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 01 - Quand sonne Winowa.

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Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mer 9 Avr - 22:30

Andrew était à la fois agacé par l'attitude des guerriers et les propos de Gurkan. Le guerrier avait une vision des choses quasiment identiques à celle de Lokan. Cela faisait à peine quelques jour qu'il avaient quittés Lydée, ils n'étaient pas encore arrivés à Hanka que la tension ne cessait d'augmenter. Là où Kant aurait préféré que le voyage se fasse dans la bonne humeur, des sujets stupides attisaient le feu... Et après les derniers mots de Gurkan, Andrew, se leva brusquement, nul doute... il était en colère et il s'adressa au guerrier de façon vive et ferme :

- Non, non et non ! Par les putains de Crya ! Ce n'est pas MA vision des choses ! Ce monde ne sera pas façonné par Lydée, bordel ! Il sera construit par tous les peuples qui voudront nous y aider !!! Assez de cette suprématie débile ! Lydée est en ruines, réduite en cendres ! Tu réfléchis exactement comme Boric et... les autres ! Nous avons eu notre heure de gloire avec tous les ornements éphémères qui s'y rapportaient ! Mais cette époque là est finie. FINIE !!!

Fortement agacé par les propos que tenait Gurkan, il poursuivit, sans se soucier du fait qu'il était surement audible à un bon demi kilomètre à la ronde :

- Il est hors de question de tuer des personnes qui ne nous auront pas attaquées avant ! Est-ce que c'est clair ? Le but est d'unir les communautés pas d'en faire des vassaux ! C'est fini, nous ne sommes plus les maîtres arrogants et corrompus de cette Île ! Il faudra se faire à cette idée. Si tu es parti vers Hanka avec l'intention de les soumettre à ta volonté, je te conseille de prendre tes guerriers et de rentrer sur le champ à Lydée ! Parce que je ne vais pas là-bas pour faire couler le sang !

Il lança un regard sombre aux guerriers qui étaient à l'écart et qui semblaient médire à son sujet. D'un ton acerbe et froid, il lâcha de façon bien audible :

- Et vous, vous n'êtes pas là pour servir d'armée, vous êtes ici pour nous protéger, point barre ! Tant que je ne le déciderais pas, personne n'attaquera personne ! Si vous n'êtes pas d'accord, alors rejoignez le groupe qui n'a pas voulu nous suivre jusqu'à Ténolas... s'il en reste.

Avec un geste agacé, il s'éloigna des autres pour s'asseoir au pied d'un arbre. Il se demanda si cette charge de chef n'était pas trop lourde pour lui et s'il ne commettait pas une erreur en partant sur des idées de la sorte. De toute façon, il était trop énervé pour s'en soucier. Son départ, signifiait qu'il voulait être seul et Laë lui suivit du regard avant d'ajouter à l'attention de Gurkan :

- J'allais dire que je ne vous voulais aucun mal mais qu'il était possible que ce ne soit pas le cas de Dorthal... enfin possible, c'est certain... mais, j'accepterais le fait que vous ayez à vous défendre. Je partage cependant votre point de vue... les Trayaregs et les autres créatures devraient être éradiqués. Des êtres aussi perfides et cruels ne peuvent pas coexister...

- Mais ça veut dire quoi alors ? Qu'on est là pour la figuration ? Les bandits, il a été d'accord pour que nous les pourchassions ! Et eux ils étaient humains !!!

Hamy prit la parole, de façon calme, sans vraiment lever les yeux de son parchemin :

- Je suppose que c'est logique... Andrew a dit de ne pas attaquer sans hostilité déclarée dans le camp d'en face. Les bandits nous ont attaqués... les Rongmols en revanche, ne nous ont rien faits.

Le soldat ne trouva rien à répondre mais il n'en pensait pas moins. Laë s'accorda une petite minute de réflexion et finit par avouer :

- Je crois qu'Andrew prend très au sérieux ce qui lui a été dit... et il a une vision des choses plutôt sage...

- Pour ce que j'en dis, je pense que nous devrions plutôt songer à des problèmes importants que ces espèces de bagatelles sans intérêt, qui ne font que nous diviser davantage. Si vous voulez rallier le maximum de monde à votre cause, il faut rester soudés. Et je crois que c'est pour cette raison qu'Andrew a préféré se retirer. C'est aussi pour cela qu'il semble se battre : l'union tout simplement.

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Jeu 10 Avr - 0:18

Gurkan n’aima pas la façon dont Andrew s’était adressé à lui, et il le lui fit savoir en lui lançant un regard noir. Froidement, il se releva et écrasa sous sa botte son cigare. D’un pas tranchant qui fit frissonner les guerriers, il s’approcha d’Andrew et tonna :

« Ecoutes-moi attentivement Kant ! J’obéirais à n’importes quels ordres que tu me donneras, car tu es notre chef. Cheera là choisi, et je respecte assez notre Créatrice pour suivre aveuglément son jugement. Mais à Hanka, je ne vais pas attendre une autorisation de ta part pour égorger quiconque me semblera menaçant. Tu m’as bien compris ? S’il faut attendre que tu pèses le pour et le contre à chaque fois, autant tous nous ouvrir la trachée tout de suite ! »

Le guerrier se baissa au niveau du chef de Lydée, puis il ajouta d’une voix un peu moins ferme : « Le monde à changer Kant. Seul les plus fort s’en sortiront, et je compte bien être de ceux là. L’armée de Thorin, ainsi que les sbires de Dorthal n’auront pas de pitiés pour nous. Il n’y a plus de place dans ce monde pour la pitié ! » Il murmura de sorte que seul Kant puisse entendre le reste de sa phrase : « Elle est morte et elle à emporter avec elle, la compassion. » Il se redressa et s’apprêta à s’éloigner à nouveau. « Tu devras t’y faire. »

Le lendemain matin, l’ambiance était toujours aussi tendue. La troupe chemina en silence sur le chemin à travers les bois d’Okan. Plusieurs fois, ils croisèrent la route de tigres blancs aux dents de sabres mais aucun d’eux ne tenta quoique ce soit. Les gigantesques tigres se contentèrent de les observer, près cependant à les attaquer. De crainte qu’ils ne se mettent à les encercler, les Lydéens accélérèrent le pas.

Lorsqu’ils passèrent à proximité de la Stèle Sacrée d’Okan, un grand nombre de tigres blancs se mirent à grogner d’un air menaçant. Derrière eux, un autel fait de pierre sur lequel des fougères poussaient et au-dessus duquel un tigre d’or trônait, était sous étroite surveillance. Meecham regardait la pierre de granite brute et il demanda à Gurkan :

« Qu’est-ce que c’est ? »

« La Stèle Sacrée d’Okan. »

« Et a quoi serre-t-elle ? »


Gurkan ne décrocha pas son regard des tigres. « Beaucoup aime à croire qu’Okan honorais les plus beaux adonis de notre monde sur cette stèle. Mais d’autre encore raconte que de l’ambroisie y serait dissimuler sous la pierre mais que pour la posséder, il faut offrir un grand sacrifice. »

« De l’ambroisie ? » Meecham se gratta la barbe.

Tomas approcha son centauris près de Meecham, et il dit : « La nourriture des dieux. Y goûter garantirait l’immortalité. Mais beaucoup de religieux s’accordent aussi à dire que l’ambroisie est capable de soigner n’importe quels maux et même de repousser la mort. Mais quoiqu’il en soit, la Stèle d’Okan est l'un des endroits les plus sacrés de nos contrées. Elle est pure. Aucun esprit mauvais ne peut l’approcher. C’est un sanctuaire parfait, car une magie bienveillante veille sur les fidèles d’Okan. Danaé dans sa grande bonté, nous à enseigner que ce lieu est l'endroit idéal pour les exorcismes. C'est d'ailleurs sur cette stèle que fut sauver du démon Loforos, notre héros légendaire ; Jismakata... troisième étoiles du soir. »

Le tigre d’or fixait ses grands yeux jaunes sur Andrew. Il le regardait passer d’un air fier du haut de la stèle. Son pelage d'or irradiait les alentours d'une douce lueur soleil. On aurait dit que les tigres n'attendait que son ordre pour sauter sur les Lydéens et les réduire en charpie. Un des tigres fit un mouvement brusque à l'approche d'un centauris, mais le grognement de mécontentement du tigre d'or le calma aussitôt.

Deux jours plus tard, à la sortie du bois d'Okan et à la fin du chemin menant sur les larges plages de sable blanc de la côte sud de l’île, ils surprirent plusieurs colonies de mouettes qui s’envolèrent à leur approche. L’air du large était chargé en iode, les vagues s’abattant sur les récifs étaient assourdissantes et le soleil se reflétant sur la mer éblouissait les soldats.

Au loin, à l’horizon de l’océan bleu turquoise, Hanka surplombait les flots. Le village semblait flotter majestueusement et de celui-ci le brouhaha de la vie résonnait. Hanka était très grande et étendue jusqu’au large. Des pilotis, de la fumée sortaient de plusieurs bâtiments. De nombreux bateaux aux voiles bleues étonnantes avaient jetés l’ancre aux alentours.

A un kilomètre sur la plage, dans un port où se trouvaient de nombreux embarcadères, une centaine d’Hankiens chargeaient et déchargeaient des pirogues. De certains endroits, des gens hurlaient sous les violents coups de fouets. Des esclaves habillés d’haillons étaient charger de construire un nouveau ponton mais chaque fois que la cadence des coups de marteaux diminuait, les coups de fouets ensanglantés fusèrent. Entourant tous ce monde, quelques soldats armés montaient la garde.

Devant les embarcadères, en exemple, deux esclaves étaient crucifier sur d'imposantes croix. Leur sang souillait le sable blanc, alors qu'à leur pieds quelques Hankiens parlaient en s'exclafant sans une once de compassion.

Surplombant la plage de leur bute, les Lydéens regardaient d’un œil sombre le spectacle offert par Hanka. Gurkan prit une profonde inspiration, puis il se tourna vers Andrew et dit : « Bienvenue à Hanka. Nous devons laisser les centauris ici sous surveillance de quelques hommes, et trouver une embarcation. » Un regard sombre. « Espérons pour eux qu’ils ne cherchent pas à faire de nous leurs esclaves… j’ai la lame qui me démange déjà. »

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 14 Avr - 1:25



Andrew ne fit pas très attention aux paroles de Gurkan. Sinon, il l'aurait légèrement houspillé. Ses pensées étaient absorbées par le regard du tigre au pelage d'or. L'animal, majestueux, avait dardé sur lui des yeux couleur ambre avec une insistance particulière. Il n'y avait rien de menaçant en réalité et c'était ça le plus étrange. Si pour certains cela paraissait ridiculement sans importance, pour le chasseur, cet acte consolidait sa confiance en lui. Okan lui faisait-il autant confiance que Cheera ? Nul doute, sinon, l'animal serait resté indifférent.

Se savoir soutenu par le Dieu qu'il vénérait aussi bien qu'il le pouvait, lui réchauffait le coeur. Chasser avait toujours été une passion et il devait beaucoup à Okan de ses trophées. Il se serait bien arrêté devant la Stèle pour une déposer une offrande mais malgré la pseudo-bienveillance du tigre, il préféra garder pour ce lieu un profond respect, s'estimant indigne de fouler l'herbe fine qui poussait tout autour. Il hocha donc la tête, en regardant au loin par delà la mer bleue et légèrement aveuglante. Il avait entendu le guerrier mais il était explicitement ailleurs.

- C'est donc cela, Hanka ? Elle ressemble beaucoup à un bastion de kilmorins, c'est un peuple qui vit aux frontières d'Yrilia. Ils sont en autarcie complète mais n'accepte pas les étrangers. Ils se sont construits une forteresse sur un petit ilôt dans le Grand Lac. De mon existence pourtant longue, je n'en ai vu de deux... Un mort, tué par une vipère dans un bois et un autre, prisonnier pour avoir planté un épée dans le corps de six enfants...

- Sauf qu'Hanka flotte...

Kant était toujours un peu rêveur, et dans sa voix ça se ressentait. Laë, intriguée, leva un sourcil et lui adressa un regard curieux :

- Oui... exact... mais je ne crois pas qu'elle soit dans la direction que vous regardez...

Comme électrifié, Andrew revint soudain à la brusque réalité. Il lança un oeil à Gurkan puis regarda enfin Hanka. Il dit alors avec une voix particulièrement gênée de ne pas avoir écouté attentivement ce qui s'était dit :

- Nous sommes donc arrivés... Il doit y avoir une passerelle pour y accéder. Trouvons-là et nous pourrons...

- Non, Hanka est construite sur des pilotis, il est impossible d'y accéder autrement qu'en barque.

La voix d'Hamy claqua comme un fouet et Andrew se sentit soudain moins désireux de continuer... Il fallait monter sur ces machins en bois... et traverser la mer ? Pas question !!! Il allait s'apprêter à refuser lorsqu'il se souvint qu'il était Chef de Lydée... Il devait montrer l'exemple. Déjà que les guerriers le pensait poule mouillée à cause des évènements précédents... il valait mieux ne pas perdre le respect, si tant est qu'il existe encore, de ces soldats. Il posa enfin son regard sur l'embarcadère et remarqua les esclaves crucifiés :

- Par Cheera, ce sont de véritables barbares, ces espèces de fumiers ! Regardez-ça, ils exposent les corps à la vue et ils ne sont même pas foutus de leur offrir une sépulture !

- Nous sommes ici depuis quelques instants déjà et ces corps étaient là bien avant que vous ne les remarquiez enfin, Andrew...

Laë eut un petit sourire ironique mais pas méchant. Elle désigna l'embarcadère et dit avec une certaine avidité :

- Si nous allions quérir une barque. Je serais très curieuse de monter à bord.

- Pas moi..., marmonna Andrew dans sa barbe. Il avait toujours eu peur de l'eau... et n'osait pas y mettre les pieds dedans. L'exception avait eu lieu lors de leur précedent voyage, quand Logan avait manquait se noyer. Il était allé à son secours sans se soucier du danger et s'était promis de plus recommencer. Là, il serait au dessus de l'eau... comment la barque allait-elle supporter leur poids ? Et si elle coulait à mi-chemin ? Voyant qu'il restait un peu hésitant, Kant, décida d'avancer vers l'embarcadère, d'un pas plutôt déterminé... oui, enfin au moins pour garder l'apparence.

Les autres suivirent, à l'exception de Loeb, d'un guerrier lydéen et d'un soldat de Karl, qui restèrent en retrait pour garder les Centauris. Au bout de quelques minutes ils arrivèrent enfin à l'embarcadère. Les corps crucifiés laissaient émaner une odeur de décomposition à la limite du soutenable. Des mouches se régalaient de le chair et on pouvait voir dans des plaies ouvertes, quelques asticots s'agiter. C'était assez repoussant. A leur approche les cinq Hankiens avaient sorti leurs épées recourbées et les regardaient avec un sourire avide et cruel. Leurs dents étaient à moitiés pourries et noircies et l'un d'eux avait une énorme balafre sur le nez.

- Je commençais à m'ennuyer... voilà de l'occupation...

L'un d'eux, un rouquin à la mine patibulaire, s'approcha de Laë arme à la main, de la bave coulant aux commisures de ses lèvres. Il soupesa son entre-jambe sans vergogne et s'exclama :

- Quelle belle catin, celle-là ! J'en ferais bien mon vide-couille. Viens par là, beauté, si tu es sage, je te promets de pas te laisser à la portée de n'importe qui...

Andrew, profondément choqué, n'en perdit pas moins son calme et demanda tout en sachant d'avance la réponse :

- Nous voudrions nous rendre à Hanka !

Un type brun au visage particulièrement beau, comparé à ceux de ces amis, s'avança en disant, méprisant :

- Et la politesse, petite blondinette ? Tu connais pas ? J'suis pas sûr que tu fasses un bon tireur de pilotis, mais en te refilant à un guerrier, il pourra peut-être faire de toi un larbin... j'tirerais pas grand chose d'un bouseux comme toi... par contre, le guerrier là... il va se vendre une fortune...

- Nous ne voulons pas de violence, juste voir votre chef.

- T'inquiètes... tu le verras... un jour... peut-être.

- Moi, je ne veux pas de violence non plus... La petite brune aux yeux bleus me fait bander... je vais me la faire en premier, après, vous autres, vous ferez comme bon vous semblera.

Il avait avancé vers la Reine qui le regarda froidement. En un éclair, l'homme resta paralysé, hésitant. Sous les rires narquois des autres, il osa approcher un peu plus. Avant que quiconque puisse réagir, une légère fumée s'échappa de son entrejambe. La bosse qui était apparue quelques instants plus tôt s'était évaporée. L'homme se toucha aussitôt et parut horrifié. Sa respiration s'accéléra et les autres parurent moins sûrs d'eux.

- Qu'est-ce que... Aïe !!! Non !!!

Laë esquissa un sourire satisfait et se tourna vers l'homme brun. Elle dit d'une voix ferme, bien qu'amusée par les gémissements et les larmes du rouquin :

- Je suppose que vous ne tenez pas à être amputé vous aussi de votre onzième doigt... je ne serais pas génée de vous faire subir la même affaire. Nous voulons une barque pour nous rendre à Hanka, immédiatement. Contentez-vous d'accéder à notre requête et j'éviterais à vos amis et vous-même de ne plus connaître les joies de la masturbation.

- Espèce de sale...

- Marché conclu ?

L'homme brun regarda le rouquin réplié sur lui même sur le sol et réfléchit. Finalement, il regarda Laë et désigna une barque d'un geste résigné. L'idée de se faire castrer semblait l'avoir refroidi. La reine acquiesça alors et ajouta :

- Parfait, vous allez nous accompagner afin d'éviter à vos villageois un avenir stérile... au moindre mouvement étrange, vous direz adieu à vos prostituées et notamment à ce beau Ayreb qui préfèra profiter de la chair d'un autre mâle un peu mieux monté.

Un léger silence... l'homme brun détourna le regard. L'homosexualité et la bisexualité à Hanka étaient des choses assez peu appréciées. Le rouquin supplia Laë de lui rendre sa fierté mais cette dernière le regarda impitoyable :

- Tu les retrouveras lorsque nous repartirons d'ici vivants... tous... Tu as donc tout intérêt à ne pas vouloir notre mort car contrairement à ce que tu dois connaître de la magie, mon acte est permament, jusqu'à ce que je décide par moi-même de l'annuler. M'égorger n'arrangera rien... Préparez la barque, pendant ce temps, je vais juger avec mes sujets de votre sort... vous me paraissez assez obstinés et je n'aime que les gens dociles...

L'effet de ses paroles furent immédiats. La mine sombre les Hankiens s'éloignèrent pour préparer ce que Laë avait demandé. Elle se tourna alors, pris Andrew et Gurkan par les bras et leur dit à voix basse :

- Il y a un problème... Ces hommes sont perdus... il se relèvent d'un évènement important... et chose plutôt étrange, ils n'ont pas l'air de connaître leur chef.

Andrew eut un mouvement de recul et lâcha :

- Vous êtes une sorcière... et vous avez des talents que vous nous aviez caché jusque là... comment vous faire confiance ? Jewel avait raison... vous êtes à la botte de Kirion. Vous voulez nous asservir ! Nous ne sommes pas vos sujets.

- Andrew, vous faites erreur. J'agis uniquement pour vous éviter de perdre des hommes. Ces gens sont très doués au combat. A part Gurkan et deux guerriers, les autres seraient tombés comme des mouches. Je pense aussi qu'il vous mieux qu'ils vous prennent pour un blondinet sans importance et qu'ils s'imaginent que je suis la meneuse de notre groupe. C'est une quesiton de sécurité...

Hamy, qui écoutait attentivement, juste à côté d'eux, ajouta l'air sérieux :

- Malin...

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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 14 Avr - 9:10

Gurkan était visiblement très contrarier par ce qu’il avait vu. Même s’il n’était pas Hankien et qu’il les haïssait, il partageait tout comme eux le culte du phallus, le culte du mâle dominant et actif, et voir un homme castré le mettait mal à l’aise. Il dit d’un ton sec qui ne cacha pas son indignation :

« C’est peut-être malin, mais les Hankiens ne vont pas apprécier de se faire commander par une femme castratrice. Plus qu’ailleurs, le culte du phallus est répandu ici. On juge un homme non seulement à sa force et à sa bravoure, mais également au nombre de ses conquêtes. Lorsqu’il répandra la nouvelle à travers le village, les Augures eux-mêmes viendront vous faire la peau… » Il fronça les sourcils très sérieusement et pointa son index vers elle. « Ce que vous avez fait là… ne vous approchez pas de ma queue ou de celles de mes hommes ou vous allez amèrement le regrêter ! »

Tomas rit, rendant un son doux et mélodieux. « Blessé un homme dans sa virilité est quelque chose d’impardonnable. Leur sexe est ce qui les rapproche tous ; Lydéens, Hankiens et même Oderniens. Touchez à leurs précieux attributs et ils s’uniront tous contre vous. »

L’ensemble des soldats était tout autant offusqué que Gurkan par le sortilège de Laë, mais l’heure n’était pas aux reproches. La reine avait réussi à trouver un moyen de se rendre à Hanka. Rapidement, deux pirogues firent mise à leur disposition. Le groupe se sépara. Andrew, Laë, Gurkan, Tomas, Amy, Karl et Meecham, ainsi que les Hankiens, montèrent dans la première, tandis que le reste de la troupe, occupa la seconde.

Calmement et au rythme des pagaies, les bateaux profilés tranchèrent l’eau calme de la mer turquoise. Il régnait un silence pesant à bord. Les Hankiens ne prononcèrent aucun mot, se contentant de se lancer les uns aux autres des regards indignés. Après une traversée de dix minutes, les pirogues atteignirent enfin les premiers imposants pilotis d’Hanka.

Glissant sous les nombreux pontons et les passerelles, les bateaux s’enfoncèrent dans les labyrinthes des canaux artificiels d’Hanka. Un brouhaha assourdissant faisait vibrer les tympans. Des gens hurlaient sur le marché, alors que des esclaves étaient vendu sur une autre place à grands cris et coups de fouets. A côté des lydéens, de nombreuses pirogues chargées de caisses voguaient sans se soucier d’eux.

Une odeur agréable de poissons grillés enivrait les narines. Pas la moindre parcelle d’Hanka n’était habité d’une vie bruyante. D’ici de là, des hommes se battaient pour une raison quelconque, alors que des prostituées, penchées sur les rambardes, lançaient des regards appuyés aux Lydéens qu'elles accostèrent vulgairement.

Ils passèrent sous un large pont, sur le flanc gauche d’une immense construction en cercle. Celle-ci s’étendait à plus de vingt mètres au-dessus de la surface de l'océan. Les lydéens en restèrent sans voix. Comment pareil édifice pouvait-il bien tenir debout sur les flots ? Un ingénieux système de poulie permettait au sommet du bâtiment de s’ouvrir en deux, tels les ailes d’un oiseau majestueux, et ainsi faire pénétrer la lueur du soleil.

Gurkan murmura à Karl qui avait la bouche entrouverte d’admiration : « C’est l’arène. Ils aiment assister à des spectacles macabres là-dedans. »

Quelques minutes plus tard, les pirogues accostèrent enfin sur une immense place au grand soulagement d'Andrew. C'était la place principale d’Hanka. Plus de trois cents personnes étaient agglutinées ici et tentaient de se faire une place à travers le marché aux poissons. Une procession de religieux de Sedna, sanctifiait à l’aide d’urnes, de sang et à grands coups de fumées odorantes, la pêche du jour.

Les Lydéens étaient sur leur garde. Des soldats patrouillaient dans le coin, tout comme de nombreux bandits près à détrousser la première personne assez stupide pour ne pas faire attention à eux. D'étonnants animaux étaient vendus par de lointain marchands. A l’entrée de la place, un immense pavillon fait de l’ébène le plus noire était construit. A son sommet, la statue de Sedna qui chevauchait l’Oxar était sculptée dans un totem de plus de dix mètres. En y regardant de plus près, le pavillon n'était autre qu'un immense navire ancré en plein Hanka.

Soudain, brisant la rumeur des conversations houleuses, un gong retentit et aussitôt, la foule s’écarta précipitemment. Les lydéens échangèrent des regards médusés. A travers les hankiens, s’avancèrent dans un silence morbide cinq silhouettes encapuchonnées de longues capes sombres. Ils portaient de longs masques vaudou de différente formes et aux couleurs criardes devant le visage. De leurs doigts s’écoulait du sang qui tachetait les planches de bois du ponton. Derrière eux, ils traînaient comme un vulgaire déchet, le corps saucissonner dans ses propre tripes, une pauvre femme.

Une voix sévère et froide s’éleva d’un des hommes au masque gris, vert et rouge : « La putain fuineuse est morte. » Il tira sur la dépouille qui roula aux pieds des hankiens amassés, et plusieurs femmes se mirent à pleurer. « Osez encore pénétrer l’allée des Augures afin de nous asservir ! Nous avons fait un choix. Le Clan des Augures du Masque de Mort est dans le camp du plus fort ! Acceptez-le ou vous subirez le même sort que cette putain profondément défoncée ! »

Et sans demander leur reste, ils entrèrent dans le pavillon noir par la large passerelle, passant devant des soldats qui détournèrent le regard. Dans la foule, les murmures reprirent et très vite, l'échos de la mort de Europa, Maîtresse du Clan de la Rose de Sang, clan qui régnait sans partage sur la prostutition, était morte et par sa mort, le clan dissous.

