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 04 - Oderne la Renfermée

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Jeu 6 Aoû - 15:18

L'assassin regarda Myriam. Il était difficile de dire ce qu'il ressentait à cet instant. Il avait juste le visage légèrement fatigué. Ses cheveux de couleur châtain foncé étaient coupé courts, ce qui accentuait sa mâturité. Il avait un tatouage noir qui débutait du haut de sa nuque et s'enfonçait sous sa tunique. Et quand la douleur aurait du lui arracher un cri, il se contenta de porter un regard glacial sur Gürkan, comme si cela lui importait peu. Il tourna la tête vers Dame Myriam et garda le silence pendant un long moment. Gürkan planta davantage son épée tandis que l'odernienne tira, arrachant de sa main quelques éléments de la chevelure pourtant peu fourni de l'homme. Enfin, il parla une nouvelle fois, la voix posée et très calme :

- Lorsque j'avais cinq ans, on m'a appris à combattre. J'ai été attaché la tête en bas à des chaînes, sous un feu. Chaque fois que j'ai essayé de me libérer de cette chaîne, des pointes, disposait autour des anneaux me retenant les pieds, s'enfonçaient dans mes mains. On m'a fouetté, torturé, arraché deux ongles aux pieds puis on m'a brûlé dans le creux des reins. J'ai eu les deux bras fracturés par les coups de barres d'acier, l'arcade brisée.

Un silence tomba alors sur le groupe. L'assassin darda un regard d'acier sur Gürkan et demanda, visiblement peu affecté :

- J'y ai survécu. Aurez-vous le courage d'aller plus loin ?

- Il suffit ! Parle ! Qui es-tu, qui étais-tu chargé d'assassiner ??? Comment, par les couilles de Kobol as-tu pu pénétrer dans Oderne ???

Le juron lâché par Dame Myriam témoignait de sa perte de patience. Mais lorsque l'assassin répondit, il était très calme :

- A douze ans, pour achever mon initiation, mon précepteur m'a suspendu à 4 crochets, deux par les épaules deux par les cuisses. Le feu était sous moi. Il m'a baillôné et m'a ordonné de ne jamais crier. Chaque fois que je désobéissais, l'échéance de cette torture était repoussée de deux jours. Chaque minute qui passait était un supplice, une lutte pour que la peau cède. Mais elle ne cédait pas. Cela a duré 9 jours... pensez-vous vraiment que la perte d'une main, de quelques cheveux me fassent crier, parler après cela ? Je ne fais certainement pas partie de vos rôdeurs de pacotille que vous osez sans honte nommer assassins... je ne parlerais pas. Mais vous pouvez continuer à vous défouler, cela m'est égal.

Il posa son regard bleu sur Koah et malgré la gifle que venait de lui donner Myriam et le fait que l'épée de Gürkan ait transpercé la chair de sa main, dans un bruit peu grâcieux, il poursuivit, d'une voix si calme qu'elle fit frissonner Danaé :

- Votre mission est de m'abattre... vous le devez. Alors faîtes-le... Le pacte du Professeur doit être respecté.

Dans la grotte, un autre silence tomba, perturbé par les fomulation en sula d'un Avian concentré, détaché de tout ce qu'il se passait autour. Visiblement sans le savoir, l'assassin venait de donner à sa vie une importance plus capitale que prévue... à son grand dam !

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Jeu 6 Aoû - 18:33

Alors que la masse sombre du nuage approchait le mont Kobol, faisant trembler de peur les syrfs qui se serraient les unes aux autres, le dieu de la Destruction restait impassible. Assit sur son trône, il faisait tourner entre ses doigts crochus une perle d’un blanc nacré, symbole de Cheera. Le dieu était plongé dans une profonde contemplation lorsqu’un faisceau lumineux attira son attention. Dans une gerbe de lumière blanche, Jalane la Mère se métamorphosa, sa longue tresse ondulant dans l’air comme un serpent.

▬ Tu es venue me dire adieu ? demanda Kobol sur un ton sarcastique.

La déesse s’avança vers lui d’un pas aérien. Tout autour d’elle, de la lumière jaillissait, s’écartant de son être comme si elle traversait une étendue d’eau.

▬ Je suis venue te dire que tu as trop foi en tes manigances. Exil-toi Kobol, trouve-toi un autre panthéon. Fuit vers un autre univers.

Kobol laissa échapper un soupir las.

▬ Tu as promis de ne pas intervenir.

▬ Ce n’est pas moi qui interviendrais, mais le Destin.

▬ Je me moque du Destin. Un jour viendra où je le modèlerais à ma manière. Tu ne pourras rien changer Jalane. Toi qui vois au-delà le Temps. Tu sais que Thorin m’ouvrira les bras et ensemble, rien ne pourra plus nous arrêter. Cet univers nous appartiendra. Ainsi que le suivant. Et tout ceux à venir.

La déesse semblait particulièrement attristée par les propos tenus par Kobol.

▬ Je te souhaite de réussir, parce que la chute sera terrible.

Il bomba le torse, se redressant légèrement sur son trône.

▬ Il n’y aura pas de chute. Si j’ai appris une chose sous ton règne Jalane, c’est de bien choisir mes cartes et mes alliés. Je suis un bon élève, non ? Je prends le parti de la Vague. Il n’y a pas meilleur allié en cet univers et tu le sais.

Jalane sembla déçue. Elle rejoignit les mains en prière, d’une manière implorante.

▬ Ne fait pas ça.

▬ Une promesse est une promesse, même pour la plus grande des reines. (Kobol ricana.) Maintenant part. Il arrive. Ce serait dommage que l’Elu de ta fille ne te prenne également pour cible. Tu es si proche de devenir une Puissance Ordonnatrice, ne gâche pas tout bêtement.

Comprenant qu’elle ne le ferait pas changer d’avis, Jalane s’approcha de lui et à la manière d’une mère aimante, elle déposa sur sa joue un baiser. Elle murmura alors que sa main caressait sa joue :

▬ Je suis si triste pour toi. Si triste.

Et dans une gerbe d’étincelle blanche, elle disparu. Droit et fier sur son trône, Kobol regarda droit devant lui. Il dit :

▬ Te voilà enfin.

**********
Le discours tenu par le prisonnier était difficile à entendre. Koah en avait des crampes à l’estomac rien de d’imaginer tout ce qu’il avait du subir. Le jeune homme comprenait mieux maintenant pourquoi l’exil était considéré comme une petite mort aux yeux des lydéens. En dehors de Lydée, la vie était dure et cruelle, ce prisonnier en était l’incarnation parfaite. Sa manie de ne pas céder à la torture agaça rapidement Gürkan et Dame Myriam. Cette dernière se releva brusquement, tournant en rond comme pour essayer de calmer ses nerfs. Si Oderne donnait l’apparence d’être une cité calme et sans histoire, elle n’en était pas moins barbare à ses heures… surtout lorsque la sécurité de la Fourmilière était en jeu.

▬ Nous verrons bien si écorché vif, tu gardes encore pour toi tous tes secrets !

La voix de la matriarche claqua fort contre les murs de la grotte, faisant s’éteindre quelques vers luisants.

▬ Tu es peut-être entré dans ma noble cité, mais tu n’en sortiras jamais ! Tu ne reverras jamais le soleil.

▬ Quel est ce pacte passé avec le Professeur ?

Du pommeau de son épée, Gürkan tapa plusieurs fois le visage du prisonnier, lui brisant le nez. Il tenta à son tour de le faire parler mais il n’obtint rien de l’assassin. Malgré les coups, ce dernier restait impassible, racontant encore et encore son passé douloureux et ses nombreuses tortures. Le temps sembla s’éteindre. Avian continuait ses incantations sous les regards de Danaé et de Sarga, alors que Gürkan répétait pour la centième fois au moins ses nombreuses questions à son prisonnier.

▬ Nous n’obtiendrons rien de lui Gürkan, dit sinistrement Lycos. Il faudra le céder aux Hankiens. Ils savent faire parler n’importe qui.

Résigné, le guerrier métissé donna un dernier coup de botte dans le visage du prisonnier, puis il s’éloigna pour calmer ses nerfs. Il voulu rejoindre Koah mais se dernier lui lança un regard si haineux qu’il n’osa même pas lui passer devant. Attristé, le glaneur ne pu s’empêcher de prendre en pitié le prisonnier. Il avait cette étrange façon de toujours le fixer lui, comme s’il s’attendait à ce qu’il agisse. Devant le sang qui maculait son visage, Koah ne pu réprimer son élan altruiste. Il se leva, fouilla dans les baumes et autres fioles qu’avait apporter tout à l’heure Molly, puis il rejoignit le prisonnier. Avant qu’il ne puisse s’agenouiller devant lui, Lycos s’interposa, les sourcils froncés. Le guerrier chuchota :

▬ Koah, c’est un prisonnier.

▬ Et je suis un guérisseur. Lycos, je ne vais pas rester là sans rien faire alors qu’un malheureux se vide de son sang.

▬ Ce malheureux est un assassin qui œuvre pour le dieu qui retient Andrew.

Koah sembla souffrir de la remarque.

▬ Raison de plus pour qu’il reste en vie, si vous voulez obtenir ses aveux.

Lycos échangea un regard avec Gürkan et ce dernier lui répondit d’un geste las de la main de laisser Koah passer. Il savait que lorsque le glaneur avait une idée en tête, rien ni personne ne pourrait la lui enlever. Doucement, le glaneur s’agenouilla devant l’assassin et il lui souleva le visage. Délicatement et dans un silence parfait, Koah entreprit de panser les blessures du malheureux. Son regard ne quittait pas des yeux les prunelles bleues de l’assassin des Brumes. A quelques pas, Lycos veillait à la sécurité de son ami.

▬ Je m’appelle Koah, murmura finalement le glaneur en épongeant le sang qui coulait du nez brisé de l’assassin. Mais j’imagine que tu devais le savoir puisque c’est certainement moi que tu es venu tué. Qui cela pourrait-il être d’autre ? Je ne suis ni un guerrier. Ni même ton bourreau. Je veux juste savoir une chose : en quoi consiste le pacte que tu as passé avec le Professeur ? Tu œuvres pour quel dieu ? Je veux juste savoir quelle divinité me craint à ce point.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Jeu 6 Aoû - 20:50

Sur la longue allée de pierre qui enjambaient la lave, Andrew avançait. Les syrfs ne grognèrent pas. Ils ne cherchèrent même pas à l'atteindre. Au contraire même, ils s'écartèrent brusquement. Certains, dans un dernier élan d'espoir se précipitèrent dans la lave, comme si le fait de brûler vivant était moins effraynt que de sauter sur l'Élu. Vêtu de haillons grisâtres, couverts de boue et de sang, le chef de Lydée n'en menait pas large. Il avait des cernes très prononcées sous ses yeux qui avaient perdu grandement de leur éclat. On aurait dit qu'il avait beaucoup vieilli. Mais son pas, son assurance semblait le porter et le garder vivant. Il était déterminé, tellement bien qu'il ne grimaça pas lorsque son orteil heurta une petite pierre qui dépassait du parterra gris et sec. Andrew banda son arc et visa. Il avait Kobol juste en face de lui. Ses mains tremblèrent lorsqu'il lutta contre la voix dans sa tête... Toujours la même...

