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 03 - Pour une trace de Kant.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Mer 21 Nov - 23:44

- Entre eux et moi c’est une drôle d’histoire… Tu as sans doute eu vent que j’ai amené deux naufragées à Lydée, il y a quelques jours… Je l’ai sauvé de ces marchands… et hier matin, je chassais tranquillement lorsque je suis tombé dans un piège plutôt bien ficelé… L’un d’eux était par terre… J’ai cru qu’il était blessé et je me suis approché. Mais j’ai joué la prudence, je l’ai observé longuement, dans un arbre. Très vite je me suis aperçu qu’il essayait de me leurrer… J’ai donc choisi de m’esquiver. A peine avais-je mis le pied au sol qu’un coup de feu retentit… La première balle s’est logée dans ma cuisse. J’ai commencé à courir… mais un autre est sorti des buissons. J’ai reçu un coup violent sur la tête et je suis tombé. J’ai été assommé un petit moment et en me réveillant, je n’avais plus mon arc… J’étais attaché et le chef parlait aux deux autres. Visiblement il était en colère parce qu’il n’avait pas pu asservir de naufragés… Ils voulaient me vendre comme esclave mais il était hors de question que je me laisse faire… j’ai réussi à me détacher et j’ai tenté de m’enfuir… avec ma blessure à la cuisse, ça n’a pas été évident du tout. Je suis tombé et le chef était juste devant moi. Avec son fusil il a tiré… je ne sais pas comment j’ai fait pour me cacher… j’ai juste vu une étrange panthère se ruer sur l’homme et j’ai profité de son inattention pour m’enfuir. Ensuite, je me suis caché mais comme ils arpentaient la jungle, j’ai continué à marcher jusqu’ici. J’ai vu la liane, je n’ai pas cherché plus longtemps. Je me suis réfugié dans ce petit renfoncement… J’avais désespéré de m’en sortir vivant… la nuit a été horrible. Et puis tu es arrivé… j’ai entendu le Hankien te parler… j’ai vu quand il a coupé les lianes. Je t’ai rattrapé au vol… et voilà…

- Papa ! J’ai trouvé ça ! Tu crois que ça t’irait ?

Logan tendit à Andrew un bâton bien solide assez droit dont l’extrémité formait comme un pommeau. Son père le prit et lui répondit en voyant que le garçon se grattait la main en grimaçant :

- Oui, c’est parfait… qu’est-ce que tu as, tu t’es blessé ?

- C’est des échardes…

Andrew prit la main de son fils et l’examina. Il lui ôté l’épine de bois qu’il avait plantée dans la paume et continua en parlant à Koah :

- Je ne sais pas vraiment ce que font les esclavagistes ici… Kor les a sans doute guidés pour qu’ils sèment le trouble. Quoiqu’il en soit avec les Idrazits qui marchent sur nous… Lydée se prépare un avenir bien sombre… Prions Cheera et Pelös pour qu’ils nous protègent…

Pour le Maître Intendant, il n’y avait pas vraiment lieu de faire valoir une autorité sur Koah… pour lui aussi, le rapport n’était plus le même. Il parlait à quelqu’un de jeune, de moins important que lui mais pourtant, dans sa voix, il y avait du respect et de la tolérance. Ce n’était plus ce gosse amateur de rodéo qu’il considérait à présent mais bien celui qui avait sauvé sa vie et qui visiblement avait été gré de tirer un trait sur son comportement. Mais alors qu’il se sentait mieux de savoir qu’il avait été en quelque sorte excusé… Logan s’avança vers Koah et baissa les yeux. Il parla d’une voix tremblante qui captiva autant son père que le glaneur :

- Euh… il faut que je t’avoue quelque chose… j’ai fait quelque chose de mal… quand tu m’as laissé chez Déjanire… je me suis mis en colère… et euh… dans… dans ta chambre, j’ai… disons… euh… tu devrais éviter… de te coucher dans ton lit… avant… fais le sécher…

Andrew en resta bouche bée… Avait-il bien entendu ? Il regarda son fils en fronçant les sourcils… Il était persuadé d’une chose, c’est qu’il n’interviendrait pas pour le sauver ! C’était au glaneur de le punir. Mais Logan reprit :

- Il y avait aussi ces parchemins… j’espère qu’ils n’étaient pas très importants…

Il osa un regard coupable vers Koah. Ses joues avaient rougies et il ajouta :

- Je t’aiderai à réparer… et à nettoyer…

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Sam 24 Nov - 15:39

La nouvelle contraria Koah Lang un instant et cela se vit sur son visage qui s’assombrit. L’idée que Logan puisse avoir saccagé sa chambre et qu’il ait détruit des parchemins auxquels il tenait énormément lui était désagréable. Ses excuses ne changeraient cependant rien à l’énormité de la gravité de son acte. Ce qui était fait était fait, et il ne resterait plus à Koah que les souvenirs des mots que Gurkan lui avait écrits lors de la bataille de la vallée qui les avait séparés quelques années auparavant.

« Je ne vais pas te mentir, Logan. Ça me contrarie énormément et me peine un peu pour mes parchemins. J’y tenais beaucoup. » Dit-il en s’éloignant vers l’orée de la jungle. « Je ne me sens cependant pas le droit de te punir. Tu le seras sans doute déjà bien assez une fois rentré à Lydée. » Il laissa échapper un sourire quelque peu satisfait à l’intention du jeune enfant. « Bien que ce soit ma chambre, elle reste quand même la propriété de mes parents. Ma mère est loin d’apprécier ce genre de facétie sous son toit. Prépares-toi à subir son courroux. »

Après un bref regard pour s’assurer qu’Andrew pouvait suivre à l’aide de son bâton, Koah ouvrit la marche à travers la jungle. Le soleil rougeoyant de la fin d’après midi plongeait les bois alentour dans une atmosphère quelques peu irréel. Les chants des oiseaux accompagnaient leur marche fastidieuse à travers cette jungle dont les rayons cuivrés du soleil dessinaient sur la mousse des arbres et le sol leurs ombres déformées.

Rapidement, ils retrouvèrent le Grand Chemin. Quelques marchands, déambulant tranquillement vers Lydée, suivit pas à pas d’une caravane tirée par un bœuf, leur adressèrent des sourires prudents, un peu inquiets de rencontrer sur ce Grand Chemin, ces trois personnes en bien mauvais état. Les hommes baissaient aussitôt les yeux en ramenant sur leur visage le capuchon de leur manteau en faignant ne pas remarquer leur présence. Même lorsque Koah s’aventura a leur demander quelques bandages propre pour soigner les plaies d’Andrew, ceux-ci ignorèrent royalement sa demande.

« Des marchands de Chapa… » Grogna Koah en désignant du doigt la caravane qui s’éloignait à l’opposé d’eux. « Ils vivent trop près d’Hanka… ils ont oublié le sens du mot compassion, Maître Intendant. »

La nuit était tombée et il avait fallu s’arrêter un instant le temps d’allumer des torches. Lentement mais surement, les Lydéens se rapprochèrent du cloître, la cime du plus grand pavillon se détachant de la canopée des arbres. Ils ne devaient plus être qu’à quelques dizaines de minutes de marche à en juger les lueurs des feus lointains. Etrangement, aucuns tigres ne se trouvaient sur le chemin. Koah se dit qu'ils devaient être entrain de chasser...

Le cloître d’Okan était un grand temple de vieilles pierres mangées par la végétation qui grimpait le long de ses colonnades. D’une hauteur affolante, cet édifice n’était pas l’œuvre des Lydéens mais d’Okan lui-même. Son toit courbé comme une coupole surplombait la canopée des arbres, et les nombreux enchevêtrements de poutrelles qui soutenaient d’innombrables balcons apparents, zébraient le pourtour de tout l’édifice. La nature semblait avoir reprit ses droits sur le cloître. Ici et là, des arbres perçaient le temple, alors que des racines gigantesques défonçaient par endroit certain mur. Fleurs sauvages, lianes et fougères tapissaient le sol et bordaient l’unique chemin menant à la colossale entrée en forme de cercle du cloître.

« Nous y sommes ! » S’écria Koah qui était épuisé et qui n’espérait qu’une chose : s’allonger sur un lit et dormir cent sept ans. D’un pas rapide à en devancer Andrew et Logan, il s’élança vers l’entrée du bâtiment, s’arrêtant devant la grosse porte de pierre sculpter à la gloire d’Okan et de ses tigres. Koah la poussa et celle-ci s’ouvrit dans un grincement. Le hall principal du temple était comme son extérieur : manger par la végétation qui grimpait partout. Des lustres composés de plusieurs grosses bougies dont la cire coulait le long de l’acier, étaient suspendu par des chaînes tout au-dessus de leurs têtes et illuminaient l’endroit.

Tout autour du hall, de nombreuses arcades menant dans d’autres pièces et ailes du temple se trouvaient parfois cachée derrière un rideau de lierres noirs. Koah franchit l’arcade se trouvant en face de l’entrée. Cette dernière mena a un réfectoire servant de salle à manger aux religieux. Celle-ci, composée de nombreuses tables de bois sur lesquelles le repas avaient visiblement été servit, étaient vide. Une fois revenu dans le hall où Andrew et Logan se trouvait toujours, le jeune homme haussa les épaules. « Où sont-ils donc tous passer ? Ce n’est pourtant pas l’heure de la prière. » Il haussa le ton. « Eh oh ! Y a quelqu’un ? Oh eh ! »

Soudain, des bruits de pas rapide se firent entendre dans le couloir du temple et quelques secondes plus tard, Helen, suivit de Joan : un petit et grassouillet prêtre à l’épaisse crinière rousse, franchirent l’arcade de gauche.

« Cesse donc de gindre de la sorte, Lang ! » Lança Joan de sa voix fluette.

« Où est-ce que vous vous cachiez ? » S’étonna le jeune homme. « J’ai retrouvé le Maître Intendant Kant. »

« Nous sommes réunis autour de ton père. Les Idrazits marchent bel et bien vers nous et le pouvoir qu'ils déplacent avec eux trouble l'équilibre de la nature. La magie qui les asservit est grande, très grande et profondément obscure. Certain d'entre nous la sentent s'approcher de plus en plus. Nous devons réagir. » Il jeta à peine un regard vers Andrew. « Helen, occupez-vous d’eux… je vais prévenir Borias que son fils est là. »

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Lun 26 Nov - 17:40

En toute réponse, Logan déglutit avec difficulté. La colère de Déjanire allait être mille fois pire que celle de Koah… Il voulait s’expliquer, lui dire qu’il avait agi sur un coup d’humeur, un accès de colère… mais non, il n’en fit rien. Il savait bien que cela ne pouvait pas excuser son attitude et puis son père avait l’air plutôt satisfait par ce châtiment. Andrew qui avait failli ne plus jamais le revoir, n’était pas vraiment d’humeur à le gronder… encore une fois, il se montrait un peu laxiste… Trop, peut-être ? Depuis la mort de Laureen, son esprit un peu protectionniste avait été exacerbé… et de mémoire, il ne se souvenait pas avoir déjà levé la main sur son garçon… sauf peut-être une ou deux fois. De toute façon, Logan savait parfaitement bien ce qui se passait. Il pouvait faire la différence entre une bonne et une mauvaise action. Même sans une réprimande de son géniteur, il avait conscience de sa bêtise.

Lorsqu’ils se mirent en route, il resta silencieux… Il aurait bien aimé descendre la liane et se réfugier là où son père se trouvait quelques instants plus tôt. Mais il imaginait bien Déjanire descendre la liane et le précipiter de fureur dans la rivière… puis plonger pour s’acharner encore sur lui. Il pria Okan de continuer à le protéger… même si là, ça devenait moins évident. Andrew avait un peu de mal à marcher. Il s’appuyait sur le bâton et sa respiration était rapide. De temps à autre, il sentait tout tourner autour de lui. Le Grand Chemin voyait défiler bien des marchands mais ceux de Chapa étaient généralement austères. Il le savait et ne put s’empêcher de sourire lorsque Koah s’excusa pour eux. Il fut pris d’un petit rire mais sa douleur au ventre le fit vite disparaitre.