Meecham fit la grimace : « Quelle cruauté. »

Gurkan qui comprenait tout l’ampleur de cette mise en scène dit alors en marmonnant : « C’est l’anarchie. Le Gouvernement du Conseil Noir n'existe certainement plus... »

Tomas opina : « La nuit du Feu du Ciel à certainement profiter aux clans les plus puissants. Restes à savoir lesquels. »

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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 14 Avr - 14:51

- Génial... on ne pouvait pas rêver mieux pour nous faciliter la tâche. C'est grandiose ! J'espère que nous n'aurons pas droit à d'autres surprises du genre... Si c'est l'anarchie, comment faire pour les unir à nous ?

- Pour ma part, je ne pense pas qu'il soit nécessaire de leur faire un dessin... Gurkan, vous l'avez dit tout à l'heure... le culte du phallus est une chose courante. C'est aussi un point faible à exploiter pour nous défendre. Vous pouvez m'en vouloir tous, parce que vous êtes des hommes. Mais, je castrerais autant de mâles qu'il le faudra si ces derniers tentent de me violer en public ou de m'effleurer la peau. Cette femme n'est surement pas leur première victime... si j'ai bien compris, la loi du plus fort est seule règle ici... c'est un avantage.

- Un avantage ???

Andrew resta incrédule. Il aurait volontiers mis son poing sur le visage de la Reine mais la perspective de se retrouver comme le rouquin ne l'enchantait guère ! Certes, cela faisait un petit moment qu'il n'avait pas eu l'usage de son entre-jambe... depuis la mort de Laureen en fait. Mais là encore, il n'était qu'un homme avec son petit culte lui aussi.

- Oui, c'est du désordre que nait l'ordre. Je serais d'avis d'attendre qu'ils aient fini de s'entretuer. Lorsque ce sera fait, nous n'aurons qu'à parler au clan le plus fort.

- Ils sont si barbares qu'ils ne peuvent pas trouver un terrain d'entente ? Ils pourraient pactiser entre eux et...

La respiration d'Andrew se coupa net. Il venait de recevoir un coup violent dans le ventre. Presqu'aussitôt les guerriers se mirent en alerte, prêt à en découdre mais dans la foule il était difficile de voir ce qu'il s'était passé. Aux pieds du chef de Lydée, il y avait une grosse pierre. C'était avec ça qu'il avait été touché. Légèrement plié, Andrew haleta. Devant eux, un homme avança. Il était grand. Son torse était décoré de quelques tatouage tribaux, la plupart à l'effigie de Davik. Il portait un fûte un peu crasseux, de couleur bordeaux. Lorsqu'il fut à deux mètres il s'arrêta et observa longuement Andrew.

Son visage lui était familier... il avait des yeux d'un bleu pâle... on aurait dit qu'ils étaient presque blancs. Il avait un petit bouc et ses cheveux, très courts avaient une couleur châtain. Il semblait jeune, mais ses muscles étaient parfaitement taillés pour lui assurer une force conséquente et une habileté impitoyable. Une deuxième pierre à la main, il dit en gardant ses yeux posés sur Andrew :

- Tu n'as jamais eu la carrure d'un maître... je ne sais pas à quoi j'aurais du m'attendre... tu n'aurais pas du revenir par ici.

- Mais de quoi vous parlez ? Je n'ai...

La seconde pierre percuta violemment sa jambe gauche ce qui le fit chanceler. Les guerriers allaient sortir leurs armes lorsque l'homme siffla entre ses dents. Aussitôt une troupe d'une trentaine de guerriers les encerclèrent, armés jusqu'aux dents. Sur la place, les passants jouèrent profil bas, s'éloignant pour ne pas se retrouver pris entre deux feux. L'homme cracha au sol et poursuivit :

- Toujours aussi fourbe et menteur... je t'ai reconnu parmi tes amis... Un seul regard pour savoir que tu étais ce fumier. Embarquez-moi ces minables dans ma demeure... je déciderais de leur sort, suivant mon humeur.

Avant que quiconque puisse parler, l'homme brun de l'embarcadère s'avança et dit avec humilité :

- Maître Ayreb... ces chiens sont aux ordres de cette femme... elle dispose de pouvoirs...

Il désigna le rouquin d'un signe de tête qui tentait tant bien que mal de cacher l'inexistence de son entrejambe qui quelques instants plus tôt faisait sa fierté. Ayreb le regarda, resta songeur un instant et envoya son genou dans le bas-ventre de l'homme brun. Ce dernier, sous le choc tomba à genou, les larmes aux yeux.

- Bien... dans ce cas, la salope, tu ne verras pas de mal à ce que nous embarquions le blond avec nous...

- Pas question, touchez à un seul de ses cheveux et vous pleurerez comme une fillette en regrettant vos attributs...

Ayreb eut un sourire cruel et lâcha :

- J'ai peine à croire qu'une simple catin puisse mener un groupe de guerriers... aussi puissante soit votre magie, elle assure votre liberté à vous mais pas à vos esclaves. Ce fils de Crya n'est pas capable de se défendre, alors il m'appartient. Si vous voulez le récupérer, battez-vous... que l'on détermine lequel de nous a le plus de droit.

Laë se retrouvait prise à son propre piège... Elle ne pouvait utiliser son pouvoir qu'en cas de légitime défense. L'homme avait voulu la violer et donc, elle avait pu en faire usage. Mais là, c'était différent. Ayreb en voulait à Andrew et n'avait aucune intention de lui faire du mal. Elle était donc impuissante. Elle changea soudainement de tactique et répondit, sans montrer un seul instant sa crainte :

- Soit, passons un accord. Vous prenez cet homme blond et ce grand guerrier et en échange, vous laissez mes autres sujets en paix.

Elle avait désigné Andrew et Gurkan et ce dernier allait fortement répliquer lorsque Ayreb questionna :

- Tiens donc... tu me donnerais deux hommes maintenant. N'étais-tu pas prête à te battre pour eux ?

- Peut-être qu'au lieu de vous préoccuper de votre phallus, vous devriez prendre des leçons de ruse et de marchandage. Je me moque pas mal de ces deux-là, tant que je peux avoir ce que je recherche.

Elle lança un regard appuyé à Gurkan et à Andrew. Visiblement elle avait un plan mais le chef de Lydée n'était pas prêt à se laisser enfermer ! Laë le coupa net dans son élan :

- En échange de ces deux esclaves, j'attends de vous un peu plus de respect pour ma personne et de l'aide pour permettre au clan le plus fort et le plus légitime de prospérer à Hanka.

Ayreb resta silencieux quelques secondes puis il concéda :

- Marché conclu... mais je veux le jeunot en prime !

Il pointa Karl du doigt avec un sourire mauvais. Laë hésita puis finalement approuva de la tête. L'homme ajouta alors en désignant Meecham :

- Et celui là aussi !

La voix de Laë tempêta alors, sèche comme un désert et aussi ferme qu'une lame d'acier :

- Vous allez trop loin, Ayreb... je vais finir par perdre mon calme ! Andrew, Gurkan et Karl... c'est tout. Si vous n'êtes pas capable de vous maîtriser, je n'hésiterais plus...

- D'accord, va pour ces trois là...

Ayreb eut un air victorieux et claqua des doigts. Ses guerriers se tinrent prêts à combattre. Laë s'approcha de Gurkan et ajouta à voix basse :

- Ce soir... vous serez libres... mais en attendant, nous devons jouer la stratégie avant tout. La force n'est pas notre alliée pour l'instant. Contentez-vous, s'il vous plait de me faire confiance. Si vous résistez, nous subirons de lourdes pertes... ce sont des guerriers aguerris.

Elle attendit donc, en espérant que le lydéen veuille bien ravaler sa fierté et accepter son plan. Inutile de dire qu'elle venait sans doute de s'attirer les foudres de tous ces compagnons. Au point où elle en était... Elle ne quittait pas Gurkan des yeux. Andrew était déterminé à ne pas se laisser faire mais si son second se rendait, il aurait beaucoup moins de motivation. La Reine avait improvisé et pour l'instant, c'était plutôt bien réussi.

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 14 Avr - 22:04

L’ensemble des soldats restèrent médusés par ce qu’il se passait. Gurkan fixait Laë si froidement qu’elle pouvait lire dans son regard un millier de menaces de mort. Le guerrier métissé avait énormément de mal à ne pas lever son épée pour lui trancher la gorge à cette putain de traîtresse. Comment osait-elle faire de lui un esclave ? Sa propre mère avait été une esclave hankienne à une époque, et se retrouver en quelque sorte dans la même situation qu’elle, éveillait en lui un flot de rancœur indomptable.

Gurkan lutta un long moment entre sa raison et sa colère, une veine monstrueuse battant sur sa tempe. Mais voyant qu’un combat ne mènerait nulle part, il lâcha finalement son arme sur le ponton de bois avec mépris. Aussitôt, Meecham le débarrassa de son équipement militaire alors que d’autres soldats Lydéens firent de même avec les armes d’Andrew et de Karl. Sans ménagement, les guerriers dépouillaient les nouveaux esclaves de Ayreb. Ils ne devaient pas montrer le moindre signe qui pourrait trahir l’autorité de Laë.

Même si tous ici savaient qu’ils fallaient jouer le jeu imposé par la reine, certains hommes eurent beaucoup de mal à livrer Andrew et les autres à ces hankiens. Par principe, Gurkan tenta de protester un instant, mais Meecham lui asséna un violent coup de poing qui le fit se plier en deux, la lèvre en sang.

Avec un mépris incroyable, le grand homme cracha devant les pieds de Laë et il marmonna : « Sale putain de Crya. »

Les hankiennes éclatèrent de rire en insultants leurs nouveaux prisonniers. Deux hommes ferrèrent les poignets des nouveaux esclaves, ainsi que leurs chevilles, puis, la troupe de soldats de l’Ayreb les emmena à travers la foule. Karl semblait totalement terroriser, d’autant plus que quelques soldats déposaient sur lui des regards vicieux.

Silencieux et d’un air anxieux, Meecham les regardait s’éloigner et emmener Andrew et les autres. Il murmura à l’intention de Laë : « J’espère que vous savez ce que vous faites. Vous venez de livrer à des Hankiens sans scrupules la seule personne capable de lutter contre Thorin en personne. »

A l’entrée du Pavillon Noir, les cinq Augures assistaient à la nouvelle acquisition de l’Ayreb. Ils étaient droits et fixaient en silence les Lydéens. Laë et sa troupe intriguaient beaucoup de monde, et les Augures du Clan du Masque de Mort n’en étaient pas en reste. L’Augure au masque gris, vert et rouge se mit à applaudir Ayreb et cela glaça la foule. Il s’avança d’un pas aérien, les quatre shamans sur ses pas. Arrivé à la hauteur de la reine, il dit d’un ton froid, non sans s’être légèrement incliner devant Ayreb :

« Qu'est-ce qu'une femme telle que vous, et accompagnée des derniers Lydéens, fait parmi les Hankiens ? » Ses yeux noirs, sans pupilles fixaient l’un après l’autres les soldats.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mer 16 Avr - 2:13

Laë profita d'un instant de diversion pour avouer à Meecham :

- Je l'espère aussi... c'était la seule façon d'éviter un bain de sang... cet homme a beaucoup de pouvoir, il ne fait aucun doute que nous devrons traiter avec lui à l'avenir.

Et en effet, alors que l'Augure s'inclina légèrement davant Ayreb , ce dernier eut un regard avide vers ses nouveaux esclaves que l'on emmenait au loin, dans sa demeure personnelle. Sa voix claqua alors d'un ton ferme :

- Peu importe qui ils sont... mais il ne sont pas lydéens... le jeune à la chair tendre non plus. En tout cas, la femme et son espèce de second ne sont pas orginaires de Lydée. Pareil pour quelques guerriers. Ce sont les seuls qui ne nous regardent pas avec mépris et cet air hautain. D'où venez-vous et pourquoi ?

- Une discussion en tête à tête s'impose. Je ne parlerais que lorsque nous serons seuls face à face.

- Maître Ayreb, je vous déconseille de...

- LA FERME !

D'un geste violent, il donna un soup de pied dans le ventre de l'homme brun qui s'effondra sur le sol devant les ricanements amusés des Hankiens qui l'accompagnaient à l'embarcadère. Ayreb, n'eut aucun regard pour lui et se contenta d'adresser un regard méprisant à Laë. Cette dernière le dévisagea. Un instant, on aurait dit que chacun sondait l'âme de l'autre mais seule la reine avait le pouvoir de faire ça...

- C'est à prendre ou à laisser...

- Pourquoi devrais-je t'accorder ce privilège, tu n'es qu'une traînée... tu n'as aucun droit ici.

Le regard bleu de Laë s'obscurcit et elle répondit, d'un ton qui ne disait rien de très bon :

- Tu as fait un serment... il serait regrettable de le bafouer... crois-moi, on ne plaisante pas avec les paroles faites à quelqu'un qui contrôle la magie. Tu n'as pas idée de ce qu'il pourrait se produire si par malheur tu trangressais notre accord...

Un instant de silence s'abattit sur l'assemblée. La reine avait l'air si résolue qu'Ayreb finit par acquiescer. Il se pencha vers l'Augure et lui dit à voix basse :

- Surveillez ma demeure... tant que je n'aurais pas trouvé le moyen de les mettre aux fers, il ne devront pas sortir... Et faîtes quelque chose pour ce crétin !

Il désigna le rouquin d'un air dédaigneux avant d'ajouter :

- Ces couinements de fillette m'exaspèrent ! Derl ! Lève-toi et va me préparer le jeune... avant de lui faire remplir sa toute nouvelle fonction, je veux le cuisiner... Retournez à vos tâches !

La foule ne se le fit pas dire deux fois. Sous escorte, et à la suite de Derl, les soldats hankiens ménèrent les lydéens vers la demeure d'Ayreb. Ce dernier fermait la marche avec un regard entendu vers l'Augure. La maison de celui qui semblait être le chef d'Hanka était très spacieuse. Dans le grand hall rectangulaire, il y avait quatorze chaînes accrochées au plafond. A leur bouts, quatorze jeunes femmes, à moitié dans les vappes regardaient les arrivants d'un oeil vitreux. Elles étaient toutes, sans exception, entièrement nues. Des marques au fer avaient été faites sur certaines parties de leur corps et l'aspect de la cicatrice ne présageait rien de bon pour leur santé. Ayreb explosa de colère :

- On ne salue pas l'arrivée glorieuse de votre maître ?!? LE FOUET !!!

Un homme de petite taille mais au bras énormes entreprit alors de fouetter les jeunes femmes qui étouffèrent leurs cris en se mordant les lèvres. Satisfait, Ayreb indiqua au garde de veiller sur les guerriers lydéens tandis qu'il fit signe à Meecham et Laë de le suivre. Ils entrèrent dans une salle obscure qui comportait une table et six chaises. Au bout de la table de bois se trouvait un fauteuil de pierre ornée de boucliers et de dagues. Ayreb s'y installa tandis qu'il désigna une chaise à ses hôtes. Il posa ses yeux sur Meecham et lâcha :

- Tu es un sous-fifre, toi ! Ta place est par terre comme les chiens !

Laë s'éclaircit la gorge et répondit, toujours aussi froide :

- Manquer de respect à mon second équivaut à me manquer de respect à moi-même !

Ayreb hésita puis finalement questionna le Jalanien :

- Tu te laisses dominer par une femme ? Tu ne vaux vraiment rien... si tu me montrais ta valeur au combat, espèce de bâtard de Cheera ?

Il fit craquer de ses bras puissants ses phalanges et son cou en regardant Meecham. S'il voulait s'installer à la table, il allait devoir prouver sa valeur. S'il se débinait... il passerait pour un moins que rien. Le Jalanien avait un choix à faire, quel qu'il soit, Laë l'approuverait. Après tout, elle ne pourrait pas lui en vouloir, il était le seul à lui faire confiance...

******

Sans ménagement et sans autre forme de procès, Andrew, Karl et Gurkan furent projeté dans une cage de métal située dans un des nombreuses pièces de la demeure. Déséquilibré par les chaînes et la violence des Hankiens, Kant, tomba lourdement sur le sol écrsant Karl au passage. Tandis que les autres riaient aux éclats en partant, Andrew ne put retenir plus longtemps ses propos :

- Cette espèce de pute ! Sale fille de Torsha ! A cause d'elle nous sommes esclaves de ces salopards ! Jewel avair raison, qu'est-ce que nous serions bien dans un monde sans Laë ou sans Kirion pour nous faire chier ! A chaque fois qu'elle est là, il y a des problèmes ! D'abord, Logan et puis maintenant nous... fille de chienne !

En tentant de se relever il chancela et se cogna lourdement contre un barreau de métal. Sur le sol il y avait de la paille et vu l'odeur qui en émanait, les esclaves ne devaient pas avoir d'autorisation pour sortir et aller faire leurs besoins... Il n'étaient que tous les trois dedans mais nul doute, Karl semblait complètement tétanisé. Andrew lui dit alors, en essayant de calmer sa colère :

- J'ignore complètement ce que me veut ce type ! Mais, tu ne dois pas t'en faire... ils ne devraient pas te faire du mal, visiblement c'est après moi qu'il en a et j'aimerais savoir pourquoi...

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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mer 16 Avr - 10:03

Lentement, les quatre autres Augures s’approchèrent de celui qui semblait être leur chef. D’un regard froid, ils fixèrent Laë s’éloigner avec Ayreb. Mais lorsqu’ils regardèrent Tomas et son acolyte Hamy, ils se mirent à murmurer entre eux des mots incompréhensibles pour le rouquin resté en retrait.

La foule d’Hankien prenait soigneusement soin de garder leur distance avec les shamans. Finalement, le shaman au masque gris, vert et rouge dit d’une voix obscure : « Ayreb veut que vous surveillez sa demeure. Aucun homme de cette sorcière ne doit quitter les lieux. Surveillez-les, je m’occupe du soldat... Qu'il la surveille personnellement. »

Et entendu, les quatre shamans s’en allèrent rejoindre la demeure d’Ayreb. Sans un mot de plus, le chef des Augures et le rouquin s’éloignèrent à leur tour lentement vers l’allée des Augures. Un froid hivernal régnait sur ce recoin de ponton. Dans l’obscurité pesante de ce lieu, plus une âme ne semblait y vivre. Seul peut-être quelques rats grouillaient ici et là et dévoraient le reste d’une dépouille laissée à l’abandon. Aucun être vivant n’étaient présent lorsque le shaman et le rouquin pénétrèrent dans le lieu le plus morbide d’Hanka.

L’allée des Augures tranchait en contraste avec le reste de la cité. C’était un coin maudit des dieux eux-mêmes. Même le soleil ne semblait pas avoir la force de percer le voile obscure de l’ombre permanante qui régnait en maîtresse ici. Le froid stagnait en une légère brume qui se moutonnait sur le planché de vieux bois en de cotonneux nuages gris. Soudain, en même temps que s’élevait poussé par le vent glacial les cliquetis d’os qui s’entrechoquaient, le shaman poussa la lourde porte d’une hutte à l’odeur pestilentielle.

Sans que le rouquin ne puisse réagir, une main surgit de l’obscurité et s’empara de lui, le faisant tomber lourdement sur le sol. Des doigts sales, mordu par le temps, frêle et aux ongles arrachés le maintenait de force, l’empêchant de toute leur puissance de s’y soustraire.

De l’ombre, le rouquin pouvait distinguer la silhouette accroupie et encapuchonnée d’une vieille femme dont les longs cheveux gris glissaient poisseux sur le sol. Elle grommela d’un ton lugubre : « Monstrueux ! Dégoutant ! Souillé par une magie étrangère, tu es ! »

L’immonde vieille shamane bougea de quelques centimètres, et son visage apparu de moitié à la faible lueur perçant l’unique fenêtre de la hutte. Il était impossible pour quiconque voyant Kali la Damnée de ne pas laisser transparaître son dégoût. Les yeux de la vieille femme étaient cousus grossièrement de gros fils, ainsi que les commissures de ses lèvres. Dépourvue de nez, à chacune de ses respirations, deux légères fentes vibraient et sifflaient dans l’air en un vent épais. Le temps passé à pratiquer la magie la plus primitive et la plus brute d’Hanka avait fait d’elle une créature de l’ombre à la peau blanchâtre et au teint presque nacré.

L’antre de Kali la Damné était une grande pièce à l’atmosphère épaisse où à son centre se tenait un feu qui crépitait morbidement de flamme verdâtre. Une odeur acre à en mordre les poumons s’élevait des nombreux bols de terre cuite posés sur un meuble poussiéreux et chancelant. Des tapis recouvraient un sol crasseux et par endroit des tâches de sang séché depuis longtemps zébraient les planches défraîchies de la hutte. Dans un coin, un cadavre momifier était déposé et prenait la poussière.

Kali lâcha le poignet du rouquin et poussa un ricanement glauque lorsqu’elle referma la porte derrière le shaman. De son pas boiteux, elle rejoignit le feu pour y jeter un gros morceau de bûche où une chauve-souris y était crucifiée par les ailes. Le soldat d’Ayreb, pétrifié, resta à terre à l’endroit où il était tombé.

Le shaman dit : « Une sorcière foule les planches d’Hanka au moment où je te parles Maîtresse. Elle est accompagnée des derniers Lydéens et d’autres étrangers. Elle est en ce moment chez Ayreb. Il semblerait qu’elle ai un marcher à lui proposer. »

Le souffle putride de la vieille femme parvenu au shaman lorsqu’elle se tourna vers lui. « Les entrailles de cette putain disaient donc vrai, Alecto. »

Alecto ajouta : « Et elle à avec elle deux guérisseurs. »

Kali se figea et le feu lui-même sembla se faire plus petit face à la rage qui l’anima soudainement. Le rouquin trembla, déglutissant fébrilement lorsqu’elle se tourna vers lui et dit d’un ton froid où la haine était palpable :

« Voilà qui est contrariant. Si ton maître désir continuer à jouir des bienfaits des Augures du Masque de Mort, et je le lui recommande vivement car depuis la nuit du Feu du Ciel, il est plus que préférable de posséder à ses côtés des Augures de mon niveau… qu’il se débarrasse d’une façon où d’une autre de ces guérisseurs. Nous ne lui avons jamais rien demandé, mais aujourd’hui, nous exigeons ces sacrifices. » Un sourire de dément. « De plus, c’est la moindre des choses, non ? Ne lui avons-nous pas offert le plus beau de tous les présents ? »

Puis, d’un signe de tête, elle envoya Alecto vers le rouquin. Entendu, le shaman lui abaissa sans ménagement le pantalon, libérant à la vue des deux Augures l’entrecuisse tranché par magie. Kali pencha la tête sur le côté. Malgré que ses yeux fussent cousus, elle semblait parfaitement voir. Après un moment à examiner la plaie magique sans réaction, elle marmonna :

« C’est donc de la pure magie comme rare sont ceux qui peuvent la manipuler qui ampute ce qui faisait ta fierté… » Elle s’éloigna. « Je ne peux rien pour toi. Cette sorcière utilises des pouvoirs trop… complexes. Tu devras te faire à l’idée d’être dorénavant la putain des mâles. A moins qu’elle ne te rende ta queue. »

Puis, lorsque le rouquin voulu protester, elle ajouta d’un ton si froid que le cœur du soldat fit un soubresaut : « Dehors ! Et n’oublies pas de passer le message à ton maître ! Ces guérisseurs ! Je réclame leur tête ! AVEZ-VOUS DEJA OUBLIER QU’AUCUNS GUERISSEUR N’EST AUTORISE A FOULER LES PLANCHES D’HANKA DORENAVANT ? SURTOUT DES BATARDS DE DANAE ! »

*******
Face à Ayreb, comment Meecham pouvait-il refuser le combat ? Il n’avait pas le choix. Lentement et tout en fixant froidement le hankien, Meecham se débarrassa de ses armes qu’il déposa sur la table devant Laë. Il échangea un regard avec la reine, puis il s’avança prudemment, le bras gauche en protection devant lui, et le poing droit juste devant le visage. Les deux hommes se firent face au centre de la pièce.

Brusquement, Meecham sentit le sol vaciller sous ses pieds et il tomba en arrière. Des lumières éclatèrent dans ses yeux et il entendit une cloche sonner dans sa tête. Il fallut un long moment pour comprendre qu’Ayreb venait de le frapper brutalement au visage.

Meecham sentit la rage monter en lui et il s’enflamma soudain, blessé dans son amour propre de guerrier. Il se remit debout lentement, les yeux fixés sur Ayreb qui se tenait près à se battre. La bouche et le nez en sang, Meecham grogna mais Ayreb chargea à nouveau, emportant le jalanien avec lui. Ils tombèrent tous les deux par terre en se battant, chacun essayant un long moment de prendre le dessus sur l’autre. Finalement, Ayreb lui assénait de violents coups de poings au visage qui manquèrent à chaque fois de décrocher la mâchoire de Meecham.

Le jalanien n’avait aucune expérience de ce genre de combat à main nue que l’on appelait la boxe de Davik par ici. Le hankien était puissant et brutal et chacun de ses coups précisément placés. La rumeur était fondée, les guerriers de cette communauté étaient bels et biens monstrueusement doué au combat. Meecham avait un mal fou à refaire surface. Ayreb avait décelé ses failles et il en profitait allégrement. Meecham avait beau frappé Ayreb, l’homme ne paraissait pas le moins du monde décontenancé. Au contraire, chaque frappe du jalanien semblait nourrir en rage le hankien au point qu’il redoublait d’effort en ricanant narquois.

Ayreb agrippa la chevelure de Meecham rudement, lui cracha au visage, puis, il lui donna un coup de coude dans la tempe et le jalanien fut étourdi momentanément. Une pluie de coups déferla aussitôt. Pieds, genoux, coudes. Tous les coups étaient permis. Ayreb riait de toute sa carrure, satisfait d’asseoir son autorité sur ce sous-fifre si peu douer au corps à corps sans arme.

Soudain, alors que le guerrier hankien venait de l’envoyer valdinguer à travers la pièce, Meecham ne bougea plus, complètement dans les vappes. Ayreb paru satisfait. Il essuya d’un revers de poing le sang qui coulait le long de son bouc et il se tourna vers Laë qui n’avait pas bougé d’un cil.