"Tue-le !!! Tire !"

La flèche partit mais rata largement sa cible, percutant un syrf innocent, si tant est que ses créatures le soit, en plein coeur. La bête bascula dans le vide et se fondit dans la lave en fusion. Andrew baissa son arme et essuya le sang qui s'égouttait de son nez. La migraine revenait...

- Tu m'ennuies, humain... je pourrais me débaresser de toi de façon aussi rapide qu'intéressante. En te faisant égorger par mes fidèles... par exemple.

Les syrfs montrèrent les dents et s'avancèrent. Visiblement l'odeur du sang les attirait comme un cadavre. Andrew recula d'un pas. Son esprit était confus mais la voix ne lâchait pas, elle hurla dans son esprit :

"TUE-LE !"

- Andrew ?

Le sang du lydéen se glaça. Son coeur manqua plusieurs battements lorsqu'il entendit cette voix... il la connaissait... c'était...

- Lau... Laureen ?

- Andrew aide moi, il me retient prisonnière depuis tant de temps... mon âme il a pris mon âme !

- Laureen ? Tu veux parler de ta catin humaine ? Elle est morte... souviens-toi...

Kobol ne semblait pas avoir entendu le voix de la jeune femme qui continua de supplier. Andrew vit alors un halo, avec un visage blond se tenir près du Dieu. Le chef de Lydée baissa son arme :

- Pitié, laisse-la partir...

Kobol haussa son sourcil rugueux, stoïque. Les syrfs continuaient d'appocher à mesure que le sang s'écoulait. La voix résonna, de plus en plus forte, dans l'esprit de Kant :

"Délivre-la ! Je peux te la rendre ! Mais il faut lever la malédiction... TUE-LE !!!"

- Elle est partie depuis longtemps !

- Pitié...

Le nuage noir s'épaissit. Andrew laissa échapper un hurlement de douleur et tomba à genou sur le sol. Les syrfs se ravisèrent lorsqu'une aura noire l'entoura. Le sang cessa de s'écouler et Andrew se releva. Ses yeux étaient révulsés et blancs. Il tira une flèche de son carquois, banda son arc et regarda le Dieu du Chaos. Il souriait...

"Vois comme il est heureux que Laureen soit prisonnière de sa volonté... il veut te faire pareil, à toi et à Logan... c'est ton pouvoir qu'il veut !"

"Il n'en pas besoin..."

"Tue-le !!"

"Je ne..."

"OBÉIS !!! TUE CETTE ORDURE !!!"

Il lâcha la corde. La flèche se planta aux pieds de Kobol sans l'atteindre. Andrew retomba sur le sol, les maines tâchées de sang. Le Dieu ricana. La voix de Laureen raisonna à nouveau :

- Andrew... aide-moi...

Se resaissant, il se mit à nouveau sur pied et eut juste le temps de parer le poignard qui lui arrivait droit dessus. L'un des syrfs semblait avoir jeté le projectile sur lui. Dans un élan de colère, Andrew le renvoya. Le poignard percuta une roche et dévia de trajectoire.

- NON !!!

Il allait vers Laureen.

"Tue-le, maintenant !!! C'est la seule solution !"

Il y eut un sifflement, à l'instant où Laureen fut touchée par le poignard, la flèche d'Andrew transperça le front d'un Kobol qui ricanait encore. Le coup avait été si précis et si puissant que la flèche était entrée pesque totalement. Le Dieu du Chaos mourut alors dans un dernier sourire.

- Laureen !!

"Elle va bien... pour l'instant... Tu t'es montré désobéissant... je ne sais pas si je vais la sauver..."

- Pitié...

"Soit, tu as malgré tout accompli ta mission. Il reste d'autres ennemis à détruire. Monte sur le trône !"

Andrew s'exécuta, il laissa choir le cadavre de Kobol sur le côté et s'assit sur le trône. Les syrfs s'allongèrent alors tout autour en signe de soumission. Un lueur malveillante passa dans les yeux bleus d'Andrew. La main de Laureen se posa sur son épaule. Il sursauta mais avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit, elle l'embrassa avec passion. S'asseyant sur ses genoux, elle poursuivit son entreprise. Tandis qu'il s'adonnaient à des ébats torrides, le nuage noir disparut, et le volcan s'endormit, paisiblement.

***


L'assassin murmura, d'un ton uniquement audible par Koah ce qui agaça Lycos. Le lydéen fronça les sourcils et tendit l'oreille, en vain, il n'entendait rien d'autre qu'un chuchotement léger :

- Vous avez l'âme perspicace, Vague... et l'esprit très acéré. Comme les lames avec lesquelles je combats. Mais quelqu'en soit vos conclusions, cessez de me soigner et tuez-moi... c'est ainsi qu'il doit être.

Voyant que Koah poursuivait, il ajouta :

- Si je survis, je devrais vous tuer... comme le Pacte le veut. J'ai échoué, il était difficile qu'il en soit autrement. Abattre une Vague est ardu et difficile, surtout lorsqu'elle possède de tels pouvoirs. Comme je m'en doutais, j'ai échoué, malgré toutes les précautions que j'ai pu prendre...

Il jeta un oeil à Gürkan puis plantant ses yeux glacés dans ceux du guérisseur :

- Il m'avait vu... et dès cet instant, j'ai su que c'était terminé. C'est un bon guerrier, mais il a peu de valeur, contrairement à vous. Son meurtre ne m'aurait probablement rien rapporté, c'était un dommage collatéral. Si je vis il y en aura d'autres, jusqu'à ce que vous mourriez... vous. Je suis lié par le Pacte.

Sarga approcha discrètement et Lycos le laissa passer non sans le dévisager. Le Dieu s'accroupit près de Koah et de l'assassin. Il dit à voix basse :

- Le Pacte peut-être rompu... vous le savez...

Pour la première fois, l'assassin frémit. Un très bref spectre de peur se lut dans ses yeux. Sarga continua, en s'excusant auprès de Koah :

- Navré, dans mon aide aux voyageurs, mon ouïe s'est grandement affinée... votre Pacte peut être rompu. Il suffit que Koah le veuille.

Silencieux, l'assassin baissa les yeux. Il semblait s'être résolu au silence absolu. Le Dieu des Voyageurs sans perdre sa patience légendaire expliqua :

- Le Pacte est un serment fait à une puissance supérieure. Il s'agit en réalité d'un contrat sur la tête de quelqu'un. Mais il obéit à des principes voulus par Cheera elle-même. Si la victime de l'assassin le démasque, elle peut lui laisser la vie sauve et renvoyer l'assassin à son Maitre, avec la mission qui lui incombe. En clair, cela veut dire que vous pouvez retourner le pacte contre son auteur.

- Je ne pourrais pas abattre un Immortel... les rares à avoir été obligé de le faire n'ont pas pu les atteindre, malgré les changements d'enveloppes charnelles...

Sarga donna quelques explications :

- Certains Dieux avaient connaissance du Pacte tourné contre eux et en des temps lointains, Kor et Torsha n'hésitaient pas à en abuser. Immortels, il s'incarnaient dans des corps d'enfants, généralement ceux que leurs assassins étaient sensés abattre. Ces derniers les tuaient, croyant s'en prendre au Dieu ou son incarnation. D'où les légendes...

L'assassin lui adressa un regard noir et lâcha, redevenant impassible :

- Faites comme il vous plaira.

Sarga dévisagea l'homme puis ajouta, à l'attention de Koah :

- Le Pacte veut que si l'assassin est capturé et soumis à sa cible, sans possibilité de la tuer, il doit mourir. S'il ne parvient pas à se tuer lui-même, il doit l'être par sa cible. Il va falloir faire un choix, aucun n'apaisera ton âme... il y en a un plus juste que l'autre...

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Jeu 6 Aoû - 22:36

Tout en continuant de panser les plaies du prisonnier, Koah écoutait attentivement ce qu’il se disait. Il ne s’était pas trompé. C’était bien lui la cible de l’assassin envoyé par le Professeur. Les choix offert par Sarga ne plaisaient pas au glaneur. Le jeune homme ne voulait pas envoyer cet assassin affronter un dieu. C’était le tuer à coup sûr, et des morts, il y en avait déjà eut beaucoup trop. Durant de longues secondes, Koah réfléchit. Son regard observa attentivement le visage boursouflé de l’assassin des Brumes puis finalement, il dit d’un ton très calme :

▬ Très bien. Je te laisserais me tuer et ainsi achever ta mission.

Sarga s’offusqua mais Koah enchaîna aussitôt, ne lui laissant pas l’occasion d’émettre son objection :

▬ Mais avant, passe un pacte avec moi. Je suis une puissance supérieure n’est-ce pas ? Je suis la Vague. Mon pouvoir est grand. Si grand que je fais même peur aux dieux. Si tu me conduis au Professeur, si tu me conduis à celui qui détient le chef Kant prisonnier, j’accepte de te laisser me tuer. Sans condition. Sans me défendre.

Koah n’avait aucune idée de l’endroit où se trouvait Andrew. Il espérait que le Pacte qu’il nouerait avec cet assassin le conduise jusqu’à celui qu’il aimait. Le prisonnier était lié à une promesse, il devait sans doute savoir d’instinct où retrouver son commanditaire. De toute façon, il était grand temps d'agir et d'arrêter de sans cesse subir les coups du sort. D’un ton ferme et qui ne laissait place à aucune équivoque, le jeune lydéen ajouta :

▬ Dans le cas contraire, je m’arrangerais pour que tu vives l’éternité des temps avec la honte de ne pas avoir accomplit dignement ta mission. Je m’arrangerais pour que ton âme souffre encore et encore, et cela de vie en vie, et ce jusqu’à ce qu’explose la Roue Karmique ! Et crois-moi, cela n'arrivera pas de si tôt !

Dans les yeux de Koah, un feu ardent brûlait. Une espèce d’aura l’entoura et durant quelques instants, la magie crépita tout autour de lui. D’un élan sec et à l’aide d’un petit poignard utilisé généralement pour émincer les herbes médicinales, il trancha les liens qui maintenaient prisonnier l’assassin. Gürkan bondit aussitôt dans un cri indigné, ainsi que Lycos. D'un geste instinctif de la main, Koah repoussa Gürkan en arrière, ainsi que Lycos. Les deux guerriers avaient été bousculés par une force invisible provenant du glaneur. Celles-ci les empêchait d'approcher. Chaque fois qu'ils tentaient un mouvement, la force semblait les pousser de plus en plus.

▬ Alors ? Marché conclu ? Conduit moi au Professeur et tu pourras prendre ma vie.

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Ven 7 Aoû - 1:40

L'assassin se releva et regarda le poignard de Koah puis son propriétaire. Il paraissait hésitant. Et en réalité un pur dilemne se jouait dans sa tête. S'il acceptait le pcte de la Vague, le Dieu deviendrait son ennemi... et à choisir entre un Mortel et un Immortel, il avait tôt fait de sélectionner son camp. Pourtant le pouvoir de cet homme l'impressionnait. Il était fragile d'apparence. Depuis le temps qu'il avait lu dans le coeur des hommes qu'il assassinait, il savait y sentir la peur, la malhonnêté ou la faiblesse. Il n'y avait pas que ça. Des rumeurs circulaient...

- Est-il vrai que la Porteuse de Pélös a donné le Don à un individu ? Des rumeurs racontent dans les couloirs de cette ville qu'il aurait le pouvoir de tuer les Immortels... est-ce vrai ou s'agit-il de fables ?

Et avant que le glâneur n'agisse, il saisit le couteau d'entre ses mains, lui foulant le poignet dans une vive douleur. Il plaqua l'arme sur la gorge de sa cible, entaillant légèrement la peau ce qui fait suinter quelques gouttes de sang. Un seul geste et sa mission était accomplie, peu lui importait de mourir alors. Mais il n'en fit rien... Sarga qui n'avait pas bougé lui répondit :

- Non, c'est la vérité... il peut tuer n'importe quel Dieu, Cheera lui a fait don de son pouvoir. C'est lui Andrew Kant, il a besoin que nous le retrouvions... Et nous savons que le Dieu incarné en Professeur est à l'origine de bien des malveillances.

L'assassin appuya un peu plus son couteau lorsque Lycos et Gürkan s'approchèrent. Il sembla longuement réfléchir. Il relâcha Koah brusquement la pointe du couteau brandie vers lui. Un simple mouvement du bras et la lame lui transpèrcerait les côtes et le coeur. Il planta ses yeux bleus dans les siens et dit avec froideur :

- Si le Dieu meurt, une fois que le Béni de Cheera l'aura tué, le Pacte n'aura plus effet... si vous voulez sauver votre vie. Je suis l'obligé du Professeur, ne l'oubliez pas.

Avec une agilité surprenante et quasiment invisible, il tourna le couteau dans sa main, le tenant par la lame pour le rendre à son propriétaire. De sa main blessée il essuya le sang qu'il avait sur son visage et dit, avec importance :

- Je suis également votre obligé jusqu'à ce que nous les retrouvions. Après... je vous ôterais la vie si j'y suis encore contraint.

- Koah, j'ai besoin de ton aide...

Avian lança un regard interrogateur à l'assassin, qu'il voyait tout cabossé sans comprendre vraiment pourquoi. L'assassin posa sa main blessé sur le cou du jeune Lang et il chuchota des paroles inconnues. Un fluide bleu foncé les lia un instant puis il se détacha. Le Pacte venait d'être signé, au tribut de leur sang, comme la coutume le voulait. Avian poursuivit, en examinant autour de lui :

- Tout me semble bon. Le monde ne nous entend plus...

- Parfait... nous allons pouvoir commencer...

L'obscurité tomba. Les vers luisant s'éteignirent, par petit groupes. Une aura sombre se dessina, Tulan en sortit. Mais il n'était pas visible. On distinguait simplement ses contours. Avian se rapprocha de Koah et dit avec une certaine fatigue dans la voix :

- Il va falloir que tu m'aides... souviens-toi de la canalisation de ton esprit, j'aurais besoin de ta force pour finir le rituel...

- Mortels, le Secret est déplaisant à entendre. Il vous fera plus de mal que de bien, mais il n'est plus en sécurité il lui faut des gardiens, dont un qui vive à travers l'Univers et les Mondes, la Vague. Noble part de l'Omkara, n'oublie jamais ce que tu vas apprendre. Garde-le au plus profond de toi, en toute heure et en tout lieu. Les autres, votre combat commence dorénavant. Puissiez-vous vaincre, au delà de vos différences les forces de la destruction qui vous entourent. Avian ?

Le jeune homme ferma les yeux et se concentra. Il se servit de l'énergie de Koah avant de prononcer quelques mots incompréhensibles. Un champ de force commença à se créer, le sol trembla, et une vive douleur vint heurter les mortels à la tête. Un explosion de lumière blanche très vive apparut alors, les noyant dans une masse laiteuse. Leurs pieds avaient quitté le sol, ils flottaient dans cet espace de cocon où l'air manquait. Tulan, Danaé et Sarga étaient trois filaments, respectivement gris, bleu clair et orangé. Avian, donc le filament était vert pâle; murmura, fatigué :

- Tout le monde va bien ?

Il régnait une atmosphère très lourde, désagréable. Koah était le seul à ne rien ressentir de tout cela. En réalité, il colportait avec lui une sensation d'apaisement. Pendant qu'Avian attendait des réponses, Tulan se contenta d'attendre.

- Il semble que cela n'ait pas fonctionné pour les autres... Koah je vais à nouveau avoir besoin de toi... mais il faudra m'aider plus amplement...

Le glâneur avait un filament blanc, aux contours d'or. Il était vivible malgré sa couleur. Comme si sa présence était immanquable.

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Ven 7 Aoû - 3:41

Tel des pantins désarticulés, les neufs corps étaient suspendu dans les airs, la tête basse et les bras le long du corps. Ils formaient un cercle au dessus duquel se tenait la gigantesque sphère blanchâtre. De certains corps, des filaments de couleurs différents les uns des autres s’étendaient comme des lassos vers la lueur, s’entrelaçant entre eux. Suite aux ordres d’Avian, Koah se concentra. Il ne savait pas par quel miracle, mais il savait exactement ce qu’il devait faire. Son filament blanc et or se mit à briller plus fort que les autres, et lorsque son esprit songea à Dame Myriam, de la tête de celle-ci s’étira un filament de couleur violet. Il rejoignit aussitôt les autres.

Un à un, Koah sépara les corps des âmes. Il accueillit d’abord Lycos dont la lueur de l’âme était vermillon et vibrait doucement, puis la lumière brune de Kodo. Ce fut ensuite au tour de l’assassin dont le filament était d’un gris terne, très sombre. Lorsque celui-ci frôla l’âme de Koah, il s’éclaircit quelques secondes, comme si le glaneur avait le pouvoir de rendre les choses moins obscures.

▬ Essaie de mettre ta rancœur de côté, Koah. Gürkan doit venir, dit doucement Danaé face à l’indécision du glaneur.

Après un temps qui ressembla à une éternité, le glaneur se décida enfin. Il ne fallu qu’une seule pensée pour que du corps inconscient de Gürkan, s’échappe un long filament d’un rouge écarlate. Celui-ci fonça majestueusement jusqu'à la sphère.

▬ Où sommes nous ? demanda Dame Myriam.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Ven 7 Aoû - 15:51

- Nous nous trouvons dans le Vestibule de Ténolas. C'est précisément ici que se situe ce que vous appelez la Malédiction. En effet, toute personne pénétrant en ces lieux sans y avoir été invité y perd son âme.

Le filament de Tulan émit une petite lueur brune.

- Ne touchez à rien, voyez uniquement avec vos âmes.

Il y eut une explosion de lumière lorsque le filament de Tulan s'assombrit. Tout autour le décor changea, le blanc laiteux tournoya tout autour devenant un mélange de couleur disparates. Puis, le filament furent violemment tiré vers le bas. Les humains eurent un haut-le coeur violent, qu'ils ressentirent au plus profond de leur essence. Il aterrirent lourdement sur le sol de marbre blanc, brillant au soleil. Ils avaient retrouvé leur corps, en tout cas l'apparence, puisqu'ils n'étaient que des nuages éthérés.

Pour la première fois, Tulan leur apparut sous sa vraie forme. Il était grand et portait une longue tunique. Son visage était rocailleux, clairsemeé de petites ridules. Son nez aplati et ses yeux jaunes lui ôtaient son dernier air humain. Il avança posément, se plaçant sur un promontoire où un autel noir se trouvait. Il posa sa main sur le sceau, Avian en fit de même. Un dernier spectre se présenta alors. Une aura de couleur sang flambait autour de lui. Il avait un rayonnement malsain, une fureur gigantesque qui émanait tout autour. Kirion n'adressa aucun regard à personne. Sa main cadavérique se posa sur le sceau, couvrant celle d'Avian. Un bruit net se fit entendre et l'autel s'ouvrit en deux. Une sphère blanche en sortit. Elle éblouissait presqu'autant que le soleil. Tulan la prit précautionneusement entre ses deux mains et tandis qu'Avian et Kirion posèrent un doigt dessus, le Discret invita les autres à s'approcher et à faire de même. D'abord hésitants, il s'exécutèrent. Lorsque Kodo posa sa patte velue sur la sphère, leurs âmes sortirent avec violence de leurs corps et ils furent propulsés dans les airs.

Ils surplombaient le Monde des Exilès, il leur suffisait de fixer un endroit, tout petit pour en déceler chaque détail. C'est ainsi qu'il purent voir l'armée de Thorin, solidement armée, prêt à batailler. Un peu plus au Nord des Mages aux tuniques rouge foncé examinait la petit vallée en contrebas. De derrières les rocailles, en direction d'Yrilia, un sombre nuage argenté se profilait... des morts, sans aucun doute. Avian regarda Kirion mais ce dernier avait disparu. Ils entendirent des hurlements humains, résonner lorsque le nuage argenté zébra le ciel de puissants éclairs. Mais quelque chose n'allait pas. Sur le Mont de Kobol il était impossible d'avoir des vues. Une ombre épaisse, malfaisante masquait la vue. Tulan invita les âmes à garder un contact avec la sphère puis comme dans un vortex les images défilèrent. Trop rapides pour être visibles, elles donnaient l'impression que de profondes nausées les habitaient. Brusquement tout cessa, une boule de flammes jaillit et traversa Gürkan et Lycos sans les atteindre.

