AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 01 - Quand sonne Winowa.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Koah Lang
    Admin
    Vague de l'Omkara
    Amoureux d'Andrew

avatar

Masculin Nombre de messages : 1917
Âge du héros : 26 ans
Né à : Lydée
Fonction : • Ancien religieux d'Okan • Esclave d'Ayreb • Apprenti mage
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 21 Mar - 18:26


Cela faisait désormais deux mois que les Lydéens s’étaient réfugiés à Ténolas. Etrangement, contrairement à ce qu’ils avaient pensés, ils ne trouvèrent à Ténolas aucun squelette, ni aucun mort. Aucun vestige de la guerre qui opposa les anciens propriétaires aux Trayaregs n’était présent dans la cité. Tous les corps avaient été emportés par les Trayaregs. La cité était totalement déserte. Tout était intact, ou presque. Des armes aux archives remplit de parchemins, en passant par les biens des anciens propriétaires, rien ne manquait. Ils étaient juste dissimulés sous une épaisse poussière.

Ténolas était une ville fortifiée construite sur une colline dans une vallée rocheuse au nord-ouest de Lydée, en bord de rivière Kaylin. Le climat était plutôt clément, même s’il y faisait bien plus frais et que le vent soufflait plus fortement que dans le Sud. Des montagnes enneigées zébraient l’horizon et formaient la ceinture de Ténolas. A l’Est des remparts, des champs et des pâturages s’étendaient sur plusieurs kilomètres.

On surnommait Ténolas le Joyau brute dans les légendes et les lydéens se dirent qu’elle le méritait largement. Même si au premier abord, la ville semblait froide et dépourvue d’âme, bien vite – grâce à la vie que les Lydéens apportaient – elle prit forme humaine et une grande partie des derniers Lydéens se surprirent à l’aimer. Contrairement à Lydée qui était renfermée sur elle-même, perchée en haut des arbres et cachée aux yeux de tous, Ténolas était visible à des kolomètres à la ronde.

La ville était une masse solide de hautes maisons en pierre et en bois sur plusieurs étages dont leurs toitures en chaume formaient des charpentes complexes. Son architecture compliquée était selon Korélus et Garrett capable de résister aux plus puissantes tempêtes... ce qui expliquait pourquoi depuis des centaines d’années, les édifices étaient toujours debout. De longs chemins pavés de vieilles pierres et de larges routes en courbes douces serpentaient à travers la ville. Tout ici donnait l’impression d’être en désordre, mais en y regardant de plus près, c’était un désordre bien ordonné.

Tout autour de Ténolas, une palissade solide de bois à base de roche, encerclait la ville. Garrett fut très heureux d’annoncer à Andrew qu’il n’y avait pas grand-chose à consolider. Elle fut réparée en à peine trois jours par les guerriers eux-mêmes. Au plus haut point de la colline, une gigantesque baptise, sorte de palais de bois et d’or minutieusement ouvrager, surplombait fièrement la cité. Servant selon Helen de temple, de salle de festivité et de siège du gouvernement, les Lydéens avaient dans un premier temps établis leur campement là-haut. Munis de nombreuses pièces, le palais abritait à l’intérieur de ses murs les stockes de nourritures, d'armes et d'objets précieux appartenant à la communauté.

Les premières semaines furent exclusivement tournées vers le nettoyage et la rénovation de la ville, ou du moins du côté de la ville que les Lydéens occuperaient dans un premier temps. Car il y avait plus de maisons que d’habitants. Alcin estimait qu'à son âge d'or, Télonas devait avoir accueillit plus de cinq cents ames. Sous les ordres de Garrett, une grande partie de la population s’attela à la réparation des toits, des charpentes et des fissures du palais, ainsi que du moulin et de la forge. Deux mois plus tard, une grande partie de Ténolas avaient retrouvé ses lettres de noblesses. Il n’y avait désormais plus que quarante personnes à vivrent encore au palais.

Les coudes et le dos appuyés nonchalamment contre le rebord d’une des fenêtres du hall du palais, Jewel regardait Meecham. La jeune femme était vêtue d’une jolie robe verte qui avait appartenue à une Ténolienne de bon goût. Sans gênes, ni remords, et sous la bénédiction d’Helen, les Lydéens s’étaient accaparés les biens des Téloniens. Lors d’une grande soirée, la toute première passée ensemble, Déjanire avait présidé la répartition des biens équitablement. La mère Lang assurait l’intendance depuis plus de deux mois. Elle délestait Andrew de nombreuses responsabilités afin qu’il puisse passer le plus de temps possible au chevet de Logan qui n’avait pas reprit connaissance depuis son agression.

Même si la douleur de la perte de Lydée était toujours profondément ancrée en chaque Lydéens, ceux-ci s’étaient adaptés plutôt bien à leur nouvelle maison. Aller de l’avant était nécessaire pour tout le monde. La vie devait continuer.

La fin d’après-midi était claire et lumineuse, et une bise venue de l’ouest rafraîchissait un peu la chaleur estivale. Dans le palais, les préparatifs de la fête de Winowa venaient de se terminer. Winowa était la plus vieille fête connue et ses origines se perdaient dans la nuit des temps. Elle se déroulait à chaque solstice d’été, un jour qui n’appartenait ni à l’année passée, ni à l’année à venir. Winowa, connue sous d’autres noms en d’autres lieux, était à en croire les légendes, célébrée dans toute l’île.

Le grand hall était en pleine effervescence. On avait dressé de grandes tables où s’étalaient une myriade de plats différents qu’une dizaine de femmes et Letor préparaient depuis quatre jours. Des celliers, d’énormes tonneaux de bières très fortes et enivrantes Ténoliennes avaient été montés. Presque tous les Lydéens se trouvaient ici. Il était important pour eux de garder leur tradition, et aujourd’hui, était un grand jour, un jour où ils pouvaient se retrouver avec le désir brûlant de simplement passer du temps ensemble. Les éclats de rire et de joies fusèrent à travers l’air. Quelques musiciens jouaient une musique entraînante, tandis que deux jongleurs amusaient les enfants assit devant une scène.

Proche de Jewel, Meecham la regardait en souriant. « Y a-t-il quelque chose à savoir sur vos festivités qui m’éviterait de mettre les pieds dans le plat par manque de connaissance, ce soir ? »

Jewel secoua la tête, un peu amusée. « Non. Il faut juste s’amuser. C’est le principe de Winowa. Une année est passée. La suivante arrive. » Elle sourit. « Et je vous souhaite déjà un bon solstice ou comme dirait les naufragés : une bonne nouvelle année. »

« Hum, je vois. Nous avons également ce genre de tradition dans mon monde. »
Il bu un peu de bière, et regarda d’un œil perplexe le groupe de danseurs au centre du hall. « J’imagine que cette danse est indispensable à ces festivités… imploreraient-ils la pluie ? »

« Ne vous moquez pas de nos danses traditionnelles. Elles sont très belles et agréable à danser. Ça s’appelle la Lydéenne aux pieds de bois. »
Elle enroula son bras au sien et le tira avec elle vers la piste de danse. « Venez, je vais vous l’apprendre. Allez... s'il vous plait... faites-moi plaisir, Meecham. Rien qu'une seule danse... et je vous promet que je vous laisserais tranquille. »

Meecham tenta de refuser mais la jeune femme ne lui laissa pas le choix. Fazina et Poméra éclatèrent de rire en même temps que d’autres Lydéens qui regardaient le précepteur jalanien se dépêtrer comme un manche à balais sur la piste. La relation que Meecham et Jewel entretenaient et le temps qu’ils passaient l’un avec l’autre n’étaient pas passés inaperçu et cela faisait parler énormément. Beaucoup de Lydéens les surveillait du coin de l'oeil partout où ils allaient. Jewel était orpheline, elle n’avait plus personne pour veilleur sur elle. Elle était devenue malgré elle, la fille de tous les Lydéens, et une grande partie de ceux-ci, veillaient à son bien-être.

Assise à une table plus loin en compagnie d’Helen, d’Alcin, de Laë et de Garrett, Déjarine mangeait de bon cœur du maïs grillé. Après quelques bouchées, elle dit : « L’eau est tout de même une problématique. Les sources de la rivière Kaylin sont contaminées par les météores. Certes, il pleut plus souvent dans cette région et grâce à la citerne d’eau, nous pouvons nous hydrater suffisamment, mais ça ne durera pas éternellement. Nous ne pouvons pas que compter sur la pluie éternellement pour nous assurer de l’eau. »

Alcin dit : « Je suppose qu’avec le temps, le cycle d’épuration naturel de la terre fera son travail et nous pourrons utiliser à nouveau l’eau de la Kaylin... comme devait le faire les Téloniens. »

« Peut-être, mais en attendant, il nous faut trouver une autre alternative. Korelus à dut couper l'acces à l'aqueduc. »

« Peut-être qu’Andrew pourrait… »

« Laissez Andrew tranquille avec cette histoire. Nous pouvons très bien régler ce problème sans lui. Il a d’autres soucis en tête. Si nous pouvions lui épargner celui-ci… » Un silence. « Vous n’avez toujours aucune idée de ce qui pourrait aider Logan et la femme de Guerel à aller mieux ? » Elle regarda Helen, puis Alcin avec insistance. « C’est quand même inquiétant. »

Alcin baissa la tête. « Aucune. De mémoire, je n’ai jamais entendu pareil cas. Ça me dépasse et ça m'inquiet énormément. Je suis impuissant... »

_________________

    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
avatar

Masculin Nombre de messages : 1787
Âge du héros : 35 ans
Né à : Lydée
Fonction : Chef des Sulas
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Dim 23 Mar - 1:49

- Si je puis me permettre, je pense que vous vous occupez très bien de Ténolas. S'il reste quelques obstacles, nous arriverons à les franchir, après tout, il y a quelques semaines, nous n'avions guère un grand espoir. Notre situation s'est améliorée grandement et je souhaite qu'il en soit de même pour Logan... Andrew n'est plus tellement le même...

Et Laë avait entièrement raison... le nouveau chef de Lydée aidait souvent dans la cité comme si son rôle importait peu. Mais la majorité du temps, il veillait sur Logan. C'était lui qui veillait à le nourrir, en écrasant des fruits pour en extraire le jus ou en mélangeant d'autres aliments avec de l'eau... Deux mois, qu'il accomplissait le même rituel. Il écoutait souvent les rapports de Déjanire d'une oreille attentive et malgré son isolement, il prenait quelques décisions... A part ça les conversations n'étaient jamais très poussées, il prenait des nouvelles, à droite comme à gauche mais ne s'éternisait pas.

Depuis deux semaines, il avait apporté quelques anciens écrits trouvés dans des caves ou sur des étagères poussiéreuses. Près de son fils, il lisait et essayait de déchiffrer quelques documents pour tuer le temps. Généralement il s'endormait cinq minutes après. Il faut dire qu'il avait maigri et que son visage était moins empli de vitalité. A mesure que les jours passaient, l'espoir faisait place à la peur. Son regard était vide, et là aussi, comme pour Jewel, les rumeurs circulaient sur son état... Certains la voyait même mourir d'ici peu si l'état de son fils ne s'améliorait pas.

Kant avait tenu à rester au palais jusqu'à ce que tout le monde ait un toit. Pour dire la vérité, c'était surtout pour avoir Alcin sous la main en cas de dégradation... Cependant tant que son fils respirait encore, il n'était pas une loque. S'il fallait de l'aide, il l'apportait, avec un certain détachement mais qui pouvait lui en demander plus à l'heure actuelle ? La femme de Guerel était elle aussi dans un état lamentable mais elle pouvait articuler quelques mots de temps à autre.

Winowa symbolisait une fête importante pour Lydée et Andrew se devait d'y participer. Même s'il ne danserait pas, ce soir. Assis en tailleur à l'intérieur, il feuilletait les parchemins divers depuis un petit quart d'heure. Il avait une carte de Ténolas et ses environs. Sans de réelles convictions ses yeux se posèrent sur un point, et ses yeux bleus s'ouvrirent un peu plus. Il se leva calmement et sortit de la pièce où dormait inlassablement Logan, le parchemin dans une main.

Arrivé dans le Grand Hall, il jeta un œil neutre à Jewel et à Meecham mais ne put esquisser de sourire. Le cœur n'y était pas. Il repéra Déjanire, Helen, Laë, Alcin et Garrett et avança vers eux. Il s'assit, posa la carte sur la table et dit, d'une voix fatiguée :

- J'ai découvert quelque chose... Cette carte représentait Ténolas après sa construction... et ses environs y figurent... Regardez...

Il posa le doigt sur un point où une fine écriture indiquait Riv. ST 18.

- C'est situé dans les montagnes de la ceinture, visiblement à 18 quelque chose d'ici. Riv. ST pourrait être l'abréviation de rivière souterraine... ça ne couterait rien d'aller faire un tour là-bas pour jeter un œil...

- C'est fabuleux ! Si de l'eau se trouve sous terre et si près de Ténolas, voilà qui pourrait nous aider à résoudre ce problème d'empoisonnement du aux météores...

- C'est une piste à suivre, au cas où...

Contrairement à Laë, il n'y avait pas de sourire sur le visage d'Andrew. Il lança un bref regard à l'assemblée, prêt à faire la fête et se ravisa légèrement, en se levant :

- Je crois que je vais retourner près de Logan...

Mais une tape dans le dos lui coupa net le souffle. Letor qui avait retrouvé son métier de boulanger, dit d'une voix bourrue :

- Ah non, Kant ! Tu vas rester là et goûter à mes pains !!! Je ne me suis pas casser le fion à les faire pour que tu les dédaignes !!!

- C'est gentil mais...

- Non, M'sieur Kant !!! J'ai dit assis et bon appétit ! Profite au moins du repas ! Ton devoir de chef t'y oblige.

Il lança un regard foudroyant à Déjanire pour l'empêcher de prendre sa défense et Andrew céda au prix d'un gros effort. Il s'installa donc à côté de la mère de Koah et lui glissa à l'oreille :

- Merci pour ce que tu fais...

Et ça devait être la 20ème fois qu'il la remerciait dans la semaine... ce qui à force devenait pénible. Helen le regardait d'un air bien mystérieux mais n'avait rien dit. Kodo arrivait déjà aux côtés de Gurkan. Entre les deux guerriers une certaine complicité s'était installée et ils s’entraînaient beaucoup ensembles. Seul Qwel du camp, et bien qu'amputé d'un bras, il avait appris à se battre plus férocement que jamais afin de combler cette faiblesse nouvelle. Il lança alors à Gurkan en signe défi, sur un ton amusé :

- Toi ne pas savoir danser... Kodo parier un baril de bière !!! Si toi danser aussi mal que te battre, moi passer toute la nuit à vider la bière !

_________________
I wait the wave...
I have a wave inside my soul. Lots of drum in my heart. I think... it's love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Koah Lang
    Admin
    Vague de l'Omkara
    Amoureux d'Andrew

avatar

Masculin Nombre de messages : 1917
Âge du héros : 26 ans
Né à : Lydée
Fonction : • Ancien religieux d'Okan • Esclave d'Ayreb • Apprenti mage
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Dim 23 Mar - 18:22

Gurkan sourit à moitié. Kodo essayait par tous les moyens de le dégriser ce soir. Le guerrier n’avait pas envie d’être ici, et il l’avait clairement fait savoir au Qwel. Gurkan voulait retourner sur les remparts avec ses quelques hommes de garde ce soir. Fêter Winowa sans Koah, ça lui foutait le cafard. Le guerrier n’aimait déjà pas à la base cette fête. Il n’y assistait que parce qu’il y avait Koah à l’époque. Ce dernier n’étant plus, il ne voyait pas ce qui l’obligeait à assister à cette cérémonie.

D’un ton à mi-chemin entre l’agacement et la sympathie, Gurkan dit : « Bois-le ton baril de bière le Qwel ! Et étrangles-toi avec ! Je n’ai pas envie de danser. Pas à Winowa. » Il s’installa de l’autre côté de la table, à quelques places des autres.

Déjanire lui lança un regard compréhensif, puis elle lui dit : « Tu peux danser, tu sais. Ne te prive pas pour lui. Ce n’est pas parce que Winowa était la fête préférée de Koah, et que tu la passais toujours avec lui soit à bouder, soit à casser les pieds de Letor, que tu dois refuser de t’amuser ce soir. C’est notre premier Winowa dans notre nouvelle demeure. Il faut fêter ça. C’est important la tradition. »

Le guerrier évita soigneusement de la regarder en face, se sentant toujours terriblement coupable de ses actes. Même si Déjanire lui avait pardonner la mort de son fils, Gurkan, lui, ne se la pardonnait pas. « C’est difficile. Nous nous amusions toujours ensemble. Là, j’ai l’impression de ne pas savoir quoi faire. Je l’attends, et il ne vient pas. J’ai l’impression qu’il va débarquer à tout instant avec bruit et fracas pour danser la Lydéenne. C’est quelque chose de pénible cette sensation. »

Tous les regards étaient tournés vers lui, et il détesta ça. Ce n’était pas son genre d’épancher ainsi ses états d’âmes. Garrette déposa une main puissante sur l’épaule de son fils, mais le guerrier la dégagea d’un mouvement d’épaule. Il n’avait pas besoin de leur compassion à tous. D’un regard vif et tranchant, il fixa Andrew et dit d’une voix puissante : « Tu es sortit de ton trou, Kant ? Ça fait plaisir à voir, même si tu as une mine affreuse. » Il remarqua la carte qu’Alcin et Laë examinaient soigneusement. « Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que vous regardez ? »

Alcin releva la tête. « Une carte de la région de Ténolas. Andrew à trouver de l’eau… une rivière souterraine. Elle se trouve à RIV ST 18. »

Aussitôt, Gurkan se leva et les rejoignit. « Montrez. » Il se pencha par-dessus l’épaule de Laë et examina lui aussi le plan, suivant le long doigt de la Reine qui indiquait l’endroit exacte à regarder. « Ça n’a pas l’air d’être fort loin. Je ne m’y connais pas en mesures Ténolienne, mais s’il y a une rivière de ce côté-là de Ténolas, alors nous la trouverons. Je vais aller y faire un tour de ce pas avec quelques hommes afin de vérifier sa présence. »

Déjanire laissa tomber son maïs. « Maintenant ? Mais c’est Winowa ! Gurkan… »

« Excuses-moi Déjanire, mais je n’ai pas envie de fêter Winowa. »

Le lourd regard de la vieille femme se posa aussitôt sur Andrew. « Andrew ! Dis quelque chose. » Voyant qu’il ne disait rien, elle se leva, le visage rubicon. Elle cria alors d’une voix ferme et puissante qui fit s’arrêter la musique et tourner l’ensemble des têtes dans sa direction. « Ecoutez ! Je me retiens depuis assez longtemps, et là je n’en peux plus ! C’est difficile pour tout le monde. Mais si personne ne fait d’effort, ça ne va pas aller. Andrew, nous déplorons tous l’état de santé de Logan. Nous sommes de tous cœur avec toi, mais te laisser mourir à petit feu ne lui servira à rien. Et toi, Gurkan ! N’utilise pas ce prétexte pour fuir Winowa. Vous irez chercher votre rivière demain ! »

Garrett se leva, puis il prit une main de Déjanire pour la tirer vers lui. « Houlà, ma belle Déjanire. Viens donc danser avec moi, cela te détendra un peu. »

Et ils s’éloignèrent en même temps que la musique reprit. On pouvait malgré tout l’entendre ronchonner, les traiter d’inconscients, de têtes de mules, de mâles stupides et idiots. Elle pointa son index vers eux, la mine menaçante. « Ne quittez pas ce Grand Hall. Vous m’avez bien compris ? » Puis elle se mit à danser avec Garrett.

Un épais silence s’était abattu autour de la table. Gurkan avait reprit sa place et vidait la bière de Kodo, la mine sombre. D’une voix hésitante mais détachée, Alcin dit : « Elle a raison sur un point. Mangez au moins Andrew. C’est à peine si vous tenez debout. »

_________________

    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
avatar

Masculin Nombre de messages : 1787
Âge du héros : 35 ans
Né à : Lydée
Fonction : Chef des Sulas
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mer 26 Mar - 18:42

- Je n'ai pas faim...

Andrew lança un regard noir à Déjanire. Il respectait la mère de Koah mais il devait bien admettre qu'elle avait légué à son dernier enfant, l'art d'être têtu... Au moins, ça montrait qu'ils étaient de la même famille, un peu comme lui et Logan qui avaient sales caractères. Pour la première fois, Helen prit la parole, coupant de court Laë qui allait encore une fois dire que la nourriture était essentielle à sa survie :

- C'est une très bonne chose que Déjanire soit là pour vous secouer un peu ! Regardez-vous tous les deux, on dirait que vous assistez plus à un enterrement qu'à une fête !

