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 05 - Les Remous de la Vague

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Koah Lang
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    Vague de l'Omkara
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MessageSujet: 05 - Les Remous de la Vague   Mer 18 Nov - 17:21

Le Dravani fendait les flots obscurs de l’Urenkar à vitesse constante. Cette majestueuse galère de cinquante mètres de long, propulsée à la voile et à l’aviron avait levée l’ancre quatre jours plus tôt. Elle avait quittée le port souterrain d’Oderne sous le regard bienveillant de Dame Myriam et d’une petite poignée de mères et d’épouses inquiètes. Depuis que l’Elwen – un vent provenant de la surface et s’engouffrant à travers les nombreuses cavités de la colline d’Odernia – avait cessé de souffler dans les voiles, les quarante-deux oderniens mâles ne cessaient de ramer de jour comme de nuit. Dans l’obscurité des gouffres, le Dravani se dirigeait à l’aide d’étranges cristaux accrochés à l’avant de la galère. Ceux-ci produisaient une lueur bleutée phosphorescente assez puissante pour éclairer l’amont du fleuve.

Appuyé au bastingage, Koah regardait les flots obscurs. La surface de l’eau était très calme. Il n’y avait pratiquement pas de courant. On pouvait y entrapercevoir son reflet lorsque les cristaux illuminaient suffisamment fort la surface. Sur les berges de galets noirs longeant le fleuve, des ombres se dessinaient, mais dès l’instant où l’ont posait les yeux dessus, elles disparaissaient aussitôt, happées par le néant. Le glaneur était intrigué. Il savait que dans l’obscurité se cachaient d’étranges créatures, mais celles-ci ne voulaient pas être vue. Elles étaient aux nombres de trois. Il les avait compté.

Depuis le début du voyage, Koah passait la majeure partie de son temps en compagnie d’Avian, le nez plongé dans de vieux manuscrit en sula. Enfermés dans une cabine mise à leur disposition, les deux hommes pratiquaient la magie, où du moins, Avian tentait d’initier Koah aux arts occultes. Le glaneur apprenait non seulement à dompter son pouvoir et son esprit – afin qu’il n’y ait plus de débordement comme avec la reine des amazones – mais également à mettre en pratique quelques sortilèges. Très vite, Koah avait fait preuve d’une habilité innée pour déplacer les objets par la simple force de son esprit. Son pouvoir était encore bancale, mais Avian disait que ce n’était qu’un début et que bientôt, même déplacer les montagnes lui semblerait être un jeu d’enfants.

D’un pas lourd, Lycos s’approcha du glaneur. Depuis qu’ils avaient quitté le port, le guerrier Lydéen était malade. Celui-ci ne supportait pas la vie sur les flots, c’était pourquoi il n’était jamais devenu prêcheur malgré le désir de son père.

▬ Par Cheera ! Je ne survivrais pas à cette traversée ! dit-il en réprimant une puissante envie de régurgiter. Que l’on abrège sur le champ mon supplice !

▬ Je t’avais dis de ne pas nous accompagner. Tu aurais dû rester avec les autres à Oderne. Tu n’as pas le pied marin.

▬ Pas le pied marin ? Normal, je suis né en haut des qwelsas, et non sur les flots de cette maudite Sedna ! De plus, j’irais là où tu iras. Je n’ai pas confiance en tous ses hommes qui convoitent ton pouvoir.

Koah secoua la tête d’un air renfrogné, son regard sondant l’obscurité des flots.

▬ Ne blasphème pas. Elle est très successible. Il ne manquerait plus qu’elle nous fasse couler par le fond.

▬ Tu crois qu’elle ferait ça ? Sedna est forcément de notre côté. Cheera était sa sœur après tout.

▬ Je t’avouerais que parfois je ne sais plus quel dieu prié, confia le jeune homme en observant la surface de l’eau onduler sous la coque de la galère. Les dieux sont si imprévisibles ces derniers temps. Notre panthéon s’écroule. Il serait tout à fait légitime qu’elle veuille sauver son empire sous-marin et qu’elle se rallie au plus fort.

Interloqué, Lycos le regarda droit dans les yeux.

▬ Nous sommes le camp du plus fort.

▬ Qu’est-ce qui te fais penser cela ? Nous avons perdu Andrew et avec lui le don de Cheera, et nos communautés sont toujours désunies.

▬ Nous sommes bénis par la Créatrice, claqua le guerrier avec conviction. C’est l’espoir qu’elle a mit en nous qui m’aide à croire en notre entreprise… aussi folle soit-elle ! (Il déposa une main sur l’épaule du glaneur.) Ne me dis pas que tu ne crois plus en l’avenir.

▬ Tant qu’Andrew était à mes côtés, j’y croyais. Il me donnait la force d’aller de l’avant. Mais je t’avouerais aujourd’hui que j’ai du mal à croire que nous puissions sauver notre monde. Les forces en face de nous sont si nombreuses et si puissantes. Comment voudrais-tu dans ces conditions que nous arrivions à vaincre alors que nous ne sommes que des barbares ?

Un lourd silence pesa sur les deux lydéens. Pour la première fois depuis sa résurrection, Koah perdait peu à peu espoir. La guerre qu’ils allaient mener semblait perdue d’avance. Les forces armée de Cécrops, alliée à celle des mages d’Yrilia étaient bien trop puissantes, même pour l’armée d’Exilés réunis sous le même étendard. De plus, l’éloignement avec Andrew minait au jour le jour son moral. Ne pas savoir ce qu’il se passait pour lui était quelque chose de très pénible à supporter.

▬ Il me manque, murmura Koah d’un ton si triste que Lycos baissa les yeux.

▬ Je sais.

▬ Lorsqu’il était là, il était froid, distant, blessant, indifférant et tout ce que tu veux, mais il était avec moi et cela me suffisait.

Alors que Lycos cherchait une phrase réconfortante pour soutenir son ami, du fond du fleuve s’irradia une lueur bleutée phosphorescente. Des ombres nagèrent aux milieux des remous des vagues à plusieurs mètres sous la galère. Koah en compta cinq, puis sept, puis douze et enfin, elles furent si nombreuses qu’il ne put les comptabiliser. Du pont supérieur, la voix gutturale du capitaine ordonna aux oderniens de cesser de ramer et de ranger les avirons. Intrigué, Koah regarda Lycos et il lui demanda :

▬ Qu’est-ce que c’est ?

▬ Ce sont les Naïades, répondit la voix rauque le capitaine Teagan en descendant l’échelle sur leur gauche. Et cette lueur provient de la roche de luminite. On en trouve que dans cette région du monde. Ces chiennes de Crya ont le monopole sur ces cristaux.

