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 04 - Oderne la Renfermée

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Lun 19 Jan - 22:13

Le silence s’était imposé impitoyablement dans la cavité. Koah resta droit et le regard assassin posé sur l’entrée de la grotte où Avian avait disparu. Il aurait tant aimé lui reclaper son pénible caquet ! D’un mouvement brusque de l’épaule, il obligea la colombe à s’envoler. Celle-ci poussa une petite plainte de protestation et elle alla se percher au-dessus d’une corniche naturelle. Elle fixait de ses grands yeux azures le jeune homme.

Dame Myriam se releva et elle annonça :

- Finissez de vous restaurez et reposez-vous. Demain est une longue et dure journée qui s’annonce.

Elle s’approcha de Koah qui n’avait toujours pas bougé.

- Avian est ici pour nous aidez. Accordez-lui votre confiance.

Et elle s’en alla avec Adel, laissant seul les lydéens. Le glaneur avait une boule à l’estomac. Il s’assit à sa place et silencieusement, il entreprit de manger uniquement de la semoule, les autres plats étant composés principalement de viandes. Il régna un silence de mort que seul le bruit de mastication brisait.

**********

Jewel recula avec effroi. Ce que disait ce dieu lui glaçait le sang. Profondément croyante, elle suivait les préceptes de Cheera qui disait qu’il n’y avait que l’âme de précieux en ce bas monde. Ne pas être réincarnée était pour elle inconcevable. Elle préférait savoir ce monde détruit mais leurs âmes tournant dans la Grande Roue Karmique de la Créatrice que d’être anéantie à jamais sans promesse d’une vie future. Elle dit alors, d’un ton ferme :

- Il n’en est pas question ! Non ! Je refuse !

La main sur le cœur, elle avait les larmes aux yeux.

- Je refuse cette éventualité ! Je tiens à mon âme et je prie chaque soir qu’elle sera réincarnée encore et encore ! Comment pouvez-vous croire un seul instant que nous allons accepter de sacrifier notre existence ! C’est sans moi !

Les jumeaux opinèrent d’un même hochement de tête. Ces derniers ne semblaient pas non plus vouloir voir leurs âmes se détruire en cas d’échec cuisant. Il n’y avait que Meecham qui paraissait prendre la chose sereinement. Il prit les mains de Jewel et il les serra.

- J’irais moi. Je crois en la bienveillance de ma déesse, et même si je ne suis pas dans mon monde, je sais qu’elle veille sur moi et mon âme. Je n’hésiterais pas une seule seconde à me sacrifier pour sauver les tiens. (Il rapprocha ses lèvres de l’oreille de la lydéenne et il ajouta :.) Ni même pour te sauver.

Au bord des larmes, Jewel enlaça fortement le jalanien contre elle. Elle le serra si fort qu’elle faillit tomber avec lui à la reverse.

**********

Il pleuvait de la cendre depuis qu’ils avaient posés le pied sur l’île de la Muerta. Gürkan et Danaé étaient arrivés depuis trois jours et à peine avaient-ils débarqués sur le sable noir qu’ils se faisaient déjà prendre en chasse par les Natwins, les maîtres de ces lieux et lointain coussins des rongmols. Le guerrier et l’ancienne déesse avaient passés les deux derniers jours dans une forêt très dense d’arbres morts. Ils étaient partis vers l’est dans le matin même, lorsqu’ils avaient entendu les cris des natwins.

La cendre avait drapé de gris le paysage morbide. Celle-ci était une malédiction de Kor, afin que jamais ne pousse la vie sur ce territoire. Et ce fut effectivement le cas. A perte de vue, le paysage était cadavérique. Tout n’était que cendre, ossement et pierre. Il n’y avait que des tonalités de gris. Les seules touches de couleur provenaient du sang des crucifiés qui jalonnaient les plages. Une odeur pestilentielle irritait continuellement les narines.

Au cours de l’après-midi, après une pause bien méritée, Gürkan et Danaé semèrent dans un sous-bois les créatures des ténèbres. Ces dernières semblaient les obliger à marcher vers l’est. Lorsqu’ils changeaient de direction, d’une façon où d’une autre, ils étaient repoussés inévitablement à l’est. Que ce soit par une avalanche bloquant la route, un pont rompu reliant deux rives d’un canyon où simplement par l’apparition soudaine de natwins. Gürkan craignait que ce ne soit un piège, mais Danaé semblait sereine.

A la nuit tombée, l’ancienne déesse exigea de pouvoir se reposer. Gürkan trouva une grotte creusée dans la roche même d’une falaise. Ils s’y hissèrent et pendant que l’ancienne déesse prépara le dîner : quelques fruits bouillis dans de l’eau chaude, le guerrier monta la garde. Son esprit était une nouvelle fois ailleurs. Il se demandait si Andrew avait réussi à sauver l’âme de Koah. Il aurait tant voulu lui dire qu’il était désolé.

Danaé vint s’asseoir près de lui et elle lui donna sa ration en disant :

- Andrew a réussi à sauver l’âme de Koah.

- Qu’est-ce que vous en savez ?

Elle eut un petit rire.

- Le monde tourne toujours.

Gürkan ne voulait pas aborder le sujet de Koah. Il dit simplement afin de noyer le poisson :

- Nous sommes repoussés toujours plus loin à l’est par les natwins. Si cela continue, je ne donne pas cher de notre peau une fois arrivée sur la côte.

- Tu devrais avoir confiance en ta destiné Gürkan. Je ne pense pas qu’un homme de ton envergure soit destiné à périr sur l’île de la Muerta, loin de toute gloire.

- Je ne recherche pas la gloire.

Un sourire compréhensif étira les lèvres de Danaé. Elle se leva et lui tapota l’épaule.

- Pourtant tu l’auras. C’est là le lot de tous les hommes dans ton genre.

La déesse rejoignit le petit feu au fond de la grotte. Elle s’allongea près de la chaleur bienveillante des flammes, laissant Gürkan dans ses pensées. Le guerrier mangea en silence sa ration de fruit bouillit puis il monta la garde à l’entrée de la caverne. Il ne su exactement combien de temps il ferma les yeux, mais lorsqu’il les rouvrit, le feu se mourrait doucement. La faible lueur qu’il dégageait permis au guerrier de remarquer l’absence de Danaé. Il se leva précipitamment, cherchant dans les moindres recoins de la cavité.

Une ombre se dessina sur la paroi à sa gauche. Gürkan sortit son épée et il la brandit devant lui. L’ombre était celle d’une femme qu’il reconnu aussitôt. C’était sa mère. Elle était comme il s’en souvenait. Grande, brune et doté d’un sourire ravissant. Gürkan savait que c’était impossible qu’elle se trouve ici. Elle était morte crucifiée il y a des années. Il l’avait vu de ses propres yeux mourir. Le guerrier resta interdit devant cette vision qui venait de lui sourire en lui tendant la main.

Kayla marcha doucement vers l’entrée de la grotte et en silence, elle l’invita à la suivre. Gürkan fut pris d’une irrésistible envie de se laisser aller. Il lutta quelques instants avec lui-même mais ce fut peine perdue. Son envie était trop grande. Comme un papillon attiré par la flamme d’une bougie, il suivit la vision de sa mère. Elle l’emmenait profondément à travers la forêt dense, toujours plus à l’est. De temps en temps, Kayla le regardait par-dessus son épaule, souriante et aimante.


(suite plus bas)

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Lun 19 Jan - 22:17

Une heure s’écoula et enfin Gürkan sortit de l’épaisse végétation d’arbres morts. Il venait de franchir deux piliers de pierre d’un noir intense. Plus loin se trouvait un édifice creusé à même la façade d’une haute falaise. Il était orné d’un millier de têtes de morts sculptés dans la roche et au centre desquelles, l’emblème de Kor mettait en garde les profanes. Sur l’unique chemin serpentant à travers une lande désertique se trouvait des traces de pas. Ce n’était pas ceux de Kayla puisqu’elle n’en laissait pas derrière elle. Ce devait être ceux de Danaé.

En entrant dans le sanctuaire de Kor, toutes les torches s’allumèrent d’un même élan et Kayla disparue. Il y avait suspendu au plafond des squelettes d’humains ; hommes, femmes et enfants. Des roues de tortures, des cages et des guillotines décoraient le hall de ce temple maudis. Gürkan chercha au sol des traces du passage de Danaé. Apparemment, quelqu’un ou quelque chose voulait qu’il les suive. Il y avait énormément de poussière de cendre et il était facile pour lui de pister la route empruntée par l’ancienne déesse.

Gürkan descendit un long escalier jalonné de nombreux symboles de Kor. Le serpent à gueule ouverte des blasons résonnait comme une mise en garde à chacun de ses pas. Pourtant, il continuait d’avancer et de s’enfoncer toujours plus loin dans les profondeurs du sanctuaire. Parfois, il prenait une bifurcation, un long corridor, une petite pente plongeante et il croisa même la route d’un lac souterrain à l’odeur pestilentielle et à la couleur verdâtre écœurante.

Il ne su exactement combien d’heure il passa à marché mais il commençait à avoir mal aux jambes. Le tunnel tournait en descendant et déboucha bientôt sur un couloir fait de grands blocs de pierre soigneusement ajustées et polies. Gürkan avança sans faire de bruit dans le couloir parfaitement plat. Les traces de Danaé avaient disparue car la pierre était dure et aucune poussière ne s’était déposée dessus. Loin au-dessus de sa tête, le guerrier apercevait des chandeliers perlés et suspendus par de grosses chaînes au plafond. Un système de poulies permettait de les faire descendre afin d’y allumer les chandelles.

De l’autre côté du couloir, il vit de grandes portes en bois, renforcée de larges bandes de métal avec une haute serrure. Elle était entrouverte et de la lumière en filtrait. Sans un bruit, Gürkan s’approcha de l’entrebâillement et jeta un coup d’œil à l’intérieur. Ce qu’il vit le laissa bouche bé. Il leva instinctivement son épée.

Assise sur des piles de perles d’un blanc nacré et de joyaux de la taille d’un poing, Danaé buvait dans une coupe en or. Devant elle se trouvait une silhouette telle que Gürkan avait des difficultés à en croire ses yeux.

Une tête de la grosseur d’une hutte qwel reposait par terre. Elle était recouverte d’écailles rougeâtres de la taille d’un bouclier, tout comme le long cou souple menant à un énorme corps qui se perdait dans la pénombre du grand hall. Des ailes gigantesques aux extrémités crochues étaient repliées sur les côtés de son dos. La créature avait des oreilles pointues sur la tête, séparée par une crête flamboyante et laquelle surgissait deux magnifiques cornes de la taille d’une jambe d’homme. Son museau allongé était retroussé sur un sourire vorace, qui dévoilait des dents aussi longues que des épées ainsi qu’une fine langue fourchue qui en jaillissait par instant.

Gürkan lutta contre l’envie impétueuse de prendre la fuite, ce qui lui arrivait rarement. La créature était bien plus imposante qu’un tyrannosaure. Le guerrier fit un pas en avant et sa botte claqua contre le marbre blanc de la salle. Danaé se retourna et la créature leva aussitôt la tête, ses yeux rubis dévisageant l’intrus. L’ancienne déesse s’exclama :

- Gürkan !

La voix du dragon gronda dans la salle, se répercuta en échos sur les murs comme le tonnerre.

- Bienvenue dans mon humble demeure, valeureux Sula.

Le guerrier avait du mal à conserver son calme habituel. Il grommela :

- Que faites-vous en compagnie de cette chose ?

Le regard de la jeune femme se rembruni.

- Je discutais. Et sache que ce n’est pas une chose, mais un dragon.

La tête du dragon se reposa sur le sol et malgré tout, ses yeux étaient à la hauteur du visage de Gürkan. Ce dernier s’avança doucement mais inconsciemment, il gardait son épée prête au combat. Le dragon dit :

- Retiens ton bras. Je ne te ferais aucun mal. Ni à toi valeureux Sula, ni à elle, ancienne déesse.

Gürkan accrocha son épée à sa ceinture. Il regarda autour de lui et vit qu’il se trouvait dans un grand hall. Tous les murs étaient tendus de tapisseries et de bannières déchirées aux couleurs dépassées. Quelque chose en elles agaçait Gürkan car il les trouvait à la fois complètement étrange et terriblement vieille. Le blason qui se trouvait brodé sur la plupart des étendards lui rappelait vaguement quelque chose, mais il n’arrivait plus à mettre le doigt dessus. Un peu partout dans le hall se trouvait de gigantesque pille de perles et de joyaux.

Le guerrier s’assit sur la fortune de toute une vie et il demanda à Danaé :

- Où sommes nous ?

- Dans la chambre de Cheera. Le sanctuaire de Kor n’est qu’un leurre destiné à empêcher les indésirables de venir déranger le repos de la Créatrice.

- Et que faisons nous là ?

- Nous sommes venus veiller les dernières heures du plus ancien de tous.

Gürkan secoua la tête en regardant le dragon.

- Il va mourir ?

- Les dragons comme Zorhg connaissent l’heure de leur mort.

Zorhg releva la tête légèrement.

- Je suis vieux, même pour ceux de mon peuple, et ma vie fut bien remplie. J’ai disposé de tout ce qu’un membre de ma race peut rêver : la fortune, la puissance et de magnifiques compagnes. Tout ce que j’ai voulu, je l’ai obtenu. Aujourd’hui je suis heureux que ce soit toi qui sois venu. Je t’ai appelé à mes côtés par magie, de manière à ce que tu puisses me veiller sur mon lit de mort et que tu puisses apporter ceci à la Vague.

Il indiqua d’un léger mouvement de museau un autel au centre du grand hall. Gürkan se leva et s’approcha de celui-ci. Au milieu d’une vasque, ce qui ressemblait à un gigantesque œuf bleu pâle, reposait sur des centaines de perles.

- Qu’est-ce que c’est ?

La voix du dragon résonna en échos.

- Cet œuf est très important pour mon peuple. Il appartenait à Tayanne, la dernière descendante des Rois Dragons. Il n’a jamais éclos et ce depuis le départ de nos maîtres.

- Vos maîtres ? Les sulas ?

Zorhg rit, ce qui fit trembler le hall tout entier.

- Sache, Sula, que vous n’avez pas toujours été les maîtres des univers. Les choses n’ont pas toujours été telles qu’elles le sont maintenant. Ton peuple est ancien, mais le mien est le plus ancien de tous, à l’exception d’un seul. Nos étions là avant les Nelwyns et les Morthens. Nous servions ceux dont les noms ne doivent pas être prononcés.

- Qui donc ?

D’une douce voix, Danaé intervint :

- Les Daïkinis.

- C’est ainsi que vous les nommez dans vos légendes, déesse.

Gürkan ouvrit de grands yeux.

- Qui sont les Daïkinis ?

- C’étaient nos maîtres et nous étions leurs serviteurs, tout comme les Nelwyns et les Morthens. Quand ils ont quitté notre monde, pour un voyage qui dépasse l’imagination, nous sommes devenus le plus puissant des peuples libres, avant même la venue des Sulas et des Jalaniens. Nous régnions sur les cieux et sur toutes choses, car nous étions plus puissants que les autres.

- Tu es plus ancien que nos dieux Sulas ?

- Bien plus ancien.

Le lydéen haussa les épaules avec indignation.

- Comment cela est-il possible ? Les Sulas sont les maîtres des univers.

Le dragon ferma les yeux un moment, puis il les rouvrit et les posa sur l’œuf et ensuite sur Gürkan.

- Il y a des milliards de millénaires de cela, mon monde s’appelait Gatün. Il était gouverné par ceux que vous nommez les Daïkinis. Nous autres les dragons, nous étions leurs serviteurs dévoués. Une harmonie parfaite unissait nos deux peuples. Nous nous aimions et personne ne faisait couler le sang de l’autre. Un jour, une Vague s’est incarnée sur Gatün et grâce à son impulsion, les âmes des Daïkinis ont commencées à s’élever. Ce fut d’abord la Reine qui s’en alla la première. Elle s’éleva bien plus haut qu’il ne soit possible de le faire. Ensuite, nos maîtres quittèrent Gatün pour le Grand Voyage à leur tour. Pendant un temps nous vécûmes en paix et colonisèrent notre univers. Mais les choses changèrent et il y eut des dissensions. Les clans se sont formés et des guerres entre les Rois Dragons ont éclatées. Au fil des milliaires, moins d’œufs ont éclos, rendant nos populations toujours moins nombreuses et la magie se taris.

« Le Néant est alors venu frappez à nos portes, détruisant peu à peu notre univers. Par miracle, la Reine des Daïkinis est revenue et elle à emportée avec elle les derniers survivants de mon espèce. Elle nous a déposée dans un monde à part. Dans un univers juvénile. Des humains venaient à peine de voir le jour sur ces terres. Nous les avons prit sous nos ailes, devenant à notre tour les seigneurs et maîtres. Durant des siècles, notre Reine et déesse resta avec nous. Elle nous apprit à manipuler à nouveau la magie et tenta de nous mener vers l’Illumination à notre tour.


Gürkan scruta le dragon.

- Que s’est-il passé ?

- Thorin est arrivé accompagné de Baazok et de Danakane, ses deux plus fidèles alliés. Sa crainte de voir un jour un autre peuple surpasser le sien traversa les univers. Il nous détruisit sous le regard compatissant de notre déesse. Afin de sauver les juvéniles humains de la destruction, elle accepta de nous sacrifier. C’était le prix exigé par Thorin car nous étions les seuls capables de nous Elever à l’époque.

- C’est injuste.

- Peut-être mais nous étions condamné bien avant Thorin par le Néant. Nous avons simplement eue droit à un sursis.

Le regard du guerrier se posa sur les bannières et soudain, il reconnu le blason. C’était le même si se trouvait sur la cuirasse de Meecham : une tour surplombée d’un dragon.

- Cette reine… c’est Jalane ?

Zorhg esquissa d’un léger pivotement de tête.

- C’est ainsi que la nomme les juvéniles humains.

- Alors ton monde…

Danaé le coupa.

- C’est bien celui qui essaie de nous envahir.

- Si Thorin a anéantis les dragons, comment se fait-il que tu te trouves ici ?

A nouveau Zorhg ferma les yeux un instant, cherchant la force de continuer à parler. Les rouvrit ses épaisses paupières et expliqua d’une voix de plus en plus affaiblie.

- Lors de la bataille des Cents jours où Thorin et son panthéon envahirent mon monde d’adoption, notre déesse offrit aux derniers dragons existants un refuge dans son sanctuaire au-delà le désert de Kesh. J’y vécu des milliers d’années au milieu du reste de mon clan jusqu’à ce qu’une jeune Sula se prenne d’affection pour moi.

- Qui ?

- Votre Cheera. J’ai aidé cette dernière à sauver vos âmes de la destruction de Salador. Je me suis opposé à Danakane elle-même et elle m’a maudis. Il n’y avait que l’affection de Cheera qui me gardait en vie. Elle me garda avec elle mais aujourd’hui elle n’est plus et je me meurs.

Gürkan déposa les mains sur l’œuf et il le souleva. Il s’était attendu à ce qu’il pèse son poids vu la taille, mais ce dernier était aussi léger qu’un nouveau né. Sous l’œil attentif de Zorhg, le guerrier s’approcha.

- En quoi cet œuf est-il si important ?

Danaé rejoint Gürkan et elle le lui prit des mains.

- Il est le dernier à pouvoir perpétué la mémoire des dragons.

- Il existe encore sur Jalane quelques dragons mâles qui vivent dans l’espoir un jour de pouvoir perpétué notre espèce en s’unissant avec la dernière descendante des rois dragons. Cet œuf détient l’unique héritière de sang pure. Si nous ne voulons pas tomber à jamais dans l’oubli, il doit éclore.

Le lydéen était perplexe et il le montra d’un froncement de sourcils.

- S’il en avait dû être ainsi, cela ferait un moment qu’elle serait née votre héritière.

Zorhg reposa la tête sur le sol, le regard de plus en plus vitreux.

- Hélas, tu as raison. Mais j’ai espoir qu’en présence de la Vague, elle se décide enfin à naître et à porter sur ses épaules les derniers espoirs de mon peuple.

- Pourquoi moi ? Pourquoi est-ce moi que vous avez choisi pour apporter cet œuf à la Vague ? C’est une très lourde responsabilité.

- Parce que tu aimes la Vague qui s’est incarnée dans ce monde et que tu es prêt à tout pour la retrouver. Il n’y a pas plus fidèle messager que toi en ce monde. Ton amour pour elle déborde. Ne tente pas de le nier, tu n’as aucun secret pour moi Sula. Je regrette simplement de ne pas avoir la force de le lui apporter moi-même.

Il laissa échapper un épais soupire de ses naseaux.

- Maintenant je suis fatigué.

Danaé reprit place sur le tas de perles, l’œuf lové sur ses genoux. Gürkan s’assit également à ses côtés et ensemble, ils veillèrent les derniers instant du dragon. Celui-ci resta là et leur parla de sa vie, passée à volée dans les cieux de Gatün, au-dessus de terres lointaines où vivaient les Nelwyns et où les tigres roux parlaient. Il leur conta tout au long de la nuit des histoires merveilleuses jusqu’à ce qu’enfin, il se tût à jamais.

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Lun 19 Jan - 22:18

L’odeur était familière et elle plongeait Koah dans une douce quiétude. C’était celle de son foyer à Lydée. Des noix grillaient sur le feu et dégageait un arôme délicat dans toute la maisonnée. Walter Kant attisait le foyer avec l’aide d’Alec qui ne cessait de provoquer son grand-père. Assises sur une peau tannée au centre du salon, Déjanire, Lucie, les filles de Carline et Elona jouaient aux dès alors que Molly finissait de dresser la table. Koah revivait le lendemain du réveillon de Winowa, lorsque toute sa famille se réunissait pour festoyer à nouveau. Il y avait ses frères, ses sœurs, ses nièces et ses neveux. C’était l’année avant la venue au monde de Määt, il s’en souvenait.