- Ce sera peut-être le cas...

Andrew posa sa tête sur son coude avec un air absent. Voyant que son intervention n'avait pas eu l'effet escompté, Helen roula des yeux, et ne masqua plus son agacement. Visiblement, irritée, elle lança d'un ton sévère :

- Comment Jewel a-t-elle pu vous supporter pendant tout le voyage sans vous donner des coup de pieds aux fesses ! Profitez-en un peu pour vous détendre et penser à autre chose c'est à ça que servent les fêtes !

- Et à boire !

Kodo leva le petit seau de bière qu'il était allé remplir au baril et en avala quelques gorgées. Chez les Qwels, l'alcool se tenait très bien mais il fallait admettre que vu l'âge des fûts, la bière avait tendance à enivrer un peu rapidement. Un peu de la boisson pétillant, coula sur les coins de sa bouche mais il ne s'en soucia pas. Il poussa le seau vers Gurkan et dit :

- Toi devoir boire d'un coup si être un homme fort...

C'était sa façon à lui de taquiner, mais ce n'était jamais méchant. Helen esquissa un sourire qui détendit légèrement l'atmosphère. Letor, qui avait commencé à dévorer une miche de pain aux baies, asséna un coup dans le dos à Andrew qui eut tôt fait de le réveiller. Il lui tendit un pain aux fruits séchés et dit de sa voix gutturale, la bouche à moitié pleine :

- Mange Kant ! Et toi aussi, Gurkan !

Andrew prit le pain et le fit tourner dans sa main, ce qui énerva légèrement le boulanger :

- J'ai dit mange ! Et ne joue pas avec ma nourriture !!!

- Oh ça va ! Je n'ai pas faim alors garde ton pain pour les autres !

Le visage de Letor vira au rouge et il commença à dire, d'une voix forte :

- Si tu n'aimes pas ce que je fais, tu n'as qu'à le dire Kant ! Surtout ne te gêne pas !

Andrew et lui se lèvèrent en même temps et se tinrent tête. Le chef de lydée ne faisait pas le poids face à la carrure bonne en chair de son interlocuteur mais il ne cilla pas pour autant et répliqua froidement :

- Et bien, je te le dis, je n'aime pas des pains, je les trouve mal faits !

- Espèce de bâtard de Kor !

Tout s'enchaîna très vite. Letor avait balancé son poing mais Andrew l'esquiva d'extrême justesse. En retour à l'insulte et à cette tentative d'attaque, il répliqua par une dorite qui fit claquer la machoire du boulanger. Ce dernier légèrement sonné mais pas pour autant déboussolé, lança sa main fermé contre la joue d'Andrew, qui sous le choc, tomba les fesses par terre. Helen qui avait retrouvé sa mauvaise humeur ouvrit la bouche pour parler mais Laë la devança cette fois et sa voix si calme et si douce s'était transformée en intonation autoritaire, royale :

- Arrêtez-vous ! Cessez de vous battre comme deux enfants ! Vous avez passé l'âge !!! Un chef ne se bat pas pour une histoire de pain, ni contre un membre de son village !!!

- Vous n'avez rien à dire, vous !

- C'est Kant qui me cherche !

- STOP !!!

La voix d'Helen jeta le silence sur tout le grand hall. La prêtresse avait retrouvé la forme et rien qu'au ton, les deux hommes cessèrent immédiatement.

- Andrew, tu ne nous aideras pas en te laissant mourir de faim ! Et toi Letor, ce n'est pas en hurlant que tu arriveras à le convaincre. Maintenant, rasseyez-vous et mangez... ou c'est moi qui vous nourris... et ce ne sera pas une partie de plaisir, je peux vous le promettre !

Ils s'éxécutèrent, l'un se massant la machoire et l'autre la paumette... Helen se tourna vers Gurkan et lui dit avec un ton sec :

- Et c'est valable pour toi aussi ! C'est notre première fête de Winowa à Ténolas et il est hors de question qu'elle soit gâchée par des imbéciles !

Le silence retomba et la musique reprit, laissant les autres poursuivre la fête. Andrew se contenta de mâcher un petit morceau de pain, l'air froid et amer, tandis que Letor marmonnait dans sa barbe inexistante, par ailleurs un flot de propos incompréhensibles... Le seul à être heureux, c'était Kodo qui avait récupéré un autre petit seau et en avait vidé la moitié. Laë posa sa main sur l'épaule d'Helen et lui dit à voix basse :

- Merci.

La fête commençait bien mal...

_________________
I wait the wave...
I have a wave inside my soul. Lots of drum in my heart. I think... it's love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Koah Lang
    Admin
    Vague de l'Omkara
    Amoureux d'Andrew

avatar

Masculin Nombre de messages : 1917
Âge du héros : 26 ans
Né à : Lydée
Fonction : • Ancien religieux d'Okan • Esclave d'Ayreb • Apprenti mage
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Jeu 27 Mar - 5:57

Si Déjanire ne fut pas retenue par les bras puissants de Garrett et obliger ainsi à continuer de danser, les deux troubles fêtes auraient passé un sale quart d’heure. L’Intendante en chef de la communauté fulminait tellement de rage que tout autour d’elle, la foule s’écarta. Cette fête de nouvelle année lui tenait à cœur. Elle y avait mit du cœur à l’ouvrage, comme beaucoup d’autres Lydéens d’ailleurs. La plupart voyaient en ces festivités de Winowa l’occasion de tourner la page et d’aller de l’avant.

A la table, un silence opaque pesait. Malgré la gaieté qui submergea à nouveau le Grand Hall, celle-ci ne semblait pas parvenir au groupe de trouble fête. Andrew était terré dans un profond mutisme, Gurkan buvait en silence tout en lançant des regards froids à qui le fixait et Letor fulminait dans son coin comme un hankien. Même lorsque Alcin tenta d’adoucir l’humeur avec quelques blagues salaces, personnes n’esquissa un sourire. L’humeur de chien le fit d’ailleurs rejoindre une autre table, ainsi que plusieurs Lydéen qui les entouraient.

Une dizaine de minutes s’écoula où personne ne parla. Accompagnée de Meecham qui la tenait par la main, Jewel riait aux éclats en s’approchant d’un pas allègre d’Andrew. Elle tenait à la main un jeu de cinq dés. Doucement, elle prit place à côté du Chef du village et d’une voix joyeuse, elle dit à l’assemblée tout en picorant dans le plat délaissé par Déjanire :

« Je sais que vous n’avez pas la tête à faire la fête… mais je vous conseil d’essayer de feindre un minimum d’amusement. Déjanire parle déjà de vous bottez les fesses à coups de ceintures à clous. » Elle jeta un œil amusé à Kodo et ajouta : « Et toi de te clouer au piloris si tu oses vomir à l’intérieur. »

Sur ce, elle secoua les dés et les lança sur la table au milieu des plats. « Une partie de dés ? Allez, s'il vous plait ! Tant qu'a rester le cul sur vos tabourets, autant nous amuser aux dés ! »

Sous la remarque de Jewel, Kodo avait vidé complètement et d’une seule traite la fin de sa bière. D’un naturel joueur, Kodo ne rechignait jamais à une partie de dés. Il les prit et les lança, puis il se mit à bondir de joie devant son score. Sous le lourd regard de Jewel, Gurkan, désireux de lui faire plaisir, agrippa les dés d’une main lourde et résigné. Il les lança, et après avoir annoncé à voix haute son score lamentable, il les fit tourner, les présentant à Laë à sa droite.

Comme une furie, Jewel intercepta les dés. Malgré les deux mois écoulés, sa rancune envers Laë ne s’était pas adoucie. Elle avait même augmenté crescendo, car Meecham passait beaucoup trop de temps à son goût avec la reine exilée, et il ne cessait de la défendre respectueusement lorsque la Lydéenne médisait dans son dos. La jeune femme lui avait déclaré une guerre ouverte, et elle ne la cachait à personne, surtout pas à Laë. Certaines lydéennes un peu trop jalouse de la beauté de la reine exilée s’étaient même alliées à Jewel et s’amusaient à glousser sous son passage.

D’un ton ferme, la voix de Jewel claqua l’air : « Non ! Elle ne joue pas avec nous, celle-là. »

A cet instant précis, avant que Meecham ait pu intervenir, un cor résonna dans tout le village. Il fit trembler la nuit et s’écrier plusieurs femmes et enfants. Brusquement, Gurkan, Andrew et Meecham se levèrent et accompagné d’une bonne partie des Lydéens, ils sortirent du palais. Du parvis qui surplombait toute la cité de Ténolas, ils virent aux portes de la ville une centaine de torches qui zébraient le chemin d’un éclair de feu. Dans la nuit profonde, plus de deux centaines de personnes attendaient qu’on ouvre les portes de la cité.

Médusée, Jewel demanda : « Que se passent-ils ? Qui sont ces gens ? »

Déjanire dit à Andrew : « Je m’occupes des autres… faites attentions à vous. »

Aussi vite qu’ils le pouvaient, Andrew, Gurkan, Meecham et Kodo, suivit de plusieurs soldats présents aux festivités, se mirent à courir le long du large chemin dallé menant en bas de la colline. Rapidement, les hommes rejoignirent sous le son du cor, les portes d’enceinte. Ils montèrent les échelles et arrivèrent en haut de la palissade.

A ses pieds, des hommes, des femmes et des enfants étaient tenu en respect par quelques archers lydéens postées sur des tourelles. Les étrangers n’avaient pas l’air menaçant et peu d’entre eux étaient armés. Ils étaient pour la plupart simplement très fatigués et affaiblit par la marche. Ils venaient de lui. De très loin apparemment. Certains montaient d’étonnants animaux, sorte de chevaux de trait du monde des naufragés. Ces créatures avaient des muscles saillants, d’épais sabots noirs et des cornes en torsadés de par et d’autre du haut du crâne.

Un soldat dit à l’intention d’Andrew :

« Ils disent qu’ils viennent des villages de Sidimote et de Kurikat. »

Au pied de la palissade un silence discipliné régnait. Une femme de haute taille se trouvait devant le peloton et levait la tête vers les Lydéens. Elle avait un front haut et des cheveux gris décorés d’une surprenante mèche blanche au-dessus de la tempe gauche. On ne pouvait pas dire de cette femme qu’elle était belle, mais elle n’en restait pas moins impressionnante. Des rides dues à l’âge et au soleil s’étaient formées au coin de ses yeux bleus. Cette femme dont la cinquantaine déclinait était vêtue d’une tenue qui sacrifiait l’élégance au confort, et qui se composait d’une simple robe jaunie et d’un corsage rouge écarlate.

D’une voix portante, elle dit : « Nobles Lydéens, Elus qui combattez le Grand Fléau, je suis Razelle, Ancienne du village de Sidimote. »

Derrière elle, un jeune homme qui chevauchait une de ces étranges créatures s’approcha des remparts. D’une vingtaine d’année à peine, il était grand, basané, filiforme et portaient sur les Lydéens un regard renfrogner d’un noir persan. Il avait d’épais sourcils sombres et de long cheveux ébènes très soyeux qui lui descendaient jusqu’aux épaules. Dans sa tunique qui lui siet à merveilles son corps d’adonis, nul doute qu’il devait être priser par la gente féminine.

Aussitôt après Razelle, il dit la main posée sur le pommeau d’un glaive : « Et je suis, Karl de Raven du village de Kurikat… » Après avoir croiser le regard de Razelle, il ajouta sur un ton qu’il s’efforçait d’être mielleux : « Je vous présente mes respects… no… nobles Lydéens, Elus qui combattez le Grand Fléau. »

Razelle continua toujours de sa voix portante : « Nous vous implorons asiles, Ô nobles Lydéens. » Et elle s’agenouilla sur le chemin, suivit de tous les villageois appartenant au village de Sidimote. Les autres, à restèrent droits et fiers.

Gurkan échangea un regard avec Andrew. Il dit : « Sidimote et Kurikat ? Jamais Lydée n’avait eut de contact avec eux… » Il fronça les sourcils. « Pourquoi réclament-ils asile ? Et comment savent-ils que nous étions ici ? »

_________________

    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
avatar

Masculin Nombre de messages : 1787
Âge du héros : 35 ans
Né à : Lydée
Fonction : Chef des Sulas
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 28 Mar - 0:06

Andrew n'en savait strictement rien mais il était sûr d'une chose. Leur arrivée avait empêché une autre dispute entre Jewel et Laë... la Reine avait beau être gentille, elle n'en était pas moins, légèrement distante et parfois froide avec la jeune Lydéenne. Bien qu'en général ce soit cette dernière qui montre le plus d'hostilité à son égard. Son intrégation se faisait à deux vitesses. D'un côté, Helen, Déjanire et Meecham l'avait plutôt bien accueillie et elle se sentait à l'aise avec eux. Gurkan aussi, semblait l'avoir intégrée. Mais Jewel et d'autres femmes du village ainsi qu'Andrew éprouvaient pour elle une certaine animosité, voire même une haine au grand jour. Pourtant, elle redoublait d'effort pour gagner du respect et de la gratitude, même si ce qu'elle voulait en priorité, c'était de l'amitié.

Devant la foule de gens qui attendaient, Kant resta pensif. Il ignorait la raison de leur présence et la façon dont ils avaient trouvé leur nouvelle cité mais cela n'avait rien pour le rassurer.Un instant, il en oublia même que Logan était dans un piteux état. Leur présence, ici relevait d'un mystère. Il murmura à l'oreille de Gurkan :

- Cela ne me dit rien qui vaille...

- Eux être épuisés...

Kodo qui était monté sur des sacs de terre pour voir, désignait de la tête un groupe d'enfants, dont le visage était noirci par la boue et marqué par la fatigue. Certains adultes, plutôt âgés, donnaient l'impression de pouvoir s'envoler au moindre coup de vent. Andrew dit alors, de sorte que seules les personnes qui étaient à côté puissent l'entendre :

- Kurikat est situé après le Mont Kobol... et Sidimote encore plus. Si ces gens sont ici, cela veut dire une chose... l'armée de Crécrops a du passer par la Faille... Ils doivent être nombreux pour faire migrer deux villages entiers...

- Nous devoir quoi faire ?

- Ils ne sont pas armés et je doute qu'ils aient la force de lever un bâton pour se battre... Nous avons de la place pour les accueillir. Et puis, nous ne devons pas oublier qu'il faut resserrer les liens avec les autres communautés. Offrons leur asile, le temps de savoir ce qui les amène ici et ensuite, nous aviserons... Ouvrez les portes mais restez prudents.

Gurkan donna l'ordre aux guerriers d'ouvrir Ténolas aux nouveaux arrivants. La foule progressa alors lentement dans la cité. Parmi elle, de nombreuses personnes semblaient ne posséder que des haillons. Quelles qu'aient été leurs raisons, leur départ avait du être brusque... soudain... Et ça ne rassurait pas tellement Andrew. Il existait une grande place dans Ténolas et lorsque les gens y furent entrés, Andrew se dirigea vers les deux personnes qui avaient parlé, les deux chefs de village. C'était sa prmeière relation diplomatique et pour tout dire, il était un peu maladroit puisqu'il oublia de leur serrer la main et de leur souhaiter la bienvenue...

- Je suis Andrew Kant, chef de Lydée. Vous me semblez venir de loin avec précipitation... j'aimerais avoir quelques informations, si vous le voulez bien. Comment saviez-vous que nous avions élu domicile ici ? Et que se passe-t-il dans vos villages pour que vous veniez jusqu'à nous ? Quel est ce Grand Fléau dont vous parlez ?

Il avait un ton respectueux, bien qu'un peu soupçonneux. En tout cas, ils ne craindraient pas grand chose, les guerriers Lydéens pourraient facilement les réprimer en cas d'attaque. Malgré sa curiosité, il s'aperçut qu'il n'avait pas vraiment été chaleureux et il tenta de rectifier gauchement le tir :

- Hum... peut-être pourrions-nous vous trouver de quoi manger et dormir... dans un premier temps... Razelle et... Karl... pour vos villageois et vous-même.

Non loin, Laë avait approché Meecham et elle semblait livide. Elle posa sa main sur son épaule et dit en avalant difficilement et en parlant très bas :

- Il... il y a un problème... L'ombre est là... Elle rôde autour de la pièce où se reposent les blessés... Je l'ai vue... à nouveau.

Elle tremblait... elle savait que cette chose n'était pas un exemple de bonté. Et elle pressentait que la suite risquait de bouleverser beaucoup de choses. En tout cas, elle ne mentait pas... aux côtés de Logan, la présence malveillante flottait dans les airs, de plus en plus intéressée. Elle n'était qu'à un mètre du jeune garçon. Les cheveux de Laë se hérissèrent et elle ferma les yeux en se tenant le front. Une douleur vive lui irradiait le crâne. Elle s'appuya sur le guerrier jalanien, les traits de son visage crispés par la souffrance. L'ombre, se pencha vers le fils d'Andrew et lui effleura le cou puis disparut subitement. Au même moment, Laë ouvrit à nouveau les yeux. La crispation l'avait fait resserrer sa main sur l'épaule de Meecham et ses ongles s'étaient plantés dans sa chair. Elle essuya son front, trempe de sueur et murmura :

- Pardon... je ne voulais pas vous faire mal...

_________________
I wait the wave...
I have a wave inside my soul. Lots of drum in my heart. I think... it's love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Koah Lang
    Admin
    Vague de l'Omkara
    Amoureux d'Andrew

avatar

Masculin Nombre de messages : 1917
Âge du héros : 26 ans
Né à : Lydée
Fonction : • Ancien religieux d'Okan • Esclave d'Ayreb • Apprenti mage
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 28 Mar - 4:58

Meecham regarda intensément Laë. Il n’avait pas mal car le tissu de sa tunique réduit raisonnablement la pression. Tout en passant un bras respectueux autour des épaules de la reine afin de l’aider à se tenir debout, il dit : « Ne vous excusez pas Votre Altesse. Vous allez bien ? Vous êtes pâle comme un linge… »

Il regarda en direction du palais. « En avez-vous parlez à Andrew de cet esprit ? Et surtout, avec vous une idée de comment le combattre ? S’il est revenu cette nuit… voyez vous une raison particulière ? » Un silence. « Il en veut à Logan… mais qu’attends-il ? Pourquoi ne le prend-t-il pas ? »

Mais, ils ne purent réellement en parler tranquillement car Gurkan, accompagnés de plusieurs soldats, guidait la troupe des voyageurs jusqu’au palais où ils pourraient se reposer avec plus de confort que sur cette place. Les étrangers laissèrent attachés sur la place les étranges chevaux à cornes, ainsi que leurs charrettes et toutes leurs affaires… signes de confiances.

********
La voix de Déjanire s’élevait puissante à travers le palais pour réclamer une nouvelle fois un peu de calme. Cela faisait dix minutes que l’entièreté des voyageurs avait prit place dans le Grand Hall, sous les regards froids d’une dizaine de soldats posté là afin de maintenir l’ordre et de garantir la sécurité des Lydéens. Malgré leur incrédulité et parfois leur appréhension, les Lydéens partageaient avec ces gens affamés ; nourritures, boissons et soupes chaudes que quelques femmes se mirent à faire à la chaîne. Il régnait un vacarme assourdissant, si assourdissant que Déjanire ordonna aux musiciens d’arrêter de jouer de la musique afin de mieux s’entendre.

Fazina et Poméra passaient à travers les longues tables et servaient les pains de Letor, tandis que Jewel aidait Joan à allonger des blessés dans le dortoir prévu à cet effet. Même si l’effervescence était fort grande, tout se passaient dans l’ordre et la discipline.

Dans une grande pièce adjacente servant d'archives, à l’écart de toute agitation, Andrew était assit à une table ronde en compagnie de Razelle et de Karl. Les deux chefs mangeaient avec un soulagement évident les morceaux de viandes et les pains aux baies que l’on leur avait servit. Leurs visages reprenaient peu à peu des couleurs. Depuis combien de temps n’avaient-ils pas manger un vrai repas ?

Gurkan qui était appuyé contre la charpente de bois, les fixait d’un œil soupçonneux. A ses côtés Helen, Kodo, Meecham et Laë étaient silencieux. Lorsque la lourde porte s’ouvrit, Alcin entra en s’essuyant les mains. Il dit d’une voix forte :

« Les plus faibles d’entre vous on été installés dans un dortoire. Ils seront vite sur pied. »

Razielle inclina la tête et dit : « Nous vous remercions de tous cœur pour ce que vous faites. Cela fait plus d’un mois que nous n’avons plus manger comme cela. »

D’une voix ferme, Gurkan trancha l’air : « Que vous est-il arriver ? »

Le guerrier était impatient. Il voulait savoir ce qu’il faisait ici. Si on les avaient mit à l’écart des leurs, ce n’étaient certainement pas pour éviter qu’ils soit trop à l’étroit assit avec les autres dans le Grand Hall.