Ténolas était en guerre. Devant les bâtiments cabossés et encore fumants, des guerriers se battait et s'égorgaient dans d'affreux borborygmes. Un enfant se trouvait au milieu. Une épée s'arrêta juste à son niveau avant de retourner se planter dans le coeur de son propriétaire. Un Kirion jeune, au crâne nu et aux rides moins prononcées se saisit de l'enfant qu'il venait de sauver. Avec l'aide de la magie, il le transporta dans une tour, à l'abri des combats. Puis il s'engagea dans la bataille. Une nuée d'assassin tombèrent des murs sur les horribles monstres déchiquetant les guerriers. Ils se comptaient par millier. Des bêtes répugnates, dont l'odeur retournait l'estomac. Dressé sur deux pattes, au corps cuirassé et lourd, elles mesuraient plus de quatre mètres. Leurs gueules étaient peuplé de dents tranchantes comme des rasoirs. Et elles n'avaient par d'yeux...

Beaucoup d'assassins se firent démembrer. Une hâche énorme traversa Koah et s'encastra dans le crâne d'un Rongmol sombre. Craquements sinistres, gargouillis écoeurants, sous les yeux des âmes spectatrices se déroulait un spectacle affligeant de barbarie. Okan apparu parmi les assassins présents sur les murs, il décochait des flèches avec une rapidité surprenante. Aucune ne ratait les cibles. Les lourdes portes de bois se fracassèrent dans un nuages de poussière. Pélös, sur une monture d'un blanc brillant entra dans le combat, des guerriers solidement armés avec lui. Un des murs sur le côté est s'écroula, laissant rentrer des ombres indistinctes... les tulaks. Les monstres se replièrent dans le bâtiment et barricadèrent les portes. Tandis que la sombre lueur du crépuscule venait s'abbatre sur ce cimétière, les formes extérieures ne parvinrent pas à pénétrer dans la forteresse.

Cheera apparut alors, près d'une masse tremblante. La Mère était vêtue d'un blanc immaculé, elle posa sa main sur l'épaule du guerrier. Le voix de Kirion résonna :

- Il l'a tuée...

- Elle repose en paix, Kirion...

- Pas moi.

Il se leva, essuya une larme puis de la colère envoya une énorme boule de feu sur la base de la tour, visiblement déchaîné. Le tour vacilla. Les forces en présence évacuèrent la cour prenant leurs jambes à leurs cous. Cheera n'avait pas lâché Kirion. Fou de rage, ce dernier avait une aura sombre tut autour de lui. Un bruit sourd retentit lorsque les mnstres à l'intérieur cognèrent contre les portes pour sortir. Ils étaient enfermés. Le visage durci et impitoyable, Kirion pencha la tour, aggravant l'incendie qui se propagea à travers la pierre. Des hurlements de souffrance déchirèrent le crépuscule. Lorsque le grand bâtiment ne fut qu'une torche, Kirion la laissa se fracasser contre le mur ouest.

Le silence tomba. Seul le crépitement des flammes était audible. Pélös, Tulan, Okan et Cheera approchèrent, tandis que Kobol fit son apparition.

- Tout cela est trop dévastateur pour que nous le laissions à vue. Il faut le cacher.

- Je peux m'en charger, Pélös.

- Oui, mais il faut un sceau inviolable.

- Ce sera sans moi... je ne veux plus prendre part à ce genre de massacres.

Okan se retira, Davik le suivit, il n'avait parlé à personne, il semblait même déçu que les combats soient terminés. Cheera prit alors la parole en dévisageant Kobol :

- Il nous revient à tous les deux de faire nos choix, Kobol. Le machavélisme de Kor n'a que trop duré, il doit régresser.

- Je refuse.

- Alors, rends-moi son âme !

Kirion désigna le cadavre d'un jeune femme, à la chevelure aubrun soyeuse. Une lance était planté dans sa poitirine. Kobol fit un sourire mauvais et lâcha :

- Jamais... je ne la laisserais jamais revenir.

Cheera soupira et dit, impérieuse :

- Puisqu'il en est ainsi, Kirion, je te fais l'offrande d'une demande. Quelle qu'elle soit, je m'engage à la réaliser. Mais je peux le ramener à la vie, seule, je le crains.

Kirion regarda Kobol avec une froideur et une amertume non dissimulées. Après avoir réfléchi, il répondit, glacial :

- Soit. Je quitte ce Panthéon. Je veux les terres par delà les Rocailles, où je serais seul maître, seul entité immortelle à pouvoir y agir. Je n'ai plus rien à faire parmi vous. Ces terres et la totalité des corps physiques y résidant seront sous ma volonté.

- Hors de question !

- Silence ! C'est ma requête, tu dois tenir ta parole, Cheera.

- Oui... il est dommage que nos routes se séparent. Mais il en sera ainsi.

Elle stoppa la protestation de Kobol d'un geste et poursuivit :

- Nous devons garder ce Secret enfoui à jamais. Kor ne pourra y avoir accès que si nous lui en donnons les pouvoirs. Chacun d'entre nous doit servir de Gardien.

Une sphère blanche, éclatante apparut sous la main de Cheera, Tulan et Pélös y posèrent leurs mains, puis ce fut au tour de Kobol et de Kirion. Cheera prononça des mots en sula qui furent traduits par Tulan, à l'attention des âmes autour :

- Jurons de protéger le Secret du Crépuscule. Aucune terre de ce monde ne pourra souffrir sous le joug du Pouvoir Primitif, fruit de la puissance des sacrifices de toutes les communautés d'Éxilés. Aucun être humain, ni aucun Dieu ne pourra prétendre seul au Pouvoir Primitif. Ce Pouvoir ne peut être utilisé que contre des envahisseurs, extérieurs à ce Monde. Pour l'obtenir, les Sulas devront s'unir et effacer les frontières. Jurons de protéger ce Secret au péril de notre immortalité.

Tour à tour, chacun des Dieux prononça la phrase "J'en fais le serment". A chaque fois, une brillance apparaissait tout autour de la sphère. Lorsque Tulan prononça le dernier la phrase, la sphère s'éleva dans les airs. Le Discret la prit entre ses mains et disparut. Kirion se retira à son tour, le cadavre de sa bien-aimée entre les bras. Kobol en fit de même, sans dire le moindre mot. Il restait Pélös et Cheera.

- Mère, nous nous condamnons peut-être en enfermant le Secret dans les vestiges du passé.

- Je le sais, mais le massacre de ce soir, est celui de trop. Rien n'arrêtera la folie de Kor. Et il est pire que Thorin...

- Certes, qu'en est-il des communautés ? Kirion devient donc indépendant... cela n'est peut-être pas sage...

- Kirion ne sera jamais notre ennemi. Mais il vengera ses pertes... de façon probablement abominable. Je frémis pour ses cibles. Les communautés doivent se séparer et quitter Ténolas. Partir pour ne plus revenir... trop se sang a coulé entre ces murs.

- Mère, croyez-vous en l'Union des Sulas ?

- Je crois en le coeur des créatures que j'ai créées, Pélös. Monstres, humains ou hybrides, que leurs coeurs soient fait de feuille ou d'acier, que leurs âmes soient claires ou sombres, empreintes de crimes... ou d'actes mauvais, les communautés s'uniront. Elles le feront pour lutter ensemble.

- De toute façon, nous serons toujours là pour y veiller.

- Peut-être, Pélös... peut-être... seul le Temps Musterion pourra le voir. Mais n'oublie pas que des sacrifices seront nécessaires...

- De quel genre ?

- Du genre qui s'impose, Pélös. Tu comprendras en temps voulu ce que signifient ses paroles. Prends soin de tes âmes, mon fils.

Et la Mère disparut. Le champ de bataille sombra dans le néant. Tulan avait terminé d'enfermer la sphère dans un autel noir. Les deux dieux se dissipèrent dans le néant. La nuit était tombée et dans le cimetière, aucun bruit ne venait troubler le repos des âmes.

Les filaments furent ramenés dans leur enveloppe charnelle éthérée. Tulan brisa la sphère expédiant le Secret dans le néant. Avec violence, chaque filament fut expulsé vers son corps physique, sans aucun forme de ménagement... Le retour à la réalité allait être très dur.

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Ven 7 Aoû - 19:25

Dans un même élan, les braseros retrouvèrent leurs flammes et les vers luisants constellèrent à nouveau le plafond de la grotte. Petit à petit, les corps se mirent à bouger. Sarga fut le premier à se relever, puis ce fut au tour de Danaé qui aida Dame Myriam à se dépêtrer avec son sari. Lycos s’assit sur le rebord du bassin en se tenant le crâne entre les mains alors que Kodo semblait dormir. Malgré les secousses de Gürkan, le Qwel ne bougeait pas. Il ronflait et cela fit sourire Danaé.

Péniblement, Koah se remit debout en vacillant. Il avait le souffle court et malgré tous ses efforts, il n’arrivait pas à calmer les battements de son cœur. L’énergie qu’Avian lui avait forcé à brûler afin de séparer les âmes des corps l’avait affaiblit au point de le faire tourner légèrement de l’œil. De justesse, il se rattrapa à l’assassin qui le conduisit près du rebord de la source pour s’y asseoir. Le glaneur n’était pas habituer à brûler autant d’énergie d’un coup. Son corps le rappela à l’ordre.

Soutenue par Sarga et Danaé, Dame Myriam rompit le silence.

▬ Je n’arrive pas à y croire. Avons-nous bien vu ce que nous avons vu ? Etions nous réellement un peuple uni avant cette bataille ?

Sarga inclina la tête, mais ce fut Danaé qui prit la parole.

▬ Oui, vous étiez unis comme un seul et unique peuple. Les descendants des derniers survivant de Salador. Vous vous éleviez. Vous deveniez un grand peuple capable de grandes choses. Suite à cette guerre contre Kor, votre Nation s’est dissoute. Chaque dieux gardiens du Secret récupéra une partie de vos âmes et ils fondèrent leur propre communauté. Pëlos créa Lydée, Kobol la cité des Trayaregs, Kirion colonisa les terres d’Yrilia, Tulan se terra à Oderne et Cheera fonda Hanka.

Koah se raidit en même temps que Gürkan et Lycos grimacèrent.

▬ Hanka ? Non ! La Créatrice a créée Lydée avec son fils Pëlos ! Elle n’est en rien responsable d’Hanka !

Navré, Sarga secoua la tête.

▬ C’est la vérité, Koah. Cheera a fondée Hanka sur les flots.

▬ Mais Hanka appartient à Sedna ! s’entêta le jeune homme qui sentait sa migraine lui tirailler les tempes.

Danaé reprit la parole :

▬ Maintenant oui, mais cela n’a pas toujours été le cas. Cheera a offert à sa sœur la cité d’Hanka pour calmer sa jalousie. Vous n’êtes pas sans savoir que les caprices de Sedna sont légendaires. Par amour pour sa sœur, Cheera accepta de lui offrir Hanka et depuis ce jour, la cité des eaux est sous le joug de la déesse de l’Océan.

L’indignation était générale. Même Dame Myriam ne pouvait cacher son désappointement.

▬ Cheera est celle qui a sauvé toutes les âmes de la folie de Thorin. Elle est la mère de tous les peuples de ce monde, insista Danaé. Elle a foi en toutes les créatures qui peuple ces terres. (Elle s’adressa au glaneur.) Les rongmols t’obéissent ! Quel meilleur leader que toi pourrait-il avoir pour les guider vers des sentiers moins obscurs ? C’est difficile à croire, mais Cheera était persuadée que d’une façon ou d’une autre, vous reformeriez le grand peuple que vous étiez jadis. Elle est votre mère à tous et ce peu importe vos communautés.

Gürkan récupéra son épée et il la rangea dans son fourreau.

▬ Et les autres villages ? D’où viennent-ils ?

▬ Ils sont le fruit de discordes. Certains ont préférés quitter les communautés pour vivre librement.

Le guerrier opina.

▬ Très bien. Mais qu’est-ce que cela nous apporte de savoir qu’autre fois, nous étions unis ?

Koah s’adressa à Avian.

▬ C’est le Pouvoir Primitif... C'est ce que cherche a récupérer Kor ? De quoi s'agit-il ?

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Ven 7 Aoû - 23:47

Avian était épuisé. Tulan avait disparu et même avec l'énergie de Koah, le rituel l'avait à moitié terassé. Il était pâle, tremblant, des gouttes de sueurs coulaient le long de son front. Assis par terre, le dos contre un rocher, il laissa quelque secondes passer avant de répondre. Sa voix, malgré l'épuisement qu'il laissait paraître était la même :

- Le Pouvoir Primitif est l'Union des Sulas. Comme jadis à Ténolas, il permettra aux âmes de ce Monde de vaincre. Il constitue l'essence de l'union, son véritable coeur. Une fois que le Pouvoir Primitif, celui de la survie sera entre les mains des communautés, nous aurons la possibilité de l'utiliser pour détruire les armées de Thorin.

Il y eut un court silence, lorsqu'il reprit sa respiration.

- Néanmoins, le Pouvoir Primitif nécessitera des sacrifices...

- De quel ordre ?

- Cheera ne l'a jamais précisé, elle est restée très vague à ce sujet. Mais on peut supposer que les Dieux morts l'avaient compris... Elle a donné son immortalité pour bénir Andrew de son pouvoir. Pélös s'est sacrifié... Et Kobol...

- Quel était ce nuage au dessus du Mont Kobol ?

Lycos et Gürkan braquèrent un regard d'acier vers l'assassin qui ne se départit pas. Il leur retourna des yeux froids. Visiblement, l'idée qu'il ne soit pas vraiment affecté et qu'il aille bien indisposait énormément les deux guerriers lydéens. Avian lui jeta un cou d'oeil et lâcha :

- Il me semblait que c'était évident. Kobol a été tué... nul ne peut se masquer au Secret à part Cheera... Et nous savons tous qu'elle est morte. Donc, la seule personne capable de se voiler, est la seule qui possède le pouvoir de la Créatrice... Andrew.

- Qui est-il, cet Andrew ?

Myriam se tourna brusquement et dit sèchement, rigide comme le marbre :

- Andrew Kant ! Le chef de Lydée et l'Élu !!!

Il y eut un blanc, pour la première fois, quelque chose sembla gêner l'assassin et le laisser visiblement songeur. Il essuya machinalement son nez, laissant Avian poursuivre :

- Si Kor le manipule, Andrew restera probablement au Mont Kobol... et il y invoquera probablement des choses bien horribles sous son contrôle... nous n'avons pas le choix, il va falloir aller le chercher.

- Ce qui veut dire... qu'il ne nous est plus utile...

Myriam, Gürkan et Lycos posèrent leurs regards sur l'assassin des Brumes. Ils ne cachaient pas leur envie de lui faire payer les crimes de son peuple... L'assassin répliqua froidement, non sans un sourire victorieux :

- Parce que vous croyez que c'est Kor qui le manipule ? Qui vous dit que le véritable manipulateur n'est pas ailleurs... Tant que votre ami sera sous la malveillance du Dieu, vous ne pourrez rien faire à part le tuer. Et je ne le permettrais pas... c'est... mon unique chance d'échapper au courroux du Professeur... Il faut trouver le moyen de l'atteindre lui d'abord.

- Il n'a pas tort...

Fou de rage, Gürkan envoya une pierre sur l'assassin. Il y avait mis toute la force dont il était capable mais avec une vivacité suprenante et un jeu de jambe d'expert, il la renvoya. Elle vint percuter violemment l'arcade de Lycos dans un flot de sang. Le lydéen tomba à terre, surpris par la douleur. Gürkan avait dégainé son épée et était prêt à fondre sur l'assassin. Nul doute qu'au regard de leur premier combat perdu, le second allait être vite joué. Mais l'assassin se tint sur ses jambes prêt à sauter. Il était désarmé.

Sarga approcha de Koah et murmura :

- Le Pacte que vous avez conclu vous donne le droit de lui poser des questions. Tant qu'il agit pour vous, il sera obligé de vous répondre... mais n'est pas sousmis à la vérité... Cet Assassin cache des choses, c'est certain...

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Sam 8 Aoû - 15:58

Les doigts massant ses tempes douloureuses, Koah essayait de réfléchir au mieux à la situation. D’un côté, il y avait Andrew et il se trouvait sur le mont Kobol, et de l’autre il fallait retrouver le Professeur qui tirait les ficelles de tout ceci. Koah mourait d’envie de courir jusqu’au volcan pour retrouver l’homme qu’il aimait, mais il savait que cela ne serait pas raisonnable. Pourtant, retrouver le Professeur l’était tout autant. Que feraient-ils lorsqu’ils auraient l’immortel devant eux ? Ils ne possédaient pas le pouvoir de Cheera. Sans ce dernier, le combat était perdu d’avance.

Un long instant, Koah pesa le pour et le contre, puis brusquement, il se leva sous les regards interloqués des autres. Il balaya d’un geste les mots que s’apprêtait à dire à dire Sarga, sachant que la divinité avait compris ce qu’il comptait faire.

▬ Ce n’est même pas la peine d’essayer de m’en dissuader.

Il rejoignit les sacs apportés par Molly et rapidement, il se saisit d’une des besaces pour en retirer tout ce qu’il jugeait inutile à transporter. Danaé demanda :

▬ Qu’est-ce que tu fais ?

Le jeune homme ne s’arrêta pas pour lui répondre.

▬ Je vais chercher Andrew.

▬ C’est bien trop dangereux.

▬ J’irais au-delà les limbes pour le sauver, et vous le savez !

Toujours face à l’assassin, son épée à la main prête à lui trancher la tête, Gürkan grogna à l’attention du glaneur :

▬ Arrête ça, Koah !

Le lydéen posa un lourd regard sur le guerrier.

▬ Arrêter quoi ?

▬ Ça suffit cette mascarade !

▬ Qu’est-ce qu’il te prend ?

L’épée toujours pointée vers le prisonnier comme une menace, Gürkan se tourna brièvement vers le glaneur. Il tonna, débordant de jalousie.

▬ Arrête de croire que tu lui dois quelque chose ! Danaé m’avait prévenu, mais je n’imaginais pas que tu y croyais à ce point.

▬ Croire à quoi ?

▬ A l’amour que tu lui portes ! Ce n’est qu’une illusion, créée par le monde de Danaé ! Par les couilles de Kobol ! Ouvre les yeux !

L’ancienne déesse se tendit.

▬ Gürkan, s’il te plait…

▬ Ne vous mêlez pas de ça !

Le regard de Koah se fronça et il se redressa pour faire face au guerrier métissé. Les bras croisés dans une posture sévère, il grogna à son tour :

▬ Oui, laissez mon meurtrier s’exprimer !

▬ Regarde les choses en face ! vociféra Gürkan. Tu n’es qu’un glaneur à ses yeux ! Qu’un subalterne ! Il n’a jamais vu que tu existais !

▬ Contrairement à toi ? Ce qui ne t’a pas empêcher de planter ton épée dans mon dos.

Gürkan balaya d’un mouvement d’épée ce propos.

▬ C’était un accident !

Le ton du glaneur monta crescendo.

▬ Un accident qui m’a valu la vie ! Un accident qui m’a fait vendre mon âme ! Un accident qui a obligé Andrew à venir me chercher dans un monde que je croyais être le mien !

Définitivement, Gürkan se détourna de l’assassin, son épée baissée le long du corps. Il s’avança vers le jeune homme lentement, essayant d’être le moins rude possible.

▬ Mais ce n’était pas ton monde. Tu es né dans le monde de Cheera ! Tu es le huitième enfant de Borias et de Déjanire. Tes fleurs préférées sont les alikeys bleutés. Tu as peur des étendues d’eau. Lorsque tu étais enfant, tu jouais sans cesse avec un petit cerf en bois que je t’enviais. Tu t’es cassé la jambe la veille de ton huitième Winowa parce que suite à un pari avec Jewel, tu es monté sur le haut de l’échoppe de Letor et tu es tombé. Notre premier baiser, je te l’ai donné près de la statue de Pëlos au centre de la grand-place. La seule fois où tu as mangé un morceau de viande, tu as pleuré une semaine et craint que l’esprit d’Okan vienne te dévorer en punition ! Tu détestes perdre aux dés malgré ce que tu aimes à laisser croire…

D’un mouvement sec de la main, Koah l’arrêta.

▬ Pourquoi tu me dis tout ça ?

▬ Parce que ça c’est la réalité que tu as vécue. Avant que Lydée ne tombe sous l’assaut des Idrazits, tu ne fréquentais pas Andrew. C’était à peine s’il savait que tu existais. Tu n’étais qu’un bon à rien à ses yeux ! Qu’un nom sur sa liste de maître intendant ! Il n’a d’yeux que pour sa défunte Laureen ! (Il lança un regard à Lycos qui se pressait le front pour tenter de stopper le sang qui coulait le long de son visage.) Dis lui Lycos !

Le jeune guerrier grimaça tant de douleur que de peine.

▬ Laisses-moi en dehors de tout ça !

Rageur, Gürkan ordonna :

▬ Tu vas lui dire !

La voix de Koah tonna à travers la grotte.

▬ Me dire quoi ?

Durant un instant, un silence mortuaire s’empara de la grotte. Lycos sembla hésiter un long moment, puis finalement, il darda son regard tristement sur Koah. Il lui dit, désolé :

▬ Je veux bien croire que tu l’aimes, Koah. Sincèrement, je trouve ça très beau. Mais j’étais là le jour où Andrew a tué Torsha. Cela n’a duré que quelques secondes. A peine un battement de cil. Il a tué Torsha et tu t’es réveillé. Comment dans ces conditions pourrait-il t’aimer autant que tu l’aimes ?

▬ Il ne t’aime pas ! Alors oublie le une bonne fois pour toute ! Cesse de penser avec ton cœur mais pense plutôt avec ta tête ! Aller le chercher sur le mont Kobol est une stupide erreur !

Une lueur d’indignation assombrit un instant le regard de Danaé.

▬ C’est ta jalousie qui parle, Gürkan.

▬ Et je ne le cache pas ! Mais contrairement à vous tous, je n’ai pas l’intention de le bercer d’illusions ! Plus vite il comprendra que tout n’était qu’un rêve, plus vite il pourra passer à autre chose et redevenir raisonnable ! (Il s’approcha du glaneur en rangeant son épée dans son fourreau, puis il le saisit par les épaules.) Andrew et toi, ça n’a jamais existé ! Jamais ! Et ça n’existera jamais !

Immobile, Koah dévisagea d’un air froid et distant Gürkan.

▬ Tu as fini ?

▬ Oui.

D’un mouvement sec des épaules, il se dégagea de la poigne du guerrier. Dans un sens il avait raison. Tout n’avait été qu’une illusion, et admettre cela était désagréable. Koah aurait tant aimé continuer à vivre dans ce monde si parfait créer spécialement pour lui. Il s’efforçait quotidiennement depuis qu’il était de retour de ne plus penser à sa vie rêvée, mais chaque fois qu’il s’agissait d’Andrew, tous ses sentiments refaisaient surface, galvanisant son âme.

▬ Rassures-toi Gürkan Miras, dit-il d’un ton si neutre que cela fit froncer les sourcils aux guerrier. Je sais qu’Andrew ne m’aime pas. Je sais aussi que tout n’était qu’une illusion… que Danaé à sous estimé la puissance de mon pouvoir et que celui-ci à forcer Andrew à m’aimer. Je sais aussi que j’ai violé son âme, et cela je ne me le pardonnerais jamais. Et j’ai également conscience, crois-moi bien, qu’il ne me pardonnera jamais de l’avoir forcé à briser son serment envers Laureen. Alors oui, même en sachant tout cela, je suis amoureux d’Andrew. J’ai beau me raisonner, je n’arrive pas à ne plus l’aimer. Je suis tombé sous son emprise lors de notre voyage vers le mont Kobol. J’ai découvert là-bas que je l’aimais. J’en ai même parlé à Jewel. Mon séjour dans le monde de Danaé n’a fait qu’éclore plus vite l’amour qui aurait dû pousser au fil des saisons. Je sais très bien que ce que je ressens est a sens unique, mais au-delà ma passion pour lui, je tiens à sauver l’homme qu’il est coûte que coûte.

Koah faisait face à Gürkan. Ses yeux se gorgèrent de larmes mais celles-ci ne coulèrent pas. Il se refusait à pleurer encore une fois. Toujours sur le même ton neutre, il continua :

▬ Du jour où il m’a rencontré, le jour du pain aux noix sucrées, sa vie est devenue un cauchemar. Je lui dois bien ça. Je lui dois bien de retrouver la paix. Je lui ai promis que je le sauverais, et c’est ce que je compte faire. J’empêcherais quiconque de lui faire du mal à nouveau, y compris moi-même. De plus Gürkan, dois-je te rappeler qu'il est encore ton chef ? Que tu lui a prêter allégeance ?

Danaé déposa une main sur son cœur, touchée par les mots du glaneur. Gürkan opina d’un air amer et il dit :

▬ Même si je jalouse la position qu'il à dans ton cœur, je respecte son statut de chef et je ferais tous les sacrifices qu'il soit possible de faire pour lui sauver la vie. Mais pour cela, il faut que tu prennes les bonnes décisions. Cette obsession de vouloir le sauver par toi-même. Cette obsession de foncer tout droit vers le mont Kobol. C'est du suicide. Il ne sortira rien de bon de tout ça. Rien que la mort et le mal. Andrew est ton point faible. Le Professeur s'en servira pour te tuer. Laisse à ceux qui en ont les compétences le soin de prendre les bonnes décisions à ta place.

▬ Et que dois-je faire ? Le laisser là-bas au milieu des Furies et des Idrazits pendant que vous tous préférer chercher un immortel qui nous éliminera dès que nous l'aurons trouvé ?

Danaé tenta de le rassurer.

▬ Il ne lui arrivera rien tant que celui qui le manipule aura besoin de son pouvoir.

Gürkan sortit son épée à nouveau et il s’approcha de l’assassin d’un pas imposant. Il appuya le bout de sa lame sur la gorge du prisonnier, le menaçant à toute instant de la lui transpercer.

▬ Lui il sait où trouver celui qui manigance dans l’ombre toute cette histoire. Fais-le parler Koah et après nous aviserons avec toutes les cartes en mains !

Koah regarda le prisonnier de longues secondes. Sa migraine lui vrilla les tempes mais il tenta d’y faire abstraction. Il échangea un regard avec Sarga, puis il s’approcha à son tour du prisonnier d’un air résolu. Gürkan s’écarta, les laissant face à face comme deux ennemis qui se jaugeaient avant la bataille.

▬ Ne crains pas le courroux du Professeur, dit-il finalement pour briser le silence. Crains plutôt le mien si tu ne réponds pas honnêtement à mes questions. Jusqu’à preuve du contraire, mon âme est au-dessus de tout ce qui existe en ce bas monde ! Bien au-dessus de celui qui te fait tant peur ! Alors si tu ne veux pas que je déchaîne sur ta petite personne les foudres de l’Omkara, tu ferais bien de me dire ce que je veux entendre ! Et tout de suite ! Si non, mes menaces de tout à l’heure sont toujours d’actualité, et crois-moi sur parole, pour l’Elu de Cheera, je suis prêt à commettre des actes qui te ferait froid dans le dos.

Le regard vert de Koah vibra d’une lueur de sincérité inquiétante. A nouveau, ses tempes le tiraillèrent et cela provoqua un crépitement de magie tout autour du glaneur. Danaé poussa un petit couinement de désaprobation mais Sarga la rassura d’une main chaleureuse posée sur son épaule. Ils échangèrent quelques murmures mais laissèrent Koah agir à sa guise.

▬ Quelle divinité t’a envoyé me tuer ! Qui tire les ficelles de toute cette histoire ? Je veux un nom. Je veux que tu sois précis. J’exige de connaître comment ce dieu t’a contacter et comment tu as fais pour entrer à Oderne.

Il bluffait car il n'avait aucune idée de l'étendue réelle de ses pouvoirs, mais il espérait que jouer la carte de la Vague lui donnerait un minimum de crédibilité pour forcer l'assassin à parler.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Sam 8 Aoû - 23:19

Suite à cette altercation, l'assassin aurait presque pu s'enfuir. Mais il ne le fit pas... il avait fait un Pacte... il était lié à la Vague. Lorsque Koah se mit à lui parler directement, il se dit intérieurement qu'il avait probablement atteint le bout du fil de son exitence. Malgré la sensibilité dont il avait fait preuve, le lydéen était déterminé et imposant. Il n'avait pas besoin des mots pour savoir ce qu'il se passait. Et il se serait volontiers passé de l'intervention de Sarga. Mais son regard ne laissa rien paraître et il répondit, glacial :

- Je n'ai pas peur. Ni de vous, ni de lui. Que vous mettiez en pratique des menaces et que vous m'exécutiez, cela revient au même que de mourir pour un Immortel. Croyez-vous vraiment que la mort ait une différence lorsqu'elle est donnée par deux puissances différentes ? Être tué par une Vague ou par un Dieu, cela n'enlèvera rien au fait que je serais mort. Il m'a toujours importé bien peu de savoir qui m'ôterait la vie.

Gürkan bouilla de rage et se précipita sur l'assassin. Lorsque le guerrier lydéen lui donna un coup de poing dans le flanc, l'assassin contre-attaqua. Par un geste vif et précis, il tordit l'épaule de Gürkan et tira. Elle fit un petit craquement, menaçant de céder. Il le relâcha, faisant un recul, par prudence.

- J'aurais pu vous briser la clavicule, mais à mon avis, vous en aurez besoin pour combattre...

Il posa ses yeux bleus sur Koah et dit, d'une voix neutre :

- Je ne sais pas qui il est. Il n'est pas apparu sous mes yeux, il était le Professeur, un homme banal... l'établissement d'un Pacte ne se fait pas suite à une discussion de citadin ou d'autres mollusques... c'est très bref. Il m'a dit que je devais vous abattre. C'est tout. J'ai demandé où je pourrais vous trouver, il m'a dit que vous seriez à Oderne. Je dois ramener votre tête au Professeur, dans le Bois des Brumes, là où le Pacte a été établi.

Il se tourna vers Myriam, qui ne cacha pas sa colère d'être observé aussi ostentoirement. Puis, il fit un sourire ironique et dit simplement :

- Je suis entré à Oderne par la grande porte. Jamais de ma vie je n'ai du entreprendre une chose aussi aisée. Cette fourmilière est une vraie passoire. On y rentre et on en sort avec tellement d'aisance. J'ai vu que vous aviez même condamné des galeries. La dernière fois que j'y suis venu, certains tunnels n'existaient pas. C'est malin... mais inefficace.

Nul doute, il la narguait. Myriam commençait à fustiger et Lycos et G¨rukan qui s'était relevé, en se massant l'épaule avaient des regards de plus en plus haineux et assassins. L'assassin se tourna vers Koah et demande, hautain :

- Avez-vous terminé l'interrogatoire ? Désirez-vous passer à la torture, à une autre question ? A moins que vous ayez envie de me faire crépiter sous votre colère magique. Mon précepteur m'électrocutait tous les matins pour me réveiller... de préférence après m'avoir trempé d'eau glacée.

--------

Laureen resta en retrait. Elle fixait Andrew des yeux, l'air déboussolée. Il était à genou sur le sol, la tête prise dans un étau. Le voix ne lui laissait décidément aucun repos...

"Je te l'ai rendue, ce n'est pas sans contrepartie. Fais-le !"

- Non...

"Tu n'es pas de taille à me désobéir !!! FAIS-LE !"

- Ce sont mes amis... je ne peux pas...

Avant qu'il ne puisse terminer sa phrase, ses yeux se révulsèrent, il se leva avec rapidité, banda son arc droit sur Laureen. La jeune femme recula :

- Andrew... que fais-tu ?

- FAIS-LE !!! OU ALORS JE LA TUE, POUR TOUJOURS !!!

"Je ne peux pas..."

Il lâcha deux doigts sur la corde, Laureen avait les yeux larmoyants. Mais au dernier moment il se ravisa. Il laissa tomber son arme au sol. Une larme roula sur sa joue puis il se tourna vers la masse des Furies, devant lui, prêtes à le servir.

- Si vous êtes vivantes, c'est uniquement grâce à moi. Et vous accomplirez ma volonté. Je vous... (il sentit un vif mal de tête venir, ce qui le poussa à continuer) je vous ordonne de tuer... humpf...

Ses deux narines se mirent à saigner. Il grimaça de douleur et ordonna :

- Tuez les Sulas... jusqu'au dernier.

Les furies poussèrent de sombres cris puis se dissipèrent dans les airs. Andrew tomba sur le sol et se mit à pleurer, sans retenir ses larmes. La voix tremblante, il dit avec peine :

- Je suis un monstre... ce sont mes amis... mes frères... je veux mourir... ne pas entendre leurs souffrances...

- Andy... je suis désolée que tu subisses cela... j'aimerais tant pouvoir guérir ton âme... et t'aider... mais... je t'aime, je sais que tu serais incapable de faire du mal à tes amis... à Lydée... j'en suis tout aussi fautive...

- Je me hais...

- Je t'aime...

Elle l'embrassa sur la joue et resta près de lui tandis qu'il continuait à pleurer de tout son saoûl.

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Dim 9 Aoû - 0:59

L’envie de faire souffrir cet assassin était bien présente. Koah n’aimait pas son arrogance et il lui aurait bien fait ravaler son pénible caquet. La petite parcelle de colère laissée par Torsha le poussait à user des sortilèges qu’il connaissait pour le corriger, et lui faire comprendre que tout ce qu’il avait subit auparavant n’était rien comparé à ce qu’il pouvait lui faire maintenant. La magie continua de crépiter tout autour du lydéen, claquant l’air comme des coups de fouets invisibles. De temps à autre, un éclair bleuté sillonna la peau du glaneur avant de disparaître en un craquement.

▬ Ne me tente pas.

Alors que tout le monde s’attendait à ce que Koah explose de colère contre l’assassin, celui-ci se contenta de le saisir par le bras et de le tirer sans ménagement vers l’endroit où il avait laissé ses herbes médicinales. Il le força à s’agenouiller et tout en regardant Gürkan, il entreprit de continuer de le soigner… sans délicatesse.

▬ Maintenant que tu sais où se trouve le professeur, que suggères-tu Ô grand guerrier ?

Gürkan ne fit pas attention à son sarcasme. Il réfléchit un instant, puis il plongea son regard dans celui de la matriarche. Celle-ci était occupée avec Danaé à soigner la plaie de Lycos.

▬ A combien de jours se trouve le Bois des Brumes ?

Dame Myriam répondit immédiatement.

▬ Huit jours par la terre.

Lycos poussa une légère plainte de douleur lorsque Danaé appliqua un baume sur sa coupure.

▬ Pourquoi par la terre ? Il existe un autre moyen de voyager plus rapidement ?

▬ En voyageant sur l’Urenkar, vous gagnerez une poignée de jours appréciables.

En chœurs, Koah, Gürkan et Lycos la regardèrent avec étonnement et ils demandèrent :

▬ Le quoi ?

L’ancienne déesse sembla fort compréhensive. Elle sourit et leur expliqua après avoir obtenu l’autorisation de la matriarche de le faire :

▬ L’Urenkar est un fleuve souterrain. Il serpente sur des centaines de kilomètres vers les rocheuses de Kobol. En une poignée de jours, si le fleuve est favorable, vous serez à l’orée des Bois des Brumes.

▬ Si un tel fleuve existe, pourquoi n’en n’avons-nous jamais entendu parlé ? s’étonna Koah.

La matriarche se mit à rire.

▬ Sans vouloir vous offensez, le nombre de chose que vous ignorez vous les Lydéens ne tiendraient pas toutes ensemble à l’intérieur du cratère du mont Kobol. C’est le revers de la médaille. A force de vous croire supérieur aux autres, les autres n’ont pas tellement envie de partagez avec vous leurs nombreux secrets. Quoiqu’il en soit, ce fleuve passe bien sous les rocheuses de Kobol et débouche non loin de ce maudit bois !

Elle darda un regard sombre sur l’assassin et grommela à l’attention des autres :

▬ Dès que la guerre sera terminée, faite-moi penser à raser cette région et à emmurer ses habitants.

Gürkan opina avec un sourire mauvais.

▬ Je n’y manquerais pas. Gardez-moi une place dans vos rangs.

A peine Koah eut-il terminé le bandage à la main de l’assassin qu’il se leva sans le regarder et rejoignit Avian. Ce dernier semblait toujours autant épuisé. Il reposait contre le bassin, l’œil fatigué. On voyait sur ses traits tirés qu’il lutait pour rester éveillé et suivre ce qui se passait. Le jeune homme s’accroupit en face de lui et il déposa une main sur son front. Il demanda :

▬ Vous allez bien ? Vous voulez vous reposer et parler de tout cela plus tard ?

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Dim 9 Aoû - 16:24

L'assassin ne remercia pas Koah. Il estimait qu'il ne lui avait rien demandé. Il profita que le glâneur s'éclipse pour répondre à Myriam. Son ouïe fine ne l'avait pas trompée et il avait entendu assez clairement ce qu'elle avait dit à Gürkan. La fierté de son peuple tenait dans le fait que depuis des siècles, ils avaient batti une réputation obscure, très sombre, qui suffisait à elle-seul à rendre le Bois des Brumes peu recommandable. Ils n'avaient jamais eu d'ennemis directs, à part les Trayaregs qui eux, n'avaient peur de rien. Méfiant, et surtout très attentif, il dit à l'attention de Myriam et de Gürkan :

- Nous aurions pu de nombreuses fois enfumer Oderne et éradiquer ses habitants. Même entre quatre murs, vous nous sous-estimez. Votre épaule devrait vous servir d'aide-mémoire, guerrier. Quelles auraient été vos chances de survie, si j'avais dégaîné votre épée, profitant de votre accès de faiblesse pour vous embrocher avec ? Forts minces. Oderne a de nombreuses fois offensé les Dieux, sinon, ils n'auraient pas mis un Pacte sur la tête de ses habitants. Vous semblez vous moquer des lydéens et de leur prétendue supériorité, avez-vous regardé en face votre stupide fierté ?

Lourd silence, l'assassin ajouta, les yeux pétillants braqués sur Myriam :

- Votre mécontement et votre colère sont de bons divertissements. Vos secrets ne sont pas si enfouis que ça. Et votre terrier n'est pas à l'abri de tout, ni inaccessible. Ravi de voir que mon intrusion blesse votre pitoyable égo.

Il interpella alors Danaé et sortit de sa manche une petite fiole de verre. Il la lui passa à travers la grotte. L'ancienne déesse l'attrapa, intriguée.

- Secret d'Assassin des Brumes, mais cela devrait l'aider à ne pas pleurer comme une fillette... à tout hasard.

Pendant ce temps, non loin d'eux, Avian peinait à rester conscient. La journée avait été épuisante... et il n'était pas un surhomme. La magie draînait son énergie, inexorablement. Elle avait un côté dangeureux, parfois.

- Je suis peut-être allé trop loin... et il me faudra des jours pour récupérer. Ton pouvoir est intarissable, ça n'est pas mon cas. Je ne suis pas la Vague, j'ai des limites dans mon usage de la magie. Et particulièrement aujourd'hui, j'ai usé de beaucoup de ressources. J'aurais pu le payer très cher et en mourir... ça serait arrivé si tu ne m'avais pas épaulé.

Tandis que ça semblait s'agiter sur côté des autres, Kodo émit un énore ronflement qui fit sourire Avian :

- Il a l'air brave... je suppose qu'il est le seul survivant de son espèce... autrefois, mon peuple et les dragons, bien que nous ne les appelions pas comme ça avions une relation de cet ordre. Nous étions leurs protecteurs, leurs amis. Les destins sont peut-être liés. Je n'ose imaginer les poids qui sont sur les épaules de ce Qwel. Le sentiment de faire perdurer son espèce... dans les mémoires à défaut de pouvoir se reproduire.

Il porta ses yeux sur l'Assassin et dit avec un murmure à Koah :

- Ses motivations semblent obscures n'est-ce pas ? Pourtant, avant que nous arrivions ici... le vent m'avait soufflé quelque chose. Il disait que les mages d'Yrilia avaient fait du Bois des Brumes un cimetierre. Un Assassin des Brumes ne brise pas un Pacte et ne parle pas aussi facilement. Ils sont les envoyés du Silence. Que celui-ci soit aussi bavard m'intrigue. Qui sait les horreurs dont il aura été témoin. J'ai senti l'odeur du sang à des kilomètres... les aigles n'ont pas osé s'approcher de cette terre. Ils ont dit que les effluves malfaisants étaient trop nombreux. Peut-être que ton ami Qwel et lui ne sont guère différents.

Il commença à rire et ajouta :

- Je n'ose même pas imaginer la tête de Myriam lorsqu'elle apprendra qu'il a volé les mets les plus distingués pendant trois jours pour se nourrir. Ni celle d'Halisya lorsqu'elle saura qu'il a puisé dans sa réserve personnelle de liqueur.

Il regarda Koah une nouvelle fois et resta songeur :

- Tu sais, ces crépitements autour de toi, ils sont intéressants. Mêlé à ce que je t'ai appris, tu pourra puiser l'exxence des objets inertes. Ils sont plus bavards que les vivants et ont vu plus de choses. Mais cela demande beaucoup d'entraînement, nous en reparlerons plus tard... quand je serais reposé. Vous pouvez faire entrer les autres, cela briser la protection. A moins que vous ne vouliez parler entre vous du Secret. N'oublie pas Koah. Silence absolu, même pour Andrew...

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Dim 9 Aoû - 17:49

▬ Même pour Andrew ? répéta le glaneur.

Koah se laissa glisser le long de la paroi à côté d’Avian. La tête reposée contre la pierre, il observait l’assassin, ainsi que Dame Myriam qui semblait fulminer. Le glaneur soupira, les bras noués autour de ses genoux.