L’homme était courtaud et basané, plus que replet, vêtu de couleurs vives et affublé de gros anneaux en or aux doigts. De sa grosse main callée, il lissait sa barbe sombre et huilée, tout en tenant dans l’autre une vieille canne en bois avec laquelle il s’aidait à marcher. Teagan était un homme assez étrange… surtout pour un odernien qui étaient toujours calmes et posés, alors que lui ne l’était pas. Plus d’une fois, Koah l’avait surpris entrain de lui reluquer outrageusement le derrière.

▬ Les Naïades ? Qu’est-ce que c’est ? demanda Lycos en devançant la question du glaneur.

▬ Il s’agit des Filles du fleuve. Nous sommes entré sur leur territoire ce matin. Ces garces nous suivent jusqu’à ce que la reine Néfal décide qu’il soit temps de payer le Passage. (Il s’interposa entre les deux hommes et se pencha par-dessus le bastingage afin de regarder l’eau irradiée de lumière.) Et apparemment, il est l’heure.

Koah secoua la tête en signe d’incompréhension.

▬ Le Passage ? De quoi s’agit-il ?

▬ Voyager sur l’Urenkar n’est pas gratuit, mon mignon. Il y a un prix à payer.

▬ Et quel est-il ?

▬ Vous le saurez bien assez tôt.

Un grand brouhaha secoua la galère qui grinça. Les quarante deux oderniens mâles semblaient s’agiter dans la soute du navire. Celui-ci venait de se stopper sur les flots, bloqué en avant par une montée de coquillages. Koah se pencha par-dessus le bastingage et admira l’invasion de corail monter comme une entité vivante contre la coque du bateau. Les Naïades étaient apparemment bien décidées à faire payer la traverser de leur territoire aux oderniens. Sur les berges maintenant illuminées grâce à la lueur des cristaux sous-marins, Koah pouvait admirer d’étonnantes créatures. Celles-ci étaient allongées nonchalamment sur des galets noirs. A cette distance, le glaneur avait du mal de se faire une idée précise de leur morphologie. Il ne distinguait que des amas de couleurs turquoise et émeraude.

▬ Ces créatures sont-elles dangereuses ? demanda-t-il avec une pointe d’inquiétude dans la voix.

Teagan se lissa la barbe en souriant.

▬ Pas si elles obtiennent ce qu’elles désirent. Elles sont même tout le contraire.

Un son lourd et sifflant provenant des berges rompit le silence de l’Urenkar. D’une voix puissante, Teagan ordonna que tout le monde se présente sur le pont. Les quarante deux oderniens s’alignèrent avec ordre le long du bastingage à bâbord, tandis que Molly, Logan et Danaé remontèrent des cabines en compagnie d’Avian, de Kodo et d’Olaek. Dès que ce dernier pointa le bout de son nez, les assassins de Dame Myriam s’interposèrent entre lui et la Vague qu’ils avaient pour mission de protéger.

▬ Comme vous le savez, nous allons devoir payer le prix de notre traversée à la reine Néfale et à ses sœurs. Pour ceux qui ne l’auraient jamais payer, n’ayez crainte, vous n’y perdrez pas votre âme. (Il rit dans sa barbe en voyant quelques oderniens à peine majeure.) Vous n’y perdrez que votre innocence.

▬ Notre innocence ? s’inquiéta Koah.

Danaé s’approcha de lui avec un sourire bienveillant.

▬ Tu n’es pas concerné par tout ceci.

▬ Et pourquoi ?

L’ancienne déesse ne put répondre car dans des bons impressionnants, une vingtaine de créatures surgirent de l’eau et atterrirent sur le pont avec une élégance troublante. Teagan les salua d’un révérencieux signe de main tandis que les soldats oderniens présent sur les deux ponts s’inclinèrent avec respect. Koah retint un son de surprise en contemplant les naïades. De toutes les créatures qu’il avait eu la chance jusqu’alors de voir, les Filles du fleuve étaient sans doute les plus belles qui soit.

Grandes de près de deux mètres et fines, les naïades possédait une peau d’un bleu turquoise qui semblait recouverte d’une petite couche d’écailles aussi douce que du satin. Elles étaient entièrement nues et elles exhibaient avec fierté leurs formes généreuses. Pourvue de seins ronds et massifs dont les mamelons d’un noir ébène pointaient vers les cieux, les naïades attiraient les convoitises des hommes présents sur ce navire. Bien que fortement différentes des humaines de part leur morphologie, les naïades possédaient malgré tout un charme quasi surnaturel qui n’était en rien entaché par les tridents à pointes aiguisées qu’elles tenaient. Leurs lèvres, leurs longs cheveux et l’intérieur de leurs yeux étaient d’un noir profond, tandis que la rétine brillait d’un jaune ambre.

▬ Elles sont magnifiques, s’extasia Lycos qui ne semblait pas en croire ses yeux.

De la petite troupe de créature qui avait investie la galère, une belle et grande naïade se détacha de ses comparses. Elle portait une couronne de corail rouge en forme de flammes qui relevait ses cheveux et la rendait encore plus grande et élancée. Après un rapide coup d’œil vers les quarante deux odernien, la reine Néfal dit d’une voix cristalline :

▬ Ma bonne amie Myriam a toujours sut choisir ses présents avec un certain goût.

▬ Ils sont tous à vous pour le paiement, Majesté, dit Teagan.

▬ Tiens, tiens, mais c’est mon infatigable étalon, minauda la reine. Je savais que tu reviendrais un jour ou l’autre payer à nouveau le Passage. Ils reviennent tous. (Elle se pavana la tête haute et les épaules droites.) Mais hélas les temps sont difficiles, même pour les Filles du fleuve. La guerre qui se prépare dans le monde d’au-dessus atteindra un jour les frontières de mon royaume. Il me faut donc préparer aux mieux mes légions. Le prix du Passage a augmenté de quelques vaillants hommes.

Teagan ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais il la referma aussitôt, comprenant qu’il ne servait à rien de négocier. La reine Néfal envoya plusieurs de ses guerrières circuler au milieu des assassins oderniens. Elles investirent le navire comme en territoire conquis et se mirent à tâter les muscles des hommes à travers leurs tuniques. Ceux-ci restèrent de marbre, comme s’ils n’avaient que faire de leurs caresses. Deux créatures observèrent Logan que Molly tenait fermement par la main. Elles avaient dans les yeux une flamme de vice envoûtante. L’une des deux guerrières murmura à l’oreille de l’enfant :

▬ Lorsque tu seras pubère, vient donc payer un jour le Passage, je suis certaine que tu feras un amant excellent.