La vieille femme s’essuya la bouche et opina : « Vous avez raison. Il est grand temps de nous expliquer. » Puis, elle échangea un regard avec Karl qui s’empressa d’avaler.

Karl se leva et après une longue inspiration, il parla sur un ton qu’il s’efforçait à grande peine d’être assurer : « Environs trois semaines après la nuit du Feu du Ciel, nos pisteurs ont trouvés des traces étranges laissées par des hommes, dans des parties isolées des Rocheuses où personne ne passe jamais… à par nous… et nous, nous avons apprit à ne jamais laisser trace de notre présence. Nos pisteurs ont trouvés des traces jusqu’aux Rapides de Kobol et elles s’étendaient jusqu’aux Bois des Brumes. »

Il s’adressait principalement à Andrew. Il continua : « Mon père, le Grand Kavan de Raven à alors décider de m’envoyer avec quelques hommes suivrent ses traces afin de savoir à qui elles appartenaient. C’est là que nous sommes tombés sur une troupe de dix hommes. Ils étaient entrain de cartographier la région et marquaient des informations sur de nombreux parchemins. Nous les avons suivit jusqu’au Mont Kobol. Une fois arriver au pied de celui-ci, nous avons vu un spectacle auquel jamais je n’aurais cru un jour assisté. »

Après un regard échanger avec Razelle qui l’incita d’un mouvement à continuer, il dit : « Surgissant d’une espèce de brèche magique, ou je ne sais comment vous l’expliquez, un millier d’hommes armés et accompagnés d’animaux gigantesques se sont rassemblés dans la lande. A leur tête, une femme… une sorcière. Elle maintenait le portail ouvert par une magie abominable… c’était un spectacle à vous glacer le sang. »

Meecham échangea un regard inquiet avec Andrew.

Karl s’assit brusquement, le visage renfrogner. « Nous ne sommes pas rester plus longtemps, et nous sommes retourner le plus vite possible à Kurikat. Deux jours après notre retour, alors que le conseil de notre village avait décidé de faire circuler cette nouvelle, car visiblement ces étrangers étaient en train de faire une carte de nos régions et préparaient une guerre, une patrouille de ces barbares, accompagnés de monstres aussi terrifiants que des tyrannosaures, on envahit mon village. Ils ont fondu sur la communauté de nuit. Ces étrangers ont tout rasé, tout détruit et tout démoli. Ils ont violés les femmes, crucifier les hommes et les enfants et stérilisé nos terres. Ils ont même immolés nos troupeaux de Centauris apprivoisés. Nous n’en avons pu en sauver que quinze. »

Razelle couina : « Ces hommes… ce sont des bêtes. D’horribles bêtes sauvages sans âmes. »

« Grâce à mon père, le Grand Kavan de Raven et à ses loyaux guerriers qui ont tenté de ralentir la progression de ces barbares, les rares survivant on pu rejoindre Sidimote… nos alliés. »

A cet instant, Razelle prit alors la parole : « Nos villages ont toujours été très unis. Contrairement à ce que vous pouvez penser, de notre côté de l’île, même si près des terres Trayaregs, la vie est agréable. En entendant cette même histoire, l’Assemblée des Anciens de Sidimote que je représente, à alors décider qu’il fallait fuir la région. Nous sommes de fervents adorateurs de Danaé. Nous refusons toute violence. Si les vaillants guerriers de Kurikat n’ont pas survécus face à la force de ces barbares, ce n’est pas avec nos baumes et nos prières que nous arriverons à les repousser. »

Gurkan se redressa. « Comment avez-vous su que nous étions ici ? »

« Nous ne le savions pas au début. Nous avons cheminé longtemps sans véritable but. Nous nous sommes rendu compte que nous étions seul. Que notre désir de vivre si loin des autres grandes communautés de l’île nous avait coupés de toutes aides. De toutes amitiés. C’est alors que nous avons décidé de rejoindre Lydée avec l’espoir que vous nous tendriez la main. C’est égoïste de notre part d’arriver dans le besoin, mais nous espérions que la Sagesse de Pëlos animerait vos cœurs à notre égard. La sagesse de Pëlos à toujours traverser les frontières. »

Karl reprit la parole : « Mais lorsque nous sommes arrivé sur vos terres, elles étaient dévastées. Anéanties… il ne restait plus rien de la grande Lydée. »

La vieille femme resta un moment silencieuse, puis elle reprit la parole : « Grâce à la bonté de Danaé, nous avons heureusement croiser la route de certain d’entre vous. Ceux qui n’avaient pas voulu vous suivre. Lorsque nous avons sût que vous comptiez vivre à Ténolas, à cet instant ce fut une évidence pour nous. Tous les signes étaient réunis. »

Alcin demanda : « Quels signes ? »

Razelle eut l’air irritée par cette interruption. Elle reprit : « Ceux de la Prophétie. » Elle regarda Andrew fixement. « Vous êtes les Elus de notre Prophétie. Tous ces événements qui se sont produit depuis plusieurs mois ne sont pas le fruit du hasard. Ils étaient écrits sur les Tablettes de Myoca. »

Alcin demanda à nouveau, l’air visiblement perplexe : « Et que disaient-elles vos tablettes ? »

L’œil éblouissant d’une lueur fanatique, Razielle dit : « Qu’un peuple bâtit sur les ruines d’une ancienne cité se dresserait pour affronter le Grand Fléau. Pour repousser le Chaos… pour élever les âmes. Qu’il serait le peuple du Prophète… de l’enfant des Lumières. Celui qui grâce à qui, la voie au Dieu Unique sera. »

Gurkan laissa échapper un rire sonore : « J’ai déjà beaucoup de mal à croire en l’existence d’autres mondes… sans vouloir t’offenser Meecham… alors si maintenant on me demande de croire en un Dieu Unique… »

Alcin, n’ayant pas compris l’ironie dit : « Il existe d’autres mondes, Gurkan, c’est aujourd’hui une certitude. Les Téloniens disposent de très vieux textes dans leurs temples. Certains sont même des copies de travaux encore plus anciens, eux-mêmes copies de documents ultérieurs aux Ages Sombres. Parmi ces documents, il est fait mention d’autres plans et d’autres dimensions… d’autres mondes, ainsi que de concepts que nous ne comprenons plus. Une chose est claire, toutes fois. Ils parlent bien de terres et de peuples inconnus. La question n’a plus à être débattue. »

« ... je ne voulais pas en débattre. » Marmonna Gurkan.

Meecham rejoignit une table plus loin. Celle-ci croulait sous les ouvrages et les nombreuses cartes de l’île. Il dit calmement en s’adressant principalement à Andrew : « Ils pacifient la zone de leur débarquement. Sidimote, Kurikat… si je me fie à cette carte… se sont là des zones désertiques, de larges plaines… idéales pour y ouvrir des failles gigantesques pour l’arrivée prochaine de l’armée de Cécrops. »

Gurkan s’approcha et regarda par-dessus l’épaule du Jalanien. Meecham continua : « C’est ainsi que Cécrops procède. Il envois toujours dans un premier temps ce genre de garnisons sécuriser un périmètre autour de la première Faille… car de celle-ci vont surgir au compte goutte plus tard, d’autres garnissons. Et plus tard… certainement dans cette partie désertique de l’île, ils vont ouvrirent d’autres failles, de gigantesques failles capables de faire passer des milliers d’hommes… des centaines de milliers en une seule fois. »

Il croisa le regard d’Andrew : « Pour l’instant, il doit y avoir seulement un millier d’hommes au pied du Mont Kobol… et dans ces milles hommes… deux cents soldats du Fléau et une ménagerie d’éléphants géant de combat. » Il regarda le jeune Karl. « Les hommes que vous avez croisés et qui cartographiaient vos terres, sont charger de cartographier le territoire ennemi, d’y prendre connaissances des ressources, de ses forces et de ses faiblesses, afin de mieux faciliter l’invasion. »

Devant la mine déconfite des l’assemblées, Meecham sourit à moitié et il ajouta sur un ton rassurant : « Heureusement, si on en croit ce que vous nous avez raconté, ils n’ont qu’une sorcière. Ils vont sans doute se cantonner à rester dans la zone du Mont Kobol un moment. Si l’histoire nous à bien apprit une chose, c’est que l’énergie qu’il faut pour ouvrir une faille suffisamment large pour permettre à une garnison de mille hommes de la franchir, est colossale. Trop colossale pour que cette sorcière recommence dans les semaines à venir. »

_________________

    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
avatar

Masculin Nombre de messages : 1787
Âge du héros : 35 ans
Né à : Lydée
Fonction : Chef des Sulas
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 28 Mar - 16:23

Andrew écoutait calmement les informations des nouveaux arrivants et le raisonnement de Meecham. La situation n'annonçait rien de bon, même si le jalanien avait raison. Mavican avait eu besoin de beaucoup d'énergie pour la Faille... une sorcière ne pourrait pas utiliser de pouvoir en permanence. Cela leur laissait une semaine, mais malgré l'optimisme timide de Meecham, Andrew, qui avait tendance à voir tout en noir, ces temps derniers, dit avec gravité :

- Cela nous laisse, quoi... une voire deux semaines... Vu la facilité avec laquelle ils sécurisent leur zone d'arrivée, Crécrops ne tardera pas à envoyer deux ou trois sorciers supplémentaires pour augmenter le nombre de soldats pouvant emprunter le passage... Et même si nous parvenons à unir Hanka, Oderne et les autres villages pour constituer une armée, ils seront trop nombreux pour que nous puissions résiter longtemps. Il n'y a pas de guerriers surpuissants, ici, à part à Hanka. Leurs patrouilles sont puissantes. Mais même avec eux, il faut déjà parvenir à les unir à nous et ça... ça prendra au minimum un mois...

- Mais, si c'est plus court, nous aurions une chance de les contenir et même de les repousser.

- Supposons qu'Hanka se rallie à nous dans les délais les plus brefs, nous pourrions créer un avant-poste et y envoyer au fur et à mesure des soldats pour éviter leur progression. Lorsque leur nombre sera suffisant, alors nous pourrons les attaquer.

- Ayez confiance en Pëlos, s'il nous a protégé jusqu'à présent, c'est qu'il veille sur nous tous. Il a conduit ces villageaois jusqu'ici. Je ne crois pas non plus en un Dieu Unique mais, Pëlos semble croire en un peuple uni. S'il nous soutient, nous devrions être capables de résister à cette menace.

Helen parlait avec conviction et même si elle partageait pas les idées de Razelle, elle les respectait quand même. Laë reprit la parole, visiblement, pensive :

- S'ils ont des mages, ils disposent d'un avantage conséquent... il ne faut le sous-estimer... Et puis, les Jalaniens ne sont pas le seul danger... Dorthal doit être lui aussi sur le pied de guerre... mais avec les mages d'Yrilia, nous pourrions gagner un léger avantage à notre tour...

- L'ennui, c'est que vos sous-fifres ne vous obéissent plus et qu'ils veulent nous voir morts. Au moins Kirion sera satisfait comme ça, il pourra danser sur nos cadavres et raconter des blagues à Dorthal sur la façon dont il nous a traité.

Kant avait usé d'un ton froid et sec. Et c'était en partie pour ça que la Reine ne lui avait toujours pas parlé de l'ombre. De toute façon qui l'aurait cru, à part Meecham et peut-être Helen ? Elle baissa simpleemnt les yeux, et se tut. Constatant que l'ambiance était plus froide Helen annonça :

- Razelle, Karl, si nous devons faire face, nous avons besoin de votre aide en retour. Vos peuples ont souffert mais la division ne ferait que les mener à une mort certaine. Une guerre s'annonce et nous aurons beosin de guerriers, tout autant que de guérisseurs...

- Nous avons perdu du temps... j'ai perdu du temps... Lydée se reconstruit peu à peu mais nous devons nous concentrer sur cette nouvelle menace et commencer à résister dès maintenant.

Andrew eut un regard vers Gurkan et poursuivit :

- Il faut rassembler le plus de gens possible.

Il regarda la carte et désigna les points au fur et à mesure qu'il s'expliquait :

- Nous devrions commencer par rallier les plus petites communautés, les villages au nord, Powona, Thunket puis Elidas. Pour les villages au sud de Kurikat et Sidimote, nous pourrions demander l'aide d'Hanka, vu qu'il sont plus près d'eux. Il faut rallier les hankiens à nous, en premier. Leur puissance militaire est supérieure à celle d'Oderne et ce sont ceux avec qui nous avons le moins d'affinités. Si nous parvenons à trouver un accord, le plus difficile sera fait.

- Qui et quand ? La mission est dangereuse, il faut prévoir des soldats pour protéger les émissaires. Sinon Hanka les réduira en esclavage.

- J'irais à Hanka...

- Pas question ! Ce serait tenter Kobol...

- Après tout ce que nos communautés éprouvent l'une envers l'autre, je pense que l'on peut mettre de côté notre fierté et envoyer le chef de Lydée leur demander de l'aide. Je ne suis pas Boric, si nous voulons être crédibles, il faut tendre la main en toute humilité. Hanka ne nous prendra pas au sérieux si nous envoyons des représentants.

Il n'avait pas tout à fait tort. Mais les choses se bousculaient. Peut-être s'étaient-ils trop reposés sur leurs lauriers... Quoiqu'il en soit, le débat était ouvert et Kant, le savait, il serait difficile de mettre tout le monde d'accord.

_________________
I wait the wave...
I have a wave inside my soul. Lots of drum in my heart. I think... it's love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Koah Lang
    Admin
    Vague de l'Omkara
    Amoureux d'Andrew

avatar

Masculin Nombre de messages : 1917
Âge du héros : 26 ans
Né à : Lydée
Fonction : • Ancien religieux d'Okan • Esclave d'Ayreb • Apprenti mage
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 28 Mar - 21:28

Brusquement, Gurkan intervenu. Il parla si fort que Razelle en sursauta de surprise et renversa son gobelet d’eau. « Helen à raison, Kant ! Il n’est pas question que tu ailles à Hanka. Ils ne respectent rien ! Aucune hiérarchie ! Que tu sois un idiot de chasseur sans importance ou le Chef de Lydée, ils s’en moquent. Ils ne glorifient que les guerriers… que les hommes durs et forts. Tu n’es pas sans savoir qu’ils vouent un culte à la violence, à la force et à la discipline. »

Même si une paisible animosité régnait entre Gurkan et Andrew, les deux hommes restaient tout de même courtois l’un envers l’autre. La gloire de Lydée et de la population passaient avant leurs griefs. Les seules rares discussions qu’ils partageaient ensemble depuis deux mois étaient toujours et exclusivement tournées vers Lydée. Jamais plus ils ne s’étaient parlés comme deux anciens camarades.

D’une voix paniquée, Alcin dit : « Vous n’y pensez pas sérieusement, Andrew. Tout homme peut être esclaves là-bas… S’il ne se bat pas pour sa liberté, c’est qu’il ne mérite pas d’être libre. La première chose qu’ils vont faire, c’est tenter de vous asservir ! Vous sentez vous capable de vous défendre ? Vous devrez certainement tuer de sang froid afin de prouver que vous êtes déterminé. La pitié et la clémence seraient signes de faiblesse. » Il laissa échapper un sourire triste. « Pardonnez-moi, Andrew, mais je ne vous vois pas faire couler le sang. »

Toujours d’un ton ferme, Gurkan renchérit : « En plus, tu sembles oublier qui tu es désormais ! Tu es ici le seul capable de tuer les… » Il se coupa, jetant un bref regard à Karl et à Razelle, puis il reprit : « … les qui-tu-sais. Nous n’allons pas risquer de te perdre aux mains des Hankiens. Ce n’est pas une question de fierté ou même d’honneur, mais une question de bon sens. Tu es trop important pour risquer ta vie là-bas. Même si je voue une haine débordante pour les Hankiens, j’irais moi-même… avec quelques hommes… les sommer de nous rejoindre dans cette guerre contre l’armée de Cécrops. »

L’atmosphère était tendue. Gurkan et Andrew se tenaient tête et si les deux hommes auraient possédé le pouvoir d’allumer des feux avec les yeux, un brasier indomptable serait sans aucun doute entrain de ravager le palais à l’heure actuelle. Afin de décrisper les deux hommes, Meecham s’approcha d’Andrew, puis il dit : « J’aimerais revenir sur un point. Il est évident que nous manquerons toujours de force militaire et qu’il nous faut pour espérer tenir tête à l’armée de Cécrops, également posséder une puissance magique. En apprenant l’histoire de votre monde et de vos communautés en compagnie de Jewel, il m’a semblé entendre qu’il existait des mages à Hanka… »

Gurkan rectifia : « Des Augures… »

Alcin hoqueta : « Je ne dirais pas que les Augures sont des mages. Certes, la magie qu’ils manipulent est présente, mais c’est une magie primitive, sauvage, brutale et dénuée de lois. Ils ne peuvent atteindre raisonnablement le rang de mages, et face à de vraie maître initié à la magie pure, ils ne font pas le poids. Les Augures ne nous sont d’aucune utilité. »

Le guerrier jalanien répondit : « Sur ce point, nous divergeons. Peut-être que face à des mages, oui ils ne valent pas grand-chose, mais face à une armée d’hommes, de simples hommes, je pense que leur magie, même primitive, peut être utile. Elle peut leur donner du fil à retordre. »

« Se tourner vers ce genre de magie n’est pas une bonne chose. »

« En temps de guerre, il faut savoir faire des sacrifices, Alcin. » Railla Gurkan d’un ton ferme, puis il se tourna vers Andrew : « Je suggère que tu ailles t’occuper de Powana et de Thunket avec qui tu veux, pendant que j’irais avec quelques hommes et Meecham à Hanka. »

Karl se leva brusquement. « Quoiqu’il en soit, le peu de mes hommes encore en vie sont à votre disposition, Chef de Lydée… tout comme nos derniers centauris… bien que j’espérais pouvoir garder quelques étalons et quelques femelles pour la reproduction. »

Razelle se leva à son tour et regarda Andrew fixement : « Nous en avons longuement discutés avec les Anciens en venant à votre rencontre. Nous étions conscient qu’il nous serait demandé de prendre part à cette guerre qui s’annonce contre le Chaos. Nous ne sommes pas des guerriers, mais nous sommes d’habiles paysans, et nous pourrions nous rendre utiles à notre façon, sans pour autant parcourir les champs de batailles une épée à la main. Aucune terre n’a de secret pour les nôtres… tout pousse grâce à notre savoir, et nos baumes soulagent les maux. »

_________________

    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
avatar

Masculin Nombre de messages : 1787
Âge du héros : 35 ans
Né à : Lydée
Fonction : Chef des Sulas
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 31 Mar - 15:54

Andrew regardait Gurkan avec des yeux qui ne cachaient pas ses sentiments. En clair, s'il avait pu lui mettre son poing sur la figure, il l'aurait fait. La petite remarque sur les hommes forts et durs avait touché dans le mille la susceptibilité du chef de Lydée. Que sa décision fasse débat, il le comprenait même si sa patience disparaissait peu à peu... mais que Gurkan s'en prenne à ce qu'il vivait, ça, il l'avalait très difficilement. Et oui, le guerrier n'avait surement pas cherché à le froisser, mais Kant avait interprêté ses propos de façon brutale. Il y voyait là une remarque acerbe concernant la santé de Logan et le fait qu'il s'en soucie beaucoup. En gros, Gurkan avait mis le doigt sur le plus gros point faible d'Andrew : son fils. Laë qui jusqu'à présent n'avait pas montré de motivation quelconque annonça :

- Gurkan, Meecham, vous pouvez compter sur une personne supplémentaire. J'irais à Hanka.

Andrew resta stupéfait. Mais de plus en plus exaspéré, il roula des yeux et frappa sur la table où étaient posées les cartes. Sa voix calme bien que légèrement tremblante, suffisait à faire taire les autres :

- Vous, si vous voulez vous faire tuer, alors allez-y, suivez-nous et puis qu'on en finisse.

- Pourquoi devrais-je mourir ?

Et pour la première fois, Laë montrait des signes d'agacement elle aussi. Andrew lui répondit au tac au tac :

- Vous êtes une femme ! Qui pensez-vous convaincre une fois à Hanka ? Ils feront de vous une prostituée, histoire de tuer leur temps !

En toute réplique, la reine lui offrit un sourire mystérieux et ajouta :

- Qui a dit que je me laisserais faire ? Vous me sous-estimez, uniquement parce que je n'ai pas d'attributs qui pendouillent entre mes cuisses. De toute façon, cette décision ne concerne que moi, je suis ici en alliée pas en esclave, par conséquent, j'ai le choix de vous obéir ou pas. Je ne pense pas qu'il ait été question que je sois votre vassale !