Un grommellement résonna. Meecham se releva difficilement, le visage contusionné. Il lança un regard meurtrier à Ayreb et lui dit : « J’ai pas fini bâtard d’exilé ! » Et entêté, il s’apprêta à s’élancer mollement vers le hankien. Nulle doute qu’il allait une nouvelle fois subir une branlée douloureuse, mais trop obstiné pour s’arrêter, Meecham était près à être mit littéralement KO… question d’honneur.

Cependant, une voix s’éleva et l’arrêta dans son élan. « Oh si tu as terminé, étranger. Maître Ayreb te surpasse. Tu es donc, chien parmi les chiens, et tu prendras donc place à terre… a moins que tu ne désir mourir sous ses coups. »

A l’entrée de la large pièce, Koah était là, debout et vivant. Dans son dos, les quelques soldats Lydéen qui l'avait reconnu n’en revenaient pas. Bien sûr, Laë et Meecham, eux, ne le reconnurent pas, car n’ayant jamais été présenté. Avant que les Lydéens ne purent se manifester, les lourdes portent se refermèrent, protégées par des gardes d'Ayreb.

Le jeune homme était toujours incroyablement beau et ses yeux toujours d'un vert profond intense. Il était habillé d’un long pantalon de lin couleur de jais accroché bas aux hanches. Son torse glabre était nu et tout le long, partant du nombril et descendant jusqu'à son pubis, une rangée de marques noirs, toutes symétriques, semblaient ne faire qu'une avec la pigmentation de sa peau... comme un tatouage. Mais ce n'en était pas un car les marques étaient toutes naturelles. Elles étaient le vestige de la tentacule qui lui avait percer le ventre.

Pour orner d'avantage son corps, Koah avait la chance de posséder de beaux bracelets de biceps en bronze, un collier, et ses doigts et la plante de ses pieds nus, étaient peints en rouge dans des tatouages aux symboles shamaniques. Dans sa nuque, accroché à quelques mèches de cheveux blonds, quelques perles noires pendaient. Enfin, au poignet droit, il possédait le bracelet jumeau de Jewel, offert à sa mort.

Koah était esclave au service d’Ayreb, et plus qu’un esclave, il était un trophée présenté comme indispensable au guerrier par Kali. Par sa tenue soignée et l'encen qui s’émanait de lui, il ne faisait aucun doute qu’il était assez bien traiter, bien que totalement et indiscutablement asservit. Le jeune homme était le présent de Kali la Damné. Elle avait offert son apprenti Augure en signe de ralliement à la cause du guerrier. Shäleen, car c’était le nom qu’on lui avait donné à Hanka, était précieux pour la vieille Augure et Ayreb respectait suffisamment les pouvoirs occultes de la shamane pour apprécier son cadeau à sa juste valeur, même s'il ne pouvait en comprendre réellement l'étendue de l'importance.

D’un pas lent, Shäleen s’approcha de la table et après s’être légèrement incliné devant Ayreb, il planta ses yeux dans ceux de Laë. Il dit d’un ton sec et tranchant : « Si tu tiens à tes yeux, cesses de sonder l’esprit de mon Maître, etrangère. »

Et par un pouvoir brutal et primitif mais d’une puissance surprenante, Laë fut cantonnée à restée dans sa propre tête. Toute tentative d’intrusion de pensée se verrait punie d’images de torture d’une atrocité quasi insoutenable de son peuple... souvenir du massacre de Mavican et des Trayaregs.

*******
Dans leur cage, les trois hommes fulminaient. Karl était anéanti. Il ne pouvait s’empêcher de frissonner. Les quelques soldats qui l’avaient reluqué d’un air pervers, l’avaient terrifié. Tout ceci ne lui inspirait rien de bon. Il dit brusquement en essayant d’écarter sans succès les barreaux de la cellule :

« Ils ne vont pas me faire de mal ? Vous plaisantez Andrew ? Vous avez vu comment certains gardes me reluquaient ? Je n’aime pas ça ! Je respecte les principes de Cheera et les trois types d’amour, mais il n’y a que la chaire féminine qui me plaise ! Je ne veux pas assouvir une quelconque obsession ! »

Gurkan se laissa glisser le long de la cloison, s’asseyant dans la paille. Tout en modérant son agressivité, il demanda : « Je me demande encore pourquoi tu t’énerves Andrew. Tu as toujours été à la bonne de cette putain. Tu aurais du dès le Pic des Ténèbres, te débarrasser d’elle… quitte à tuer Kirion par après. Mais non, il faut toujours que tu sois si… » Il lui lança un regard froid. « Sentimental et lâche. »

Il joua avec un épi de blé d’un air indifférent. Il continua : « Tu es certain de ne jamais avoir croiser ce type ? Réfléchis bien. Tu ne sais faire que ça de toute façon ! »

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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mer 16 Avr - 20:46

Les phalanges d'Andrew s'écrasèrent avec violence sur la mâchoire de Gurkan. Il y eut un craquement sinistre et le chef de lydée, déséquilibré par le geste manqua de peu s'étaler dans la paille. Le regard fulminant, il dévisagea le guerrier et beugla :

- Je t'interdis de me traiter de lâche ! Espèce d'abruti ! C'est facile de dire ça pour toi parce que le seul choix que tu aies eu à prendre dans ta vie c'est de devenir guerrier ! J'aurais fait quoi ? Je l'aurais tué, puis j'en aurais fait de même avec Kirion et pourquoi pas avec cet Ayreb aussi tant qu'on y est. A ce compte-là, je n'ai qu'à éliminer tous ceux qui me gênent ! J'ai rien demandé, moi ! Qu'on me foute la paix. Je suis lâche très bien, sentimental encore mieux !!! Tu as d'autre trucs à me dire ? A être dans une cage autant qu'on s'amuse un peu ! Te démonter la tronche, ça ne me gênera pas !

- Arrêtez tous les deux...

Dans une vaine tentative Karl s'approcha pour tenter de les séparer avant de les voir s'entretuer. Mais dans un mouvement de colère, Andrew lui envoya son coude dans le visage. Ne s'y attendant pas et légèrement moins costaud que Kant, le jeune guerrier tomba le dos dans la paille une main sur sa lèvre éclatée. Une veine battait à tout rompre à la tempe du chef de Lydée qui jeta un regard assassin à Gurkan, comme si c'était sa faute, avant d'aider Karl à se relever. Il lâcha alors, d'un ton énervé :

- Ce type, je ne le connais pas ! Je ne sais pas qui il est ! ET j'ai assez de mémoire pour pouvoir certifier que je ne l'ai jamais rencontré ! Alors, ou il me prend pour quelqu'un que je ne suis pas, dans ce cas-là, il ne serait franchement pas le seul !

Un regard noir, lourd de froideur sur Gurkan puis il poursuivit :

- Ou alors, il est tout simplement fou. Ce qui ne m'étonnerait pas du tout étant donné que tout ce village refoule la folie à l'état pur !

- Estimes-toi heureux, la blonde... bientôt, ce village résonnera de tes cris.

En même temps les lydéens firent volte-face et dévisagèrent le nouveau venu qui n'était autre que Derl. Il se tenait les côtes et ouvrit la cage. Deux guerriers l'accompagnaient histoire de dissuader une évasion en force. Il désigna Karl du doigt et dit avec animosité :

- Approche ! Le Maître veut que je te prépare...

- Vous ne l'emmenerez pas, espèce de fils de Torcha !

Kant avança vers Karl, son regard dur planté dans celui de Derl. Il était si énervé que les ongles de ses doigts se plantaient dans la chair de ses paumes et faisaient couler du sang sur sa peau. Avant même qu'il ait pu réagir, l'homme empoigna Karl par le bras et le fit sortir de al cage sans ménagement. Le guerrier vola un court instant dans les airs avant de s'écraser lourdement sur le sol. Avant de fermer la cage, Derl envoya son genou dans le ventre d'Andrew qui sous le choc se plia en deux.

- Ne t'inquiète pas... petite blonde, il devrait survivre... si le Maître n'est pas trop brutal, il n'aura même pas mal... et s'il se comporte d'une façon noble, alors peut-être qu'il consentira à calmer les autres ! Allons-y !

Il releva Karl en écrasant de ses deux doigts ses cervicales et lui glissa à l'oreille :

- Tu vas pleurnicher... tu verras...

Puis ils sortirent. Andrew se laissa tomber, son ventre l'irradiant d'un douleur lancinante. Il n'accorda pas un seul regard à Gurkan, énervé, blessé par les propos du guerrier et dans sa fierté.

*****

Lorsque Koah contra Laë, cette dernière planta ses yeux bleus dans ceux de l'esclave. Elle ne le connaissait pas... mais elle eut l'impression que son pouvoir ne dépendait pas uniquement de la magie. Ayreb regarda son trophée avec un intérêt qui ne cachait rien à ses pensées. Il était ravi de disposer de quelqu'un de si beau et d'aussi dévoué que lui. Il avança vers lui et posa ses doigts tâchés de sang sur son torse puissant.

- Shäleen... ton acte sera récompensé... tu évites donc à cette sorcière de lire dans mon esprit... Kali ne s'est pas trompée... tu es quelqu'un d'inestimable. A qui d'autre aurais-tu pu revenir ? Personne, aucun ne te mérite plus que moi ! Prends place à côté de mon siège.

Il donna une petite tape sur son épaule et le laissa obéir. Il se tourna vers Meecham et avec un ricanement, il continua :

- Quant à toi, le bâtard, estimes-toi heureux que je veuilles t'accorder le droit de rester dans cette pièce. Tes talents de guerriers sont pitoyables. Tu es un esclave à l'état pur. Dommage que cette catin te protège... sinon, je t'aurais fait briser en mille morceaux par mes hommes. Ensuite, je serais allé dans ton village de bouseux et j'aurais amené ton corps désarticulé devant ta mère. Mes guerriers auraient tué ton père et tes frères, si tu en as, violé tes soeurs et je me serais gardé le privilège de sauter ta mère sur l'autel de Cheera !

Il eut un regard méprisant vers Laë et reprit place sur son siège. La Reine trancha alors :

- Vous avez eu ce que vous recherchiez. L'amusement est terminé. Meecham n'a pas à subir vos injures ! Passons aux choses sérieuses.

Ayreb s'installa confortablement sur son siège et posa lourdement ses pieds sur la table. Il lança avec désinvolture :

- Remettre un chien à sa place est une chose sérieuse... et nécessaire !

- Si vous le dites... Sachez simplement que lui faire du mal ne règlera pas votre problème majeur...

- A savoir ?

Laë eut un regard sombre sur Shäleen et se contenta de dire :

- Moi.

Le rire tonitruant d'Ayreb explosa dans la pièce. Mais en voyant que la reine restait sérieuse il répondit :

- Que faites-vous ici ?

- Nous sommes venus car le destin de votre peuple est lié à celui de tous les autres... Les derniers évènements, ceux dont vous vous souvenez clairement, ne sont pas le fruit du hasard. Une menace approche à grands pas. Cette île est sur le point d'être détruite et si nous ne nous unissons pas pour lutter, alors, nous disparaîtrons avec elle.

Un instant de flottement et le rire d'Ayreb reprit. Mais cette fois, Laë le coupa net en lâchant, ses yeux bleus plantés dans ceux du guerrier Hankien :

- N'oubliez pas la nuit dernière... ses paroles finissent toujours par se réaliser.

Ayreb bondit de son siège, en pointant un doigt sur Laë. Il beugla :

- Comment savez-vous ? Espèce de sorcière !!! Quoi que vous ayez pu lire, dans mon esprit, cela ne vous sauvera pas !

- Si vous décidez d'ignorer cela, c'est vous qui mourrez. Dommage que votre trophée ne soit pas arrivé plus tôt pour m'empêcher de grapiller ces informations...

- J'aimerais bien voir ça ! Shäleen ! Conduis cette traînée et son moins que rien dans une chambre. Poste trois gardes ! A partir de maintenant, vous n'aurez plus le droit de quitter cette demeure tant que je n'aurais pas décidé de votre sort ! DEHORS !!!

Et à la surprise d'Ayreb, Laë se leva et aida Meecham à tenir debout. Elle dit simplement, sûre d'elle :

- Soit, nous nous reverrons bientôt, j'en suis persuadée... Shäleen... pourriez-vous avoir l'obligeance de nous conduire à notre chambre au plus vite ? Meecham a besoin de soins et je dois les lui accorder rapidement.

Son esprit était désormais insondable. Seul un regard pétillant manifestait son étrange assurance. Ayreb attrapa Shäleen par le bras et glissa à son oreille :

- Une fois la chambre sous bonne garde, je veux que tu ailles dans les cuisines... Kali m'a dit que tu étais doué dans la concoction de potions... je veux que tu l'empoissones. Cette femme n'est pas ce qu'elle veut paraître, j'en mettrais ma mère à brûler. Voyons si elle verra le coup venir... dans tous les cas, ses hommes seront bientôt mes esclaves !

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mer 16 Avr - 22:44

D’une façon très séduisante, Shäleen sourit, s’inclina et il dit avec servitude à Ayreb : « Il sera fait selon vos ordres, Maître. »

Puis, il quitta la pièce, Laë et un Meecham boiteux sur ses pas. Lorsqu’ils arrivèrent dans le grand hall de la bâtisse, les quatre soldats Lydéens firent quelques pas vers eux. Ils étaient toujours estomaqués de le voir en vie. La mort du jeune homme pesait sur l'âme de leur chef Gurkan comme un spectre, spectre qui n’avait désormais plus lieu d’être.

Avec une incroyable indifférence, Shäleen se tourna vers les augures qui approchaient en compagnie d’une dizaine de soldats Hankiens. Il ordonna en désignant la troupe de Laë : « Au réfectoire. Débarrassez nos invités de leurs armes… et puis, servez-leur donc quelques choses à manger. Ils risquent de rester un moment ici. »

Les hommes d’Andrew émirent des objections, mais le regard que leur lança Laë fut sans équivoque. D’une voix faible, Meecham leur intima l’ordre d’obéir et, résigner, ils abandonnèrent aux pieds des hankiens leurs épées, leurs arcs et leurs poignards. Les hankiens étaient certes moins nombreux mais bien plus doué, et un combat se serait soldé par une mort certaine.

Un jeune homme de l’âge de Shäleen leva les bras au ciel en signe de prière alors que les hankiens les poussaient dans un grand réfectoire. « Par tous les dieux Koah ! Koah ! C’est moi ! Lycos ! Nous pensions que tu étais mort. » Il espérait que le jeune homme retrouve la raison. « Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi tu serres cet homme ? Koah ? »

« N’adresses pas la parole à Shäleen, chien ! »
Gronda un soldat en sortant son épée.

Lorsque Shäleen posa son regard sur le soldat lydéen qui l’interpellait, un Augure au masque bleu, noir et orange poussa un cri qui glaça l'assistance et qui fit crier les esclaves. Aussitôt, Lycos fut prit de convulsion, et il se courba sous une douleur infligée par l'augure. Il cracha du sang sur le planché, la langue coupée en deux sur la longueur. Indifférent, Shäleen continua de marcher, passant à travers les esclaves nues qui baissèrent la tête en signe de soumission.

Laë ordonna que Tomas l’accompagne afin de l’aider à soigner Meecham. Un long moment, Shäleen resta silencieux, jaugeant de son regard blasé le guérisseur en question qui échangeait quelques conseils avec Hamy pour soigner Lycos en son absence. Lorsque d’une main lasse, Shäleen accepta, les Augures émirent à leurs tours quelques grommellements d’indignation, mais ceux-ci retombèrent vite dans un profond silence.

Tout en accompagnant Laë, Meecham et Tomas dans une aile obscure et bien gardée de la demeure d’Ayreb, Shäleen restait silencieux. Deux augures les suivaient, ainsi que trois soldats qui ne cessaient de reluquer les courbes de la reine avec envie. Les nombreux couloirs semblaient être interminable. Ils passèrent de nombreuses pièces aux portes coulissantes et finalement, après avoir gravi plusieurs étages terriblement bien gardés, ils entrèrent enfin dans une large chambre.

Dans celle-ci se trouvait un grand lit recouvert de draps pourpres, quelques vieux meubles, une grande bassine capable de contenir deux humains, quelques coussins confortables sur le sol et un hamac. L’endroit était confortable et éclairés par de nombreuses bougies. L’unique fenêtre menait sur une cour intérieure à la demeure dans laquelle se déroulait en ce moment même le lynchage d’une esclave.

Meecham s’écroula aussitôt sur le lit qui grinça sous son poids. Le pauvre jalanien était en mauvais état. Il avait le nez cassé et une pommette fracturée. Par miracle, ses dents étaient toutes intactes, mais ses lèvres saignaient abondamment.

D’un ton neutre, Shäleen indiqua une armoire dans le coin de la pièce. « Vous trouverez le nécessaire pour soigner votre sous-fifre à l'intérieur. » Et sans un mot de plus, il sortit, claquant la lourde porte de bois derrière lui.

Les trois soldats prirent leur poste, ainsi que les Augures qui restèrent incroyablement immobiles à fixer l’entrée. Ils marmonnaient entre eux des mots qui pouvaient passer pour des grognements d’animaux.

Tomas ouvrit l’armoire et en sortit quelques serviettes. Après les avoir trempé dans une bassine d’eau posée sur la table, il entreprit d’éponger les plaies de Meecham. « Dans quel pétrin nous sommes nous fourrez ? Que veut cet homme ? » Son regard s’assombrit. « Ne me dites surtout pas qu’il compte faire de nous ses sujets… »

Meecham semblait bougon et totalement épuisé. Il marmonna : « C’est un dément ! Un sale exilé complètement à la masse ! Une brute ! Et j’en ai connu des brutes ! Face à mon épée, il n'aurait pas fait le poids ! »

« Ce Shäleen... est-il dangereux ? Lorsque les lydéens l’ont vu, ils ont parlé de lui en l’appelant Koah. Ils semblaient ne pas en revenir. Ils le croyaient mort. » Tomas secoua la tête. « Vous comprenez quelque chose ? Quoiqu'il en soit, il dégage quelque chose de... d'étrange. Je ne sais pas si vous l'avez ressentie Majesté, mais... il me met mal à l'aise. »

********
Gurkan était silencieux depuis de longues minutes. La douleur dans sa lèvre battait toujours piquante mais il s’efforça de ne plus y penser. L’inquiétude qu’il ressentait pour Karl avait chassée son envie d’en découdre avec Andrew. Qu’allaient-ils lui faire ? Karl n’était qu’un gamin de vingt ans à peine. Il n’était pas endurci et contrairement à ce qu’il voulait laisser paraître, c’était un jeune homme remplit d’innocence. Gurkan savait qu’il n’était pas de taille à affronter un Hankien en combat. Il n’était pas de ceux qui pouvaient faire couler le sang sans éprouver du remords par après.

Les deux hommes étaient silencieux. Une lourde atmosphère pesait autour d’eux. Laë s’était bien foutu d’eux. Elle ne savait strictement pas ce qu’elle faisait. Elle avait livrée à une mort certaine Karl. Elle aurait du s’opposer à ce marcher. De rage, Gurkan tapa le sol et il jura.

D’un ton acerbe, il grogna : « Si le statut de chef te pèse tant que cela Kant, tu n’avais cas pas l’accepter. Tu es de ceux qui réfléchissent trop et qui n’agisse pas assez. Notre monde à changer Andy ! Il va peut-être falloir que tu te bouges le cul et que tu t’endurcisses. » Un regard froid. « C’est sur eux que tu dois taper comme un homme, jolie blonde ! Pas sur moi. Mais peut-être est-ce que l’idée qu’ils puissent eux, ne pas hésiter à riposter et à te tuer, te glace le sang… ce qui pour moi est l’attitude d’un lâche. »

********
Cela faisait une petite heure que Shäleen était affairé aux cuisines autour d’une potion à l’odeur des plus suaves. Un augure au masque rouge, jaune et noir l’assistait. L’arôme délicat qui s’émanait de la petite casserole enivrait l’air. Le jeune homme paraissait satisfait de son mélange hautement empoisonné, puis quelques minutes plus tard, il déversa le contenu incolore dans une carafe d’eau.

Au mélange de l’eau, la mixture perdit son agréable odeur. Une légère teinte verdâtre se répandit dans le liquide et après un instant, elle disparue.

Shäleen tendis la carafe à l’augure et ordonna : « Assures-toi que la sorcière en boive… même si je suis persuadé qu’elle n’en fera rien. Bloques ton esprit, elle lit les pensées. »

Quelques minutes plus tard, ils quittèrent les cuisines. Shäleen rejoignit la grande salle où se trouvait toujours Ayreb, assit sur son trône. Il s’inclina devant lui, puis il lui dit en s’approchant, tranchant l’air de sa présence envoûtante : « Tous vos ordres ont été exécutés, Maître. Les hommes de la sorcière sont désarmés et installés dans le réfectoire. Et la sorcière, son sous-fifre et un guérisseur se trouvent sous bonne garde. Le poison est dans l’eau. »

Son regard vert sonda l’air sombre du guerrier. Il demanda alors : « Mon Maître est-il contrarié ? »

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Jeu 17 Avr - 1:12

Laë passa un linge humidifié d'eau sur le visage de Meecham. Elle était inquiète pour son état. Elle laissa faire les deux guérrisseurs qui étaient plus doués qu'elle dans ce domaine. Elle posa sa main sur sa joue et dit d'une voix désolée, assez basse de sorte que seuls ceux qui se trouvaient tout près puissent entendre :

- Jewel va me tuer... vous êtes méconnaissable. Je suis sincèrement navrée. Je ne pouvais pas les attaquer. Mon devoir de Reine m'impose de n'user de mes pouvoirs qu'en cas de légitime défense. C'est pour cela que je craignais pas qu'il m'arrive quelque chose. Mais ce Ayreb est plus intelligent que je ne le pensai...

- En tout cas, malgré ce que les autres peuvent penser, vous avez bien fait d'agir ainsi. Il était fort probable qu'ils nous massacrent.

- Je leur ai fourni Andrew, Gurkan et ce malheureux Karl sur un plateau... j'espère qu'il ne leur fera aucun mal... en tout cas, Gurkan et Karl peuvent être tranquilles... au pire ils finiront comme Meecham. En revanche... Andrew...

- Mais pourquoi lui ? Il n'avait pas l'air de connaître Ayreb !

- Je sais... ce dernier se trompe... il ignore tout de la nature d'Andrew et il le substitue à une autre personne. La haine envers cette personne l'aveugle. Elle est si forte que je n'ai même pas pu tout y voir. Nul doute que pour lui... Andrew devra être longuement torturé avant de mourir.

Elle eut un instant de réflexion en pensant à Koah. Ainsi, c'était lui, le fameux Lang ! Elle enroula une mèche de ses cheveux autour de son doigt et récapitula :

- Si cet homme est Koah... alors il est très peu probable qu'il se souvienne des lydéens... Il est mort et dans mon pays, on ne peut revenir dans le monde des vivants qu'en payant un lourd tribut... sous forme d'esprit, il faut sacrifier une vie... sous forme physique, il faut consumer une âme. Shäleen n'est plus Koah... c'est autre chose... en tout cas, il dispose d'un potentiel magique fabuleux. Il a réussi à me bloquer dans mon propre esprit... pour quelqu'un d'aussi jeune, c'est fabuleux !

- Oui... je dirais plutôt inquiétant...

- Il protège son maître... mais il ne se montre pas aussi mauvais que lui... je suis persuadée que les restes de son âme sont enfouis... ils finiront par resurgir. Je pense que vous devriez rester ici, tous les deux... ils vouent une certaine aversion pour votre culte, d'après ce que j'ai cru comprendre. Ces Augures... elles sont étranges... je jurerais que leur magie relève plutôt de la barbarie... enfin, nous verrons bien, il est fort probable que bientôt quelqu'un vienne nous chercher ou alors nous parler. En attendant, faites tout votre possible pour Meecham, s'il vous plait. C'est de ma faute s'il en est là.

Elle prit sa main et poursuivit :

- Je suis vraiment désolée... je tâcherais de me rattraper par la suite. Vous êtes le seul qui m'a fait confiance dès le départ et je vous inflige une souffrance injuste. Je reste cependant confiante. Il fait nul doute que vous l'auriez battu avec une épée.

******

La douleur dans son ventre était trop bourdonnante pour qu'il ait la force de se lever et de frapper à nouveau Gurkan. Kant se contenta de lui adresser un regard assassin et de dire avec rancoeur :

- Tu étais d'accord pour je devienne chef de Lydée ! J'étais réticent au départ ! De toute façon, quoiqu'il arrive c'est de ma faute ! Tu n'as pas d'autre mot à la bouche. Et moi je suis con, j'ai tendance à oublier... mais dans la grotte du Pic des Ténèbres, tu m'as tout dit. Tu me hais, je mérites de crever, je le sais. Tout ça parce que Koah éprouvait des sentiments envers moi qui dépassaient ma volonté ! Et là, tu m'obéis uniquement parce que je diriges ce qu'il reste de Lydée... si j'avais été un simple type sans aucun pouvoir, tu ne jouerais pas les hypocrites comme tu le fais si bien !

Il s'essuya le front d'un revers de main et s'appuya sur les barreaux, assis sur la paille. Il n'était ni d'humeur à plaisanter ni à réfléchir. Il voulait sortir d'ici, péter la tronche de Laë, Ayreb, Derl et pourquoi aps Kirion aussi. Ensuite il rentrerais à Ténolas retrouver Logan qui devait s'être réveillé. Acerbe, il lâcha :

- La pire erreur de ma vie, ça aura été de penser que finalement les choses s'arrangeraient. En fait, elles sont pires qu'avant. Je réfléchis... trop... mais il faut bien que quelqu'un le fasse pour les autres... abruti !