▬ Vous ne pensez pas que si quelqu’un est en droit de savoir tout cela, c’est lui ? Il a été choisi par Cheera pour nous guider. Pour porter sur ses épaules la lourde responsabilité de faire de notre monde une seule nation. Le fait de savoir que nos communautés étaient unies par le passé pourrait l’aider à croire en cette entreprise… même si elle est impossible.

Il regarda tristement le côté du visage d’Avian. Plus les jours passaient et moins Koah arrivait à trouver la force de croire que ce monde pouvait être uni face à l’envahisseur. Les scissions entre les communautés étaient bien trop marquées. Dans un murmure, il confia :

▬ Je voudrais croire en ce monde uni, Avian. De tout mon cœur. Mais il y a trop de différence entre nos communautés pour que nous nous unissions comme avant. Trop de rancoeurs. Trop de trahison. Trop de sang versé par le passé. Regardez-les. (Il indiqua d’un mouvement de tête l’assassin et la matriarche.) Ils se chamaillent… tout le temps. On dirait des chiens qui se disputent un bout de gras. Comment dans ces conditions pouvons nous prétendre à nous unir ? Ils se détestent et ils se narguent. Entre nous… vous avez foi en Cheera ?

Koah croyait en sa déesse Mère, mais il avait de plus en plus de mal en croire aux hommes en qui elle avait placée tous ses espoirs.

De son côté, Dame Myriam se leva si brusquement qu’elle renversa un bol de faïence. Celui-ci éclata en plusieurs morceaux devant ses pieds. Le regard meurtrier, le visage crispé par la colère et les joues écarlates malgré sa peau halée, elle ne put contenir son élan de rage. Il n’était pas question que cet assassin insulte ainsi ouvertement Oderne et ses habitants.

▬ Mais pour qui te prends-tu chien méprisant ? gronda-t-elle. Sais-tu à qui tu t’adresses ? Sais-tu où tu te trouves ? Comment peux-tu cracher ainsi sur la noble cité du dieu du Silence ! N’avez-vous donc aucun respect pour ce qui est sacré ? J’en ai assez de voir ta misérable face d’assassin devant moi ! J’en ai assez de faire semblant de ne pas être écœurée par la pourriture que tu es ! Quelle sorte d’homme accepterait d’assassiner femmes et enfants ? Quelle sorte de fou furieux voudrait éliminer le plus grand allié à notre monde ?

Sa colère se répercuta en échos à travers la cavité alors qu’elle s’approchait de lui d’un pas impérial. Tous les orderniens, unis par un lien mystique, ressentirent la colère de la matriarche. Un bourdonnement s’éleva, sorte de vibrations qui faisait trembloter l’air. Chaque oderniens frappaient les parois de la cité, indiquant ainsi leur présence et leur soutien à la matriarche. De tous les peuples de ce monde, ils étaient les plus unis entre eux.

▬ Aujourd’hui, tu infiltres notre noble cité pour assassiner la Vague, et tu oses encore nous narguer ? Tu es contre la survie de notre monde. Tu es notre ennemi ! Tu es l’allié de Thorin ! Je souhaite de toute mon âme que tu finisses pour l’éternité des temps à errer dans les limbes sans jamais trouver ton salut. (Elle lui cracha au visage, Gürkan derrière elle prêt à lui faire regretter toute représailles envers la suzeraine des oderniens.) Prie ton dieu Professeur et assassin de réaliser rapidement ce que tu as à faire, car dès l’instant où la Vague posera les yeux sur le Professeur, mes assassins te tueront avant que tu ne puisses ne serait-ce que t’approcher d’elle.

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MessageSujet: Re: 04 - Oderne la Renfermée   Jeu 20 Aoû - 0:11

Avian posa un regard amical sur Koah. Parler était un effort conséquent. Il n'avait d'ailleurs que peu de force dans sa voix. Aussi il décida de mûrement réfléchir. Et la réponse qu'il apporta se voulait la plus sage et la plus réfléchie possible :

- Je crois que dans tout univers, il existe trois forces, Koah. La création, la destruction et le temps. Ces trois forces animent tout être vivant, ou pas, sur n'importe quel monde. Cheera est souvent appelé la mère créatrice. Pourtant, elle symbolise parfois la destruction. Elle a fait don d'un pouvoir immense à Andrew, sans vraiment lui laisser le choix. Elle aura détruit sa vie, car avec une telle puissance, jamais Andrew ne recouvrera son train quotidien. Danaé est appelée la protectrice, elle se range dans le même sens, pourtant, elle a commis une erreur qui a détruit ton rêve, ton idéal... toute chose créé, doit être détruite, toute chose détruite doit amener à créer autre chose. Le temps est seul maître, seul Juge. Laissons donc les choses se faire ou se défaire, essayons juste de les amener dans la bonne direction.

Il marqua une pause, fouilla dans la petit besace accroché à son fin ceinturon de tissu et en sortit un petit sablier. L'objet avait été taillé dans la pierre brute et deux fins réservoirs de verre contenait un liquide étrange. Ce liquide se colorait selon différentes teintes, le noir prédominant.

- Kirion y tient énormément. Ce sablier n'a aucun pouvoir particulier si ce n'est une mémoire et une histoire. Il a appartenu à la femme que tu as vu mourir. Elle l'avait fait elle-même, elle lui avait donné le pouvoir d'inscrire dans le Temps les évènements qu'elle choississait et de pouvoir les revivre par des rêves ou des pensées comme elle le désirait. Elle a lié Kirion a cet objet, parce qu'elle l'aimait profondément. C'était deux âmes soeurs. Ainsi, à chaque fois que Kirion repense aux instants passés avec elle, le sablier se colore. Plus la couleur est foncée, plus son amertume et son courroux est grand. Il me l'a confié lorsqu' j'ai appris le Secret. J'étais encore enfant et pour moi c'était un jouet, plus qu'autre chose.

Il donna le sablier à Koah et poursuivit :

- Garde-le, comme si c'était le Secret. Et ne le donne à personne. Andrew n'est sans doute plus lui même. Koah, quoiqu'il arrive, tu as fait un Serment... et même toi, qui es une Vague puissante, inégalable, conception de création et de destruction à travers le Temps, ce dernier reste maître incontesté. Un Serment engage ton âme, l'essence de ton être pour toujours. Le briser revient à piétiner sur les règles fondamentales. Le prix est énorme... Seuls les Gardiens du Secret, peuvent choisir unanimement de dire le Secret. De plus, Andrew n'est qu'un pion désormais sur un échiquier. Il est fragile, son esprit est complètement anéantie et son âme est meurtrie, perdue. Il est une proie idéale pour des Dieux malveillants... qui sait ce que la Divinité qui le possède pourrait lui extorquer comme information. Tant que le silence sera préservé, vous aurez toujours, toujours une longueur d'avance sur vos ennemis, quels qu'ils soient. Ne l'oublie jamais, Koah.

Leur discussion fut couverte par la voix froide et forte de l'Assassin qui rétorqua, pas impressionné du tout par le martèlement sourd des Oderniens.

- Encore faudrait-il que tes lopettes d'assassins arrivent à sortir leurs couteaux avant d'avoir la jugulaire tranchée, vieille folle. Ne va pas croire que je leur rendrais la tâche aisée. Je suis lié à un Pacte, je le respecterais, dans la mesure où je ne tuerais pas la Vague, du moins jusqu'à ce que j'ai accédé à sa requête.

Le silence lourd tomba dans la pièce, les Oderniens ne se départissaient pas de leur soutien. Avian, se redressa légèrement, prêt à intervenir. L'Assassin des Brumes dévisagea Myriam de façon totalement désinvolte et ajoute, ses yeux bleus se glaçant soudain sous ses sourcils assez épais :

- En revanche, rien ne m'interdit de tuer toute personne pouvant porter atteinte à ma vie, à part la Vague. Je ne suis plus à une dizaine de dommages collatéraux près, amuseuse de fourmis. Mettre un terme à la vie de ses deux guerriers ou à la tienne me ferait extrêmement plaisir, même.

Il essuya son visage d'un revers de main et l'essuya sur la robe de la suzeraine :

- Je te rends ton présent, en tout bien tout honneur, je n'avais pas besoin de me rafraîchir le visage. Mais l'attention était si aimable que je me sens presque obligé de te remercier.

Gürkan était prêt à lui sauter dessus lorsqu'Avian tonna :

- IL SUFFIT !

Le coup d'éclat avait été si violent que Danaé sursauta et que tous les yeux se rivèrent sur lui. Malgré ses cernes et son visage exténué, il arborait une autorité étrange, presque surnaturelle. Deux violents courants d'air séparèrent l'Assassin de Myriam et Gürkan.

- Que vous le vouliez ou non, tous les trois, vous allez devoir faire un bout de route ensemble. Il est hors de question que je me fasse casser les oreilles par vos querelles ! Donc, vous Assassin, vous commencerez déjà par dire votre nom, afin que l'on puisse mettre une identité sur votre personne, ensuite, vous présenterez vos excuses à Dame Myriam pour l'affront que vous lui faites dans la ville dont elle est souveraine ! Myriam, vous en ferez de même pour votre emportement, surtout au sujet de Thorin. Vous savez comme moi que vous vous êtes emballée. Quant à vous Gürkan, vous serez prié de garder votre épée et vos poings pour la bataille qui s'annonce. Le flegme dont vous faites preuve à l'épée, à déjà par le passé causé des problèmes, il me semble !

Myriam allait parler pour contester mais Avian ajouta, d'un ton très ferme :

- Vous avez vu comme moi que nous devions rester unis. Temporairement, pensons à ce qui nous rassemble peut-être malgré nous. Vous règlerez vos différends lorsque la guerre sera terminée, si nous survivons. Maintenant, je crois que je vais me poser...

Soudain, la mine d'Avian vira au pâle. Il s'appuya sur Koah et s'effondra sur le sol. L'effort magique qu'il avait du fournir avait été trop important pour son état. Il n'était pas invincible et il le savait... allongé au sol il perdit connaissance devant les yeux furieux mais tétanisés de Myriam, Gürkan et l'Assassin. Danaé se précipita vers Koah et Avian et lui toucha le poignet :

- Son pouls est faible... a-t-il atteint ses limites ?

Une forme spectrale apparut alors, ayant la vague forme d'un oiseau. Elle entoura Avian d'une petite lumière puis disparut. Son pouls redevint alors normal, mais il ne rouvrit pas les yeux. Danaé parut rassurée et préconisa un bon repos. L'Assassin s'avança et demanda à Koah :

- Je n'ai pas d'ordre à recevoir de lui. Mais de votre part, oui. Souhaitez-vous que j'accède à sa requête ?

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