Kant lui lança un regard noir, profondément indigné. Helen en revanche, ne put réprimer un léger rire. Bien qu'elle soit prêtresse, elle avait toujours défendu avec un point d'honneur l'égalité des femmes avec les hommes dans le village. Et même si elle devait le respect à Andrew, elle était d'accord avec Laë.

- Vous avez raison, dans ce cas, les soldats ne seront pas chargés de vous protéger, il vous faudra subvenir à votre protection toute seule !

- Soit ! Si cela est nécessaire, je me défendrais moi-même. Mais, vous semblez oublier que de là où je viens, nous avons quelques savoirs de base, même si nous sommes pacifistes. Ne craignez pas pour ma survie, inquiétez-vous plutôt de la votre, Andrew !

Le visage de Kant vira au rouge et les muscles de sa machoire se crispèrent. Une veine battait à sa tempe droite et il explosa :

- J'irais à Hanka, si je le décide ! J'ai été désigné comme chef pour prendre des décisions alors je m'en occupe ! J'irais à Hanka avec Gurkan, Meecham et des guerriers. Pour Powona et Thunket, ces villages ne nous sont pas hostiles, les rallier ne devrait pas relever d'une grande difficulté. Kodo, tu pourrais t'en charger. Ils ont toujours eu un respect énorme pour les Qwels. Raconte-leur la vérité, sauf sur ce que tu sais...

- D'accord.

Kodo fit un signe de tête d'approbation tandis qu'Helen, Alcin et Gurkan désapprouvaient. Andrew poursuivit, un peu moins calme :

- Pour te répondre, Gurkan, je sais me défendre et je n'ai pas dans l'intention qu'ils me glorifient. Je me battrais pour ma liberté, car je n'ai pas l'intention de me rendre ! Au final, nous nous battons tous pour notre liberté. Je préfère cent fois aller à Hanka que me rendre dans Jalane pour y être tué par Thorin ! Ma décision est prise et elle est définitive, j'irais à Hanka, que ça plaise, ou pas.

- Tu es un imbécile ! Si nous te perdons toi, à quoi cela servira d'aller combattre Thorin ?

Piqué au vif, Andrew répondit sur un ton sec et venimeux :

- Et bien, si vous doutez, il ne fallait pas me désigner ! On peut reprocéder à un vote si ça vous chante ! La question n'est même pas que je sois chef de Lydée ou pas ! Même si je ne l'étais pas, vous ne voudrez pas que je vienne... je ne suis pas fort et dur, sinon, je ne passerais pas deux mois de ma vie à veiller sur mon fils mourant, non, j'irais me battre contre des je-ne-sais-pas-quoi sans m'en soucier. Si vous ne me faites pas confiance, alors, je laisse tomber le commandement de Lydée et vous pourrez élire qui vous plaira !

_________________
I wait the wave...
I have a wave inside my soul. Lots of drum in my heart. I think... it's love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Koah Lang
    Admin
    Vague de l'Omkara
    Amoureux d'Andrew

avatar

Masculin Nombre de messages : 1917
Âge du héros : 26 ans
Né à : Lydée
Fonction : • Ancien religieux d'Okan • Esclave d'Ayreb • Apprenti mage
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 31 Mar - 17:46

Excédé, Gurkan serra les poings, puis il cracha d’un air méprisant : « Ne sous pas stupide ! Tu n’as rien compris ! Nous craignons simplement de perdre la seule personne qui pourrait faire réfléchir à deux fois Thorin de nous attaquer. Tu es important, Kant, j’espère que tu t’en rends compte. Alors, oui, c’est toi le chef de Lydée, et si tu souhaites venir à Hanka, nous accepterons ta décision… » Un élan de protestation de la part d’Helen et d’Alcin s’éleva mais il retomba aussitôt le lourd regard de Gurkan froncer. « … Si elle est mûrement réfléchie et non prise sur un coup de sang. » Il planta son regard profondément menaçant dans celui de Kant : « J'espère que tu ne fais pas ça pour nous prouver quoique ce soit. Un conseil… si tu dois tuer pour ta survie… tue. Sans états d’âmes… car ils n’en auront pas pour toi. »

Alcin soupira : « Faites-vous vraiment le bon choix Andrew ? Car, il n’y a rien de mal à rester au chevet de votre fils. »

Puis, tout à coup, la lourde porte de bois s’ouvrit et Déjanire pénétra dans la pièce, des parchemins dans les mains. Son beau chignon de cérémonie semblait avoir été secoué dans tous les sens. Elle s’approcha d’Andrew : « Nous avons commencé le recensement. Ce sont là, les noms de toutes les personnes présentes dans le Grand Hall… »

Après une longue discussion d’une heure, l’état des lieux, des nouveaux arrivants et des nouvelles ressources fut consigné dans d’épais parchemins par Helen, Déjanire et Alcin. Karl et Razelle furent très coopératifs, acceptant de se soumettre à toutes les questions des Lydéens afin de prouver leur bonne foi. Laë qui pouvait lire les pensées de surface, affirma à plusieurs reprises leur entière sincérité.

Les nouveaux arrivants étaient au nombre de deux cent vingt-six. Cent soixante-dix Sidimotiens pour cinquante-six Kurikanais. Karl possédait dix-neuf guerriers, quinze centauris, un joli stock d’armes et quelques vivres. La majeure partie des Sidimitiens se trouvaient être des paysans, alors qu’une vingtaines d’entres eux étaient des religieux de Danaé et des guérisseurs. Razelle et les siens avaient apporter de nombreuses plantes, graines et autres tubercules qu’elle affirmait pourvoir faire pousser dans n’importe quelle terre. Alcin fut ravi d’une telle nouvelle et ne le cacha pas.

Au final et après compte, la cité comportait trois cent soixante et une âmes, tous peuples confondus. Il avait été décidé que les femmes et les enfants resteraient dormir au palais avec les Lydéens sans domiciles, tandis que les autres resteraient sous des tentes sur la grande place de Ténolas. Avec l’aide de Déjanire, Razelle et Alcin tentèrent de trouver à tout un chacun un rôle à tenir dans la communauté. Un grand nombre d’hommes fut affectés à la rénovation des bâtiments de la ville sous les ordres de Garrett et de Korelus, tandis qu’une autre partie se concentrerait sur l’agriculture et l’irrigation des nouvelles terres cultivables. Quant aux guérisseurs, ils resteraient au palais et soigneraient les blessés. Karl avait même acceptés, non sans une certaine appréhension, d’offrir les services de ses derniers guerriers.

Debout devant la table à fixer une carte les bras croisés, Gurkan, Andrew, Kodo, Helen et Meecham se questionnaient sur la bonne marche à suivre des opérations. Combien d’hommes devaient-ils emmener ? Ils étaient à l’écart des autres dont l’attention était réclamée par une Déjanire autoritaire.

Gurkan s’adressa à Andrew d’un ton bas : « Je n’aime pas l’idée de laisser la cité aux mains d’étrangers que nous connaissons à peine. Nous ne pouvons pas monopoliser un maximum de nos guerriers pour nous accompagner. Nous devrions utiliser ceux de Karl… même si je doute qu’ils soit aussi habilles et performants que nos hommes. »

Meecham demanda doucement : « Malgré ce que Laë à affirmer sur leur sincérité, vous ne leur faites pas confiance ? »

« Je ne fais confiance qu’aux Lydéens, Meecham. » Railla le guerrier. « Si nous ne laissons pas suffisamment de nos guerriers ici, qu’est-ce qui les empêcherait de nous voler le commandement de la cité ? »

Meecham comprenait. « Ils semblent pourtant dévoués à notre cause. »

« Ça, nous verrons bien. » Gurkan se tourna vers Andrew. « Je propose d’utiliser cinq de nos guerriers et une dizaine de ceux de Karl. Pour accompagner Kodo, deux des guerriers de Karl devraient être bien assez. »

_________________

    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
avatar

Masculin Nombre de messages : 1787
Âge du héros : 35 ans
Né à : Lydée
Fonction : Chef des Sulas
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 31 Mar - 20:58

Un étendard pourpre et argent flottait au sommet de la plus haute tour du palais. Ce dernier avait été construit en granit scrupuleusement taillé. Dans la cour principale une foule était rassemblée. Au milieu, un autel de bronze était entouré de silhouettes encapuchonnées. Tout semblait silencieux, presque étouffant. Dans la salle du trône, où coulaient mille fontaines, quelques chandelles de bronze éclairait un homme aux traits fins, assis sur le rebord de marbre d'une vasque.

- Maître, le peuple attend votre discours.

- Qu'il patiente ! J'attends une affaire urgente !

- Mais, cela fait deux heures que vous m'avez dit la même chose. La foule s'impatiente...

Dorthal posa son regard vers son interlocuteur. C'était un homme âgé, dont le visage était ravagé de cicatrices, à tel point qu'il était hideux à regarder. Mais, le nouveau Roi posa se leva avec une habile élégance et s'approcha de lui pour poser sa main gantée sur son épaule. Debout, il paraissait très élancé, mais aussi d'une maigreur extrême. Ses longs ceveux bruns descendait en cascade jusqu'à ses omoplates. Il reprit la parole, d'une voix compatissante :

- Dis-leur que s'ils n'ont pas le temps d'attendre mon discours, qu'ils montent sur l'autel et subissent le châtiment réservé aux traîtres...

- Mais...

- Cela fait beaucoup d'injonctions dans tes dialogues, vieillard ! La Reine Laë n'est guère ici, alors, je tâche de conserver ses anciens conseillers à côté de moi. Ce serait bien désagréable pour moi de me séparer de quelqu'un dans ton genre... ne m'y force pas.

- Bien... maître...

Le vieil homme sortit de la vaste salle et Dorthal esquissa un sourire en coin. Il reprit sa place sur le bord de la vasque et attendit. Dix longues minutes passèrent, dehors des murmures commençaient à faire un léger brouhaha. Aussi subitement qu'un coup de foudre, les rideaux se tirèrent dans un courant d'air et les flammes s'éteignirent. Plongée dans l'obscurité, la pièce devint soudainement silencieuse. L'eau avait cessé de couler. Un sifflement s'élèva alors :

- Mon rapport...

Dorthal soupira et claqua des doigts. Presqu'aussitôt une lueur bleue apparut et éclaira les choses autour de lui. Juste en face, une ombre d'une noirceur insondable et la taille d'un homme vacillait. Elle avait des contours indistincts.

- Bien... je commençais à croire que tu avais oublié ton pacte avec moi...

- Parfois, j'aimerais... je ne suis pas ici pour manifester le moindre signe d'affection à votre égard. J'accomplis ma part du contrat, et vous la vôtre.

- Quelle affection tu me portes ! C'est touchant... alors, fais-moi donc ton rapport, que l'on en finisse... où est ce chien de mage ?

- Ce n'est pas un mage... un simple humain, touché par un pouvoir immense dont il ne mesure pas les infinies possibilités...

Le regard animé d'une lueur curieuse, Dorthal questionna :

- Un pouvoir ?

- Oui... mais, vous ne m'avez pas convoqué pour que je vous parle de ça... j'accomplirais juste ma mission, et ensuite, vous me renverrez.

- Non ! J'exige que tu parles sur ce maudit pouvoir ? Qu'est-ce qu'un humains peut-il avoir de si grand en lui pour disposer d'un capacité immense ?

- Ce n'est pas ce pourquoi je suis là.

Rageur, le Roi donna un coup violent dans une vasque qui se brisa en deux. Il pointa un doigt vers l'esprit et demanda, d'un ton haineux :

- Ton rapport alors !

- Les membres de sa patrie ont usé de leurs méthodes archaïques pour reconstruire leur village ailleurs... A Ténolas...

- QUOI ? Des traîtres, meurtrier dans la cité de mes ancêtres ??? LES FILS DE CHIENNE !!!

Et il brisa avec une violence inouïe une autre vasque. L'esprit, avec une indifférence exemplaire, poursuivit :

- Ils se battent pour la même cause que nous. Leur chef veut rallier l'ensemble des Sulas.

- Tss... Quel bel utopiste ! Cet imbécile sera mort avant d'avoir essayé.

- La Reine Laë est auprès d'eux.

- TRAITRESSE !!!

- Je persiste à croire qu'elle est sage et réfléchie. J'attends maintenant que vous accomplissiez ce pour quoi j'ai accepté de vous aider.

- Tue-le ! Tue cet humain et envoie son pouvoir dans le chaos !

- Non... j'ai accompli ma mission, vous vouliez des informations, en voilà. Maintenant, j'exige que vous prononciez l'incantation.

- Tu seras bien obligé de tuer un être humain innocent pour retourner en paix auprès des autres...

- Oui, mais ce choix-là m'appartient et j'ai déjà repéré ma cible...

- Très bien... Kol'arth nirem jolak !

Aussitôt qu'il eut prononcé ses l'esprit disparut, les flammes se rallumèrent laissant Dorthal dans la salle. Il emjamba les débris de vasque et se dirigea vers le balcon. Aucun applaudissement n'accueillit son arrivée mais les bruits cessèrent. Sa voix cristalline raisonna alors dans toute la cour, audible de tous :

- Amis et frères ! Il m'a été difficile de venir parler en ces lieux... Je respect trop cet endroit pour ne pas m'en vouloir. Mais, Yrilia connait des jours bien sombres... J'ai appris d'un esprit fidèle que notre Reine avait rejoint l'ennemi... ces... meurtriers... Ma déception est terrible... mais, nous ne devons pas céder à l'abandon. Ces assassins paieront pour le sang que le mage qu'ils nous ont envoyé a versé ! VENGEANCE !

Le mot trouva son écho dans la foule qui applaudit à tout rompre. dorthal retourna à l'intérieur, un indéniable sourire sur les lèvres. Il serra son poing gauche et dit à lui même :

- Tremblez... souffrez comme mon peuple... je n'aurais de cesse que de vous avoir exterminés jusqu'au dernier...

******

- Excellente idée, bien qu'à mon avis nous n'ayons pas grand chose à redouter de leur part. Ils me semblent honnêtes. Mais, tu as raison, je crois que nous devrions être prudents. En mon absence, Déjanire s'occupera du Lydée, après tout, elle s'est très bien débrouillée, jusqu'à présent.

- De toute façon, même avec peu de guerriers, nous disposons de beaucoup d'hommes, plus ou moins forts. Avant que nous arrivions aux ruines, nombre d'entre eux ont combattus pour protéger les survivants. Et croyez-moi, je ne me serais aps doutée que de simples artisans ou de simples prêtres pouvaient manier aussi bien une arme coupante.

- Kodo être certain qu'eux ne pas avoir mauvaises intentions. Mais prudence s'imposer.

- Parfait, alors. Nous ferons comme ça pour les guerriers. Il faudra quand même éviter leur mort. Moins nous subirons de perte maintenant et plus forts nous serons pour la suite.

- Vous devriez prendre aussi un ou deux guérisseurs... avec vous. Avec la mort de Koah, vous n'aurez aucune personne susceptible de vous aider dans votre voyage. Un ou deux hommes de Razelle pourrait nous être utiles à tous.

- Bonne idée. Nous en prendrons deux, ce devrait être suffisant et cela ne vous pénalisera pas dans votre travail...

- Je persiste à dire que c'est une idée folle, Andrew, tu devrais rester ici.

- Non... je dois aider à cette alliance. Si je viens, nous serons plus crédibles.

Andrew posa son regard sur Gurkan. Le guerrier avait eu raison, il agissait un peu par fierté mais personne n'arriverait à le faire changer d'avis... aussi têtu qu'une mule, aurait dit, son regretté ami, Guerel.

- On devrait peut-être sélectionner aussi quelques archers. Les tigres blancs sont dangereux et ils sont sur notre route.

- Mis à part toi... je ne vois pas grand monde qui puisse tirer correctement avec un arc.

Kant lança un coup d'oeil à Helen puis regarda à nouveau Gurkan :

- Tu as une idée ? Peut-être que Karl dispose de quelques archers...

_________________
I wait the wave...
I have a wave inside my soul. Lots of drum in my heart. I think... it's love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Koah Lang
    Admin
    Vague de l'Omkara
    Amoureux d'Andrew

avatar

Masculin Nombre de messages : 1917
Âge du héros : 26 ans
Né à : Lydée
Fonction : • Ancien religieux d'Okan • Esclave d'Ayreb • Apprenti mage
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 31 Mar - 22:46

Gurkan opina, mais avant qu’il ne puisse répondre, Meecham prit la parole. Le jalanien souriait à mi-lèvres d’un air plutôt fier. Il dit : « Andrew, vous semblez oublier que vous possédez mon arc. Sans vous égalez pour autant, vous qui avez tuer Mavican, je peux me vanter être un assez bon archer tout de même. » Il se gratta le menton. « Et s’il vous faut une experte en lancée de dagues, Fazina est redoutable. Mais je préfèrerais qu’elle reste ici à veiller sur Poméra… » Il détourna le regard. « … et Jewel. »

Les autres échangèrent un regard entendu, à mi-chemin entre l’amusement et la taquinerie. Kodo battit des paupières rapidement, les yeux faussement tendres, ce qui fit rire à demi Gurkan. Meecham se renfrogna, n’appréciant visiblement pas cette vague d’amusement à son égard.

Le grand guerrier métissé dit d’un air indifférent : « Il me semble avoir vu quelques archers de Karl tout à l’heure. Je m’occupe de rassembler les hommes avec lui. Nous serons près à partir à l’aube. » Il fixa Andrew d’un regard froid. « D’ici, là… prends les dispositions nécessaire au cas où tu ne reviendrais pas, Kant. »

Et après une réunion récapitulative où Andrew donna des ordres précis mais surtout, non discutables, ils prirent conger. Alcin partit s'occuper des rations et Gurkan s’en alla avec Kodo, suivit d’un Karl entendu qui finissait rapidement son gobelet de bière. Lorsqu’ils franchirent les portes, la musique traditionnelle leur parvenu du Grand Hall. Après s’être légèrement incliné, Meecham rejoignit la table où Déjànire reprit d’énoncer un à un les nombreux objectifs à atteindre ce mois-ci. Razelle était exaltée par tant d’idées ingénieuses. Le courant entre les deux femmes semblait passer assez bien, si bien que plusieurs fois elles partirent dans un fou rire qu’elles seules pouvaient en comprendre la subtilité.

Assit près de Laë, Meecham murmura après s’être assurer que personne ne l’écoutait : « Vous devriez peut-être penser à rester Votre Altesse. Vous seule pouvez voir cet esprit qui rode autour des malades. Vous ne devriez pas partir. Vous devriez rester à son chevet et veiller sur lui jusqu’au retour d’Andrew. » Il fit un regard désolé. « Loin de moi l’idée de vous ordonnez Votre Altesse, et pardonnez-moi mais je me sentirais plus serein si je savais qu’une puissante Ensorceleuse veillait sur la communauté. »

Lorsque Jewel entra une carafe d’eau serrée entre les mains, aussitôt elle plissa les yeux lorsqu’elle vit Meecham un peu trop près de Laë. Le regard du jalanien croisa celui de la jeune femme un instant. Cependant, Jewel ne s’approcha pas de lui. Elle se contenta de rejoindre Andrew qui était assit en compagnie d’Helen à la table des cartes. D’une douce voix un peu effrayée, elle demanda :

« C’est vrai ce qu’on raconte dans le Grand Hall ? » La carafe d’eau tremblait légèrement entre ses mains. « Vous allez vraiment partir pour Hanka, Meecham, Gurkan et toi ? » L’idée semblait l’anéantir. « Vous y êtes obliger ? Vous ne pouvez pas envoyer des messagers ? »

Depuis deux mois, Andrew et Jewel ne s’étaient pas côtoyer beaucoup. D’abord parce qu’Andrew passait beaucoup de temps au chevet de Logan, mais surtout parce que Jewel avait reprit la place qu’elle estimait devoir tenir. Et cette place ne la plaçait pas au près des gens d’importance. Elle n’était qu’une agricultrice après tout.

D’une main tremblante, elle versa un gobelet d’eau à Andrew qu’elle lui tendit : « Tu devrais rester. Qu’est-ce qu’on fera s’ils débarquent ? On ne pourra pas les vaincre. Et Logan à besoin de toi. » Elle baissa les yeux. « Ne pars pas avec eux. Laisses aux guerriers le soin de se charger de ça. »

_________________

    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
avatar

Masculin Nombre de messages : 1787
Âge du héros : 35 ans
Né à : Lydée
Fonction : Chef des Sulas
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mar 1 Avr - 13:56

Laë eut un sourire à peine voilée et avec sa voix calme, elle répondit à Meecham qui semblait s'inquiéter un peu trop de sa décision :

- Je peux voir cet esprit, mais malheureusement, il m'est impossible de le combattre. Que faire de plus ici ? Je pourrais aider mais il est trop tôt pour qu'une armée envahisse le village. De plus, je me dois par devoir de faire le connaissance de ces Hankiens. Beaucoup de gens semblent les craindre mais aussi barbares soient-ils, il doit bien exister un moyen de sympathiser. Je représente Yrilia, ici, et même si je ne suis peut-être plus leur Reine, mes fidèles me suivront en temps voulu lorsqu'ils auront la preuve que nous voulons vaincre le même mal.