******

Derl poussa Karl dans une pièce et la verrouilla. Le jeune guerrier toujours enchaîné avait été amené dans une vaste salle avec une cuve d'eau au centre. L'homme brun le fit avancer et deux jeunes femmes dont le seul vêtement était un petit morceau de drap blanc attaché à leur taille, s'approchèrent. Derl posa sa main indélicate sur les fesses de l'une d'elle et dit d'un ton ferme :

- Le maître le veut à sa disposition rapidement.

Elles allaient l'amener vers l'eau mais Derl ordonna :

- Non ! Il ne mérite pas ce genre de traitement. Eau froide ou eau brûlante... à votre guise. Et ce ne sera pas la peine de trop l'habiller, il ne gardera pas longtemps ce qu'il porte ! Je reviens dans cinq minutes... vous avez intérêt à ce qu'il soit prêt, sinon, je vous ferais fouetter et pendre dans le hall !

Il sortit en poussant le prisonnier qui s'effondra au sol. Un rire narquois déclina lentement à mesure qu'il s'éloignait. L'un des femmes aida Karl à se relever alors que l'autre avançait déjà avec un seau d'eau glacée. Elle dit à voix basse, d'une petite voix :

- Nous devons faire vite... sinon, il nous fera tuer...

- Oui... je sais. Comment vous nommez-vous ? Je suis Irys et voici Kloé...

- Dépêchons...

- Attends ! Nous sommes obligées... mais vous avez le choix entre l'eau glacée et l'eau bouillante... Il faut aussi vous dévêtir... comme vous avez les mains liées, nous allons le faire.

- Et dire qu'autrefois j'aimais faire ça ! Maintenant, c'est de la pure torture... hâtons-nous !

Irys entreprit donc calmement d'enlever les vêtements de Karl. Les deux jeunes femmes lançaient des coups d'oeil apeurés vers la porte. Pas vraiment de quoi rassurer le jeune homme...

******

Ayreb souleva sa montagne de mucles en se levant, la mine assombrie par les propos de cette sorcière. Il posa une main sur l'épaule de Shäleen et la laissa descendre jusqu'à son nombril. Il finit par dire, la voix ferme :

- Elle sait des choses qui auraient dû rester secrètes... Mais, ce n'est pas grave... elle mourra bientôt, j'en suis presque certain. Quant à toi...

Il appuya sur son épaule pour le forcer à se mettre à genou. Puis il le regarda de toute sa hauteur et contiuna :

- Je devrais te gratifier comme il se doit de ton allégeance. Mais, ce sera pour plus tard... je dois d'abord régler deux affaires... Lorsque ce sera fait, je t'honorerais comme tu le mérites !

Il releva du bout de doigts la tête de Koah et ses yeux bleu-pâle se perdirent dans les siens, d'un vert si agréable à contempler. C'est à cet instant que la porte s'ouvrit à la volée. Ayreb se tourna et constata que c'était le rouquin qui n'avait même pas respecté son intimité. Fou de rage, il leva la main sur Shäleen mais se stoppa dans son geste en se contentant de beugler :

- QUOI ???

Le rouquin préférait largement la présence d'un Ayreb en colère plutôt que celle de Kali. Il dit d'un vois légèrement tremblante :

- La grande Kali ordonne que les guerrisseurs, perfides serviteurs de Danaë soient tués sur le champ !

- Je vois... et bien, dis-lui que je m'en charge personnellement... et que je lui apporterais la tête de la sorcière en guise de trophée !

- Mais je...

La perspective de retourner la voir ne l'enchantait absolument pas. Ayreb explosa alors en envoyant au rouquin une dague qu'il évita d'extrême justesse :

- DEHORS !!! Si tu vois Derl sur ton chemin, dis-lui que je veux ce que je lui ai demandé d'ici quelques instants ! Je n'attendrais pas... car si je dois le faire, je promets sur les couilles de Davik que je vous arrache les yeux à chacun !

Le rouquin détala sans demander son reste. Ayreb se rassit sur son fauteuil et donna un violent coup de pied dans la table. Il lâcha alors à l'intention de Shäleen :

- Finalement... je vais peut-être perturber légèrement mes plans. Apporte-moi les deux fouets, celui qui est normal et l'autre... avec les crochets et les clous. Emmène avec toi le tison aussi et des bougies... l'odeur de la cire sur la chair me fait bander... Peut-être que tu pourras participer... si tu te montres compétent !

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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Jeu 17 Avr - 3:56

Gurkan ne put se retenir d’avantage. Andrew l’insupportait. Lui rappeler l’amour que Koah éprouvait pour lui avait le don de le mettre dans une rage folle. Sans pouvoir se contrôler d’avantage, le guerrier sauta sur Andrew. Malgré les liens qui entravaient leurs mouvements, un combat dans la paille s’engagea. Les deux hommes arrivèrent assez bien à s’en foutre sur la gueule.

« Va te faire foutre fils de pute ! » Gronda Gurkan tout en flanquant un violent crochet du droit au Chef de Lydée. « Tu veux que je ne sois plus un hypocrite ! Eh bien, assumes enfant de Torsha ! Bâtard de Kor ! Petite putain blonde d’Hankien ! »

Alerté par le bruit de lutte, deux soldats pointèrent le bout de leur nez. Un instant, ils restèrent sans réagir, les regardant se battre en gloussant. Puis, lorsqu’ils décidèrent que cela avait assez durer, le plus petit des deux soldats prit un sceau remplit d’une eau très sale dans une autre cage, et il en aspergea les deux Lydéens. Aussitôt, ils se calmèrent, se séparant, chacun dans un coin de la cage.

Sous les moqueries des hankiens, Gurkan et Andrew se firent face en reprenant leur souffle. Les soldats repartirent quelques minutes plus tard monter la garde à l’entrée des cachots. Gurkan cracha un peu de sang, et il dit : « Alors, Chef ? Qu’est-ce qu’on fait ? On attend que ta reine vienne nous sortir de là, où on se débrouille seuls ? »

********
« Qu’est-ce qu’ils vont me faire ? Qu’est-ce qu’ils vont me faire ? »

Karl tremblait de tous ses membres en répétant inlassablement la même question. Il avait peur, si peur que son cœur faisait de soubresauts à chaque fois qu’un bruit se faisait entendre derrière la porte. Malgré toute la douceur empressée dont les deux jeunes femmes faisaient preuve, le jeune chef de Kurikat n’arrivait pas à se ressaisir.

Des milliers de questions tournaient dans sa tête, suivie d’idées noires. Il ne pu réprimer ses larmes, larmes qui coulaient le long de ses joues pâles. Kloé et Iris le lavaient à l’eau froide et Karl se laissait faire, tétaniser. Il était incapable de réagir comme un guerrier.

« Pitié, laissez-moi partir. Je n’ai rien fais de mal. Je… ce n’est pas notre chef. Ce n’est pas notre reine. Je ne suis pas Lydéen. C’est Andrew. Andrew est important. Elle le protégeait ! Très important. Pitié… ne me faite pas de mal. Enlevez-moi mes chaînes. »

********
« Mon Maître... détendez-vous. Vous semblez si tendu... » Susura Shäleen.

Toujours à genoux, Shäleen laissa apparaître un sourire malicieux, puis, d’une façon superbement sensuelle, servile et provocante, il se traîna à quatre pattes et la croupe en l’air à en damné un prêtre de Cheera, vers Ayreb. Sa façon de bouger et surtout de fixer son maître était indécente pour un Lydéen, mais terriblement excitante pour un Hankien. Shäleen était chienne et soumis aux désirs de son maître.

Arrivé entre les cuisses d’Ayreb, il les écarta très lentement tout en glissant ses mains jusqu’aux articulations intérieurs des cuisses. Là, à travers le pantalon, il se saisit de la chaire des cuisses musclées de son maître, puis tout en fixant avec insolence le guerrier, il rapprocha son visage de son entrecuisse, si près que ses lèvres touchèrent presque la volumineuse bosse du pénis accentuée par l’étirement du tissu bordeau. Mais alors que docilement l’augure mordillait à travers le tissu le sexe de son maître afin que celui-ci puisse se détendre, il se releva tout à coup dans un élan parfumé d’un encan des plus envoûtants.

Les mains appuyés sur les accoudoirs du fauteuil, les lèvres près de celles de son maître à presque l’embrasser et les yeux verts planté profondément en lui, Shäleen murmura suavement d’une voix où perçait un désir mordant : « Je vais de ce pas vous apportez vos… jouets, Maître… » Il se mordilla la lèvre. « Vous savez que je ferais tout, tout pour vous plaire. Vous êtes mon Maître et je suis votre esclave dévoué et totalement soumis. Tout ce qui compte, c’est vous et votre domination incontestable sur Hanka. »

Au summum de l’excitation, Shäleen se retira et d’un pas félin, il s’éloigna, lançant un dernier regard troublant par-dessus son épaule. Dans le hall, les esclaves étaient silencieuses. Lorsqu’il passa devant le réfectoire, son regard se posa sur Lycos et les guerriers Lydéens qui affichaient une mine sinistre. Un instant, Shäleen resta immobile, l’air songeur. Finalement, lorsqu’un esclave croisa sa route en transportant un panier remplit de linge propre, il quitta sa fixité et il s’éloigna.

A peine une petite dizaine de minutes plus tard, il revenu en tenant un grand coffret magnifiquement sculpté dans un bois d’un noir ébène. Il rejoignit à nouveau Ayreb qui était toujours affalé dans son fauteuil, les pieds sur la table. Lentement, il déposa les ustensiles de torture demandée devant son maître, et il dit :

« Voici maître. »

Alors qu’Ayreb examinait d’un œil avide ses fouets soigneusement rangés dans l’écrin, Shäleen le regarda un long instant en silence. Il était debout à sa droite, les bras derrière le dos. Puis, lorsque son regard croisa celui de son maître, l’augure osa dire d’une voix doucereuse : « Maître, vous devriez prendre des dispositions afin que plus aucuns guérisseurs, suppôts d’adorateurs de Danaé ne pénètrent à Hanka à l’avenir. Il n’est pas bon Maître de laisser se balader en toute impunité ces prêcheurs de paix et d’amour. »

Il s’agenouilla respectueusement près de son Maître, une main déposée sur la cuisse du guerrier. « Pourquoi perdez-vous votre temps avec ces choses là ? » Il indiqua les ustensiles et poursuivit. « Mon Maître, Kali la Damné n’aime pas attendre. Envoyez de ce pas quelqu’un lui livrer la tête de ces adorateurs de Danaé avant de subir son courroux. »

********
Agar, Meecham essayait de garder les yeux ouverts malgré ses contusions. Le jalanien souffrait mais grâce à l’élixir que Tomas lui fit boire, la douleur s’estompa doucement. D’une voix grave et teintée d’une faible fatigue, il dit : « Vous avez raison Votre Altesse… Jewel risque de ne pas apprécier mon nouveau physique de tombeur de ces dames. Ces une magnifique femme rafinée vous savez ? » Il rit et cela lui fit mal. « Si vous voulez vous faire aimer d'elle, ramenez lui son ami. Si vous êtes certaine qu’il existe en ce Shäleen une infime partie de l’âme de Koah, nous devons le ramener avec nous à Ténolas. Il fait partie des Lydéens, pas de ces barbares décadents. Jewel en serait tellement heureuse. »

Tomas semblait troublé. « Vous voulez dire que ce jeune homme a été ressuscité ? Par les Augures ? Pourquoi ? Pour quelle monstrueuse raison ? Pour pouvoir tirer de lui assez de pouvoir afin de servir Ayreb ? »

La porte de la chambre s’ouvrit et un augure tenant une carafe d’eau arriva sans s’annoncer. Derrière lui, deux esclaves apportaient de large plateau sur lesquels des bols de wraps au poulet tandoori étaient déposés. Rapidement et sans un mot, les esclaves laissèrent aux « invités » d’Ayreb les plats sur la table, puis ils s’éclipsèrent.

L’augure déposa la carafe et dit à l’intention des captifs : « Dans sa grande miséricorde, Ayreb vous fais gratifie d’un dernier repas. Profitez-en. » Il fixa de ses yeux cruels, visibles derrière son masque, les deux guérisseurs, puis il partit.

Tomas dit à voix basse : « Vous avez raison, Majesté. Ces augures ont un problème avec nous. Nous ferions mieux de nous méfier. » Il regarda Laë. « Ils dégagent une haine épouvantable pour nous. »

Meecham chuchota : « Je penses qu’ils dégagent de la haine pour tous le monde ici. Ne vous en formalisez pas. »

Le guérisseur secoua tristement la tête. « Non hélas, les ondes de cet augure nous haïssent particulièrement. Nous les serviteurs de Danaé, nous avons la capacité de voir le karma des êtres, et les lumières de cet augure sont incroyablement obscures et toutes pratiquement chargée de haine à notre égare. » Il regarda Hamy. « Nous les dérangeons. Notre présence dans cette demeure les rebutes. Nous leur faisons peur pratiquement. Je me demande pourquoi, car nous ne possédons aucun pouvoir magique capable de rivaliser avec eux. »

Le jalanien grimaça lorsque Hamy appliqua un baume sur son arcade. Il demanda : « Que faisons nous Votre Altesse ? Je crains que votre plan tourne en eau de boudin. Ces hankiens sont imprévisibles. Comment établir un plan sensé sans que leur agissement irréfléchit ne le perturbe et ne le remette en cause ? »

Tomas proposa : « Nous pourrions déjà essayer dans un premier temps d’éviter à Andrew de mourir au nom d’un autre. Ayreb ne semble pas être un homme qui aime faire traîner les choses. »

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 18 Avr - 13:03

- Dans le cas, d'Andrew... si, justement. La haine qu'il éprouve pour lui est grande, plus grande que celle que vous porte ces Augures. Je pense qu'il garde votre chef pour plus tard... ce sera en quelque sorte, le clou de sa journée. Il faut nous concentrer sur le plus urgent... nous imposer et les manipuler.

- Un retour de force ? Nous ne pourrons pas combattre... et puis, comment pourrions-nous gérer une telle situation dans notre position ?

Hamy regarda la reine qui resta un instant pensive. Il se dirigea vers la chope, et versa un peu d'eau dans un gobelet en terre cuite. Il continua de parler :

- Et à supposer qu'ils soient décontenancés un court instant... Meecham a raison, ils sont imprévisibles...

Il leva le gobelet pour donner un peu d'eau au Jalanien mais avant même qu'il ne puisse l'approcher de ses lèvres, Laë avait bondit et le lui arracha des mains en le jetant au sol. Dans son geste, elle donna un coup malencontreux au flanc de Meecham qui grogna de douleur. Hamy, la regarda, surpris. Mais il n'eut pas besoin de poser une question, Laë expliqua :

- L'augure... souvenez-vous de ce qu'il a dit... "Dans sa grande miséricorde, Ayreb vous gratifie d’un dernier repas. Profitez-en"... C'est exactement le genre de paroles qui cachent une tentative d'assassinat...

- Mais ce n'est que de l'eau... S'ils voulaient nous tuer, ils nous auraient égorgés en place publique...

- Ne touchez à rien, ni à l'eau ni à la nourriture... Donnez-moi la chope.

Hamy la lui donna, visiblement étonné. La reine évalua le liquide et en versa dans un autre gobelet en observant attentivement la transparence. Tout semblait parfaitement normal, alors elle décida de tester par elle-même. Elle scruta le sol de la chambre et avança dans les coins. Elle s'agenouilla quelques instants et lorsqu'elle se redressa, elle tenait dans sa main une souris grise de la taille d'un briquet. Elle avança vers le gobelet et y laissa l'animal renifler. Le rongeur s'approcha de la surface mais se ravisa. Laë le déposa au sol et arriva à cette conclusion :

- Ce Ayreb est moins idiot que ses sous-fifres... L'eau est empoisonnée... il n'en fait aucun doute, sinon, la souris aurait bu sans se soucier de rien. Il a compris plus vite que n'importe qui d'autre... mais, c'est parfait, tout ça joue en notre faveur...

Elle posa avec violence la chope sur un meuble et se tourna, les traits tirés par la colère...

- Très bien... nous tenons notre plan, messieurs... je crois qu'il faut recadrer certaines choses...

Hamy la regarda avec intérêt mais, en toute réponse, la Reine se plongea dans un élan de réflexion. Qu'elle qu'ait été son idée lumineuse, son expression ne présageait rien de très bon...

******

- Calmez-vous... s'il vous plait... s'il vous entende vous morfondre ils seront beaucoup plus violents...

- Attends, une seconde... Andrew, vous avez dit ? Irys !!! Kant est ici !!!

- Chuttttt !!!

Kloé baissa d'un ton, visiblement remotivée. Elle continua de parler, sans se soucier du fait que sa main s'attardait sur le haut de la cuisse de Karl, de toute façon, entre l'eau froide et la peur, le guerrier était ratatiné.

- Il est ici... il va nous sortir de là !

- Calme-toi... s'ils t'entendent... écoutez-moi... vous devez éviter de les regarder trop souvent dans les yeux... s'ils voient que vous voulez résister et qu'ils ont quelque chose à soumettre contre leur volonté, ils prendront beaucoup plus de plaisir... je suis vraiment navrée, pour vous... mais nous ne pouvons rien faire. Si vous tentez de vous enfuir, ils vous tueront en vous pendant par les pieds au plafond et nous avec.

- Où est Andrew ? Il est toujours dans la salle des cages ?

- Ne le brusque pas... nous n'avons pas les clés pour vos chaînes... Kloé, nous ne pouvons pas le laisser...

- Nous y sommes bien obligées... il faut libérer Andrew... êtes-vous venus tout seuls ?

Irys jeta un coup d'oeil inquiet vers la porte tout en faisant coulant l'eau glacée sur le corp nu de Karl. Elles étaient sur le point de laver à la main son dos lorsque le porte s'ouvrit à la volée. Derl était de retour. Il avança, un petit air cruel sur le visage et dévisagea les deux jeunes femmes :

- Il n'est pas prêt... vous l'aurez voulu !

- Non, maître Derl... je pourrais peut-être m'excuser pour notre erreur de façon plus personnelle...

Kloé s'était mis à genou et caressait de ses doigts l'entrejambe de l'homme. Ce dernier la laissa faire quelques instants et il finit par dire :

- Soit... dès que j'en aurais terminé avec ce minable, et que Maître Ayreb me congédiera, je reviendrai... Bouge-toi, sale chien !

Il donna un violent coup de pied dans les reins de Karl. Irys lui enfila rapidement un petit linge qu'elle noua au niveau de sa ceinture. Elle eut un regard navré à son encontre, faire ce genre de choses lui était difficile soutenable. A peine eut-elle terminé que Derl prit Karl par le cou en appuyant de toutes ses forces sur ses vertèbres. Il s'approcha de son oreille et murmura :

- Espèce de mauviette... tu pleurniches comme un gros bébé... et tu te prétends guerrier... tu es pathétique. Tu vas voir, ça va être très distrayant !

Tous deux sortirent, laissant les lydéennes seules dans la pièce. Dès que le Hankien fut assez loin, Kloé tira Irys par le bras en lui disant :

- Viens... allons voir Andrew.

- Tu es folle !

- Non... prends un pichet d'eau et le pain moisi d'hier. Celui que tu as caché dans le coin là-bas.

Irys s'exécuta et les deux jeunes femmes sortirent ensemble de cette pièce...

******

- Kali devra attendre un peu plus que d'habitude ! C'est moi qui commande ici ! Je veux en apprendre plus sur ces bâtards de Cheera !!! Mais s'il le faut, je choisirais un guérisseur à éliminer moi-même, en gage de bonne volonté. Une fois que je me serais assuré que la pute qui les accompagne est morte, j'offrirais leur tête et leurs couilles à la grande Kali !

Ayreb eut un regard réprobateur envers Shäleen, il n'aimait pas qu'un esclave, aussi beau soit-il lui donne des conseils. Cependant, l'apprenti Augure avait une valeur de trophée, un statut particulier. Le Hankien n'avait jamais pu le frapper trop fort. D'ailleurs, pour qu'il le laisse patienter à ses côtés, c'est qu'il comptait beaucoup. Le guerrier posa sa main puissante sur celle de son esclave et la fit avancer vers son entre-jambe. En quelques secondes de contact, la bosse de son pantalon augmenta de volume, le résultat d'une érection naissante.

- Ces serviteurs de Danaé sont des profanes... Je veux d'abord m'amuser avec eux histoire de faire comprendre à tous qu'ils doivent nous craindre. Je te laisserais chosir lequel des deux mourra en premier, mais, un peu plus tard... avant, j'aimerais te gratifier de ta loyauté...

L'étoffe du tissu semblait avoir bien du mal à résister à cette pression qu'exerçait l'érection grandissante. Mais alors qu'il allait accompagner la tête de Shäleen à son entrejambe, la porte s'ouvrit sur Derl. Il était accompagné de Karl. Presqu'aussitôt, Ayreb se leva, sans se soucier de la préominence de son penis sous le tissu et porta un regard avide sur le guerrier de Kurikat. L'homme n'en menait pas large et il fut jeté à terre par Derl.

- Sale chien, à genou !

- J'ai failli attendre !

- Maître Ayreb, je vais punir les responsables comme il se doit immédiatement.

- Non ! Tu restes ici ! Tu ne comptais quand même pas te défiler ?

Derl resta donc à sa place. S'il contestait, il subirait un lynchage cuisant et une humiliation en public. Ayreb, aussi fidèle à lui-même que possible, avança vers le Karl d'une démarche guerrière. Il attrapa son visage, et lâcha :

- Tu es mignonne... et si tu me parlais un peu de tes amis ? Tu sais, la pétasse que tu sers... et ses projets ?

Il le souleva du sol, pour le plaquer contre la lourde table, Karl lui tournait maintenant le dos et dans un mouvement puissant du bras, Ayreb le fit se pencher en avant. Il plaqua aussitôt son bassin sur les fesses offertes de Karl. Nul doute que ce dernier devait sentir son pénis en érection. Il lâcha avec une pointe de sadisme :

- Parle ! Parce qu'une fois que tu auras la bouche pleine, ce sera difficile ! Qui est cette pétasse ? Qu'est-ce qu'elle vient faire ici ? Réponds !

Il pressa un peu plus fort son sexe contre les fesses de Karl et ajouta :

- Si tu te montres docile, je tâcherais de t'éviter une humiliation publique... et peut-être même que je t'accorderais l'immense faveur d'être mon vide-couille personnel. Alors ? Marché conclu ?

******

Andrew dévisagea longuement Gurkan. Le guerrier avait traité sa mère de pute et il n'avait pas laissé passer cette nouvelle occasion de lui cogner dessus. Légèrement bridés par leurs chaînes, les lydéens eurent du mal à se dégager l'un de l'autre. Les coups de poings et de pieds pleuvaient comme jamais. Lorsque les deux gardes leur jetèrent un seau d'eau croupie à la figure, tous deux s'écartèrent, le corps tuméfié et meurtri. Kant essuya son nez qui saignait abondamment et son acarde, littéralement explosée par un coup de poing de Gurkan. Il lui répondit, d'un ton qui trahissait sa colère :

- J'en ai rien à foutre... toi qui réfléchis si bien, tu n'as qu'à me donner une bonne idée pour sortir de cette putain de cage fermée à clé ! Ah ouais, mais merde... j'oubliais... tu réfléchis jamais ! Espèce de con !

Tous les deux étaient essouflés par la lutte qui s'était engagée. Kant cracha dans sa direction, ses nerfs étaient à bout. Il n'arrivait toujours pas à digérer que Gurkan le traite de lâche et que Laë les ai vendus pour sauver la peau de ses petites fesses royales ! Il ajouta, d'un ton acide :

- J'ai une idée, tu n'as qu'à plus manger... et quand tu sera un tas d'os, bah je te ferais passer de l'autre côté, comme ça tu seras dehors ! Bonne hypothèse non ? Ces espèces de bâtards ne viendront pas dans la cage... c'est foutu...

La porte se réouvrit. Les deux soldats entrèrent à reculons. Deux jeunes femmes se dressaient devant chacun d'eux. Kloé et Irys... Andrew faillit lâcher un juron mais en embrassant le cou de l'un des Hankiens, Kloé lui fit signe de se taire. Elle plaça le main au panier du soldat et sussurra :

- J'ai envie que tu me prennes comme une traînée...

Au fur et à mesure, elles les faisaient avancer dans leur direction. Irys s'agenouilla. Ils n'étaient qu'à un mètre de la cage d'Andrew et Gurkan. Sans s'en soucier, les deux soldats ouvrirent leurs pantalons pour sortir leurs sexes. Irys prit celui du soldat à pleine bouche, en appliquant délicatement la main sur son torse. Kloé se contenta de caresser celui du soldat dont elle s'occupait. Les deux hommes poussèrent quelques râles de plaisir et c'est l'instant que choisirent les deux jeunes femmes pour les pousser vers la cage. Andrew qui se tenait sur le qui-vive, attrapa un des deux hankiens par la gorge à travers les barreaux et serra du plus fort qu'il le pouvait. Gurkan semblait faire de même. Alors que les soldtas tentèrent de se dégager, d'un même mouvement, Irys et Kloé donnèrent un violent coup de pied dans leur entrejambe. La douleur leur coupa le souffle et Andrew en profita pour serrer de pus belle la gorge du soldat qu'il avait attrapé. Le Hankien voulait atteindre son épée mais vu qu'il avait baissé son pantalon et que sa ceinture se trouvait à ses pieds, il n'avait aucune chance. Peu à peu son visage prit une teinte violacée, ces gestes se firent saccadés, comme épileptiques puis il s'immobilisa. Andrew le tint comme ça pendant une longue minute, serrant encore au maximum. Il semblait avoir oublié les autres autour de lui.