Bien que se sachant dans un rêve, il ne tenta pas de s’y soustraire. C’était trop agréable de revivre ce qu’il avait perdu. Il resta immobile à l’entrée de la salle commune, contemplant tout ce beau monde et savourant le brouhaha des conversations. Soudain, alors qu’il ne s’y attendait pas, un corps chaud vint se coller au sien derrière lui. Il le reconnu aussitôt. Koah ferma les yeux, sentant son être s’embrasser tant ce contact lui avait manqué.

Andrew effleura de ses doigts les tekalis sur le ventre de son époux. Ils étaient apparents, un peu en relief et d’un noir plus intense qu’à l’accoutumer. Il savait ce que cela signifiait. Koah était dans son cycle de fécondité. Le chef de Lydée baisa le cou de son époux.

- Et si on s’éclipsait un petit moment ?
murmura-t-il. Nous avons encore du temps avant que le repas ne soit servi.

Les doigts du glaneur vinrent s’unir à ceux d’Andrew.

- Nous avons des invités.

- Et ils seraient ravis de savoir que nous travaillons à la conception d’un troisième enfant.

Discrètement et sans lui demander son avis, le chef de Lydée tira Koah dans la première pièce à portée de pas. Ils se retrouvèrent dans le sellier. Celui-ci était un peu encombré par des caisses de vivrent rapportées d’Oderne. Andrew plaqua Koah contre la cloison de bois tout en lui embrassant les épaules et la nuque, et en le couvrant de son corps.

- Tu n’imagines pas à quel point j’ai envie de te faire l’amour.

Koah tenta de se dérober à l’éteinte mais c’était peine perdue, Andrew continuait de se frotter à lui et de le caresser, le gardant soigneusement prisonnier de sa poigne.

- Andrew, chéri… soit raisonnable.

- Je suis raisonnable, Bébé. Je pense qu’il est grand temps d’offrir à Alec et Elona un petit frère.

Les mains vagabondes d’Andrew soulevèrent le pagne et caressèrent les douces fesses galbées.

- Tu dirais n’importe quoi pour que je te laisse faire.

- S’il te plaît. Rien qu’une fois.

- Andrew, nos familles sont réunies dans la pièce d’à-côté.

- Rien qu’un petit coup. Ils n’en seront rien.

Koah ne pu s’empêcher de rire doucement, mais il se laissa tout de même faire, n’ayant dans le fond aucune envie de se refuser à lui.

- Un petit coup ? Ce n’est jamais un petit coup avec toi !

Tout en continuant d’embrasser le corps de son mari, Andrew dégagea habilement son sexe turgescent de son pagne et il écarta la ficelle du string de Koah. C’était devenu plus passionnel et plus intense. Du bout des doigts, il caressa la timide entrée du corps du glaneur alors que celui-ci ce cambrait en gémissant. Très doucement, Andrew entra en lui de toute sa longueur. Uni comme ils le désiraient l’un l’autre, le chasseur se plaqua fort contre l’homme qu’il aimait et il se mit à se mouvoir brusquement, emporté dans la passion de l’instant. Il lui murmura au creux de l’oreille dans un souffle chaud :

- Je t’aime tant.

Koah ouvrit les yeux brusquement. Il mit un moment à ne plus voir flou, car des larmes avaient trouvés refuges dans son regard. Puis il se réveilla complètement et tourna la tête vers Andrew qui dormait à l’autre bout de la grotte. Koah réalisa ce qu’il s’était passé et aussitôt, des larmes silencieuses coulèrent le long de ses joues et il les essuya d’un revers de main. La douleur qui accablait son âme était de retour et elle lui fit lâcher un petit sanglot.

La colombe souleva la tête dans sa direction, puis elle déploya ses ailes et en quelques battements, elle descendit de son perchoir naturel pour rejoindre la couchette de Koah. Elle resta immobile, le fixant de ses yeux azures. Accepter la proposition d’Avian était sans doute ce qu’il y avait de mieux à faire. La maîtrise de la magie lui occuperait suffisamment l’esprit pour s’oublier lui et le tourment de son âme. Il tendit le doigt et la colombe vint s’y poser. Il l’approcha ensuite de son visage et murmura :

- Tu sais où trouver Avian n’est-ce pas ? (Il n’attendit pas confirmation et enchaîna.) Dis-lui que j’accepte son aide. Tout de suite.

L’oiseau s’envola majestueusement et après avoir tourner quelques instants dans la cavité, il sortit par l’une des fissures de la grotte pour plonger profondément dans l’obscurité du canyon. Koah se leva et il se rhabilla. Il essayait d’effacer de son esprit le souvenir trop présent d’Andrew, mais c’était difficile. Il avait l’impression de sentir encore ses mains posées sur lui et son odeur sur sa peau. Koah s’appuya contre une corniche et laissa son regard admirer les lueurs phosphorescentes des noctalis. Il se mordilla la lèvre pour ne pas sangloter.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Dim 25 Jan - 1:15

- Il est toujours difficile d'aimer...

Tandis que Koah était tranquillement en train de rêvasser, Avian était arrivé silencieusement, on aurait dit qu'il n'avait pas marché pour venir. La colombe sur son épaule mit affectueusement son bec dans ses cheveux. Il caressa son plumage du bout des doigts et la fit monter sur son index.

- Les oiseaux sont des créatures très sensibles et intelligentes. Il n'existe pas de plus fidèle qu'une colombe. Elle sait ce qu'est l'émotion. Elle sait aussi à quel degré il est important d'aimer. La nuit t'a porté conseil, jeune Vague. J'ai du temps pour répondre à tes questions... je sais qu'il y en a. Que dirais-tu de nous retirer dans un lieu plus calme et plus serein.

Il désigna le haut du regard et avant même que Koah puisse donner une réponse, leurs deux corps lévitèrent un court instant. Un voile opaque les entoura les masquant à la vue de tous puis ils se déplacèrent dans les airs comme des spectres. Cela ne dura que quelques secondes, Koah et Avian atterrirent avec douceur dans une petite pièce ronde, où l'on aurait cru que la lumière était extérieure. Une petite brise tournoyeait dans la pièce où Avian logeait.

- N'aies crainte, nous sommes ici dans mon modeste cercle personnel. La magie peut faire beaucoup de choses. Elle aide de nombreuses personnes mais en sert le double. En quelque sorte, elle m'aide à survivre dans ce trou... je déteste les profondeurs et les lieux clos. C'est presqu'un exploit si je suis ici... mais enfin, parlons de toi.

Il versa un liquide à l'odeur fruité dans deux coupes en terre cuite puis en tendit un à Koah. La colombe s'était posé sur l'épaule du glaneur.

- Tu l'aimes beaucoup... suffisamment pour te sacrifier encore et encore afin qu'il soit heureux. Mais tu as encore tant à savoir, jeune Vague. Tu es le seul être dans ce monde capable de tout maitriser au mieux, de ton essence magique à celle d'Andrew. Mais à sa différence, tu es actuellement plus fragile, car tu n'as personne à détester. Pas même lui... Il a du t'être difficile de rester sans franche rancoeur et c'est pour cela que ton esprit est encore maléable et libre de vagabonder sur les sentiers qu'il souhaite emprunter... Ton âme a un potentiel gigantesque mais mal orienté et mal exploité, un mage aguerri peut se servir de toi pour des fins obscures. Comprends bien que je ne cherche pas à t'effrayer ou à te manquer de respect. Les plus grands tombent parfois dans des pratiques ignobles, il est donc normal qu'un apprenti risque pareil.

Il s'assit en tailleur sur le sol prenant dans ses mains ses pieds nus. Dns son espèce de toge rapiécée, on aurait dit un mendiant hankien. Ou un esclave vu sa frêle carrure. A Lydée, il serait passé pour quelqu'un de chétif, de malade... or, ça n'était pas le cas, à part sa claustrophobie, il ne semblait souffrir d'aucun mal notable :

- Je t'en prie assieds-toi et sers-toi ce que tu désires manger. Prends des forces, l'usage de la magie épuise ton corps. Avant de commencer, j'aimerais que tu me parles de toi et de tes pouvoirs. Je pourrais abuser de la faille qui règne dans ton esprit, mais je ne le souhaite pas. Les choses que l'on peut apprendre de cette façon sont bien trop terribles pour que j'y noie mon attention. Je sais que tu n'es pas un guerrier, que tu n'es pas un esclave, un courtisan ni un marchand... à mon avis, tu es un pêcheur... mais je n'en suis guère sûr, musculairement parlant, tu pratiquerais plus le harpon en eaux profondes que la barque... Puis-je te demander comment tu as découvert la magie qui t'habitait ? Enfant, n'avais-tu pas l'impression que tu irradiais d'une certaine façon ? Hum... pardonne mes interrogations... je n'aurais jamais pensé qu'un jour j'aurais à former une Vague... l'ampleur de la tâche me fait peur, je dois te l'avouer mais je te promets de faire au mieux.

******

- Ne t'avais-je pas dit que je le tuerais, petit lydéen ? Ne te l'avais point dit ? Ta façon de me défier ne me convient guère... Je vais te prendre Logan, pour toujours...

- Vous ne pouvez pas... pas lui, rendez-le moi !

- Viens à moi et tu auras ton marmot. La curiosité est décidément une affaire de famille chez les Kant. La désobéissance aussi. Dommage pour Logan, il ne connaîtra pas les retrouvailles avec son esclave de père...

- Non, je vous en prie pas Logan... vous ne...

- Viens à moi !

- Où vous trouverais-je, je ne vois plus rien et je suis dans un labyrinthe...

- Débrouilles-toi... tu as trois jours pour me trouver... si passé ce délai, tu n'es pas à mes côtés, alors je m'arrangerais que ton fils hurle de souffrance en lui séparant la tête du corps !

- Non... Non !

Recroquevillé sur le sol Andrew gémissait les mains pressant violemment ses tempes comme si sa tête allait exploser. La respiration haletante, il se leva, non sans maladresse, encore groggy par la vision d'horreur à laquelle il avait eu droit. Dans la précipitation, il heurta un meuble du pied et s'étala lourdement sur le sol, se coupant le souffle au passage. Faisant fi de la douleur, il se releva du mieux qu'il put et se rua vers le mur afin de trouver l'entrebaillement par lequel se faufiler. A peine s'engagea-t-il dedans qu'un choc le projeta en arrière, ses omoplates claquant sur la surface terreuse. Ayreb venait d'arriver et il se mit à rire :

- Tiens, le bâtard essaie de se faire la malle... hein ? Comment tu as passé ta nuit, moi très mal, j'avais hâte de casser du crâne et de bourrer Koah. Etant donné qu'il n'est pas là et que nous sommes seuls, que dirais-tu d'un petit brin de causette ?

Avant qu'Andrew puisse répondre, son demi-frère l'avait empoigné par le cou pour le redresser et le plaqua durement contre le mur. Etranglé, ses pieds à deux centimètres du vide, le chef de Lydée n'arrivait pas à le faire lâcher prise :

- Aussi grande que soit ton importance, tu restes à mes yeux un misérable chien, si facile à abattre. Sans tes copains oderniens, tu ne peux pas grand chose, contre moi. J'ai envie de m'amuser avec toi. De te faire voir qui gouverne...

Il relâcha son étreinte arrachant une inspiration d'Andrew immédiatement coupé par un coup de poing au ventre qui fit s'effondrer le chef de Lydée, lui faisant monter les larmes aux yeux. Ayreb était en forme et prêt à en découdre pour les évènements passés... Il envoya son coup de pied percuter l'abdomen du lydéen avec un violence inouïe. Agité de spasmes et le souffle coupé, Andrew cracha du sang sur le sol, ses côtes criant au supplice.

- Où allais-tu comme ça, hein ?

- Lo... ga... pa...tir... hmmm...

La voix s'éteignit en même temps d'Ayreb envoya son pied dans les côtes de son frère. Inconscient, sur le sol, Andrew avait sombré dans le noir complet, la douleur trop forte pour être viable. Ayreb le traîna dans une pièce et ferma la porte à clé. Ils étaient visiblement seuls dans les parages... Lorsque le chef de Lydée se réveilla, il était pendu par les pieds grâce à une corde solidement attachée. La tête en bas, rouge sang, il avait trop mal pour parler. Ayreb s'amusa et pointa vers lui un couteau. Il posa la lame sur le nombril d'Andrew et fit une légère entaille qui se mit à saigner.

- Tu savais qu'on saignait les porcs en les éventrant tout le long ? On part du pubis pour remonter jusqu'à la gorge... les tripes pendouillent à l'air, pendant des heures, parce que le porc agonise peu à peu. J'ai bien envie de te faire pareil mais tu m'es nécessaire pour sortir d'ici... alors plutôt que de te tuer, je vais te couper un morceau... histoire que tu te souviennes à qui tu appartiens, désormais.

Il fit remonter la lame jusqu'au pagne d'Andrew puis poursuivit en redescendant tranquillement vers la tête du lydéen. Il saisit une paire de ciseaux et d'un geste net coupa un morceau du lobe de l'oreille droite. Andrew voulut crier de douleur mais ses côtes lui faisaient trop mal. Il eut l'impression de s'évanouir mais son grand désespoir, ce n'était pas le cas. Pendu dans le vide, le sang coulait abondamment. Ayreb ajouta :

- Et si on te demande... si tu tiens à ta vie, celui qui t'a rendu aveugle t'a fait ça. Par Sedna sait quel moyen ! Je passerais prendre l'autre bientôt... histoire de te rafraîchir la mémoire... bâtard.

D'un coup de couteau Ayreb sectionna la corde laissant Andrew tomber sr le sol. Il défit ses liens et le laissa ramper hors de la pièce le piétinant lourdement au passage pour partir, le lobe de son oreille entre ses doigts.

*******

Dans le silence apparent, Musterion avait terminé d'installer les préparatifs à son rituel. Il posa ses yeux sur Laë et Meecham, seuls volontaires et demanda :

- Vous êtes sûrs ? Je n'aurais aucun moyen de vous ramener, il vous faudra faire preuve d'une grande force d'esprit pour revenir indemnes...

- Nous ferons de notre mieux. Ce livre est capital, nous devons le lire... et en apprendre au moins quelques préceptes.

- Soit, lorsque vous partirez, rien ne sera comme ici. Le temps est une toile d'araignée, extensible à l'infini et traître. Ne faites confiance à personne, pas même à vous-même. La seule chose qui vous sauvera sera votre instinct. Lui seul sentira quand les choses sont enfin prêtes à se dérouler comme il se doit. Je dois cependant vous demander de vous allonger ici. Si vous échouez, vos corps resteront sans âme. Prenez chacun une gorgée de ceci, pour éviter à vos organes de brûler sous le choc...

Il leur tendit deux coupes en argent. Laë se tourna vers Meecham et lui dit, avec quiétude :

- Si ce que je sens est vrai, vous ne laisserez pas qu'une personne en mourrant à jamais... Je peux m'y rendre seule, et épargner à Jewel votre disparition si elle venait à survenir. Un guerrier courageux n'est plus rien s'il est mort... Reconsidérez la situation, je vous prie. Vous avez beaucoup à perdre... et eux aussi.

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Dim 25 Jan - 11:13

Koah n’avait pas envie de parler d’Andrew. S’il était ici avec Avian, c’était justement pour oublier la douleur qui habitait son âme. Il voulait occuper son esprit suffisamment longtemps pour ne plus y penser. C’était sa seule défense. Aussi loin qu’il s’en souvenait, lorsqu’il souffrait, Koah tentait d’oublier ses maux au plus profond de son être, là où personne ne pourrait les apercevoir… pas même lui.

Assis devant Avian, il regarda en silence le liquide briller dans sa coupe. L’atmosphère de cette pièce remplie de magie l’invitait à la relaxation et à la confidence. Il régnait ici une douce quiétude, tant par les lueurs du doux soleil filtrant à travers les parois que par cette légère brise qui soufflait comme en plein pré un jour d’été. Koah réfléchit de longues secondes à sa vie, à celle qu’il avait vécu dans ce monde. Il devait faire la part des choses et mettre de côtés les souvenirs vécus dans le monde de Danaé.

Il bu une gorgée du nectar sucré, puis il déposa la coupe devant lui. Il dit enfin, son regard plongé dans celui d’Avian :

- Aussi loin que remonte ma mémoire, je n’ai jamais utilisé la magie. Lorsque Lydée était toujours debout, je n’étais qu’un glaneur de hauts fruits parmi tant d’autre. J’étais le dernier fils du grand prêtre d’Okan, et pour une raison qui m’échappe encore aujourd’hui, mon père à exiger de faire de moi un futur disciple de ce dieu. Je n’ai jamais mangé de viande, ni même de poisson. J’ai été élevé au cloître, à étudier la nature et à essayer de la servir au mieux. Je partageais ma vie entre le cloître et Lydée. Jamais aucune magie ne s’est manifestée à moi à l’époque. Je n’ai jamais suivis d’enseignement autre que celui de mon père, et ce dernier était très basique, très rudimentaire. Il m’a apprit les bases élémentaires qui régissent les lois de la magie comme on les apparent à toutes personnes servant les dieux, car il est bien connu que ce sont souvent les religieux qui les premiers marcher sur la voie de la magie. Mon père n’a jamais fait allusion au fait que je pourrais avoir un jour de telle capacité.

« Ce n’est que récemment que la magie s’est adressée à moi. Lorsqu’il a fallu marcher vers le Pic des Ténèbres. Ce n’est que là que j’ai pris conscience que peut-être une affinité me liait à la magie. Et encore, tout comme aujourd’hui je ne la contrôlais pas à l’époque. Je faisais des choses d’instinct, sur un coup de sang. Lorsque j’ai inversé le cours d’eau de la rivière de Lydée ou lorsque j’ai fais pousser un champ tout entier de sumac kori, ce n’était que sous le coup de l’émotion. Je craignais qu’Andrew ne meure à l’époque.


Koah fit une légère pause pour reprendre une gorgée de son breuvage.

- Il y a bien une chose que j’ai remarquée mais je n’y ai jamais vraiment prêté attention. Depuis toujours, lorsque je suis triste il pleut fréquemment et lorsque je suis heureux, il fait souvent un temps agréable. Ce n’est peut-être que des coïncidences, mais lorsque j’étais enfant, j’ai souvent eu l’impression que le temps lui-même était influencé par mon humeur. Je me souviens d’un soir au cloître d’Okan. C’était le soir où j’ai retrouvé Andrew dans la jungle. Il s’était fait agressé par des marchands d’esclaves. Lokan Grams l’a attaqué sauvagement. J’étais dans une rage folle. Si bien que j’ai réellement souhaité qu’il disparaisse à jamais. C’est à cet instant que l’orage a éclaté. Chaque fois que j’utilise la magie, c’est comme si je connaissais les mots, alors que je n’ai jamais étudié le sula.

Il soupira.

- Pour être honnête avec vous Avian, toute ma vie n’a été qu’une accumulation de catastrophes dues au hasard et non à la magie. Je dégageais bien une aura… mais destructrice oui. Toutes mes actions entraînaient forcément un chamboulement dans la vie des autres, en bien parfois, mais le plus souvent en mal.

Son regard se perdit dans le vague et il ajouta très amer :

- La dernière catastrophe en date m’a amené à détruire l’âme de l’homme que j’aime. Jamais je ne l’aurais rencontré si cette maudite tour de guet ne s’était pas écroulée. Il serait mort avec Lydée. Mais il serait au près de celle qu’il aime tant et moi, je ne souffrirais pas de l’aimer plus que vous ne pouvez l’imaginer.

D’un geste d’humeur, il s’essuya les yeux, s’efforçant de ne pas pleurer. Il n’était pas ici pour cela. Il prit une profonde inspiration et reprit la parole :

- Nous n’avons su qu’après ma mort qui j’étais réellement. De notre côté de l’île, la magie n’est pas répandue. Beaucoup la craigne, et nous ignorions même jusqu’à l’existante des Vagues. Il a fallu que ce soit Danaé qui nous révèle ce secret. Les êtres manipulant la magie se compte sur les doigts d’une main par nos frontières.

A nouveau il fit silence pour réfléchir quelques secondes. Koah était conscient qu’il devait donner à Avian toutes les cartes pour au mieux le guider dans son apprentissage, ne serait-ce que pour éviter de déraper.

- Les dieux m’ont ressuscité. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Lorsque certains d’entre eux on prit connaissance de mon existence, ils n’ont pas hésité à me manipuler. J’ai été l’avatar de Torsha pendant plusieurs mois. Même si mon âme n’en souffre pas aujourd’hui grâce au sacrifice de Danaé, je sens parfois dans mon corps cette étrange chose qui m’habite et qui me pousse à réclamer les doigts d’Ayreb. Ça me révulse. Elle était amoureuse de lui et voilà que mon corps parfois n’attends qu’une chose… qu’il me souille à nouveau. Alors que mon cœur, mon âme et ma tête ne pensent qu’à Andrew. Se pourrait-il qu’il y ait en moi encore des pouvoirs appartenant à Torsha ?

« Pourquoi ai-je été gracié par les dieux et à quel prix ? Quel est mon rôle dans tout ceci ? C’est Andrew l’élu de la Créatrice, ce n’est pas moi. Je n’ai pas ma place dans cette histoire. Je suis sensé être mort. Etait-ce comme cela que ça devait se dérouler ? Regardez à quoi nous en sommes réduit : Andrew meurs à petit feu quoique je fasse ou quoique je dises, et bientôt
(Il passa la main discrétement sur son ventre par-dessus la tunique odernienne.) je serais en mesure, mais surtout obligé, de porter l’enfant d’Ayreb. Ça va vous paraître difficile à croire, mais pour sauver ma chaire, les dieux ont sacrifier l’Oxar de Sedna et ce dernier m’a rendu capable d’enfanter.

**********
Suivie de quelques Oderniens assignés aux préparatifs de l’armée, Dame Myriam marchait à travers les tunnels de la fourmilière. Elle lisait un parchemin qu’un homme de petite taille venait de lui tendre. Le rouleau avait été emporté par un faucon tigré un peu avant l’aube. Il provenait de Ténolas. Après sa lecture, la matriarche hocha la tête avec satisfaction :

- Parfais. Nos amis ne seront plus très longs à nous rejoindre. Dans deux jours nous partirons.

L’homme s’inclina.

- Très bien matriarche.

Dame Myriam regarda un autre homme qui avançait à ses côtés.