Elle se tut un instant, et après avoir soupiré, elle reprit :

- Vous êtes le seul à ne pas me sous-estimer, peut-être parce que nous partageons les même connaissances. Ces gens, les lydéens et les autres... ils ont un retard considérable sur l'évolution. Ils vivent divisés, éparpillées, vénérant un dieu plus qu'un autre. Leurs querelles sont infantiles devant la guerre qui nous attend. De vieilles légendes racontent que le Père Destructeur anéantira ce monde lui-même. Je ne les méprise pas mais eux si. Kirion ne réprésente pas la majorité de mes sujets, bien au contraire. Il a un caractère indéfinissable... mais, il n'est pas aussi mauvais qu'il veut le faire croire. Mon peuple est aussi passé par là, il tolérait bien mal les autres et leur différences. Cette union va bouleverser les choses.

Non loin d'eux, Andrew regarda Jewel avec un petite pointe d'agacement. Tout le monde ne cessait pas de lui dire que son choix relevait de la folie mais, ce n'était pas son avis. Cependant, il fut incapable de se montrer désagréable envers Jewel. Ils avaient du se parler deux fois depuis qu'ils avaient gagné Ténolas. La jeune femme restait à une place et avait retrouvé ses vieilles habitudes. Kant se souvint qu'un jour, Koah lui avait parlé de son côté routinier. Il répondit d'une voix sûre, en prenant le gobelet d'eau :

- Merci. Lydée s'est débrouillée sans moi à une certaine période. Il ne faut pas dramatiser non plus... je vais revenir. Je peux tuer un immortel mais pas une centaine d'hommes à moi tout seul. Ma présence n'y changera rien... en revanche... l'état de Logan me ferait bien rester... mais il faut se concentrer sur le plus important, rallier Hanka à nous. Si nous y parvenons, Oderne devrait nous suivre rapidement.

Il but son eau et reprit en s'essuyant les lèvres d'un revers de main :

- Jewel... si nous revenions pas, ou je venais à ne pas revenir, et que Logan se réveille, j'aimerais que tu gardes un oeil sur lui... pendant le voyage, il avait l'air de s'être rapproché de toi. Tu seras la seule personne avec qui il aimerait parler. Et s'il fallait prendre une décision concernant son état de santé... je tiens à ce qu'il vive. Par conséquent...

Mais aussi brutalement qu'un éclair, Laë coupa net la conversation. Elle venait de sursauter et se tenait debout, le doigt pointé vers une zone vide. Andrew fronça les sourcils sans comprendre, puis il regarda à nouveau la Reine, en roulant des yeux :

- Qu'est-ce qu'elle ne ferait pas pour se rendre intéressante...

A voix basse, elle murmura à Meecham :

- Il est là... de nouveau... il va... Non !

L'esprit traversa la porte et pénétra dans la salle des malades. Presqu'aussitôt, Laë s'élança vers la porte pour l'ouvrir mais Alcin l'ouvrit en même temps. Le bois percuta de plein fouet la jeune femme qui tomba au sol, l'air sonné.

- Pardonnez-moi... Rien de cassé ?

- Non... non...

Se remémorant soudain pourquoi elle s'était précipitée à cet endoit, Laë s'aida de la main d'Alcin pour se relever et entrer dans l'infirmerie de fortune. L'esprit se tenait près de Logan, se rapprochant de plus en plus de lui.

- Arrête !!!

Dehors, en entendant l'éclat de voix, Andrew se leva, l'air soudain inquiet. Mais à peine Alcin avait-il fait un pas pour voir ce qui se passait que la porte claqua, verrouillée par une magie puissante. A l'intérieur, toute trace de lumière disparut. La voix sifflante de l'esprit perça l'obscurité :

- Votre Altesse...

Laë ouvrit de grand yeux, stupéfaite. Elle claqua des doigts et une flamme d'un bleu saphir éclaire faiblement la pièce. Contre la porte, Alcin, Andrew et Meecham s'affairaient et tentaient de l'ouvrir.

- Tu es un envoyé de Dorthal...

- Je ne peux rien dire... mais j'ai accompli ma mission, si je veux retourner de là où je viens, j'ai besoin de la vie de quelqu'un.

- Pas Logan !

- Libre à moi d'en décider... ce garçon ne se réveillera pas avant de longs mois encore... son état est critique... il mourra de toute façon.

- Non ! Je te défends de le toucher. Il est trop jeune pour rejoindre le Royaume de la Passeuse.

- Faire des sacrifices pour permettre d'avancer...

Mais une voix éraillée, très faible s'éleva alors d'une couche près du feu. L'esprit cessa d'approcher de Logan pour l'écouter :

- Je peux vous aider...

- Vous le voyez et vous l'entendez ? Qui êtes-vous ?

- Non... je ne les vois pas... mais je suppose que vous ne parlez pas dans le vide de l'avenir de Logan... à moins que vous ne soyez folle...

- Qu'entendez-vous par nous aider ?

- Il existe de nombreuses choses que l'on désirerait cacher plus que tout... les secrets traversent les âmes. Qu'il m'emporte avec lui... je suis plus apte à mourir que cet enfant.

- Pourquoi tient-elle à partir ? Et pourquoi devrais-je changer d'avis ?

- Parce qu'elle est sur le point de mourir, je t'en conjure, ne prends pas Logan.

- Puis-je vous dire un secret, jeune femme ? Avant de...

Laë s'approcha d'elle et fut stupéfaite en croisant son regard. Elle ne put réprimer une foule de questions qui rendirent l'esprit de plus en plus curieux :

- Mais... vous n'êtes pas... comment pouviez-vous user de cet état alors que vous ne...

- Chut... vous aurez la réponse à cette question dans peu de temps, du moins je l'espère. Tenez, prenez l'objet placé dans l'ourlet de cette robe... donnez-le à Andrew. J'espère qu'il vous sera utile...

Laë défit la couture et en sortit un petit morceau de papier, plié en quatre.

- Mais...

- Le temps presse... je souffre et je veux que cela cesse... qu'il m'emporte.

- Pourquoi le ferais-je ? J'ai toujours mon libre arbitre...

- Je vous en prie...

- Faites-le par soutien pour moi. Dorthal n'est pas votre Roi et vous le savez ! Si vous tuez Logan, vous tuerez Andrew avec lui.

- Soit... mais gardez bien à l'esprit que vous entretenez pour ce peuple un espoir... Et lorsque sonnera la dernière heure, ils vous en voudront indéfiniment pour les promesses que vous n'aurez pas tenues...

- Je prends ce risque...

- Bien... ce fut un plaisir de vous revoir.

Dans un souffle puissant, l'esprit pénétra dans un corps. Aveuglée par la lumière, Laë ne put le distinguer. La porte s'était ouverte, expédiant à deux mètres les hommes qui avait tendu l'oreille pour écouter. Lorsque l'ébouissement se dissipa, la Reine scruta la pièce. Quelque chose n'allait pas, elle voyait la femme de Guerel respirer encore. Elle se tourna vers Logan, ce dernier devenait de plus en plus pâle. En silence, l'un des deux expira. Laë versa une larme et s'assit sur le sol. Alors qu'Andrew surgissait, elle resta silencieuse, les yeux fermés. Alcin entra à son tour et après avoir examiné les deux lydéens, il dit à voix basse :

- Elle est morte...

_________________
I wait the wave...
I have a wave inside my soul. Lots of drum in my heart. I think... it's love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Koah Lang
    Admin
    Vague de l'Omkara
    Amoureux d'Andrew

avatar

Masculin Nombre de messages : 1917
Âge du héros : 26 ans
Né à : Lydée
Fonction : • Ancien religieux d'Okan • Esclave d'Ayreb • Apprenti mage
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mar 1 Avr - 15:25

Lorsque Winowa sonna au clocher, personnes ne poussa de cris de joie ou d’allégresse. La mort de la femme de Guerel s’était répandue comme une traînée de poudre à travers le Grand Hall, et avait jeter un froid immense. Plus personne n’avait dans le cœur, l’envie de danser et de faire la fête. Les musiciens, ainsi que les amuseurs d’enfants cessèrent leur spectacle. Des femmes se mirent à pleurer, alors que d’autres accompagnaient les plus jeunes, ainsi que Poméra vers le dortoir qu’ils occupaient dans le fond du palais.

La fête de Winowa venait de se terminer. Le Grand Hall s’était vidé en silence, laissant aux tables de bois quelques âmes accablées par cette perte. Cinq prêtres de Danaé, ainsi que deux prêtresses emportèrent avec la permission d’Helen et d’Alcin la dépouille dans une autre pièce, afin de lui prodiguer dans la plus grande intimité, les premières ablutions religieuses.

Il régna pendant une heure un silence opaque et morbide où seuls des murmures à l’encontre de Laë s’élevaient. Déjanire était anéantie par la perte d’une de ses amies, mais comme à la mort de Koah, elle ne montra pas sa peine. Elle donna ordre sur ordres afin de débarrasser le Grand Hall… mais surtout, pour occuper son esprit. Lentement, elle pénétra la porte entrouverte du dortoir au malade, puis elle s’approcha d’Andrew qui avait retrouvé le chevet de Logan. Alcin appliquait sur le torse de l’enfant une mixture dorée. La vieille femme déposa sa main sur l’épaule du Chef de Lydée, et dit d’un ton doux :

« Je n’ai pas eu l’occasion de te le dire en priver, mais fait bien attention à toi là-bas. Tu es notre espoir. Et Logan, l’espoir de notre espoir. Nous prendrons soin de lui. J’y veillerais personnellement. » Puis, elle lui tapota la nuque avant de s’éloigner rejoindre Razelle et quelques Sidimotiens, et de quitter le palais.

Alcin murmura : « Un guérisseur de Razelle m’a garantit que ça devrait l’apaiser… ils sont surprenant. »

Un bruit. Puis un autre, suivit immédiatement d’un plat en faïence qui se brise contre le sol du Grand Hall. L’éclat de voix de Jewel résonna avec colère, accompagné par des plaintes venimeuse de plusieurs femmes. La jeune Lydéenne s’en prenait à Laë. Elle venait de lui jeter au visage la fin d’un gobelet de bière. Meecham, de sa large carrure, empêchait Jewel et à sa colère d’approcher la reine d’avantage.

« Calmes-toi Jewel. » Ordonna le jalanien. « Il y a une explication ! »

« Ne me donne pas d’ordre ! » Hurla comme une folle la jeune femme. « Alcin me la dit ! Vous avez entendu des voix ! Elle parlait à quelqu’un ! Elle complote ! Elle a tué la femme de Guerel ! Cette putain ! La putain de Kirion nous mène en bateau ! »

Rapidement, Jewel rafla un nouveau gobelet qu’elle lança vers Laë, mais celui-ci fut aussitôt intercepté en plein vol par la paluche imposante du guerrier. Les lydéennes qui soutenaient Jewel dans sa juste colère, huèrent le guerrier, lui lançant des insultes peu flatteuses.

D’un ton enlaidit par la haine, elle ajouta : « De toute façon, j’imagine que ça t’es égale ! Autant t’allier avec les plus puissants de notre monde. Ils ont des mages qui pourraient te renvoyer chez toi avec Poméra et Fazina. C’est ça que tu souhaites avant toute chose. Nous ne te servons absolument à rien. Alors pourquoi tu perdrais ton temps avec nous ! »

« Ne dis pas de bêtises, Jewel. Je suis dans votre camp, et tu le sais. » Il tenta de s’approcher d’elle mais le regard froid de la jeune femme l’en dissuada. « Je suis pour l’union, car seul l’union pourra vous garantir la survie. »

« Comment veux-tu que nous fassions confiance en cette femme ? Elle n’est pas honnête ! Elle est à l’image de son Maître ! CHIENNE DE KIRION ! POURQUOI A-T-ELLE BLOQUEE LA PORTE SI ELLE ETAIT HONNETE ? ELLE LA TUER ! » A nouveau emportée dans un élan de rage, elle ramassa une assiette en faïence qu’elle lança. « JE LA TUERAI ! SI ELLE NOUS TRAHIS ! JE LA TUERAI ! QU'HANKA SOIT SA TOMBE ! »

Désarçonné par la rage d’une femme qu’il connaissait pourtant si douce et attentionnée, Meecham reçu en haut du crâne l’assiette. Cela fit rire aux éclats les lydéennes.

D’une voix lasse, le guerrier murmura en se massant le front : « Il y a une explication. »

La haine envers Laë était trop grande. Elle embrasait son âme. Jewel fulminait. Elle ne pouvait plus se contrôler. Rudement, elle s’élança vers la reine, évitant habilement les gros bras de Meecham qui tentait de la retenir. Avec une rage peu commune, Jewel bondit sur Laë les bras tendus, prêts à lui faire mordre la poussière.

_________________

    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
avatar

Masculin Nombre de messages : 1787
Âge du héros : 35 ans
Né à : Lydée
Fonction : Chef des Sulas
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mar 1 Avr - 17:00

Laë, jusqu'ici n'avait jamais montré le moindre signe d'hostilité. Elle se contentait de regarder dans le vide, l'air visiblement remué par ce qui s'était produit. L'espace d'un instant, elle avait eu peur... très peur. Mais entendre Jewel la traiter de meurtrière lui était de plus en plus insoutenable. Il faut dire que depuis leur rencontre, elle avait encaissé les coups les uns après les autres, sans pour autant défaillir. Cependant, son regard n'y trompait pas, elle était de plus en plus exaspérée par l'attitude la jeune femme et lorsque cette dernière lui sauta dessus pour l'étriper, la colère de la reine apparut d'une bien étrange façon. Elle fronça ses sourcils finement dessinés et articula :

- No'mhas il té !

Presqu'aussitôt, Jewel et elle basculèrent dans le noir total. Une petite lumière avança et bientôt, elles se retrouvèrent toutes deux dans la pièce de l'infirmerie, quelques instants plus tôt. Ni l'une ni l'autre ne pouvait bouger, ni même parler. Les deux femmes subirent alors la scène, celle durant laquelle l'esprit entra. C'était un souvenir, c'est pour ça que Jewel pouvait le discerner. Elle voyait ce qu'il s'était passé par les yeux de Laë. Lorsque l'esprit disparut, tout devint noir à nouveau un court instant. Puis, Jewel percuta la Reine et toutes deux, tombèrent au sol.

C'était comme si le temps s'était mis en pause. La vision avait duré un petit millième de secondes, pas assez pour stopper l'élan de la lydéenne. Mais maintenant, elle avait vu la vérité et Laë se dégagea avec une rapidité surprenant en roulant sur le côté. Quelques secondes lui suffirent pour se remettre debout et elle plongea son regard bleu dans celui de son agresseuse.

- Tu as vu ce que j'ai vu. Tu as entendu ce qu'il s'est passé. Maintenant, à toi de jouer avec la vérité, de la déformer pour qu'on me voit comme une meurtrière ! Après tout, tu sais si bien le faire ! Mais tu vivras avec le souvenir que tu savais tout et que tu n'as bien voulu croire que ce qui t'arrange ! C'est une situation qui t'arrange bien de fuir la réalité... parce qu'elle perturbe ton quotidien, qu'elle remet en cause plein de choses, comme ta véritable place. Sans effort, tu ne pourras jamais avancer, tu resteras une femme aigrie, une mégère qui préfère s'aveugler que de croire à la réalité de la vie.

Andrew, alerté par les bruits de vaisselle brisée, sortit de la pièce et demanda :

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Absolument rien qui vous intéresse, c'est l'heure du pugilat, c'est tout. Mais la victime n'est pas sous votre protection.

Cinglante et sincèrement agacée, Laë n'était plus la même. Elle plaqua un regard méprisant sur Jewel et dit :

- Je ne m'abaisserais pas à ce niveau pitoyable de combat inutile. Ni même aux insultes que tu prononces envers Kirion. Fais ce que tu veux, mais, ne me traites pas de meurtrière. Si j'avais voulu tuer quelqu'un pour laisser Logan survivre ce soir, aies confiance, c'est toi que j'aurais choisi ! Elle était d'accord, mais si ça n'avait pas été le cas, je l'aurais laissé me prendre à sa place. Hais-moi autant que tu le souhaites, je m'en contre-fiche ! La réalité c'est que nous sommes dans le même camp et que tu refuses de l'admettre.

Dans un silence glacial, elle tourna le dos et s'éloigna de toute cette agitation pour se diriger vers Kant. Helen retenait Jewel avec l'aide de Kodo. Alcin était sur le pas de la porte, visiblement rassuré. Il dit à Andrew :

- Il semble aller mieux... sa respiration est plus rapide que d'habitude.

Laë était arrivée au niveau du chef de Lydée et lui mit sans ménagement dans la main le morceau de papier. Sans le regarder et la voix tendue, elle se contenta de dire :

- Alice m'a donné ceci avant de mourir. Elle voulait que ce soit vous qui le lisiez. Je ne voudrais qu'en plus de m'accuser de meurtre et de trahison, on tente de m'égorger en me prenant pour une voleuse ! Sur ce, je ne crois pas avoir autre chose à ajouter, je vais dormir pour partir à l'aube demain. Peut-être nous croiserons-nous sur la route.

Avant qu'il n'ait pu dire un mot, Laë sortit du Grand Hall sous les murmures de quelques personnes. Andrew serra le papier dans son poing et rentra à nouveau pour se mettre au chevet d'un Logan qui recouvrait des couleurs. Jewel était maintenant debout. Elle pourrait très bien s'élancer à la suite de la reine pour l'insulter à nouveau. Malgré la vision, et le choc en tombant, elle n'avait rien de cassé. Un léger coup de tonnerre ouvrit le bal à quelques gouttes. Le ciel s'était couvert, comme s'il semblait trouver cette fête infiniment lamentable... et ratée.

_________________
I wait the wave...
I have a wave inside my soul. Lots of drum in my heart. I think... it's love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Koah Lang
    Admin
    Vague de l'Omkara
    Amoureux d'Andrew

avatar

Masculin Nombre de messages : 1917
Âge du héros : 26 ans
Né à : Lydée
Fonction : • Ancien religieux d'Okan • Esclave d'Ayreb • Apprenti mage
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mar 1 Avr - 20:07

C'est toi que j'aurais choisi !

Ces mots firent échos dans le crâne de Jewel, se gravant profondément dans sa mémoire à grand coup de rancœur. Loin de l’avoir apaiser, cette vision imposée par magie par la reine Laë lui laissait un amer goût dans la bouche. Jewel la haïssait. Elle la haïssait pour tant de raison, trop pour être raisonnablement énumérées. Cette garce étrangère ne comprenait rien. Elle se pavanait dans sa supériorité comme si elle se croyait en territoire conquis. Elle semblait oublier qu’elle fut imposer ici par un dieu cruel qui n’avait pas hésiter à rabaisser son âme et son peuple.

De plus, le fait que cet esprit la connaissait ne faisait que renforcer son sentiment d’hostilité à son égard. D’une voix emportée et terriblement outrée, Jewel expliqua sans qu’on ai besoin de le lui demander, ce qu’elle avait vue et vécue en une fraction de seconde. Elle raconta sans peser ses mots, les larmes aux yeux, la discussion à laquelle elle avait assisté et la manière plutôt respectueuse que cet esprit, esprit qui avait tué Alice, s’était adressé à la reine. Il ne faisait aucun doute que cette garce de reine apportait avec elle, bien plus de tourments que de bonne chose. Qu’avait-elle à proposer et à apporter à la communauté ? Elle ne servait à rien. Pourquoi ne retournait-elle pas dans son royaume afin de reprendre le commandement de ses horribles sbires ?

Encore une fois, une houleuse discussion s’éleva dans le Grand Hall. Jewel mordait qui osait défendre la reine. Ce fut Meecham et Helen qui subirent le courroux de la jeune femme. De longues et interminables minutes, le brouhaha de la disputent résonna, faisant d’horrible échos. Des mots, secs et tranchants, le genre de mots qui faisait mal, volèrent dans les airs. A cet instant, jamais Jewel ne s’était sentie aussi seule. En pleure, elle s’en alla, refusant que Meecham – qui tentait de s’expliquer – la suive.

Le calme revenu dans le Grand Hall, seulement briser par la pluie qui tombait drue en dehors du palais. Alcin partit s’occuper à nouveau des vivres pour le voyage des guerriers demain matin, alors que chassée par Helen, les alliées de Jewel furent priées de s’en aller. Rapidement, la rumeur de cette dispute fit le tour de Ténolas. Beaucoup de murmures d’indignation à l’encontre de Laë se faisaient entendre parmi la population Lydéenne. Même si Jewel ne se comportait pas dignement face à l’étrangère, elle était fille de Lydée et jouissait ici de bien plus de droit que n’en aurait jamais la reine exilée.