- Ce n’est pas grave… j’y suis habitué… quelques fois quand je croise leur route avec mon arc à la main, il me regarde d’un œil suppliant comme s’ils craignaient que je les attaque. J’ai beau leur dire qu’à Lydée, nous ne sommes pas des sauvages… rien n’y fait. Ah… mon arc… je crois bien que je le retrouverais pas… lorsqu’ils m’ont capturé ils l’ont pris… c’est dommage… c’était un excellent compagnon… j’espère qu’il n’a pas été brisé…

C’était peut-être un peu stupide de dire ça mais comme Koah, il tenait beaucoup à cette arme. Plus ils progressaient plus la jambe d’Andrew le faisait souffrir… On aurait dit qu’il avait un hameçon qui lui creusait la peau. Sur les bandages, on pouvait voir une petite auréole rouge. En revanche, sa blessure au ventre se faisait un peu oublier. Tant qu’il ne parlait pas trop et qu’il ne riait pas, tout allait bien. La suite du voyage se fit donc plus silencieuse, quasiment muette même. Koah les distança pour pénétrer dans le Cloître. Andrew en profita alors pour dire à son fils, quelque chose qui lui tenait à cœur :

- Logan… tu es venu, malgré tout ce que Koah aura pu faire pour t’en empêcher. C’est mal, tu aurais pu mettre la vie de Koah en danger… imagine qu’ils t’aient capturés ? Mais… ça me touche que tu aies voulu venir… on est tout ce qu’il nous reste l’un pour l’autre… tu ne veux pas me perdre et moi non plus… promets-moi que la prochaine fois tu ne saccageras pas la chambre de ce pauvre Koah… j’imagine qu’il devait tenir à ses parchemins… normalement, il mériterait de venir dans ta chambre et de détruire les jouets en bois que tu possèdes…

Le fils Kant qui jusque là avait écouté tout ça avec des yeux plein d’étoiles, se réveilla soudain avec un air affolé :

- Quoi ? Non ! Il ne peut pas faire ça… je… non… j’y tiens… et… et…

Il se rendait compte que ce serait le juste retour des choses. Mais Andrew esquissa un sourire et dit :

- Je t’ai eu… mais ceci dit, s’il lui vient cette idée, je ne pourrais pas faire grand-chose…

Il l’enlaça et lui fit un baiser sur le front.

- Allons-y maintenant…

Et ils pénétrèrent dans le cloitre pour tomber nez à nez avec Koah. Ce dernier était inquiet de ne voir personne et alors qu’Andrew allait le rassurer, il cria pour les appeler. Lorsque le Maître Intendant vit Joan, son sang ne fit qu’un tour. Il serra sa main sur sa canne. Il détestait cet homme. Il faut dire qu’entre eux, l’histoire durait depuis de longues années. Kant n’avait jamais pu lui pardonner son hypocrisie et le regard qu’il portait sur Laureen. Il serra les dents et écouta ce que la voix fluette et au combien énervante dit. Bien entendu, le prêtre ne lui adressa pas un regard. Il était de notoriété publique au Temple, qu’ils faisaient tout pour s’éviter et pour se dire le moins de mots possible. Helen était à côté de lui et semblait tranquille, comme si elle s’était attendue à le voir vivant… Pour l’instant, Andrew était bien trop accaparé par ce qu’il avait vécu pour y voir là-dedans une offrande au Dieu.

- Helen, occupez-vous d’eux… je vais prévenir Borias que son fils est là.

Pour la première fois Andrew parla mais ce n’était plus avec le calme et la paix de tout à l’heure. Son ton était aussi dur que son regard méprisant.

- Et surtout… Joan… N’oublie pas de mentionner que sans lui, Lydée aurait perdu un Maître Intendant… N’oublie pas non plus d’abaisser la voix lorsque tu lui feras mention de sa présence… Pour une fois dans ta vie, évite donc de faire de sa venue un spectacle…

Un sourire malsain éclaira le visage du prêtre qui se retira. L’atmosphère était devenue très tendue. Andrew le regarda s’éloigner, la veine à sa tempe battait nerveusement. Helen rougit légèrement, gênée par ce qui se passait. Le silence pesant s’installa et tout le monde dut un relâchement de tension à Logan qui baissa les yeux et dit à Helen :

- Pardon… pour le tigre… mais… ils l’ont tué… il nous a sauvé… mais on n’a pas pu lui rendre la pareille.

- Allons… ça va aller… De là où il te voit maintenant, il doit être fier que tu aies retrouvé ton père… Et je suis sûre qu’il doit être encore plus fier de celui qui a préféré transgressé sa punition bientôt terminée, au risque de se la faire tripler, plutôt que de rester chez lui à jeûner. Quant à vous Maître Intendant, je suis heureuse de vous revoir ici… cela fait un petit moment, il me semble…

Kant se gratta le crâne, signe qu’il ne savait pas quoi répondre. Il savait bien qu’il avait un peu laissé le cloitre ces derniers temps… Quoiqu’il en soit, l’ambiance était bien meilleure à présent. Helen posa sa main sur l’épaule de Koah et dit :

- Au-delà de ton courage, il y a une chose que tu n’as pas oublié, c’est malgré les invectives des prêtres, ton cœur doit toujours être ouvert à Okan. Je crois que cet instinct dont tu m’as parlé, et que j'ai pris pour de l'égocentrisme... cette détermination, t’ont été inspiré par le Dieu lui-même… Je pense que ton père sera fier de toi, surtout que cela arrive dans une période trouble… J’allais oublier… j’ai croisé l’aveugle…

Logan fut soudain très attentif et la suite le fit frissonner. Andrew écouta lui aussi sans trop comprendre :

- Il était mort… visiblement à première vue c’était des morsures de tigres… mais quelque chose m’a fait réfléchir… D’habitude, ils attaquent et mordent à la gorge mais là, la blessure était sur la poitrine… Même les tigres blancs ne prendraient jamais le risque d’attaquer leurs proies, notamment humaines à l’endroit où la mâchoire doit serrer très fort pour briser les côtes… J’ai donc examiné de plus près. A côté de lui, il y avait des traces mais elles étaient autant animales que je suis hankienne… Il n’a pas été tué par la faune environnante… j’en ai donc déduis qu’il avait été assassiné. Qui voudrait bien assassiner un vieillard aveugle… inoffensif ? Et qui userait de ses dents pour mordre et pour tuer ? Avant de l’enterrer, j’ai pris le soin d’examiner ses blessures plus près. Ce n’était pas des morsures… mais des lacérations… je ne connais aucune arme capable de tailler la chair de cette façon, ce qui me fait penser… qu’elles n’avaient rien de physique… je pense… que leur origine est magique… Les tigres ont disparu depuis. Je n’ai pas pu en retrouver un seul aux abords du Cloître… Je pense que vous pouvez vous féliciter d’avoir fui cet homme… sans ça, je serais prête à en donner mon bâton de prêtresse, vous seriez, tous les trois… morts.

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Lun 26 Nov - 22:59

Koah Lang fut un tantinet gêner par l’intervention d’Andrew en sa faveur. Il ne savait pas vraiment comment réagir face à pareille chose. Il était trop rare que quelqu’un prennent ainsi ouvertement sa défense pour que Koah sache quelle était la bonne réaction à aborder. Troublé, il décida après un temps de réflexion de passer cela au silence. Faire comme si de rien n’était était ce qu’il savait faire de mieux, même si au fond de lui, une certaine fierté chatoyante se faisait toute discrète.

Après avoir écouté attentivement Helen, Koah la considéra un instant sans réagir Il comprenait ce qu’elle venait de lui dire, mais il n’arrivait pas très bien à en saisir tout l’impact. Que voulait-elle insinuer ? Qu’il y avait dehors une chose ou un être maléfique utilisant une arme antique encore inconnue à ce jour ? Etait-il en droit de s’inquiéter ? Le jeune homme allait le lui demander mais des bruits provenant d’une arcade résonnèrent derrière lui et le coupa dans son élan.

« Bonsoir Maître Intendant Kant ! Que je suis heureux de vous revoir sain et sauf ! » Lorsque Koah se retourna, il se retrouva face à un vieil homme en tenue de cérémonie, au visage potelé et aux longs cheveux ternes qui lui descendaient jusqu’à mi-épaules en un cardigan. Il tendait la main à Andrew comme si le fait de lui dire bonsoir était la chose la plus importante au monde pour lui. « Eh bien ! Voyons grand benêt ! Ne restez pas planter là, venez, suivez moi… vous ne devez pas rester dans un tel état. Je vais vous soigner. »

Alcin M’lila, prête complétement à la masse, les emmena tous dans le grand réfectoire où sans ménagement, il força Andrew Kant à s’allonger sur l’une des tables de vieux bois. Les manches relevés, le médecin attitré du cloitre aux multiples talents d’herboriste, examina soigneusement les plaies et les autres entailles qui perçaient la peau du Maître Intendant. D’un geste entendu de la tête, Alcin indiqua à Koah d’amener sa grosse sacoche posée sur le sol non loin.

Les doigts couverts du cataplasme de fortune fait par le jeune Lydéen, Alcin l’examina minutieusement avant d’hocher la tête d’une manière satisfaite et de dire gaiment : « Du sumac kori ! Eh bien ! Loué soit le ciel que notre jeune ami ici suivent mes cours avec attention. » Il prit un ton professoral et exhiba le bout de ses doigts noircis par le cataplasme. « Le seul moyen d’empêcher la gangrène d’infecter une plaie ouverte est l’utilisation du sumac kori ! NOM D'UNE PIPE SANS TABAC LYDEEN ! En lamelle de parts égales, et non en lambeaux grossiers jeune apprenti ! Ne vous en faites pas Andy, je m'en vais vous requinquer ! »

Reculant un plat remplie de fruits des bois, Koah déposa la sacoche d’Alcin et l’ouvrit. Consciencieusement, Koah entreprit d’aider le vieil homme. Ce dernier, alors qu’il soignait avec une grande habileté Andrew (a qui il demanda tout de même de mordre dans un morceau de bois malgré la crème aux propriétés anesthésiantes qu’il avait appliqué autour de la plaie), expliquait à qui voulait bien l’écouter et le regard remplit de passion, l’utilisation de chacun de ses instruments et de chacune de ses plantes qu’il demandait une à une à Koah de broyer dans un bol de céramique.

Alors qu’Alcin recousait le ventre de Kant avec une indifférence étonnante en débitant toujours un flot de paroles assommantes, assit à côté d’Helen, Koah préparait le breuvage demandé par le prêtre. En silence, Koah repensait à ce qu’avait dit Helen et aux paroles du vieillard sur la route. Est-ce que les profanateurs avaient-ils quelque chose à voir avec toute cette histoire ? Il ne savait pas trop ce qui le troublait la dedans, mais une chose était certaine, la disparition des tigres le mettait bien mal à l’aise.

Ce fut le regard quelque peu inquiet qu’il murmura à l’intention d’Helen : « Devons-nous nous inquiétez pour les tigres ? Vous… vous pensez que tout ceci à un lien avec les Idrazits ? »

Une légère brise fit vaciller les bougies et les torches du réfectoire lorsque dans les couloirs du cloître résonnèrent les claquements des sandales des nombreux prêtres qui reprenaient chacun leurs occupations. Certains d’entre eux vinrent débarrasser les tables en jetant quelques coups d’œil compatissant à Andrew, tandis que d’autres discutaient avec une certaine crainte lisible sur le visage au coin des torches. Un prêtre du nom de Mahaul vint même apporter une bassine d’eau tiède lorsque d’une voix puissante et amusée, Alcin en réclama une.

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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Mer 28 Nov - 20:48

Logan était vraiment très attaché à observer les faits et geste de Koah et de son Mentor Alcin… Il regardait avec une nouvelle curiosité leurs gestes, leur façon de faire. Et, tout le monde pouvait voir sur son visage, un petit air absorbé qui n’apparaissait que lorsqu’il se retenait de poser une foule de questions. Le prêtre l’intimidait et en plus, il voyait dans son regard passer de temps à autre un brin de folie. Aussi, il préférait se tenir non loin de Koah, et regarder ce que le glaneur fabriquait. Il aurait bien voulu poser sa multitude de questions mais il avait peur que l’autre l’entende. De son côté, Helen elle-aussi restait silencieuse, bien qu’elle ait des choses à dire d’importance moindre, elle semblait vouloir les ménager. En clair, le silence était souvent rompu par les paroles enjouées d’Alcin qui visiblement, semblait tout aussi souriant de soigner Andrew que de voir le sumac kori… Le Maître Intendant aurait bien volontiers voulu se soustraire à cet épisode, désagréable… En effet, la première fois, il était dans les limbes, totalement assommé par son effort pour remonter la liane… Mais maintenant, il était bel et bien éveillé et le cataplasme aux vertus anesthésiantes ne faisait pas tellement d’effet. La blessure à la jambe s’était rouverte et il saignait. Aussi, lorsque le vieux prêtre nettoya consciencieusement la plaie en expliquant pour le plus grand plaisir de Logan ses faits et gestes, Andrew se mordit la lèvre pour éviter de crier de douleur.

Paradoxalement, la plaie à la jambe était plus douloureuse que celle au ventre. Lorsque le vieil homme eut terminé il sautilla sur place, visiblement fier de son travail. Andrew relâcha le morceau de bois qu’il avait tenu à la main sans le mettre à bouche. Il croyait son enfer terminé lorsque le prêtre entreprit de bander les blessures. Et avant, il étala une espèce de crème verdâtre qui fit échapper au chasseur un « Aïe » sonore. On aurait dit qu’il avait de l’acide sur la peau. La substance répandit une espèce de chaleur, comme si sa peau avait été mise près d’une flamme. Alors qu’il allait demander à ce qu’il lui retire cette chose, Alcin passa les bandages par-dessus en claironnant à droite à gauche que la crème avait des vertus cicatrisantes et qu’elle éviterait aux plaies de s’infecter, qu’il ne fallait pas s’inquiéter et que finalement, Andrew allait souffrir juste le temps qu’elle soit absorbée… Comme il avait mis une bonne couche, le chasseur se dit qu’il en avait pour au moins six heures avant de ne plus sentir la brûlure… Lorsqu’il eut terminé, il s’éclipsa dans une pièce adjacente et commença à fouiller quelque chose. Logan quant à lui avait profité de son absence pour manger un des fruits rouges qu’il y avait… Il ne savait pas s’il était vénéneux mais une chose était claire il avait faim ! Helen choisit cet instant pour répondre à Koah que sa question avait rendu plus sérieuse que d’habitude.

- Une chose est certaine, les Idrazits ne sont pas là pour une visite de courtoisie. Si le Kabéthien dit vrai, il est probable que Mavican soit directement lié à l’affaire… Ou alors, c’est directement Kobol qui les a envoyés pour détruire Lydée… Dans tous les cas, leur attaque serait du jamais vu et elle serait dévastatrice, fatale pour le Village… et ses habitants. Les tigres ont du le sentir… et je crains qu’Okan nous invite à les suivre… L’ennui, c’est qu’aucun Lydéen ni même un Qwel n’acceptera de reddition ou de fuite… Peut-être que la Lune Rouge n’était qu’un avertissement… Pour nous informer du sang qui allait couler… Je ne base pas mes prières sur Kobol… je ne sais guère ce qu’il a prévu pour nous… Quoiqu’il en soit, je prie de tout mon cœur pour qu’il s’agisse de Mavican, même si cela me semble improbable car il aurait fallu qu’il trouve le moyen de réduire à l’esclavage ces géants.

- Koah et Guerel étaient là, lorsqu’il est arrivé au village… Tous deux ont eu la même idée, il se peut que Mavican possède ce moyen et si c’est le cas, le seul moyen de sauver Lydée, serait de le rendre aux Idrazits… Cheera ne laisserait jamais Kobol s’en prendre à nous, c’est impossible.

- Tu as sans doute raison Kant… Mavican semble beaucoup plus crédible… Apparemment, les profanateurs sont à sa solde… Il a du leur céder une partie de la tâche…

- Il faut prévenir Boric, et envoyer des éclaireurs à Kabeth… pour tenter de découvrir ce moyen…

- Dommage que l’aveugle soit mort… Il aurait peut-être pu nous en apprendre plus…

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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Mer 28 Nov - 22:54

Revenant à la table en s’essuyant les mains dans un grand tissu pourpre, Alcin entreprit sans autre forme de préambule d’examiner la plaie à l’épaule de Koah, puis celle à sa hanche. La mine enjouée, il glissa un doigt à travers la légère plaie. Une vive douleur fit grimacer Koah qui faillit renverser son bol de céramique et qui ravala un juron. Alcin gloussa bêtement en s’excusant à demi-mots. D’un air absent, le vieux prêtre nettoya les plaies de Koah et les badigeonna d’une mélasse nauséabonde sortie d’un flacon de sa sacoche toujours sur la table.

Lentement, et tout en essayant d’ignorer Alcin et ses ordres idiots sur la façon de broyer des baies rouges dans le jus de mélasse, Koah observa Helen puis Andrew. « Gurkan à dit que Boric enverrait des éclaireurs à Kabeth… ils doivent déjà être partit avec comme seule directive de s’assurer de la véracité des faits du Kabethien. Je doute que Boric en envoi d’autres avant que ceux qu’il a envoyé ne reviennent… Et lorsqu’ils seront de retour il sera sans doute trop tard pour envoyer d’autres éclaireurs à la recherche de Mavican et de la chose qui pousse les Idrazits à lui obéir. »

Mahaul, le jeune prêtre qui était venu apporter une bassine d’eau tiède s’occupait à nettoyer la table du désordre d’Alcin lorsqu’il tenta de proposer : « Et si le Maître Intendant Kant… »

De l’arcade principale du réfectoire, Borias Lang s’approcha de la petite troupe son caducée à la main. Le Grand Prêtre d’Okan était un vieil homme qui ne faisait pas son âge, loin de là même. Pour ses 93 ans, il en paraissait 70. Borias avait de longs cheveux d’un blanc éclatant et une barbe minutieusement entretenue. Ses grands yeux bleus vifs plaisaient aux femmes, tandis qu’ils pouvaient inspirer une certaine crainte glaciale aux hommes. La démarche assurée, le Grand Prêtre était tout de blanc vêtu et dégageait une espèce d’aura qui semblait enjoliver et rendre beau, tout ce qui se trouvait à proximité.

D’une voix grave mais aux consonances chaleureuse, il dit à l’intention de tout le monde : « Je doute fort que le Maître Intendant Kant puisse faire entendre raison à Boric Grams troisième du nom. Nous savons tous ici que Lydée n’aime pas envoyer ses hommes en dehors de ses frontières, et nous pouvons comprendre l’attachement qu’elle éprouve pour ses vaillants soldats. Je ne blâmerais donc pas Boric pour son excès de réserve. Cependant, il est évident pour nous autre érudit des sciences occultes, que Mavican use d’un pouvoir qui nous est inconnu. Kobol ne craint qu’une chose en ce monde, la colère de Cheera. Il n’oserait jamais envoyer ses Idrazits pour nous anéantir. Par contre Mavican, lui, semble ne pas craindre la colère de la Créatrice. »

Borias regarda tour à tour chacune des personnes, s’attardant un instant sur Andrew et ses plaies, puis Logan, et enfin Koah. Le jeune Lydéen se sentit tout à coup très petit, si petit qu’il lui semblait que son père mesurait une dizaine de mètres. Les yeux bleues de Borias donnaient l'impression de le blâmer d’être ici en ayant outrepassé l’autorité des prêtres d’Okan, mais d’un autre côté, le léger sourire qu’il arborait trahissait la fierté d’un homme qui s’enorgueillait d’avoir un fils si courageux.

Calmement, Borias s’approcha de Koah, vérifia les blessures de son fils avec attention, puis il prit place à ses côtés en déposant son long bâton sculper contre le banc. Aussitôt, quelques prêtres apportèrent des coupes en bronze, du vin, des fruits, du pain, quelques morceaux de viandes offertes par les fidèles, de la soupe et de l’eau. « Vous devez être affamés mes amis, restaurez-vous avant d’aller vous reposer. » Borias les invita d’un signe de tête à se sustenter. « Si vous souhaitez rejoindre Lydée demain, il vous faudra des forces Maître Intendant. Surtout si vous voulez convaincre Boric. »

Le ventre de Koah gargouillait. Il n’avait pas mangé un vrai repas depuis des lunes et il lui semblait qu’il n’avait jamais eut l’estomac aussi vide. Rapidement, le jeune Lydéen délaissa le bol de céramique sur le côté au grand damne d’Alcin qui reprit la préparation de son breuvage en marmonnant. Borias sourit en regardant les convives se restauré. Il sortit une longue pipe, la bourra de tabac Lydéen et l’alluma à l’aide de la flamme d’une bougie.

« Père ? »
Bredouilla Koah la bouche pleine. « N’avez-vous pas une idée du pouvoir que Mavican pourrait posséder ? »

Borias expira une épaisse veloute de fumée dans les airs. « J’y ai réfléchis longuement. Avant de vouloir percer le secret de Mavican, demandons-nous déjà ce que sont les Idrazits. Ces monstres de pierres et de laves n’aiment qu’une chose, Kobol et son Mont. Ils n’obéissent qu’à et qu’aux ordres de Kobol, bien qu’une légende prétendrait que Pëlos puisse les asservir grâce à son sang qu’il partage avec Kobol... mais je n’imagine pas le Bien Aimé Pëlos nous infliger pareil châtiments. Les Idrazits gardent selon une légende très ancienne le Cœur du Pic des Ténèbres. C’est pour protéger l’Antre qu’ils ont été créés dans un premier temps. »

« Le Cœur du Pic des Ténèbres ? » Répéta Koah d’une petite voix. « Je pensais qu’ils étaient les protecteurs du Mont Kobol. »

« Le Pic des Ténèbres est le nom donné au sommet du Mont Kobol, ignare. » Ronchonna Alcin qui s’énervait tout seul sur sa mixture. « C’est là-haut que se trouve entre autre, le temple dédié à Kobol. C’est également dans ce temple que se trouve les restes de Lyto, deuxième fils de Kobol et de Cheera. »

Sans énergie, Koah s’offusqua. « Cheera a eue un deuxième fils avec Kobol ? »

« Ce n’est qu’une légende. » Rassura Borias lorsque son fils – les yeux bouffis par le sommeil qui le gagnait – laissait tomber sa mâchoire pleine de mie de pain. « Nous autre mortels ne savons pas pourquoi Kobol à anéanti son fils, mais il est dit que le Dieu du Chaos garderait jalousement les ossements de Lyto dans l’Antre du Pic des Ténèbres. »

Koah avala une grande rasade de vin, ébahit par la nouvelle. Bien que tout ceci le passionnait, la fatigue le gagna très vite, aidé par les quelques gorgées de vin. Le jeune Lydéen s’appuya sur ses coudes, le menton dans le creux de ses mains en suivant de plus en plus avec de difficulté la conversation.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Jeu 29 Nov - 2:45

Andrew avala avec plaisir toutes les victuailles qui s’offraient à lui. Après ce qu’il venait de traversé, il se sentait tellement affamé qu’il aurait pu à lui tout seul dévorer toute forme de vie autour de lui. Et visiblement c’était aussi le cas de Logan. Tous deux semblaient s’être mis d’accord pour engloutir le plus de choses. Et il était très comique de voir les deux Kant se tenir exactement pareil, attraper la nourriture avec le même geste et mâcher avec le même rythme. Bien sûr tout cela leur échappa à eux mais pas Helen qui esquissa un sourire. Logan prit un morceau de pain et le mit entier dans sa bouche. Une bosse apparaissait sur sa joue et il semblait totalement absorbé par l’espace vide derrière Borias. Andrew quant à lui avait la même bosse mais c’était un morceau de cerf qu’il entreprenait de déguster. Il se servi un verre de vin, à peine un peu pour se réchauffer intérieurement. Alcin avait entrepris de bouder visiblement car il marmonna un série de propos incompréhensibles, en voyant l’air soudain ahuri de Koah. Parmi les mots, le chasseur crut entendre distinctement « ignare », « inculte » et « indigne… ». Le Maître Intendant avala sans plus attendre le morceau de viande qu’il avait dans la bouche et pour la première, il parla à Borias. Le ton était à la hauteur de l’homme à qui il s’adressait, très respectueux mais ferme, il n’y avait pas de crainte dans sa voix, juste une profonde admiration qui bien entendu transparaissait.

- Guerel m’a raconté cette légende… il y a longtemps… il m’a dit que Kobol aurait tué son deuxième fils en enfermant ses ossements dans un lieu tenu secret… Mais Cheera aurait apparemment eu son mot à dire… d’après lui, elle aurait demandé à son mari de l’élever au même titre qu’eux, au rang de Dieu, mais il aurait refusé… Et en châtiment, la mère aurait rendu son cœur indestructible… elle lui aurait donné le pouvoir de contrôler les puissances de destruction de son mari si quelqu’un venait à l’acquérir… La légende de Guerel disait que Kobol par crainte de se voir dépourvu de ses plus puissantes armes aurait mis le cœur sous bonne garde… mais, ça ne colle pas avec la suite… car selon le mythe, le cœur aurait été détruit par Kor sous l’ordre de son père… enfin si mes souvenirs sont exacts… Il y a un problème qui domine… si Mavican a le cœur… il est invincible… pourquoi aurait-il envoyé les Idrazits s’il avait les pouvoirs de Kobol… A moins que la légende n’ait été déformée… Vous n’avez pas des traces écrites de tout ça ? Des gravures ou des représentations ? Peut-être que le Temple a conservé les vrais faits dans ses archives souterraines…

Mais soudain, une toux violente fit sursauter tout le monde. Logan avait le visage rouge sang, presque violacée, il avait la main à sa gorge et n’arrivait pas à respirer. Avant même que quiconque d’autre ait pu bouger, Alcin se précipita vers lui et plaça ses bras sur son ventre. Puis, il serra en remontant vers le haut et le fils Kant cracha alors un noyau aussi gros que son poing… Le prêtre la lâcha et le jeune garçon mit plusieurs minutes à retrouver un souffle normal. Helen leva les yeux au ciel en le regardant mais, Alcin, visiblement enchanté par ce qu’il venait de se produire, lui adressa un tape dans le dos et dit d’une voix gutturale, qui ne cachait pas son désir d’expliquer :

- C’est une technique très utile ! Elle permet bien souvent de sauver des vies, je l’ai apprise auprès d’un vieux naufragé… c’était très intéressant, on avait face à nous un homme qui se tortillait sur le sol, un vrai ver ! Il avait la tête toute bleue et ne pouvait plus respirer. Quelle idée a-t-il eu de manger les rismacs sans leur enlever leur coquille ! Quand il a recraché, le pauvre crustacé avait sa carapace couleur orange fissurée et deux dards avaient disparu… Il a fallu lui ouvrir la trachée pour récupérer les aiguilles ! Un vrai carnage ! Ah… que de bons souvenirs ! C’est si lointain !

Et aussi rapidement qu’il était intervenu il retourna à la préparation d’on ne savait quoi, son air boudeur ayant totalement disparu. Logan porta une main inquiète à sa gorge comme pour vérifier qu’elle était toujours là. Il jeta un œil à son père qui visiblement venait de se faire une bonne frayeur et il prit un verra d’eau. Helen le regarda à lui puis à son père et elle dit alors dans une sérénité naturelle :

- Si vous preniez tous les deux un peu plus de temps pour manger… la nourriture ne va pas vous disparaitre de sous le nez… Par Okan, on dirait que vous êtes pressés… détendez-vous… Ce qu’il y a de certain c’est que personne ne se tromperait en affirmant tel père tel fils…

Elle adressa un regard malicieux à Borias et Andrew, qui avait souri lui aussi, reprit :

- Je dois également vous dire que quoique Joan ait pu vous apprendre, Koah mérite qu’on le…

- Heureusement qu’il était là ! Sinon l’aveugle m’aurait emporté… Ils ont parlé d’envoyer quelqu’un chercher papa dans la forêt, mais je n’ai pas voulu attendre… Je me disais que moi aussi je pourrais très bien aller le sauver… Koah voulait me faire dormir chez Déjanire… mais je me suis sauvé par la fenêtre et j’ai couru jusqu’aux passerelles. S’il n’avait pas vu que j’avais disparu et s’il ne m’avait pas suivi, je serais mort et papa aussi… Il ne faut pas le punir, il a agi pour me sauver…

Limite sur la voix rauque et cassée de Lagan n’avait pas été suppliante. Mais son histoire semblait si crédible qu’il espérait que Borias tombe dans le panneau. En tout cas, il avait coupé la chique d’Andrew qui le regarda avec des sourcils froncés et un petit sourire en coin.

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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Jeu 29 Nov - 4:53

Doucement, la fatigue s’insinuait en Koah Lang qui avait de plus en plus de mal à rester attentif. Le jeune homme somnolait doucement, la tête appuyée dans le creux d’une main. Nonchalamment, il était presque affalé sur la table et peinait à écouter ce qu’on racontait autour de lui. Même Logan qui manqua de s’étouffer n’arriva pas vraiment à le réveiller. Koah se sentait partir de plus en plus. Cela faisait quand même presque deux jours qu’il n’avait pas dormis.

Borias Lang laissa échapper un sourire amuser en regardant Logan plaider la cause de son fils. Il fronça les sourcils, puis après un temps de réflexion il dit d’un ton agréable : « Il n’y aura aucun châtiment supplémentaire pour lui, ne t’inquiète pas Logan. Le jeûne que nous lui avons imposé à prit fin la nuit de votre petite escapade dans la jungle de Lydée. Il revient maintenant au Conseil du village de le sanctionné où non pour le non-respect de la sentence que les Maîtres Intendants avaient tranché au procès de la destruction de la tour de guet. »

Après un instant à tirée sur sa pipe, Borias se tourna à nouveau vers Andrew : « Vous avez un très bon raisonnement Maître Intendant. Vous devriez penser à vous reconvertir dans l’un des Ordres. Celui de Pëlos vous irait à ravir. » Il lâcha un sourire goguenard. « Pensez-vous sérieusement que Kor ait détruit ce coeur ? Je ne penses pas. Et il est tout à fait possible que Mavican ait mit la main dessus. Donc, si Mavican détiens le Cœur comme je le pense, il l’utilise avec beaucoup de sagesse. L’une des Lois Divines de Cheera dit que lorsqu’on utilise la magie, il ne faut jamais vouloir faire disparaître une chose ou une personne par la force même de sa volonté, sous peine d’être annihilé à son tour. Il est interdit de remettre en cause la création de quoique ce soit, autrement la Créatrice elle-même se retourne contre vous et deviens votre adversaire. C’est pourquoi, je pense que Mavican utilise les Idrazits pour accomplir ses funestes desseins. »

Un temps de réflexion. « De plus, je ne pense pas que Mavican soit invincible. Il suffirait d’un moment d’inattention de sa part ou d’un vacillement de sa volonté pour qu’une flèche puisse l’attendre en plein cœur… voilà sans doute une raison de plus du pourquoi, il se tient à l’écart de Lydée. Il est peut-être immortel grâce la goûte d'Ambroisie, mais je doute qu'il apprécie passer l'éternité découpé en petits morceaux... »

Un léger ronflement s’éleva à côté du Grand Prêtre d’Okan. Koah s’était complètement endormis, submerger par la fatigue de ces deux jours. La tête reposant entre ses bras noués, il manquait à chacune de ses respirations de renverser la coupe de vin devant lui. Borias le considéra d’un œil attendrit et paternel. Nulle ne doute qu’on puisse lire en lui l’affection qu’il avait pour son benjamin.

« Que comptez-vous faire Maître Intendant Kant ? Il revient à vous de décider de la direction que vont prendre les prochains événements en dehors de ce cloître. » Borias raviva la flamme de sa pipe. « Pour ma part, nous déserterons le cloître d’ici quelques jours afin de nous rendre à Lydée pour soutenir les nôtres dans cette épreuve qui s’annonce difficile. »

Alcin qui était jusqu’alors plongé dans la préparation de sa mixture qui prenait des teintes orangées, intervenu soudain : « Pour les archives… nous n’avons au cloître que celles en référence au Grand Okan et les archives traditionnelle dites de base sur les autres Dieux… le bé-à-bas des novices en quelque sorte… » Il déposa la coupe de céramique devant lui lourdement. « Peut-être qu’à Lydée, il y aurait des écrits sur le Cœur du Pic des Ténèbres… dans les Archives, bien qu’il se peut que dans les méandres du Temple, il se cache une fresque comptant cette histoire… Mais je ne vois pas ce que cela vous apporterais d’aller y faire un tour… vous si ? »

Le réfectoire était calme. Il n’y avait plus qu’Andrew et son fils, Borias, Helen, Alcin et Koah assit à la table. Les autres religieux s’étaient retirés discrètement dans les nombreuses ailes du cloître. Le calme réglait, un calme reposant et très serein. Délicatement, Alcin humecta le bout de son index dans son espèce de marmelade orangée, et sans attendre une seconde, il badigeonna le dessous du nez de Logan qui se retrouva avec une rigolote moustache rousse. « Et voilà qui t’aidera à rejoindre les bras de Chötal en un rien de temps. Ca chatouille un peu mais c'est réparateur ! Tes poumons vont s’élargir, aspirer plus d’air et au petit matin, tu te sentiras en pleine forme mon jeune gamin. » Il s’en badigeonna également le dessous de son nez avec amusement. « Hum… subtil mélange fruité. »

Ça puait, et il n’y avait que lui qui avait l’air de ne pas le remarquer…

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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Ven 30 Nov - 23:02

- On dirait l’odeur d’un Qwel qui ne s’est pas lavé depuis trois mois… ça empeste !

Logan ne l’avait pas vu venir, ce coup là. Il tenta d’essuyer la crème orangée mais elle semblait adhérer à sa peau. Il fronça le nez et jeta à Alcin un regard furieux. Comme s’il avait besoin de ça… c’est vrai, il était assez grand pour s’endormir tout seul ! Koah y était arrivé lui. Il lança un rapide coup d’œil au glaneur, qui au fil des minutes semblait prendre un peu plus de place sur la table. Helen le regarda avec un sourire un peu moqueur et Logan se vexa. Il lui tira la langue et entreprit de plonger dans une phase de bouderie suraiguë… Pendant ce temps, son père réfléchissait à la question du jour : qu’allait-il faire maintenant ? Il lui fallait regagner Lydée, le plus rapidement possible et informer Boric… ce qui semblait en fait très simple… mais ne l’était absolument pas. Entre les deux hommes, il y avait du respect certes mais pas suffisamment d’exploits du côté de Kant pour qu’il puisse se permettre d’être dans les faveurs du Chef du Village. C’était très ennuyeux… même si Andrew estimait beaucoup Grams, ce dernier le considérait comme un simple maître intendant, rien de plus… Aussi, lui faire entendre son avis serait ardu… et ensuite, fallait-il que l’homme veuille bien le suivre…

Il le savait, s’il parlait de Koah, cela risquait de perturber les choses… Et de Guerel encore plus. Boric les estimait tous les deux, uniquement parce qu’ils étaient lydéens… En réalité, il leur était royalement indifférent. Il était de notoriété publique que Boric Grams avait toujours eu des préférences parmi les Maître Intendant. Dolgan Amos était un de ses favoris, son chouchou même… Kant n’avait ni la réputation, ni la carrure et encore moins le tableau de conquêtes du guerrier… Et oui, ainsi allaient les choses… Il n’était qu’un chasseur après tout. Mais qu’importe, il ne vivait pas pour satisfaire le Chef mais pour aider le Village. Il y avait une nuance énorme entre lui et certains habitants : il cherchait l’intérêt commun. Et s’il allait proposer sa théorie, c’était pour tenter de sauver le lieu qui l’avait vu naître. Il passa sa main sur la barbe naissante qui était apparu et répondit d’un ton calme :

- Je ne sais pas exactement comment je vais bien pouvoir présenter les choses… Boric ne me porte pas énormément dans son cœur, il m’étonnerait beaucoup en acceptant ma proposition… Ce serait vraiment une première dans nos rapports… Je n’ai pas le charisme de certains et donc, pour lui, je ne serais pas assez convaincant. J’étais en train de me demander si je pouvais avoir le soutien de Dolgan Amos… il me serait vraiment d’un grand secours… Et si vous voulez bien m’aider, nous aurions plus de chances de le convaincre… Pour ce qui est de la suite, je pense aider à protéger Lydée… Enfin, je ferais selon les ordres.

- Un détail m’échappe, Kant ! Où étais-tu donc passé durant ces derniers jours… Ne me dis pas que tu t’es terré au Temple.

Andrew se leva brusquement, manquant renverser le verre de vin qu’il s’était servi. Boric et son fils entourés de deux autres guerriers venait d’apparaître à l’entrée de la salle. Alcin regarda l’homme avec un peu d’inquiétude. Il était très rare que le Chef de Lydée se déplace jusqu’ici. Et vu l’expression qu’il avait sur son visage, il semblait mécontent. Il s’approcha et dit, ses yeux fixés sur Andrew :

- Bonsoir Borias… je me doute que tu sais pourquoi nous sommes là… Kant ! J’attends vos explications, immédiatement… Figurez-vous que les gardes de Lydée ont surpris Guerel et Jewël dans les archives en pleine nuit… Alors que la salle est fermée à cette heure là… lorsque je leur ai demandé ce qu’ils faisaient, ton ami potier m’a raconté une série d’absurdité ! Je n’accepterais pas qu’un Maître Intendant fasse s’introduire des gens en cachette dans nos archives !

- Je ne leur ai rien ordonné… je…

- Comment se fait-il alors que Koah, qui était censé rester à Lydée jusqu’à la fin de sa punition soit sous mes yeux, à tes côtés et surtout… avec ton fils !

- Ils sont venus pour me retrouver… j’ai été blessé par des marchands d’esclaves.

- Et bien voyons, je te trouve bien en forme pour un blessé…

- Oh ! J’y suis pour beaucoup vous savez… et Koah a réussi à lui appliquer du sumac kori. Et puis avec mes…

- Merci, ça ira… Et qu’elle est donc cette chose que tu voulais demander à Dolgan pour avoir son soutien ?

- Et bien… Visiblement Guerel pense que Mavican doit avoir un objet… pour contrôler les Idrazits… et euh… je suis aussi de cet avis… Je pense qu’il serait bon d’envoyer des guerriers pour récupérer l’objet… après avoir fait des recherches dessus bien entendu… je crois que c’est le seul moyen de sauver Lydée.

- Ma parole ! Vous avez donc tous une idée fixe ! Encore une idée grotesque de Lang tout ça ! Borias, ton fils devrait cesser de voir les choses de façon juvénile et mûrir un peu, beaucoup même !

- Il m’a sauvé la vie…

- SILENCE !

L’éclat de voix fut si brusque que Koah se réveilla… Logan se fit petit sur le banc et Alcin fit tomber une fiole qui se brise et répandit sur le sol une odeur de viande pourrie… Boric parla d’un ton ferme, agacé par toutes ses hypothèses et visiblement décidé à mettre un terme à ce qu’il prenait pour des fabulations.

- Un équipe à été envoyé à Kabeth pour s’assurer que les Idrazits marchent vers Lydée… Quand ils reviendront, nous déciderons en fonction de l’annonce qu’ils feront. Je ne vais pas envoyer d’homme si cette rumeur est fausse.

- Le temps qu’ils soient de retour et nous aurons tout perdu… Il faut envoyer quelqu’un à leur suite pour agir… le temps est compté…

- Encore une fois, tu parle parce que Koah t’a mis dans la tête des gamineries ! Personne n’ira nulle part…

- Hum… Les signes d’Okan sont formels… Les Idrazits marchent vers nous…

Le regarda qu’Andrew lança à Helen fut si reconnaissant qu’il lui aurait presque sauté au cou. Boric resta sans voix et regarda chaque personne. Son front était plissé, signe qu’il réfléchissait activement. Il ne pouvait mettre en doute la parole d’une prêtresse mais il était furieux et il s’exclama alors :

- Et bien soit ! Puisque les signes le disent… Je vais préparer les guerriers… nous ferons barrage !

- Ils nous tueront… Ces géants sont des créatures surpuissantes… Il faut envoyer des guerriers vers Mavican, vers l’objet…

- Assez ! Kant ! Tu m’agaces ! Puisque tu sembles si sûr de toi, je vais prendre une décision. Un groupe sera envoyé à Kabeth pour enquêter sur ce mystérieux objet… qui n’est que le fruit de votre imagination. Toi, le jeune Lang, Jewël et Guerel vous partirez !

- Vous exagérez Boric ! Ils n’ont même pas un seul guerrier pour se protéger ! C’est injuste, mettez donc votre égo de côté…

- Silence ! Il me semble que vous vous relâchez Borias… à l’avenir tâchez de faire autorité là où il se doit ! S’il leur faut un guerrier…

Il réfléchit un court instant et puis, un nom lui vint tout naturellement, il venait de prendre celui pour qui il avait le moins de considération :

- Gurkan… il vous accompagnera tous les quatre pour vous escorter… vous partirez demain ! Bien et maintenant, Borias, je souhaiterais vous parler, en privé…

Il l’invita alors à le suivre, laissant un Logan terrifié, un Andrew vexé et une Helen outrée. Alcin lui-même était furieux… mais peut-être pas autant que Koah.

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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Sam 1 Déc - 1:17

Lorsque Koah fut réveillé en sursaut par la voix puissante de Boric, il ne lui fallu pas longtemps pour deviner le motif de sa venue. Le visage sombre d’Andrew en disait long. Rapidement, la colère gagna le jeune Lydée. Ce gros porc de Boric lui sortait par les trous de nez, et le sourire narquois que son fils arborait à côté n’aida vraiment pas le jeune Lang à rester calme. Par deux fois, Koah sentit en lui la haine bouillir et embraser son corps violement. Une voix en lui hurlait de réagir et de bondir à la gorge de ce gros prétentieux qui incarnait tout ce qu’il détestait à Lydée.

Au galop, la rancœur enfuie depuis des années pour son village natale ressurgit de ses entrailles et lui remonta dans la gorge comme une envie soudaine de vomir. Tout au long des moqueries mesquines de Boric, Koah sentait son envie de déraper aller créscendo. Excédé, le jeune homme était à la limite de proclamer son indépendance ! De parjurer sur Lydée. D’hurler haut et fort qu’il n’était plus Lydéen désormais mais un Isolé de plein droit, et que ce putain d’isolé allait se faire la malle, et qu’il envoyait se faire foutre les types dans leur genre.

Lorsque Boric se permis de remettre en cause l’autorité de son père ici, Koah agrippa le premier ustensile en face de lui pouvant servir d’arme. Les doigts serré autour d’un couteau, il lui était étrangement impossible de le déplacer. Il avait beau s’excité à vouloir arracher de sa fixité cette lame, elle ne bougeait pas d’un pouce. A côté de Koah, Borias souriait paisiblement, écoutant avec une grande attention le chef de Lydée. Ses grands yeux bleues étaient parsemés d’étincelles dorées très discrète, et il ne fallu que quelques secondes à Koah pour comprendre que la Volonté de son père empêchait par la magie l’arme de bouger.

D’un hochement de tête serein, Borias se releva et suivit Boric qui se dirigeait vers une arcade. Côté à côté, les deux hommes marchaient alors que dans leur dos, tous semblait totalement décontenancé à la table. « C’est une très bonne idée que vous avez eu là de les envoyer tous les cinq à Kabeth. » Lâcha d’un ton aimable mais monocorde le Grand Prêtre. « Voyez comme quoi tout semble s’arranger, mon bon ami. »

Les deux hommes arrivèrent dans une grande salle circulaire où seule la statue d’Okan trônait fièrement au centre. A ses pieds, un tapis d’herbe folle poussait et s’étendait dans toute la pièce, alors que sur quelques roches naturelles, plusieurs offrandes avaient été faites. Des flambeaux caressaient de leurs clartés chaudes, les murs recouverts de lierres et dessinaient leurs ombres difformes un peu partout.

Stoïque, Borias tira sur sa pipe un instant, laissant voyager un épais nuage de fumée blanche autour de lui. Puis, il dit toujours aussi calmement : « Boric, tâchez de ne pas oublier que vous n’êtes pas en territoire conquis, ici. Je vous recommanderais dès lors avant de quitter ce cloître, de ne pas oublier l’offrande à Okan. Il risquerait de se froisser, car je ne doute pas une seconde qu’il porte une oreille attentive à la manière dont le chef de Lydée se permet de remettre en cause l’ordre établi au sein de sa demeure. » Il laissa échapper un sourire tranquille. « De quoi désirez-vous vous entretenir avec moi, mon cher Boric ? »

*********
A la table, Koah faillit tomber en arrière lorsque la Volonté de son père libéra le couteau. Avec véhémence, il se leva le visage sombre et regarda Lokan qui attendait les bras croisés, le sourire aux lèvres. « Vous faites une belle bande d’idiot ton père et toi ! » S’écria le jeune homme. « Si Lydée tombe, se sera votre faute ! Et nous cracherons tous sur votre nom ! »

Le visage de Lokan s’empourpra et aussitôt, il s’élança vers Koah. Brusquement, il bouscula Logan, renversa le banc et la table, puis, il lui agrippa les cheveux de la nuque et leva son poing qu’il s’apprêtait à abattre avec colère sur son visage. Derrière eux, les deux soldats sortirent leurs armes et tenaient les autres en respect.

Tous restèrent interdits…

Koah laissa échapper un sourire narquois, courbé en arrière sous la douleur de ses cheveux maintenu entre la poigne du guerrier. Lokan était imposant et n'hésitait pas à faire parler sa force contre les plus faibles. « OSES porter la main sur un serviteur d’Okan dans sa demeure, petit fils de Torsha ! Je t’en lance le défi. »

Lokan sembla lutter intérieurement, les yeux assassins plantés dans ceux de Koah. « Je crache déjà sur ton nom, Lang. » Dit-il d’une manière méprisante avant de lui craché au visage, et de le libérer de son emprise en le poussant dédaigneusement en arrière. « Je prie Pëlos pour que nous aillons la sagesse de te chasser de Lydée une bonne fois pour toute. »

Le Lydéen tomba le cul sur les dalles du réfectoire. L’envie de meurtre était palpable entre les deux jeunes hommes. Koah se releva rapidement en s’essuyant le visage pour s’élancer furieusement vers lui, mais Alcin lui maintenu le bras, le suppliant d’un regard de ne pas rentrer dans ce jeu stupide. « Ne fait pas ça, Koah. Assieds-toi. »

Koah demeura un moment absent. C’était décidé, le voyage que Boric imposait serait sans retour. Il accompagnerait ses camarades, mais ne reviendrait pas avec eux… il s’en fit la promesse.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Sam 1 Déc - 2:49

Boric leva lentement la main vers Boris pour la poser sur son épaule. Il adressa un sourire entendu, plein de compassion et sa voix autoritaire reprit :

- Voyons… je ne comptais pas regagner Lydée avant de faire les offrandes au Dieu, Borias… Me prendrais-tu pour un fou ? Enfin, de toute façon, la situation devient de plus en plus explosive… Je ne sais vraiment pas quoi faire de ton fils… Il est… enfin, tu me connais bien, tu sais que je suis toujours indulgent… mais là, je ne puis tolérer son comportement plus longtemps… D’abord la tour, et puis la plainte de Letor… sans compter… le non-respect des règles… Un tel comportement est de trop au Village. Je lui ai laissé toutes ses chances… et ça ne donne rien. Crois-bien que cela me désole mais, je crains qu’il ne puisse rester à Lydée… J’ai une réputation à tenir, des lois à appliquer. Il ne peut pas outrepasser les règles lorsqu’il en a envie… Ah… Borias… je suis malheureux que tout ça tombe sur toi… tu ne l’as pas mérité… Je vais devoir prendre une sanction exemplaire pour sa fuite… cette fois, je ne peux guère être indulgent… Mais, je peux me montrer conciliant… je sais ce que tu peux ressentir, et c’est pour ça que je te laisse le choix de lui dire… votre honneur ne sera pas sali, je ne le permettrais pas… Borias, je crois qu’il est temps de laisser Koah continuer sa route… seul, loin de nos huttes…

Il s’arrêta, l’air peiné. Malgré tout ce que le glaneur avait fait, il ne pouvait s’empêcher de le mépriser. Pourtant, grâce au jeune Lang, un Maître Intendant avait été sauvé… Il aurait du s’en réjouir mais ce n’était pas le cas. Kant venait de baisser dans son estime… il n’imaginait pas que quelqu’un comme lui puisse le décevoir en contredisant son bon sens. La véritable raison de sa venue venait d’être exposée. A la disparition de Lang et après les aveux forcés de Guerel et Jewël, il avait décidé d’agir. Cependant d’autres questions l’inquiétaient… il n’imaginait pas qu’ils puissent avoir raison mais si les Idrazits marchaient vers Lydée, il voulait être certain d’avoir le soutien des Dieux et surtout celui de ses guerriers. Il baissa la voix et continua, une lueur mystérieuse dans les yeux :

- Okan nous soutiendra dans le combat… s’il le faut, j’irais me battre aussi… Mavican et les Géants n’auront jamais Lydée… Est-ce bien certain qu’ils viennent par ici ? Non pas que je doute de la parole divine… mais une erreur d’interprétation est si vite arrivée… Il serait regrettable de prédire le pire alors qu’il ne vient pas. Helen est peut-être une experte dans l’art de l’interprétation… mais… enfin, je ne veux pas te faire insulte, si tu lui accordes ta confiance… J’espère que tu es plus chanceux avec elle que moi avec Kant… Je suis déçu qu’un homme comme lui accorde du crédit à des balivernes plutôt qu’à ma sagesse… Laureen n’aurait jamais remis en doute mes décisions.

********************


Alcin retenait Koah par des propos sages. Après qu’il eut été arrêté dans son élan, les gardes semblèrent relâcher leur inattention. Logan qui avait pris un coup au passage se frottait le dos en regardant farouchement toute personne qui osait respirer. Helen était à côté de lui et semblait approuver la réaction du prêtre. Elle posa sa main sur celle de Logan délicatement et entreprit de lui parler. Tout le monde semblait se calmer peu à peu… lorsqu’un étrange borborygme se fit entendre. Tous braquèrent leur regard dans la direction de Lokan. Ce dernier avait un visage étrangement violacé… et pour cause. Andrew avait suivi l’altercation et surtout le geste du guerrier. Personne n’avait fait attention à lui, personne ne l’avait vu saisir Lokan Grams à la gorge avec une force triplée par la colère. Il planta ses yeux bleus dans ceux du guerrier. Tout le monde semblait pétrifié… dans un murmure, à peine audible, il parla :

- Tu salis un nom… le sien… ou n’importe lequel… mais surtout le sien… et je ferais de ce Temple ta dernière demeure pour l’éternité… Ce genre de geste méprisant… tu le gardes pour tes ennemis par pour un Lydéen…

Et il lâcha prise. Lokan tomba à genou sur le sol, la respiration sifflante. Il avait du mal à reprendre son souffle. Andrew le regarda, la mâchoire serrée. Le jeune guerrier murmura alors avec un ton plein de hargne :

- Tu vas me le payer… Kant… je te défie pour avoir purement et simplement sali mon honneur et porté atteinte à un guerrier de Lydée.

- Tu n’es pas sérieux, j’espère… garde tes forces pour le village. Il en aura besoin, je n’ai aucune envie de me battre contre toi… tu n’en vaux pas la peine.

- Bats-toi… lâche…

Mais avant que le chasseur puisse répondre quoique ce soit, il avait déjà reçut un coup de poing dans le ventre. La douleur manqua le faire défaillir. Helen visiblement outrée, s’écria :

- C’est un coup bas Lokan, très bas pour quelqu’un qui se prétend courageux !

Mais cela ne l’empêcha pas de donner un coup de pied dans la cuisse de Kant qui tomba à genou sur le sol. Un autre coup de pied dans le flanc l’allongea. Il y voyait trouble et ses blessures s’étaient mises à saigner de nouveau. La suite se passa si vite que Lokan ne put guère réagir d’un coup. Logan venait de lui sauter dessus avec toute la colère et la force dont il était capable. Il lui mordit l’épaule, le griffa et le donna autant de coups de poings qu’il était capable. Mais, Lokan n’eut aucun mal à le faire lâcher prise et il lança une gifle qui le fit tomber deux mètres plus loin. Même Déjanire n’y était pas allé aussi fort. Le jeune garçon saignait du nez, il avait en plus les lèvres en sang et les larmes aux yeux. Mais alors qu’Alcin allait céder sous la pression de Koah, une voix d’homme résonna dans la salle.

- Il suffit !

Elle était puissante et provenait d’une entrée sur leur gauche. Tout le monde fut paralysé sur place, comme électrocuté et le prêtre s’avança s’aidant de sa canne pour marcher. Il était maigre, chauve et ses yeux verts perçaient à travers chacun avec une lueur furieuse. Soudain, l’oppression qui régnait disparut.

- Assis !

Lokan sentit ses jambes céder et il tomba assis sur le sol. Visiblement c’est ce qui arriva à tout le monde sauf à Logan, déjà assis, ses joues ruisselants de larmes et à Andrew qui avait perdu connaissance. Le vieil homme paraissait extrêmement fatigué et il s’assit sur une chaise de bois.

- Vandales ! Assassins ! Maraudeurs !!! Okan vous punira pour cet outrage ! Subissez sa colère, mécréants ! Ignorants ! Crétins ! Vous devriez avoir honte de vous comporter comme des animaux dans son Cloître ! Sacrifices, Offrandes, Prières ! Cherchez la rédemption de vos actes ! Rangez son lieu de culte ! Serrez vos mains ! Et laissez-moi DORMIR !

Il se leva et sortit de sa robe de prêtre un objet à l’allure brillante qui ressemblait étrangement à une corne de cerf, ornée de symboles étranges. Il porta ses yeux sur Alcin et ce dernier parvint à se lever. Le prêtre chercha une petite fiole qu’il lui tendit et après un cillement de paupière, tous purent se redresser. Le vieillard s’éclipsa à nouveau et Helen demanda à Alcin :

- Tu lui as donné celle qui s’adapte à notre situation ?

- Oui… mais je peux rien pour le pouvoir de son objet… Ma potion ne le guérira pas de son insomnie… il a usé du pouvoir à nouveau.

Voyant le regard suspicieux de tout le monde Helen expliqua :

- C’est Jirias… il est prêtre d’Okan… mais il a un statut particulier… Okan semble lui avoir donné un objet… et grâce à ce dernier, il peut faire appliquer ses ordres à la lettre… Mais il souffre d’insomnie et rien n’y fait… ça ne semble pas guérissable. Il n’a jamais usé du pouvoir sur quiconque à part les ennemis d’Okan… j’espère au moins que tout ça vous aura calmé ! Vraiment, votre conduite est indigne…

- Papa…

En effet Logan avait toutes les raisons de s’inquiéter. Son père ne s’était toujours pas réveillé et les deux blessures étaient à présent rouvertes… les points de suture avaient sautés et une petite flaque de sang commençait à se former. Alcin s’approcha et grogna, un œil accusateur sur Lokan :

- Du travail de maître gâché… pour de l’égo…

Il défit les bandages et regarda la plaie. C’était vraiment moche à voir. Lokan adressa à Koah un regard mauvais et décida de s’installer avec els deux autres guerriers sur un banc, dans un coin.

- Koah… occupe-toi de Logan, s’il te plait… je crois que je vais en avoir pour un bon moment…

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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Sam 1 Déc - 4:35

« ANDREW ! »

Une vague de colère parcouru l’assemblée lorsque Lokan s’en prit à Andrew. On entendit quelques voix s’élever pour le sommer d’arrêter mais rien n’y fit, Lokan mit à terre le Maître Intendant Kant. Koah ressentait pour Andrew beaucoup de gratitude et d’affection. Cette personne se battait pour lui, pour son nom qu’on avait bafoué… c’était étonnamment gratifiant. Même si Koah sentait que sa colère était déjà à un niveau critique, elle se décupla lorsque Lokan molesta sans retenue le petit Logan.

Fou de rage au point de vouloir que Lokan disparaisse à jamais de l’Île, Koah se débâtait comme un beau diable mais Alcin le maintenait avec une force qu’il ne lui connaissait pas. Jurant, pestant comme un Hankien, il maudissait le guerrier blond avec une totale sincèrité. Toutes ses colères provoquée par Lokan durant toute sa vie ressurgirent. Soudain, un flash de lumière explosa derrière les yeux du fils Lang. Une douleur fulgurante lui déchira le front et des lettres grises lui apparurent dans la tête, surgie d’un lointain souvenir. Elles lui étaient familières, il les avait vues sur un parchemin que son père lui avait montré plusieurs fois pendant son apprentissage au temple. Sans y penser, Koah prononça l’incantation à voix basse, chaque mot disparaissant de son esprit au moment même où il finissait de le dire.

Lorsqu’il en arriva au dernier mot, la douleur cessa et un rugissement sonore retentit au-dessus du temple en même temps que Jirias les sommait de se calmer. Dehors, une pluie diluvienne s’abattait sur le temple avec fracas. Les oreilles de Koah bourdonnaient et tout lui semblait flou et incohérent. Ce fut l’air agar qu’il se laissa tomber sur le sol suite à l’ordre du prêtre d’Okan.

Une fois le charme de Jirias rompu, Koah se précipita vers le corps inanimé d’Andrew. A genoux, il examinait avec Alcin les plaies rouvertes du grand homme. Il murmura d’une voix inquiète : « ANDREW ! Ca va aller ? »

- Koah… occupe-toi de Logan, s’il te plait… je crois que je vais en avoir pour un bon moment…

Sans chercher à faire sa mauvaise tête malgré son envie de rester au chevet d’Andrew, Koah s’exécuta et ramassa quelques cataplasmes. Rapidement, il prit Logan dans ses bras, le souleva du sol et s’en alla par l’une des arcades, non sans avoir lancé avant à Lokan un regard plus que méprisant. Le Lydéen et le jeune enfant passèrent le grand hall, montèrent un grand escalier en colimaçon de pierres brutes qui semblait interminable, puis, après avoir traversé deux couloirs dont le planché n’était autre que les racines d’un gros arbre, et croiser Jirias qui airait visiblement sans but, Koah pénétra dans sa chambre qu’il occupait au cloître.

La cellule était une petite pièce mansardée avec une grande fenêtre cachée derrière un rideau pourpre. Une couchette longeait le mur du fond, tandis qu’un tas de coussin bourrés de paille servaient visiblement de petits fauteuils sur lequel il restait quelques parchemins déroulés. Au plafond, une centaine de pierres phosphorescentes collées ici et là donnaient l’impression d’être sous la Voie Lactée. Koah déposa Logan sur le rebord de la couchette, puis il entreprit d’allumer une bougie afin d’éclairer un peu la chambre.

Koah prit place à côté de l’enfant, lui essuyant les yeux d’un revers de main, puis il entreprit de le soigner méticuleusement avec les cataplasmes qu’il avait emporté. « Je suis désolé pour ton père, bonhomme. C’est ma faute si Lokan s’en est prit à lui. J’aurais du rester plus calme… » Il lui caressa l’arrière de la tête. « Tu t’es bien battu, ton père serait fier de toi. » Un œil triste. « Tu as mal ? » Il se fit délicat lorsqu’il nettoya sa plaie à la lèvre. « Tu devrais essayer de dormir, tu es épuisé. Alcin s’occupe de ton père, ça devrait bien se passer. Alcin est très doué, tu sais. »

*********
... ... Laureen n’aurait jamais remis en doute mes décisions.

Borias sourit et dit sur un ton légèrement condescendant : « Comme je ne remets pas en doute vos décisions Boric. Nous ferons comme notre chef l’aura décidé. J’aimerais cependant que vous laissiez aux initiés la tâche d’interpréter la Parole Divine. Quelque soit la grandeur de votre sagesse, votre éducation religieuse laisse encore à désirer, et ce, malgré une certaine perspicacité implacable en ce qui concerne le fonctionnement interne de ce cloître. » Borias sourit à nouveau aimablement. « Vous semblez oublier que certaines personnes sont les gardiens des plus anciennes connaissances et des plus anciennes chroniques de ce monde. »

Borias soupira. « Les Idrazits appartiennent peut-être à une religion d’insulaire mais ils n’en font pas moins partie de l’histoire de ce monde. Au temple, nous ne considérons pas leur existence comme une légende et leur venue ne fait aucun doute. Cela fait partie des vérités révélées et enseignées aux premiers hommes par les dieux. » Ses yeux bleues pénétraient ceux de Boric implacablement. « Votre sagesse à beau être immense, Boric, vous ne vous posez pas les bonnes questions. »

Un grondement de tonnerre suivit du déluge d’une pluie drue rompit la conversation. Borias tira sur sa pipe, le front plissé par la concentration en regardant dehors. Soudain, il commença à rire tout bas, puis de plus en plus fort. Boric jeta un regard perçant au Grand Prêtre. Borias agita sa pipe : « En ce qui concerne Koah, merci de votre patience Boric. Je comprends tout à fait votre point de vue. Si Koah n’est plus le bienvenu à Lydée, alors il perdra ses droits de Lydéen et sera considéré comme un Isolé. Je ne m’y opposerais pas, ni aucun Lang. Je lui annoncerais donc la nouvelle. Il est donc, dès ce soir, Isolé. »

Borias s’approcha de Boric et lui tapota l’épaule, l’air joyeux. Visiblement, la nouvelle du bannissement de Koah ne l’émouvait pas outre-mesure, et pour cause… Okan le lui avait prédit. « Désirez-vous vous restaurez avant de reprendre la route pour Lydée, mon bon ami ? Nous avons un cerf délicieusement préparer par Mélinda Ok, fidèle croyante d'Okan aux talents de cuisinière légendaire à Lydée... »

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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Sam 1 Déc - 19:03

- Mon cher Borias… vous semblez prendre cet acte à la légère et je le déplore… C’est toujours difficile de perdre un fils de Lydée… mais, je ne veux pas non plus que ce soit trop dur pour vous… vous n’êtes pas obligé de lui dire dès ce soir… demain serait suffisant…

- Infidèle ! Parjure ! Scélérat !

Jirias venait d’apparaître de l’ombre et dardait un doigt tordu et fripé sur Boric. Ses yeux verts perçants semblaient furieux. On aurait dit qu’il était fou. Comment avait-il pu venir ici si rapidement était un grand mystère… et très franchement, Boric s’en moquait, il le regardait d’un air incrédule.

- Boric, vous piétinez la maison d’Okan comme un rongmol dans un poulailler ! Réparation ! Votre offrande devra être conséquente pour ce que vous avez fait ! Vous et votre descendance ! Votre fils Lokan est aussi lâche que ces profanateurs ! Jugement ! Lavez vos fautes !

- Jirias… il y avait longtemps que nous ne nous étions pas croisé… je me demandais si vous étiez toujours vivant…

En réalité il aurait bien voulu le contraire mais il n’allait pas l’avouer en public. Il semblait d’apporter aucun crédit à ses paroles et ses yeux montrait clairement qu’il croyait parler à un fou. Le vieil homme ne se découragea pas pour autant mais il regarda le Chef de Lydée avec une telle insistance que la suite de ces paroles perça et blessa Boric :

- Hypocrite ! Menteur ! Vandale ! Prétentieux ! Vous oubliez Boric que Lydée ne vous appartient aucunement ! Vous n’êtes pas le maître absolu… vous êtes juste jugé sage pour la diriger avec l’aide du Conseil ! Les lois sont claires, pour exiler un Lydéen, vous devez réunir à l’unanimité vos Maîtres Intendants sur le sujet !

- Koah a largement dépassé les limites que j’ai…

- Silence ! Vous me donnez mal au crâne ! Koah sera jugé, comme tout Lydéen ! Et votre fils aussi ! Pour violence exagérée envers un Maître Intendant !

- Mais de quoi parlez-vous Jirias ?

- Pendant que vous discutiez tranquillement, votre fils à insulté le nom des Lang ! Kant est donc intervenu pour le prévenir et votre engeance l’a mis au défi ! Kant a bien entendu refusé et je suis au regret de vous dire que l’attitude de votre fils va vous décevoir… Votre Maître Intendant est évanoui à terre, son fils a reçu un coup violent et le votre semble tout acquis à sa cause… c'est à dire à lui-même. Ne dit-on pas tel père tel fils ?

- Je vous interdis…

- Vous m’interdisez quoi donc ? De ne pas faire comme tous ces menteurs qui vous entoure et qui vous suive sans broncher ? IGNOBLE !!! Je n’ai jamais eu peur de dire ce que je pensai et ce n’est pas aujourd’hui que tout ça va commencer ! Vous avez deux procès à faire ! Votre fils et celui de Borias. Vous soustraire à vos devoir de juge impartial serait un acte de trahison… ne l’oubliez surtout pas. Et maintenant, j’espère ne pas vous recroiser avant longtemps dans cette demeure sacrée…

- Vous mentez !

- Allez donc dire ça à Kant ou à Alcin… Réparation ! Et merci bien de baisser le ton je voudrais DORMIR ! Bonne nuit Borias…

Sans autre forme de procès, Jirias repartit dans un dédale de couloir, laissant les deux hommes entre eux… Boric resta songeur et marmonna :

- Fou… il est fou… mon fils ne…

Son visage se ferma et il lança au Grand Prêtre un regard si dur qu’il semblait avoir vingt ans de plus. D’une voix sèche, il décida alors :

- Merci pour ce banquet… mais nous devrions rejoindre les autres… Je me rends compte que j’ai beaucoup de chose à faire…

En réalité, il était en proie au doute...

*************


- Il… tu as vu… il l’a mis au sol sans rien d’autre que son mépris… papa n’était pas en position de force… c’est de la violence gratuite… il aurait pu le tuer…

Logan était choqué. Profondément, il sentait ses entrailles se soulever de rage à chaque fois qu’il y repensait… C’était radical à dire mais il savait bien qu’il ne pourrait pas pardonner… Lokan n’avait pas fait preuve de courage… il n’était pas un guerrier, non, il n’avait pas le courage adéquat… Déçu et très inquiet, il n’aurait pas pu trouver le sommeil de toute façon. Il se blottit contre Koah. Même les marchands d’esclaves lui avaient paru plus valeureux… Il se laissa soigner et se perdit dans ses pensées. La différence était telle entre Koah et Lokan qu’il se demanda comment c’était possible… Le glaneur avait sauvé son père, l‘avait soigné… le guerrier quant à lui l’avait attaqué… Lorsque Koah eut terminé, Logan insista pour revenir avec lui.

Lorsqu’ils furent en bas, ils purent remarquer qu’Alcin transpirait. L’orage à l’extérieur semblait se faire plus virulent que jamais… Andrew était toujours allongé sur le sol, la plaie au ventre saignait abondamment et de nombreux tissus tâchés de sang jonchaient le sol à côté de lui. Le prêtre était très concentré. Pendant ce temps Helen était en train de parler à Lokan, sur un ton plein de reproches :

- Etait-il vraiment nécessaire de lui faire ça ? Il a toujours profondément respecté ton père, son allégeance va à Lydée, tout comme celle des Lang. Cracher sur ces noms ne te fera pas grandir…

- Il a failli me tuer… il l’aurait fait !

- Non, je ne pense pas… en tout cas pas devant témoin, pas devant Okan… pas lui. Kant ne tuerait pas un homme aussi pourri soit-il...

- Ce n’est à lui que j’en voulais, c’était à Lang ! Ce n’est qu’un incapable… un fauteur de trouble… j’espère qu’il ne reviendra jamais de Kabeth, que les habitants vont le capturer ou alors qu’il se perdra.

Il lança un regard plain de haine au glaneur qui de l’autre côté de pouvait pas entendre ce qu’il disait mais rien que le regard sombre, il pourrait facilement deviner.

- Il revint à lui…

Alcin avait murmuré ça mais Logan se précipita vers son père. Andrew avait beau avoir entrouvert les yeux, tout était trouble et bougeait autour de lui. Il ne distinguait que des variations de lumière. Alcin en profita alors pour lui jeter à la figure une poignée de poudre noire. Aussitôt, tout devint très clair, tellement qu’il en eut mal à la tête. Il sentait une odeur affreuse et toussa. C’est à ce moment là que la douleur au ventre apparut, lancinante, puissante mais ce n’aurait pas été un mal si la mémoire ne l’avait pas suivie… Il se souvint alors de ce qu’il s’était passé… et tourna la tête sur le côté pour voir Lokan… Il n’avait pas compris… il l’avait juste vu se jeter sur lui… Et fort heureusement pour la vie du guerrier, il n’avait pas vu lorsque Logan avait été molesté injustement… L’effort l’aurait tué mais il aurait égorgé le fil Grams en public sans explication.

- Mais qu’est-ce qu’il se passe donc ici ? LOKAN !

Boric venait d’apparaitre dans la salle. Il jeta à son fils un regard de profonde stupeur.

- Père. Kant a tenté de me tuer !

- C’est faux ! Il a seulement voulu te faire comprendre qu’on ne crache pas et qu’on ne piétine pas les gens de cette façon, Koah ne t’avait rien fait !

Logan criait en s’en déchirer les poumons. Il avait la rage et comptait bien le montrer. Boric regarda l’enfant avec un œil surpris. Puis, il trancha :

- Personne ne sortira d’ici avant que l’on m’ait expliqué clairement ce qu’il s’est produit… Helen, Alcin, vous étiez là ? Racontez…

Helen passa alors aux aveux. Lorsqu’elle eut terminée,Alcin corrobora l'histoire et Boric se laissa tomber sur la chaise où Jirias s’était assis et il demanda alors à Borias :

- Serais-je en train de rêver ? Où le vieux fou avait raison ?

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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Dim 2 Déc - 4:09

Si Borias Lang semblait si serein face à l’exil de son benjamin, c’était qu’il s’y était préparé depuis bien des années. Il savait que Koah partirait un jour ou l’autre, que l’appel de l’inconnue se ferait plus fort et qu’il ne servait à rien de l’en empêcher. Borias ne pouvait lutter contre la passion qui animait son fils. Elle lui avait été insufflée par Cheera elle-même, et en tant que dévot, il se soumettait à sa volonté. C’était mieux ainsi, Koah n’aurait plus a subir l’intolérance de Lydée, ni ses réprimandes qui le peinaient plus que de raison. Il était libre de déposer son lourd fardeau. L’horizon de son fils n’était que bonheur à venir.

Durant toute la durée de l’explication d’Helen, Borias regarda Koah. Il ne pouvait visiblement pas décrocher son regard tendrement paternel de lui. Si d’un côté son amour pour Koah le forçait à juste titre à être heureux de savoir que le souhait le plus cher de son fils était sur le point d’être réalisé, de l’autre, il éprouvait tout de même une certaine mélancolie. Borias ressentait pour son fils une immense affection. Son rire lui manquerait, ses bêtises, ses blagues, sa façon de ronchonner le matin en descendant et sa manière d’amadouer les gens pour arriver à ses fins laisseraient un vide dans le restant de sa vie. Car si Koah était banni de Lydée, il l’était également de toutes les institutions appartenant à celle-ci. Il quitterait également le cloître.

Borias acquiesça à la question de Boric. « Il se fait fort tard, mon ami. Remettons toutes ces discussions à plus tard. Je vais vous faire aménager des appartements pour vous, votre fils et vos hommes. Reposons nos nerfs et que Pëlos nous apaises et nous assagissent durant la nuit. » Il regarda Helen et celle-ci entendue, s’éloigna le visage fermé, les sommant d’un regard jeté à Lokan et aux deux soldats, de la suivre à travers les corridors du cloître.

« Vous aurez tout le temps mon ami d’éclaircir cette histoire demain matin, une fois reposer. Avec cette pluie, le retour vers Lydée me semble bien impossible. » Borias le salua d’un signe de main, et Boric sortit, suivant Helen.

Le Grand Prêtre s’approcha de Koah qui était au chevet d’Andrew et à côté de Logan, puis il s’adressa d’un ton calme à Alcin : « Comment vas notre très cher ami Kant ? »

« Il survivra, il survivra, mais il lui faudrait un peu de repos… surtout s’il s’en va demain vers Kabeth. Je doute quand même qu’il soit remit sur pied d’ici là. Enfin, je vais quand même essayer de lui préparer quelques potions et autres infusions de mon crû pour faciliter sa guerrison... »

« Ne doutez pas de l’entêtement d’un Kant, Alcin. » Sourit Borias en caressant l’arrière de la tête de Logan. « Ils sont hargneux et têtus comme des Qwels. » Un sourire. « Emmenez-le se reposer. Il en a bien besoin. »

Du fond de la pièce, trois prêtres vêtus de longues robes noires approchèrent, appelés par Helen pour aider Alcin à transporter Kant vers un lieu plus décent. Alcin rassembla rapidement ses affaires et supervisa les opérations. Les trois prêtres transportèrent un Andrew agar délicatement vers une chambre situé juste au-dessus du grand hall et dont le confort semblait bien moins spartiate que la chambre de Koah.

Dans le grand réfectoire, Koah resta seul avec son père à la demande de celui-ci. En silence, le jeune Lydéen entreprit de ranger un peu le bazar laissé par la bagarre, puis après avoir rassembler un peu de son courage, il dit à mi-voix à son père : « Je sais que mes excuses ne changeront rien à tout ce qu’il s’est passé, mais je suis désolé d’avoir provoquer cette dispute. Je suis également désolé d’avoir désobéit à Lydée en quittant le village… »

Borias s’installa sur un banc et bourra à nouveau sa pipe calmement, puis après l’avoir allumée, il tapota la place à côté de lui afin d’inviter son fils à prendre place. « Viens-là Koah… »

Le Lydéen s’exécuta. « Vous êtes fâché ? Vous êtes en colère contre moi ? »

« Autant que je m’en souvienne Koah, je n’ai jamais été fâché une seule fois contre toi, mon fils. »
Il garda le silence un instant en écoutant la pluie tombée toujours durement contre les tuiles du temple, puis il poursuit. « Tu te souviens de ce que je t’ai dis sur les lois de la magie ? »

Koah cilla, il commençait à sentir le sommeil revenir et l’envahir doucement. Il ne se sentait pas en état de réciter une leçon, mais il se força à se souvenir. « Toute personne utilisant la magie doit respecter le Vouloir et le Verbe. L'un ne va pas sans l'autre. Concentration, volonté et prononciation à voix haute pour déclencher le pouvoir sont indispensable. La pratique de son pouvoir rend celui qui l'utilise repérable et donc vulnérable aux yeux des autres initiés à la magie. L'utilisation excessive du pouvoir épuise celui qui veut lancer un sort nécessitant plus d'énergie qu'il ne possède en lui-même. Et enfin, c’est le Vouloir le cœur du Pouvoir. »

« Exact. La magie peut se révéler à n'importe qui si celle-ci en ressent l'envie. Il faut juste être à son écoute. » Dit Borias. « Ne l’oublie jamais mon fils, jamais. Écoute la magie, même si tu ne la comprends pas. »

« Je suis vraiment fatigué père. Pourrions-nous remettre cette leçon a mon retour de Kabeth ? »

Le silence régna dans la pièce. Même si Koah savait qu’il ne reviendrait pas, il n’était pas question de dire adieu à son père. Non, ce n’était pas un adieu, il reviendrait le voir un jour peut-être, il n’en pouvait en être autrement. Etrangement, Koah avait l’impression que son père le savait, le vieux prêtre ne décrochait pas les yeux de lui comme s’il gravait à jamais dans sa mémoire son image. Les deux hommes se regardaient avec amour, partageant le même sentiment. C’était comme si aucun d’eux ne voulait en parler, comme si le simple fait de le faire risquait de déclencher un flot de larmes incontrôlables et que le silence pouvait faire passer la chose comme quelque chose d’agréable.

Borias savait que cette nuit, Koah avait fait un trait sur Lydée, et Koah savait que son père l’avait démasqué. Le Grand Prêtre se leva et alla à la fenêtre. Il regarda dehors, fixant l’orée de la jungle battue par la pluie comme s’il cherchait quelque chose qui lui fournirait une réponse aux questions qui agitaient son esprit. Il se tourna d’un coup et dit : « La vie en dehors de Lydée est merveilleuse il parrait. Notre monde regorge de beauté. Gave-t-en lors de ton voyage, mon fils. »

Koah Lang rejoignit son père, restant silencieux à ses côtés. Le père et le fils restèrent là un long moment à regarder la pluie tomber. Ils parlèrent de beaucoup de chose, surtout de souvenirs mais jamais ils n’abordèrent le sujet de l’exil du jeune homme. Cependant, il était plutôt clair qu’ils passaient là leurs derniers instants ensembles entant que Lydéens et surtout, entant que prêtres du même culte.

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    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 03 - Pour une trace de Kant.   Lun 3 Déc - 1:42

Andrew eut beaucoup de mal à suivre ce qui se passa. La poudre qu’Alcin lui avait fait sentir l’avait éveillé brusquement mais son esprit s’engourdissait tout aussi vite maintenant que s’en étaient volatilisés les effets. Tant bien que mal, il se vit amener à un lit. Peu importe qu’il soit d’un grand ou d’un faible confort. Lorsqu’il se sentit allongé sur quelque chose de douillet et de tiède, il sentit peu à peu ses muscles se relâcher. Logan avait profité du départ des autres pour le suivre. De toute façon, il aurait été incapable de dire qui l’avait amené ici. Il peinait déjà à distinguer correctement son fils. Sur le visage de ce dernier, on y lisait de l’inquiétude et pour cause… Le lendemain, Andrew quitterait Lydée… le laissant seul ! Car Guerel était forcé de partir avec eux. Même Koah ne pourrait pas veiller sur lui… et il craignait d’être recueilli par Déjanire. Après ce qu’il avait fait… la vieille Lang ne l’accueillerait pas à bras ouverts. Loin de là même. Et puis si aucun ne revenait ? Il avait entendu des histoires terrifiantes sur les Idrazits. Alcin termina de faire un nouveau bandage avec grand soin. De temps à autre il arrachait à Kant une grimace de douleur. Un fois sa noble besogne achevée, il s’éclipsa en leur souhaitant une bonne nuit. Le lit serait assez grand pour eux deux. Logan ne prenait pas beaucoup de place. Croyant que son père dormait, il regarda curieusement les bandes. Son père murmura alors et il sursauta :

- Logan… où est Koah ?

- Je ne sais pas… il est resté avec son père.

- Et Boric ?

- Helen les a amenés dans une chambre, je crois… Lokan n’est qu’un…

- Je vois… il ne faut pas que Koah prête attention à tout ça… et toi non plus… Pourrais-tu aller me chercher à boire, s’il te plait ?

- Oui, je reviens.

Et Logan sortit avec un petit air enthousiaste sur le visage. C’était bien juvénile mais il était fier d’avoir mordu et griffé ce traître de Grams ! Il marcha le long du couloir mais se perdit… Il n’était pas habitué aux lieux et après avoir tourné dans un dédale de couloirs, il reconnut celui qui menait à la salle où avait eu lieue la bagarre. Il approcha doucement, craignant de réveiller quelqu’un… Il surprit alors un bout de conversation entre Borias et son fils. Il était incapable de savoir à l’avance que Koah souhaitait partir, il ne réfléchissait pas en profondeur, sans doute parce qu’il était trop jeune. Pendant que les deux hommes discutaient, il avança furtivement et prit une carafe d’eau puis repartit en sens inverse. Il se perdit à nouveau et au moment où il allait faire demi-tour, il entendit des voix masculines chuchoter, à travers une porte entrouverte. Il s’arrêta et écouta alors, il venait d’entendre le nom de son père :

- Kant m’aurait tué père ! Son épisode avec les marchands d’esclaves l’a rendu paranoïaque, c’est certain…

- Silence… As-tu idée de ce que je vais devoir faire pour te sortir de ce mauvais pas… Je n’ai jamais pensé que Kant soit un mauvais homme… mais avec l’autre fou de Jirias et ce Lang dans les pattes, nous aurons toujours sa voix contre nous… Il ne votera pas l’exil de Koah… il faut donc s’en débarrasser !

- Nos intérêts sont bien servis dans cette affaire, vous envoyez Gurkan et qui se souviendra qu’il m’a aidé ? J’aurais tout la gloire pour moi. Et si Lang et Kant disparaissent il n’y aura plus rien pour nous arrêter. Le Conseil sera à nous.

- Encore faut-il qu’ils ne regagnent jamais le Village… Les marchands d’esclaves sont morts… ils ne pourront pas agir.

- En êtes-vous sur ? Lang est incapable de tuer…

- Espèce de crétin ! Quand comprendras-tu qu’il faut se séparer des gens qui en savent trop. Ils sont morts, parce que de toute façon, ils ne servent plus à rien. Le marché c’était qu’ils capturent les gens exilés de Lydée pour les conduire à Hanka et les réduire en esclavage. C’était leur ultime punition… je comptais bien que Lang finisse ainsi mais Kant s’est interposé… ce qui a repoussé tous mes plans… Mais maintenant avec l’idée lumineuse de Guerel, c’est terminé, ils vont tous à leur perte. Néanmoins, je n’ai pas droit à l’erreur, Lokan, tu prendras avec toi tes hommes les plus fidèles et tu guetteras leur retour… vous avez carte blanche, ils ne doivent jamais revenir à Lydée.

- Et Borias ?

- Il n’est pas dangereux… arrangeons nous pour qu’il fasse les prières nécessaires à notre gloire.

- Mavican ne doit pas être écarté pour autant.

- Toutes ces choses ne sont que des inepties… il faut que tu apprennes à faire la part des choses. Tant que le Temple croira à la théorie de Guerel, nous l’aurons dans notre poche… Ils n’y verront que du feu. Lydée sera à notre entière merci, et je pourrais enfin la diriger, seul… Ensuite, tu me succèderas et tu en feras tout autant. Nous lèverons une armée et nous anéantirons ces chiens d’Oderniens puis viendra le tour d’Hanka. Personne ne pourra résister à Lydée. Pour finir, j’irais chercher ce Mavican et il mourra sous l’épée de nos guerriers ! Maintenant silence… dormons, demain nous gagnerons la ville pour préparer les soldats. Quand cette bataille aura été gagnée, je décrèterais l’état d’urgence et je consoliderais ma domination. Le nom de Grams sera à jamais gravé dans l’Histoire.

Logan n’en crut pas ses oreilles. Il eut à peine la force de s’éloigner lentement, à pas de loup. Il chercha à s’asseoir dans un coin mais c’était comme si se reposer était impossible, il fallait qu’il trouve Koah, qu’il dise tout à son père. Mais alors qu’il avançait en en sachant trop où il se rendait. Il entendit d’autres murmures. Il tendit l’oreille et reconnut les voix de Jirias, Alcin et Helen.

- Vous faites erreur, Jirias c’est impossible…

- Détrompez-vous… mon intuition est formelle… Les pouvoirs de l’objet aussi… c’est terminé… il faut fuir… suivre les tigres…

- Mais enfin, ils nous ont devancés depuis de longues heures. Impossible de savoir où ils se trouvent.

- Alors cherchons ! Nous ne devons pas rester… personne ne le doit… Boric a changé de route.

- Vous manquez de sommeil…

- Peut-être… Helen, il faut absolument gagner Lydée… vous vous souvenez de cette ombre… celle que nous prenions pour les Idrazits… en réalité, ce ne sont pas eux… je suis sûr qu’Okan est en colère… La mère apporte généralement une lumière à nos craintes… Elle aussi semble s’éclipser… Partons, tant que nous le pouvons… il faut avertir les gens de Lydée…

- Boric ne serait certainement pas d’accord… Imaginez la panique !

- A nous de jouer finement notre coup. Demandons aux volontaires de nous aider à suivre les tigres… nous dirons qu’il s’agit d’un pèlerinage pour quémander la protection des Dieux. Seuls les fidèles nous suivront…

- Nous aviserons demain, il faut en parler à Borias et aux autres…

Sur ces dernières paroles d’Alcin, la conversation se termina. Logan écouta les pas s’éloigner et attendit un instant. Tout ça lui donnait froid dans le dos. Son cœur battait très fort mais il manqua s’arrêter lorsque Jirias murmura à quelques mètres de lui :

- Je me doutais que tu serais là…

- Je… je n’ai pas entendu, je cherchais de l’eau…

- Okan semblait tenir à ce que tu saches… Logan, TOUT ce que tu as entendu ce soir, de nous ou de qui que ce soit d’autre doit rester secret… Tu ne dois rien dire à personne… Okan le veut. Lorsque le moment sera venu, alors ils sauront. Tu devras les suivre, tous… car c’est la seule façon qui te maintiendra en vie…

- Mais…

- Non… fais ce que je te dis… pars toi aussi. Il faut que tu te souviennes d’une chose… vous ne devez pas retourner directement à Lydée lors de votre retour… Il faudra d’abord passer par le Nord, par les champs… compris ?

- Oui mais…

- Retournes apporter l’eau à ton père. Il en a grand besoin et n’oublie pas que ton silence est capital…

Logan s’exécuta et étrangement il retrouva le chemin. Mais il était trop bouleversé par ce qu’il avait appris pour s’en apercevoir. Il poussa la porte de la chambre où il trouva son père profondément endormi. Il déposa la carafe en terre cuite sur la table de nuit et s’allongea à côté de son père. Le secret était très lourd à garder… il aurait voulu tout crier sur les toits pour que Boric et Lokan paient. Mais, ce n’était pas ce que voulait Okan… alors, il se blottit contre Andrew. Demain, il partirait avec lui… c’était certain… sûr… avant qu’il ait pu s’en rendre compte, il s’assoupit. Un long sommeil sans rêve sembla s’être emparé des Kant. Ils ne virent pas Jirias entrer et glisser dans la poche de Logan une étrange amulette, représentant un tigre d’Okan grossièrement sculpté.

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