- Comment avance les préparatifs pour la guerre ?

- Nous sommes prêt à partir matriarche. Mais vous avez entendue Kirion, il exige que nous partions ce matin vers les envahisseurs.

- Nos alliés Lydéens et leurs amis marchent vers nous dans l’espoir de se joindre aux nôtres. Nous les attendrons de pieds fermes et ne partirons qu’une fois qu’ils seront là, dans deux jours. Mieux que n’importe qui, nous savons que l’union fait la force. De plus, Andrew et Koah ont besoin de repos. Qu’ils profitent de leur séjour encore quelques instants.

L’odernien s’inclina.

- Bien Dame Myriam.

Au détour d’une galerie, la vieille suzeraine croisa Molly Kant, les mains chargées de denrées. Visiblement, elle se rendait à la cavité de son frère pour lui apporter un copieux petit déjeuner. La matriarche salua les oderniens qui entendu s’éclipsèrent pour s’en aller vaquer à leurs occupations respectives. Le regard posé sur les mangues, Dame Myriam dit :

- Mangues et sirop de gevane. De quoi requinquer un homme et lui redonner du baume au cœur. Votre frère est un homme de caractère Molly. Dommage que cette force ne soit pas utilisée à bon escient. Comment prenez vous la nouvelle ? Ce doit être pénible de voir un membre de sa famille dans un tel état. Croyez bien ma chère qu’Oderne compatis à votre douleur.

Une voix s’éleva plus loin dans la cavité :

- Du sang. Il y a du sang Dame Myriam !

La suzeraine et Molly échangèrent un regard. Elles se précipitèrent vers l’homme qui était accroupis devant des tâches de sang. Ces dernières s’éloignaient dans les méandres du souterrain. Les deux femmes suivirent les traces quelques pas, puis soudain ce fut le choc. Molly laissa tombée les mangues et la carafe de sirop qui se brisa contre la roche. Devant elles se trouvaient Andrew qui gisait hagard.

- Par Tulan en personne ! Allez cherchez un guérisseur, et vite ! s’écria Dame Myriam tout en se précipitant vers le chef de Lydée. Andrew… Andrew… qui vous à fais ça ?

Alarmé par l’agitation, des oderniens apparurent dont ne sait trop où. La nouvelle du mauvais état de santé d’Andrew se répandit comme une traînée de poudre à travers la fourmilière. Comme une mère aimante, la suzeraine épongea la plaie du chasseur de son sari jusqu’à ce que deux hommes se penchent sur le chef de Lydée et l’emmènent dans la première cavité à porté de pas. Là-bas, ils le déposèrent sur une natte.

**********
- Quoi ?

Jewel porta automatiquement une main à son ventre, comprenant ce dont faisait allusion Laë. Elle reporta son regard sur le Jalanien, partagée entre une joie profonde et une tristesse infinie. Pour une fois, elle devait reconnaître que la reine avait raison, si elle était bien enceinte, elle ne voulait pas risquer de perdre le père de son fils.

Meecham caressa la joue de la lydéenne et il planta profondément son regard en elle. Il dit :

- Si nous attendons un enfant, raison de plus pour sauver ce monde et vivre auprès de vous deux. Tu fais de moi l’homme le plus heureux du monde mademoiselle Päsh. Il n’est pas question que mon bonheur s’arrête maintenant.

D’un vif mouvement de tête, il regarda Laë.

- Mariez-nous. Dans mon monde les souverains ont toutes autorités. Alors mariez-nous. Même si vous n'en avez pas le droit, faites-le. Nous mettrons ça sur le dos d'une tradition jalanienne.

Jewel ouvrit de grands yeux remplit de larmes.

- Tu n’es pas sérieux… ?

- Si je devais échouer, ce qui n’arrivera pas. Je refuse que mon fils naisse bâtard. Alors épouses-moi Jewel. Unissons nous dans le serment.

La jeune femme ne réfléchit pas plus longtemps. Elle qui était pourtant si sérieuse et si terre à terre fit preuve d’une spontanéité qui l’animait que trop rarement. Elle poussa un éclat de joie, puis enlaça Meecham qui l’embrassa avec passion.

- Oui. (Elle s’adresse à Laë peut-être pour la première fois sans animosité.) Mariez-nous Laë.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Mar 17 Fév - 2:45

- Je n'ai malheureusement pas toutes les réponses... mais je me permets une hypothèse. Si l'Oxar a du être sacrifié c'est que Sedna a cédé... je doute qu'elle ait réellement voulu te sauver. Dans nos vieilles légendes, Tulan, Pelös et Sedna ont toujours affiché de nettes préférences pour Oderne, Lydée ou Hanka, de façon respective. J'ignore ce que Sedna aurait gagné à te ressuciter, c'est pour ça que je pense qu'il ne s'agit pas d'elle... Il y a donc deux solutions. La Déesse des Océans a toujours entretenu des liens proches avec Cheera, il est possible qu'elle ait sauvé ton âme... Ou alors, Kobol t'a ressucité. Finalement, très peu de gens connaissent le Dieu du Chaos. Tu étais dans sa maison, en quelque sorte, au moment où tu es mort... Kobol n'est pas du genre à éprouver compassion ou amour, s'il a daigné te ressuciter, cela ne se sera pas fait sans contrepartie... Peut-être t'a-t-il maudit... peut-être a-t-il fait en sorte que tu ne puisses jamais être heureux avec celui que tu aimes. A chaque tentative pour t'en approcher, le but est qu'Andrew s'éloigne un peu plus.

Avian s'assit en tailleur et ferma les yeux. Une légère brise balaya le visage de Koah. La colombe s'envola emportant avec elle ce courant d'air. Le jeune mage but à son tour une petite gorgée de nectar et poursuivit :

- Les Dieux te craignent... ton âme a un potentiel si puissant qu'ils en ignorent tout. Pour eux, tu demeures un parfait inconnu... Mais, tu ne te connais pas toi-même, tu ignores tout de ton poteniel, de ta destinée, ce qui te rend manipulable... tu as eu de la chance qu'Andrew te rencontre. Car, sans lui, tu serais resté l'objet de Torsha... et dans un sens il a lui aussi la chance de t'avoir trouvé. Sans cela son âme n'aurait pu être brisée. Le chaos ne fait pas que des mauvaises choses. Il sait désormais entièrement ce que tu ressens à son égard. Il a perdu de nombreux repères qui le rendent vulnérables mais plus fort. C'est un peu comme si vous aviez chacun involontairement donné de votre personne pour que l'autre soit heureux. En alchimie, ils appellent ça des âmes soeurs. Je préfère parler d'inséparables, comme les oiseaux.

Il marqua une petite pause et la colombe revint, avec entre ses pattes un parchemin. Avian le récupéra au vol, caressa l'oiseau et le laissa se poser sur l'épaule de Koah. Il l'ouvrit, le déplia méthodiquement et le posa à plat, à même le sol. C'était une carte de l'Île. Des symbôles étranges y étaient disséminés.

- Voici la carte sur laquelle tu devras veiller. J'en connais tous les recoins par coeur. Chaque symbôle que tu vois désigne les sources de magie présentes sur ce monde. Il en existe des centaines... Mais toutes ont cinq éléments... La magie en rapport avec l'eau est globalement manipulée par les Augures. Tu la maîtrises déjà, par le biais de Torsha. C'est une magie primitive, certes, mais aux possibilités nombreuses. La magie terrestre fait partie de ce que renferme Oderne... Elle a une grande valeur pour comprendre les autres... c'est un peu la base universelle, celle qui régit les autres. La magie du feu est possédée par les tribus proches de Kabeth. Elle est très puissante mais trop dévastatrice pour ceux qui ne savent la maîtriser. Celle que j'exploite, se nomme la magie d'air. C'est en quelque sorte, la plus aboutie. Tant de choses sont contrôlables par le biais de l'air, la lévitation entre autres... La dernière magie n'existe qu'en une source...

Il posa son doigt sur la carte dans la ceinture de Ténolas et poursuivit :

- Riv ST 18. Raisvi Suntalke Timporae Iternan Bohael. En réalité, le 1 est un I et le 8 un B. Cette magie constitue le temps. Elle est la maîtrise intemporelle des essences. C'est la plus incontrôlable et la plus dangereuse des formes. Très rares sont ceux qui savent ce que cachent réellement Riv ST 18. Beaucoup de choses ne s'expliquent pas. Les vieilles légendes chuchotées à nos oreilles par Tulan, nous racontent que les premiers Sulas avaient découvert un secret immense. Ce secret, gardé par Cheera, Kobol, Pelös, Sedna, Tulan et Kirion ne devait jamais être révélé. Pour sceller le pacte, Musterion a été choisi pour veiller sur le Temps. Mais, la faculté de certains à préserver le secret n'a jamais excellé celle de Tulan. L'un d'entre eux a brisé le silence... La légende ne raconte pas lequel mais un autre dieu a été mis au courant. Ces choses sont peu à peu tombées dans l'oubli collectif. Les mortels ont si courte mémoire... Tu dois absolument garder ce secret pour toi et Andrew. Au moment venu, vous allez devoir vous rendre là-bas, dans la ceinture de Ténolas. Vous devrez impérativement connaître ce pouvoir pour vous en protéger.

****

- Andrew qui t'a fait ça ? Réponds-moi !

Molly était livide et passait une main tremblante, inquiète sur le front de son frère. Elle parlait néanmoins sèchement, comme si c'était un ordre. Andrew, à moitié groggy, ne fit qu'articuler :

- Personne... Il détient Logan... il va le tuer, je dois partir...

- Qui, qui détient Logan, c'est cet Ayreb ?

- Dis-donc, la blondasse, j'ai bon dos ! Je vois que je peux vous faire confiance pour prendre soin de mes esclaves ! J'espère bien être dédommagé de la partie manquante, il va m'être franchement utile sans un lobe d'oreille !

Molly se leva rouge sang, et s'approcha d'Ayreb, la main levée :

- Espèce d'ordure, c'est vous, n'est-ce pas ?

- Mais, non, traînée... je n'ai pas touché à un seul cheveux de Logan, ni à un seul lobe de son oreille de son oreille, pas vrai, Andy ?

Andrew émit un grognement de douleur puis ajouta, en fermant les yeux comme pour enlever cet horrible mal de crâne :

- C'est pas... lui... la voix...

Un rictus se forma sur son visage et il se mit à trembler. Le décor sombra autour de lui, il se sentit tomber dans un vide qui n'existait pas. Un image s'imprima sous ses paupières... celle de Logan, mort, son visage boursouflé de sévices... Il voulut crier mais n'y parvint pas. On aurait dit qu'on enfonçait une pointe d'airain dans son crâne. Il se mit à convulser devant la douleur trop fort. Autour de lui, il ne savait pas ce qu'il se passait. Les Oderniens semblaient paniqués. Même Ayreb resta stupéfait, oubliant de rire par pure cruauté. Molly tenta de tenir Andrew en place mais les convulsions semblaient de plus en plus violentes. Dans son état de douleur intense, le visage de Logan se décomposa au fur et à mesure, laissant de la place aux os puis à de la poussière. Agité d'un soubresaut qui le fit décoller de plusieurs centimètre, Kant retomba sur sa natte, la douleur avait disparu. Presque simultanément, ses narines se mirent à saigner. Du sang coula également de ses oreilles. Il lâcha, la voix enrouée par la souffrance passée :

- Je dois trouver Logan... il va mourir...

Dans la foule une rumeur s'éleva... une sombre rumeur que des murmures vinrent confirmer... Un citoyen odernien lâcha, sur un ton sinistre :

- La folie l'habite...

Les yeux aveugles d'Andrew laissèrent couler deux traits de larmes... deux rives de sang, légèrement rosées...

******

Laë regarda Meecham puis Jewel. En Yrilia, les mariages étaient peu coutumiers... généralement, chaque habitant pouvait se satisfaire d'un amour sans contrat... ou du moins d'une vie sans union publique. Elle avait cependant déjà vu les prêtres accorder la bénédiction de la fertilité et de la bienveillance... un rituel magique qui ne fonctionnait jamais mais qui rendait les gens heureux, visiblement. Elle décida cependant de ne pas appliquer ce rituel mais de procurer celui qu'elle maîtrisait le mieux : le serment éternel. Elle ne comptait plus le nombre de fois qu'elle l'avait fait appliquer dans son royaume... quiconque le violait, était voué à mourir... c'était le cas de Dorthal...

- J'ignore comme marier deux êtres, mais, je peux vous unir, comme j'unis mon âme à certaines dieux. J'ai besoin de vos mains...

Elle prit la main gauche de Meecham et la posa sur la poitrine de Jewel, où ses seins semblaient réchauffer la température ambiante. Dessous, il pourrait sentir le coeur de sa future femme battre. Elle fit de même avec la main de Jewel et la posa sur le torse musclé du Jalanien. Elle posa ensuite chacune de ses mains sur le front des deux amoureux et murmura un langage quasi inaudible. Un douce lueur émana de ses paumes.

Sur la peau de Meecham puis sur celle de Jewel, au niveau de leur poignet apparurent deux petites marques, comme dessinées à la main, complémentaires l'une de l'autre. La Reine ôta ses mains et expliqua :

- Je peux lier deux êtres autour d'un serment... ce serment, ce ne sera pas quelque chose d'immatériel, vous pourrez le toucher, chaque jour, comme si c'était vous-même. Je vous unis tous deux sur cet enfant... pour que vous puissiez reconnaître en lui, votre lien. Il sera votre serment, inviolable et impossible à briser tant qu'il sera en vie. S'il venait à mourir prématurément, vos âmes en seraient meurtries et trouveront le repos l'un dans celle de l'autre.

Elle murmura à nouveau quelques mots étranges puis posa ses deux mains sur le ventre de Jewel, l'irradiant d'un agréable souffle chaud. Lorsqu'elle le retira les deux petites marques s'atténuèrent légèrement. Elle regarda le couple sans rien ajouter. Le professeur en profita :

- Je vous déclare mari et femme, vous pouvez vous embrasser !

Et il se mit à applaudir, sourire aux lèvres. Musterion s'éclaircit la gorge et tendit la coupe. Sa voix rocailleuse se faisait un peu pressante :

- Si vous suivez mes conseils, vous devriez pouvoir revenir sains et sauf, mais prenez garde de ne pas vous perdre... je ne pourrais rien pour vous. En acceptant les règles, vous devrez vous y plier ou bien être anéanti...

- La cause mérite que je mette ma vie en danger.

Laë prit la coupe, et se tourna vers Meecham. Elle admirait le courage du guerrier mais ne put s'empêcher de penser qu'il aurait été bien mieux auprès de Jewel... Il lui incombait de le lui ramener, coûte que coûte...

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Mar 17 Fév - 18:08

Koah regarda la carte avec une certaine fascination. Il n’avait jamais vu une carte aussi précise de ce monde, pas même dans les Archives de Lydée. Elle allait de l’extrême ouest de l’île à l’est, bien au-delà les Rocailles. Jamais Koah n’aurait imaginé qu’Yrilia était aussi grande. Le côté du monde des Exilés était minuscule. A peine une enclave.

Le jeune homme caressa du bout des doigts le parchemin, puis il regarda Avian droit dans les yeux. Il répéta, un peu confus :

- Nous en protéger ? Vous pensez que c’est la divinité qui a été mise au courant de ce secret aurait vendu la mèche aux mages d’Yrilia ? Quel dieu pourrait vendre notre partie de monde en faveur de celle d’au-delà les Rocailles ? D’ailleurs, vous pensez que cette divinité pourrait vouloir s’accaparer ce pouvoir pour nous éliminer personnellement Andrew et moi ? Se pourrait-il même que le mystérieux commanditaire qui manipule dans l’ombre les Yriliens soit la même personne qui tente de mettre hors d’état de nuire Andrew ? Si c’est réellement une divinité qui manipule dans l’ombre, pourquoi ne pas directement user de ses dons divins pour parvenir à ses fins ? Il serait si facile pour lui de claquer des doigts et de faire rendre l’âme à Andrew. Pas besoin d’un tel pouvoir pour nous vaincre.

Beaucoup de questions se bousculaient dans le crâne de Koah. Hélas, elles ne trouvaient que rarement des réponses concrètes. Le jeune homme était conscient qu’Avian ne pouvait pas tout savoir, mais il était très frustrant d’être ainsi plongé dans la confusion. Andrew était la cible d’un dieu belliqueux, son peuple celle de mages manipulées et l’entièreté de ce monde menacé par le plus puissant de tous les Sulas de cet univers. Les perspectives de réussite dans ces conditions n’étaient pas fort engageantes.

Koah se leva et dans son élan, il sentit du vent l’aider à se soulever. Il régnait dans cet antre un côté paisible et calme. Son être était éternellement parcouru par d’ondes positives et bienfaitrices. S’il tendait l’oreille, Koah semblait pouvoir entendre le murmure du vent lui dire qu’ici, il était en sécurité.

- J’irais partout où on me dira d’aller pour sauver mon monde, mais la décision ne me reviens pas. J’appartiens à Ayreb et jamais il ne nous laissera Andrew et moi nous en aller vers la ceinture de Ténolas. Et si nous nous enfuyons, il rompra son alliance avec les autres communautés. Nous avons besoin des Hankiens pour vaincre. Si j’utilisais la magie pour récupérer ma liberté, ce serait pris comme une trahison et nous risquons de perdre la guerre. Personne ne doit vaincre Ayreb.

**********

Au chevet d’Andrew, Dame Myriam était horrifiée. Elle avait cessez d’éponger le sang qui coulait de l’oreille du chef de Lydée et s’était reculée de quelques pas. Autour de la suzeraine, l’entièreté des oderniens présent regardait ce spectacle d’un air médusé. La rumeur de la folie d’Andrew se répandit dans les méandres de la Fourmilière comme une traînée de poudre. Des plus bas tunnels à la surface, pas un odernien n’ignorait ce qu’il se tramait dans une artère du canyon.

La vieille femme tonna avec autorité :

- Où est le guérisseur que j’ai fais demandé ?

- Il arrive. Il a été prévenu, annonça un homme en retrait.

Autour d’Andrew, il y avait comme une zone morte. Personne n’osait l’approcher à part Molly et la suzeraine. Le chef de Lydée continuait de s’agiter, prit d’horrible crispassions. Son sang s’écoulait sur la natte et il semblait faire atrocement souffrir ce dernier. La matriarche s’écria si fort que son cœur rata un battement :

- C'est trop long ! Trop long ! Allez me chercher Avian. Nous avons besoin de lui. Et de la Vague !

Personne ne bougea. Ce n’était pas utile. L’écho de la voix de Dame Myriam fut porté par une légère brise de vent. Et plus vite que n’importe lequel des messagers, celui-ci emporta l’appel à l’aide de la suzeraine au principal intéressé.

**********

Le baiser échangé entre Meecham et Jewel fut long et très tendre. Les autres détournèrent quelques instants le regard afin de leur laisser leur moment d’intimité. La main de Meecham glissa le long de la joue de la Lydéenne qui avait les larmes aux yeux. Elle ne voulait pas pleurer. Elle s’y refusait. Meecham allait lui revenir. C’était une certitude profonde. Leur enfant vivrait élevé par son père.

- Je te reviendrais, même si je dois marcher à travers les abysses de Keradon, murmura le guerrier.

- Je te crois.

Meecham prit la coupe en argent que lui tendit la reine, puis son regard enfuit dans les yeux amoureux de celle qui était maintenant son épouse, il bu l’entièreté du breuvage. La sensation qui parcouru sa gorge était indescriptible. C’était chaud et glacé à la fois. Piquant et doux. Amer et sucré. Le liquide pénétra leurs deux êtres, dissipant l’étrange poison en eux. Rapidement, Meecham sentit ses membres s’engourdir et il fléchit les genoux pour tomber à terre, les mains enfuies dans la neige. Tous ses muscles étaient ankylosés. C’était comme si toute la gravité de la planète pesait sur ses épaules et qu’il ne pouvait plus tenir debout. Il roula sur le dos, le souffle de plus en plus court. Jewel voulu s’approcher pour lui venir en aide mes l’un des jumeaux l’en empêcha…

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Ven 20 Fév - 2:19

- Ayreb n'est pas le maître ni le centre du monde... une fois que la mort viendra le chercher il ne laissera que des gravures sur les murs... et des mythes. Andrew et toi, vous allez bouleverser ce monde. Le destin ne se joue pas entre les mains du chef d'Hanka la Barbare mais entre les votres ! Nul vent ne peut être retenu prisonnier, Koah. Tu n'es pas obligé de sortir de ta prison pour explorer le monde. La magie que je maîtrise me permet de voyager comme l'air... avec tout autant de fluidité. Et si je ne peux voyager moi-même, il me reste toujours mon fidèle allié.

Un éclat bleuté passa dans ses yeux marrons. Une silhouette apparut sur son épaule, se précisant peu à peu pour laisser apparaître un hibou d'une soixantaine de centimètres, au plumage gris clair. Ses deux yeux circulaires étaient dorés et regardèrent Koah avec une fixation impressionnante. Rien que sa taille donnait l'impression d'écraser Avian, frêle en comparaison.

- Voici mon compagnon. Il est rare qu'il me quitte, en fait il a toujours été là depuis que nous sommes à Oderne. Tu ne l'as pas vu parce qu'il était voilé. La colombe que je t'ai donné est un être beaucoup plus commun. Elle a valeur de paix et d'innocence. Elle passera inaperçue, où qu'elle aille et n'inspirera jamais la crainte. C'est ta clé vers la liberté, Koah. Lorsque tu auras appris à maîtriser la magie que je connais, tu pourras lier ton esprit au sien et communier avec elle comme avec ton âme soeur. Mais avant d'aller plus loin, j'aimerais que tu me parles de quelque chose... qu'éprouves-tu exactement pour Ayreb ? Tu n'arrives pas à le détester alors que tu as toutes les raisons de le faire.

Soudain, son visage resta figé et il ferma les yeux. Il y eut une légère brise qui agita les plumes des deux volatiles puis le grand hibou disparut en poussa un cri sourd. Avian se leva avec tant d'aisance qu'on aurait dit qu'il était sur ressort. Il adressa un regard à Koah et déclara, inquiet :

- Il se passe quelque chose... Andrew va mal. Laisse-toi guider, Koah.