D’un pas lourd, Gurkan entra dans le dortoir des malades accompagné de Kodo. Il avait eut vent de l’affrontement qui opposa les deux femmes par le Qwel et cherchait désormais Jewel. Il espérait qu’elle se trouverait ici et qu’Andrew ait pu calmer sa peine. Mais apparemment, la jeune femme s’était bien cachée car personne ne la trouvait. Après s’être accroupit près d’Andrew, Gurkan dit d’une voix basse :

« Il a l’air d’aller un peu mieux… c’est rassurant. Tu vas pouvoirs partir le cœur léger. »
Il regarda le Chef de Lydée droit dans les yeux, puis il laissa échapper un léger sourire. « Je crois que c’est une bonne chose d’emmener avec nous Laë. Si nous voulons retrouver Ténolas intacte lorsque nous reviendrons, il vaut mieux les séparées. Elles vont finir par se faire du mal. »

Il fit une légère pause puis reprit d’un air plus solennelle : « Les hommes sont prêts. Ils se rassembleront demain à l’aube devant les portes de la palissade. Nous partirons après les funérailles d’Alice. Karl souhaite absolument venir avec nous. Malgré son jeune âge, c’est un gars qui à plein de ressource. Il nous propose d’utiliser quelques centauris… » Un roulement d’yeux. « Je n’ai jamais monté ce genre de bestioles… mais Karl assure que c’est assez facile une fois qu’on s’y est fait… »

Meecham s’approcha également discrètement, le visage étonnamment sombre. Il ne faisait aucun doute que l’altercation avec Jewel lui pesait sur le moral. En se penchant vers Andrew, il demanda d’une voix neutre : « Ecoutez, pour cet esprit... elle m'en avait parler et je pense sincèrement que si elle avait pu faire quoique ce soit pour le chasser, elle l'aurait fait. Laë est de notre côté, tout comme je le suis entièrement. Il faut simplement lui faire confiance. Vous êtes archaïques - et je ne vous en blâme pas - dans votre façon d'aborder certaines choses qui vous dépasses. Que cela vous plaise ou non, le peuple de Laë maîtrise des sujets occultes qui dépassent votre entendement. Sur ces points, nous devons lui faire confiance. Laë est la seule personne capable de vous éclairez sur des sujets occultes comme celui que nous avons vêcu ce soir. »

**********
Sous la pluie, Jewel marchait à travers l’allée de son potager à l’extrême nord de Ténolas. Il n’y avait qu’ici qu’elle éprouvait un semblant de joie, au milieu des légumes qu’elle faisait pousser. La jeune femme avançait calmement. Elle tenait entre les mains le cerf en bois de Koah. Elle réfléchissait à sa vie. A cette vie qui ne lui convenait pas. A cette vie qui la faisait pleurer. A quoi bon se battre ? Tout était perdu d’avance. Tout allait de travers. Personne ne pourrait arrêter leur descente aux enfers.

Le sentiment de solitude qui la submergeait était épais et constant. Sans arrêt, elle vivait dans ses souvenirs. Lydée et ses parents lui manquaient, mais plus que tout, Koah manquait à sa vie. Il l’aurait soutenu. Koah aurait tenu tête à cette sorcière, et plus encore à Kirion. Aujourd’hui plus que tout autre jour, elle avait froid au cœur.

Lasse, Jewel se laissa tombée contre le muret qui entourait le potager, puis elle se mit à pleurer de longs et de longues minutes, seulement accompagnée par cette pluie diluvienne qui semblait partager sa douleur. Elle n’avait même plus la force, ni l’envie de pleurer. A mesure que les journées passaient, et plus elle perdait la foi. Qui veillait sur eux ? Personne.

Lentement, Carline s’approcha de Jewel. Elle était dégoulinante de pluie et le bas de sa robe couvert de boue. Elle murmura d’une voix amicale : « Je savais que tu serais ici à traîner au milieu de la gadoue. »

Il ne fallu qu’un regard à Jala pour que Jewel se mette à sangloter d’avantage : « Il me manque. Il me manque tellement. » Et elle s’élança dans les bras ouvert qui la serrèrent fort. « Sans lui, je me sens si seule. Il m’aurait défendu. Il m’aurait défendu contre elle. »

Carline caressa les cheveux de la jeune femme, la berçant lentement. « Je n’en doute pas une seconde. Vous avez toujours fait front ensemble... même lorsque vous aviez tors. Ca semblait être une question de principe. Mais aujourd'hui, nous te défendons aussi Jewel. Tu fais partie de nous. Nous savons que tu ne l’aime pas et crois bien que nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour te prouver que malgré sa présence, notre affection pour toi est toujours belle et bien présente. Je ne peux prétendre comprendre ta rancœur à son égard car je n’étais pas avec vous au Pic des Ténèbres, mais pour le bien de tous, pour le bien de notre communauté, fait un petit effort. Cette femme est importante pour la survie de notre monde. Elle est là pour nous aider. »

Elle laissa passer un moment avant de reprendre d’un ton toujours aussi doux : « Même si Koah aurait été encore en vie, et s’il éprouvait tout autant que toi de la colère contre cette femme, il aurait su s’effacer pour le bien de notre communauté. Tu sais que c’est vrai. »

D’un ton boudeur, Jewel dit : « Elle a dit qu’elle m’aurait tué. »

Carline sourit : « Heureusement, tout le monde se contre-fiche de son avis. De tous les amis de Koah, tu as toujours été la favorite des Lang. Crois-tu que nous laisserions cette reine exilée toucher ne serait-ce qu'à un de tes cheveux ? »

_________________

    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
avatar

Masculin Nombre de messages : 1787
Âge du héros : 35 ans
Né à : Lydée
Fonction : Chef des Sulas
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Jeu 3 Avr - 0:30

Andrew, durant le bref instant où Gurkan le regarda dans les yeux, oublia définitivement la petite rancoeur qui était née à cause de ses propos, quelques instants plus tôt. Le guerrier avait raison. Eloigner Laë de Jewel serait une décision sage et vitale... A force, l'une aurait tué l'autre. Mais même s'il n'aimait pas la reine, il devait bien admettre, grâce au récit de la lydéenne qu'elle avait empêché la mort de son fils. Lorsque Meecham, s'approcha, Kant l'écouta. Lorsqu'il eut terminé, il lui fit un sourire légèrement amusé et lui donna une tape sur l'épaule. Rien que le fait que Logan aille mieux l'avait revitalisé à lui aussi :

- Il fallait que ça t'arrive un jour, Meecham. Tu as goûté à l'impulsivité et au zèle de Jewel... tout le monde est passé par là... Elle n'est pas méchante, elle a juste besoin d'en vouloir de temps à autre à quelqu'un. Regardes, elle a fini par reparler à Gurkan et à moi après notre arrivée, ici. Peut-être qu'un jour, elle fera de même pour Laë... Ne nous en veux pas si nous sommes méfiants... je déteste la magie... c'est un art trop occulte pour moi et qui peut être dévastateur... C'est pour cette raison que je ne l'aime pas beaucoup. Je dois admettre pourtant qu'elle aurait pu blesser Jewel physiquement en usant de pouvoirs qui me dépassent, mais elle ne l'a pas fait... Il faudra du temps pour que je lui fasse confiance.

A cet instant, Kodo entra dans la pièce, en se tenant le haut du crâne. Il marmonnait un tas de jurons et Kant le regarda, visiblement surpris. Il avait une grosse bosse sur le front et lorsqu'il s'installa, il lança un regard assassin à tout le monde.

- Etagère tomber sur ma tête... Vous rire et Kodo vous émasculer de façon définitive !

Andrew réprima un fou rire en se tournant et poursuivit, histoire de changer le sujet et de ne pas mettre le Qwel plus en colère qu'il ne semblait l'être :

- La question de Laë se résoudra avec le temps. Elle a permis d'épargner Logan et pour moi c'est encourageant. Jewel a quand même raison, il faut être un peu aliéné pour vénérer Kirion... Pour en revenir à Karl, il semble un peu sûr de lui. Mais, aussi courageux et vaillant. Je pense que même s'il est jeune, il pourra nous aider au combat, s'il y en a un. En revanche, ses bestioles centrau... machin pourront nous être utiles. Combien tu penses qu'elles peuvent porter d'hommes ? Si nous voyageons sur leur dos, nous pourrions gagner un à deux jours...

- Centauris puer le rat crevé, Kodo être content si eux tous partir avec vous ! Sans Laë, les Centauris et Gurkan, lui respirer enfin de l'air frais !

Il se massait tout sa bosse mais avait un air taquin. Logan quant à lui dormait toujours paisiblement. Andrew lâcha, non sans une infime pointe d'inquiétude teintée d'espoir :

- J'espère que son état ne va pas empirer une nouvelle fois... J'aimerais qu'il se réveille avant mon départ... juste pour lui parler... enfin.

*********


Sous la pluie, Laë ne faisait aucun bruit. Depuis quelques instants, elle marchait, tout simplement. Elle n'arrivait à comprendre d'où pouvait venir autant de haine. Kirion lui avait laissé là un bien bel héritage ! Mais elle aurait son mot à dire. Ses pas la menèrent au potager où elle aperçut Carline en compagnie de Jewel. Elle s'approcha entendant les dernières phrases des lydéennes. Elle dit, d'une voix aussi calme que sa robe était mystérieusement propre :

- Et vous, croyez-vous que je serais prêt à tuer une jeune femme de sang froid ?

Elle marqua une courte pause. Nul doute qu'elle allait s'attirer les foudres de la plus jeune. Alors, elle enchaîna, avant de ne plus avoir droit à la parole :

- Kirion en serait capable... mais pas moi. Je ne suis pas une meurtrière. Je ne juge pas les gens de ce village sur le fait qu'il vénère Cheera et Pelös. Je n'éprouve pas de rancoeur à leur égard juste parce que Mavican a tué beaucoup des miens. Je ne vous juge pas sur vos origines et votre culture. S'il te faut quelqu'un à détester, alors soit. Je jouerais ce rôle. Mais j'en ai assez de subir ta colère. Nous sommes toutes deux adultes et responsables, alors à défaut de nous battre, ignorons-nous, tout simplement.

La reine n'avait pas espoir en une réconciliation ni même à ce que la lydéenne accepte l'indifférence. Mais, elle tendait simplement la main au cas où...

********

Du haut de sa tour, Dorthal regardait longuement les chaînes montagneuses. La vue était magnifique et il y voyait à des kilomètres à la ronde. L'ordre avait été donné, les mages se préparaient... d'ici quelques jours, ils progresseraient vers la frontière et envahiraient ce pays peuplé de traîtres et d'assassins. Après avoir respiré un bon bol d'air frais à une des fenêtres, il descendit quelques marches pour arriver dans un dédale de couloirs.

Cinq minutes plus tard, il arrivait dans une grande salle très éclairée. Au milieu, sur un tapis en peau de bête, était placée un grande table ovale. Assis à deux mètres les uns des autres sur des chaisses en fer forgé main, onze personnes, vêtues de robes pourpres cessèrent de parler. Dorthal s'installa sur un trône de bronze au milieu et en face d'eux. Le Grand Conseil des Anciens, était enfin sous sa direction personnelle. Avec un soupir d'aise, il parla d'une voix claire qui résonna dans toute la salle :

- J'avais raison... reconnaissez-le. Nous avons perdu du temps, mais je vous pardonne, je comprends tout à fait que vous ne m'ayez pas fait confiance dès le départ.

- Le peuple vous approuve.

- Je sais. Je n'en espérais pas autant, j'attendais juste votre décision et votre vote. Je propose que nous le mettions à nouveau à l'ordre du jour et que chacun de vous prenne une position définitve. Une fois ce petit point réglé, nous pourrons commencer à marcher vers la frontière.

- Le vote précédent était très clair ! Nous n'avons aucun raison de nous plonger dans un conflit avec ces populations !

- Mais nous avons des éléments nouveaux, ceux que je vous ai apporté ce soir...

- Mensonges ! La Reine n'est pas une traîtresse et ceux qui pensent ça sont décidément faibles et facilement manipulables...

- Gelsem, mon ami...

- Je ne suis pas votre ami ! Vous n'avez aucune autorité sur ce conseil ! Pas tant que Laë est vivante !

Dorthal plaqua son regard sur l'homme qui lui parlait avec tant de véhémence et il prit un air triste :

- Malheureusement... l'esprit que j'avais envoyé m'a révélé cette trahison et lorsque je lui ai demandé ce qu'il comptait faire pour partir de notre monde, il m'a confié qu'il voulait mettre fin à cette infâmie... A l'heure qu'il est, la reine n'est certainement plus de notre monde... je n'ai pas pu l'empêcher... et j'ai pourtant essayé...

Quelques murmures s'élevèrent et Gelsem se leva brusquement en clamant :

- Menteur perfide ! Elle n'est pas morte !

- Allons Gelsem, calmez-vous... nous traversons une période difficile mais nous n'avons pas à tergiverser. Ils vont nous attaquer à nouveau ! Et il y aura encore plus de morts... Nous sommes en guerre.

- Kirion a ordonné que nous les attaquions sous aucun prétexte.

- Et où est-il lorsque nous avons besoin de lui ? Laë ne l'a pas écouté et elle est partie... Elle a préféré nou planter un poignard dans le dos... Mais elle est morte, désormais. Je refuse de laisser ces barbares tuer mes frères et mes amis ! Ils ont ouvert les hostilités, alors nous le leur ferons payer. Du sang pour du sang... une vie pour vie !

Quelques murmures d'approbation s'élevèrent dans la salle mais Dorthal reprit :

- Bien, procédons au vote. Quels sont ceux qui approuvent une invasion par mémoire pour nos morts et par souci de Justice ?

Cinq mains se levèrent. Ce n'était pas la majorité, d'un ton un peu moins conciliant, il demanda :

- Qui refuse ?

Trois autres bras se levèrent en plus de celui de Gelsem. Dorthal regarda les deux hommes qui n'avaient pas pris de décision et questionna :

- Et vous ?

- Nous préférons avoir un délai supplémentaire pour y réfléchir.

Sous la table, il serra violemment ses poings à s'en planter les ongles dans la chair. Heureusement qu'il avait ses gants... Il se leva, et dit avant de sortir :

- Soit, nous reprendrons demain. Vous avez donc votre temps pour méditer et choisir la bonne solution. Bonne soirée...

Il remonta dans la tour et dès qu'il eut fermé la porte, il fracassa d'un simple coup de poing une colonne de pierre qui devait faire 20 cm d'épaisseur. Un homme entra alors, il était vêtu d'un tunique marron foncée et demanda d'un voix éraillée, cassée :

- Ils ont encore refusé...

- Oui... Ces vieux débris vont finir par achever le peu de patience qu'il me reste... nous serons fixés demain...

- J'ai entendu Gelsem... il ne vous soutiendra pas et risque de faire pencher le vote en votre défaveur...

- C'est pour cette raison que tu vas m'enlever cette douloureuse épine du pied... Tue-le avant demain. Sans lui pour raconter des bêtises, j'aurais le soutien qu'il me faut.

- Mais si les autres ont peur...

- Ils ne craindront rien si c'est un signe de désapprobation de Kirion... Si le Dieu nous accorde sa bénédiction en punissant les traîtres et les contestataires, personne n'osera défier sa volonté ! Arrange-toi pour que l'on croit en un acte divin... il doit mourir dans le sanctuaire, foudroyé ou mieux...

- Oui ?

Dorthal eut un sourire mauvais et lâcha avec cruauté :

- Eventré par une lame susceptible d'être la sienne. Mais, je te laisse faire, je suis sûr que tu trouveras assez d'idées pour faire gober cette histoire... tu en seras fortement récompensé...

L'homme s'éclipsa et Dorthal retourna à sa fenêtre. Il avait un sourire vil sur les lèvres, victorieux. Il l'aurait son invasion... il l'assouvirait... cette vengeance.

_________________
I wait the wave...
I have a wave inside my soul. Lots of drum in my heart. I think... it's love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Koah Lang
    Admin
    Vague de l'Omkara
    Amoureux d'Andrew

avatar

Masculin Nombre de messages : 1917
Âge du héros : 26 ans
Né à : Lydée
Fonction : • Ancien religieux d'Okan • Esclave d'Ayreb • Apprenti mage
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Jeu 3 Avr - 4:48

Aux mots d’humour de Kodo, Gurkan poussa un rire gras. Il donna une grande claque sur l’épaule du Qwel qui chancela. Il dit : « Toi aussi l’ourson tu vas me manquer ! Fait gaffe à ta truffe à Thunket. Même s’ils ne sont pas très dangereux, ils sont assez spéciaux. Ils risquent de vouloir goûter de quoi tu es fais… et ça serait dommage de perdre ton dernier bras. »

Meecham s’assit lentement près d’Andrew, puis il le dévisagea un moment : « Ce n’est que mon avis, mais je fais entièrement confiance en Laë et je pense être capable de placer ma vie entre ses mains, s’il le fallait. Elle est éclairée et manipule la magie avec sagesse, contrairement à bons nombres d’ensorceleurs. Elle me rappel par certain côté la délicieuse mère de Poméra. » Il opina. « J’admets que vos craintes concernant la magie sont fondées Andrew, et que c’est une chose puissante contre laquelle le commun des mortels ne peut rien. Je ne les remets pas en question. C’est sans doute d’ailleurs votre impuissance face à la magie qui vous fait ne pas l’aimer, mais dans mon monde, nous pensons que pour un ensorceleur maléfique, s’oppose par équilibre, un ensorceleur de justice. Pour un Mavican, il y a une Laë. »

Gurkan laissa apparaître un sourire goguenard : « Je te conseil mon vieux de ne pas tenir ce discours devant Jewel. Elle t’étriperait mieux qu’une Hankienne libre bafouée. » Il rit, puis se ravisa : « Laë me semble quand même un peu trop sage à mon goût. Elle tient trop à se faire bien voir par tous. Contrairement à vous, je n’oublie pas qu’elle nous a été imposée par Kirion. Elle peut être une sorcière très puissante et animée d’une dévotion immense pour nous autre, j’ai quand même du mal à oublier que derrière les Rocailles, des potes à elle, n’attendent qu’une chose : nous étriper à cause de Mavican le Maudit… qui soit dit en passant, à été banni de nos terres. »

« Il y a une raison à sa présence ici, tout comme la mienne. Les dieux… »

Gurkan roula les yeux. « Il y a toujours une raison avec les dieux, mais étonnement, nous ne la comprenons jamais. Ce ne serait pas distrayant pour eux s’ils ne nous tournaient pas en bourrique ! Ça aurait couper tout son charme au don de Cheera si elle lui avait dit : Andrew, je te donne le pouvoir de tuer les dieux… débarrasses-nous de toutes ces raclures… Thorin, Kobol, Kirion, Kor, Torsha et compagnie… »

Meecham ignora la remarque blasphématrice. Il se contenta de déposer son regard sur Logan dont le thorax s’élevait à un rythme régulier : « Quoiqu’il en soit, ne vous en faites plus trop pour Logan, Andrew. Sans cet esprit pour accabler son âme, je suis certain qu’il possède désormais toutes les chances de son côté. Il n’y a pas de raison. Vu toutes les mixtures que lui prépare sans arrêt Alcin, se serait plus qu’étonnant qu’il ne s’en remette pas. »

Puis, le jalanien se leva, s’inclina et il s’éloigna. « J’ai encore quelques instructions à donner à Fazina au sujet de Poméra avant mon départ. Si nous ne nous revoyons pas, je serais avec les hommes demain à l’aube devant les portes de Ténolas. »

Gurkan, Andrew et Kodo restèrent seuls dans le dortoir des blessés. Il y régnait un calme absolu. Contre le toit du palais, la pluie se faisait entendre, ainsi que quelques coups de tonnerre au loin dans les plaines. Des murmures, bride de chants religieux leur parvenaient du temple situé dans l’aile nord du palais. La nuit était avancée. Alcin voyageait dans le couloir en compagnie de Déjanire. Ils énuméraient ce que les guerriers devaient apporter.

D’une voix basse et gagnée par une vague de fatigue contrôlée, Gurkan dit : « En ce qui concerne les centauris. Karl accepte de nous en céder six. Ni plus, ni moins. Avec l’accord de Déjanire, quelques éleveurs aimeraient utiliser les plaines de l’ouest pour tenter un nouvel élevage. Si tout va bien, d’ici le prochain Winowa nous devrions avoir un troupeau de quelques bêtes montable. »

Gurkan garda longtemps le silence. Il ne savait pas comment le demander à Andrew sans que celui-ci ne s’emporte à nouveau. Il n’était pas dans les habitudes du guerrier de prendre des pincettes, mais en pareille circonstance, il valait peut-être mieux ménager la successibilité du Chef de Lydée.