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Ven 18 Avr - 22:58

La douleur dans l’épaule de Karl était puissante. Ayreb avait réussi à lui tordre le bras dans le dos, si bien que si le jeune homme tentait quoique ce soit d’autre que de rester allongé et soumis, il se déboîterait l’épaule. Sentir le guerrier se frotter à lui, écraser son sexe imposant contre l’antre de ses fesses légèrement dissimuler sous cette misérable étoffe de tissu, le terrifiait.

Les Hankiens aimaient ce genre de spectacle. Briser le corps d’un autre. Le souiller. Le soumettre. Asseoir son autorité sur un être faible. Ces pratiques étaient monnaie courante dans ce village, mais plus que partout ailleurs, dans la demeure d’Ayreb, le seigneur de cet antre ce faisait une religion de souiller tous corps pouvait encore l’être. Si l’homosexualité et la bisexualité en tant que principe affectif étaient mal conçues par ici, le principe de dominant et de dominer était tout à fait acceptable. Celui qui pénétrait et qui possédait était élevé au rang d’homme, et celui qui subissait et se faisait pénétrer était traité en femelle et à la guise du séviceur.

Karl pleurnichait, ses longs cheveux noirs devant son visage. Il sentait toute la masse musculaire de l’homme l’écraser contre le bois rugueux de la table et son souffle chaud contre son oreille. Ayreb se délectait de ses gémissements. Il lui mordit l’épaule, lécha sa nuque et laissa s’écouler un épais filet de bave qui souilla le côté du visage de Karl. Le jeune homme essayait de se débattre mais force était hélas pour lui de constater que plus il se révoltait, et plus la douleur dans son épaule augmentait rapidement.

Sournoisement, Ayreb glissa son autre main sous l’étoffe de tissu et attrapa fermement une fesse du jeune homme qui poussa un gémissement sous son châtiment. Ensuite, malgré les supplications du gosse qui semblait ne connaître que quelques mots dans son vocabulaire, il glissa deux doigts à l’entrée de son corps, poussant sur la rosasse étroite et vierge de son anus. Karl se contracta violemment mais Ayreb lui malmena le bras en poussant un rire gras et cruel.

Karl supplia entre deux pleures : « JAMAIS ! NON ! JE NE SERAIS JAMAIS VOTRE PUTAIN. »

Mais Ayreb força le passage de ses doigts et Karl cria de douleur. Il dit alors la voix brisée :

« Non, non, pitié, non… arrêtez ! Pourquoi vous faites ça ? Pourquoi ? Arrêtez… pas ça… non… Je suis un homme. Je suis un homme, un homme qui aime les femmes… arrêtez, non… pas par là… stop… »

Ayreb était brutal à lui en faire mal et odieusement méprisant. Il lui léchait la joue, lui crachait dans les yeux et le reniflait comme un porc en se délectant de sa terreur. Après avoir résister a peine une petite dizaine de minutes à peine aux injonctions malasaines d'Ayreb, et malgré tout l’effort que Karl faisait pour lui tenir tête, le jeune guerrier ne put se contrôler d’avantage. Karl n’était pas endurcit et il ne su pas longtemps dominer son côté puéril et craintif.

« C’est… c’est une reine ! Une reine d’un lointain pays… Yrilia de derrière les Rocailles. Nous sommes ici pour vous demandez de nous rejoindre… de vous unir à nous. Il faut faire… aaaaaaaaaaahhh… face à Dorthal et ses mages. Stop arrêtez ! Elle… elle n’est pas votre ennemie… et moi non plus ! Pitié ! »

D’un air froid, Ayrel continuait d'assouvir ses pulsions destructrice en Karl qui pleurnichait, se sentant humilier. Le jeune homme cria dans un élan de courage : « Barbares ! Putain de barbares ! NOUS VOUS TUERONS TOUS ! »

Debout près du fauteuil d’Ayreb, et depuis l’entrée de Derl et du prisonnier, Shäleen regardait d’un œil froid son maître. Il semblait légèrement contrarier, mais pas par le spectacle offert car cela l’indifférait, ni par les propos tenus par Karl. Etait-ce le fait qu’Ayreb puisse remettre à plus tard un ordre de Kali qui assombrissait son si joli visage ? L’augure regarda un instant son maître, puis, d’une façon qui ne cacha pas son irritation, il ouvrit le coffret noir où se trouvait les fouets, et il le poussa brutalement vers Ayreb, l’incitant à passer au chose sérieuse.

« Finissez-en rapidement, Maître. »

La boite glissa dans un bruit sourd. Shäleen défia du regard son Maître, lui faisant comprendre ainsi qu’il en finisse le plus vite possible afin de pouvoir répondre aux ordres de Kali la Damné. Entêté, le jeune homme fit face à Ayreb fièrement qui semblait luter avec l’envie de le corriger et de continuer à molester Karl. Finalement, Shäleen s’en alla sans un mot de plus, boudant ouvertement son maître. Shäleen savait qu’il serait puni, mais il savait aussi que la punition serait la moins sévère de toutes celles subies dans la maisonnée. La frustration et la colère qu’Ayreb éprouverait à son égare serait rejetée sur un autre… et ce serait plus fort que le guerrier.

Etonnamment, et les hommes d’Ayreb ne se l’expliquèrent pas, leur maître n’avait jamais été profondément cruel, sadique et monstrueux envers l’esclave. Oh, bien sûr, plus d’une fois il l’avait giflé, quelques fois battu et bien souvent, Ayreb avait abusé et souillés ses charmes sauvagement, mais jamais le sang de Shäleen n’avait coulé plus que de raison dans cette demeure.

Il marcha à travers le grand hall et passa devant quelques soldats renfrognés. Que la favorite de toutes les putains du Maître puisse lui faire faux bon, leur était désagréable car il y avait des chances que des brides de la colère du grand manitou retombent sur eux. Un homme voulu l’arrêter, mais affronter la colère du shaman avait quelque chose de terrifiant. Certaines rumeurs qui circulaient dans la demeure disait que Shäleen avait déjà dans un coup de sang, écorché vif un homme, rien que parce que celui-ci s’en était revenu du temple de Sedna avec une urne sacrée, offerte gracieusement par les prêtres afin de payer un tribut honorable à Ayreb. Shäleen l'avait détruite sur le champ et il fut copieusement puni toute une nuit par Ayreb.

Shäleen marcha à travers les couloirs de la gigantesque demeure, un froid glacial l’entourant. Sur son passage, des esclaves s’inclinèrent respectueusement, ainsi que quelques soldats craintifs de se retrouver seuls avec lui. Lorsqu’il passa près de la porte arrière et coulissante du réfectoire où étaient attroupés les hommes d’Andrew, Lycos profita d’un moment d’inattention des hommes d’Ayreb pour s’éclipser. Le guerrier Lydéen blond attrapa le bras de Koah, et bien qu’ayant la langue charcutée, il chuchota difficilement :

« Koah ? Tu ne me reconnais pas ? » Malgré l’obscurité du couloir, il chercha à mieux discerner le visage de l’esclave. « C’est bien toi ? Je n’en reviens pas. C’est un miracle. »

Shäleen se radoucit. Il dit calmement : « Tu ne devrais pas m’adresser la parole Lycos. Tu risques ta vie si on te surprend avec moi. »

« Qu’est-ce qu’il se passe ? Gurkan et Andrew sont ici. Ils nous on dis que tu étais mort au Pic des Ténèbres. Ces sales hankiens les ont emmenés quelques parts avec eux. Où sont-ils ? »

Avant que Shäleen n’ait pu répondre, un bruit se fit entendre dans le réfectoire et aussitôt, un homme surgit derrière le Lydéen. Shäleen poussa Lycos le regard froid, et le lydéen tomba en arrière dans le réfectoire. Deux hankiens surgirent et le tirèrent sans ménagement à l’intérieur, et un troisième coulissa la cloison devant le nez de Shäleen. Lycos cria après avoir reçu un coup de poing et l'Augure continua sa route.


*******
Gurkan étranglait de toutes ses forces la gorge du soldat collé dos aux barreaux de la cellule. Il serra si fort que sa nuque se brisa en un bruit bien audible. Il avait la haine, une haine épaisse qui le poussait à donner tout ce qu’il avait. Lorsque l’homme ne chercha plus à se débattre, le grand guerrier métissé le lâcha, son corps tombant lourdement sur le sol. D’un geste rapide, Gurkan lui arracha le trousseau de clefs qu’il avait à la ceinture, puis, après avoir chercher quelques secondes après la bonne clef, il défit ses chaînes.

« Par Cheera ! Que faites-vous ici les filles ? » Demanda le guerrier tout en libérant Andrew de ses entraves de la même clef. « Vous avez échappées aux Idrazits ? Y a-t-il d’autres survivantes dans votre cas ? »

Par un incroyable coup de chance, Andrew trouva la clef du cachot d’un seul essaie. Les portes se la cellule s’ouvrirent. Les deux hommes sortirent de leur prison. Ils récupérèrent les armes des geôliers et aidé par les deux jeunes femmes, ils traînèrent dans la paille les soldats. Après un dernier coup de pied dans les dépouilles des hankiens, Gurkan se tourna à nouveau vers les jeunes femmes. Epée courbée à la main, il demanda :

« Qu’on-t-ils fait de Karl, ces fils de Kobol ? Un jeune homme d’une vingtaine d’année a peine. Cheveux noirs… longs. Plutôt mignon. Il fait partie de notre groupe. C'est le chef de Kurikat ! »

*******
Tomas s’étonna de voir Laë si déterminée. Il ne savait pas pourquoi, mais il lui semblait qu’elle en savait plus qu’elle ne le laissait entendre. Le guérisseur était décontenancé par tout ceci. Il n’avait pas l’esprit développé pour ce genre de chose. Les plans et les manigances, ce n’étaient pas dans sa nature. Jamais Tomas n’avait eu besoin de se sortir de pareil guêpier, et encore moins, il n’avait côtoyé des gens comme les hankiens. Tout ceci était nouveau et perturbant.

Il se dirigea vers les plats de nourriture et les fixa un instant. Il demanda alors : « Qu’est-ce que vous comptez faire ? Quel est votre plan ? »

Douloureusement, Meecham demanda : « Qu’avez-vous lu dans l’esprit d’Ayreb Votre Altesse… tout à l’heure ? » Il toussota. « Pour le mettre en colère… vous avez vu quelque chose avant que… Shäleen… Koah n’arrive. Que c’est-il passé la nuit dernière ? A qui les paroles finissent-elles toujours par se réaliser ? Vous l’avez mit très en colère en disant cela. De quoi parliez-vous ? »

Tomas se tourna vers Laë, l’œil remplit de questions. « Que savez-vous donc sur cet Ayreb que nous ne savons pas encore ? »

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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Dim 20 Avr - 13:21

- AMENE-TOI !!!

Derl obéit, sachant déjà ce qu'il allait subir... Lorsque Shäleen partit, il n'avait guère apprécié son air trop hautain pour un escalve, aussi trophée, soit-il. Ayreb n'appréciait absolument pas de voir ce genre de choses dans le regard de ceux qui lui étaient inférieurs. De sa main droite, il appuya lourdement sur l'épaule de Karl, le maintenant sur la table. De son autre main, il envoya un formidable coup de poing dans le visage du guerrier. Sous le choc, sa machoire émit un craquement sinistre ses lèvres éclatèrent. Derl se massa la joue et cracha deux morceaux de dents accompagnées d'un filet de sang. Fou de rage, il se saisit du fouet enserra la gorge de Karl avec. Il souffla dans son oreille :

- Une reine d'un pays lointain, dis-tu... Ta reine va mourir sous peu, j'ai fait empoisonner son eau ! Cette sale pute va crever !

Il tira un peu en arrière, le cuir entaillant en surface la peau douce du cou de Karl. Plaqué contre son sexe désormais en pleine érection sous son pantalon, il ajouta, cruel :

- Tu vas tous nous tuer, hein ? Ce n'est pas comme ça que l'on parle à un maître, minable bâtard !

Il arracha le bout de drap qui cachait le nudité de Karl et baissa l'avant de son fûte. Sans prévenir, ni ajouter de délicatesse, il enfonça son pénis turgescent entre les fesses du chef de Kurikat qui poussa un cri étouffé de douleur. L'air sadique n'y trompait pas... il prenait plaisir à le faire souffrir. Et c'était à la limite de la décence humaine. En le gardant plaqué sur la table de ses bras, il donna de grand coups de bassin, arrachant des plaintes de souffrance à Karl. La torture dura plus de dix minutes. Au final Ayreb se pressa au maximum contre ses fesses pour relâcher sa semence à l'intéreur du guerrier dans un râle presqu'animal. D'un mouvement brusque, il précipita au sol un Karl dont le visage était humidifié de larmes. Il tomba à terre, réplié sur lui-même, comme une loque. Ayreb remonta son pantalon et prit le fouet. Il en donna quatre grand coups sur la peau nue du guerrier, créant des plaies à chaque contact. Il s'arrêta et regarda l'homme, violé et humilié :

- C'est bien... pleurniche... alors, elle est venue te sauver, ta reine ? Petite merde !

Il donna un coup de pied dans son estomac et se tourna vers Derl qui essuyait son sang à l'aide du drap désormais rouge. Il lâcha, impitoyable :

- Je te le laisse, à toi et aux autres... je veux qu'il pleure comme un bébé. Peu m'importe la méthode !

Derl acquiesça et sortit de la pièce quelques instants. Ayreb en profita pour s'avachir dans son fauteuil. Il posa ses pieds sur la table tout en poussant volontairement un agréable soupir de jouissance. Il regarda le chef de Kurikat, toujours au sol et dit à sa seule attention :

- Tu voulais de la barbarie, sale chienne... et bien tu vas en avoir... ha ha !

Il eut un rire sarcastique et à cet instant, Derl revient entouré d'une dizaine d'autres hommes. Il donna un coup de pied dans la jambe de Karl et deux guerriers le levèrent pour l'allonger sur la table et l'immobiliser. Etant donné les bosses visibles dans les pantalons, Karl n'en avait pas fini de son supplice. Et Ayreb ne le quittait pas des yeux, il était sans aucune pitié.

********

Andrew dévisagea longuement le cadavre qu'il avait fini par relâcher. Irys et Kloé eurent un regard inquiet vers lui. Depuis la dernière fois, il avait tant changé. Il semblait avoir pris une dizaine d'années en quelques mois. Il avait minci, ses traits étaient plus fatigués et il semblait porter sur ses épaules un poids insoutenable. Conscientes que la situation avait changé, étant donné que Lydée avait été détruite, les deux jeunes femmes restaient néanmoins intriguées. Surtout lorsque Gurkan fit référence à Karl. Irys posa ses mains sur sa bouche, surprise et lâcha :

- Par Pelös ! Pauvre type... Derl l'a fait amener à Ayreb... cette brute va le violer, séance tenante... j'espère que ce malheureux n'aura pas l'idée folle de lui résister...

- Le chef de Kurikat, dis-tu ? En tout cas, c'est exactement le genre d'éphèbe qui excite Ayreb...

- Mais, il va prendre plaisir à l'humilier, comme d'habitude... il fait pareil avec les femmes, seulement, elles sont déjà inférieures... Pour les hommes, plus ils sont jeunes et inexpérimentés plus il se régale de les souiller... Nous avons vu des choses horribles... on nous as dit que Lydée était tombée.

- Comment êtes-vous arrivées ici ?


Andrew parlait pour la première fois et au regard surpris qu'elles lui lancèrent, il comprit que sa voix trahissait un mélange de colère et d'aversion pour ce qu'il venait de faire. Kloé, décida de ne pas s'en soucier et elle dit :

- Pour faire simple, nous avons été chassées par Lokan. Enfin à vrai dire, il nous a dit qu'il avait un travail à nous donner. Comme nous vidions bien les poissons, il voulait, en ton absence nous assigner à la pêche. En réalité, il nous a conduit vers la plage pour nous vendre à des marchands d'esclaves.

- Je pense qu'il voulait éviter que les gens trop proches de toi, répandent partout que les Idrazits approchaient. Nous avons été amenées ici, de force. Je passe sur les horreurs que nous avons subies... lorsqu'il y eu le feu dans le ciel, ça a semé une immense pagaille... D'après ce que j'ai compris, les Augures ont accusé le clan dominant d'être à l'origine de la colère de Sedna... Ils ont donc vivement protesté. Ayreb est alors apparu comme le dominant idéal. Il avait prouvé sa valeur au combat, il est beau... bref, le guerrier le plus à même d'asseoir son autorité.

- Et puis... ça a été le carnage... Ayreb tuait tous les hommes qui osaient lui résister. Il n'a pas tardé à avoir le soutien partiel, puis total des Augures... Pendant près de deux mois... ce village n'a été que pleurs, cris de souffrance et filet de sang... les esclaves ont changé de main. Notre ancien maître nous traitait plutôt bien, comparé à ce fou... il l'a fait éventrer sous nos yeux et il a demandé à ce que nous ramassions les morceaux un par un...

- Pour les jeter à l'eau... Les Augures ont fait offrande de Koah à Ayreb, en gage d'allégeance.


Andrew manqua s'étouffer. Son coeur eut plusieurs ratés et il écarquilla les yeux.

- Koah ??? Mais il est mort !

Irys pâlit et se tourna vers son amie de toujours :

- Nous pensions qu'il était avec vous... et qu'il s'était fait capturer... jusqu'à maintenant... soit Shäleen lui ressemble comme deux gouttes d'eau, soit... il n'est pas humain...

Andrew chercha de la main le mur pour s'y appuyer. Il ne put s'empêcher de lancer un oeil à Gurkan. Koah était mort... il l'avait placé dans une sépulture... il avait même pleuré sur son cadavre... non, le guerrier ne devait pas se faire d'illusion, il dit alors, d'un voix qu'il voulait lui-même convaincue :

- Gurkan... ce n'est pas possible... tu le sais... Koah est mort.

Au fond de lui, il souhaitait au contraire que ce soit vrai...

*******

Laë eut un instant d'hésitation et fit durer sa réflexion quelques minutes. Elle luttait intérieurement pour faire son choix. Finalement, elle opta pour leur dire ce qu'elle savait. Il prit un grande inspiration et répondit sous l'attention des trois hommes :

- Il a rencontré Kirion... mais pas comme on pourrait le croire. Il ne s'est pas déplacé. Il a simplement hanté ses rêves... Ayreb savait que nous arriverions bientôt... mais il n'en a parlé à personne. Lorsqu'ils nous a vu arriver, il a immédiatement compris que ce n'était pas seulement des songes. Kirion l'avait prévenu que des lydéens accompagnés d'une reine viendrait pour conclure une alliance. Ce qu'il n'avait pas prévu, ce que le chef soit une femme... enfin peu importe, son esprit s'est ouvert à cette pensée, au moment précis où je le sondais. Dans son rêve que j'ai pu voir plutôt clairement, Kirion l'a mis en garde : "Si un seul des nouveaux arrivants meurt, je me vengerais personnellement. Ils sont sous ma protection. Avant l'aube du deuxième jour, après leur arrivée, je considérerais ton peuple comme un ennemi... et je l'anéantirais. Tu as donc deux jours pour réfléchir. Après quoi, ta tête me servira de gri-gri mystique."... Outre les détails, Ayreb est malin... comme il a appris par Shäleen que je lisais son esprit, il a aussitôt cru que j'avais un lien avec ce songe. Il ne connait pas la nature exacte de Kirion, il a donc d'abord pensé à de la sorcellerie. Mon allusion n'a pas changé grand chose... Il semble connaître son affaire. Là, je ne fais que supposer mais lorsque j'y ai fait allusion en utilisant le "Il", il est arrivé à la conclusion que je parlais de moi, étant donné que j'ai les privilèges d'un homme... Pour ce peuple, une femme ne peut servir à rien d'autre qu'au plaisir et à la procréation de garçons...

Elle s'arrêta un instant, pour respirer et reprit :

- En tentant de m'empoisonner, il pense éliminer la cause de cette prédiction. Il se trompe, je ne peux pas ordonner à Kirion. Il a toujours été libre de faire ce qu'il voulait, comme il l'entendait. Mais, je vais utiliser cette faiblesse. Je vais jouer le rôle qu'il tend à me donner. Il tente de m'empoisonner alors que je l'avais averti... Meecham, vous connaissez assez bien Kirion pour savoir qu'il n'a qu'une parole... Ayreb serait mort à l'heure qu'il est qu'il avait été à ma place. Je vais donc agir comme lui, me montrer menaçante. Et je vais même le faire tout de suite.

Hamy la regarda, visiblement songeur et il demanda :

- Mais... Shäleen savait que vous sondiez l'esprit de son maître, comment être sûr qu'il ne pénètrera pas le votre pour y découvrir la supercherie ?

- Il m'a fait camper dans ma propre tête... je n'y étais pas préparée. Maintenant que je sais à quoi m'attendre il sera beaucoup plus difficile à cet homme de me surprendre. Hamy, vous resterez ici avec Meecham. Tomas, vous venez avec moi.


Laë prit alors le gobelet d'eau et ouvrit la porte. Des armes se pointèrent sur elle et en l'espace d'un instant les soldats s'affalèrent au sol, ronflants comme des sonneurs. Elle arriva devant l'Augure qui les surveillait et lâcha avec un ton impérieux :

- Prenez garde... je suis en colère et j'aimerais pas tâcher ma robe de votre sang si vous m'y obligez ! Cet homme est avec moi. Le prmeier qui ose le toucher... lui et ceux qui m'accompagne, j'en fais de la purée pour chien !

Elle frôla froidement l'augure qui se mit à les suivre. Ayant une bonne mémoire et une capacité d'orientation très experte, elle n'eut aucun mal à retrouver le chemin vers la salle d'Ayreb. Arrivée devant la porte, elle murmura à Tomas :

- Restez près de moi, surtout...

D'un mouvement de bras, elle ouvrit la porte à la volée. Aussitôt Ayreb se leva de son fauteuil. Derl arrêta ses va-et-vient l'air surpris. Alors que les autres guerriers avaient dans l'intention d'arrêter les nouveaux venus. Laë lâcha d'une voix audible de tous :

- Restez où vous êtes... parce que je ne vais pas hésiter à vous réduire en charpie !

Les plus valeureux n'écoutèrent pas l'ordre et avancèrent insouciant, l'épée à la main. A un mètre de la reine, ils furent stoppés par des lames invisibles et leur tranchèrent la tête d'un coup net. Horrifiés, les guerriers reculèrent, laissant appraître Karl, en nage. A le vue du guerrier de Kurikat dans cet état, la rage de Laë ne fut plus simulée. Toutes les issues se verrouillèrent, la porte se referma lourdement d'errière elle, cassant le nez de l'augure qui s'était approché. Elle pointa son index sur Ayreb qui était debout, légèrement décontenancé. Sa voix n'avait rien de très rassurant :

- VOUS !!! Pensiez-vous que je sois stupide pour boire ce verre ?

Elle montra le gobelet et Ayreb répliqua :

- Je ne vois pas de quoi vous parlez !

- Très bien... dans ce cas, je vais vous rafraîchir la mémoire...[/b]

Elle désigna Derl du doigt et ordonna, d'un ton clair et tranchant :

- Buvez !

Ayreb la dévisagea, et hocha la tête pour encourager le guerrier. Derl, pas rassuré pour autant, prit le gobelet et le porta à ses lèvres. Sous l'oeil de tous, il avala une gorgée. Pendant une minute rien ne se passa. Il se permit alors de dire :

- C'est de l'eau... pure et...

Il ne termina jamais sa phrase, avant d'articuler le dernier mot, il tomba sur le sol, raide mort. Ayreb fit semblant d'être surpris et Laë explosa alors :

- Vous avez ordonné à ce qu'on m'empoisonne, je le sais... je le LIS dans votre esprit ! Vous ne prenez pas au sérieux, et je n'aime pas ça... Quant à vous, écartez-vous de cet homme !

- Tuez-la !


La voix d'Ayreb était autoritaire et agacée. Les soldats hésitèrent mais devant le regard lourd de menaces de morts de leur chef, ils avancèrent vers elle pour l'abattre. Dans un bruit d'explosion et d'étincelles, tous ceux qui avaient tenté l'expérience, se retrouvèrent éparpillés sur les murs. Il ne fallut que queques seocndes pour retrouver un calme paisible. Dans la salle, il ne restait aucun guerrier, juste Karl, Ayreb, Tomas et la Reine. Elle avança vers l'esclave, souillé au plus profond de son âme et l'aida à se mettre sur le flanc. L'asseoir aurait été un martyr pour lui... Elle ordonna alors à Tomas de s'en occuper et avança vers Ayreb qui malgré son inquiétude grandissante paraissait toujours aussi froid et résolu !

- Je vais partir d'ici, avec tous mes hommes... TOUS, sans aucune exception... votre réponse est très claire, vous refusez clairement mon offre. Tant pis, vous en paierez le prix...

- Vous ne sortirez pas d'ici vivants !

- Oh que si... ma démonstration ne vous a pas suffit ? Nous partons sur le champ !

- Je garde le blond ! Il est à moi !

- Non... vous vous trompez de personne. Votre haine vous aveugle.

- LA FERME ! Je garde le blond et vous pourrez peut-être sortir d'ici entiers !

- Je crois que vous ne comprenez pas... je ne vous laisse pas le choix, c'est terminé, vous avez clairement opté pour votre mort proche... c'est un ordre, libérez mes hommes avant que je vous tue personnellement...


Aussi têtu et dominant qu'il était Ayreb n'avait pas l'air d'apprécier de se faire avoir par une femme. Il dût au fond de lui-même s'avouer presque vaincu. Cependant, il ajouta :

- D'accord, le blond sera libre. Etant donné que de toute façon, vous allez me tuer, je demande à ce que sa liberté soit gagnée... en combat en mort. Je n'ai rien à perdre à part satisfaire ma vengeance.

Laë le dévisagea longuement et finit par céder :

- Soit... mais vous devrez vous battre à l'épée.

- Ce sera sans problème...

Il caressa la lame posée à côté de son fauteuil. Laë ouvrit alors la porte sur l'Augure et Ayreb ordonna :

- Apportez-moi le blond... son heure a sonné !

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Dim 20 Avr - 17:19

Gurkan resta immobile. Son visage était incroyablement sombre. Une forte partie de lui souhaitait ardemment que Koah soit en vie, même si l’idée était déraisonnable. Personne ne pouvait échapper à la mort. Personne. Et son Koah avait, au grand dam du guerrier, été tuer de sa propre main. Est-ce que dans sa Grande Miséricorde, Cheera l’avait ressuscité ? Etaient-ils partit trop tôt vers le Pic des Ténèbres en le laissant seul dans les souterrains ?

Rageur, le guerrier répondit à Andrew d’un ton odieux : « Je sais Kant ! Je sais qu’il est mort ! Mais je veux voir de mes propres yeux ce Shäleen ! Je veux voir quelle sorte d’augure peut prendre l’apparence de Koah ! »

Mais alors qu’ils voulurent quitter les cachots, trois soldats arrivèrent accompagné d’un augure. D’un coup de pied habille, Gurkan souleva dans un élan une épée qu’Andrew attrapa au vol par le pommeau. Le guerrier dit : « Bats-toi si tu veux sortir d’ici. Et bien ! »

Et dans un déferlement de coups d’épées, les Lydéens tentèrent de les repousser. Gurkan se battait bien mieux qu’Andrew à l’épée. Le chef Lydéen n’avait jamais suivit de réel entraînement et plusieurs fois, il échappa de justesse à la lame dentée du hankien qui l’agressait. Andrew était bien plus doué à l’arc.

Entre coups et parades, Gurkan réussi assez habilement à tenir en respect deux hankiens. Le lydéen était brutal et sans pitié. Le désir de retrouver Koah, où du moins ce qui semblait être Koah, le poussait à se surpassé. Sa lame tranchait l’air et s’abattait à chaque coup contre l’acier des armes des hankiens en des étincelles rouges. De son épée, Gurkan trancha la gorge d’un homme dont le sang s’écoula abondamment sur le planché. Irys et Kloé se tenaient à distance afin de ne pas se ramasser un coup perdu.

L’augure fixait la scène d’un air froid. Il se mit à marmonner des paroles incompréhensibles en brandissant une poupée faites d’os et de chanvre. A l’aide d’une large aiguille, il planta la poupée et soudain, une vive et fulgurante douleur perça le haut du bras musclé de Gurkan. Ce dernier lâcha son épée dans un geste incontrôlé. L’hankien en profita pour lui donner un coup qui frôla de justesse la hanche du lydéen. La lame écorcha sa chaire en une traînée de sang. Le soldat ennemi lui asséna au passage une frappe violente à l’aide de son coude qui fit tomber Gurkan à la renverse.

De son côté, Andrew avait réussi à trancher le bras de son guerrier qui beuglait comme un porc qu’on égorge. Mais hélas, attiré par l’agitation et les hurlements, d’autres soldats hankiens arrivèrent au pas de course, et les Lydéens durent s’avouer vaincu. Malgré tout leur effort pour s’enfuir, ils furent désarmés et à nouveau enchaînés. Gurkan fut battu un long moment et foueté, puis lancé en cellule, alors qu’Irys et Kloé furent traînées dans une autre pièce de force.

Après quelques coups, et sur ordre de l’augure, on traîna par les cheveux Andrew dehors. Rapidement, on lui fit passé quelques couloirs, montés deux escaliers, franchir des pièces à la forte odeur de sperme et de sueur, puis, finalement, après avoir traversé le grand hall, on le jeta sans ménagement à l’entrée de la salle où Ayreb et Laë se faisaient face.

Avec une compassion infinie, Tomas était auprès de Karl. Le guérisseur s’était dévêtu du haut de sa tunique, laissant apparaître un torse abondamment poilu. De son haut, il avait recouvrit le corps nu de Karl. Choqué jusqu’au tréfonds de son âme, le jeune guerrier était plongé dans un profond mutisme. Cela faisait un moment qu’il avait cessé de pleurer. Depuis l’instant où tous les guerriers avaient à la chaîne, commencé à se satisfaire et à se repaître de son corps, l’esprit de Karl s’en était aller se réfugier ailleurs, loin de tous ses sévices.

Nonchalamment assit sur son fauteuil, Ayreb fixait Laë froidement. Durant les dix minutes qui s’étaient écoulés entre son ordre et l’arrivée d’Andrew, ils ne s’étaient pas quittés des yeux, tous deux trop fière pour baisser le regard. Des soldats armés et près a combattre, ainsi que tous les Augures – à part Shäleen – étaient réunis dans la pièce et en bloquait l’issue. Quelques esclaves aidaient deux fossoyeurs à se débarrasser des corps morts.

L’augure qui avait été cherché Andrew dit d’un ton froid : « Le voici. »

Tomas implora : « Tuer cet homme ne fera pas taire le tourment que vous ressentez dans votre âme ! »

Un bourdonnement lointain siffla dans l'air.

******
Avec bruit et fracas, surgissant de nulle part, un essaim de dix milles sauterelles noires traversa toute la demeure de part et d’autre, ouvrant les portes à la volée et blessant quiconque se trouvant sur leur passage. Le bruit strident des insectes tonnait comme le son de la mort lui-même, glaçant le sang de toutes personnes l’entendant.

Alors qu’il était penché sur le corps assoupit de Meecham, Hamy ressentit une profonde haine s’approcher de cette chambre. Rapidement, il couvrit Meecham des draps du lit, et alors qu’il allait se mettre à prier Danaé afin de créer autour de lui un cercle de protection, la nuée de sauterelles s’engouffra dans la chambre, tournoyant tel une tempête vivante qui fracassait tout.

Dans l’essaim de sauterelles se forma une forme humaine à quatre bras une fraction de seconde. Hamy tentait malgré les insectes qui s’accrochaient à son corps, de psalmodier de nombreuses prières à l’attention de Danaé. L’ombre ne resta immobile qu’un instant, juste le temps qu’Hamy pousse un « Par Danaé ! Torsha ! » d’un air incrédule.

Sans crier garde, et dans un sifflement sinistre, la silhouette à quatre bras éclata en plusieurs milliers de sauterelles. Dans un même élan, elles foncèrent s’abattre sur le guérisseur. Dans des cris de douleur déchirants, le jeune homme fut dévorer vif en quelques secondes à peine. Puis, une fois Hamy mort dans d’atroces souffrances, elles s’envolèrent et quittèrent la pièce, ne laissant derrière elles, au sol, qu’un corps méconnaissable.

Et l’essaim d’insectes disparu aussi spontanément qu’il était apparu.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Jeu 24 Avr - 0:48

Ayreb prit une lame aiguisée et la passa avec légèreté sur son doigt. Presqu'aussitôt, une plaie s'ouvrit. C'était à peine s'il avait appuyé. Il se leva, fixant toujours Laë. Andrew avait été amené sans aucun ménagement et jeté contre la table. Le chef de Lydée jeta un coup d'oeil à Karl et pâlit. Il n'en croyait pas ses yeux... ils avaient osé. Au fond de lui, un puissant élan de colère se souleva... et puis il vit Laë. La reine qui l'avait fait jeter dans une cage... Il serra ses poings avec une certaine haine et fut coupé de court dans ses propos par le Hankien qui dit à l'Augure :

- Parfait...

Ayreb s'avança alors vers Andrew, enchaîné et posa la pointe d'acier sur son cou. Il appuya, créant une fine plaie et expliqua, le visage ferme :

- Tu es charmante, petite blondinette... mais personne ne souillera ton corps de bâtard. Tu ne le mérites pas... Allez, agenouille-toi devant ton maître, esclave !

- Crève !

Le pommeau de l'épée s'écrasa contre la machoire de Kant irradiant son visage d'une douleur intense. Ayreb eut un rire sadique et sans prévenir, son épée vola. Elle atteingnit Tomas en plein ventre, lui ouvrant une blessure béante. Laë s'écria alors :

- Que faites-vous ? Vous avez fait un serment !

- Et bien, je préfère le rompre... vous ne m'êtes pas utile alors que Kali, elle, l'est. Par conséquent, je préfère accomplir ses volontés. En voilà pour un. Allez chercher le second et tuez-le.

- NON !

La porte claqua lourdement devant l'intervention de la Reine. Elle planta son regard assassin sur Ayreb et poursuivit, tandis que Tomas convulsait à terre dans un borborygme sonore :

- Nous avons un accord ! Aucun de mes sujets ne sera abattu. Ou alors, c'est votre tête que j'accrocherais à ma ceinture ! Je ne plaisante pas !

Ayreb eut un regard vers Tomas qui perdait beaucoup de sang et haussa les épaules en disant :

- Oups... je crois que mon épée m'a échappé... c'est dommage... je l'aimais bien de p'tit gars...

Il donna un petit coup de botte dans la masse informe que formait le guérisseur et eut un sourire pervers. La dernière digue qui contenait la colère d'Andrew céda. En temps normal, les gens se mettaient à l'abri... là, cependant, personne ne savait ce que ça signifiait. Emporté par la rage et la haine il percuta Ayreb de plein fouet et l'étala sur le sol. Le Hankien lâcha son arme et Andrew, dans son élan tomba à côté. Les chaînes l'empêchaient de se mouvoir comme il le souhaitait. Ayreb le devança et récupéra la lame en écrasant de tout son poids la main de Kant. Il y eut un craquement sinistre. Lorsqu'il leva le pied, le poignet droit d'Andrew formait un angle fort inquiétant. Avant qu'il n'ait pu comrpendre le suite, l'autre le souleva du sol pour le jeter de toutes ses forces contre le bois de la table. Le choc se fit dans ses lombaires et sous la douleur, Andrew s'affala sur le sol dans un cri de souffrance.

- Tu vas crever sale ordure ! Tu vas payer pour tes actes...

Il leva l'épée pour la planter dans le flanc du lydéen mais Laë l'arrêta :

- Vous avez dit un combat à l'épée ! A moins que vous ne soyez trop lâche pour tenir parole. Vous avez peur qu'il vous achève...

- Sale pute ! Je n'ai peur de rien ! Toi ! Enlève lui ses putains de chaînes et file-lui une lame ! Ce bâtard de Cheera va souffrir !

L'augure s'exécuta. Lorsque Kant prit l'épée une douleur la lui fit lâcher. Il avait le poignet droit fracturé... et il était droitier... le combat était déjà bien inégal puisqu'il devrait user sa main gauche. Sa colère noire déformait son visage, il n'avait qu'une envie, tuer ce salaud qui se dressait devant lui. Il fonça. Malgré sa blessure, les coups qu'il porta furent si puissants que les lames s'entrechoquèrent dans des grincements et des pluies d'étincelles. Pendant cinq longues minutes, les frappes furent puissantes et délicates à parer mais très vite, Ayreb reprit le dessus. Contrairement au Lydéen, il était habitué à manier les lames. Kant céda peu à peu du terrain pour se retrouver bientôt plaqué contre le mur, sans aucune possibilité d'échappatoire. Un coup violent fit voler son arme de sa main tremblante et dans un croc-en-jambe, le guerrier hankien l'étala au sol.

Les poumons lui brûlaient à chaque respiration. Il était à bout... et avait consumé l'élan de sa colère. Ne pouvant plus se défendre il attendit le coup final... celui qui mettrait un terme à son existence.

- Regardez-moi ça... tu me fais honte, sale chien... j'ai été victorieux en quelques secondes... c'est bien que tu sois sorti de ma vie... ta présence m'aurait fait honte.

Andrew le regarda sans comprendre. Subitement, Ayreb lui envoya un coup de botte entre les jambes, lui coupant aussitôt le souffle. La douleur fut si vive que sa vision s'assombrit et les larmes coulèrent sans qu'il ne les ai commandées. Ayreb continua :

- Je vais te les couper et te les faire bouffer... comme tu as fait toi-même par le passé... avec ma mère ! Tu t'es bien régalé lorsqu'elle t'a fait sa petite gâterie... de force...

Tout l'univers semblait disparaître. Le coeur de Kant eut des ratés. Il ne sut quoi dire étant donné qu'il ne voyait pas de quoi l'homme voulait parler. Laë parla à sa place :

- Vous vous trompez... ce n'est pas la bonne personne...

- Comment il s'appelle ce fils de Kobol ?

Légèrement surprise, elle choisit néanmoins de répondre :

- Andrew... Kant...

A peine eut-elle fini que le guerrier Hankien envoya son pied à nouveau dans les valseuses d'Andrew, lui arrachant un cri inhumain. Il reprit :

- On se retrouve... papa ! Tu es exactement comme ma mère t'a décrit... blond, les yeux bleus... grand... musclé mais si pitoyable ! C'est jouissif, tu m'as rejeté mais maintenant, c'est toi qui es à mes pieds... je vais rendre justice... pour l'affront personnel que tu m'as fait vivre. Passe le bonjour à ta salope de Cheera de la part d'Ayreb Kant !

L'épée prise dans ses deux mains il allait la planter dans la poitrine d'Andrew lorsque ce dernier dit, la voix éraillée par la souffrance :

- Ce n'est pas moi... je n'ai rien fait... je ne suis jamais venu ici...

- MENTEUR !

- Non ! Il dit la vérité... je le vois dans son esprit.

Ayreb se stoppa dans son geste et dévisagea Laë. Cette dernière poursuivit :

- Andrew a un fils... il est trop jeune pour être votre père, réfléchissez... il ne peut pas vous avoir conçu... quel âge avez-vous ?

- En quoi cela vous regarde ? Vous mentez vous aussi !

- Non, je vous assure... Andrew, dites-lui votre âge...

Dans un souffle à peine audible, il répondit :

- Trente-cinq...

- J'en ai dix-huit ! Il peut très bien être mon père, j'ai été précoce, moi aussi !

- Non... je n'ai jamais mis... les pieds... mmh... ici... j'ai toujours été fidèle... toujours...

Ayreb planta ses yeux bleus sur lui et durant un instant, il sembla hésiter. Au fond de lui, sa raison lui disait qu'il avait tort. C'est alors qu'Andrew eut un éclair de génie... le dernier avant sa mort probable. En y pensant, il eut quand même une grande peine et il dit la voix tremblante :

- C'était mon père... lui seul est venu jusqu'ici... il m'a abandonné, ma mère et moi...

Le guerrier Hankien resta songeur tandis que Kant poursuivit :

- Il est parti... si tu es son fils... alors nous sommes demi-frères...

- Non... tu n'es rien à mes yeux... Tu es un bâtard... un sale chien...

Pourtant, Andrew était plus vieux... par conséquent, les rôles étaient inversés. Trop fier pour reconnaître son tort, Ayreb ajouta :

- Vu que tu étais son aîné... je vais te crever... j'espère qu'il viendra te venger pour je joue avec sa tête !

- Il est mort...

Le visage du jeune guerrier se figea. Il recula, un rictus plein de mépris sur le visage. Il se tourna vers l'augure et dit :

- Je ne le crois pas ! Il ment !!! Trouvez-moi Shäleen ! Ou Kali ! N'importe qui pourra confirmer que j'ai raison !!! EXECUTION !!!

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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Jeu 24 Avr - 15:18

Rapidement, l’augure du nom d’Alecto s’exécuta et ouvrit les portes. Un épais silence tomba sur la salle que seules les plaintes d’agonie de Tomas brisaient. Laë s’était agenouillée à côté de lui et tentait du mieux qu’elle le pouvait de l’accompagner dans la mort. La reine savait qu’il était trop tard, qu’il ne survivrait pas à cette blessure mortelle.

Dans le grand hall, Alecto s’adressa d’un ton autoritaire à deux soldats qui allaient franchir les portes de la demeure. « Vous ! Allez chercher Kali la Damné. Le Maître la réclame. »

L’un des soldats, un grand et massif homme à la peau noir et au crâne rasé dit : « Elle est déjà ici. Elle est avec Shäleen dans ses appartements. »

« Comment ? Depuis quand ? »

« Un moment. » Répondit le soldat.

Sans attendre d’avantage, Alecto s’enfonça dans le labyrinthe que formaient les nombreux couloirs de la demeure. Après avoir franchit quelques passages, la cour centrale et descendu deux escaliers et une échelle, il pénétra dans une aile obscure de la propriété. Arrivé dans un long couloir sans fenêtre, il alla à la dernière porte du fond et il la poussa.

La pièce manquait singulièrement de tout ce qui aurait pu la rendre un tant soit peu confortable. Il y avait une grande paillasse étendue par terre. Un grand coffre dans un coin servait de placard. Une lampe toute simple, juste une mèche flottant sur un bol d’huile, était placée sur une table rustique.

Lorsque Alecto pénétra dans la chambre, Kali la Damnée et Shäleen ne lui accordèrent aucune attention. Le jeune homme était assit en tailleur sur sa couchette et se faisait masser les épaules par Kali qui répandait sur sa peau une huile rougeâtre. Shäleen regardait attentivement une sauterelle d’un noir intense qui voyageait d’un de ses doigts à un autre. La sorcière prenait grand soin de lui, donnant l’impression qu’il lui était des plus précieux. La shamane dit avec tristesse :

« Je répugne à savoir qu’il souille ton corps. »

« Pourtant, ce sont là des sacrifices indispensables. » Répondit Shäleen d’un ton indifférent. « De plus, il est assez bon amant. »

Kali se crispa. « Il te baise et puis il part au petit jour. Ce n’est qu’une brute. Pour ainsi dire, qu’un bison en rut. C’est ce genre d’homme que tu punissais d’ordinaire. »

Shäleen souffla sur la sauterelle qui tendit les ailes mais ne s’envola pas. Il dit calmement : « Peut-être. Mais il doit rester maître d’Hanka. C’est une nécessité. Le monde à changer. »

La shamane s’éloigna et s’assombrit. Elle ouvrit le coffre dans le coin de la pièce, puis de ses mains filiformes, elle sortit une coupe de terre cuite. Après avoir fouiller à l’intérieur de ses loques, elle se saisit d’une fiole taillée dans du bois. Lorsqu’elle vida son contenu dans la coupe, celui-ci était d’un noir profond. La shamane cracha dans le gobelet, et après avoir mélanger d’un doigt le liquide, elle tendit la coupe rudement à Shäleen et dit :

« Bois... s’il te plait. Avec tout ce qu’il te met entre les fesses, il ne manquerait plus que tu attendes un bâtard de la part de cet humain. »


Devant le geste brusque de la sorcière, la sauterelle s’envola. Shäleen la regarda en souriant, puis, il prit la coupe et but d’une gorgée le liquide. Celui-ci était horriblement répugnant et épais. Il irradiait la gorge si fort qu’elle semblait être en proie à un feu ardant. Le jeune homme grimaça un instant. « Je sais quel est le prix à payer pour ce genre d’ignominie. Crois bien que je ne laisserais aucun marmot sortir de ce corps. » Shäleen regarda enfin Alecto, et il se leva. « Qui a-t-il ? »

« Ayreb réclame votre présence. La sorcière fait des siennes ! »


Kali dit : « Intéressant. »

Tous trois sortirent de la chambre, laissant la flamme du pot à huile se consumée lentement.

Dans la salle commune, durant plus d’un quart d’heure, personne n’osa parler. La rage qui s’émanait d’Ayreb était si palpable que tout le monde savait qu’il suffirait de bien peu pour le faire explorer et lui faire commettre l’irréparable. Le hankien regardait avec une haine épaisse Andrew qui gisait au sol, courbé par les douleurs qui accablaient son corps.

Soudain, dans un bruit mat, Kali la Damnée marcha vers eux d’un pas clopinant, quelques soldats nauséeux et Alecto en escorte. Trois sauterelles noires voletant autours d’eux. La vieille shamane se tenait au bras de Shäleen qui aidait sa vieille carcasse à tenir debout. D’une voix froide, elle ordonna en franchissant les portes :

« Sortez… tous. Soldats et augures ! Où vous passerez une éternité à souffrir comme vous n’avez jamais souffert ! »

Et aussitôt, les soldats d’Ayreb s’exécutèrent sans broncher, bien trop heureux d’éviter de rester dans les parages où se trouvait la Damnée. Les augures s’éloignèrent eux aussi. Puis, lorsqu’il ne resta dans la pièce, qu’Ayreb, Laë, Tomas, Karl, Andrew, Shäleen et la Damnée, on referma les portes.

Kali dégageait un courant froid qui faisait s’hérisser les poils et donnait la chaire de poule. La chaleur de l’île semblait fuir son contact. Lorsqu’elle passa près de Karl, ce dernier se mit à pleurer d’avantage. Elle était dérangeante et oppressante. Son physique morbide dissimulé sous une cape-capuchon crasseuse et son odeur écœurante y étaient sans doute pour beaucoup.

D’une voix tonitruante Ayreb ordonna à la shamane de sonder l’esprit d’Andrew afin de lui faire avouer qu’il était son père ou alors l’endroit où se terrait ce dernier. La vieille dame s’exécuta aussitôt. Elle approcha du corps battu du chef lydéen, et de ses mains sans ongles, elle lui attrapa les cheveux afin de lui relever la tête. Cruellement, de ses yeux cousus, elle le dévisagea, puis souffla un air putride sur son visage. Andrew sentit une main invisible lui retourner la cervelle, morceau par morceau. Une migraine atroce se propagea dans son crâne et du sang coula de son nez. C’était à la limite du supportable, si bien qu’il ne put faire autre chose que de se prendre la tête entre les mains et de crier sa douleur.

« Il dit vrai, Ayreb. Il n’est pas ton père et Walter Kant n’est plus de ce monde. Son âme de misérable s’en est retournée vers la Roue Karmique où il a été jugé pour ses crimes. Cet homme est simplement ton pathétique et misérable frère. »

Elle laissa échapper un sourire malsain, puis elle se leva. « Inutiles de perdre ton temps avec lui d’avantage, Ayreb. Il y a des affaires plus urgentes qui réclame ton attention. Aides donc ce bâtard à se mettre autour de la table et passons aux choses sérieuses. » Elle tourna la tête vers Laë, et lorsqu’elle vit Tomas qui agonisait et rendait son dernier souffle à l’instant, les commissures brodées de ses lèvres s’élargirent avec satisfaction. « Bien ! Assez joué ! ASSIT ! »

Comme si tout ce qui s’était déroulé avant sa venue n’avait aucune espèce d’importance, et surtout, aucun secret, Kali prit place à la droite du trône d’Ayreb, puis lorsque Laë fut en face d’elle, elle dit paisiblement : « Je suis ici pour mettre un terme à tout ceci avant le couché du soleil ! Comme les présages me l'avaient confirmés, des étrangers sont donc venu semer le trouble et le désordre dans ce village. Et vous êtes ces étrangers ! »

Une sauterelle se déposa sur son épaule, puis la shamane continua froidement : « Que les choses soit bien claire, petite catin ! Ayreb est le Souverain incontesté de ce village. Les clans se sont rabaissés à sa volonté et mes Augures également. Il commande sur les flots et ce, sans partage ! Alors, si vous désirez notre aide comme j’ai pu le lire dans l’esprit du bâtard blond, qui soit-dit en passant est le chef légitime des derniers lydéens, il vous faudra faire affaire avec Ayreb et tâcher à l’avenir de ne pas le contrarier. Car, lui seul a autorité par ici. Il a réussi à unir Hanka autour d’un seul homme… et cet homme c'est lui. Hanka n’a jamais été aussi puissante que sous son règne ! Il possède une puissante armée. Celle que vous convoitez ! »

Un peu rudement, Kali fini : « Quelle est donc le désaccord profond qui oppose la reine d’Yrilia à Ayreb, Souverain incontesté d’Hanka ? Que nous tâchions d’y remédier une bonne fois pour toute ? »

Shäleen était toujours immobile près de l'entrée. L’huile rouge rendait son corps brillant à la lueur des chandelles. D'où il était, Andrew ne le vit pas car il était caché par l'angle mort que formait la large table. Sous un ordre gestuel de Kali, lentement, Shäleen s'approcha par la gauche. Il enjamba avec une indifférence effroyable le corps mort de Tomas, puis, lorsqu'il vit Andrew, son regard vert croisa un instant le regard bleu. Mais, Shäleen se contenta de prendre place près de Kali qui souriait machiavéliquement.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Dim 27 Avr - 0:08

- QUOI ???

Dans un geste de colère et de rage, Ayreb jeta avec force son épée vers Laë pour la couper en deux. Elle ne dût son salut qu'à son pouvoir de défense qui consuma le métal et le transforma en pousière. La supercherie venait d'être découverte. En même temps, il ne servait plus à rien de cacher la vérité maintenant. Elle jeta un oeil noir au chef d'Hanka et se retînt d'extrême justesse de rétorquer. Ayreb en revanche, avait d'un simple coup de poing fait céder deux pieds de la table qui sécroula, totalement instable. Il beugla :

- SALE TRAINEE !!! TU AS MENTI !!! CATIN DE DANAE !!!

Mais la voix faible d'Andrew l'interrompit, ce qui n'arrangea pas son humeur, massacrante. Le chef de Lydée avait subitement manqué avoir une autre attaque. En l'espace de quelques minutes, il avait appris qu'il avait un demi-frère et que Koah était vivant. Oh oui ! Il n'y avait pas erreur ! Ses yeux verts, plein d'intelligence et désireux de liberté ne pouvaient que lui appartenir.

- Koah ?