Molly éloigna son neveu, rejoignant Danaé qui semblait rendre indifférente les naïades. Pendant de longues minutes, les Filles du fleuve firent le tri. Trois d’entre-elles tournèrent autour de Koah en le dévisageant, tandis que la reine Néfal s’occupait d’émoustiller Avian. Elle lui chuchota au creux de l’oreille :

▬ Trouvera tu encore un tour de passe-passe pour te refuser à moi, Avian ? Le prix est à payer pour tout le monde, y compris pour les plus beaux mages du clan de l’Albatros. Je reste persuadée que sous ton apparence inaccessible se cache un homme capable de dresser la reine que je suis. Ne te fais pas prier. Ne m’oblige pas à te forcer la main.

Les lèvres pulpeuses de la reine frôlèrent celle du séduisant mage. Elle s’apprêta à l’embrasser lorsqu’une de ses guerrières s’écria face à Koah :

▬ MAJESTE ! C’EST ELLE !

▬ Oui c’est elle, répondit Danaé qui semblait comprendre ce dont il retournait.

Face au glaneur, les trois naïades s’étaient arrêtées de bouger. Elles plantèrent au fond de son regard émeraude leurs yeux d’ambre. Koah en fut étrangement déstabilisé. Le jeune homme avait l’impression qu’elles cherchaient à percer les secrets de son âme. Il demanda d’un ton incertain :

Elle ? De quoi parlez vous ?

D’un pas majestueux, la reine des naïades rejoignit ses guerrières. Elle en bouscula une pour prendre sa place et regarder intensément à son tour Koah. Elle dit alors que les assassins oderniens mirent une main au fourreau de leur sabre :

▬ Oui c’est bien elle.

Elle quoi ?

▬ J’aurais dû te prévenir, dit Danaé d’un ton doux. Tu es comme la reine Néfal… du moins en partie.

▬ Tu es la dernière de mes sœurs, continua la reine avec gravité. Celle pour qui ma mère fut sacrifiée. (D’un geste rapide, elle souleva le devant de la tunique de Koah, exposant aux yeux de tous les tékalis d’un noir profond qu’il avait sur le ventre.) Ces marques le prouvent !

▬ Je ne comprends pas.

Danaé lui sourit.

▬ En te rendant la vie, l’Oxar de Sedna fut sacrifié. Elle a fait de toi l’une de ses filles. Tu es une princesse naïade.

Koah réprima une forte envie de rire.

▬ Moi ? Une princesse ?

Néfal le dévisagea un long instant, puis elle ordonna à ses guerrières de rejoindre les berges avec les hommes déjà choisis. Grâce à des ponts de corail sortit de l’eau par une magie primitive, la totalité des oderniens, les quelques assassins de l’ombre, Kodo, Lycos et le capitaine purent rejoindre les berges de galets noirs.

▬ Nous en reparlerons plus tard. Pour l’instant, l’heure est au paiement.

Au moment où une naïade attrapa le bras d’Olaek pour l’emmener avec les autres, ce dernier se raidit et Koah s’écria afin d’empêcher l’assassin des brumes de commettre un incident diplomatique :

▬ Non pas lui ! Il reste !

Néfal fronça les sourcils, se retournant avec froideur.

▬ Au nom de quoi ?

▬ Au nom qu’il m’appartient.

La reine eut un sourire satisfait.

▬ Alors il te paiera le Passage ma sœur.

Sur les berges déjà des gémissements se firent entendre. La voix rauque du capitaine parvenu même jusqu’à la galère. Celui-ci semblait être heureux de retrouver quelques unes de ses amantes de longue date. Néfal et les dernières naïades quittèrent le navire. Elle ne se retourna que pour appeler Avian en accompagnant ses mots d’un regard qui promettait un moment des plus agréables.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Sam 21 Nov - 2:21

Andrew poussa un long gémissement. S'il avait su qu'il pourrait revivre ce genre de moment... il aurait tout fait pour la retrouver. Laureen lui fit un sourire et posa ses lèvres sur les siennes comme pour essayer de lui retenir ses expressions de plaisirs. Assis sur le trône de Kobol, totalement dénudés, enchevêtrés l'un dans l'autre, on ne voyait d'eux que leurs peaux et la chevelure blonde, longue et abondante de la jeune femme. Leurs muscles semblaient synchronisés sur une cadence dont eux seuls avaient le secret. Kant connaissait parfaitement sa femme, il savait qu'elle avait des zones de son corps très sensibles qui la mettaient en émoi de son vivant. C'est pourquoi il posa une main sur sa poitrine et l'autre sur sa nuque, tirant légèrement les cheveux à leur base. Laureen se laissa aller dans des soupirs d'allégresse. Elle aussi, elle connaissait son mari. A la perfection même, cela en était troublant. Elle savait à l'instant même son plus cher désir...

Il songeait dans un fantasme mental, qu'elle lui mordillait le cou, et elle le faisait. Toute la fougue qu'il avait enfui, tous ses sens étaient en alerte. Après la dure épreuve, le réconfort. Laureen accéléra le rythme. La respiration du chef de Lydée se saccada, mais elle n'en démordit pas. Il faisait chaud dans l'Antre de Kobol, la lave bouillait paisiblement et les deux corps se couvraient de transpiration, sueintant à la lueur de la roche en fusion et des torches. Andrew cala sa tête sur le dossier, laissa échapper un grognement de plaisir et ferma les yeux. Il sentait ses muscles se contracter, c'était si bon. Mais Laureen s'arrêta soudain, comme pour marquer une pause. Il ouvrit les paupières et la regarda totalement subjugué par sa beauté. Il aimait cette femme plus que jamais... toujours unis de chair, la jeune femme le regarda un moment et lui murmura :

- Je suis revenue... Andy... j'ai envie de toi... énormément envie de toi...

- Moi aussi, Laureen... moi aussi...

Ils s'embrassèrent fougueusement et elle reprit :

- J'ai réfléchi... mûrement réfléchi... Andrew... j'en veux un autre... Un autre enfant de toi.

Andrew sourit et répondit, sans se douter le moins du monde qu'elle avait lu dans ses pensées :

- J'étais justement en train de me dire que Logan apprécierait peut-être d'avoir un petit frère, ou une petit soeur... je veux... rattraper le temps perdu, loin de toi...

Il lui donna un baiser sur le sein et souffla chaudement dessus. Leurs regards se croisèrent et d'un commun accord, ils reprirent leurs ébats. Leurs muscles se tendirent au bout de dix longues minutes qui pour eux pourtant parurent très courtes. Laureen ne put retenir son orgasme et elle accéléra le rythme pour le garder au sommet. Les dernières forces d'Andrew furent vaincus, dans un râle absolument pas retenu, et bruyant, il céda. Leurs corps restèrent en suspension un instant puis les muscles se relâchèrent. Laureen qui était assise sur Andrew bascula en arrière pour se laisser choir sur le sol, emportant Andrew sur elle. Ils n'eurent pas la force de séparer leurs corps. Chacun reprit sa respiration puis le Chef de Lydée bascula sur le côté. Laureen en profita pour poser la main près de son entrejambe.