D’un ton ferme et les yeux plantés dans ceux d’Andrew, Gurkan dit finalement tout en se levant : « Une dernière fois… es-tu bien certain de vouloir nous accompagner à Hanka ? De savoir où tu mets les pieds ? Comparé à Hanka, dans ses pratiques Kabeth est une sœur de Cheera. Tu verras là-bas des choses qui risquent de te choquer et de te dégoûter à vie. Le marché aux esclaves, l’allée des Augures, l’arène et ses combats a morts et ses viols publics… les crucifiés. Hanka est la cité du vice et de la cruauté… après Trayareg. Seuls les plus durs y survivent. Vu la façon dont tu as réagi parce qu’on se tripotait à Kabeth avec Koah… attends-toi à voire pire là-bas… et à peut-être subir pire qu’une main au paquet. » Une mine sombre. « Surtout si nous devons nous aventurer dans l’allée des Augures et les rallier à notre cause. Tu n’es pas sans savoir que les Augures sont des êtres monstrueux à l’âme noir. »

*************
A l’approche de Laë, la colère de Jewel ne se tempéra pas d’un iota. Rien que de la regarder, une horrible haine épaisse naquit en la jeune Lydéenne. Jamais durant toute sa vie, elle n’avait ressentit pour quelqu’un ce genre de sentiment. Quoique pourrait dire ou faire Laë, cela ne serait jamais bon et suffisant. Non, la reine exilée ne trouverait jamais grâce aux yeux de Jewel.

D’un air horriblement gluant, Jewel marmonna : « Qu’est-ce qu’elle vient faire ici celle-là ? » Elle avait les mains crispées autour du cerf en bois. « Je suis suffisamment à ma véritable place ici, salope ? Loin du palais ? Loin d’Andrew et de toutes les décisions ? Mais sache une chose salope de Kirion, j’aurais bien plus mon mot à dire ici dans la boue, que tu ne l’aura jamais là-bas ! Ce sont mes amis ! »

Carline lui caressa les cheveux : « Comme je vois, tu n’es pas prête à lui tendre la main. C’est dommage. Ecoutes Jewel, tu devrais retourner rejoindre ton ami Meecham. Si je ne me trompe pas, et je ne me trompe jamais pour ce genre de chose, vous vous plaisez bien. Il va partir pour Hanka, ce serait dommage de le laisser s’en aller les idées noires. » Elle ajouta après un bref regard vers Laë. « Elle va partir également. Tu le l’aura plus sur ton passage et tu pourra reprendre ta vie normalement. »

D’un air arrogant, Jewel fixa Laë, puis sans une once de considération envers la perche tendue en signe de paix, elle s’en alla, passant devant Laë. Dans son sillage, elle murmura avec rancœur : « Que les Augures d’Hanka t’emportes poufiasse ! » Et elle reprit sa route vers le chemin menant au palais.

Carline s’approcha de Laë, un léger sourire désolé sur les lèvres. En rassemblant ses longs cheveux blonds en une queue humide, elle dit : « Ce n’était peut-être pas une bonne idée de tenter une réconciliation de la sorte avec elle. Jewel est excessive dans ses pulsions, tout comme l’était mon frère. Ils sont… Jewel est une tête de mule qui s’acharne sur qui lui cause du tors. Je ne sais pas vraiment pourquoi elle vous en veut autant à vous et à votre dieu, mais elle semble bien remontée. Avec le temps j’imagine qu’elle se calmera et tâchera au mieux de vous ignorer. »

Carline invita d’un mouvement de bras à la reine de la suivre. « Je ne cherche pas à la défendre, vous savez. Mais Jewel a tout perdu. Les Idrazits ont détruit son village, massacrer sa famille et Gurkan à tuer son meilleur ami. Elle n’a plus rien, comme beaucoup d’entre nous, certes, mais sa peur de l’inconnue est légendaire. Je suppose qu’elle vous rend responsable de beaucoup de nos maux… » Elle soupira. « Quoiqu’il en soit, Jewel est une sœur de Cheera comparée à certaine Hankienne, alors prenez soin de vous… même si je ne doute pas que les hommes veillerons sur vous. »

_________________

    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
avatar

Masculin Nombre de messages : 1787
Âge du héros : 35 ans
Né à : Lydée
Fonction : Chef des Sulas
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Jeu 3 Avr - 23:52

Laë regarda Jewel partir vers le grand hall. Tant pis si une trève n'avait pas été conclue... La Reine avait déjà subi des échecs, celui là était moindre. Elle écouta Carline et lui répondit aimablement :

- Elle m'en veut parce que j'ai eu le malheur de dire que Kirion était très respecté dans mon pays. Je suppose que vous auriez réagi pareil... Il n'est pas très gentil comme personnage mais il a beaucoup aidé mon peuple. Je sais qu'il veut protéger ce monde. C'est quelqu'un de bien mais il n'aime pas que les gens l'apprécient... l'ennui, c'est que dans sa colère contre lui, elle fait un amalgame avec moi. Je ne leur ai fait aucun mal et depuis le début, je m'efforce de les aider. Seulement, à force d'être rejetée ainsi, je commence à me lasser. Kirion ne s'est jamais montré tendre, avec personne... vous vénérez Okan, le Dieu de la chasse... c'est la divinité dont j'apprécie le moins l'existence... elle prime le meurtre d'animaux... la consommation de viande. Dans mon pays, c'est une chose malsaine. Pourtant, je ne vous ai manifesté aucun signe d'hostilité à ce propos. Pour ma part, je crois que Jewel vit trop dans son passé pour anticiper les choses à venir et c'est pour ça qu'elle est si amère. Tout change, un jour ou l'autre.

Elle jeta un oeil au potager et poursuivit, sa robe toujours sèche et propre :

- Les hommes meurent un jour, leurs enfants aussi... il y a des guerres, des inondations, des éruptions volcaniques... c'est ce qui fait tourner le monde. Je ne lui en veux pas... ni à vous d'ailleurs. Il est normal que vous vous méfiez. Croyez-vous à la destinée des Anciens Sulas ? Celle qui dit que tous leurs descendants s'uniront pour contrer la volonté des Dieux ? C'est un légende... elle a traversé les âges. Je ne pensais pas que cela arriverait durant mon existence. Si vous ne me faites pas confiance, sachez néanmoins ceci, je ferais tout pour vous aider mais je ne peux renier le passé de mon peuple. Tant pis si Kirion empêche des amitiés de se créer.

Elle planta ses yeux bleus dans ceux de Carline et ajouta, d'un voix respectueuse :

- Votre frère était quelqu'un de bien. Je ne l'ai pas connu... et c'est fort dommage. Mais, lorsqu'Andrew, Gurkan ou Jewel en parle, c'est toujours en bien. Vous aussi, vous êtes quelqu'un de bien. Vous acceptez de me parler alors que personne ne souhaite vraiment le faire. Je pense que vous tenez ça de votre mère. J'ai pu me rapprocher d'elle un peu et je sais qu'elle fait preuve d'une grande tolérance. Il se fait tard... je dois vous quitter si je veux avoir tous mes réflexes demain...

Un lueur farouche passa dans son regard et elle fit un léger sourire mystérieux :

- Je persiste à dire, que c'est plutôt moi qui vais veiller sur ces hommes. J'ai cru percevoir en eux une certaine forme d'arrogance et de supériorité. Je sais me défendre, soyez sans crainte, je garderez un oeil sur eux...

Elle fit un petit clin d'oeil et s'éloigna en silence. La pluie continuait de tomber mais Laë ne recevait pas un seule goutte.

********


De son côté Andrew eut du mal à se contenir face à la question de Gurkan. Et c'est d'un ton un peu frileux qu'il répondit :

- A la différence près c'est que toi et Koah, vous étiez lydéens. Que les kabéthiens s'adonnent à des orgies si ça les chante, pourquoi pas, mais deux lydéens... Et puis, ça m'a surpris... Koah a dit des choses qui m'ont décontenancé... et toi tu m'as mis ton poing sur la figure, je te rappelle ! Si j'avais su ce que ça allait provoquer, je ne serais pas venu vous chercher...

Il s'en voulait toujours parce qu'il savait que la flamme avait été attisée à cet instant précis. Si Koah ne l'avait pas vu son débordement de sentiments n'aurait pas eu lieu et il serait toujours en vie. Il ajouta avec un léger sourire aux lèvres :

- N'empêche, Guerel et Jewel formaient un beau couple... J'arrive pas à croire que leur chef ait gobé cette histoire ! Enfin, j'ai au moins un bon souvenir de cette soirée. Jure-moi que tu ne vas pas me foutre la main dans l'entrecuisse toi aussi. C'est déjà assez gênant comme ça ! Et puis, tu risques de leur donner des idées...

Il eut un petit rire et reprit, d'un ton plus sérieux :

- Et en ce qui concerne les âmes noires et perfides... je crois que même ces foutues Augures n'égaleront pas Kirion... Il reste le maître en cruauté.

- Lui être loin...

- Je l'espère... en tout cas, je ne suis pas pressé de le revoir. Si cet enfoiré débarque ici en mon absence et qu'il touche à Logan... Quoiqu'il en soit, je sais ce que je dois faire. J'irais à Hanka. Et si jamais on venait à vouloir me violer, je suis sûr que tu les en empêcherais... non ? Fais gaffe, je suis ton chef maintenant...

Kant plaisantait et Kodo se gratta le menton en faisant mine d'être faussement sérieux. Il ajouta :

- Si Kodo être Gurkan, lui ne pas bouger le petit doigt...

_________________
I wait the wave...
I have a wave inside my soul. Lots of drum in my heart. I think... it's love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Koah Lang
    Admin
    Vague de l'Omkara
    Amoureux d'Andrew

avatar

Masculin Nombre de messages : 1917
Âge du héros : 26 ans
Né à : Lydée
Fonction : • Ancien religieux d'Okan • Esclave d'Ayreb • Apprenti mage
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 4 Avr - 2:26

Gurkan ne put réprimer un léger sourire amuser. Les souvenirs de cette soirée et ce qui en avait découler était toujours horriblement douloureux, mais le guerrier avait apprit à ne plus laisser transparaître le moindre de ses sentiments de peine. D’une voix teintée d’un léger amusement, il dit :

« Ouais, t’es peut-être mon chef Kant, mais entre nous, chef ou pas, je ne pense plus m’interposer si tu subis les élans sexuelles de certaines hankiennes ou hankiens. T’envoyer en l’air serait une bonne chose pour toi.. Les hommes… même les hommes dans ton genre on des besoins, des besoins primaires et sexuels à s'en exploser le pagne, il serait peut-être temps de cesser de les réprimer. Tu vas finir comme les prêtres de Cheera… horriblement chaste et frustrer. » Il se leva et claqua lourdement sa puissante main sur l’épaule d’Andrew. « Et rassures-toi, Kant, tu ne dois pas avoir les fesses assez douce pour que je puisse m’y plaire toute une nuit entre elles. Car de nous deux, tu es le jeune homme et moi l’homme... tu l'aurais sentie passer. »

Il lui ébouriffa les cheveux d’un air revanchard, puis il s’éloigna, sa carrure et sa démarche animale tranchant son sillage. Il ne put cependant se défendre d'ajouter, ce qui trahit un instant sa jalousie toujours présente : « Comme quoi, avec Koah c’était voué à l’échec. C’était le jeune homme par excellence. »

***********
Il y eut beaucoup de pluie cette nuit-là. Tellement que les chemins de Ténolas furent détrempés. L’aube et sa rosée matinale se levaient tout juste, accompagnés d’une éclaircit de laquelle le timide soleil orangée pointait le bout de son nez. Les cloches du clocher du palais venaient enfin de se taire. Elles avaient sonnées un quart d’heure en hommage à Alice Tolak, dont le bûcher funéraire brûlait encore sur la bute de la cité et autour duquel se tenait toujours une grande partie de la population Lydéenne.

A l’étage d’une maison en bord du chemin principale, Jewel somnolait. Blottie nue contre le corps rassurant et chaud de Meecham, elle savourait les derniers instants passé avec un homme pour qui elle éprouvait un amour grandissant. Ils étaient allongés tous les deux, les bras de la jeune femme autour de la poitrine du guerrier jalanien. D’un geste tendre, Meecham caressa sa chevelure et ses douces épaules.

Le guerrier était satisfait de sentir son corps souple et athlétique, apaisé par une folle nuit d’amour. D’une voix tendre, il murmura : « Je vais devoir y aller, si je ne veux pas être en retard devant les portes. Andrew risquerait de penser que je me suis débiné de la leçon d'équitation. »

« Tu reviendras ? » Jewel s’éveilla un peu. « Promets-moi que tu reviendras. »

Meecham lui releva la tête par le menton : « Pourquoi je ne reviendrai pas ? »

Elle se glissa plus près de lui, remontant le drap sur le haut de sa poitrine : « Parce que tous les êtres qui me sont cher on tendance à disparaître ces derniers temps. »

Lentement, Meecham se pencha vers ses lèvres pour l’embrasser. « Je reviendrai. J’ai survécu à beaucoup de batailles sur Jalane. Ce n’est pas vos petits Hankiens obsédés par l’hémoglobine qui vont me faire tourner de l’œil. »

« Ils sont bien pire que l’image que tu t’en fais… » Jewel décrocha soigneusement un bracelet, réplique exacte du bijou qu’elle avait laissée autour du poignet de Koah, dans les souterraines. « C’est mon bracelet préféré. Il n’en existe que deux dans ce monde. La… la dépouille de Koah en possède un… Et je vais te prêter le second car je tiens à le récupérer. Tu m’entends ? » Elle se redressa. « Je suis très sérieuse. Que tu es une jambe en moins ou que tu te vides de tes tripes, peu m’importe, tu reviens avec lui ! J’y tiens énormément, alors ramène le moi, aussi non, je jure que tu subira mon courroux. »

Et, une fois qu’elle ait nouée soigneusement le bijou autour du poignet de Meecham, tout deux, malgré l’agitation grandissante près des portes de la palissade, s’embrassèrent et retrouvèrent ce lieu hors du temps, où tous deux pouvaient donner libre court à leur passion mutuelle.

***********
Gurkan Miras se tenait près des portes de Ténolas. Les bras croisés et l’air amusé, il regardait et écoutait Karl expliquer pour la troisième fois comment monter correctement un centauris sans que celui-ci ne se rebiff. Le jeune chef kurikanais semblait mettre un point d’honneur à ordonner qu’on voue un immense respect à ces montures.

Les centauris, ces chevaux à cornes de bouc et à l’incroyable musculature, étaient dressés aux doigts et à l’œil. Ils n’obéissaient qu’a leur cavalier et pouvaient rester parfaitement silencieux lorsqu’on posait la paume de la main sur leurs museaux. Il était évident que ces animaux étaient intelligents. Gurkan - non sans une certaine maladresse - avait parfaitement dompté le sien, un grand et élégant male noir à la crinière flamboyante.

Il était prévu que les six centauris soient monté par Andrew, Karl, Gurkan, Meecham, Laë et Tomas, le guérisseur chargé de les accompagnés avec son assistant, Hamy. Les autres compagnons de route marcheraient aux pas, comme ils en avaient l’habitude. Ce fut charger de vivre et armés que les hommes attendirent l’ordre d’ouvrirent les portes de la cité.

Devant le fort, les adieux s’éternisaient. L’arrivée de Meechamm et de Jewel ne passa pas inaperçu et celle-ci leur valu quelques remarques taquines de Poméra et de Fazina, que Gurkan ne se gêna pas de souligner. Il dit à Andrew d’une voix grasse : « Tu vois Kant, tu aurais eu ce sourire niais dont Meecham nous gratifie si tu t’accordais une nuit entre les cuisses d’une donzelle... où si je t'avais honnorer de mes prouesses ! »

Jewel vira au rouge alors que les soldats de Gurkan, complices, éclatèrent de rire.« Même si j'ai envie de t'arracher la langue à cet instant, Gurkan... revient sain et sauf... »

Meecham rit également, trouvant la remarque assez amusante. Le guerrier avait abandonné sa lourde combinaisons de cuir jalanien pour un pantalon de peau assez légère et un haut en tissu noir. Malgré la chaleur des contrées qu'il allait traverser, il ne put se résoudre tout de même à abandonner sa cuirasse de métal qui épousait parfaitement les contours de ses muscles.

L'ensemble des soldats était paré au combat. Les guerriers Lydéens avaient abandonné le pagne pour des pantalons, et le haut de leur corps nu, étaient protégé par des plastrons en cuir et parfois pour Gurkan, en kétine provenant d'Oderne. Armes dans le dos et a la ceinture, ils avaient fier allure, une allure qui remplissait de fierté la population présente pour leur départ. Quelques hommes - dont Gurkan - avaient même peinturlurer leurs corps ici et là de peinture de guerre Lydéenne, histoire de dissuader les coupes-jarets de les attaquer à l'approche d'Hanka.

_________________

    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
avatar

Masculin Nombre de messages : 1787
Âge du héros : 35 ans
Né à : Lydée
Fonction : Chef des Sulas
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mar 8 Avr - 1:24

Andrew avait dormi d'un sommeil profond. Quelques instants après que Gurkan soit sorti, Kodo l'avait suivi en lui souhaitant bonne nuit. Mais Kant n'avait trouvé le sommeil qu'une bonne heure après. Epuisé, il s'endormit, adossé contre le mur, Logan près de lui. Le matin en se réveillant, il se sentait drôlement ankylosé... Il se leva en faisant craquer plusieurs fois ces articulations. Il avait la marque de la paroi sur toute la longueur du dos et l'impression qu'un troupe de Centauris l'avait piétiné. avec une grimace, il regarda autour de lui. Tout était calme. Logan dormait toujours paisiblement... et inlassablement. Andrew aurait voulu qu'il se réveille avant de partir...

Il sortit et participa au rite funéraire d'Alice... C'est là qu'il se souvint du mot qu'elle avait transmis à Laë. Dans sa fatigue et son occupation, il avait oublié de le lire. Tandis que les autres regardaient le corps de la vieille femme brûler, lui fouilla dans la poche de son pagne pour en sortir le petit morceau de pate de bois grossièrement conçue. Ce qu'il y vit le glaça sur place. C'était l'écriture de Guerel qu'il y avait dessus ! Avec son style très lisible, on aurait dit qu'un enfant avait tracé ces lettres, il avait marqué :

"Ma chérie, ne m'en veux pas pour ce que je te laisse. J'ai la vague sensation que tu en auras plus besoin que moi. Je me fie à mon instinct. Protège-le au péril de ta vie. Si Andrew revient, je veux que tu le lui donnes. Je ne me fais pas d'illusion, la route vers le Pic sera longue et difficile. A mon âge, mes chances de retour sont très limitées. Mais je garde espoir. Cache le quelque part, à l'abri et par pitié, n'essaie pas de mettre en pratique certaines théories... elles pourraient t'aspirer la vie peu à peu. Je t'aime, je tenais à ce que tu le saches. Puisses-tu me pardonner mes actes, futurs comme passés... Guerel."

Juste en dessous, Andrew crut distinguer un symbole familier. Il avait été tracé par Alice, visiblement car elle avait griffoné la suite :

"Tu resteras toujours mon potier d'amour."

Quel était l'intérêt de ce mot ? Et de quoi parlait-il ? Quel était donc cette chose qu'il avait pu confier à sa femme ? Devait-il le trouver ? "Des théories pourraient aspirer sa vie peu à peu..." Les choses commençaient à se clarifier peu à peu... Visiblement, Alice avait désobéi... Son état n'avait fait que se dégrader pour arriver finalement à la mort. Donc, elle avait usé d'une théorie. Perdu dans ses pensées et après avoir embrassé Logan sur le front en guise d'au revoir, il rejoignit Karl qui était en train de montrer aux autres comment monter un Centauris. "Ce n'est guère aussi compliqué que de monter ce... cheval...", pensa-t-il en se souvenant de la façon dont il avait rencontré sa propriétaire. L'animal était sans doute parti vers les Collines d'Oderne, il y avait des prairies là-bas. Sa propriétaire n'avait visiblement pas survécu à l'assaut des Idrazits.

Le chef de Kurikat parut légèrement étonné de la façon dont Andrew se débrouilla pour aller en selle. Le lydéen n'eut en effet aucun mal à harmoniser sa monture et à la calmer. Mais, étrangement, il avait un léger vertige, à cette hauteur. Pourtant, il montait souvent aux arbres. C'était peut-être dû au fait que ces derniers ne bougent pas. Il descendit et c'est à cet instant que Meecham arriva accompagné de Jewel. Rien qu'à la mine de ces deux lurons, Kant n'eut aucun mal à savoir ce qui les avait occupés toute la nuit. Mais Gurkan fit encore des siennes ! Il lui adressa une boutade à laquelle Andrew rétorqua avec un petit sourire.