Il y eut une bourrasque puis rapidement le décor changea. Leurs estomacs malmenés passèrent dans différentes positions inconfortables à la vitesse de l'éclair mais Avian le supportait très bien. Ils apparurent dans la pièce où Andrew gisait, agité de temps à autre de petites contractions très brèves. Laissant Koah en plan, le mage s'approcha devant une Myriam affolée :

- Il agit étrangement... il parle de son fils, qui va mourir mais nous l'avons trouvé l'oreille coupée...

- Calmez-vous... je vais voir ce que je peux faire.

Avian se pencha au chevet d'Andrew et mit ses doigts dans le sens avant de goûter devant des oderniens médusés. Molly allait lâcher quelque chose mais, la mage la coupa dans son élan :

- De la magie... quelqu'un a utilisé un bien étrange sort sur lui... comme s'il avait voulu l'habiter... s'en servir sans laisser de trace... il y est parvenu, je suis incapable de dire qui a fait ça...

Il passa son doigt sur la plaie de son oreille et répéta la même chose qu'auparavant sauf que cette fois-ci, ses yeux vrillèrent droit sur Ayreb. Il marmonna quelques paroles... Un objet fila entre ses mains comme un tir de flèche, venant de la poche du pantalon de cuir du chef d'Hanka. Le projectile avait été si rapide que le pantalon était troué. Ayreb regarda Avian ouvrir la main, stupéfait, il tenait le lobe de l'oreille d'Andrew. Un silence de glace s'imposa, comme si tout mouvement d'air avait été bloqué.

- C'est vous qui avez fait ça. L'oreille a été coupéé par vous, Ayreb !

Et avant que ce dernier ne puisse répondre, une main imposante le saisit par l'épaule et le fit se tourner.

- Je déteste les couilles molles... et encore plus les menteurs !

Avec une rapidité et une force surprenante, l'amazone envoya son genou musclé et dénudé percuter l'entrejambe d'Ayreb. Il y eut un choc terrible et de nombreux hommes eurent un rictus de douleur. Pâle comme la mort, Ayreb s'écroula au sol inconscient, le souffle coupé, devant les yeux effrayés et dégoutés des hankiens. L'amazone fit craquer ses dix doigts les uns après les autres puis jeta un oeil à Myriam pour lui dire, sans pitié :

- Si cette râclure vous gêne, je connais des moyens bien efficaces pour m'en débarasser !

- Vous n'étiez pas obligée de frapper si fort, lâcha un Odernien, outré.

- Il y a d'autres amateurs ?

Tranchante comme une lame de hachoir, la voix s'était faite autoritaire. Avian profita du silence pour rapprocher le lobe d'oreille d'Andrew.

- Dame Myriam, je vais avoir besoin d'onguents et de fils... ceux que vous utilisez pour faire les broderies sur les tuniques des jeunes filles, me conviendraient plus particulièrement, ils sont fins, résistants et peu visibles.

- Vous allez le recoudre à vif ?

- Non, je vais l'aider à s'apaiser. Mais il doit rester conscient... l'endormir serait l'affaiblir face au sorcier qui le hante... nous devons être vigilants. Koah, pourrais-tu m'aider et soigner cette plaie au ventre ?

******

- Ne touchez pas les corps !

Ce furent les derniers mots qu'entendit Laë avant de sombrer. Si leur corps se faisait lourd comme une masse, leur âme en revanche se fit plus légère que l'espace, que le vide... Avant même qu'ils puissent comprendre ce qui leur arrivait les deux noyaux lumineux quittèrent la surface du monde pour se retrouver plongés dans un immense torrent de lumière. Il y avait deux formes étranges, noires, sur chaque côté qui semblaient les suivre. Chagement soudain de direction, décalage à droite puis à gauche. Tout se stoppa net, d'un coup, sans prévenir. Les deux âmes lumineuses étaient perdus dans une grosse toile gigantesque dont l'extrême infini ne leur sera visible que d'ici des milliards de milliards de millénaires... et encore...

Il y avaient des millions de fils argentés tendus de part et d'autre selon un alignement et un profil très aléatoire... en longueur, en largueur, en oblique, il y en avait partout et entre chacun d'entre eux, il y avait comme une fenêtre... un gouffre. L'âme de Laë frôla celle de Meecham et parla... ou du moins, elle pensa :

"Je crois que nous avons tout intérêt à rester proches... ce lieu ne m'a absolument pas l'air amical..."

Mais à l'instant même où elle prononça le dernier mot, un bruit strident fit trembler leur lumière. Les fils se mirent en mouvement de façon si brusque que Laë eut à peine le temps d'écarter Meecham et d'éviter plein fouet une fenêtre à l'allure pourtant attirante. Tout s'arrêta avec la même brutalité. Une voix résonna alors :

"Vous êtes dans le chaos du Temps. Votre tâche n'est pas simple. Prenez garde, chaque mouvement peut vous être mortel."

"Je croyais que tout devait être immobile, ici, non ?"

"Evidemment que non, le temps s'incrit dans l'infini comme les poètes écrivent leurs fables... à chaque seconde, le temps bouge et le passé s'enfonce dans les tréfonds."

"Chaque seconde ? Nous devons être ici depuis de longues minutes... et ça n'a bougé qu'une fois."

"Faux, vous êtes ici depuis une seconde de trois centièmes, le temps est relatif, ici. Ne tardez pas trop, je ne puis vous guider plus encore, mon devoir me l'interdit. Mais à chaque seconde écoulé, le passé s'enfonce plus loin encore. Et si vous mettez plus de quatre minutes pour revenir, votre coeur ne se remettra plus jamais à battre. Foncez droit vers votre but, le temps vous est compté !"

Il y eut comme un léger tremblement et aussitôt Laë s'approcha de Meecham :

"Aurons-nous seulement assez pour faire l'aller-retour ? Et comment trouver ce que nous cherchons dans ce... cette... chose immense ?!? Il ne nous a rien dit lorque nous étions là-haut !"

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Ven 20 Fév - 20:10

Une boule de rage tiraillait les entrailles de Koah depuis l’instant même où il avait posé le pied dans la grotte. Encore une fois, son Andrew souffrait. N’avait-il pas assez enduré ? C’était injuste. C’était cruel. Koah avait énormément de mal à reprendre le dessus sur ses émotions. Il en avait assez. Il ne pouvait plus supporter de le voir être ainsi la cible d’une divinité qui n’agissait que pour ses propres intérêts. En un éclair, la quiétude qui l’avait habité dans l’antre d’Avian s’était évaporée et elle avait laissée la place à une puissante envie de vengeance. Etrangement, lorsqu’Avian accusa Ayreb d’être le responsable de la mutilation d’Andrew, Koah n’éprouva pas pour ce dernier autant de haine qu’il en éprouva pour le Sula qui hantait le chasseur.

De nombreux sentiments contradictoires mais d’une force surprenante envahissaient Koah. Le glaneur lutait entre raison et passion. Non, il ne pouvait pas exploser. Pourtant, la haine qui l’habitait et qui n’était que le vestige du passage de Torsha en lui, n’attendait qu’une étincelle pour mettre le feu aux poudres. Cette étincelle fut l’amazone. Malgré toute sa bonne volonté, Koah ne réussi plus à canaliser sa rancœur. Comment osait-elle mettre à terre Ayreb ?

La voix cinglante de Koah résonna à travers la grotte. Il ignora la demande d’Avian pour faire face à l’amazone.

- Moi. Je suis amateur, sale putain.

Il ne lui laissa même pas le temps de sourire que déjà, il serra le poing. La tête penchée sur le côté, il fixait d’un air implacable l’amazone qui se mit à se tortiller de douleur. Elle se tenait la gorge comme si son souffle venait à lui manquer. La grande guerrière fléchit les genoux en poussant des râles étouffés. Plus le poing de Koah se serrait, et plus elle peinait à inhaler de l’air. Sur la peau du glaneur, des gouttelettes apparues alors que l’amazone crachait de l’eau sur le sol terreux. Le sort que lançait Koah était rudimentaire mais très efficace. Il faisait appel à la magie de l’eau. C’était la noyade vaudou. Un sortilège maîtrisé par les Augures. L’amazone se noyait de l’intérieur. Et plus elle se noyait, et plus Koah se sentait bien.

Tous restèrent stupéfait. Koah ne réalisait pas vraiment ce qu’il faisait là. Il était dans un état second. La part obscur qu’avait laissée Torsha en son être avait profitée de sa faiblesse pour souiller davantage l’âme du glaneur. Elle profitait de la moindre faille pour agir. Jamais elle ne s'était manifestée avant car Koah avait toujours eut pris soin d'ignorer ses fantômes, mais la vision d'Andrew étendu dans son sang avait ouvert une faille dans laquelle la haine s'était incrustée.

- Ne touches plus jamais au plus grand seigneur que ce monde n’ai jamais porté ! Il est notre maître à tous !

L’amazone vomissait de l’eau, secouée par la douleur. Elle souffrait sous les regards haineux des hankiens alors que les Oderniens semblaient compatir. Aucun d’eux n’étaient de taille à s’opposer à la Vague. Tous avaient conscience qu’elle était assez puissante pour étendre son pouvoir maudit sur eux.

Dame Myriam se leva brusquement :

- Koah ! Cessez cela tout de suite !

Le glaneur tendit un bras vers la Suzeraine mais Avian bondit devant Dame Myriam. Une puissante bourrasque de vent balaya Koah qui fut propulsé en arrière. Son dos heurta la pierre de la cavité avec fracas. Le choc lui fit rompre son emprise sur l’amazone qui inhala de longues bouffées d’oxygène salvatrices. Les oderniens en profitèrent pour aider la guerrière à se relever. Sous l’ordre d’Avian, tout le monde quitta les lieux. Les hankiens emportèrent Ayreb dans ses appartements tandis que les oderniens raccompagnèrent la reine amazone.

*******
Assit à nouveau au chevet d’Andrew, Avian et Koah soignaient en silence le chef de Lydée. Ce dernier était parcouru sporadiquement de crispations. Le glaneur refusait de regarder en face Avian. Il ne savait pas ce qui lui avait prit. C’était comme si son esprit s’était mis en veille et que son corps avait accepté de répondre aux ordres d’une entité démoniaque qui l’habitait. Les yeux rouges, Koah avait envie de pleurer. Tout ceci était tellement difficile à supporter. Ce poids sur son cœur et les maux qui accablaient son âme. Il devait jongler avec tant de sentiment à la fois qu’il pensait que son être était bien trop petit pour contenir toutes ces choses.

Très doucement, Koah termina d’étendre sur la plaie d’Andrew une mixture à base de sumac kori et d’écorce de saule. Ses doigts ne pouvaient pas se résoudre à quitter ce corps qu’ils connaissaient parfaitement bien. Il murmura afin de rompre le silence qu’il avait imposé entre lui et Avian :

- Je ne voulais pas lui faire de mal à votre amie. Je ne sais pas ce qu’il ma prit. J’aime Andrew et pour lui j’irais jusqu’à sacrifier mon âme, soyez en certain. Mais une partie de moi… une infime partie… aime Ayreb. Vous vouliez savoir ce que j’éprouvais pour lui. Alors voilà, vous le savez. J’ai des élans passionnels envers lui. Parfois, lorsqu’il me touche je me surprends à vouloir qu’il me prenne comme dans mes souvenirs. Torsha l’aimait comme vous ne pouvez l’imaginer. Elle voyait en lui le seul homme capable de la protéger du funeste destin qu’attend les dieux. J’imagine qu’inconsciemment, être son esclave c’est être protéger en quelque sorte.

Koah regarda le visage d’Andrew. Il évitait toujours de regarder Avian en face.

- Je sais que je devrais haïr Ayreb de tout le mal qu’il nous a fait, mais je n’y arrive pas. Cette partie de Torsha qui est en moi me ronge. D'un côté elle aime passionnément Ayreb, et de l'autre, elle hait la terre entière. Sa haine éclos et prend plus de la place de jour en jours. J’essaie de l’ignorer, comme beaucoup de chose d’ailleurs, mais parfois, la haine qui m’habite réussi à se frayer un chemin et je deviens un autre. Jusqu'à aujourd'hui, j'avais réussi à ravaler ma rage. Mais la voir s'en prendre à Ayreb, ce fut plus fort que moi.

Il osa enfin poser son regard enlarmé dans les yeux du mage.

- Vais-je continuer à sombrer ? Je ne veux pas être animé par ce genre de sentiment. Ce n’est pas moi. (Sa voix s’enrailla.) Je suis sensé avoir l’âme la plus belle de tous. Je suis fatigué, Avian. Aidez-moi à mettre de l'ordre en moi. Aidez-moi à chasser Torsha de mon esprit.

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Sam 14 Mar - 2:36

- Tu sais maintenant pourquoi je souhaite te discipliner. Je n'ai pas la prétention de t'apprendre des tonnes de choses. Je suis profondément inquiet pour ce qu'a déjà subi ton esprit. Et il ne sera pas facile de lutter contre la marque de Torsha. Si tu as le temps, je t'apprendrais à voler. Enfin spirituellement parlant bien sûr. Il te faut retrouver la quiétude et la liberté. Ceci dit... je doute que mon "amie" te laisse vivre encore longtemps... Les amazones détestent la magie. Elles ont toujours préféré la force brute. Ayreb leur sera utile à la copulation et s'il leur donne une femme, elles le garderont pour copuler à nouveau. Si c'est un garçon, il sera égorgé... et Ayreb se verra probablement roué de coups jusqu'à ce que mort s'en suive. Elles ont une culture très spéciale... barbaresque... un homme qui se bat par son physique mérite le respect... mais s'il utilise la magie, il a encore moins de valeur qu'un esclave... Prends garde à tes arrières, tu auras beau vouloir la fuir, elle finira par avoir un tête à tête avec toi et crois-moi... elle a le crâne très dur.

Avian se massa légèrement le front et laissa le silence s'installer une nouvelle fois. Il n'avait pas parlé depuis un bon moment et l'atmosphère était pesante. Andrew continuait à saigner de nez en moins grande quantité et il avait les doigts crispés comme si quelque chose l'aggripait. Ce fut lui qui brisa le silence en agrippant le premier avant-bras qui lui passa à proximité : celui de Koah. Il serra et plissa les yeux. Son autre main voulut se déplacer mais elle se crispa.

- J'ai la tête... hmm...al...

Un nouvel étau se pplaça sur ses tempes. Il voulut hurler mais la douleur lui coupa le souffle, il resta une longue minute à chercher l'air, tous les muscles tétanisés. Avian pose immédiatement la main sur l'endroit ou Andrew serrait maintenant très fort et ordonna :

- Maintiens le lien !

Il ferma les yeux, un courant d'air circula dans la salle. Il s epassa cinq longues minutes ou le corps d'Andrew resta si contracté qu'on aurait pu y sauter dessus sans qu'il ne se plie. Ses doigts entrèrent dans la chair de Koah et Avian, dont le corps semblait en lutte, avait de grosses gouttes de sueur sur son visage. Il pâlit et bascula en arrière. Au même instant, Andrew perdit connaissance. Ses muscles se relâchèrent. Sa main glissa sur l'avant-bras en sang de Koah et ne bougea plus. Il respirait à peine. Allongé au sol, en nage, des cernes jusqu'au bas des yeux, l'air hâgard et fatigué, Avian reprenait sa respiration.

- C'est un Dieu... Et il va tuer Logan... l'étranger et sa femme... Il veut le pouvoir d'Andrew...

Il se redressa, regarda Koah et ajouta, l'air toujours aussi fatigué :

- Il faut agir... la prochaine intrusion dans son esprit, je ne pourrais pas le protéger. S'il est à nouveau attaqué de la sorte, il risque bien d'y rester définitivement. Son corps ne supportera pas les blessures profondes de son âme. Tu dois venir avec moi...

*******

Tandis que Laë et Meecham parcouraient le vide et évitaient les pièges, Le méandre des chronologies les entourait. Après un temps interminable, la Reine finit par lâcher :

"C'est comme un champ de bataille... regardez, Meecham, les fenêtres s'ordonnent dans le chaos. Elles sont reliées grace à des liens entre elles... Je sais où nous sommes ! Vous vous souvenez des fileuses ? Celles qui déroulent les fils de la vie ? nous sommes dans l'immense bobine de notre monde. Regardez, chaque fil a un lien avec un autre. Ils sont connectés entre eux, les fenêtres sont une seconde de la vie de chacun ! Il ne reste qu'à trouver le fil d'Alice ! Nous devons poursuivre jusqu'à la date supposée de la fête de Winowa ! Lorsque nous y serons nous devrons trouver le fil coupé d'Alice ! Il ne restera plus qu'à le suivre et arriver à la bonne fenêtre ! En route !"

Et elle s'enfonça dans les profondeurs de la toile, suivie de près par Meecham. Ils évitèrent cinq changements de direction brusques, grâce à une chance insolente avant d'arriver à l'endroit précis. Laë se déplaça ensuite de façon latérale sans parvenir à trouver quoique ce soit. Il se passa en tout 15 secondes de recherches vaines. Se promener dans la multitude en deux dimensions n'est pas pratique mais lorsque les trois dimensions de l'espace sont occupées, c'est considérablement ardu.

"Là !!!"

Elle fonça vers le câble coupé net et irradia de joie :

"C'est celui-ci !!! Regardez, regardez, c'est Alice sur cette fenêtre. On dirait qu'elle me parle..."

Soudain le faisceau lumineux qui la composait s'éclaircit légèrement :

"Elle avait donné un papier ! Ma chérie, ne m'en veux pas pour ce que je te laisse. J'ai la vague sensation que tu en auras plus besoin que moi. Je me fie à mon instinct. Protège-le au péril de ta vie. Si Andrew revient, je veux que tu le lui donnes. Je ne me fais pas d'illusion, la route vers le Pic sera longue et difficile. A mon âge, mes chances de retour sont très limitées. Mais je garde espoir. Cache le quelque part, à l'abri et par pitié, n'essaie pas de mettre en pratique certaines théories... elles pourraient t'aspirer la vie peu à peu. Je t'aime, je tenais à ce que tu le saches. Puisses-tu me pardonner mes actes, futurs comme passés... Guerel. De toute évidence, ce papier était important ! Et il... REGARDEZ !!!"

Elle indiqua de sa lumière le symbôle, qu'Alice avait tracé, à la suite du mot :

"C'est celui du livre ! Nous touchons au but !"

Elle s'enfonça davantage suivant les fenêtres au fur et à mesure. Elle passa devant celle ou Musterion scella son destin puis continua à descendre pour arriver enfin à l'endroit où elle avait ouvert le livre.

"C'est étrange, dans une fenêtre, nous avons la projection qui suit... et les suivantes. C'est comme si on vivait sa vie sans bouger. C'est là... nous devons retenir chaque page... ou un maximum possible."

Elle entreprit d'étudier méticuleusement le texte. Mais dire qu'il fallait retenir était plus facile que le réaliser concrètement. C'était une véritable mine de renseignements, trop nombreux pour un cerveau humain. Il s'agissait parfois d'ancien sula... un langage compliqué et très abstrait. La Reine fit son possible pour retenir le maximum de choses, laissant à Meecham le soin de se souvenir du reste. Mais, un courant d'air glacé les envahit.

Cela faisait un moment que les fenêtres n'avait pas bougé ! Ils étaient si éloignés de l'origine que chaque seconde ne se sentait plus et ne se voyait pas ! Laë effleura Meecham et lança :

"Nous mourrons... regardez nous perdons de l'éclat ! Il faut remonter et vite, suivons le fil relié à Alice, celui d'Andrew !"

Ils s'élancèrent en parralèle du fil de Kant et remontèrent. Mais tandis qu'ils arrivaient au niveau d'une fenêtre d'Andrew, Laë s'arrêta.

"Meecham... Nous avons fait une terrible erreur en venant ici !"

Et alors qu'elle allait lui montrer quelque chose une gigantesque secousse bouleversa le paysage intégral tout autour d'eux. Il y eut un énorme craquement et une fissure énorme vint séparer l'origine des tréfonds. On aurait dit que le temps venait de se scinder.

*******

Partout la terre trembla. Le ciel se teinta de pourpre, comme lors de la Lune Rouge mais cette fois, le soleil devint gris. Toute couleur commença à disparaître. Chaque être humain s'effondra au sol, le visage plein d'effroi. Les flammes s'envolèrent, les cours d'eau gelèrent, le vent cessa.

- Logan !!!

A terre, Jewel était impuissante. Musterion ne pouvait plus l'aider... elle était seule. Et tandis que les cris de Logan s'évaporèrent dans le vide, elle s'évanouit. Elle fut réveillée quelques temps plus tard par Kirion.

- Alors ?!? Que s'est-il passé ??? Ou est Musterion ?

- Je n'en sais rien... il y a eu comme une lumière... ça a tué les autres... et puis Logan...

- Où est Musterion ???

- Disparu... à cause de la lumière...

Kirion se tourna vers deux autres silhouettes et dit avec amertume :

- C'est trop tard !

- Nous ne pouvions pas faire plus vite, Kirion !

Sedna s'avança en lui jetant des éclairs du regard. La troisième silhouette resta dans l'ombre mais il n'était pas difficile de savoir que c'était Tulan, rien qu'à sa forme. Il dit, la voix comme un souffle :

- Nous savons ce que cela veut dire... Le Secret a été dévoilé... le Temps est meurtri par cette trahison... c'est fini.

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Sam 14 Mar - 23:50

A mesure qu’Andrew souffrait, Koah sentit en lui monter l’angoisse de le perdre. Des larmes inondaient son regard et celles-ci menaçaient à tout instant de couler le long de ses joues. La douleur que lui faisait subir la poigne d’Andrew n’était rien comparée à celle de le voir mourir devant ses yeux. Koah était près à vivre en sachant qu’Andrew le haïssait et que plus jamais il ne l’aimerait. Il était prêt à subir son indifférence et son mépris jusqu’à la fin des temps. Mais il n’était pas question de le laisser mourir. Le glaneur était capable de tous les sacrifices pour s’assurer la survie de l’homme que son âme aimait.

Au fond de son être, un effroyable sentiment d’injustice tiraillait ses entrailles. Koah lutait pour garder son sang froid. Il lutait pour ne pas hurler sa rage et son dégoût face à ce dieu qui tentait de s’accaparer le pouvoir de Cheera, au détriment de la vie d’Andrew. C’était injuste ! La partie la plus noire de son être réclamait vengeance. Vengeance pour tout le mal qu’on infligeait à son âme sœur. Ce dieu s’attaquait à plus faible que lui et il devait payer !

De la chaire de Koah vibra la magie. Elle était électrique et s’émanait au travers de ses vêtements. Une aura bleutée irradiait légèrement son corps, allant crescendo à mesure que sa rancœur pour l’Immortel grandissait.

La mine maussade et les yeux voilés par la fatigue, Avian secoua la tête.

- Non Koah. Il faut te calmer. Fais taire ta rage. Elle n’est que le vestige du passage de Torsha en toi.

Le glaneur caressa la joue rugueuse d’Andrew avec tendresse. Le chasseur de bougea pas. Il était toujours inconscient. D’une voix distante, Koah murmura :

- C’est dur. Il ne mérite pas cela.

- Je sais. Mais tu ne l’aideras pas en te laissant aller à la haine.

Pourtant, ce serait si facile d’exploser. Ce serait tellement plus simple de laisser parler sa haine. Il y avait tant de douleur en lui qui ne demandait qu’à s’abattre sur la première personne venue. L’Immortel devait payer. Il devait souffrir au centuple !

Koah se tourna vers Avian. Il avait la sensation que quelqu’un lui plongeait un couteau dans les entrailles. Il grogna alors que son aura s’intensifiait davantage :

- Je voudrais qu’il meure. Je voudrais le tuer de mes propres mains cet Immortel. Andrew est l’homme le plus gentil que je connaisse. Il est droit et loyal. Il ne mérite pas tout ce qui lui arrive. Il n’a pas demandé tout cela. Il n’a pas souhaité porter sur ses épaules le lourd fardeau de sauver notre monde.

D’un hochement de tête, Avian signifia qu’il comprenait.

- Je sais Koah. Nous allons tout faire pour lui venir en aide. Mais en attendant, tu dois te calmer et me suivre.

C’était tellement difficile. Son cœur était compressé dans un étau. Un flash lumineux s’échappa de l’âme de Koah, suivit d’un deuxième et d’un troisième un peu plus puissant que les deux autres. La cavité toute entière fut tant gorgée de lumière qu’il était impossible de distinguer quoique ce soit durant quelques secondes.

- Tu m’as demandé de l’aide, et je vais te la donner, dit Avian qui n’avait pas sourcillé face à l’aura de la Vague. Mais avant, ressaisis-toi.

Koah luta quelques secondes encore avec lui-même, puis il trouva finalement la force de ravaler ses nombreuses rancoeurs. Il approcha son visage d’Andrew tout en caressant sa barbe. Il lui chuchota :

- Je te promets que tu retrouveras la paix que tu mérites. Bientôt, tu repartiras chasser comme tu aimais tant le faire.

Et il déposa un baiser à la commissure de ses lèvres. Le glaneur se releva et il se tourna vers Avian. Sans un mot de plus, ils quittèrent la cavité, laissant le corps nu et évanouit d’Andrew derrière eux.

**********
Egarée et meurtrie, Jewel tremblait de tout son corps. Autour d’elle, les jumeaux s’étaient effondrés, fauchés par elle ne savait trop quoi. Plus rien n’avait de sens pour sa conscience de simple mortelle. La jeune femme osait à peine relever le regard vers les dieux qui l’entouraient. Sa main glacée serrait celle de son mari qui gisait là, sans vie devant elle. Elle ne pu retenir des larmes.

- Meecham. Reviens-moi, supplia-t-elle. Ne me laisse pas seule ici.

**********
Dans le chaos du Temps déchiré, les âmes de Laë et de Meecham étaient ballottées dans tous les sens. Plus rien ne semblait avoir de sens. Les deux âmes étaient perdues à jamais, prisonnières de ce labyrinthe infini. Meecham attrapa l’essence de la reine pour la tirer vers lui et lui éviter d’être fauchée de plein fouet par une fenêtre qui semblait s’agrandir et prendre de la vitesse.

Il s’écria :

- Que se passe-t-il ? Qu’avez-vous vu Laë ?

Au loin, une lueur semblable à l’étincelle d’un phare clignotait fébrilement. Il ne savait pas pourquoi, mais Meecham se sentait attirée par celle-ci. Malgré le chaos qui régnait autour d’eux, seule cette lueur restait éternellement en place. Elle avait le goût de Jewel… du moins, c’était ainsi qu’il la percevait. En réalité, il s’agissait de la lumière d’âme de la jeune femme. Elle agissait comme un phare afin de guider l’âme de son époux afin qu’il puisse rentrer à bon port. En unissant son âme à un Jalanien, Jewel était tombée sous le joug des lois de Jalane, et la déesse la plus puissante des panthéons, offrait aux âmes unies par le mariage, une lumière dans les Ténèbres.

- C’est Jewel.

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Dim 15 Mar - 14:38

C'est Andrew ! Et le temps ne semble pasmasquer le visage des personnes qui l'entourent ! Elles apparaissent sous leur propre essence. Jewel est en danger un Dieu vient de briser Musterion en prenant le contrôle mental d'Andrew... il se sert de son âme et du pouvoir de Cheera pour le détruire. Vous sentez ? Cette énergie qui fissure cet endroit, elle est divine... et humaine... je crois... je crois qu'Andrew vient de tuer Musterion... par la pensée... Ce Dieu, Andrew le connait si bien ! Nous ne nous sommes pas méfiés, quelle imprudence... nous aurions du nous en rendre compte... le dieu ennemi...

Une fenêtre manqua la percuter une nouvelle fois. Elle ne dut son salut qu'à l'aisance de Meecham. L'espace trembla, il y eut un grondement sourd une nouvelle fois...

******

- Le Jalanien et Laë sont là-dedans !

- Nous ne pouvons rien faire pour eux Kirion, c'est terminé.

- Je te croyais plus déterminée que cela, Sedna... en lieu et place de ça, tu nous joues ta pathétique lâcheté !

Sedna irradia de colère mais Tulan intervint :

- Nous ne pourrons pas laisser ces deux âmes disparaître ainsi. Elles savent des choses qui sauveront notre monde. Nous devons les sortir de là...

- C'est impossible, personne ne peut intervenir dans le temps... c'est interdit, et vous le savez.

- Pourtant l'un de nous a osé briser ce serment.

- Nous ne pourrons rien réparer. Seul Musterion peut nous aider et je sens un vide naître. Sans lui et sans Cheera, il ne reste que Kobol qui puisse intervenir... Et il ne le fera pas...

- Alors il devra disparaître comme nous. Je ne suis pas sûr qu'il soit prêt à laisser la part belle à Thorin.

Kirion tourna les talons et Sedna lui demanda, l'air interrogateur :

- Où vas-tu donc encore ?

- Voir ton beau-frère... ça fait un petit moment que je rêve de lui mettre mon poing sur la figure... alors avant de me préparer à rejoindre le néant, je vais pas me gêner !

Il disparut dans un crépitement. Tulan s'approcha de Jewel et murmura :

- J'ai un secret pour toi... si tu l'aimes sincèrement il te reviendra...

- Le ciel se couvre...

*******

- Concentre-toi sur un point...

Avian et Koah étaient assis en tailleur dans la chambre du mage. Il tenait les tempes du glaneur par le bout des doigts.

- Tu dois te concentrer sur un point... ma voix, centre ton énergie sur ma voix. Elle est grave... maintenant, elle va être aiguë, comme celle d'une femme...

Même si rien ne sembla changer, Koah entendait désormais une voix féminine.

- Maintenant, c'est la voix d'un sula, qui parle... tu comprends leur langue.

Et en effet, le glaneur entendait résonner des mots sulas qu'il comprenait très bien.

- Cette voix est faible... fatigué, tu le sens. Il faut lui donner plus d'ampleur, de force. Elle a besoin de toi pour renforcer son énergie. Tu peux l'aider. Il suffit que tu lui inspires plus de puissance avec la tienne.

Koah se mit alors à souffler quelques fumets d'air blanchâtre. Les délicats volutes vinrent heurter le visage d'Avian et pénétrèrent ses narines. Il fut revigoré en quelques minutes.

- Merci... maintenant, il est temps de partir. Cette voix elle est tienne, tu l'entends. C'est ton âme, elle veut voler... se libérer de ce poids. Tu es une colombe... tu ne peux vivre sans sentir le frottement de l'air sur tes plumes... une colombe...

Et tandis qu'Avian ferma les yeux pour se concentrer, un tissu blanc, ressemblant à un voile sortit du front de Koah. Il sortit avec une puissance tellement qu'une bourrasque envahit la salle. Le tissu blanc prit forme, il avait un plumage blanc éclatant, une brillance magnifique. Il fut bientôt rejoint par un autre oiseau, un hibou noir, aux plumes superbement bleutées. Lorsque les deux oiseaux, sous forme de spectre eurent terminé leur transformation, Avian poursuivit :

- Tu ne risques rien. Cet exercice ne peut pas te tuer. Tu vas vivre l'aventure sans te déplacer, connecté à cet oiseau. Il ne peut pas mourir mais tu dois cependant faire attention à ne pas rester trop longtemps. Nos deux corps auront des besoins naturels qu'il faudra satisfaire. Lorsque je dis que nous rentrons, nous rentrerons. Il te faudra couper le lien avec l'oiseau. Suis-moi !

L'hibou s'envola majestueusement suivit de près par la colombe. Il traversa le plafond, et la terre de la composant. Ils mirent bien dix minutes pour arriver enfin à la surface. Ils s'élevèrent dans les airs. La sensation de liberté était immense, magnifique. Et pendant presque deux minutes, ils volèrent à leur guise, se rejouissant du souffle confortable du vent sur leurs plumes. Il n'y avait plus aucune notion de vertige ou de peur, l'oiseau était confiant, il n'avait de toute façon rien à craindre. Avian finit quand même par rappeler ce pour quoi ils étaient "partis".

- Nous volons sur le monde, regarde bien autour de toi. Vois-tu quelques chose d'anormal ?

Mais à peine eut-il dit ça qu'une explosion résonna. Elle était puissante et omniprésente. Du sol de milliers d'oiseaux s'envolèrent alors, l'esprit en alerte, totalement paniqués.

- N'aies pas peur, ils ne nous feront rien... ils ont peur... regarde ce troupeau de raptors... il fuit... les animaux courent dans tous les sens. C'est illogique, s'il y a un danger, il doit bien venir de quelque part, d'une même source !

En effet, au sol, la grande majorité des êtres était en proie à une peur panique. Canivores, insectes et herbivores se croisaient, se bousculaient comme pris de folie.

- Regarde !

Il survola une rivière, certains poissons quittait l'eau dans une manoeuvre désespérée pour survivre. Avian resta perplexe mais lui et Koah ne tardèrent pas à comprendre. Il y eu un autre grondement sourd... cette fois rocailleux. La terre se mit à trembler, les arbres se fracassèrent dans un vacarme assoudissant. Des cris humains retentissaient dans les bâtisses qui s'écroulaient. Un pan de montagne plutôt abrupt se détacha et s'effondra en aval dans un tonnerre de grondement.

- L'eau... regarde l'eau...

De partout, des rivières jusqu'à la mer, l'eau semblait en proie à la folie. Les sources rappelaient leur précieux liquide à elle et au lieu de descendre, leur cours remontait ! La mer se retirait des plages pour gagner le large. Et la terre n'en finissait pas de trembler. Il sentit que Koah luttait pour rentrer et sauver son corps mais il le retint en désignant une zone à l'ouest... Ténolas...

- Regarde... nous devons nous y rendre, c'est là qu'il se passe des choses... c'est aussi là que je sens l'Immortel.

Le ciel au dessus de Ténolas s'était teinté de noir. Et ce noir semblait absorber à la fois les couleurs et à la fois l'éclat du soleil, qui se ternissait à vu d'oeil. Des nuages énormes commenèrent à en émaner... Et en quelques secondes, des grélons de la taille d'un melon s'abattirent sur la terre.

- C'est comme le relatent les écrits... la fin du monde...

*******

- Tu n'as guère le choix. Il faut décider quelque chose maintenant Kobol. soit tu abdiques et nous disparaîtrons comme ce monde à jamais... soit tu interviens pour rétablir l'équilibre et nous disparaîtrons en laissant ce monde vivre.

Kirion toisa Kobol avec mépris et dégoût. Autour d'eux, la lave menaçait à tout moment d'exploser. Et sous le tremblement de terre, le Mont du Dieu des Dieux, subissait la mort lente de la Terre.

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Dim 15 Mar - 16:18

Oui, Jewel l’aimait. De toute sa vie, elle n’avait jamais aimé un homme comme aujourd’hui. Elle en était éprise. Terriblement éprise. Le corps de Meecham ne bougeait plus. Il ne respirait que faiblement. Sa peau était froide et commençait à devenir bleue. La jeune femme s’effondra sur le corps de son mari, serrant sa main dans la sienne. Elle ne cessait de prier Cheera, psalmodiant la prière des époux, celle destinée à porter bonheur et chance à son couple.

Même si la déesse de la Création et de l’Amour n’était plus, aucun Exilés ne pouvaient se résoudre à ne plus la prier. Son amour universel emplissait toujours d’espoir les cœurs. La foi que portaient les habitants de ce monde envers la déesse disparue dépassait l’entendement. Elle était aveugle et inconditionnelle.

**********
Laë entre les bras, Meecham ne décrochait pas son regard de la lueur de Jewel au loin. Il avait peur que s’il venait à détourner les yeux une seule seconde, celle-ci disparaisse. Le jalanien fit un pas en arrière, évitant une nouvelle fois une fenêtre et de nombreux fils de vie qui tournaient dans tous les sens.

- De quel Immortel parlez-vous ? Qui nous a trahis ? Parlez ! Si nous devons mourir ici, dites-moi ce que vous savez !

**********
Aussi vite que le vent, les esprits d’Avian et de Koah volèrent vers Ténolas. Dans la cité des tout premier Sula de ce monde, le chaos régnait. Les grêlons fracassèrent les crânes des habitants n’ayant pas trouvé le temps de se mettre à l’abri. Du palais, le clocher tonnait sans interruption. Un feu fut déclanché à l’ouest, embrassant quelques chaumières, tandis que les jolis potagers furent envahit par une nuée de sauterelles venue du nord.

Koah bataillait avec lui-même. Son instinct de conservation lui dictait de retrouver son corps et d’aller se mettre à l’abri avec Andrew. Mais la présence d’Avian à ses côtés agissait comme un garde fou. Les deux esprits continuèrent leur chemin à travers les cieux déchaînés. La neige de la ceinture de Ténolas fondait à vue d’œil, devenant torrent de boue. Tout n’était que désordre et chaos. C’était la fin du monde.

- Comment est-ce possible ? Comment peut-on faire ça au monde de Cheera ?

Koah sentait en lui monter une peine immense. Il lui semblait qu’il partageait la douleur des êtres en souffrance du monde entier. Son cœur se crispa de plus en plus qu’ils approchaient de la cité devenue maudite.

**********
Assit sur son trône, Kobol regardait d’un air blasé Kirion. Il semblait indifférent à sa présence et à ses jérémiades. Le roi des dieux de ce panthéon faisait tourner entre ses doigts une perle blanche, symbole de Cheera. A ses pieds, des créatures dénudées à l’apparence humanoïdes s’étendaient lascivement sur le sol, enchaînée comme de vulgaires animaux. C’était des femmes aux courbes massives et aux seins lourds. Elles avaient une peau rouge, des yeux noirs aussi gros qu’un poing et elles ne possédaient pas de nez. C’était des Syrfs, les cousines des Furies avec lesquelles Kobol aimait passer du temps à s’accoupler.

La voix du roi des dieux tonna monstrueusement dans l’air, faisant vibrer les lueurs sanguines qui imprégnait l’atmosphère :

- Cheera avait un rêve pour ce monde. Que les communautés s’unissent afin de devenir une seule nation. Mais ça ne s’est jamais passé comme cela. Sais-tu pourquoi ? L’Homme ne pense qu’à lui. Qu’il soit d’âme sula ou juvénile. Il ne connaît que l’individualisme. Ma femme voyait en ces humains, une chose que je n’ai jamais ne serait qu’entraperçue. Elle pensait que les humains de son monde libéreraient un jour les autres mondes de l’emprise de dieu dans notre genre. De tous les dieux des panthéons, seule Cheera avait percée le Secret de l’Amour. Elle avait une confiance aveugle dans ces âmes qu’elle a sauvée de Salador. Elle croyait qu’elles s’uniraient contre Thorin et détruirait son panthéon.

Il rit et les syrfs en firent de même, se moquant ouvertement de leurs rires stridents de Kirion.

- Comme quoi, elle avait de très beaux rêves, mais le ver était déjà dans le fruit. Ce n’était pas de Thorin qu’il fallait se méfier, mais de l’un d’entre vous.

Kobol se leva brusquement, le visage déformer par la colère. Il descendit de son piédestal, projetant violemment sur le côté les quelques syrfs qui n’avaient eue le temps de s’écarter. Celles-ci couinèrent sous les coups. Le dieu pointa un doigt morbide au long ongle ébène vers Kirion. Il tonna :

- Comment oses-tu me demander de sauver ce monde alors qu’il n’est le résultat que de ce que vous en avez fait ! Vos manigances pour sauver votre peau de misérables dieux on conduit ce monde à la destruction. J’aime ce spectacle ! Tu n’es pas sans le savoir. Je ne vis que pour servir le Néant. Cependant, j’aimais Cheera et je la respectais plus que vous autre bande de traîtres.

Les syrfs tremblèrent, se recroquevillant sur elles-mêmes, les unes contre les autres. Un sourire perfide fendit le visage de Kobol et sa voix se radoucit.

- Si j’offre une seconde chance à ce monde, qu’aurais-je en échange ? Rien n’est gratuit lorsque l’on traite avec le roi des dieux.

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Lun 20 Juil - 14:26

- Venez Meecham... venez... par ici, Jewel nous guide.

A mesure que les craquements sourds et inquiétants résonnaient comme des coups de canon à leurs oreilles fragiles, la lumière qui les guidait se rapprochait. Laë réussit à sauver Meecham in extremis et tant bien que mal ils parvinrent à rejoindre la lumière. Une membrane invisible les séparait du monde réel. Mais elle semblait les rejeter. La Reine lança un coup d'oeil autour d'elle et tenta désespérément de trouver un moyen. C'est alors qu'une idée lui vint en tête...

- Je crois avoir compris... ce... ce n'est pas un hasard... si je me trouve ici à tel instant... je crois que Musterion savait... il était au courant que j'allais venir avec vous... et que j'allais faire le nécessaire. Est-il possible que le destin ne soit qu'écrit ? Meecham, nous allons devoir nous séparer... pour toujours... prenez soin de Jewel et faites attention... le... le Professeur est un Dieu... c'est lui qui a tenté de tuer Musterion grâce à Andrew. Meecham, vous aurez besoin de le sauver de son emprise... partez, de toutes vos forces, franchissez cette membrane. Vous ferez un excellent père... J'ai une requête, brûlez ma dépouille et déposez les cendres au pieds d'un arbre, peu m'importe lequel, celui qui vous paraîtra le plus adéquat. Adieu Meecham...

Sur ces derniers mots, elle embrassa le Jalanien sur la joue, enfin cela donnait cette impression, car ils avaient au fur et à mesure reprit forme humaine. Elle fit ensuite le geste final, celui qui mit fin à son existence. Touchant de son esprit éthéré l'une des fenêtres, elle disparut presqu'aussitôt dans une explosion de lumière. Le pouvoir qui la protégeait se répandit tout autour et le trou béant qui se dégageait cessa de grandir. Quelques liens se fixèrent et avant que Meecham n'ait pu faire quoi que ce soit, son âme fut expulsée à l'extérieur, à la façon d'un éclair. Dans un vacarme assourdissant, explosion de couleurs et de lumières, la fissûre disparut. Les deux bords se ressérèrent si violemment que toutes les fenêtres parurent brisées. Meecham se réveilla en sursaut dans les bras de Jewel qui paraissait au bord des larmes. Il tourna la tête sur le côté. Laë avait les paupières ouvertes, le regard vide fixé sur l'immensité du ciel au dessus d'eux. Elle était morte.

******

Avian n'avait aucune réponse à donner à Koah, il était tout autant stupéfait et attristé. Non loin de l'océan, les poissons sortaient de la mer pour venir mourir sur le sable, La lumière se fit soudain moins vive, l'obscurité se rapprochait. Avian stoppa Koah juste à temps, par simple pensée. Il lui indiqua mentalement la direction vers laquelle la "chose" se passait...

- Regarde... nous ne pouvons approcher plus... si nous le faisons, cette masse va nous prendre et nous anéantir... ce qu'elle fera tôt ou tard...

Et tandis que du ciel ils voyaient l'ensemble de la ceinture de Ténolas, autour du tombeau de Musterion, un sombre halo grossissait. Un trou noir était en train de se former. Arrachant et aspirant arbres, oiseaux, rochers, il prenait lentement forme, entourant l'endroit où Jewel pleurait sur le corps de Meecham...

Une violente secousse vint faucher les deux mages en plein vol. Avec brutalité, ils furent durement ramenés à la réalité. Avian se précipita vers Koah pour vérifier son état. Il semblait en pleine forme. Rassuré, il lui tendit un verre de nectar, à la texture coloré de jaune et dit, essouflé, comme si l'explosion qu'ils avaient vécue l'avait assommé. Prenant de longues minutes pour se remettre, il remarqua le silence désormais présent et l'absence de toute secousse.

- C'est fini... un Dieu a du intervenir... mais cela semble être rentré dans l'ordre... C'est comme si rien ne s'était passé et pourtant... je sens un mauvais présage, comme si le vent voulait me dire que quelque chose de grave est arrivé...

Il essuya son front couvert de sueur et palit :

- Andrew !

***


- Je n'ai rien à t'offir, rien que je sois prêt à sacrifier. Il te faut faire un choix, laisser le glas sonner maintenant, ou bien en retarder l'écho. Je n'ai rien à perdre, personnellement. Mais sans Cheera pour t'épauler, le Chaos ne fera que tout détruire. Il te ne restera plus rien pas même une parcelle d'âme. Es-tu sûr que j'ai personnellement à y perdre ? Alors que le peuple d'Yrilia a brisé son serment ? S'ils disparaissent, je m'en contrefiche. Je me suis fait à l'idée que l'ère des Sulas était révolue. Soit nous laissons la place, soit nous les emportons dans notre chute.

Kirion lança un regard mauvais sur Kobol, une étrange aura noire l'entourait. C'est à cet instant que Tulan arriva, aussi discrètement qu'un courant d'air. Il s'avança vers les deux Dieux et dit avec un ton calme, rocailleux :

- Le secret doit être préservé et sauvé. Il est absolument nécessaire qu'Oderne survive, sans cela, notre combat comme Thorin n'aura servi strictement à rien. Nous devons agir et...

Un tremblement se fit entendre, le sol se ternit et un halo brunâtre apparut. De ce halo se dégagea bientôt une forme incertaine, mélangeant l'animal et l'humain. A mesure que Kor se faisait plus net, Kirion et Tulan semblèrent tous deux en colère. Ils avaient un visage fermé et grave. Le Dieu maléfique fit un sourire malveillant et se contenta de dire la voix cruelle :

- Heureux de te revoir, Kobol.

Au même instant, quelque chose se brisa. L'espace-temps autour d'eux se figea et reprit son cours normal. Kirion, tétanisé par la surprise, réfléchit à ce qui avait pu provoquer le phénomène. Un pincement au coeur l'informa qu'il n'y avait plus aucun doute possible. Sa Reine était morte ! Kor sembla lire dans ses pensées et se mit à rire d'amusement ce qui déclencha les foudres du Dieu Yrilien.

- Ta traînée semble avoir voulu jouer l'héroïne jusqu'à la fin. Il parait que vous pensiez menacer mon intégrité en scellant le destin des Sulas et en autorisant notre mise à mort ? J'ai le regret de vous informer... que... je ne suis pas d'accord.

Un sourire malsain se dessina sur ses lèvres noircies par la crasse et il fixa chacun à tour de rôle, Kobol, Kirion et Tulan.

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Ven 24 Juil - 0:24

En nage, le souffle court et le corps crispé, Meecham retrouva la vie. Aussitôt, Jewel le serra contre lui. Elle ne cessait de sangloter, plus par soulagement que par réelle peine maintenant. Malgré le bonheur qu’il éprouvait à retrouver sa bien-aimée, Meecham se résigna à contrecoeur à se défaire de sa douce étreinte. Il tenta de se redresser, tâtant la neige autour de lui à la recherche de son épée.

▬ Qu’est-ce que tu fais ? s’inquiéta la jeune femme. Reposes-toi.
▬ Mon épée…
▬ Meecham, arrêtes.

Le jalanien s’entêta. Il repoussa la jeune femme plus rudement qu’il ne l’aurait voulu. Jewel ne parvint pas à dissimuler sa surprise en tombant en arrière dans la neige. La jeune femme fronça les sourcils alors que son époux tentait de se relever. Il lui semblait que ses jambes pesaient une tonne et que son cerveau mettait des heures à acheminer le moindre de ses ordres.

▬ Il me faut mon épée… le professeur… c’est lui. C’est lui le dieu.

**********
Revenir brusquement à la réalité était une expérience assez désagréable. Koah était mal à l’aise dans sa chaire. Il avait une terrible envie de régurgiter le peu qu’il avait dans l’estomac. Il lui fallu un long moment et plusieurs gorgées de nectar pour se remettre de ses émotions. Koah avait du mal à comprendre ce qu’il avait vu et à les remettre en place dans son crâne. Tout ce qu’il savait, c’était que cela ne présageait rien de bon.

Lorsqu’Avian cria le nom d’Andrew et qu’il sortit de la cavité, le jeune homme sentit un frisson d’angoisse s’emparer de toute son échine. Koah le suivit précipitamment, laissant tomber au sol sa coupe de nectar. Alors que tout deux s’enfonçaient dans les méandres d’Oderne, Koah demanda d’une voix portante qui résonna en échos à travers le tunnel :

▬ Que se passe-t-il Avian ? Expliquez-moi ! Qu’avons-nous vu ? Que signifie tout ceci ?

**********
A l’apparition de Kor, les syrfs se recroquevillèrent toutes sur elles-mêmes en poussant de petits couinements et en tremblotant de tout leur être. Toujours impassible et assit sur son trône, Kobol regardait l’un après l’autre les dieux présent dans son antre. Les lueurs sanguines provenant de la lave qui entourait le temple du roi des dieux s’intensifièrent à mesure que la colère de Kobol se faisait ressentir. Réputé associable, le souverain de ce monde n’aimait pas être déranger par ses semblables. Seule Cheera trouvait grâce à ses yeux.

Le regard jaune de Kobol se posa lourdement sur Kor, puis il se mit à rire aux éclats… sans joie.

▬ Que tu le veilles ou non, Kor, cela m’indiffère. Crois-tu réellement pouvoir quelque chose contre moi et mes décisions ? Jusqu’à preuve du contraire, tu n’es même pas fichu d’arracher au favori de Cheera son pouvoir. Jamais celui-ci ne te le cédera. Pourtant, il n’y a que le pouvoir de ma défunte épouse qui puisse quelque chose contre moi. Hélas sans lui, tu n’es à mes yeux qu’un vulgaire petit insecte.

Kobol se leva de toute sa masse, imposant celle-ci du haut de son estrade.

▬ Depuis la mort de votre reine, ce monde est sur son déclin. Les choses changent. Une Vague s’est même incarnée en ces terres pour s’en assurer. Je n’aiderais à la préservation du Secret que si toi Kirion m’offre Yrilia.

Le roi des dieux planta son regard dans celui de Kirion. Entre les deux divinités, la haine était palpable.

▬ J’exige que ton Yrilia devienne le vassal des peuples légitimes de cette partie du monde. Je veux que cette abomination qui se trouve derrière les Rocailles et que Cheera ta offert se soumette face à ceux qui craignent mon courroux. J’exige que ton peuple s’incline devant ma supériorité. J’exige que ton nom devienne tabou en ces terres et que toutes tes idoles soient détruites. Ils ont brisés leur serment, alors brises le lien qui t’unissait à eux. Il est temps qu’Yrilia reprenne sa place en ce monde. Il est temps qu’elle courbe l’échine et qu’elle m’appartienne à nouveau !

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Sam 25 Juil - 16:23

Un nuage orangée apparut devant Meecham et Jewel. Il diffusait une chaleur réconfortante. Peu à peu une silhouette se dessina et un homme apparut. Un Dieu, cela ne faisait aucun doute. Il avait de longs cheveux bruns qui cascadaient sur ses épaules. Sa barbe, assez conséquente, vieillissait son visage pourtant jeune. Vêtu d'une longue toge noire ornée de brodures marron, il posa ses yeux sur les deux humains.

- Laisse ton épée, Meecham le Jalanien. Je ne te veux aucun mal, ni à toi, ni à ta future femme.

Il avait une voix douce, sans intonation particulière. Voyant que le guerrier chancelait mais ne calmait pas son inquiétude, il poursuivit, sans montrer le moindre signe d'agacement.

- Je suis Sarga, protecteur des âmes en voyage. Je vous ai longtemps suivi, depuis la vague Idrazit jusqu'à maintenant. Vous avez parcouru beaucoup de chemin, risqué vos vies pour en sauver d'autres. J'ai veillé à ce que la folie de mon père ne vous atteigne pas. Pourtant, cela me coûte de le reconnaître, Meecham le Jalanien mais, le Dieu que tu cherches n'est peut-être pas mon père...

Il regarda autour d'eux, la neige commençait à tomber.

- Ce professeur est parti... dès qu'il a pu accomplir sa besogne. Il a récupéré l'Élu, profitant du chaos dans lequel nous étions plongés. Meecham le Jalanien, Jewel la Sceptique, vous avez été, comme Laë l'Yrilienne, utilisés comme des pions sur un échiquier. Beaucoup d'êtres l'auront été. Mais l'Élu est en danger et la Vague aussi... vous avez surement perdu, la seule personne susceptible de vous aider dans la guerre qui s'annonce. Mais vous êtes exténués, je peux vous ramener auprès des vôtres, pour que vous y soyez soignés...

***


Avian se déplaçait rapidement à travers les tunnels, le coeur battant. Il entendait Koah le suivre avec peine et lui parler. Il répondit, bouscullant sur son passage les quelques Oderniens remis de leurs émotions qui stationnaient au milieu des galeries.

- J'aurais du y penser plus tôt... Koah, quand notre peuple déclarait la guerre aux Trayaregs autrefois, nous usions de ruses. Les Trayaregs étaient très intelligents, nous n'avions pas d'autre choix que de l'être plus qu'eux. Nous provoquions alors plusieurs évènements, d'ampleurs différentes. Le premier était un combat collossal, utilisé pour détourner l'attention. Le second consistait à tuer le chef, en profitant de la discorde qui régnait... La discorde est une arme surprenante souvent utilisée par Kor. C'est en partie pour cela que mon peuple l'a abandonnée, préférant la discrétion et la surprise de Tulan.

Il ouvrit la petit porte où Andrew était sensé se trouver. La pièce était vide. Avian pesta et commença à chercher. Molly qui avait vu leur air grave dans le couloir arriva en courant. Elle fut si surprise en ne trouvant son frère qu'elle ne sut quoi dire. Avian se penche sur le sol, posa son doigt sur le sable et le regarda. Il y avait une traînée de sang, jusqu'à la porte, quelques goutellettes. Se redressant, il s'essuya le doigt sur sa toge grise et dit, l'air grave :

- Sauf... qu'il ne l'a pas tué... non... évidemment que non... il l'habite ! Il va s'en servir comme d'une arme et ensuite, il le tuera. Quel que soit ce Dieu, il a désormais entre ses mains une puissance considérable. Il a le pouvoir de tuer les autres divinités mais pire... de manipuler la Vague.

Son regard vrilla sur Koah qui semblait ne plus savoir où il en était. Molly le regardait fixement, tandis qu'une petit troupe d'Odernien commençait à répandre la rumeur. Avian termina comme s'il prononçait une sentence, intallant un silence très pesant aux alentours :

- Il s'est servi de nous, il savait... il savait que nous agirions pour sauver Andrew, il m'a simplement laissé les indices dont il avait besoin pour m'aiguiller sur ce que je pensais être vrai. Nous avons un énorme problème... la seule personne susceptible de l'anéantir est sous son contrôle... et deux échéances nous sont léguées... la premère concerne l'invasion et la seconde l'extinction de notre monde. La seule chose qui puisse nous sauver de l'un comme de l'autre c'est Andrew... mais, c'est terminé, je ne sens plus sa présence, comme s'il s'était évaporé.

***


Face à Kobol, Kirion lui tenait tête. Le regard empli par la haine, le visage crispait, il ne faisait aucun doute qu'à cet instant, le Dieu d'Yrilia était dans une profonde colère. Mais fier comme il était, Tulan savait que cela tournerait très mal, pour Kobol... Par précaution, il préféra reculer et jeta un oeil à Kor. Aussi tupide cette engeance pouvait-elle être, elle semblait avoir compris que dans ce duel, elle n'était pas la bienvenue.

C'était bien un duel qui avait lieu. Même les syrfs semblèrent hésiter à reprendre leur souffle. Kirion ne se mit à parler qu'au prix d'un incroyable effort. Hautain, ferme et très crispé, il lâcha, la voix sans appel :

- Mon sombre abruti, je crois que tu n'es plus en position d'exiger quoique ce soit.

Tulan tiqua. Il savait que si Kirion se retirait, les chances pour que le Secret soit préservé et protégé étaient minces. Il allait faire part de cette crainte lorsque la main de Kirion l'invita à se taire. Une aura noire se mot à briller autour de lui et son regard ne cilla pas. Ses yeux se plantèrent dans ceux de Kobol, irrespectueux, pleins de défiance.

- Combien de fois as-tu brisé ton union avec Cheera ? Un nombre incalculable... je punirais Yrilia comme je l'entendrais bon. Je tuerais les traîtres de mes propres mains. Tu ne me feras pas renoncer à ma posture, Kobol, même si cela doit avoir pour conséquence de révéler le Secret. Regarde bien tes engeances, tant que tu le peux. Je me ferais un indiscutable plaisir à les torturer pour le nombre d'êtres qu'elles auront tués. Ce que tu ne peux posséder, tu ne peux le détruire. C'est idiot, n'est-ce pas. Je ne cèderais ni mon autorité, ni Yirilia, encore moins à un bouffon qui se croit tout-puissant. Nous nous retrouverons sur les cadavres de nos morts, Kobol. A bientôt...

Dans une gerbe d'éclairs noirs, Kirion disparut. Tulan savait ce qui allait se passer, il regarda Kobol et dit simplement :

- Puisqu'il doit en être ainsi...

- Kirion ne peut rien contre toi, père, c'est à peine si la mort de la traînée ne l'a pas fait disparaître.

Tulan regarda Kor et trancha, la voix aussi sèche que la colline d'Oderne :

- Au contraire, sa mort l'aura rendu plus fort... maintenant, il n'a vraiment plus rien à perdre. Si tu avais été un peu moins centré sur ton nombril, Kor, tu te serais peut-être rendu compte que son esprit vengueur n'a aucune limite. Je plains sincèrement ceux qui ont un jour voulu porter atteinte à Yrilia... leur calvaire n'a pas encore commencé...

Il lança un regard des plus fermes à Kobol puis il disparut à son tour, laissant Kor avec son père. Ce dernier restait silencieux, et Kor ricana. Le syrfs se crispèrent tandis qu'il lâcha, une lueur malveillante dans le regard :

- Beau camouflet, mon paternel... où es donc passé ta suprématie légendaire ? Il n'y a décidément pas que ce monde qui est sur le déclin depuis l'extermination de l'autre salope pleine d'amour. Toi aussi, tu déclines, de jour en jour... héhé...

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Dim 26 Juil - 16:18

A mesure qu’augmentait la colère de Kobol, la chaleur de la lave du volcan s’intensifia. Le souverain des dieux n’aimait pas qu’on ose ainsi lui parler et lui tenir tête. Kobol n’avait jamais porté Kirion dans son cœur. Il ne comprenait pas pourquoi Cheera avait acceptée sa présence en ces terres alors qu’il ne l’avait jamais respecté. A ses yeux, Kirion était un dieu juvénile qui n’avait aucun respect des anciens, des cultes et des traditions.

D’un pas majestueux, le roi des dieux rejoignit le bord du volcan, regardant de ses yeux jaunes la lave en dessous. Il croisa ses épais bras sur sa poitrine et il dit enfin, rompant ronronnement caverneux du mont :

▬ Quelque soit tes manigances Kor, ou celles des autres dieux encore présent en ces terres, j’aurais toujours une longueur d’avance sur vous. Crois-moi mon fils. Tu n’as pas idée des pactes que j’ai scellé. Vous pourrez me prendre mon trône. Vous pourrez me prendre mon royaume. Mais jamais vous ne m’arrêterez.

Le roi des dieux se mit à sourire machiavéliquement en regardant son fils.

▬ Cheera a vue plus loin qu’il ne te sera jamais possible de voir, Kor. Contrairement à ce que tu crois, vous n’êtes que des pantins dans cette histoire. En sacrifiant jusqu’à l’essence même de son âme et de son immortalité, elle savait exactement ce qu’elle faisait. Crois-tu que Jalane aurait laissé mourir sa fille pour rien ? Elle savait exactement vers quel chemin elle emmenait ce monde. Vous tomberez tous. Les uns après les autres. Il n’y a que moi qui survivra au Crépuscule des dieux.

**********

La nuit était tombée sur la Fourmilière. Cela faisait plusieurs heures maintenant que la rumeur de l’enlèvement du chef Kant avait fait le tour d’Oderne. Ayreb ne décolérait pas. Il ne cessait de hurler au complot. Le chef d’Hanka pensait que les Oderniens cachaient quelque par Andrew et que ceux-ci attendaient la nuit tombée pour le faire sortir de la cité et enfin le libérer. Afin de prouver sa bonne foi, Dame Myriam avait acceptée à contrecoeur de laisser une centaine de Hankiens fouiller les tunnels. Ces derniers se faisaient un malin plaisir de retourner et de saccager chacune des alcôves servant d’habitations aux oderniens.

▬ Cessez de hurler, Ayreb ! Même si l’envie ne nous en manque pas, nous ne cachons pas Andrew quelque part dans les souterrains d’Oderne ! Le dieu qui le possède l’a enlevé. Vous n’êtes pas le seul à aimer jouer avec cette pauvre âme ! Avian et tous les êtres domestiquant un tant soit peu la magie présent en ces lieux recherchent activement le chef Kant. Lorsque nous l’aurons localisé, nous vous le ferons savoir.

La voix de Dame Myriam avait pris des accents graves qu’aucun oderniens ici présent ne lui connaissaient. Au fond de l’alcôve occupée par Ayreb et par sa garde personnelle, Koah était allongé lascivement entre de nombreux coussins. Il était enchaîné à une cheville et il regardait d’un air lasse le chef d’Hanka tourner en rond comme un fauve en cage. La matriarche continua d’un ton toujours aussi grave et solennel :

▬ Je persiste à dire que Koah nous serait d’une grande aide pour le retrouver. Le lien qui l’unit au chef Kant est…

Ayreb hurla de rage, les muscles de sa mâchoire se crispants.

▬ LA FERME VIEILLE FOLLE ! Il n’est pas question que je perde un deuxième esclave par votre incompétence ! Koah restera ici !

Elle insista :

▬ Mais…

▬ J’AI DIT LA FERME ! Ne me pousse pas à bout salope ! Sale chienne de Tulan !!! Où alors Oderne se passera d’Hanka face à l’envahisseur !

Résignée, Dame Myriam remonta sur ses cheveux son voile pourpre, puis elle s’éloigna avec la cour de soldats oderniens qui l’accompagnait. Avant de quitter l’alcôve, elle lança un dernier regard inquiet au glaneur qui paressait en dégustant quelques baies.

▬ Très bien. Mais en attendant, tâchez de retrouver un minimum de calme. Nous partons vers les terres fumeuses des rocheuses de Kobol dès demain. Les troupes téloniennes devraient nous rejoindre dans la nuit.

Les oderniens partit, un semblant de calme prit possession des lieux. Très sereinement, Koah continuait de déguster les baies sucrées. Il semblait ne pas s’inquiéter outre mesure pour Andrew. Au fond de lui, son âme savait qu’il était toujours en vie. Il le sentait. C’était une conviction profonde et inébranlable. Même si Avian, les autres sorciers et les augures n’arrivaient pas à retrouver sa trace, lui il était persuadé qu’Andrew était toujours vivant.

Le jeune homme se redressa sur un coude pour défier d’un regard Ayreb. Il ne put réprimer un sourire provoquant.

▬ Tu ne le reverras jamais.

Quelques soldats hankiens froncèrent les sourcils.

▬ Avec un peu de chance, il moura vite et sans souffrance. Mais dans tous les cas, mourir loin de toi est une chance. Il doit se régaler à l’idée de te priver du plaisir de lui enlever la vie de tes propres mains. Il doit préférer mille fois sa place là-bas, plutôt que celle qu’il avait ici. Ton trophée s’est envolé, Ayreb.

Le glaneur ricana avant de mordre à nouveau dans une nouvelle baie. Il contempla la morsure laissée comme s’il s’agissait d’un diamant. Il remua son pied droit, faisant cliqueter la chaîne qui le maintenait prisonnier. Si Koah n’était pas anéantit par l’absence d’Andrew, c’était uniquement parce qu’il savait que cela ne servait à rien. Tant que le dieu qui l’habitait avait besoin de lui, il resterait en vie. Quelque chose lui disait que le but de la divinité était loin d’être atteint. Pour l’heure, Koah ne pouvait faire que jubiler de voir Ayreb si démuni face à cet événement.

▬ Tu crois que cette chaîne va me retenir longtemps ? Maintenant que tu ne détiens plus l’homme que j’aime, qu’est-ce qui m’empêche de m’en aller à mon tour ?

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Lun 27 Juil - 2:52

- Toi ? Haha ! Quelle ironie... Mon cher père tu es faible et tu as fait ton temps. Bientôt une nouvelle époque viendra, où ton nom ne sera même plus prononcé et tombera dans l'oubli. Tu n'as pas pu empêcher ta salope de léguer son pouvoir à un mortel pitoyable qui ne tardera pas à mourir. Tu n'as pas non plus pu t'empêcher de résister à l'appel de cette Vague. Tu ne peux rien contre Thorin et pire, contre Kirion, lui, le parfait petit chien galeux de notre race. Tout t'échappe, le Secret n'en sera plus un , à mon grand bonheur, depuis le temps que je rêvais de voir Tulan le prononcer à voix haute... ce monde se détruit et je t'insulte sans que tu puisse me faire peur. La partie est finie pour toi comme pour les autre. Lorsque j'aurais terminé ce pour quoi j'ai oeuvré tu ne seras plus qu'un souvenir, même pas... tu ne serais plus rien. Hahaha...

Les syrfs frémirent une nouvelle fois. Kor lança un regard glacial à Kobol et dit simplement :

- Il parait que ta faiblesse se trouve dans ta force... et que seule la lave de ce volcan peut te détruire. Tu as usé de tellement de substance magique pour la concevoir... elle aussi aura surpassé le maître. Ce serait malheureux que tu y tombes, n'est-ce pas ?

Il ne cacha plus la menace à peine voilée et haussa ses sourcils plein de crasse, l'air provocateur :

- Savais-tu que ces mortels avaient la bienveillance de Sarga ? Tu sais l'illustre demeuré qui me sert de fils, sorti de mes couilles par le talent presqu'inconditionnel de Crya. Je suis sûr que tu l'ignorais... tout comme tu ignore qui a failli détruire Musterion. D'ailleurs, c'est étrange que tu ne te sois jamais soucié de ce qu'il pouvait lui arriver à lui. Il est le lien de ton empire... enfin, à l'heure actuelle ce n'est plus ton empire mais le mien !

****


Ayreb n'en revenait pas. Il était si énervé que le geste vint presque naturellement. Il empoigna Koah à la gorge et le souleva de terre, ses doigts se plantant dans sa chair et faisant craquer son cou fin. Suspendu dans le vide à sa merci, le glaneur risquait énormément... Ayreb serra davantage lui coupant le souffle. Les soldats hankiens semblèrent inquiets de voir le visage violacé de Shaleen... Mais le chef d'Hanka n'en démordit pas. Il le regarda, ses traits vieillis par la haine et la rage et lâcha, impérieux, la voix si tendue qu'elle menaçait tout être vivant dans la pièce :

- TU M'APPARTIENS !!! ET TU AS UN PACTE !!! N'OUBLIE PAS LE GOSSE !!! J'AI D'AUTRES MOYENS DE DÉTRUIRE CE BÂTARD ! ET CROIS-MOI, LORSQUE JE VAIS LE RETROUVER, TU POURRAS LUI DIRE ADIEU. TU T'ES FAIT DE NOUVEAUX AMIS A ODERNE, MAIS TA PUTAIN DE VIE EST ENTRE MES MAINS !!!! NE L'OUBLIE JAMAIS !!!

D'un geste de colère il propulsa Koah contre le mur de terre dure, son crâne choquant sur la surface dure. Puis il lui cracha au visage avant de le relâcher pour le laissant respirer. Ayreb se tourna vers un soldat hankien et aboya :

- Vous ne quittez pas ces sales chiens des yeux, la vieille pétasse non plus. Et retrouvez-moi cet Avian, immédiatement !!! Je veux la peau de son cul sur ma demeure à Hanka, comme trophée !!! EXÉCUTION !!! Que m'importe de faire tuer marmots et violer les femmes pour le retrouver. Tant que je n'aurais pas retrouver CE BÂTARD, personne ne pourra trouver le sommeil ! DEHORS !!!

Tous les soldats quittèrent la pièce pour suivre les ordre d'Ayreb. Ce dernier se tourna vers Koah qui s'était relevé et se tenait contre le mur. Le chef d'Hanka s'approcha, le saisit par le cheveux avec force et le regarda dans les yeux. Son autre main se plaqua comme un étau sur son entrejambe qu'il serra avec un poigne solide. Il tourna brusquement le poignet, comme un sauvage et lâcha :

- La prochaine fois que tu me parles sur ce ton, je te les arrache à main nues et je te les fais bouffer. COMPRIS ?!? D'autant plus qu'elle ne te sont pas utiles, c'est de mon foutre dont on aura besoin !

Il lâcha Koah qui devait souffrir plus que de raison. Il y eut un bruit sourd et le Chef d'Hanka chancela. Un autre coup sourd, plus fort le fit tomber à genou. Le dernier coup de massue vint percuter l'arrière de son crâne et l'assoma enfin. Ayreb tomba lourdement sur le sol, inconscient.

- Par les couilles d'Avian, je n'ai jamais vu une telle enflûre aussi coriace !

C'était l'Amazone. Elle regarda Koah avec haine... elle n'avait pas oublié son acte contre elle. Elle fouilla dans la poche de la tunique d'Ayreb, profitant de cet instant pour tatonner ailleurs... saisit la clé de la chaîne et l'ouvrit, libérant Koah. Elle ajouta alors, comme message d'avant-garde :

- Avian m'a demandé de te libérer, il a du nouveau mais il a beson de toi.

Elle l'examina brièvement, il était plié en deux et dit, tranchante comme une lame de rasoir :

- Il aura au moins servi à me venger ! Même si je me serais personnellement fait un plaisir.

Elle donna un coup de pied dans le corps inanimé d'Ayreb qui grogna puis elle invita Koah à la suivre, malgré la douleur fort compréhensible qu'il pouvait avoir à l'entrejambe. Elle espérait que cet imbécile allait se taire car à cet instant précis, elle ne rêvait que d'une chose, l'égorger...

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Lun 27 Juil - 17:56

Tout en souriant, Kobol ne quittait pas la lave des yeux. Les propos tenus par Kor étaient amusants.

▬ Profites bien de ton nouveau royaume mon fils, car il ne sera qu’éphémère. Peu importe tes manigances. Une Vague s’est incarnée en ces terres. Et tu sais ce qui arrive aux mondes qui sont traversés par ce genre d’âme. Notre panthéon touche à sa fin. Si tu as un tant soi peu d’intelligence mon jeune bâtard, tu quitteras ce monde la queue entre les jambes. Car si tu restes, tu périras.

Kobol regarda fixement Kor. Il lui tapota l’épaule avec une étrange affection.

▬ Avant que tu ne me tues mon fils, promets-moi une chose : fait payer à Kirion son affront. Il n’a jamais été digne des pouvoirs que lui offre l’univers.

**********
Koah se massa l’entrecuisse à travers son pantalon. La consternation, le désappointement et la colère étaient montés en lui lorsqu’il se fit agresser par Ayreb ; mais la douleur prévalue sur le reste. S’il n’avait pas réagit pour se défendre, c’était uniquement à cause des souvenirs de Torsha. Ceux-ci l’empêchaient d’user de magie contre l’homme que la déesse aimait. Dommage car Koah lui aurait bien noyer les poumons. Il avait aux bords des lèvres le sortilège adéquat.

Gardant toute l’apparence du calme et ce malgré ses douleurs lancinantes, le glaneur regarda la reine amazone, puis il se relava pour la suivre sans un mot. Tout au long des galeries, des guerrières – épées et glaives à la main – veillaient à la sécurité du jeune homme. Contrairement à ce qu’il pensait, la reine amazone ne l’emmenait pas vers l’alcôve d’Avian. Ils descendaient profondément dans les souterrains de la fourmilière, s’éloignant de plus en plus des cris furieux et barbares des hankiens. La descente dura un quart d’heure. Ils franchirent plusieurs pontons, traversèrent des antichambres drapées de magnifiques tissus aux couleurs éclatantes, puis finalement ils arrivèrent à destination.

Devant Koah s’étendait une immense source chaude, sorte de lagon bleu turquoise dont les chutes cascadaient de la roche à plusieurs dizaines de mètres. La chaleur et l’humidité de la source souterraine rendaient la peau moite. Au plafond de la grotte, une nuée de vers luisants donnait l’impression trompeuse de se trouver sous la voûte céleste des cieux. Il régnait dans cette cavité un calme serein. Au bord du bassin naturel, quelques oderniennes aidaient aux ablutions d’un homme à l’imposante carrure. Plus Koah approchait, et plus les traits de l’homme se firent précis. C’était Gürkan. Lorsqu’il vit le glaneur, le guerrier s’empara d’une serviette qu’il noua autour de la taille et il sortit de l’eau pour se précipiter dans sa direction.

▬ Koah, s’extasia-t-il comme s’il avait devant lui la plus belle créature au monde.

Le glaneur s’immobilisa, l’air maussade. Assit plus loin au bord du bassin, Avian, Danaé, une poignée d’oderniens et quelques hommes du clan de l’Albatros regardaient avec une certaine anxiété la Vague.

▬ Toi !

▬ C’est bien toi, Koah ?

Le jeune homme observa le lydéen avec colère.

▬ Tu es déçu ?

▬ Pourquoi dis-tu ça ?

La voix du glaneur trancha l’air sèchement.

▬ Tu m’as tué !

Le guerrier s’en défendit.

▬ Non !

▬ Par les dieux Gürkan. Tu m’as tué ! Tu as planté ton épée dans mon dos !

▬ Non, non… (Des gouttelettes se répandirent sur le sol terreux lorsque Gürkan secoua ses épaisses dreadlocks.) Ce n’était pas ma faute ! C’étaient les furies. Elles m’ont forcées. Je visais Andrew. Pas toi !

▬ C’est supposé me remonter le moral ?

▬ Tu sais très bien que jamais je ne te voudrais du mal consciemment.

Koah inspira profondément. Les souvenirs de son meurtre lui revinrent en tête.

▬ Je devrais me sentir mieux ?

▬ Ne réagi pas comme ça. Laisses-moi une chance de t'expliquer.

Gürkan tenta de lui prendre une main, mais Koah se recula d’un pas, comme s’il craignait de se brûler à son contact.

▬ Ne me touche pas !

▬ Koah. Pardonne-moi.

Le regard de Koah s’assombrit. Il n’était pas prêt à lui pardonner son acte. Il ne savait pas s’il pourrait un jour le faire d’ailleurs. Cela lui semblait au dessus de ses forces. Furies ou pas, par sa faute il avait perdu la vie.

▬ Non Gürkan ! Si je n’étais pas mort dans les souterrains, rien de tout ce que j’ai vécu jusqu’à aujourd’hui ne serait arrivé. Je n’aurais pas vendu mon âme à Torsha ! Je n’aurais pas obligé Andrew à venir me sauver ! (Les larmes lui montèrent aux yeux mais elles ne coulèrent pas.) Je n’aurais pas détruit son âme ! Tout est de ta faute, Gürkan ! Je te déteste !

Déconfit, Gürkan baissa les épaules.

▬ Moi je t'aime.

▬ Va donc dire ça à Kobol !

Le jeune homme se détourna du guerrier pour s’avancer vers Avian. Avant qu’il ne puisse s’adresser à lui, Danaé s’inclina légèrement, attirant l’attention du jeune homme. Eblouissante dans un sari turquoise, l’ancienne déesse dit :

▬ Koah. Je suis Danaé. C’est moi qui aie empêchée Torsha de s’emparer de ton âme. S’il y a quelqu’un à blâmer pour la peine que ressent aujourd’hui Andrew, c’est uniquement moi et non Gürkan. J’ai sous-estimée la puissance de ton âme et l’amour que tu portes à Andrew. J’aurais dû être plus vigilante.

▬ Je n’ai pas besoin qu’on le défende à mes yeux, cracha le jeune homme.

Danaé opina.

▬ Certes. Ecoutes, l’heure n’est pas aux reproches pour l’instant. Tu auras tout le temps de nous maudire plus tard. Pour l’instant, Avian à besoin de toi.

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Mar 28 Juil - 2:39

- Tu sais aussi bien que moi, cher père que je ne tiens jamais mes promesses. Je tiens ça de toi, il paraît. Je ne manquerais pas de te tuer, d'en finir avec ta faiblesse mais avant cela, j'aimerais que nous parlions d'un détail.

Il rejeta la main de son père de sur son épaule et dit, l'air mystérieux :

- Il se trouve que j'ai pour ma part, prévu une sortie. Une sortie intéressante, mon cher père. Parce qu'elle garantira ma survie. Mes pions sont en place, il ne me reste qu'à tous vous détruire un par un. J'ai une question, pour toi. Comment se fait-il que tu n'aies pas usé de l'Élu pour détruire Kirion lorsqu'il était en sa compagnie ? Tu avais des occasions rêvées de l'anéantir. Depuis quand rechignes-tu à mettre des mains dans la merde pour tuer qui le mérite ?

Il fit légèrement onduler sa cape noire où une odeur putride se dégageait. Il regarda la lave songeur et ajouta, dans un rire macabre :

- Tu as surement un plan intéressant, mon père... mais je suis prêt à parier que tu ne pourras pas le mettre à exécution si ce monde disparaît à jamais. Comme le veut Thorin, n'est-ce pas ?

***


En effet Avian avait gand besoin de Koah. Mais il n'alla pas lui parler directement. Il s'approcha de la Reine Amazone et posa sa main sur son épaule. Visiblement, il était bien le seul homme pour qui elle autorisait un tel contact...

- Merci, je sais combien ma requête pouvait vous coûter. Je vous en suis reconnaissant.

- Maintenant nous sommes quittes, Avian. Je suppose que vous ne voulez pas que je vienne avec vous...

Avian eut un sourire amusé et lui donna un coup de coude en faisant un clin d'oeil :

- Vous supposez bien, nous aurons bientôt besoin de vous sur le front. Et d'Ayreb aussi, mais je pense que vous n'aurez aucun mal à le "dresser", même si ce terme me déplait...

Elle caressa le pommeau de son fouet avec satisfaction puis regarda ses comparses. Cela n'était peut-être pas beau à voir, mais chaque femme qui composait sa tribu avant la musculature d'un homme. Massues, claymore en argent pour deux d'entre elles, elle ne possédaient que des armes lourdes, les meilleurs de l'Île. Deux d'entre elles profitaient de leur "repos" pour s'entraîner. Elles étaient un peu plus loin mais on pouvait les voir bouger, telles deux félins sur une corde mince. Les bruits de métal s'entrechoquaient doucement, on aurait dit qu'elles avaient coupé le son. Pourtant ce n'était pas la force qui manquaient, tant leurs reculs étaient grands. Des étincelles jaillissaient et on les entendait gémir sous l'effort à fournir. Avian n'était pas impressionné, le vent avait souvent eu l'occasion de lui porter ce genre de combat aux yeux. Il retorna auprès de Koah, posa à lui aussi une main amicale sur son épaule. Il s'assit en tailleur sur le sol, dévisageant le glâneur avec gravité :

- J'hésite en réalité à te demander de venir... car en réalité, tes pouvoirs seront utiles sur le champ de bataille... Peut-être devrais-tu envoyer les sombres créatures qui t'obéissent et me suivre. J'aurais besoin de quelqu'un de proche d'Andrew, pour le ramener. Et c'est étrange, vos essences sont liées malgré la haine qu'il a après toi. Enfin qu'importe, ta vision le fera réagir, et l'amènera à te considérer. Mais avant de faire un plan, quel qu'il soit j'ai besoin de savoir si tu te sens capable de venir. Tu y verras surement des choses horribles mais ça ne sera rien à côté de ce que tu entendras. La divinité a accès à la moindre parcelle de son esprit... elle pourra t'envoyer en pleine figure n'importe quel souvenir blessant... Ce ne sera pas une partie de plaisir, tu en souffriras énormément, du moins, je le suppose...

Mais tandis qu'Avian attendait une réponse, il y eut un crépitement. Près de l'eau, un nuage apparut et laissa la place à sept silhouettes. Deux étaient reconnaissables : Jewel et Meecham. Le jalanien était si faible qu'il tenait à peine debout. Kodo les accompagnaient, de même que les jumeaux. A côté d'eux, Sarga avait également fait son apparition, il avait pris soin de les téléporter près de Danaé, en se basant sur l'essence de compassion que dégageait la déesse. Mais plus surprenant, un enfant se tenait avec eux...

- Logan !!!

Molly Kant venait d'arriver, elle était allé chercher des vivres pour le voyage d'Avian, et quelques elixirs de moyenne qualité. Il faut dire qu'à Oderne, le soleil ne venait pas souvent parfaire les potions et autres mixtures... La jeune femme courut vers lui et le prit dans ses bras, versant des larmes de joie. Tous les adultes parurent surpris et Avian lança un oeil à Sarga qui haussa les épaules :

- Je l'ai trouvé errant dans les chemins sinueux de l'ancienne cité de Lumière, il cherchait son père... je l'ai donc rassuré en lui disant que je l'amènerais vers ses amis. Il n'a pas dit un seul mot depuis.

Molly ne cacha pas sa joie. Mais visiblement, Avian semblait très inquiet. Il regarda alentour et dit, la mine sombre :

- Cet enfant ne doit en aucun cas tomber sur Ayreb ou un hankien... vous non plus, Molly... il y a fort à parier que les barbares vous ôteront la vie pour se venger... nous n'avons pas le choix, vous venez avec nous... l'enfant aussi.

- Vous êtes malade ?!? On ne va pas prendre Logan pour rencontrer ce Dieu !!! C'est du suicide !

La voix d'Avian claqua sèchement imposant le silence dans la cavité :

- Vous préférez peut-être le retrouver éventré et pendu par les pieds dans votre chambre comme signe d'avertissement que vous êtes la prochaine ? Ce garçon et vous-même n'êtes pas en sécurité en présence d'Ayreb. Il vous tuera, sans aucune once de pitié et pendant la bataille, vos alliés ne pourront pas vous protéger. Vous venez avec nous.

Il lança un coup d'oeil à Meecham et Jewel puis à Kodo qu'il salua d'un geste étrange. Il demanda, la voix radoucie :

- Que s'est-il passé ? Vous y étiez, vous aussi... près de l'Ombre de Chaos, n'est-ce pas ?

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Mar 28 Juil - 13:51

Kobol resta d’une totale indifférence aux mots de son fils. Il continua de fixer la lave alors que les syrfs tremblaient de peur face à Kor.

▬ Détrompe-toi mon fils. Thorin m’offrira une place de choix auprès de lui. Je siègerais à sa droite. Je me joindrais à son panthéon. Ce n’est qu’une question de temps avant que cela n’arrive. Ce monde va changer. Peu importe tes pions. Ils vont tomber un à un. Si tu ne me crains pas moi. Crains le pouvoir de la Vague. Car jusqu’à preuve du contraire, là où elle passe, tout change. Les mondes visités par une Vague ne sont jamais plus les même par après. Je ne pense pas qu’elle t’épargnera. Le Crépuscule des dieux est en marche, alors si tu as un tant soi peu d’intelligent mon fils, disparaît et laisse ton pantin tranquille.

Le souverain des dieux s’éloigna lentement pour rejoindre son trône. Il s’y réinstalla et d’un air las, il ajouta :

▬ Si Cheera a choisi cet humain, ce n’est pas un hasard. Tu ne te demandes pas pourquoi alors que son âme est juvénile, elle en a fait son Elu ? Ce n’est même pas un sula. Il est né de parents naufragés. Son âme n’a pas la capacité de s’élever !

Il ricana.

▬ Plus tu tentera d’échapper à ton triste sort, et plus tu te rapprochera de ta fin. Je ne regrette qu’une chose : ne pas être là pour assister à ta déculotter.

**********
Bien sûr que Koah acceptait de le suivre. Peu importe le prix à payer et le nombre de souffrance à subir, il sauverait Andrew. Il le lui avait promis. Pour l’homme que son âme aimait, il était prêt à marcher à travers les limbes, il était prêt à se dresser devant les dieux, il était prêt à sacrifier son âme et tous ses espoirs. Andrew était venu le sauver. C’était à son tour de le faire. Koah se contenta d’un hochement de tête, puis lorsque Sarga apparu avec la petite troupe de Lydéen, il recula d’un pas, son épaule heurtant Danaé. Le regard brillant de larmes de Koah se posa aussitôt sur Jewel. La jeune femme poussa un petit couinement étouffé de surprise et aussitôt, elle s’élança vers lui pour le serrer dans ses bras.

Durant quelques instants, les deux amis de longue date s’étreignirent, oubliant tout ce qui les entourait. La jeune femme réprima un sanglot de soulagement. Elle murmura au creux de son oreille alors que ses larmes coulaient le long de ses joues :

▬ Par Cheera, tu es vivant. On me l’avait dis mais j’avais du mal à y croire. Je suis désolée Koah. Je suis désolée pour tout.

▬ Tu n’as pas à être désolée. Tu n’as rien fais.

▬ Tu n’aurais jamais dû mourir là-bas.

Koah soupira en se décrochant à contrecoeur de son étreinte.

▬ Comment va ma mère ?

La jeune femme essuya ses yeux d’un revers de main.

▬ Elle était anéantie par ta mort. Mais aujourd'hui elle va bien. Ils vont tous très bien. Déjanire est l’intendante de Ténolas jusqu’au retour d’Andrew.

Alors que les deux amis discutaient à mi-voix de leur côté, savourant leurs retrouvailles, Danaé s’approcha de Meecham. Elle l’aida à s’asseoir près du bord du bassin. Elle demanda :

▬ Comment vous sentez-vous, Meecham ?

Le jalanien se redressa, le corps courbaturé et le visage livide.

▬ Moulu, mais je survivrai. (Il cligna plusieurs fois des yeux comme pour s’efforcer de ne pas s’endormir.) Je me sens bizarre.

L’ancienne déesse hocha la tête d’un air compréhensif.

▬ Ce n’est jamais très agréable de voir son âme séparer de son corps. Il vous faudra quelques jours afin d’être à nouveau sur pied.

Meecham acquiesça, puis il reporta son attention vers Avian. Malgré sa fatigue, il trouva la force d’expliquer ce qu’il avait vécu avec Laë. Entre deux gorgées de nectar destiné à lui redonner un peu des couleurs, le jalanien conta son périple sans omettre le moindre détail. Il raconta leur rencontre avec Musterion, son voyage à travers le temps, la trahison du professeur, puis le sacrifice de la reine d’Yrilia.

Danaé fut atterrée par la nouvelle de la mort de la reine. Elle se releva avec appréhension, et échangea un regard avec Avian.

▬ Kirion doit être hors de lui.

A quelques pas de là, Gürkan venait de terminer de se revêtir. Les orderniens lui avaient offert le tulak, une tenue noire portée par les Assassins du Silence. Elle était constituée d’un pantalon, d’une tunique brodée de fils gris, d’un plastron, de jambières et de spalières en kétine. Aux pieds il portait des sandales. Malgré ses mouvements, aucun bruit ne semblait s’émaner de lui. Le guerrier lydéen regarda Sarga en rangeant son épée dans son fourreau et il demanda :

▬ Quel est le dieu qui tire les ficelles ? Kobol ? Kor ?

Alors que tout le monde était suspendu aux lèvres du dieu, Koah se rapprocha d’Avian. Il s’assit à côté de lui et inquiet, il murmura :

▬ Que comptez vous faire pour Ayreb ? Lorsqu’il réalisera que j’ai disparu, il sera fou de rage. Que vous le voulez ou non, je suis son esclave. Je lui appartiens. Si je vous suis, il prendra ma disparition pour une trahison, et il quittera l’alliance pour n’en faire qu’à sa tête. Vous savez tout comme moi que nous avons besoin d’Hanka pour espérer gagner cette guerre. Il vaudrait mieux éviter de se mettre trop à dos Ayreb.

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Lun 3 Aoû - 18:39

- Tu en arrives à l'heure des regrets, déjà ? Quel sentimentalisme. J'aurais cru que tu sois à défaut d'être courageux, désireux de voir la mort en face. La mort... dire que la grande majorité d'entre vous l'aviez oubliée. Ta putain a changé la donne. Il n'y a aucune issue, nous sommes au moins d'accord. Mais tu semble oublier que ça n'est pas en plaçant des pions que tu gagneras, vieil imbécile. C'est en abattant les cartes susceptibles de flouer le jeu. Je n'interviens pas directement, j'ai trouvé quelqu'un pour le faire à ma place. Il a un esprit destructeur, ha ha ha...

Kor darda de ses yeux malveillants un syrf trop présomptieux à son goût et à l'aide d'une utilisation habile de la magie, il le précipita dans le vide, le regardant tomber et plonger, sous des cris d'agonie dans la lave. Un petit sourire en coin, il poursuivit :

- Bientôt, tu mourras toi aussi, que m'importe ce que tu auras prévu, ça n'interfèrera jamais dans mes plans. J'ai pris beaucoup trop d'avance sur toi là-dedans. Tu ferais peut-être mieux d'abattre Kirion tant que tu le peux. Je ne serais pas étonné que tu sois la prochaine victime de l'Élu... mon père... hé hé hé...

Dans un ricanement macabre, Kor disparut. Son rire résonna dans les lieux, laissant les syrfs littéralement mortifiés. Dans le mont crépitant de lave de Kobol, un nuage semblait se rapprocher... noir, de mauvaise augure. Cela n'avait pas l'air d'effrayer le Dieu du Chaos qui au delà de son incommensurable puissance, avait visiblement tout prévu.

***


Avian hocha la tête et posa une main sur l'épaule de Koah avant d'ajouter à voix basse :

- Ayreb ne sera pas hors de lui... il sera fou de rage. Il serait capable de tuer tout ce qui bouge... par pur principe de réparation. L'Amazone que vous voyez là-bas, elle se nomme Halisya. Dans sa demeure, elle a fait empailler le chef de l'ancienne tribu de Mol'k, des barbares qui violaient femmes et enfants. Le chef pesait plus de deux cents kilos, on racontait qu'il était l'un des descendants d'un géant... en tout cas, il lui suffisait de jeter son poing sur quelqu'un pour lui fracasser le crâne... pour l'éventrer. Il n'avait aucune pitié, il se croyait tout puissant. Lorsqu'Halisya l'a défié, il n'aspirait qu'à une seule chose... la détruire par n'importe quel moyen. Elle a entretenu sa haine. Ce qui caractérise un barbare faible d'un fort, c'est la naissance d'un quelconque sentiment en lui. Tuer froidement comme le fait Kirion, est une force... mais dès l'instant où la haine s'immisce, les erreurs apparaissent. Halisya n'a eu aucun scrupule à lui faire payer. Elle l'a tué, froidement sans sentiment. Et pour Ayreb, elle fera pareil. Je n'ai aucune envie de me retrouver dans sa situation, pour être honnête... mais sache juste qu'elle a fait obéir des fauves plus sauvages.

Il fit un petit sourire, histoire de rendre l'histoire moins difficile et impressionnante à entendre. Et ajouta, légèrement plus inquiet :

- J'ai probablement une chose à te dire que tu ne vas pas apprécier... mais je comptais te remplacer toi et Andrew par... ce guerrier lydéen... Gürdan... tu me dis si j'écorche le nom... et puis par ce guerrier étrange... Halisya veillera sur eux. Certes, elle meurt d'envie de sectionner tout pédoncule qui dépasse dans le sexe qui l'oppose mais je pense qu'elle m'apprécie... elle devrait se retenir si ces guerriers la respectent... j'aurais d'ailleurs quelques consignes à leur donner. Mais je ne veux rien décider pour toi, tu les connais davantage. Qu'en penses-tu ? Cela apaiserait temporairement Ayreb...

Il se voua au silence lorsque Sarga répondit à Gürkan. Le dieu des voyageurs avait un visage impassible, terriblement sérieux. Et son annonce glaça les sangs de nombreux hommes présents autour :

- Si seulement mon père et mon grand-père étaient les seuls dangers... vous ne pouvez avoir l'idée de la tournure que prennent les choses. Qui que ce soit qui ait atteint l'Élu de Cheera, il n'aura certainement pas agi seul. Et comme dans tout complot au sein de Panthéon, mon père y est forcément impliqué... de près ou de loin... quant à Kirion... je n'ai personnellement pas confiance en lui...

- Bien sûr que Kirion est en colère...

La voix sifflante fit sursauter tout le monde. Elle venait de n'importe où et de nulle part à la fois comme si elle était omniprésente. Les deux dieux reconnurent Tulan. Un ombre semblait avoir bougé dans un coin ténébreux. On pouvait supposer que le Dieu s'y trouvait :

- Laë était la gardienne d'Yrilia... le rempart contre la flie de ce Royaume. Mais Kirion n'a pas dit son dernier mot... et il a opté pour la pire des solutions... la vengeance. Il purgera les traîtres et les asservira comme il l'a toujours fait... puis il anéantira toute espèce vivante pour grossir son armée... La Reine d'Yrilia parvenait à contenir la fureur qui l'habite, enfin dans une moindre mesure... Maintenant que Kirion a fait son choix, je ne puis plus me taire... Avian... la force des choses va nous inviter à révéler le Secret...

Avian frémit et palit. Les regards se tournèrent vers lui, tandis que l'ombre bougeait légèrement. Seul Gürkan était assez proche pour espérer en distinguer quelques détails... et quelque chose clochait... en effet la silhouette, ces contours étaient humains et il lui sembla un instant entendre le son familier d'une dague sortir de son fourreau... c'était le seul à l'avoir remarqué...

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Mar 4 Aoû - 18:25

En écoutant l’histoire d’Avian, une infime partie de Koah maudissait déjà l’amazone pour ce qu’elle s’apprêtait à faire subir à Ayreb. Même si le glaneur haïssait son maître, cette maudite part d’affection laissée en lui par Torsha cultivait un étrange sentiment qui entrait toujours en contradiction avec sa raison. Koah aimait et détestait à la fois Ayreb. Il lui voulait du bien et du mal. C’était déroutant d’aimer en quelque sorte un homme qu’on détestait. Le regard de Koah se posa sur Gürkan et sur le jalanien lorsqu’Avian proposa de les échanger pour combler son absence. Si Ayreb accepterait sans doute cette offre le temps de son retour, Gürkan lui n’accepterait jamais d’être l’esclave d’un hankien. Koah ne le savait que trop bien. La mère de celui qui fut à une époque son meilleur ami avait été crucifiée sur l’île de la Muerta par les hankiens eux-mêmes.

Dans un murmure à peine audible, Koah répondit à Avian en le regardant droit dans les yeux :

▬ Même si Ayreb accepte l’échange, Gürkan refusera de se soumettre au chef de ceux qui ont crucifié sa mère. S’il est devenu un guerrier, c’est justement parce qu’il voulait protéger Lydée de ces barbares. Je doute sincèrement qu’il accepte.

Koah devint pensif, ses yeux verts semblant brûler d’un feu intérieur.

▬ Je me chargerais de le convaincre. (Koah regarda très sérieusement Avian.) Il y a quelque temps, j’ai fais une promesse à Ayreb. Je dois la tenir, si non il nous le fera payer à tous. Ne cherchez pas à la briser. Une fois que nous aurons sauvé Andrew, je reviendrais auprès d’Ayreb que vous le voulez ou non. Tant que la guerre n’est pas finie, je ne me battrais pas pour retrouver la liberté. Evitons de le contrarier inutilement.

Après que la voix de Tulan ait retentie, Danaé se leva. Elle rejoignit Sarga à qui elle prit les mains pour les serrer. L’ancienne déesse avait un air triste affiché sur le visage. Elle secoua la tête avec dépit, ses cheveux blonds ondulants le long de ses épaules.

▬ Et Cheera n’est plus pour veiller sur l’Equilibre de son monde. Ni même mon doux Pëlos. Le Panthéon s’écroule et ce monde avec lui.

Jewel se leva à son tour, indignée. Elle se tourna vers Sarga :

▬ Qu’attendez-vous pour l’arrêter Tout-Puissant ?

▬ Nous ne pouvons rien, intervint calmement Danaé. Il est l’incarnation de la Juste Vengeance.

Koah secoua la tête.

▬ Je pensais que c’était Torsha la déesse de la Vengeance.

▬ Kirion est la Juste Vengeance. Torsha puisait sa puissance dans la haine, la mesquinerie et la rancœur. Kirion est au-delà de tout cela. Il se sent investi d’une mission : châtier les traîtres et purifier par le sang ce monde. C’est ce qu’il va faire avec son armée.

Brusquement, Jewel s’écria :

▬ J’ai toujours su que c’était une divinité démoniaque ! Andrew aurait dû m’écouter et le tuer lorsqu’il en avait l’occasion sur le Pic des Ténèbres ! Au lieu de ça, nous perdons un à un nos divinités bénéfiques ! Cheera ! Pëlos ! Okan ! Vous Danaé ! Je ne vois pas pourquoi nous persistons à nous battre contre Thorin. Ce sont nos propres dieux qui nous anéantirons !

Koah balaya la réplique de son amie d’un geste de la main. Comme à son habitude, Jewel laissait parler son scepticisme et sa peur. Il regarda les vers luisants accroché au plafond de la grotte quelques secondes à la recherche de Tulan, puis reporta son attention vers Avian :

▬ Quel est ce Secret ?

Pendant qu’ils parlaient amassé près du bassin, l’ombre inquiétante sembla se rapprocher. Gürkan ne la quittait pas des yeux. La main serrée autour du pommeau de son épée, il attendait le bon moment pour agir. Celui-ci arriva très vite. Lorsque le son familier d’une lame siffla à travers l’air, dans un geste vif et prévis, le guerrier lydéen sortit son épée de son fourreau. Elle fendit l’air, arrêtant un poignard en plein vol. Dans un silence parfait, le guerrier Lydéen se jeta sur l’ombre, entrechoquant son épée contre la lame du cimeterre de son adversaire. Un combat d’un silence magique opposa Gürkan à l’ombre encapuchonnée. Si l’inconnu avait l’avantage de la souplesse et de la rapidité, ainsi que des techniques de combats inconnues au lydéen, Gürkan possédait une rage et force brute qui à chacun de ses coups faisait reculer son assaillant.

Gürkan avait toujours plus ressemblé à un hankien qu’à un noble lydéen lorsqu’il se battait. La rage et la puissance qu’il démontrait lors de ses combats semblaient lui avoir été insufflée par Davik lui-même. Né sous les auspices de la divinité de la Guerre, Gürkan s’était toujours mieux battu que les autres lydéens. Il ne possédait peut-être pas la cruauté des Hankiens, mais la force animale et la ruse étaient de son côté. Aujourd’hui encore, malgré la rapidité surprenante de son adversaire, il démontra tout son talent de guerrier. Il parait les coups. Il en rendait. Il en recevait même. Mais jamais il ne laissa transparaître le moindre signe d’inquiétude. Parfois, il tentait des parades lydéennes qui faisaient quelques fois mouches… et d’autres non. Le duel dura de longues minutes, longues minutes pendant lesquelles les lames s’entrechoquèrent en produisant des étincelles.

La botte de l’homme encapuchonnée frappa le ventre du Lydéen qui se courba en deux sous la douleur. Il grogna, maudissant son adversaire qui sautillait d’un pied sur l’autre, prêt à en découvre davantage. Gürkan s’essuya d’un revers de poing le sang qui dégoulinait de sa lèvre entaillée, puis il se jeta à nouveau vers son adversaire, le visage déformé par la rage du combat. Autour d’eux, les amazones et les soldats oderniens avaient sorti les armes, prêt à stopper toute fuite de la part de l’ombre. Violemment, Gürkan donna un coup au visage de son adversaire avec la crosse de son épée. Malgré la douleur, l’ombre n’émit aucune plainte. Elle tomba simplement à la renverse en sortant une dague d’une poche intérieure de sa longue tunique. Il la lança vers Gürkan qui la stoppa à l’aide du plat de son épée. D’un geste habile du pied, il fit bondir la dague vers sa main et il l'attrapa.

▬ Il va se suicider ! s'écria Danaé lorsque le guerrier de l'ombre sortit de sa manche un petit flacon.

Aussi vite qu'un éclair, Gürkan lança la dague vers son adversaire. Celle-ci fendit l'air et s’enfonça dans la paume de la main de l'homme allongé au sol, l’empêchant d’absorber le contenu de la fiole. Aussitôt des amazones s’emparèrent de lui et elles le ficelèrent solidement.

▬ Par tous les dieux !

La voix de Dame Myriam fendit l’air comme le tonnerre de Kor. D’une galerie, la Matriarche accourut vers la petite troupe près de la source, suivie de près par quelques dames de compagnie. Elle était horrifiée face au prisonnier.

▬ Par le Tout-Puissant Tulan ! Un intrus à Oderne ! Comment est-ce possible ? Faites le parler ! Je veux savoir qui il est !

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Mer 5 Aoû - 0:42

L'homme poussa un gémissement de douleur et regarda sa main. Mais tandis que Dame Myriam demandait à ce qu'on l'interroge, les amazones ôtèrent son capuchon sombre. D'un coup de langue habile, il fit aparaître une petite sphère remplie d'un liquide sombre. Halisya qui s'était aprochée, compris immédiatement de quoi il s'agissait. Avian lança un cri mais ça avait failli être trop tard. L'Amazone avait écrasé son poing sur le visage du jeune assassin. Un courant d'air expulsa la sphère un dixième de seconde avant le choc. Juste à temps. Les dents du jeune homme claquèrent avant qu'il ne s'effondre, littéralement assomé par le coup qu'il venait d'encaisser. Mais l'attention était portée sur Avian qui faisait léviter avec une infinie précaution la petite sphère dans les airs. Il la prit délicatement entre ses doigts, très soucieux :

- Qu'est-ce donc, une arme ?

- Non... enfin oui... mais ça n'était pas dirigé contre nous... c'est de l'acide de tulak... il allait briser la sphère pour mettre un terme à ses jours... Vous n'avez pas idée de ce que votre geste aurait pu provoquer... Il a voulu se suicider. Mais si la sphère ne s'était pas brisée dans sa bouche, les éclaboussures auraient fait un véritable carnage ! L'acide de tulak sert aux Assassins des Brumes. C'est leur dernier salut... il se répand sur toute paroi couverte d'eau sans s'y mélanger. En quelques secondes il consume un homme comme lui de l'intérieur. Nous avons été extrêmement chanceux qu'il s'en sorte indemne. Ils restent très habiles dans l'art du suicide, même si généralement, ils parviennent à tuer la personne qu'on leur indique.

- Parfois j'en envoie moi-même mettre un terme à la vie de personnes susceptibles de découvrir le Secret. Mais de nombreuses choses brouillent les autels dans le Bois des Brumes. Mes messages peuvent et sont souvent mal interprêtés.

Tulan n'était toujours pas apparu. Dame Myriam s'inclina respectueusement en entendant le Dieu et toisa l'assassin de toute sa hauteur. A Oderne il existait une catégorie d'assassins mais moins dangereux et qui avaient un code d'honneur. Dans la région, les Assassins des Brumes étaient connus pour être sans pitié et pour avoir tué, à plusieurs reprises, des enfants et des adolescents. Avian reprit la parole, sur un ton impérieux :

- Le Secret que mon peuple s'efforce de protéger ne doit en aucun cas sortir de ses murs. Le Grand Discret ne peut parler qu'en face de gens purs. Vous serez à votre tour, Gardiens de ce Secret.

- Qu'est-ce que cela implique ?

Halisya était perplexe et cela se sentait. Contre toute attente la voix de Tulan résonna une nouvelle fois sans que l'on puisse en trouver l'origine :

- Cela implique que quiconque délivrera ce Secret sciemment, le paiera de son âme. Il faut passer un Pacte avec moi, dans lequel vous faites la promesse de garder le Secret et don de votre âme à Tulan, le Discret. Si vous allez contre votre parole...

Avian regarda tour à tour chaque personne avec un air grave :

- Ce n'est pas un engagement à la légère... ceux qui doutent pouvoir garder le silence doivent partir, maintenant... une fois que le Secret vous sera connu, il vous deviendra très difficile de le garder pour vous...

Un silence mortuaire s'abattit sur le groupe. Avian s'assit en tailleur et souffla entre ses deux paumes, mises face à face. Un filament argenté apparut et tandis qu'il continuait de s'étirer, il vola rapidement d'une personne à une autre. Avian, Sarga et Danaé furent les premiers à être effleurés. Puis ce fut au tour de Koah, la forme indistincte eut comme un frémissement, et commença à lui tourner autour. Elle hésita un instant et se dirigea vers Gürkan, puis vers Lycos. Aux deux guerriers lydéens, elle ne s'attarda pas. En revanche, lorsque vint le tour de Molly et de Logan, elle s'agita, devenant soudainement orangée. Elle fit exactement la même chose lorsqu'elle passa devant les gardes oderniens et les amazones. Elle effleura l'assassin et ne s'y attarda pas. Kodo fut à son tour entouré du filament et comme pour Koah, elle hésita sans changer de couleur. Lorsqu'elle eut terminé, elle s'évapora. Avian se releva et dit, fermement :

- Les personnes ayant eu un halo orangé ne sont pas autorisées à rester. Je regrette pour elles, mais elles doivent sortir.

Il y eut un murmure de désapprobation. Avian, Sarga, Danaé, Koah, Gürkan, Lycos, Kodo, Myriam et l'assassin avaient été les seuls à ne pas avoir de couleur orangée. Un soldat odernien s'écria :

- Il a le droit de rester ? Lui ??? Cet assassin ?

Ledit assassin toussa, expectorant du sang. Il avait la lèvre ensanglantée. Myriam ordonna aux personnes concernées de quitter la grotte et de sortir. Lorsque l'évacuation fut terminée, elle regarda l'homme ligoté et demanda :

- Est-ce une bonne idée de le garder ici ?

- Il est digne de confiance. Il peut entendre ce qui va être dit... mais vous pouvez le faire emmener pour interrogatoire.

Sarga, dans sa grande sagesse les interrompit :

- Au vu de ses talents de combat, il sera mieux sous notre garde et notre surveillance. J'ai voyagé de nombreuses fois, et je puis dire qu'ils sont maîtres dans l'art des évasions... S'il a tenté de se suicider dans cette grotte c'est qu'il savait qu'il n'y avait aucune issue... en dehors d'ici, qui sait par où il pourrait s'échapper.

Avian approuva et s'excusa. Il se dirigea vers les murs de la grotte et commença à parler sula. Tandis qu'il accomplissait son étrange rituel, l'assassin regarda Koah et sa main blessée. Le glâneur était à quelques mètres de lui. Sa voix se fit doucement entendre, comme un murmure. Elle était étrangement jeune, alors que son apparence lui donnait un âge assez avancé, bien mûr :

- J'ai échoué... vous devez m'abattre, maintenant...

Il planta ses yeux bleus dans ceux du glâneur. Et dans son regard, on y lisait une grande sincérité mais une froideur extrême.

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I have a wave inside my soul. Lots of drum in my heart. I think... it's love.
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Mer 5 Aoû - 12:17

▬ Ne lui adresse pas la parole ! Ne le regarde même pas !

La spartiate de Gürkan frappa violemment le visage du prisonnier qui cracha à nouveau du sang sur le sol terreux de la grotte. Avec Lycos, Gürkan gardait un œil sur l’assassin. Depuis qu’ils savaient qu’il s’agissait d’un homme des Brumes, les deux guerriers Lydéens gardaient à la main leurs épées. Ils étaient prêt à en découvre férocement en cas de tentative d’évasion de sa part.

Devant la brutalité de Gürkan, Koah se tendit en fronçant les sourcils. Il allait se lever pour protester mais Dame Myriam l’en empêcha d’un geste autoritaire de la main. Elle s’approcha du prisonnier et lentement elle s’accroupit, lui relevant la tête en le tirant par les cheveux. Si Oderne était très fière des talents de ses assassins, elle répugnait cependant à se faire assimiler à ce genre d’individu sans âmes. Les assassins des Brumes étaient plus des meurtriers à leurs yeux que de véritable assassins du Silence.

▬ Qui visais-tu ? Qui t’as envoyé ? demanda la Matriarche d’un ton sec et autoritaire. Réponds de ton plein gré ou nous serons obligé d’employer des méthodes douloureuses pour t’arracher des aveux.

Gürkan appuya la pointe de la lame de son épée sur la plaie béante du prisonnier. Il la tourna légèrement, écartant la chaire. Malgré la douleur, l’assassin ne broncha pas. Tout autour de lui, une petite marre de sang s’était formée.

▬ Parle chien de Kobol où tu le regretteras !

Dame Myriam tira plus fort qui la chevelure du prisonnier.

▬ Je veux des réponses et tout de suite !

Indigné, Koah observait la scène aux côtés de Danaé et de Sarga. L’ancienne déesse posa la main sur l’épaule du glaneur pour tenter de tempérer la rage qui bouillonnait en lui. Koah n’avait jamais été pour la torture. Lycos échangea un regard désolé avec son ami mais il laissa Gürkan agir. Ils étaient en guerre et il savait que tous les coups étaient permis.

▬ Arrête Gürkan ! ordonna Koah. C’est indigne d’un Lydéen !

▬ Nous sommes en guerre Koah ! Évite d’éprouver de la pitié pour quelqu’un qui n’en aura pas pour toi !

Le jeune homme s’enflamma :

▬ Je n’en attendais pas moins d’un homme qui a tué de sang froid celui qu’il prétend aimer.

La colère déforma les traits du visage du guerrier et cruellement, il tourna davantage son épée dans la plaie du prisonnier. De longues secondes, Koah affronta le regard de Gürkan, le toisant comme s’il s’agissait de son pire ennemi. Comprenant qu’il ne céderait pas, Koah se détourna de lui. Il regarda un instant les yeux bleus océans du prisonnier avec dépit, puis il s’éloigna pour aller s’asseoir près du rebord du petit lac. Il préférait s’écarter et laisser les guerriers entre eux.

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