- Je suis dans mes lunes... nous avons de bonnes chances d'avoir cet enfant que nous désirons tant.

Andrew semblait être revenu à la réalité, il murmura :

- Mais quel monde allons-nous lui laisser ? Et quelle vision aura-t-il de moi ? Je les ai fait tuer...

- Tu t'en veux encore ? Tu ne devrais pas... je t'ai entendu parler dans ton sommeil, Andy... Koah t'a fait énormément souffrir... Ayreb aussi... tous, autant qu'ils sont n'éprouvent à ton égard du respect que parce que tu as le pouvoir de Cheera... c'est tout. Ils te jalousent...

- Tu sais que c'est faux... ils ne sont pas tous comme ça.

- Tu m'as sauvée Andrew... nous avons rattrapé tout le temps que Kobol nous avait volé. Je t'aime, Andy...

Et sur ces mots, elle aventura sa main un peu plus sur l'entrejambe de son mari et se mit au dessus de lui. Elle n'avait pas fini... elle voulait profiter de lui, jusqu'à ce qu'il en soit vidé. Kant ne tarda pas à redevenir une simple marionnette entre ses doigts habiles. Et leurs ébats reprirent de plus belle...

*****

Olaek se tourna vivement vers Koah. Son visage qui gardait quelques cicatrices était toujours ferme. Il planta ses yeux zurs dans ceux du lydéen et lui dit, le ton ferme :

- Il n'est pas question que je vous paie un quelconque passage. Notre contrat ne comprend pas les relations charnelles autres que celles de pouvoir vous plonger une lame dans les entrailles lorsque j'aurais rempli ma part et que ma dette sera acquittée. Inutile donc d'envisager quoique ce soit avec moi. Et je ne vous appartiens pas à proprement parler. Ma vie vous appartient. Vous devriez savoir que mon peuple accorde plus d'importance à la vie qu'à un corps. Nous l'ôtons chaque jour, elle est notre raison d'exister. Tout ce qui est autour n'est que secondaire.

Il avait beau donner l'impression d'être souple et fragile, sous sa tunique noire qui moulait un corps bien fait, on pouvait voir ses mucles se bander, à l'affût de la moindre tentative de Koah pour tenter de mettre la demande de Néfal à exécution. Avian regarda Nefal non sans intérêt. Il semblait être quelqu'un d'autre, terriblement nerveux...

- Par l'ombre de Tulan, qu'il me soit donné de résister encore à ses créatures... Il me devient de plus en plus difficile d'y résister... à chaque fois, leurs formes semblent se dessiner un peu plus... et la magie ne peut rien face à cela !

On voyait sur son visage qu'il luttait. Il se tourna vers Koah et lui dit, d'une voix qu'il voulait probablement sûre de lui... mais qui tremblait malgré tout :

- La magie nous apprend à garder les pieds sur terre et le corps sous contrôle de l'âme. C'est avec l'âme que la magie et la sagesse vivent sereinement. Il convient donc de réfréner... les...

Nefal était toujours là, il ne trouva plus ses mots. Olaek se mit à rire, moqueur :

- Cessez donc votre regard lubrique de puceau en chaleur. Soit vous êtes fidèle à vos principes, soit vous succombez... mais à votre de garder votre bouche ouverte, vous allez avaler toute la vermine qui passe par là... et ça me donne envie de vous ressouder la mâchoire...

Avian haussa un sourcil et à ce moment là, Molly et Logan revinrent. Molly semblait offusquée par les gémissements qu'elle entendait au loin. Logan lui, semblait terrorisé par ces créatures et n'osait même pas les regarder.

- Je n'arrive pas à croire que ce soit des guerriers d'Oderne ! Koah tu les entends râler ??? On dirait des bêtes ! Vous, et vos instincts de mâles... suffit de se mettre à poil et vous bandez comme des porcs ! Oups... je veux dire... désolé, Logan...

Elle rougit de honte pour s'être laissée emportée ainsi mais le fils d'andrew ne sembla pas réagir, il était ailleurs. Olaek sortit une lame de son ceinturon et s'amusa en la faisant tourner entre ses doigts :

- Vous avez remarqué, les chiens envoyés par Myriam ? Ils n'ont que deux lames... c'est pour cela qu'ils se font toujours tuer... un assassin, un vrai a autant de lames qu'il a d'endroits pour les cacher. Nous ne serons pas avancés si nous avons un combat à livrer... à Oderne vous avez décidément des lavettes pathétiques...

Molly rougit de fureur mais Avian leva les bras pour les faire taire. Il paraissait soudain soucieux. Se tournant vers Koah, il précisa :

- Une présence nous guette... une sombre présence... Les sens-tu ? Les filles de Kobol ? Les furies ! Elles arrivent... elles se rapprochent.

Il se concentra et pousuivit, les yeux fermés :

- Quelque chose les retient... une puissance que je ne peux cerner... on dirait qu'elle bat en retraite...

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Sam 21 Nov - 22:10

Nonchalamment, et avec un petit air voulant dire : « cause toujours, tu m’intéresses », Koah balança la main devant le visage d’Olaek. Comment pouvait-il penser une seule seconde qu’il voulait s’accoupler avec lui ? Si l’apprenti mage gardait l’assassin sur le Dravani en prétendant qu’il était à lui, c’était uniquement pour éviter un incident diplomatique. Koah n’avait aucune confiance en Olaek, ni en son jugement. Il n’était pas question de le laisser sans surveillance au milieu des Naïades. C’était bien trop dangereux pour elles, mais également pour lui ! Ces superbes créatures ne semblaient pas être aussi inoffensives que cela. Leurs tridents et leurs magies primitives avaient de quoi donner du fil à retordre à cet assassin.

Accompagnée d’un petit rire cristallin, la reine Néfal descendit majestueusement du pont de corail vers l’une des berges. Elle lança à l’attention d’Avian avec qui elle était bien décidée à s’accoupler :

▬ Votre galère ne sera libérée que lorsque j’aurais été payée pour votre Passage. Pas avant !

Les guerrières entourant la reine se mirent à rire à leur tour. Leurs voix cristalline se confondirent bientôt avec les cris et les gémissements de plaisir qui montaient crescendo du bord de l’eau. Koah s’éloigna du bastingage, ne voulant pas assister à cette orgie. Il comprenait quel était désormais le prix à payer pour traverser cette partie du fleuve, mais il ne savait pas pourquoi elles le réclamaient à des hommes étranger à son peuple. Comme si Danaé avait lu dans ses pensées, elle ajouta afin d’apaiser l’esprit du glaneur et de Molly :

▬ Les naïades sont les amazones du peuple sous-marin. Elles sont fières et orgueilleuse, tout comme l’est Sedna. Elles n’ont besoin des hommes que pour la procréation.

▬ Pourquoi ne s’accouplent-elles pas avec leurs mâles ?

▬ Les Tritons ont été chassés depuis très longtemps. Ils vivent à la sortie de ce gouffre. Les bébés mâles sont laissés à l’abandon par les naïades et recueillis avec un peu de chance par les éclaireurs Tritons. C’est ainsi depuis des centaines de lune rouge. Afin de perpétuer l’espèce, la reine et ses sujets font payer le Passage sur leur territoire aux hommes de toutes espèces. Les oderniens sont les principaux géniteurs des naïades. En échange, l’Urenkar est clément et abondant envers la Fourmilière.

Koah jeta un œil anxieux vers l’une des berges où il entrapercevait entre les reflets bleutés des pierres de luminite la silhouette de Lycos entouré de deux naïades. Le jeune homme fronça légèrement les sourcils mais encore une fois, Danaé apaisa son appréhension de ses mots :

▬ N’ai crainte, elles rendront tes compagnons sains et saufs. Elles ne veulent qu’une chose : leur semence afin de perpétuer l’espèce, et rien d’autre.

Au moment où Avian lui confia qu’il présentait la présence d’un danger, Koah regarda le plafond du gouffre à la recherche d’un quelconque ennemi. Il scruta la moindre brèche dans les cavités, croyant avoir affaire à une créature envoyé par le dieu manipulateur. Lorsqu’Avian parla des Furies, Koah se raidit, sentant un courant froid l’envahir.

▬ Les Furies ?

Le jeune homme ne voulait pas y croire. Ces créatures lui faisaient tellement peur. Il avait beau être la Vague, il était terrifié à l’idée de les affronter à nouveau. Les Furies incarnaient pour lui la mort. C’était à cause d’elles qu’il avait perdu la vie, et que son amour alors naissant à l’époque, pour Andrew avait explosé. C’était à cause d’elles qu’Andrew avait eu à souffrir dans le monde de Danaé.

▬ Andrew à dû les envoyer pour nous arrêter !

Koah s’empourpra d’une colère fulgurante qui fit crépiter la magie autour de lui :

▬ Andrew ne ferait jamais ça ! Il sait combien les Furies sont dangereuses. Elles ont causées ma mort ! Il n’infligerait pas ce genre de supplice à ce monde ! Même s’il est manipulé par ce dieu, il ne laisserait pas des innocents mourir !

Danaé inclina légèrement la tête.

▬ Andrew a tué Kobol. Les Furies sont sous ses ordres. Ce sont les créatures les plus loyales qui soient. Il n’y a que lui qui puisse ordonner à ces créatures de s’avancer vers nous. Si les Furies approchent, c’est qu’il les a libéré.

Le glaneur balaya les propos de l’ancienne déesse d’un geste de la main. Il ne voulait pas y croire, même si au fond de lui, il savait qu’elle avait raison. Il regarda Avian, cherchant dans son visage concentrer un peu de réconfort :

▬ Qu’est-ce que vous ressentez ? Que ce passe-t-il là-haut ?

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Dim 22 Nov - 17:29

- Des choses terribles... la puissance qui retient les Furies ne sera pas éternelle... Il faut partir, et vite, Koah... incident diplomatique ou pas, nous ne pouvons pas perdre de temps car nous n'avons aucun moyen de lutter contre elles. Qu'est-ce que deux "mages" comme nous peuvent bien contre la puissance de Kobol ? Ces créatures sont les enfants du Chaos...

- Allez dire ça à ces espèces de filles de Crya en chaleur... Vous aurez l'air malin. Elles veulent leur tribut, tant qu'elles n'auront pas été satisfaites, elles ne nous lâcherons pas. Enfin ! Ce ne sont pas mes affaires, le temps continue sa course, et plus loin seront ces bâtards d'Oderniens qui se prétendent assassins, mieux je me porte. Être sur une coquille au dessus de l'eau est déjà écoeurant alors si on m'impose une vision d'horreur, je vais finir par décaper le pont avec mon vomi.

Molly ne se remettait toujours pas de l'affront qu'elle avait subi. Elle lança à l'Assassin des Brumes un regard meurtrier. Avian semblait réfléchir ardemment à la situation :

- Suis-je vraiment obligé d'y aller ? Ne peux-tu demander à Nefal si elle peut attendre notre retour ? Il se fera forcément par ici, nous manquons de temps, et puisque c'est moi qu'elle veut, elle m'aura mais uniquement au retour.

- Ouais... à supposer que vous reveniez vivants...

Tandis que Molly préparait une réplique violente et pleine de vulgarité, Logan la coupa net dans son élan. Il dévisagea Olaek et lui dit, ferme et déterminé :

- Mon père reviendra vivant !

- Ah ah ! Il est très drôle ce nain... presqu'autant que la petite peluche...

Mais le fil d'Andrew ne se laissait pas intimider ni par la dérision ni par la lame que l'homme tenait. Il faisait trois fois sa taille, il était terrifiant tant son visage était dur. Pourtant à cet instant, Logan était davantage effrayé par les Naïades que par ce dangereux criminel. Molly coup court à la discussion :

- Ordure ! Les vies que vous avez ôté, les Dieux vous les feront payer. Je vous interdis de lui parler ou de l'approcher.

- Oh, rassure-toi boucle d'or, j'ai pas l'intention de taper la causette à un petit insecte. Je vous laisse à votre masturbation intellectuelle, j'ai six lames à aiguiser.

Et d'une démarche fluide, il s'éloigna. Molly empoigna Koah avec fureur et lui dit, en postillonant :

- C'est de ta faute s'il est là ! Il fallait le faire tuer ! Ce type est malsain... c'est un tueur, sans pitié, sans vergogne, il ne respectera jamais parole ! S'il arrive quelque chose à Andrew, ou à Logan, par TA faute, ton castor va s'appeler Polux, comme disait ma mère ! C'est clair ?!? Alors trouve un moyen pour qu'il disparraisse, bouffé par les requins de Sedna, par les Rongmols ou le Trayaregs, peu m'importe ! Si tu ne le fais pas, je m'en chargerais moi-même. Il ne sait probablement pas nage, il suffira de le pousser par dessus bord !

******


- Nous avions convenu d'un accord. J'étais libre une fois que tu avais obtenu ce que tu désirais...

- Je n'ai pas encore tout obtenu.

- Menteur...

- C'est MOI qui gouverne !

Kor lança un regard assassin et plein de haine à la masse mystérieuse qui restait calfeutrée dans le noir. Il détestait que l'on bafoue son autorité.

- Sans moi, à l'heure qu'il est, tu ne serais rien ! Alors tu vas m'obéir ! M'ENTENDS-TU ???

- Sans moi non plus, à l'heure qu'il est tu ne serais rien...

- Mais j'aurais toujours plus que ce que tu as été durant des siècles !

Le silence tomba, mais finalement la voix éthérée et particulièrement sifflante, la même qui avait murmuré dans l'esprit d'Andrew, vint le rompre, soumise :

- Quels sont les plans ?

- Très simple... les Sulas sont en proie aux Furies, mais cet enflûre de Tulan nous a sorti le grand jeu... Il a fait appel à ses Ombres pour les contrer. Sauf que la puissance de Kobol et de ses filles dépasse ses défenses. Ce n'est qu'un ralentissement...

- Les Idrazits ?

- Non pas encore... il est trop tôt. Lorsque les Furies auront fait leur devoir, nous nous chargerons de Tulan. Puis viendra le tour d'Hanka. Affaiblis, par la perte de leur communauté, il faudra les exterminer.

- C'est là que j'interviens...

- Exactement. Tu manipuleras le lydéen pour qu'il les tue. Sans leurs Dieux, ils seront vite morts...

Une lueur maléfique passa dans le regard de Kor puis il s'éclipsa, plongeant l'endroit dans l'obscurité.

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Dim 22 Nov - 19:54

Les doigts de Molly qui se refermèrent fortement autour de son biceps décrochèrent à Koah une grimace. Le jeune homme planta son regard profondément dans les yeux de celle qui dans un autre monde avait été sa belle-sœur. Il trouvait particulièrement injuste ce qu’elle lui disait là.

- Tu crois que je ne le sais pas ? claqua Koah d’un ton sec et remplit d’amertume. Tous les jours je me lève en me disant que bientôt il me tuera ! Mais je n’ai pas le choix. Si nous voulons retrouver ton frère avant qu’il ne soit trop tard, nous avons besoin de lui. Il est lié au dieu qui tire les ficelles dans l’ombre. (D’un mouvement brusque de l’épaule, il se dégagea de la poigne de Molly.) Alors si j’accepte sa présence, c’est uniquement pour sauver ton frère. Si Olaek te dérange, reste dans ta cabine et n’y bouge pas. Si c’est trop te demander, je peux faire en sorte que mes nouvelles sœurs t’accueillent à bras ouverts. Je suis persuadé qu’un petit séjour sur ces berges te ferait le plus grand bien, à toi… tout comme à son fils !

Malgré tous les efforts qu’il faisait pour ne pas le montrer, la présence de Logan incommodait énormément le jeune homme. Elle lui rappelait sans cesse ce qu’il avait perdu. Danaé tentait tous les jours d’aider le glaneur à dompter son esprit et à y remettre de l’ordre… mais ce n’était pas forcément évident de ranger dans un coin de sa conscience une vie de souvenirs. Sans demander son reste, Koah s’éloigna de Molly et de Logan. Il rejoignit le bastingage et regarda avec lassitude l’orgie qui se déroulait sur les galets noirs.

- Comment voulez vous que je convaincs Néfal de nous laisser passer sans payer le prix qu’elle réclame ? C’est impossible.

Danaé resta songeuse quelques secondes, puis elle s’approcha de lui et lui confia en chuchotant :

- Tu fais partie des naïades à part entière, Koah. C’est difficile à concevoir pour ton esprit… sans vouloir t’offenser... mais tu n’es plus un homme, tout comme tu n’es pas une femme. Tu es au-delà le genre.

- Pourquoi vous me dites cela ?

- Parce qu’en tant que princesse naïade, tu as ton mot à dire maintenant sur ce clan. Ta voix compte. En tant que sœur de Néfal, tu es en droit de revendiquer son trône. Tu as raison, elle n’acceptera jamais de vous laisser partir sans avoir été payée. Néfal est orgueilleuse et ces décisions sont sans appels. Devint reine naïade et tu pourras imposer tes décisions, et ainsi forcer un départ précipité.

Koah s’appuya sur la rambarde, le visage enfuit dans les mains.

- Comment voulez vois que je la détrône ? Je ne vais quand même pas tenter une révolution à moi tout seul !

Danaé secoua la tête.

- Bien sûr que non, mais il y a sûrement une solution et ce n’est pas en restant à bord que tu la trouvera. Si nous sommes tous persuadé d’une chose, c’est que ce n’est pas un hasard si la Vague est devenue par la force des choses une princesse naïade. Rien n’arrête une Vague, Koah. Absolument rien.

- Je suppose que je n’ai pas le choix.

Dans un soupir las, le jeune glaneur passa les mains dans ses longs cheveux. Il se redressa et sans vraiment savoir ce qu’il faisait ou ce qui l’attendait sur les berges, il prit le pont de corail et descendit jusqu’aux galets noirs, suivit quelques secondes plus tard par Danaé et Avian. Sur le rivage, une véritable orgie à en faire rougir de honte Crya elle-même se déroulait. Les corps nus et en sueurs étaient entrelacés les uns aux autres. Galvanisés par leur instinct de mâle, les oderniens n’étaient plus que des bêtes avides de luxure. Koah traversa la foule enchevêtrée en direction de Néfal qui admirait le spectacle assise sur l’un des gros rochers au centre de la berge. Autour d’elle, plusieurs guerrières naïades montaient la garde. Lorsque la reine vit approcher Koah, elle leva un sourcil, intriguée. Elle demanda :

- Ton assassin des brumes ne te suffit pas ma sœur ? Il t’en faut plus ? (Elle jeta un regard sulfureux à Avian.) A moins que tu n’ais tenu à m’apporter toi-même mon séduisant mage.

Après une inspiration profonde, il dit sans détour :

- Nous devons partir… maintenant !

La reine éclata d’un rire cristallin qui se mêla aux râles de plaisir autour d’eux.

- C’est moi et uniquement moi qui décide quand vous serez autorisés à partir. Tant qu’Avian ne m’aura pas payé, vous resterez sur mes terres. Je ne demande pas grand-chose… que deux jours de votre précieux temps.

Koah échangea un regard avec Avian.

- Mais nous n’avons pas deux jours !

- Il est inutile d’essayer de me faire changer d’avis. Je suis celle qui décide sur ces terres.

- Alors il est peut-être temps que cela change !

La reine se redressa de tout son long, regardant Koah avec colère du haut de son rocher.

- Serais-tu entrain de me défier ?

- Je n’en ai pas envie mais si c’est le prix à payer pour nous en aller tout de suite, alors oui, je te défie reine Néfal !

Les guerrières poussèrent des cris rythmés qui firent se stopper l’ensemble des naïades alors occupée jusque-là à coïter. Elles repoussèrent leurs amants et se levèrent pour entourer Koah et le rocher de leur reine, formant ainsi un grand cercle. Visiblement vexée, Néfal dit en écartant les bras :

- A peine arrivée parmi nous que déjà ma très chère sœur réclame mon trône ! Elle est bien la digne fille de notre mère ! (Elle regarda fixement Koah de ses yeux d’ambre.) Si tu te crois de taille à m’affronter, alors j’accepte de relever ton défi royal.

Néfal fit un bond majestueux. Elle s’empara du trident d’une de ses guerrières, puis elle se tourna vers Koah.

- Tu as une heure pour te préparer. En attendant, continuez ce que vous avez à faire les filles !

Sans attendre, les naïades obéirent à leur reine et elles retournèrent vers leurs amants. Les coïts reprirent et les gémissements s’élevèrent a nouveau. Koah regarda Avian avec dépit. Il dit comme s’il venait de se rendre compte de ce qu’il avait fais :

- Je vais devoir me battre.

- Pas forcément, dit une voix douce près du rocher où se trouvait Néfal quelques minutes plutôt. Vous pouvez très bien choisir un ou une championne pour vous représentez. Le meilleur guerrier ou la meilleure guerrière si possible car Néfal est redoutable.

La naïade qui s’adressait à lui était plus petite que ses semblables, bien qu’elle dépassait malgré tout Koah d’une tête. Ses cheveux étaient tressés de plus d’une centaine de petites tresses et elle portait en paréo autour de sa taille fine des algues d’un vert luisant. Sur ses épaules et descendant dans tout son dos, un grand tatouage noir formait le symbole de Sedna.

- Qui es-tu ?

- Je m’appelle Cara, majesté. (Elle s’inclina.) Ne choisissez pas une championne parmi les naïades. Choisissez votre champion parmi les vôtres.

Koah acquiesça.

- Pourquoi m’aides-tu ?

- Je suis une prêtresse de Sedna. Ma déesse m’a annoncée le Changement. Et je tiens à aider celle pour qui l’Oxar fut sacrifiée. Sedna n’aurait jamais acceptée d’offrir sa fille pour quelqu’un qui n’en vaut pas la peine.

Le glaneur resta quelques secondes silencieux. Il regarda Néfal parler avec ses guerrières au bout de la berge, puis il se tourna vers Avian. Il demanda, inquiet :

- Et maintenant ? Qui dois-je choisir ? Je ne suis pas doué pour le combat. Elle va gagner. (Un soupir.) Vous êtes sûr de ne pas vouloir passer rien qu'un petit moment avec elle ? Histoire qu'elle soit plus clémente ?

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Lun 23 Nov - 3:05

HRP : Oula, j'ai un problème de balises, je n'arrive pas à les mettre !!! Shocked Neutral

- Malheureusement Koah, il y a des choses que tu ignores sur mon pouvoir... si je succombe maintenant aux appels de Nefal, mon esprit mettra du temps à s'en remettre. La magie est quelque chose de difficilement contrôlable, il faut à chaque instant garder la maîtrise de l'esprit sur le corps. Les Amazones, aussi, ont toujours voulu copuler avec mon peuple. C'est ien pour cela que nous sommes si peu, beaucoup d'hommes ont succombé et en ont perdu la vie. Je n'ai pas la même pouvoir que toi... tu es une Vague, je ne suis qu'un humain... si je cède maintenant, je ne pourrais pas user de la magie avant plusieurs jours, au risque de me tuer et de tuer ceux qui m'entourent. C'est le prix à payer lorsque l'on possède un pouvoir... Si l'enjeu n'était pas aussi capital je l'aurais fait. J'avais simplement espéré qu'Andrew, lors de son retour, suffirait à t'aider... et que ma magie ne serait plus nécessaire...

Il posa un regard désolé sur Nefal et poursuivit, visiblement songeur :

- Nous ne pouvons revenir en arrière sur un tel défi... ce serait te bannir et perdre le respect qu'elles te doivent, il faut trouver quelqu'un... un individu susceptible de t'aider. Un guerrier puissant qui t'aiderait à gagner... Lycos...

Il se tourna vers le guerrier nu, chévauché par une Naïade dont les cris montraient son plaisir exacerbé. Lycos se laissait aller totalement. Il était couvert de sueur, le souffle entrecoupé de râles, et visiblement l'orgasme proche. Avian se ravisa :

- Même lui qui ne contrôle pas la magie, il sera incapable de l'emporter... je crains que nous ne puissions compter sur lui, malheureusement.

Il observa la foule de guerrier lorsque soudain son regard s'anima d'une lueur particulière. On sentait la sagesse et l'intelligence manifester leur présence.

- Je ne peux la combattre, il me faudrait user de beaucoup de mon pouvoir, et face aux dangers qui nous attendent, je dois m'économiser... par contre, tu as en ta possession un guerrier indiscutable...

Il désigna le pont du navire, de là où sortait des tintements de métal clairs et brefs.

- Olaek est un Assassin des Brumes. Il a montré qu'il était doué... et il ne semble pas du tout affecté par le charme de Naïades... sans doute à cause de la torture qu'il a subi. Ceux de son clan sont connus pour être des êtres froids, sans pitié ni sentiment. Ils sont donc immunisés en quelque sorte contre les charmes. Il a un contrat avec toi... peut-être accepterait-il d'être ton champion... Quoiqu'il en soit, nous avons fort intérêt à gagner... car en cas de défaite, non seulement tu écoperas de leur colère, mais en plus, je serais obligé de céder... et donc de m'affaiblir. Et il ne fait aucun doute que Nefal tuera Olaek... quoique, ce dernier se suicidera probablement s'il voit la défaite pointer, plus par instinct que par fierté. Nous perdrons la seule chance de déposséder Andrew.

Il caressa le duvet qui lui servait de moustache.

- Je sais que l'idée ne te plait pas forcément... mais devant ce spectacle d'orgie, nous n'avons guère le choix.

********

"Grand Tulan, nous ne tiendrons plus longtemps..."

"Je sais... je suis navré... j'aurais du prévoir cette attaque plus tôt et l'arrêter... Mais il est trop tard pour reculer. Ce combat est un combat à mort, vous le savez Général..."

"Oui, dans notre mort nous entraînerons le maximum de Furies."

"Bonne résolution, Général."

Tandis que l'Ombre se ruait sur le champ de bataille spirituel, tulan regarda son armée se faire massacrer lentement et céder le terrain qui les séparaient d'Oderne. Son regard se porta sur le Mont Kobol, au loin... et il comprit alors que Kor parviendrait à ses fins. Sans les Ombres pour protéger Oderne et sa communauté, tous allaient périr sous l'assaut des Furies. Sans hommage ou foi, il perdrait de sa puissance... C'était terminé, ses fidèles Ombres pourraient tenir une heure, voire deux avec de la chance, mais elle avaient un avantage considérable.