- Fous-moi la paix, monsieur l'homme ! Je sais gérer mes pulsions, moi...

Et il faut dire que c'était vrai. Depuis la mort de Laureen, il n'avait pas une seule fois eut un autre plaisir charnel. Ni avec un homme ni avec une femme. C'était quelque chose de sacré, chez lui... certains respectaient son choix, d'autres se moquaient de lui ou faisaient circuler quelques rumeurs, comme quoi il profitait de la nuit pour se soulager tout seul afin que personne ne le voie... Ce qui était totalement faux et absurde ! Enfin, allez expliquer ça aux autres... Ils ne le croiraient pas. Pour certain l'abstinence était impossible chez un homme. C'était le cas de Dolgan, par exemple. Bien que le maître intendant soit mort, ses frasques l'avaient toujours précédé. Pour Kant, c'était toujours mystérieux, seuls ceux qui avaient essayé de coucher avec lui ou ses proches savaient qu'il restait buté sur cette idée.

Andrew s'approcha de Jewel et la serra contre lui. Malgré leurs nombreuses altercations, la jeune femme était restée pour lui quelqu'un d'attachant. Et puis, il mit sa légère rancoeur de côté pour les adieux... qui n'en étaient pas vraiment puisqu'ils reviendraient. Kant l'espérait, du moins... Il lui glissa à l'oreille, à voix basse pour que personne n'entende :

- Si Logan se réveille, en mon absence, dis-lui que je l'aime et que je serais vite de retour. Quant à moi, je te promets de te ramener Meecham par la peau des fesses et de l'empêcher de se faire sauter dessus par des Hankiennes...

Il eut un sourire et l'embrassa sur la joue. Il ajouta d'une voix audible par tous et avec un léger sourire en coin :

- Je te promets de te ramener ton "homme" de Gurkan... Normalement, vu qu'il m'a sauvé la vie, je dois lui rendre la pareille... ça ne devrait pas être difficile, étant donné qu'il vit dangereusement...

Kodo ne laissa pas échapper un petit rire moqueur qui fit sourire Helen. Tour à tour, elle, Alcin et le Qwel firent leurs adieux et Andrew remonta sur le Centauris. De là où il était il avait l'impression de se sentir libre. Ou peut-être que c’était du au fait que Logan aille mieux. Il espérait vite revenir. A cet instant, Laë arriva. Elle passa devant Jewel sans lui accorder un seul regard, elle se contenta juste d’adresser un bref sourire à Helen et Déjanire. Elle s’approcha d’un Centauris, posa sa main sur l’animal et n’eut alors aucun mal pour monter sur son dos. Elle avait abandonné sa robe pour mettre un pantalon, elle aussi et elle avait attaché ses cheveux en un chignon très serré. D’une voix forte, Andrew dit :

- Ouvrez les portes.

Les gardes de la cité s’exécutèrent. Helen lui rappela une nouvelle fois d’être prudent. Andrew roula des yeux mais la rassura par quelques mots. D’un geste fier et déterminé, il monta sur le dos du Centauris, attendit quelques secondes que son vertige passe puis commença à avancer vers la sortie de Lydée, accompagné de Gurkan, Meecham, Laë, Karl, du guérisseur et des guerriers.

_________________
I wait the wave...
I have a wave inside my soul. Lots of drum in my heart. I think... it's love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Koah Lang
    Admin
    Vague de l'Omkara
    Amoureux d'Andrew

avatar

Masculin Nombre de messages : 1917
Âge du héros : 26 ans
Né à : Lydée
Fonction : • Ancien religieux d'Okan • Esclave d'Ayreb • Apprenti mage
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mar 8 Avr - 7:35

Marchant d’un bon pas, les Lydéens mirent huit jours à arriver aux cendres de Lydée au lieu de dix comme Tomas l’avait calculé. Malgré les trois jours de pluie torrentiel et l’embuscade de Falbalas ; la femelle dominante numéro un de l’île depuis la mort de Roy, le voyage se passa sans véritable encombres. Il n’y eut que quatre pertes humaines a déplorée, quatre guerriers de Karl piétiné par la tyrannosaure lors du premier assaut.

Pendant une journée, les dix-huit survivants avaient dû s’installer tous ensemble, sans distinction de rang ou de peuple dans une caverne. Malgré tout le tallent de Tomas et de son jeune assistant Hamy, ils durent brûler les morts au crépuscule.

Ils perdirent également une autre journée suite à l’attaque du clan des Bulgottes, des brigands s’en prenant aux voyageurs. Gürkan avait ordonné de les pourchasser à travers la région afin de s’assurer qu’ils ne reviennent pas de sitôt, et ne les attendent sur le chemin du retour. De plus, combattre ces hommes avait été une expérience enrichissante pour les jeunes soldats de Karl qui manquaient cruellement d’assurance.

A la sortie de la Grande Vallée, ils croisèrent la route de nomades fuyant les terres de l’est. Les voyageurs avaient ouvert largement leur campement rudimentaire à la troupe d’Andrew, et ils les avaient tous accueillis en leur offrant ce qu’ils avaient de meilleur. C’étaient de bien maigres récompenses par rapport au train de vie de Ténolas, mais ils acceptèrent leur hospitalité avec grâce, car ils savaient qu’ils ne disposaient que de cela.

Marcher si près des cendres de Lydée avait un quelque chose de perturbant pour les Lydéens. Les soldats avaient la mine maussade. Certains semblaient sur le point d’exploser de rage, et d’autres priaient silencieusement en s’avançant sur la voie Lydéenne à travers les cendres de la jungle. Gurkan ne disait rien depuis plusieurs heures, s’avançant simplement en tête de peloton à côté du jeune Karl.

Le chef du village de Kurikat demanda : « On racontait que Lydée était magnifique et étendue sur des kilomètres à travers les Qwelsas. J’aurais aimé la voir du temps de son âge d’or. »

La mâchoire de Gurkan se crispa et il dit sèchement : « Trop tard. Il n’en reste que des cendres, gamin. »

Aux fils des jours, entre Gurkan et Karl une relation, mentor-apprenti, s'était installée tout naturellement. Karl apprenait du guerrier et prenait ses mots comme paroles de messie, et Gurkan se plaisait à enseigner ce qu'il savait à ce jeune homme à peine sortit de l'adolescence. Une harmonie parfois conflictuel les opposaient comme pouvait opposer un père à son fils. Cela faisait toujours sourire la troupe lors de leur prise de bec.

L’atmosphère dans les rangs était épaisse et lourde en amertume. Même si des cendres la nature semblait ressurgir et reprendre ses droits, cette jungle qui appartenait aux Lydéens autre fois, donnait l’impression d’être maudite. Parfois, un bruit lugubre, sorte de grincement se fit entendre des profondeurs grisâtres des bois. Du sol, une légère brume moutonnait, dansant sous leur sillage.

Un craquement lugubre se fit à nouveau entendre. La troupe était aux aguets. Sous le geste du Gurkan, les hommes sortirent en silence leurs armes de leurs fourreaux, puis, après avoir désigner cinq soldats, l’imposant guerrier – accompagné d’Andrew et de Karl – s’avança à pieds à travers les taillis d’épineux en dehors de la voie. Après quelques mètres, ils se mirent à couvert, face contre la terre cendrée.

Devant eux, des rongmols sombres voyageaient en silence à travers les décombres de l’ancienne Lydée. Ils étaient une cinquantaine et il y avait des femmes et des enfants. Les blessés étaient nombreux et à peine une dizaine d’individus donnait l’impression d’être capable de se battre. Un rongmonl retourna un tas de vieux bois à la recherche visiblement de survivants.

Gurkan fronça les sourcils, échangeant un regard avec Andrew, puis il lui murmura : « Que font-ils si loin de la jungle Rongal ? Leur territoire s’arrête pourtant selon les lois de cette putain de Torsha, près de la rivière de Lydée… là où ils nous avaient attaqués et où nous avons croisés le Dépeceur. »

Un soldat lydéen dit : « Ils faut tous les tuer. Sans aucune pitié. Peu importe ce qu’ils font ici, ils souillent Lydée par leur présence. »

Gurkan examina les mâles rongmols. Même blessés, ils étaient assez menaçants. Ces créatures pouvaient transcender la douleur si la situation l’exigeait. D’un autre côté, ils n’y avaient pas beaucoup de mâles capables de défendre la meute. Ils donnaient l’impression d’avoir essuyer une défaite cinglante et qu’ils recherchaient un endroit pour se terrer. D’étranges glapissements provenaient des femmes et des enfants qui semblaient communiquer entre eux, firent grimacer Karl.

« Loeb n’a pas tort. » Ajouta Gurkan. « Je suis pour qu’on les extermines… tous… jusqu’au dernier. Femelles et progénitures également. Nous avons bien pourchassés les brigands jusqu’à leur dernier retranchement. Ces créatures de Torsha n’ont rien à faire ici. Ils sont une menace potentielle. »

Les exterminer tous jusqu’aux derniers… femmes et enfants, n’éveillait aucun sentiment de compassion en Gurkan. Il n’humanisait pas ces créatures pour pouvoir se permettre autant de froideur à leur égare. Les soldats se regardèrent, attendant les instructions. Même si Gurkan était le maître d’armes et qu’il dirigeait les opérations militaires d’une poigne de fer et avec une certaine efficacité, il n’agissait jamais sans l’accord du chef de Lydée. Pour lui, la hiérarchie était quelque chose de sacrée.

« De plus, les créatures de leur espèce ne nous on fait aucun cadeau lorsque nous sommes passé sur leur terre. A notre tour de faire couleur leur sang ! »
Marmonna Karl, une lueur de vengeance dans le regard.

Gurkan ajouta à nouveau : « Ce ne sont pas des humains. Pas des Sulas et tu le sais. Allons chercher les autres, et anéantissons les. »

_________________

    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
avatar

Masculin Nombre de messages : 1787
Âge du héros : 35 ans
Né à : Lydée
Fonction : Chef des Sulas
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mer 9 Avr - 17:11

Le choix était difficile. Andrew n'avait pas oublié la horde qui s'était abattue sur eux lors de leur premier voyage... Ils voulaient s'en prendre à Logan. Rien que pour ça, la sentence était la mort ! Mais, en voyant les enfants et leurs mères, il ne put imaginer leur massacre. Il fuyaient pour une raison et Kant, se contenta de dire :

- Attendez... les bandits étaient armés... et les Rongmols que nous avons croisé sur le chemin du Pic, ils l'étaient aussi. Regardez-les, ils fuient quelque chose ou quelqu'un... Peut-être que les armées de Jalane sont arrivées beaucoup plus tôt que prévu... nous pouvons tuer les guerriers mais pas leur progéniture...

- Ce sont des monstres ! Si nous ne les tuons pas, c'est eux qui le feront !

- Des gosses ? Sans défense, je ne crois pas...

- Vous n'êtes pas sérieux, on ne va pas les laisser en vie ? Ils sont là à la recherche des cadavres ! Si nous les avions pas incinérés, ils seraient en train de s'en repaître sans vergogne.

Laë qui s'était approché très silencieusement de Gurkan, lui murmura à l'oreille :

- Ces créatures sont les dévoreurs d'enfants, non ? Lorsque je vous ai rencontré sur le Pic, l'esprit de Logan y pensait sans cesse...

Gurkan approuva d'un signe de tête. La Reine avait jugé bon de les suivre et elle entreprit alors de raisonner Andrew :

- Si ces choses aiment la chair de vos enfants, la question ne devrait même pas se poser. Ils sont dangereux. Et même sans les guerriers n'oubliez pas que les femelles peuvent être féroces, elles aussi. La violence et la cruauté ne sont pas typiquement masculines.

- Mais, ils sont sans arme... Les attaquer et les tuer serait déloyal et cruel...

- Les Trayaregs que mon peuple a combattus étaient aussi sans arme. Il y avait des enfants... n'oubliez pas que ces derniers grandissent... ils se vengeront du fait que vous ayez tué leur père... ou leur oncle... La décision vous appartient mais vous devez d'abord penser aux intérêts du plus grand nombre.

Andrew soupira et réfléchit un instant. L'idée de massacrer des innocents lui pesait lourd sur la conscience. Ceci dit, les laisser en vie pourrait constituer une menace. La situation était à double tranchant. Il ajouta simplement, en se souvenant de Koah :

- L'intérêt du plus grand nombre n'est pas ma philosophie. Une minorité de gens en sont exclus... et ils paient pour les disfonctionnements de la majorité. Tant qu'il ne nous montrent aucun signe agressif, nous n'avons aucune raison de les tuer.

Un murmure de désapprobation passa parmi les gens présents. Le chef de Lydée ajouta, d'un ton ferme :

- Je n'approuve pas un tel acte. Si nous devons unir les autres communautés, il faudra faire preuve de tolérance. Tu as mon avis, Gurkan, mais je te laisse la décision. Tu es mieux placé que moi pour parler de stratégie militaire. Pour moi, ils ne méritent pas que nous les massacrions. Et si votre motivation dépend uniquement de votre désir de vengeance, alors, je désapprouve complètement.

Conscient qu'une telle décision risquait de diminuer l'estime que les soldats lui portaient, Andrew n'avait pas l'intention de changer d'avis. Il demanda à Gurkan, très sérieux :

- Alors... est-ce qu'ils constituent une menace quelconque pour Ténolas, pire que Falbalas... pire que l'armée de Thorin ? Sont-ils en nombre suffisant pour mettre en danger Lydée ?

_________________
I wait the wave...
I have a wave inside my soul. Lots of drum in my heart. I think... it's love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Koah Lang
    Admin
    Vague de l'Omkara
    Amoureux d'Andrew

avatar

Masculin Nombre de messages : 1917
Âge du héros : 26 ans
Né à : Lydée
Fonction : • Ancien religieux d'Okan • Esclave d'Ayreb • Apprenti mage
Autres :
Spoiler:
 


MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mer 9 Avr - 20:14

Gurkan mit un long moment à se décider. D’un côté, il éprouvait une aversion plus que prononcer pour ces créatures, et les tuer ne le dérangeait pas, quitte à égorger lui-même les enfants. Mais de l’autre, Andrew était leur chef et pour que tous ici lui soient dévoués corps et âme, il ne devait pas s’opposer à sa décision. Comment Cheera pouvait-elle lui avoir offert un si grand pouvoir qu’était de tuer les Immortels, alors qu’il n’était qu’un pleutre lorsqu’il s’agissait de combattre ? Gurkan en était frustré.

Finalement, d’un ton brut, il dit tout en se relevant : « On s’en va. Passons notre chemin… »

Sur ses pas, Loeb s’insurgea : « Quoi ? Mais… Ils souillent Lydée ! Kant n'est qu'un abruti ! »

Coupant court, Gurkan lui agrippa le col de son plastron : « J’ai dis : passons notre chemin. C’est encore Andrew qui commande à ce que je sache. Et même si je suis d’avis de les massacrer, je respecte la décision de notre chef qui est de les épargner ! Et tu en feras autant, ou je te livre moi-même à ces bâtards que tu veux combattre ! »

Dans une humeur glaciale, la troupe repartit. Gurkan échangea un regard sévère avec Andrew, le genre de regard méprisant qui soulignait tous son mécontentement. Quelques hommes tentèrent de protester, mais personne n’osa contredire ouvertement la décision prise. Ils repartirent donc en silence, s’éloignant définitivement des cendres de Lydée qu’ils laissèrent aux rongmols.

Quelques heures après avoir passer la rivière, ils installèrent le bivouaque dans une petite clairière à l’entrée du bois d’Okan. Gurkan doubla la surveillance de nuit, car les tigres blancs de ces bois étaient réputés très dangereux. De taille deux fois plus imposante que les tigres roux du cloître d’Okan, ils avaient des dents de sabre aussi tranchantes que de la kétine aiguisée. Ces tigres s’en prenaient souvent aux voyageurs qu’ils soupçonnaient en vouloir à la Stèle Sacrée.

La réaction charitable d’Andrew avait ébranlé l’estime de l’ensemble des guerriers. Ceux-ci murmuraient dans le dos du Chef de Lydée qu’il n’était pas apte à prendre les bonnes décisions de guerre et qu’il serait mieux pour lui de commander les fourneaux de la troupe. Gurkan, de l’avis de ses hommes, ne chercha pas à les contredire. Cependant, il se contentait souvent d’ajouter qu’Andrew était le chef et qu’en tant que Lydéen civilisé, on devait lui obéir et lui faire confiance. Seul Loeb s’entêta, mais un combat à main nue où Gurkan lui brisa le cartilage du nez et le poignet, le fit rentrer dans le rang, la tête basse.

Autour du feu de camp, il régnait une atmosphère calme. Les hommes qui n’étaient pas de garde, profitaient de ce répit pour somnoler et reprendre des forces en attendant leur quart. Tomas et Hamy lisaient en silence des parchemins à côté de Laë, alors que tout en fumant, Meecham, Gurkan et quelques guerriers riaient des anecdotes de l’enfance de Karl. Les centauris pâturaient non loin de là, sous surveillance.

Lorsqu’Andrew les rejoignit, le silence se fit et comme pour souligner un certain mépris, les quelques soldats se levèrent brusquement pour rejoindre un autre feu de camp. Meecham échangea un regard désolé avec Andrew. Le jalanien dit à voix basse en se penchant vers lui :

« Ces créatures ont tuer pas mal des miens lorsque nous nous sommes échoués sur les rochers de la rivière à notre arrivée. Je ne les aime pas, mais, je trouve que c’était la meilleure décision à prendre. Leur mort n’aurait pas servit à grand-chose… a part peut-être divertir vos guerriers un moment. »

Gurkan fronça les sourcils et il dit d’un ton sec : « Dans tous les cas, j’espère pour eux qu’ils ne seront plus là à notre retour. Parce qu’Andrew, il n’existe que deux camps sur cette île. Le notre et celui des autres… et dans les autres, je classe les Trayaregs et toutes les créatures monstrueuses que notre monde porte. Si ce n’est pas humain, c’est que nous n’avons pas à nous apitoyer sur leur sort. C’est notre devoir d’éradiquer les menaces potentielles. »

Un léger son moqueur s’éleva de Tomas.

« Il a un problème le guérisseur ? » Grinça Gurkan.

Tomas décrocha ses yeux incroyablement bleu et perçant de son parchemin pour les poser sur le guerrier. Le guérisseur était un homme d'une quarantaine d'années commencées. Il avait la carrure des hommes forts, de longs et abondants cheveux noirs et une barbe épaisse. Il était vêtu d'une tunique, d'un large pantalon et il marchait pieds-nu.

D'une voix la plus calme possible, il dit : « Certaines des créatures que vous classez dans les non-humains, ont bien plus de compassion que vous. De plus, vous semblez oublier que les Trayaregs sont humains. Aussi humains que vous et moi. Doté d’une âme. J'en déduis donc, que la phrase que vous vouliez nous dire était : tout ce qui n'est pas Lydéen ne mérite pas notre compassion et donc, de vivre. »

La mâchoire de Gurkan se crispa et de ses narines sortit la fumée de son cigare. Il ressemblait à un démon à la lueur du feu de camp. Il était assez inquiétant. Gurkan détestait les prêcheurs de paix et d’amour dans son genre. Qui les défendaient face à des guerriers armés ? Les guerriers !

D’un ton méprisant, Gurkan répondit : « Ce monde va être façonné par Lydée ou il sombrera, Tomas. Alors oui, et je n'en ai pas honte, je prone l'éradication sans proces de toutes créatures hybrides, de monstres, et d'êtres surgit des Ténèbres ou du trou du cul de Kobol ! Il est temps de chasser de nos terres les créatures du Mal afin de jouir sans danger de nos terres... » Un regard vers Laë. « Et c’est aussi valable pour ceux de votre espèce. »

_________________

    « JE RESSENS DE VIOLENTES PULSIONSJ'AI L'IMPRESSION DE GLISSER VERS LE FONDSI J'IGNORE D'OÙ VIENT CE FLÉAUJ'ADORE L'AVOIR DANS LA PEAU »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   

Revenir en haut Aller en bas
 
01 - Quand sonne Winowa.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» [RESOLU]quand c'est qu'on recontre la cha-cha
» Tu sais que GC devient trop important pour toi quand ...
» Mm-Tequila, panda terre 199 hésitant quand à son stuff
» Tu sais pas quoi faire quand tu seras grand?
» Quand on s'evade en Azeroth...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Exilés du Monde :: LES EXILES DU MONDE : L'HISTOIRE :: TOME II : L'UNION DES DERNIERS SULAS-
Sauter vers: