ne l'avait espéré.


"Cet artifice de glace me concerne peut-être tout autant qu'il concerne chaque être vivant, mais qui ne se protège pas derrière un masque? Toi et ce semblant de vanité et de cruauté, ce côté impitoyable, ne fais tu donc pas de même?"

Peut-être était-ce idiot d'ainsi se comparer à lui, mais elle s'en sentait certainement plus proche et peut-être un peu moins perdue, elle qui n'avait jamais eu le temps d'avoir face à elle un être cherchant à sincèrement comprendre ce qu'elle était. Presque trop troublée et perdue, il restait difficile de conserver un masque cruel et froid qui laissait petit à petit passer quelques expression sur ce visage endolorie par le manque de vie.
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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 19:39

"Te combattre ? Dit-il avec une légère exclamation. Je suis peut être audacieux, mais pas pour autant suicidaire. Nous entretuer n’arrangerait pas nos affaires si celles d’Hanka. Les successions sont toujours … délicates. "
Pour une fois, Malak pouvait parler en connaissance de cause. Il ne se souvenait pas qu’une seule fois un passage de pouvoir entre deux mains se soit passé dans un calme et une légitimité presque banale. Hanka était trop indomptable, imprévisible, et tellement primitive pour cela. S’imposer dans un tel endroit, c’est avant tout faire face aux personnes capables de défier son propre fort. L’on trouve toujours plus fier, plus fort, plus froid que soi, l’important est seulement de toujours démonter sa valeur comme supérieure, même si elle demeure bel et bien factice. Toute vie n’était bâtie que par l’illusion, pour Malak, il ne faisait pas exception non plus. Son pouvoir n’était qu’artifice, tout comme sa grandeur, sa cruauté, et autre. En réalité, Malak, comme Diane, était une sorte de divinité à lui seul. Tout simplement parce que l’on croyait en lui et en ce qu’il était, suivant ce qu’il avait affirmé ou fait auparavant. Terrible récurrence.
"Certainement, répondit-il. Les grands de ce monde savent de quoi est fait leur force. Je ne sais pas qui tu es, mais toi, tu en sais bien plus sur moi que tu ne peux encore le voir. Malak Rochaël se résume à sa vanité et à sa cruauté. Au-delà, toi et moi savons qu’il s’agit bien d’autre chose. Tu en sais déjà trop, murmura-t-il en conclusion."
Un élan de sincérité, sans aucun doute. Autant il pouvait essayer d’en apprendre sur elle, autant il se dévoilait par la même occasion. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils avaient plus de points communs que l’un ou l’autre ne pouvait le savoir, ou même le comprendre. Quand Diane était froide et distante, Malak était suffisant et cruel. Toutes les aspirations du chef des Egorgeurs Sombres n’étaient ainsi pas dénuées de sens, dans leur totalité. S’il désirait Diane, c’était bien pour ce sujet de complémentarité, et d’inaccessibilité. Pour quoi d’autre ? Si elle n’était pas si différente, décalée, puissante, et tellement similaire la désirerait-il autant ? L’homme a toujours désiré ce qu’il ne pouvait obtenir, Malak avait pourtant toujours obtenu ce qu’il avait désiré. Diane sonnait peut être la fin de ses victoires. Probablement même.
"Si nous sommes si semblables, reprit-il paisiblement, pourquoi ressens-tu le besoin d’être si détachée ? "
Malak s’était habitué à la proximité qu’il entretenait avec Diane, néanmoins, il avait tendances à reculer, dans un mouvement à peine perceptible. Il se savait conduit et ainsi égaré par son désir pour elle, si bien qu’il tenait cette conversation avec difficultés, entre lucidité et envie. Il avait fini par gagner un peu de distance de retrait,
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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 20:05

"C'est vrai, les successions, tu en sais certainement plus que moi à ce sujet, chez nous, il suffit de rester là pour égorger celui qui ne nous inspire pas assez de respect. "

N'étaient-ils donc que des images l'un et l'autre que les hommes aimaient à se forger et dont ils s'emprisonnaient alors pour s'y perdre. C'était une sorte de néant où plus rien ne semblait évident mis à part le fait d'espérer parvenir à saisir une main pour vous en échapper l'espace de quelques secondes, et c'était bien ce qui se passait alors, par ses élans, elle se sentait peut-être juste elle et n'avait nul besoin de se cacher sous des responsabilités et obligations qu'ils partageaient l'un et l'autre. Elle qui imaginait à son arrivée un cruel moment ou une simple joute verbale sans réel intérêt, elle avait fait fausse route et se voyait affaiblie certainement par ses questions.
Mais qu'importe, en cet instant, peut-être se faisait-elle plus forte qu'elle n'avait voulu le penser auparavant, bien sur elle cacherait cette femme face à tous, mais pas en cet instant où seul les cadavres pouvaient observer et entendre leurs paroles, superbe cadre d'ailleurs pour ce genre de révélations.


"Je doute en savoir trop, et je ne doute pourtant pas que tu connaisses bien des choses sur ce que je suis que je ne veux soupçonner."


Etait-ce sa façon de le rassurer? Que lui arrivait-elle donc? Elle avait cette sensation d'être peut-être douce et hésitait entre détester cette sensation ou chercher à la connaitre un peu plus. Mais y était-elle réellement dans ce panel d'émotions? N'était-ce pas un peu de lucidité que de savoir que celui qui la déboussolait tant depuis maintenant plus d'une bonne heure en savait plus sur elle qu'elle ne se l'avouait? Et pourquoi lui dire qu'elle en savait tant à son propos? Après tout, elle n'avait guère eu le temps d'être vraiment lucide mais commençait à voir en lui un homme différent, une partie d'un gosse, d'un adulte peut-être trop blasé, bref, des fragments apparaissant à chaque instant sous ses yeux.
C'était comme observer un prisme et découvrir enfin la façon de décrypter les mots luisants sur lui. Décoder, voilà ce qu'elle tentait en chaque instant et qu'elle parvenait mieux à faire. Il y avait là comme un besoin impérieux de tout connaitre.

"Détachée? Je n'ai pourtant jamais été aussi proche quand tu te replis, que me reproches-tu donc encore?"

Il était difficile de comprendre pour une novice, puisqu'elle l'était bien, une femme découvrant doucement la nature humaine, de comprendre en quoi elle était si détachée quand pour une fois elle laissait chaque chose s'exprimer en elle et prendre doucement son corps et sa voix. Certes, elle conservait doucement cette fierté impérieuse, mais celle-ci semblait faire bel et bien partie d'elle, on ne retire pas sa prestance à un corps trop noble, même lacéré, torturé, blessé ou en plein changement.
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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 20:39

"Les successions … Doux massacres, vertueuses abominations, délectables souffrances, et quête d’une vie stupidement assouvie. Tu ne sais pas la chance que ta naissance t’a offerte, souffla-t-il plus pour lui que pour elle."
On pouvait dire ce que l’on voulait de lui, de son accession au pouvoir, de tout ce qu’il était, et de tout ce faisait sa vie, Malak avait toujours cette amertume dans le fond de son cœur, cette même amertume qui ne cessait jamais de parcourir le sang souillé de ses veines, le consumant de l’intérieur. Peu de personnes pouvaient savoir ce qu’il vivait, encore moins pourrait le comprendre, mais le fait était là : Malak était né pour un but, il n’était que l’instrument d’une vengeance, et une fois celle-ci assouvie, il fallait prendre conscience qu’il n’était qu’une pure désutilité. Jay Rochaël avait fait le pire affront que l’on pouvait concevoir, et avait accablé son fils de la pire des malédictions : Malak ne pouvait pas exister par lui-même. Cruel destin, et même s’il s’évertuait à garder un peu de dignité et de pouvoir, même s’il occultait devant les autres cette faiblesse, il était parfaitement incapable de se jouer de lui-même. Pourquoi ne faisait-il que profiter de la vie ? Tout simplement parce qu’il rattrapait toutes les années qu’on lui avait lâchement volé, et que bien qu’il s’applique de tout son être, il sait qu’il n’y parviendra jamais réellement. Malak taisait depuis toujours sa rancœur, mais elle n’en était pas moins absente.
Il laissa échapper un léger soupir, dans l’espoir que son tourment s’envole avec lui. Vain espoir, il en était tellement conscient. Il se concentra sur le propre de leur conversation, faisant du mieux qu’il le pouvait pour être détaché à son tour. Il sentait Diane plus disposée à écouter, à comprendre et apprendre. Elle avait sans doute autant à apprendre de lui, qu’il en avait à apprendre d’elle. Le souci était bien que Malak tendait à voir le côté parfaitement bénéfique de cet entretien, quand il la pensait complètement opposée à une telle chose. Il en arrivait à éprouver un certain malaise au fond. Pourquoi demeurer près d’une femme qui semblait néanmoins s’ouvrir à lui mais qui campait sur de solides positions qu’il voyait comme erronées ? Diane pourrait presque être son anti-thèse, alors pourquoi Diable était-il encore là ? La fascination, sans doute, ce désir également ardent et insatiable, et ce petit quelque chose qu’il ne discernait pas encore.
"Je soupçonne ma connaissance à ton sujet sur les points que je crois similaires entre nous, reprit-il. Nous ne sommes guère différents, et pourtant, il existe un fossé entre nos deux mondes. L’ennui … c’est que je ne suis pas prêt à le franchir pour toi, et réciproquement."
Un autre ennui, Malak disait bien trop ce qu’il pensait. Il avait beau se vouloir aussi détacher et distant que possible, il se laissait sottement entraîner dans le fil des évènements et de leurs échanges. Il avait beau penser et dire ce qu’il voulait, rien ne semblait pouvoir l’arrêter. Il avait besoin de franchise. Comme quoi, il pouvait être l’essence du vice, de la débauche et de la perversion de tout genre et de tout temps, il en était pas moins quelqu’un de relativement sincère. Une qualité ? Foutaise ! Il n’en était pas à ce genre de choses.
"Il ne s’agit pas de reproches, je suis conscient du privilège que tu me fais, dont j’ignore la raison d’ailleurs, mais …"
L’on pouvait appeler cela comme l’on voulait, audace, suicide, profonde connerie tout simplement, ou même hardiesse, mais Malak se convint seul qu’il ne s’agissait rien de plus que la conclusion de sa lutte personnelle entre désir et raison, envie et indécision. Il osa un instant porter sa main au visage de Diane, effleurant à peine sa joue du bout des doigts. Le simple fait de sentir le contact de sa peau le laissa dans un frisson qu’il ne comprit pas. Il gardait son regard planter dans celui de cette femme d’envergure, mais il se sentit plus vulnérable que jamais. Son audace laissa doucement sa main redescendre le long de sa joue …
"Je ne te sens pas du même monde."
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Diane Sanchez

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 21:11

"Chaque naissance possède malheureusement son lot de malheurs et d'obligations."

Bien sur, elle ne savait pas grand chose des histoires de successions dans son clan, elle n'avait put qu'en entendre parler par ses hommes ou des curieux prenant un malin plaisir à raconter quelques détails à droite à gauche, mais elle en avait tiré quelques explications pour enfin comprendre que le jeu des pirates n'avait pas été un réel plaisir pour lui, loin de là, surtout à l'heure actuelle, c'était même plutôt complexe de garder l'esprit libre quand ce genre de choses vous tourmente.
Il n'avait donc rien de sa famille celui qu'elle avait pensé absolument similaire à son père à son entrée au Conseil Noir, au moins, elle avait gardé un rien de raison en le considérant comme neutre et non comme un terrible ennemi. Mais peut-être l'était-il pourtant, l'ennemi de sa façade puisqu'il ne se voulait de toute évidence qu'allié à ce qui consumait les chairs de Diane Sanchez.

Et ce soupir qu'il avait alors laisser s'échapper, un quelque chose de terriblement humain qui le rendait toujours différent, il était un véritable changement à lui seul, toujours ce quelque chose pour vous dérouter et vous mettre sur une autre piste, toujours, et puis ce soupçon de fatalité qu'il semblait accorder à chaque chose.
Quand à parler d'un fossé, il était bien creusé en effet, et bien innommable, c'était le lot à subir quand chacun se prédestine seul à un avenir différent. Mais pourquoi restait elle donc plantée là si une chose si énorme les séparait? Peut-être de la curiosité, mais surement cette intuition étrange brulant doucement son foie que ce fossé serait une chose importante de leur avenir, d'une façon ou d'une autre, en bien ou en mal, et il fallait bien la connaitre pour se persuader du destin qu'elle allait proposer.


"Certainement, on ne franchit pas une telle barrière aux trop grands secrets de cette façon."


Elle en avait esquissé un sourire, peut-être trouvait-elle plus d'intérêt à cet homme pour cette inconnue qui l'attirait toujours plus, il y avait un regain d'intérêt dans ce visage à chaque mot et chaque geste, elle semblait épier et se nourrir de chaque réaction, comme pour observer différemment, être tout autre.
Pour un peu, elle l'aurait remercié, mais cette quête qu'il avait implicitement mise en place la faisait simplement sourire, oui il y avait là quelque chose à trouver, c'était un peu plus délicat, oui, de la délicatesse, une autre chose qu'elle n'utilisait pas souvent voir absolument jamais sauf pour quelques sacrements et dont elle faisait alors preuve.


"Faut-il donc une raison à tout..." Non, ce n'était pas une question, pour elle chaque chose méritait encore sa part de mystère.

Jusqu'à un sursaut prouvant un rien de surprise face à sa main posé sur sa joue, le regard directement posé sur celle-ci, la sienne vint vite la rejoindre pourtant partagée entre l'idée de brutalement la retirer de cette place et de l'y laisser, pour finalement fermer un instant les yeux et sentir cette délicate sensation et s'en imprégner un moment.
Les yeux fermés, le visage de Diane prenait certainement là un aspect totalement différent, comme naturel, sans être tout aussi crispé par la fierté. Voilà que le toucher de cette main s'appréciait avant de la laisser s'enfuir, il y avait là puissance et douceur mêlé en un subtil mélange, dans un rien d'audace. Puis apprécier à nouveau ce regard brutal mais offrant parfois la sensation de se perdre.


"Tout l'intêret est peut-être là, nous ne sommes pas du même monde."
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Malak Rochaël

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 22:25

"C’est seulement moi qui aie besoin d’être raisonné, lâcha-t-il."
Malak se sentait destitué de toute force, de toute volonté. Aucun sentiment de puissance ou de supériorité ne voulait encore avoir l’affront d’exister maintenant. Ce cadre aux allures presque hostiles, sombres et sobres effaçait sa noirceur comme ses certitudes. Rien ne subsistait hormis ses questions, ses doutes. Il ne manquait plus que Diane, et là, il se sentait complètement abandonner, tout simplement parce qu’il n’arrivait pas à s’y retrouver. Qui était-elle ? Non, lui, qui était-il ? Si Malak avait su ébranler ne serait-ce qu’une seconde les convictions de la grande Briseuse d’Âmes, lui était certain que ses tourments s’étaient étendus bien plus loin encore qu’il n’aurait osé le craindre. Il avait besoin de contrôler la situation, or, cette manœuvre était tout à fait exclu en de telles circonstances. La concentration et le détachement seraient ses plus précieux alliés, et malheureusement pour lui, les deux lui faisaient cordialement défaut.
Dans son accès d’audace, de folie ou de connerie, Malak n’avait pourtant pas eu l’ombre d’une hésitation, et s’était quasiment lancé à corps perdu dans son geste. Il avait effleuré l’idée de bien des alternatives à une telle hardiesse, et pourtant, chacun des scénarios qu’il avait su créer ne semblait en aucune façon lui convenir ou coller à la situation et aux protagonistes. Il se posait sans doute bien trop de questions, mais, il se savait cruellement vulnérable, si bien que le peu de secours qu’il trouvait sur son chemin faisait l’objet de sa nouvelle et démesurée convoitise. Il lui fallait soit de la raison, soit une échappatoire, et dans les deux, il en était encore tellement dépourvu. Plus que de sentir la peau de Diane sous ses doigts, il eut le contact perturbant de sa main. Peut être s’était-il attendu à une gifle, ou même pire, mais non, ce n’était que la douceur de sa main, la chaleur émanant de son corps, un sentiment insatiable en engendrant d’autres dans le corps et le cœur de l’Egorgeur. La main de Malak finit néanmoins par redescendre lentement, jusqu’à quitter cette peau qui lui faisait tant envie. Il se sentit encore une fois dépourvu et déconcerté, mais il tenta d’en démontrer le moins possible sa faiblesse. Une nouvelle question naissait : pourquoi ne l’avait-elle pas encore une fois repoussé ?
"Je ne vois pas l’intérêt quand je sais le feu qui m’anime, murmura-t-il."
Encore une fois, il s’agissait plus de paroles qu’il s’adressait avant tout à lui-même qu’à Diane. Malak avait le don pour cela, que ses mots dépassent sans cesse sa pensée. Au début, l’on pouvait croire à une manœuvre volontaire, néanmoins, il s’agissait surtout de sa spontanéité native mais aussi maladive. Dire tout haut ce qu’il pensait tout bas, triste réflexe quand on y pensait. Le temps n’était plus aux propos vains, surtout qu’il n’avait plus aucune notion de temps. Depuis combien de temps était-il ici, à converser avec elle ? Aucune idée, et en un sens, il s’en moquait profondément. Le simple fait qu’il ait apposé sa main sur la joue de Diane lui donnait plus de tourments qu’il n’aurait su le soupçonner. Il ne savait pas vraiment s’il devait plus le regretter vis-à-vis d’elle, ou vis-à-vis de lui-même.
"Excuse moi, termina-t-il dans un souffle. "
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Diane Sanchez

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 22:56

Seulement lui? Se raisonner? Soit, elle pouvait le comprendre, c'était certainement tout aussi complexe pour lui que pour elle, voir les choses se présenter ainsi, c'était assez troublant, particulier et déconcertant, changer du tout au tout en quelques secondes, elle avait finit par ne plus prêter attention à ses paroles pour simplement prendre conscience de sa main sur son visage encore un peu avant que cette dernière ne reparte un peu trop vite certainement. Puissante et douce, c'était tout ce qu'elle parvenait à en dire, mais le contact avait été si particulier, quand sa main avait hésité entre se faire violence ou non, il avait comme le don d'apaiser ses questions pour la laisser étudier la situation.
C'était d'ailleurs plutôt horrible de se retrouver à calculer chaque chose mais c'était une façon d'espérer les comprendre.
Il semblait si troublé, ailleurs après tout, alors pourquoi ne pas s'en abreuver un instant pour oublier d'autres sensations? Il y avait un rien d'étrange, encore.

Un feu l'animant, un feu, un brasier aurait-elle put dire, s'en sentant tout autant parcourut avant d'à son tour poser une main sur son cou et son visage, comme pour le maintenir à sa portée, pour maintenir ce regard qu'elle cherchait tant à comprendre sur l'instant, et histoire de faire passer sa curiosité pour un geste de puissance, comme toujours. Pourtant, ses doigts s'imprégnant du contact de sa peau et la frolant lentement ne trompaient certainement pas, c'était bien du contact qu'elle avait eu envie, et elle appréciait sa peau, sa petite barbe négligée, et le contact particulier qu'offrait cette scène.
Il ne voyait donc pas d'intérêt à franchir une barrière? Pourtant, il y en avait tellement mais il était certainement préférable de se taire, ses raisons lui étaient absolument personnelle, comme toujours quelque chose à garder au fond de soit.



"Il te faut donc un intérêt et une raison pour toi, serais-tu pire que moi?"

En tout les cas, elle reprenait certainement des forces en tentant de faire un brin d'humour avec un peu moins de trémolo dans sa voix, elle était surement plus sure d'elle, un peu plus habituée à ce qui commençait à se passer en elle. Oh bien sur, elle était humaine avec un autre, mais il y avait quelque chose de différent là, et dont elle commençait à s'accommoder et à apprécier. Un nouveau frisson en retirant à son tour sa main pour trouver l'excuse de ne pas le regarder un moment dans les yeux en pressant encore une fois ses cheveux bien plus secs que tout à l'heure.
Une façon de penser à autre chose pour entendre d'étranges excuses, mais de quoi s'excusait-il donc? Surtout ce genre de mots dans cette bouche, elle ne put que ne pas réellement en comprendre le sens.


"Et de quoi? Au moins j'aurai entendu une fois un Egorgeur sombre s'excuser."
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Malak Rochaël

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Lun 5 Nov - 23:38

Pour une fois dans sa vie, Malak se sentait presque battu sur son propre terrain. Après tout, c’était lui qui était venu jusqu’à elle, qui avait cherché ce contact, cette approche, cette conversation, et pourtant, il se sentait plus désarmer que jamais. Oh, il était loin d’être totalement vaincu, loin de là, bien heureusement, mais malheureusement, car il y en avait toujours un, il se sentait rapidement perdre pieds, tout contrôle. Lui qui ne supportait pas devoir plier devant l’adversité, se sentait vulnérable voir abattu sous certains aspects. C’était sans doute pour lui le moment ou jamais de prendre la bonne décision, de passer son chemin, et de se trouver une échappatoire providentielle, avant de commettre une erreur qu’il ne finirait jamais de payer. Bien entendu, tout était toujours plus facile à dire qu’à faire, et en l’occurrence, Malak était profondément déstabilisé entre ce qu’il pensait, et ce qu’il arrivait concrètement à réaliser.
"Je suis sans aucun doute pire que toi sur tous les plans, lâcha-t-il. Plus vil, plus cruel, plus pervers, plus sadique et plus débauché que tu nous pourras jamais le prétendre, et bien plus compliqué, termina-t-il en arquant légèrement un sourcil."
Il manquait un brin de convictions à ses mots, surtout sur certains points très particuliers, néanmoins, il n’y avait pas que du faux dans tout ce qu’il disait. Il sentait toujours le contact de la main de Diane sur sa nuque, et plus que jamais, il se savait consumer par cet ardent brasier que son regard de feu ne faisait qu’attiser s’il en existait seulement la possibilité. Là où il essayait de se faire détacher, et de prendre du recul, il se sentait constamment ramener à elle, et en réalité, il savait que ce n’était rien de plus que ce qu’il voulait. Après tout, il apparaissait comme inutile de lutter, lui aussi avait ses faiblesses, et Diane les connaissait sans aucun problème. Faiblesse de cœur ou d’esprit, il lui avait présenté des excuses, ce qui relevait son quota d’excuses au même niveau que celui d’amour qu’il portait à son père, soit quasiment nul. Quitte à devoir commettre la pire erreur de son existence, il entendait le faire dans les règles de l’art, mais avant cela, il laissa tomber un pesant silence, ne la quittant pas des yeux, mijotant son effet.
"Juste de ça, murmura-t-il."
Les secondes qui succèdent à ces mots passèrent au ralenti pour le chef des Egorgeurs, qui se voyaient pris dans sa passion, et son accès de faiblesse, en quelques sortes. Malak fit moins d’un pas en avant, sa main glissa lentement le long de la taille de Diane, tandis que l’autre revenait effleurer doucement sa joue. Il pressa le corps de la Briseuse d’Âmes contre le sien, sentant maintenant le feu dévorer sa chair comme il l’avait fait avant avec son esprit. Il finit par joindre ses lèvres aux siennes, et commença un langoureux et passionné baiser. S’il avait craint un seul instant ce qui devait se passer, il ne sut rien faire de mieux que profiter de l’instant présent, encore une fois. Il laissa un frisson le parcourir, ses membres en tremblant, et il prit la décision de mettre un terme à ce baiser après seulement quelques secondes. Il prenait bien assez de risques comme cela. Il laissa échapper un léger soupir, entièrement de contentement. Sa main effleura encore une fois la taille de Diane, pour se retirer, tandis que la seconde abandonnait sa joue dans une dernière caresse. Pour le moment, il goûtait et savourait encore son instant de paradis.
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Diane Sanchez

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Mar 6 Nov - 0:07

Comme il l'avait prit sur la défensive, comme il avait eu cet instant à cracher une bile qu'il avait perdu quelques heures auparavant, inutile de le préciser, Diane en fit un léger pas en arrière pour finir par voir son visage se braquer à nouveau en cette expression trop froide et fière qu'on lui connaissait bien plus que les attitudes précédentes. Après tout, comme certaines plantes, si après s'être ouverte elle se sentait menacée, il était simple de bien vite se refermer sur elle-même pour prévoir et ne rien lacher, ne pas se laisser toucher par ce genre de mots, non, elle en était certainement loin. Pourtant, sous une augure particulière, elle laissa tout de même en un souffle et un regard désapprobateur retomber la barrière qu'elle avait bien vite érigée à nouveau précédemment.
Inutile de polémiquer sur des choses inutiles quand d'autres mots bien plus importants se présentent à vous, quand des regains de vie semblent vous posséder.

Un contact en entraine-t-il un autre? En tout les cas, une sorte de ronde semblait lancée où aucun maître ne se voyait alors définissable, sa main, la sienne, et cet instant au silence lourd.
Que se passait-il donc en lui pour qu'il reste ainsi à ne rien dire? Cherchait-il la façon la plus simple de déguerpir et d'oublier l'instant si particulier qu'ils partageaient? Oui, à ce sujet, à l'instant, Diane éprouvait une certaine crainte de ne pas aboutir sur une conclusion qu'elle envisageait réellement. On ne fait pas fondre un glacier pour trop vite s'en éloigner après tout? Du moins, l'expérience était plutôt de tailler le glacier pour en observer l'intérieur.
Resterait-il donc une fissure? Elle avait bien le temps de se poser cette question avant d'entendre son "Juste de ça", c'était comme cette sensation de se retrouver devant un film à la coréenne qu'elle pouvait dévorer étant gamine.
A peine le temps d'ouvrir la bouche, de tenter de laisser échapper des mots à peine réfléchit pour mieux se taire et s'étonner.

Cette main sur sa hanche, un regard la suivant simplement comme dans un ralentit grotesque pour laisser son regard se poser sur son visage s'approchant un peu plus du sien en se laissant entrainer contre ce corps puissant. Impossible d'en décrire le tout, une boule au ventre simplement attisant certainement plus le brasier un peu assouvit, c'était la seule chose qu'elle ressentait alors, pas même une pensée digne de traverser cette étrange situation.
Les mains presque automatiquement passée autour du cou de Malak et voilà qu'en un instant ses certitudes volèrent en éclat pour ne plus laisser qu'un doute dans un baiser suave et passionné auquel elle offrit la même réponse avant de se laisser détacher de lui.
Inutile de prononcer un mot, le sentiment de trop peu l'envahissait déjà, comme déjà adepte de cette sensation inconnue nécessitant de comprendre pourquoi à cet instant même l'esprit se voit débarrassé de toute pensée hasardeuse ou douloureuse, de toute crainte pour se laisser envahir par une puissante sensation. Impossible de parler sur le moment, impossible... Pour dire quoi de toute façon? Quand on ne connait pas ce genre de jeux, les mots manquent vite.
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Malak Rochaël

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Mar 6 Nov - 0:27

Qui l’aurait cru ? Certainement pas lui, et encore moins un autre homme sur cette terre. Qui aurait seulement eu l’audace d’imaginer un tel baiser réalisable ? Qui aurait eu la folie d’envisager un échange si passionné, si unique et si puissant ? Quand les grands de ce monde se rencontrent pour autre chose que s’affronter, il existe une sensation et un impact parfaitement indescriptible et innommable. Là où tous, ou presque, aurait pu y voir un mirage, un rêve ou un cauchemar, Malak sentait ce doux parfum de réalisme l’effleurer au point qu’il en perçoive une étrange et pesante satisfaction. Etrange car il sentait enfin ses lourdes incertitudes s’évader, et pesante, car il les pressentait leur retour imminent mais aussi accablant. Peu importait, il verrait par ensuite, le moment ne se prêtait qu’à une seule chose, la tendre fascination et contemplation que son regard exprimait devant une Diane qui lui apparut troublée.
Il ne décrivait par le nœud qui s’était formé au creux de son estomac, comme il ne prononçait pas les émotions qui étaient nées en lui plus vite qu’il n’aurait pu le penser. Tout n’était que dans le silence, le regard, et encore ce calme. Ce mutisme était sans aucun doute plus respecté par Malak que n’importe quel dieu de cette île. Il s’était excusé par avance d’un tel geste, et loin de le regretter, il l’avait seulement fait auparavant vis-à-vis d’elle. Comme quoi, il n’était pas totalement dépourvu de considération valable pour les autres, et encore moins pour elle. Il n’en soufflerait mot, se laissant seulement aller à la compréhension des sentiments qui pouvaient bien habiter dans cette divine enveloppe charnelle. Il essayait sans aucun doute de saisir l’insaisissable, néanmoins, il ne voyait plus ses tentatives comme vaines désormais.
Le plus troublant pour lui n’était pas tant ce désir assouvi, mais bien ce sentiment qui était né il y a peu et qu’il commençait doucement à comprendre et apprendre. De sa fascination et de sa détermination étaient né quelque chose de sensiblement différent, de plus profond. C’était sans conteste la plus grande crainte de Malak en réalité, et il en était encore ébranlé. Son tourment avait pris un virage, mais pour se tourner vers quelque chose de bien plus pesant encore. Il ne se sentait pas en droit d’avoir de telles émotions. Partager une telle discussion avec Diane, pour en venir à pareille conclusion avait éveillé en lui des choses qu’il ne se connaissait pas. S’interdisant fermement de se perdre ainsi, il tenta d’aligner quelques mots, dans l’espoir sot de passer lui-même à autre chose.
"Alors, dit-il faiblement. M’excuse-tu ? "
Il laissa vaguement un souffle grotesque s’échapper d’entre ses lèvres, mais il demeurait en tout point fixer sur elle. La grande question existentielle demeurait : et après ? Malak n’en avait strictement aucune idée, et en réalité, il s’en remettait presque à Diane pour clore un tel rêve. Peut être attendait-il simplement qu’elle remette les choses dans l’ordre ? Que tout reprenne cette triste place qui était la sienne, ou bien qu’elle les fasse avancer, car il manquait cruellement de perspective. Malak était partagé entre sa rage quant à ce nouveau sentiment, et sa satisfaction quant à ce que l’on pourrait presque appeler sa précédente victoire. Ce n’était pas tellement cela, en réalité, il ne voyait plus ainsi.
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Diane Sanchez