Toujours brisé sur le sol par les attaques qu'il venait de subir, Andrew se sentait terriblement souillé. Pire que Karl... en vérité, Kali n'avait pas pris la peine d'y aller doucement. Elle avait touché des choses très personnelles sans vergogne... salissant de ses mains hideuses, ses souvenirs les plus purs. A côté de ça, un viol n'était rien... Ayreb, avala difficilement sa salive et avec un geste empli de haine, il fracassa sa botte sur le visage d'Andrew. Il y eut un craquement sinistre et dans un léger gémissement grave, le lydéen perdit connaissance. Il se tourna vers Kali et poursuivit, sa voix audible dans tout le village :

- Je veux que tous ces étrangers soient pendus par les pieds et mis à mort ! Sauf ce bâtard !

Il donna un coup de pied dans les côtes d'Andrew toujours inconscient, un petite flaque de sang se formant sous sa bouche légèrement entrouverte. Laë répliqua, lourdement :

- Essayez ne serait-ce qu'une seule fois de me tuer, et chef d'Hanka ou pas, votre peuple devra fêter vos funérailles en avance !

Ayreb, sans se soucier de cette menace se dirigea vers le trône pour y prendre une dague à la lame effilée. Il allait la projeter sur elle lorsque la Reine poursuivit, s'adressant à Kali :

- Vous avez lu son esprit. Vous savez donc la vérité sur les raisons de notre visite. Nous n'avions pas pour projet de semer la pagaille au sein de votre communauté. Je connais Andrew depuis peu mais vous avez vu vous aussi, l'importance qu'il a attaché à venir ici de façon pacifique. Il est aussi le porteur d'un espoir... et vous le savez ! J'ignore tout de votre peuple, à part ce que les lydéens m'ont raconté. Mais Andrew cherche simplement à s'unir afin de sauver ce qu'il chérit, son monde. S'il s'avère qu'une seule fois, nous ayons provoqué des choses irréparables, alors, je m'en excuse au nom d'Andrew, étant donné que son frère vient de l'assommer...

- CE N'EST PAS MON FRERE !!! C'EST UN BÂTARD !!! UNE TARE DE FAMILLE !!!

La dague vola dans les airs mais cette fois, Laë ne resta pas aussi calme. Son regard s'assombrit et elle s'entoura aussitôt d'un voile bleuté. Fortement agacée, elle répliqua. Il y eut un éclair argenté et une lame vint entailler le flanc d'Ayreb, l'obligeant à réprimer un rictus de douleur. Il regarda avec des yeux fous de rage ses doigts entachés de sang mais la Reine le prit de court dans ses propos :

- Je vous ai prévenu ! Tentez encore une fois de porter atteinte à ma vie et je viserais dix centimètres plus à gauche.

Elle se tourna vers Kali et demanda, la voix ferme :

- Si vous ne voulez pas que nous partions, alors consentez au moins à nous écouter et à nous traiter comme des égaux. Nous ne sommes pas là pour nous battre. Cet homme est plus important que vous et moi ! Vous le laisseriez se faire tuer sous vos yeux, tout en sachant que cela signerait votre arrêt de mort ?

- Ce type est un minable comme mon père, il n'a aucune espèce d'importance !

- Détrompez-vous, il symbolise bien plus que vous ne l'imaginez. Ayreb, ne faites pas payer à Andrew les fautes de votre père.

Le chef d'Hanka jeta un oeil à l'homme qui gisait par terre. Sa respiration était lente et ses yeux fermés. Etant donné qu'il était le chef, il devait décider et sa sentence tomba comme le tranchant d'une lame sur un gorge :

- Je n'ai pas d'ordre à recevoir de votre chef, désormais. Il a été incapable de défendre sa liberté. J'ai donc le pouvoir de décider de son sort. Il fait honte à mon sang, et à mon peuple. Par conséquent, demain à l'aube, il sera envoyé au large et jeté à l'eau. Si sa vaillance et son importance est si grande, alors, Sedna la prestigieuse Déesse des Océans lui viendra en aide. Si jamais c'est le cas, alors nous pourrons parler d'égal à égal. Dans l'hypothèse probable de l'inverse, il aura eu la punition qu'il méritait pour avoir semé le chaos dans ma cité. Vous rentrerez à Lydée pour annoncer à vos pitoyables amis que leur ridicule chef est mort comme un lâche et un faible !

- Il ne sait pas nager ! Comment voulez-vous qu'il survive ?

Ayreb eut un sourire cruel et sans pitié, il lâcha :

- Si Sedna estime qu'elle doive intervenir dans ses intérêts qui sont ceux d'Hanka, alors, elle le fera. Ma décision est sans appel ! Shäleen, je veux que tu le prépares pour demain. Panse ses plaies, lave-le et enchaîne-le dans le hall.

Laë jeta un oeil à Kali et ajouta :

- J'exige la sérénité pour mes hommes. Relâchez Gürkan et les autres soldats.

- Lorsque votre dernier bâtard de Danaé sera mort, je consentirais à accéder à votre requête. La Grande Kali n'aime pas que l'on souille le sol d'Hanka de la sorte.

- Je refuse de sacrifier un homme innocent !

- Alors, vous rejoindrez le chien qui s'est ridiculisé jusqu'à l'absurde pour un mensonge... celui-là aussi, ne mérite pas de vivre... Grande Kali, dois-je vous laisser l'honneur d'abattre le dernier des fils de cette catin de Danaé ?

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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Dim 27 Avr - 2:09

Toujours confortablement assit dans son siège, Shäleen regardait d’un air lasse la reine. Il n’avait pas bronché lorsque Andrew se fit molesté. Il secoua la tête et dit calmement : « Les serviteurs de Danaé ne sont jamais innocents. Ils incarnent tout ce que nous répugnons ici, à Hanka. Le culte de Danaé est interdit dans cette cité et il devrait l’être partout ailleurs. Ces hommes doivent mourir. C’est notre loi. »

Kali fit sombrement : « De toute façon, le cas des guérisseurs est réglé. Ils sont morts. Tous les deux. » Elle indiqua Andrew d’un mouvement de yeux sous ses paupières closes et continua, empêchant Laë de l'ouvrir. « Demain, cet homme sera livré aux flots et si Sedna n’est pas avec lui, alors cela voudra dire que l’espoir qu’il représentait était bien futile, et qu’Hanka peut se passer de lui dans la guerre qui s’annonce. Cheera… cette putain à toujours préférer les lâches aux hommes forts comme Ayreb. S’il n’est pas capable de défendre sa propre liberté, je ne vois pas comment il pourrait prétendre défendre la liberté de notre peuple face aux envahisseurs. »

La sorcière se leva et fit grincer son fauteuil sur le sol. Elle tourna autour de la table et s’approcha d’Ayreb. « Quoiqu’il en soit, nous serons réglé sur la tournure que prendront nos prochaines discussions demain. Soit tranquille petite catin, et quitte cette demeure avec ces hommes. Je vous fais à tous la promesse sur les âmes putrides des ancêtres des Augures, que nous ne vous pourchasserons pas. Libre à vous de vous trouver une place à l’auberge de l’Espadon ou sur la côte d’Hanka… Nous laisserons votre chef au bon soin de Shäleen. Je suis certaine qu’il en prendra grand soin. »

Et sur ces mots, la discussion cessa et Ayreb ordonna qu’on emmène Andrew accompagné de Shäleen dans les appartements de ce dernier. Les soldats de la milice lydéenne furent rassemblés dans le grand hall et Laë leur demanda de rester calme et pacifiste jusqu’à son retour. On leur rendit leurs armes et pour fêter leur départ avec ironie, on fouetta de longues minutes les pauvres femmes enchaînées.

Accompagné de quelques hommes, Laë alla chercher Meecham, mais lorsqu’ils entrèrent dans la chambre, le corps mutilé d’Hamy leur barra le passage. L’heure n’était pas à la discussion, ni même aux questionnements multiples, et encore moins à la vengeance. Ils enveloppèrent le guérisseur dans un drap blanc et avec un Meecham hagard, ils rejoignirent les autres.

Une heure et demi-heure plus tard, l’ensemble de la troupe Lydéenne était sur la plage et assistait à la crémation des corps des deux guérisseurs. Gürkan avait du mal à tenir debout mais sa fierté bafouée l’empêchait de montrer sa souffrance. Il était très contrarier car on l’avait emmené alors qu’il était inconscient, et il n’avait donc pas pu croiser ce Shäleen au physique de Koah. Ce soir là, Laë chanta un champ funéraire mélodieux à la mémoire des deux hommes.

Assit autour d’un feu de camp sommaire, les hommes parlaient tous en même temps et parfois, ils se disputaient. Le désordre était assourdissant depuis que Laë avait expliqué en pesant ses mots la situation aux hommes. Certains réclamaient vengeance pour ce qu’on avait fait à Karl, a Tomas et à Hamy. D’autres disaient qu’on devait retourner chercher Andrew, alors que d’autres encore ordonnaient qu’on tranche la tête à cet Ayreb et qu’on mette le feu à Hanka.

******
Les bras croisés, Kali était silencieuse depuis plus d’une heure. Elle semblait méditer dans le coin de la salle commune, comme si elle remettait en place ses pensées. Après un long instant, elle s’approcha d’Ayreb qui mangeait sans appétit le somptueux repas qu’on lui avait préparé et qui garnissait une nouvelle table magnifiquement ouvragée.

D’une voix froide, elle dit : « Ton frère n’a plus aucun secret pour moi. J’ai percé ses plus intimes souvenirs et j’ai vu ce qu’il à vu et compris ce que renfermait son âme… Il est important pour ce monde. Cheera à fait de lui un être capable d'ôter la vie à des Immortels. Elle espèrait qu'il unisse les communautés. Mais nous seront vraiment fixé demain à l'aube. Cette femme… la reine… elle est la protégée d’un dieu. Tu ferais mieux d’arrêter de t’en prendre à elle. Elle est dangereuse et si tu l’attaques de front, elle n’hésitera pas à te tuer. Laisses donc couler tout ce qu’elle dit comme de l’urine d’esclave. Elle n’a aucun pouvoir ici. Elle est seule. »

Elle lui attrapa le menton et l’obligea à tourner la tête vers elle. D’un souffle putride elle tonna : « Par contre, je dois te mettre en garde. S’ils sont ici, c’est parce qu’ils ont reconstruit Lydée dans les ruines de Ténolas. Et les infâmes serviteurs de Danaé du village de Sidimote, ainsi que les faiblards guerriers de Kurikat se sont joint à eux. Ils sembleraient que les signes disent vraies. Une bataille se prépare avant une terrible guerre. Unir Hanka sous ton règne était donc une obligation, Ayreb. Tu m’as bien comprise ? Nous n’avons pas fait tout ceci pour que tu te fasses tuer stupidement par une sorcière ! Jamais Hanka n'a été uni autour d'un seule homme. Tu as le pouvoir absolu ici. Tu possède une armée redoutable capable de faire mordre la poussière à ces envahisseurs. Si tu as besoin dorénavant de passer tes nerfs sur quelqu’un, tu as des esclaves qui n'attende que tes coups ! Je t’en fais emmener par dizaine dans ta chambre sur le champ, mais par Kobol, évite de t’attaquer à la sorcière dorénavant. Elle n'a que faire de t'ôter la vie. »

******
L’air était épais et lourd, et la seule lueur provenait de la flamme dans le pot d’huile posé près du visage de Kant. Au chevet d’Andrew, Koah finissait de laver d’une éponge douce le torse souillé du chef lydéen. Son corps meurtrit était nu. Autour de la paillasse, de nombreux pots en terre étaient remplis d’herbes et de baumes sensés apaiser les maux d’Andrew. Le jeune homme avait bandé d’une attelle le poignet brisé du chef lydéen et il avait soigné du mieux qu’il le pouvait ses plaies.

Andrew était toujours profondément plongé dans l’inconscient. C’était une bonne chose car ainsi, Shäleen n’avait pas eut à subir ses cris de douleurs. Car il en aurait forcément poussé, surtout lorsqu’il aurait recousu l’une ou l’autres plaies béantes. Après quelques longues minutes de nouveaux soins, Shäleen se saisit d’un pot contenant une huile rougeâtre, et avec précision, il entreprit de peindre sur le corps d’Andrew quelques symboles hankiens… ceux avec lesquelles on marquaient les sacrifiés à l’Océan.

Les paupières de Kant bougèrent et quelques gémissements indiquèrent son sortir de l’inconscience. Shäleen se saisit rapidement d’un gobelet d’une infusion, et en maintenant délicatement la tête d’Andrew, il l’aida à boire. Il dit dans un murmure : « Buvez… ça vous aidera à vous sentir mieux, Andrew. A l’aube, ils vous sacrifieront à l’Océan. Priez Sedna qu’elle vous vienne en aide car je crains que personne d'autre ne vous sauve à par elle. »

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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 28 Avr - 0:17

- Cette traînée n'est strictement rien à mes yeux. Elle est capable de se défendre, je dois le reconnaître. Sa magie est puissante. Mais ça s'arrête là. Une pute comme elle n'a pas à contester mon autorité suprême, elle provoque des divisions et risque de pulvériser tout ce que j'ai construit ! Reine ou pas, protégée par n'importe quel bâtard d'Immortel que ce soit, elle n'a rien à dire face à moi !

Ayreb n'avait vraisemblablement aucun scrupule à jouer la fine bouche avec son repas. Ce qui par temps de bonheur, l'enchantait et le calmait, ne faisait désormais que l'exaspérer davantage. D'un geste méprisant à souhait, il balança le plateau où des victuailles laissaient échapper un doux filet d'odeurs alléchantes. Il grommela :

- Cette nourriture est infecte !!! Les coupables seront punis très sévèrement, de toute façon !!! Esclaves à la noix...

Ses yeux bleus se posèrent sur Kali avec une certaine froideur mais peu à peu une petite lueur anima son regard. La curiosité était en train de le piquer au vif. La Damnée avait toujours été quelqu'un pour qui il éprouvait un respect profond. Enfant, il n'avait jamais eu peur de s'en approcher et de lui parler. Il considérait sa magie comme une arme destructrice et déjà, à cette époque, il savait que si quelqu'un dominerait totalement Hanka, c'est que les Augures lui auraient apporté leur soutien. Avide de savoir, il demanda, la voix plus calme :

- A Cheera ces putains d'esclaves ! Tu dis connaître ses moindres secrets... Grande Kali, parle-moi donc de cette pathétique tare familiale... je suis persuadé que sa vie recèle de nombreuses zones d'ombre. Quelle enfance a-t-il eu ?

Cette question demeurait désormais existentielle... Par pure fierté, il souhaitait qu'Andrew ait eu une enfance encore plus misérable que la sienne. Mieux, qu'il ait été privé de mère, de père... de soutien. Qu'il ait été recueilli et battu, lui aussi mais qu'il n'ait jamais eu le courage de reprendre le dessus, de tuer ses bourreaux... en clair, il se délectait cruellement à l'avance de l'espoir que son demi-fère soit lâche et minable.

*******

Les lydéens réunis étaient bien tendus... l'atmosphère pesante menaçait d'exploser en disputes chaque minute. Laë n'osa pas adresser un regard à Gürkan. Nul doute qu'il ne serait pas disposé à lui parler. En revanche, elle décida de palier au plus urgent. Elle emmena Karl à l'écart des autres. Depuis ce facheux contretemps, elle n'avait pas eu l'occasion de parler au guerrier et désormais, elle s'en faisait un devoir d'importance maximale. Enveloppé du drap, le chef de Kurikat semblait être ailleurs. Elle commença donc, d'une voix profondément navrée :

- J'ai commis un acte que je ne me pardonnerais jamais... j'aurais du vous garder près de moi... je n'avais pas l'intention de mal agir. Mais, il est trop tard pour regretter.

Elle prit son visage entre ses mains, avec une douceur extrême. Des larmes roulèrent sur ses joues mais ses yeux bleus se plantèrent dans ceux de Karl. Elle déclara, la voix paisible :

- Je peux réparer ce qu'il est arrivé... du moins presque complètement. Vous êtes en droit de vouloir me tuer... si j'utilise ma magie sur vous après ça, je peux décider de son usage. Si vous le voulez, je pourrais soigner votre esprit de ce viol. Vous le faire complètement oublier, de façon à ce que vous puissiez tourner la page et le laisser au néant. Je veux vous aider. Cette méthode vous permettra de ne plus vous rappeler de cet instant pénible mais, je peux aussi apaiser la douleur physique que cela a provoqué. En revanche, il n'existe aucun moyen de revenir en arrière. Karl, permettez-moi de me racheter en vous aidant du mieux que je le pourrais. Je vous en prie...

*******

Dans son inconscience, l'esprit d'Andrew se mit aussitôt à faire défiler des images, un façon improvisée de se protéger d'un autre assaut. Sur son passage, Kali avait laissé un tas de ruines éventrées. Les principales motivations qui le poussaient à vivre encore tendaient à disparaître définitivement. Pourquoi ne se laisserait-il pas aller à la mort ? Après tout, c'est ce qui l'attendait à la fin... un peu plus tôt ou pas, son destin avait un but : rejoindre l'Omkara.

Dans ses espèces de songes complètement absurdes, il vit Laureen embrasser fougueusement Koah, ce denrier voulait se venger de la honte que le chef de lydée lui avait mise en refusant de s'offrir à lui. Puis, Logan mit le feu à un tas de pagnes, en chantant les louanges de Crya et en vociférant à tout rompre que la nudité n'était pas un mal en soit. Guerel et Laë s'envoyaient en l'air dans un cajot de prunes séchées tandis que Koah montaient sur le dos de Qwels pour détruire la porte de la hutte d'Ayreb. Gürkan partait alors dans un rire gras. Peu à peu, tout tourna plus vite. Il prenait des coups, il voyait des gens mourir, du feu, des éclairs et puis des trombes d'eau... Mavican rire aux éclats, Cheera jouer à pile ou face avec de scadavres de lydéens.

Peu à peu, les images défilèrent à une telle vitesse que tout devenait très confus. Les couleurs se mélangeaient pour donner un grand tourbillon blanc qui le fit tourner de l'oeil. Il sentait un truc immonde lui torturer l'estomac. Kali, retournait ses entraille pour y lire la météo du lendemain. Elle jouait avec les quelques morceaux de lapin qu'il avait commencé à digérer. Un odeur putride s'éleva alors. Il sentait quelque chose sur sa peau... non quelqu'un ! Une ombre, il voulait plisser les yeux pour mieux voir mais la douleur fit surface. Puissante, elle irradia son corps de haut en bas. Il entrouvrit les yeux sans pouvoir réellement distinguer la personne qui s'occupait de lui. Il écouta chacun des mots sans les comprendre de suite. A peine eut-il fini d'avaler que son estomac se révolta.

La douleur était puissante et le chaos qui régnait dans sa tête immense. Ses muscles se contractèrent légèrement, il se tourna sur le côté. A peine eut-il posé une main sur son ventre qu'un grand filet de vomi jaillit de sa bouche. Il y avait du sang dedans, en grande partie. Un deuxième spasme le fit se replier en position foetale mais rien de sortait de son estomac vidé. Sa respiration se saccada, il avait l'impression de s'étouffer. Dans une quinte de toux, son nez se remit à saigner. Il se remit sur le dos, portant une main à sa tête. Il avait une migraine atroce mais ça semblait aller un peu mieux. Il regarda la silhouette qui s'occupait de lui. Dans une voix faible, il dit :

- J'ai perdu... je crois...

Malgré le fait qu'il était à nouveau conscient, son esprit était sacrément chamboulé. Il dévisagea Koah et lança :

- Me sacrifier à l'océan... l'océan... de... de Sedna... me sacrifier... on ne se connaît... pas de quelque part ? Votre visage m'est familier... il me dit quelque chose...

Il roula des yeux et ferma les paupières. Puis, il les rouvrit avec lassitude et ajouta, l'air quasiment absent :

- Vous avez un air à un brave type... que je crois avoir connu... où suis-je ? Mort ? C'est mon cadavre qui pue comme ça ? Pourquoi la lumière est si vive ?

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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Lun 28 Avr - 2:43

Kali soupira longuement, puis elle s’installa près d’Ayreb et avec sincérité, sans rien cacher, ni même enjoliver, elle raconta la vie qu’elle avait vue dans les souvenirs d’Andrew. De son enfance, de sa mère, de la prière à Cheera pour que Molly naisse. Elle parla de Laureen et de sa mort, ainsi que de Logan qui était sa faiblesse. Elle raconta des aventures avec Guerel et ses parties de chasse. Elle parla de ses amis, de ses amours et de ses passions. Kali n’avait que faire de ménager la jalousie d’Ayreb. C’était la vérité qu’il voulait ? Alors elle la lui raconta, quitte à l’énerver d’avantage.

Cependant, elle passa au silence Koah et tout ce qui était rattaché a lui. Koah, Déjanire, Borias… rien. Les Lang n’existaient pas. Pour finir, elle confia à Ayreb les pires secrets et les pires hontes d’Andrew… tout ce que le chef de Lydée n’oserait jamais dire et qu’il aimerait emporter avec lui dans sa tombe.

Lorsqu’elle eut fini, elle fit craquer ses doigts, puis elle dit : « Ayreb, Ayreb, Ayreb. Les dieux on des desseins bien étrange, ne trouves-tu pas ? Ton frère est maître de Lydée et toi, d’Hanka… Il ne manquerait plus que ta putain de demi-sœur devienne reine d’Oderne et ce monde appartiendra à la dynastie des Kant. » Elle rit car elle trouvait cela drôle. « Ecoutes Ayreb. Pour Laë. Le dieu qui la protége n’a que faire des règles. Même s’il n’est pas ici en territoire conquis et que Sedna ne le laissera pas imposer sa loi sur les flots, il demeure cependant une menace bien réelle pour toi si tu t’en prends à la sorcière. »

Elle le fixa sous ses yeux clos. « Mais, je puis te promettre qu’un jour où l’autre, tu la baisera profondément. Ce n’est qu’une question de temps. »

******
Lorsque Karl releva des yeux remplis de larmes vers Laë, une vague de haine épaisse s’émana de lui et foudroya la reine sur place. Le jeune guerrier en voulait à la terre entière. Il voulait la mort de tous les habitants d’Hanka. Des vieillards jusqu’aux bambins. Il les tuerait tous, surtout Ayreb ! Il se vengerait. Un a un, ils souffriront et payeront de leur vie ce qu’ils avaient subit.

Ces barbares ne méritaient aucune compassion. Non. C’étaient des bêtes. Des animaux. Il ne devait pas oublier ce qu’il avait subit car désormais c’était son moteur, c’était ce qui le ferait avancer et devenir un homme, un vrai guerrier. Il avait perdu son innocence.

Le regard froid, il dit : « Je ne veux pas oublier cette douleur. Elle sera mon amie et avec elle, je deviendrais fort… plus fort que n’importe qui… quitte à vendre mon âme à Davik. Et je les tuerais tous ! Tout ceux qui m’on prit pour leur putain ! » Il se leva, résolut mais toujours terriblement fragile. « Inutiles d’insister. Je suis un De Raven. Je n’ai pas fais honneur à mes ancêtres en me comportant comme un lâche dans la torture, mais je tiens à me racheter et à ne pas fuir désormais ce qu’il s’est passé. »

Et il s’éloigna, laissant Laë toute seule. Quelques minutes plus tard, Meecham et Gürkan rejoignirent la reine, et en grimaçant tous les deux, ils s’installèrent à côté d’elle. Leurs douleurs étaient de plus en plus supportables. Même les plaies qui zébraient le dos de Gürkan ne tiraient plus autant sur sa chaire.

D’une voix basse, Meecham dit : « Rien n’est votre faute Majesté. Ces hankiens sont imprévisibles. Ils sont comme les vagues sur lesquels ils habitent : indomptable. » Il lui prit la main. « Vous n’avez pas à culpabilisée. »

Gürkan fronça les sourcils. « Ouais, mais elle aurait très bien pu éviter d’offrir le cul de Karl à leur libido. » Il serra les poings sous le lourd regard du Jalanien. « Qu’est-ce que tu voulais nous dire sur Hamy ? Tu nous as dit que tu n’avais rien vu. »

Meecham opina. « Oui, je n’ai rien vu. Mais j’ai ressentis des choses. D’horrible chose. Hamy ma couvert d’une couverture pour me protéger d’une puissance indescriptible. Le pouvoir qui l’a tué… c’était de la magie. De la pure magie noire. »

« De la magie noire ? » Répéta Gürkan. « Les augures ne manipulent pas la magie noire. Ils n’en ont pas le pouvoir. Cheera et Sedna y ont veillées. ils sont condamnés à stagner pour l'éternité. »

Le guerrier blond se tourna vers la reine. « Vous l’avez sentit ? Vous avez reconnu la marque de la magie lorsque vous êtes entrée et que vous avez vu Hamy mort, n’est-ce pas ? »

******
D’un morceau d’étoffe, Shäleen essuya délicatement la bouche et la barbe d’Andrew pour le débarrasser de quelques gouttes de vomi. Le jeune homme le regardait d’un air serein avec un léger sourire sur les lèvres. Le délire du chef lydéen ne semblait pas le moins du monde le décontenancé. Shäleen continua de peindre le corps d’Andrew comme si toutes ces questions ne méritaient pas vraiment de réponses rapides.

Doucement, le jeune homme dit d’un ton détaché et monocorde, les yeux posés sur les marques qu’il dessinait : « Oui, tu as perdu. Kali à retournée tes pensées… pénétrer ton âme pour y lire jusqu’au moindre de tes secrets. C’est dommage… tu avais une très belle âme. Vraiment belle pour un homme dans ton genre. Elle est stigmatisée maintenant. Souillée. Impure. Elle reflète enfin l’être que tu es vraiment. »

Il déposa le pot d’huile rouge et fixa de ses grands yeux verts le visage d’Andrew, captant son regard bleu et l’emprisonnant. Il reprit d’une voix toujours aussi peu émotive : « C’est étrange, n’est-ce pas cette sensation ? Celle du vide. Celle qui accable ton âme au point de vouloir que tout s’arrêt enfin. Les douleurs qui touchent à l’âme sont les plus insoutenables, tu sais. Elles font faire d’horrible choix à ceux qui en souffrent. Souvent, lorsqu’on est pas assez fort, on se tue… ou on s’oublie. Quand l’âme est meurtrie, le corps et le cœur ne suivent plus. »

Shäleen soupira, puis il déposa sa main sur le cœur d’Andrew. « Comment Cheera a-t-elle pu donner à un humain dans ton genre un si grand pouvoir, alors que tu es si faible ? Comment peut-elle croire que tu puisses sauver ce monde ? Il viendra et détruira notre panthéon, et ce n’est pas toi et les espoirs éphémères que tu portes qui arriverez à sauver le monde des Exilés. C’est fini. A l’aube, tu seras mort. Car Sedna ne te viendra pas en aide. Son dernier acte de bonté envers Hanka était de faire d’Ayreb le souverain de cette communauté. Elle s’apprête désormais à partir elle aussi… comme les plus lâches. » Il se pencha vers l’oreille d’Andrew et murmura : « Mais moi je reste… car j’en ai assez de fuir… et puis, j’ai une belle cachette ne trouves-tu pas ? »

Un léger silence s’installa que seuls les cris lointains d’esclaves qu’on fouettaient ou violaient brisaient. « Mais dans tout malheur, il y a une part de bonheur, n’est-ce pas ? Et je dois sans doute t’en remercier. Chacun à trouver sa place. Lui entre tes bras... ou ce qu'il pense être tes bras. Et moi ici. » Shäleen approcha son visage près de celui d’Andrew, puis il déposa un baiser sur sa joue, un baiser à glacer le sang tellement ses lèvres étaient froides. Le jeune homme reprit d’une voix basse et sur le ton de la confidence :

« Merci ! Car sans cette douleur… jamais il ne m’aurait laissé la place. Jamais il n'aurais accepté mon offre, et jamais je n’aurais été si proche de prendre possession d’une source de pouvoir intarissable. D’une source reliée à l’essence même de l’Omkara. D’une source capable de faire de moi une Puissance Ordonnatrice. Savais-tu que lors de sa naissance, l’univers entier était là, penché sur son âme ? Il est merveilleux, et tu es le seul à ne pas le voir. Tu mérites ton sort. »

Il rassembla plusieurs pots de baume, puis il se leva, la flamme de la bougie vacillant sous son sillage. Le jeune homme rejoignit la table et déposa ses récipients. Il reprit : « La mort t’attend, Andrew. Le prix de la trahison passe par-là. Demain, tu seras mort. Car plus qu’un autre, tu l’as abandonné. Tu mérites ton sort. Tu me l’as offert. De tous mes arguments écrasants, tu étais le plus percutant… celui qui faisait mal à l’âme. Gürkan, son meurtre, Lydée en flamme… ses parents… tout était supportable… mais toi… tu es celui qui a fait penché la balance en ma faveur. »

Shäleen reprit sa place, et il se pencha à nouveau vers Andrew. D’une voix tendre il dit : « Alors, non. Nous ne nous connaissons pas. Nous ne nous sommes jamais rencontré. Nous ne sommes rien l’un pour l’autre. Mais, même si nous ne nous connaissons pas, permets-moi de te dire que je t’aime. Oui, je t’aime Andrew Kant. Car grâce à toi, bientôt, je ne craindrais plus Thorin, ni le Crépuscule des Dieux. Tu ne comprendra sans doute jamais... et ce n'est pas grâve. Tout est fini. Essaie de dormir, mon ami. Je vieille sur toi... en mémoire de Koah. »

Sur la cloison de bois derrière Shäleen, une ombre inquiétante aux quatre bras dansait au rythme de la flamme dans le pot d’huile. Elle mimait à la perfection chacun des mouvements que le jeune homme pouvait faire. Elle était son ombre.

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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mar 29 Avr - 0:29

Ayreb écoutait Kali avec une attention toute particulière. Dans toutes l'histoire d'Andrew, rien ne lui permettait de jouir personellement d'une souffrance. Il eut un sourire lorsqu'il apprit qu'il était veuf et un autre lorsqu'il apprit que sa progéniture avait manqué mourir. Ainsi, ce piètre chien de Cheera avait une descendance. Le chef d'Hanka éprouva soudain un vif sentiment de jalousie. Il prit une noix et la brisa en mille morceau d'un simple coup de dent. Crachant la coque sur le côté, il mâcha le fruit sec avec un rictus de dégout. Il était encore jeune pour penser à procréer mais l'idée qu'un type comme Andrew l'ait devancé, le dérangeait énormément. Il se versa de l'eau de vie récupérée sur les navires de naufragésdans un gobelet et la but d'une traite.

- Son point faible... il aurait été utile si ce chacal n'était pas déjà une bouse de reptile... Et en plus il a une soeur... tous les deux font honte à mon sang ! Tout ça me fait bien rire... ce débile a eu la bénédiction de Cheera, mais maintenant qu'elle a disparue, il est foutu ! De mieux en mieux... lorsqu'il sera mort, j'enverrai mes hommes asservir les autres villages. Oderne devrait nous rester fidèle. Elle n'a jamais vraiment aimé la pseudo-supériorité de ces chiens de lydéens. Elle ne bougera pas si nous l'attaquons. Sans leur chef, je ne leur donnerais pas trois jours avant de capituler...

Il pensa au destin de Logan... la seule trace de passage de son demi-frère. Il ne lui accorderait aucune pitié pour autant. Incapable de défendre sa liberté, il subirait le sort des esclaves avec un encadrement beaucoup plus sévère pour lui. Le briser comme il avait brisé son père. Ensuite, il se chargerait de la soeur, la dernière réprésentante de la double vie qu'avait eu son père. Il n'y aurait qu'un seul Kant : lui !

- Dois-je réellement laisser faire ? Cette pétasse mériterait le même sort que le gringalet mais en pire pour avoir osé me mentir et me manipuler. Je ne remercierais jamais assez Sedna pour ton aide fort précieuse, grande Kali. J'ai une autre question... je ne doute pas de ton allégeance mais j'aimerais savoir qui est ce Koah ? Il a semblé interroger Shäleen là-dessus... Est-il nécessaire de te rappeler qu'en te ralliant à moi, tu me dois la vérité ? Qui est-ce ? Son nouvel amour ?

Il lâcha ça avec un ton moqueur. L'idée que deux hommes puissent s'aimer sans établir de rapport dominant/dominé était ridicule à Hanka. Il y avait toujours un plus fort pour asservir l'autre. L'idée qu'Andrew puisse s'éprendre d'un autre ne ferait que rendre sa victoire encore plus agréable.

******

Devant la réaction de Karl, Laë ne put rien dire. Ainsi les choses iraient-elles ! Elle ne cacha pas sa peine lorsque Gürkan et Meecham approchèrent. Finalement, elle aurait peut-être mieux fait de rester dans son pays. Elle aurait pu arrêter Dorthal et ôter la menace qu'il allait faire peser sur les communautés de cette partie de l'île. Depuis qu'elle avait fait leur rencontres, tout ce qu'elel entreprenait afin de les aider ne faisait qu'aggraver la situation. Jewel avait raison, elle n'avait pas sa place ici... pour le bien des autres, il aurait valu qu'elle ne croise jamais leur route.

Elle écouta les deux guerriers parler tout en essuyant ses larmes. Elle était responsable du viol de Karl. Elle avait lu dans l'esprit d'Ayreb qu'il ne le voulait pas que pour la décoration... les plus faibles n'avaient pas le droit d'exister à ses yeux. Hanka n'avait jamais été aussi puissante. Pour tout dire, elle seule aurait été capable de survivre plus d'une semaine à l'attaque d'Yrilia qui se profilait. Elle passa ses cheveux derrières ses oreilles et entreprit de répondre, la nostalgie dans la voix :

- La magie ne se cantonne pas uniquement en deux catégories... Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise magie... tout est dans son utilisation. Mavican s'est servie de la sienne pour tuer des innocents. La personne qui a lancé ce sort, quel qu'il soit est un parfait connaisseur. J'ignore de qui il s'agit mais, on dirait que Shäleen habite le véritable auteur de ces actes. Quelqu'il soit, ce sorcier n'est pas humain...

Elle eut un regard dans le vague et soudain ses yeux brillèrent. Tout autour d'elle devint noir. Une forme de brume se dressa devant elle et prit peu à peu une apparence humaine. Lorsqu'elle fronça les yeux, elle aperçut au milieu de la fumée couleur argenté le visage de Kirion. Sa voix glaciale trancha l'air, provoquant des frissons sur sa peau :

- Où en sont les combats ? Je doute qu'il y ait des pour-parlers en instance, n'est-ce pas ?

- J'ai échoué... en offrant mon aide, j'ai enfoncé Andrew et ses amis. Ayreb l'a vaincu en combat et a décidé de le jeter à l'Océan. Si Sedna a foi en lui alors elle le sauvera. Kirion, il vous faut intervenir, sinon Andrew mourra...

- Je ne lèverais pas le petit doigt.

- Mais pourquoi ? Sans lui nous sommes tous perdus et vous le savez !

Les yeux de Kirion virèrent au rouge et il lâcha avec une froideur extrême.

- Parce que la plupart de ces humains sont aussi bêtes qu'un troupeau de scarabées dans une casserole ! Si j'interviens, il vont trouver quelque chose à redire sur la façon dont j'ai agi... mon aide sera bien vue, au début... et puis ensuite, on m'accusera de crimes que je n'ai pas commis pour créer un mouvement de haine et de révolte. Désormais, je n'interviendrais que lorsque je le jugerai bon. Le temps où je cédais aux supplications de ton peuple est révolu, Laë. Dorthal a clairement fait savoir que mon aide l'handicaperait plus qu'autre chose. Mais je n'ai pas dit mon dernier mot... Si ces abrutis ne sont pas capables de s'unir pour se défendre, tant pis pour eux ! Ils périront comme de vulgaires porcs qu'on égorge.

- Si Andrew meurt, nous n'aurons aucune chance...

- Il fallait y réfléchir avant d'agir ! Je ne suis pas là pour réparer les pots cassés de tes actes ! Tu as provoqué cette situation à toi de te démerder avec. Il est temps pour votre misérable âme d'apprendre à être responsable. Cependant, si Kant ne sort pas vivant de cette histoire... les responsables paieront de leur vie, j'y veillerais personnellement...

Son visage se dissipa peu à peu. Avant de complètmeent disparaître, il lâcha, le regard ferme :

- Et c'est valable pour toi aussi...

Tout réapparut d'un seul coup. Son absence avait duré à peine deux secondes. Elle s'en serait bien passé pour tout dire. Tout en se frottant le visage elle dit à l'attention des deux guerriers :

- Kirion ne veut pas nous aider... il ne sauvera pas Andrew de la noyade. Sans lui pour intervenir, il est fichu... et tout est de ma faute... Gürkan, personne ne pourrait l'aider à gagner le rivage parmi vos hommes ? L'un d'entre vous pourrait se réfugier sous l'eau et attendre qu'il le jète... Avec les remouds, personne ne devrait l'apercevoir. Il pourrait aider Andrew à rejoindre la terre ferme.

******

A la minute même où Koah parla, l'esprit d'andrew devint très clair. Il se souvint peut à peu de tout, et malgré la souillure profonde qu'il ressentait, lorsque le marionettiste eut terminé son discours, il réplique, la voix ferme, fixant ses yeux dans ceux de Shäleen :

- C'est faux... je ne l'ai jamais ignoré... c'était quelqu'un de particulier... si différent de toi... il ne semait pas le chaos et la discorde mais perturbait les choses sur son passage... comme le vent. Il rêvait de liberté et tu l'as enfermé. Mais, j'ai foi en lui, il parviendra malgré tout à se défaire de tes chaînes. Tes manigances n'arriveront pas te sauver de Thorin. Tu as tort, de le sous-estimer... même mort il continue d'exister ! A ta place je craindrais plutôt de perdre le contrôle. A mon image et à celle de Cheera, rien n'est éternel.

Il massa son front. Parler n'enlevait rien à la douleur, bien au contraire... cependant, il continua, usant des quelques réserves qu'il lui restait pour la mettre de côté :

- Vivement qu'on en finisse... que tout ce poids qui me pèse s'en aille. Qui regettera Andrew Kant, simple chasseur de Lydée ? Tu n'achèteras pas mon âme, en tout cas... car si ça devait être le cas, ma condition serait que tu disparaisses à jamais de la vie de Koah. Qu'il puisse être libre à nouveau... sans moi dans sa vie, il pourra se concentrer sur d'autres choses, plus importantes et plus accessibles...

Une pointe lui traversa le front et il grimaça de douleur. Sa vue commençait à s'obscurcir. Il ferma plusieurs fois les paupières pour se concentrer et acheva d'une voix faible :

- N'oublie pas de te laver les mains avant de manger... mon vomi... n'est pas de l'ambroisie... c'est... regrettable... tu trouve... pas ?

Il perdit une nouvelle fois connaissance. Mais cette fois, il sombra définitivement dans un sommeil profond, sans rêve.

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mar 29 Avr - 2:56

Il y eut un étrange bourdonnement un moment, puis la silhouette sur la cloison commença à agiter ses quatre longs bras filiformes. Par une magie étrange, le corps d’Andrew se souleva et comme grâce à l’aide de mains invisibles, une étoffe de tissu s’enroula autour du corps nu d’Andrew. Shäleen était immobile. Il fixait d’un œil vert pétillant de haine le chef lydéen. Il dit alors, même si Andrew ne pouvait l’entendre :

« Tu as bien trop confiance en Koah, mon ami. Il a choisi ses chaînes… Même Danaé, cette putain d’Attentionnée n’a pas réussie à m’arrêter. Il serait tellement plus simple de te tuer maintenant. Mais t’éliminer attirerait les regards divins vers nous… et je ne le souhaites pas car d’outre risquerait de s’indigner en comprenant que je souhaites m’emparer du pouvoir de la Vague. Silencieuse, je reste dans l’ombre jusqu’à ce que le sortilège de cette putain d’Attentionnée se brise en mille et un éclat. »

Sans un mot supplémentaire, Shäleen se releva, puis il se dirigea vers la table rustique pour y déposer la bougie. Une sauterelle se posa sur son épaule, puis une autre. Une dizaine de sauterelles apparurent dans la pièce, se posant un peu partout, ainsi que sur le corps d’Andrew. Avec une totale indifférence, Shäleen s’en alla, laissant à la surveillance de ses serviteurs dévoués, le lydéen.

******

Calmement, Kali se servit parmi les victuailles un bol de crabe. La colère d’Ayreb ne l’impressionnait gère. Elle avait les moyens de le remettre à sa place, même si elle ne le ferait jamais car il était bien trop important à ses yeux. Le jeune guerrier représentait l’unité. Il était l’homme le plus puissant de cette île. Il possédait une armée redoutable.

Après une bouchée qu’elle prit entre ses doigts putrides, elle dit d’un ton neutre : « Koah ? C’était un glaneur Lydéen sans grande importance. Il a toujours été brimé, car jugé un peu trop agité. Mais il était assez aimé. Il a accompagné ton frère vers le Mont Kobol où il est mort en chemin à cause des Furies. On dira que c’était l’un de ces amis, même s’ils ne se connaissaient pas vraiment. Il était beau, très beau et blond, tout comme Shäleen… et il avait un faible pour ton frère qui n’a jamais voulu le baiser. La ressemblance de Koah avec Shäleen à du faire croire à ton frère qu’il était son défunt ami. Ne cherche pas plus loin. Je ne te cache rien. »

Sans se faire annoncer, Shäleen franchit les portes et rejoignit d’un pas envoûtant le trône d’Ayreb. Il échangea un regard avec Kali, puis il passa derrière le siège et tendrement, il commença à caresser son large torse, ainsi que ses épaules musclées. Ses douces mains passèrent sous sa chemise et allèrent caresser sa peau. Tout en le massant afin de le détendre, il murmura à son oreille : « Mon Maître devrait aller se reposer, maintenant. Demain, un magnifique spectacle l’attend. Il serait dommage de ne pas être en forme pour le contempler. »

Kali opina. « Il a raison. » Elle se leva. « J’aimerais souligner une dernière chose avant de te laisser. Cheera est belle et bien morte et par sa mort, elle a ébranlée notre monde. Il est de ton devoir Ayreb d’unir sous ton règne cette île. Par tous les moyens. Il est temps qu’Hanka devienne enfin la maîtresse et écrase toutes résistances. Parce que, même si je répugne à savoir qu’ils veulent faire de nous leurs alliés, ces lydéens ont raisons. Des menaces planes au-dessus de nos têtes. Au dessus de ton empire. Il faut te renforcer et après, marcher sur les envahisseurs. »

******

Gürkan serra encore plus fort les poings lorsque Laë évoqua Shäleen. Au dire de ses hommes, l’esclave d’Ayreb ressemblait comme deux goûtes d’eau à Koah. Cette idée l’énervait au point qu’il avait envie de tout fracasser autour de lui. De plus, l’annonce de la passivité de Kirion n’arrangea pas son humeur. Gürkan dit d’un ton excédé : « Enfoiré de fils de putain ! Ce dieu ne serre strictement à rien ! »

Meecham secoua la tête. « Tu ne dis pas cela. »

« Je dis ce qu’il me plait ! Ce dieu appartient à mon monde et si j’ai envie de pisser sur son nom, je le fais ! » Le lydéen regarda la reine d’un œil froid, puis il dit d’un ton ferme : « Pour ce qui est d’aider Andrew à nager, je pourrais sans doute le faire avec quelques hommes… même si je risque de morfler avec l’eau salée. Mais je doute que les hankiens n’ai pas prévu le coup. Ils vont sans doute choisir un endroit infesté de requin… ou pire, ils peuvent choisir l’antre de l’Oxar. Et même si nous arrivons à aider Andrew, nager jusqu’à la côte risque de ne pas être une partie de plaisir… avec le courant qu’il y a. »

Meecham soupira. « C’est dommage que Kirion ne veuille pas nous aider à convaincre Ayreb. Avec lui, je suis persuadé que cet homme aurait été plus coopératif. » Il regarda le feu de camp. « Je n’arrive pas à comprendre pourquoi il ne veut pas ne serait-ce qu’écouter nos propositions d’alliance. Elles sont dans l’intérêt de tous. »

« Parce qu’ils sont hankiens et que pour eux, seule la force compte. Nous sommes en minorité et nous n’avons rien à leur apporter. Ils n’ont pas à nous respecter. Ils peuvent donc jouer avec nous comme bon leur chante. Pour la première fois depuis son histoire, Hanka est unie autour d’un seul homme. Si demain Ayreb ne trouve pas un semblant de valeur en Andrew, alors jamais Hanka ne nous soutiendra. » Il se leva en réprimant une grimace, puis il fixa ses deux comparses. « Nous seront fixé à l’aube. Faites une prière à Sedna. Même si vous ne croyez pas en elle, je pense qu’il ne coûte rien d’essayer. Je vais choisir les hommes qui m’accompagneront à la flotte. »

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MessageSujet: Re: 01 - Quand sonne Winowa.   Mar 29 Avr - 11:28

Nouvelle déception pour le chef d'Hanka qui poussa un grognement. Son frère n'était pas comme il voulait qu'il soit. Un bon à rien, dominé... malheureux... Rien que cette idée lui fit serrer les poings. Il se laissa caresser par Shäleen et la tension diminua peu à peu. Il prit la main de ce dernier et la posa sur ses abdos, de sorte qu'il sente une chaleur agréable parcourir sa peau et masser légèrement sa blessure qui avait cessé de saigner depuis un bon moment. Il lança un regard à Kali et dit :

- Merci, Grande Kali... Je te crois sur parole, parce que tu es la seule à ne pas avoir décidé de me lécher les bottes juste parce que je pouvais faire tomber n'importe quelle tête. La vérité n'est pas à ma convenance mais c'est ainsi. Quant à Shäleen...

Il fit glisser sa main sur sa cuisse avec un petit sourire et ajouta :

- C'est sans doute, le meilleur trophée que l'on puisse m'offrir. Bien...

Il se leva brusquement, le visage soudain animé par la haine. Il déclara :

- Demain, le chef de Lydée sera mort. J'unirais l'Île comme j'ai uni Hanka. Mes hommes n'attendent que mes ordres pour se défouler. Si nous craignons un quelconque danger, alors seuls les plus forts doivent dominer. Les faibles mourront ou seront asservis. Et nous commencerons par Lydée... une fois que leur nouveau campement de Ténolas sera tombé, je ferais supprimer tous ceux qui doivent l'être...

Il serra sa main sur un gobelet de terre qu'il brisa sous la pression. Il prit une autre noix, brisa la coquille et l'avala sans vraiment la mâcher. Il se tourna alors vers Shäleen et termina :

- Demain, nous fêterons la mort de ce fils de salaud comme il se doit, tous les deux. Et ceci pour te remercier de la profonde loyauté dont tu fais preuve. Veillez bien à ce que personne n'aille voir cet Andrew... je veux le voir se noyer sous mes yeux à l'aube. Sedna ne sauvera jamais un tel minable... Je tuerais de mes propres mains les irresponsables qui oseront me désobéir. Quant aux lydéens, s'ils tentent de voir Andrew, je veux voir leur sale carcasse pendue dans mon hall...

Après avoir donné ses ordres, il sortit de la pièce en ouvrant brusquement les portes. Il fit son petit parcours de route jusqu'à sa chambre, en cognant au passage les esclaves présents. Lorsqu'il arriva devant la porte, un soldat s'y tenait montant la garde sur ses appartements. Il s'approcha, posa sa main sur son ventre et appuya légèrement avant de dire :

- Qu'on m'amène une esclave... j'ai besoin de me défouler.

Le soldat s'exécuta et revint quelques instants plus tard accompagné d'un femme aux cheveux en batailles, d'un roux éclatant. Ayreb la prit par le bras et la jeta au sol. Il tenait un fouet dans la main droite. Les premiers coups claquèrent et au bout de dix minutes, les pleurs de la femme se firent entendre dans le couloir. Mais le soldat ne broncha pas. Lorsque la chair de la malheureuse fut à vif, Ayreb l'attacha à un anneau dans le mur. Il se déshabilla et entama alors de la violer sans ménagement. Au bout d'une demie-heure, les cris incontrôlés de la jeune femme disparurent. Meurtie, salie et humiliée, elle tomba sur le sol, en fermant les yeux. Ayreb termina seul, gratifiant tout son corps de sa semence. Sans prendre soin de la faire quitter la pièce, il s'allongea sur sa couche, entièrement nu pour dormir. Les tensions avaient levé le camp mais les petits gémissements de la jeune femme le firent s'énerver un peu. Il prit une bouteille d'alcool à moitié pleine, posée sur une petite étagère et la lui jeta dessus, la brisant et répandant le liquide sur la chair à vif :

- La ferme, sale chienne ! Je veux dormir... estimes-toi heureuse que je t'ai honorée, moche comme tu es, personne ne l'aurait vraiment voulu ! Si je t'entends encore une seule fois, je t'éventre !

Le silence tomba. La pauvre femme serrait les dents pour ne pas crier, l'alcool sur ses plaies l'aurait faite hurler. Ayreb trouva le sommeil rapidement. L'odeur de sueur, de sperme et d'alcool lui étaient si familères. Enfant, c'est dans cette atmosphère qu'il fermait les yeux, lorsqu'il était trop épuisé pour tenter de défendre sa mère.

******

- Je suis d'accord avec Gürkan... Kirion est un salaud !

Laë posa son regard sur les deux guerriers et poursuivit :

- Mais, ça, je le savais déjà... De toute façon, même s'il intervenait, ça n'arrangerait pas forcément les choses. Il ne sympathisera pas avec Ayreb... Cette homme est le parfait réprésentant du primitisme ancestral... D'après ce que je connais sur votre territoire, je dirais que chaque communauté représente les niveaux de l'âme... Oderne, par sa neutralité et son indifférence, est sans doute la plus sage... Lydée, la plus humaine et Hanka, la plus animale. C'est étrange que de telles dissensions se soient provoquées parmi vous. Mais c'est logique qu'Ayreb réagisse de la sorte. Vous n'avez rien pour vous lier... vous êtes si différents.

Elle posa ses doigts sur son genou en les les tapotant légèrement. Malgré tout ce qu'ils avaient subi, elle était toujours aussi propre. Aucune tâche sur ses vêtements, aucune trace sur les mains. Voyant que la nuit avançait, elle dit alors :

- Gürkan, s'il faut que vous alliez dans l'eau, je préfèrerais à la limite que ce soit sûr. Andrew est important, il soit être sauvé sinon, ce monde sera détruit. Mais, s'il vous plait, faites attention. Et ne prenez qu'un ou deux hommes, plus nous ferait remarquer... Que Sedna vous soit favorable...

Dans une grâce dont elle seule avait le secret, elle se leva et se mit à l'écart pour s'allonger. Les autres firent pareil. Bientôt les ronflements plus ou moins sonores témoignèrent du sommeil des lydéens. Mais dans l'obscurité, Laë avait les yeux grands ouverts. Elle repensa à Karl... une larme coula sur sa joue tandis que son estomac la tiraillait. Hamy et Tomas étaient morts... Kant allait surement les rejoindre et tout ça était la conséquence directe de ses actes... du moins, le pensait-elle. Il y eut soudain une étrange présence. La Reine se redressa pour scruter une zone sombre. Un très court instant, elle crut apercevoir un étrange forme voûtée... mais lorsqu'elle tâcha de la retrouver, elle n'était plus là.

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