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MessageSujet: Re: Loin des faiblesses, plus près des hurlements [Libre]   Mar 6 Nov - 0:54

Voilà ce que les choses pouvaient parfois mener à faire, devenir des personnes différentes en un instant, quelques secondes sans jamais changer aux yeux des autres. C'était résumer le bruit des vagues en leur rencontre: se brisant pour mieux se rejoindre par la suite, voilà simplement ce qu'il lui semblait être à l'instant. Comme tout était étrange, tout était différent. Elle était différente, elle se trouvait désormais triple alors qu'avant, elle n'était que double avec son cher frère. Comment comprendre cette sensation qui la taraudait alors? Et surtout comment réagir par la suite? Que signifiait donc tout cela? Certainement pas une mascarade, juste un tournant à négocier de façon plus que convenable pour ne pas chuter. Surtout ne pas chuter... Ce serait entrainer trop de choses, d'une façon ou d'une autre!

Elle n'était pas juste la roc de glace pour lui désormais, elle avait l'impression d'être une sorte de livre ouvert par chacun de ses regards qu'elle pouvait lui offrir, l'impression d'être vivante et trop simplement découverte, mais pourquoi son esprit et son corps refusaient-ils donc ainsi de se fermer à nouveau? Le flot d'émotions toujours plus puissant manquait encore de la faire chanceler pour finir par le simple fait de s'agripper alors à Malak dans un instant de faiblesse pour mieux rester ensuite contre lui en se dressant à nouveau. Au moins, il y avait un rien qui faisait avancer les choses mais dans un sens un peu trop particulier et trop inconnu pour que cette fois elle possède les réponses nécessaires afin de réagir de la bonne façon.
On ne peut pas être douée pour toute chose, et elle était même plutôt mauvaise quand il s'agissait de ce genre de choses, d'ailleurs comment le nommer?

Lui redemander de l'excuser, c'était une question bien étrange certainement pour reprendre un peu de contenance, quand à elle, elle tentait de les peser les uns après les autres afin de ne pas faire la moindre erreur, pour ne pas se perdre ou les perdre en une phrase stupide. Comment ne pas le ressentir? C'était bien le seul instant où il lui fallait trouver la solution, ce qui les ménerait vers cet inconnu, vers un rien de danger ou d'étrange, de toute façon, il était clair qu'en ces simples contacts, les choses seraient différentes.

"Je... Je n'ai pas à excuser ce qui ne m'a pas offensée. "

Elle lui avait offert une victoire en tous les cas par sa façon de bien vite la percer à jour, il l'avait découverte et troublée, que pouvait-elle ajouter de plus? Pour autant, elle ne s'en sentait pas plus faible, pas plus perdante, pas le moins du monde.
C'était plutôt une sensation inverse qui se répétait en elle, comme si il y avait là une source de pouvoir trop inconnue, et comme si cette enfant qu'elle était cherchait alors à y gouter de nouveau sans oser.
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