Il fut tiré de son constat défaitiste par un tremblement... Ce n'était pas un séisme... Quelque chose se produisait... la brume semblait avoir envahi les alentours ce qui ne posait aucun problème aux esprits qui y voyait parfaitement. Les Furies hésitèrent... pour la première fois depuis la bataille. Tulan frissona... pour la première fois de son existence. Il connaissait cette vision, il savait à quoi appartenait cette odeur. La simple idée d'avoir cela en face de lui, l'intimidait. Il avait trembler devant peu de choses, mais ça... ces créatures... même Kobol en son temps les avait craint. Kirion se matérialisa à côté de lui. Aussi soudainement que d'habitude. Mais il ne ressemblait plus au Kirion qu'il connaissait. Le Dieu avait une apparence effrayante. Son visage, couvert de morceaux de peau nécrosés était livide, ses yeux, injectés de sang. Il portait une tunique d'un noir pur, une longue épée rougeoyante à sa ceinture. Et, fait rare il flottait au dessus du sol. Lorsque son esprit entra en contact, Tulan fut paralysé sur place :

"Je ne laisserais personne se mettre en travers de ma vengeance. Personne."

Et sur ce verdict, tranchant la brume comme une lame de rasoir, la terre se remit à trembler. La brume disparut soudain. Il y eut un instant de silence, très pesant. Puis la terre se souleva pour laisser jaillir des milliers de spectres au teint argentés. Le combat reprit, avec cette fois, en guise de cris, les plaintes de douleur des Furies. Tulan murmura :

- Ainsi, la guerre ne fait que commencer...

Au dessus du champ de bataille, un nuage noir, aux lueurs rouge sang se formait à mesure que les esprits se tuaient. Bien vite, la bataille se rééquilibra. L'armée de Kirion avait rétabli la balance... et du bon côté. Sortant son épée, Kirion se jeta entier dans le combat, faisant hurler sa lame à chaque fois qu'elle ôtait la "vie" à une Furie.

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Lun 23 Nov - 6:36

Avec une anxiété apparente, Koah se massa les tempes. L’idée de faire combattre Olaek ne l’enchantait guère. L’assassin des Brumes était imprévisible dans ses réactions. Ce n’était pas la mort de Néfal que le glaneur désirait, mais son trône. Pour la première fois depuis le début de ce voyage, le jeune homme s’en voulu de ne pas avoir accepter que Gürkan les accompagne. Le maître d’arme lydéen était à ses yeux le seul guerrier capable de rivaliser avec n’importe quel ennemi. Au-delà la rancœur que Koah éprouvait pour lui, il savait qu’il aurait été un bon champion.

Koah prit une profonde inspiration.

- J’imagine que je n’ai pas le choix ? (Son regard se posa quelques secondes sur Lycos.) Bien que je reconnaisse sa valeur au combat, je ne le pense pas assez expérimenter pour combattre la reine. Vous avez raison Avian, nous avons besoin d’Olaek.

Koah soupira, puis résigné, il s’avança vers le pont de corail, invitant d’un geste de la main Cara à les suivre. Il demanda alors qu’il serpentait entre les corps dénudés des oderniens en proies à l’orgasme :

- En quoi consiste exactement ce duel ?

- C’est un combat majesté. Il ne trouve de fin qu’une fois que l’une des deux participantes est dans l’incapacité de riposter. Ma reine Néfal est intransigeante et sans pitié. Elle va jusqu’au bout. Elle élimine sa rivale, lui ôtant la vie afin qu’elle ne puisse jamais plus se dresser contre son autorité. J’espère que le champion que vous choisirez, majesté, est de taille à l’affronter.

Koah s’arrêta avant de mettre le pied sur le pont.

- Elle est si redoutable que cela ?

- La magie est autorisée majesté, et vous êtes sur son territoire. L’Urenkar ne vous fera pas de cadeau. Heureusement, le choix du terrain vous revient de droit. Par contre, Néfal choisira les armes. Et s’il y a une arme qu’elle manie à la perfection, c’est le trident.

- Trouve moi un trident, si tu veux bien.

Cara s’inclina légèrement depuis la taille, un geste qu’elle accomplit avec grâce.

- Tout de suite, majesté.

En silence, Koah remonta sur le pont principal du Dravani. Il alla s’accouder au bastingage et une nouvelle fois il se massa les tempes. Il n’aimait pas devoir s’adresser à Olaek. Moins il le côtoyait et mieux il se portait. Pendant une petite dizaine de minutes, il réfléchit à comment exiger la coopération de l’assassin. Koah ne voyait qu’une chose à faire : toucher à l’orgueil de cet homme. Apparemment, la défaite était quelque chose de très peu honorable pour lui.

Lorsque Cara lui apporta un trident, Koah fut étonné du poids de celui-ci. Il pesait six fois plus lourds qu’une épée hankienne, et il mesurait près de deux mètres et demi de long. Forgé dans un alliage grisâtre à la forte odeur d’iode, Koah l’admira un instant. C’était une arme finement ouvragée qui semblait irradier d’une lueur beauté irréelle. Après un rapide signe de tête en guise de merci, il descendit dans les calles du Dravani, rejoignant le cagibi faisant office de cabine d’Olaek.

Sans s’annoncer ou demander la permission, Koah ouvrit la porte à la volée, déposant un regard sévère sur l’assassin assit au sol. Immobile dans la pénombre que la lueur d’une petite bougie faisait vaciller, Olaek aiguisait une à une ses lames. Le glaneur jeta à ses pieds le trident, ce qui produisit un grand vacarme.

- Tu as une poignée de minutes pour apprendre à utiliser cette arme !

Il ne lui laissa pas le temps de répliquer, cherchant à l’irriter et à le piquer à l’ego.

- Il y a quelques jours, tu as tenté de m’ôter la vie, mais en vain. Tu t’es fais lamentablement humilier par l’un de mes guerriers. Aujourd’hui, je t’offre la chance de prouver que tu n’es pas le pire des bons a rien de ton clan ! Tu combattras la reine Néfal pour moi en combat singulier. Je veux que tu la mette K.O. (Il pointa un doigt menaçant vers lui.) Si tu la tues, je te garantis que tu me supplieras de t’achever ! Face à la colère d’une Vague, ce que tu as subis jusqu’à présent te paraîtra bien doux !

Le jeune homme fit un pas en arrière pour s’en aller, mais il se ravisa.

- Au fait… adresse encore une fois la parole à Molly Kant, et je te fais couper la langue sur le champ !

Aussi rapidement qu’il était arrivé, Koah s’éclipsa. Il rejoignit Avian et Danaé sur le pont, laissant seul Olaek. Le jeune homme n’aimait pas devoir jouer au méchant, mais il commençait doucement à comprendre que la gentillesse et la bonté en temps de guerre n’avaient pas leurs places. L’objectif de Koah était de retrouver coût que coût Andrew, et pour cela, il était prêt à entacher son âme de sang... du moins c'est ce qu'il pensait sur l'instant.

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Lun 7 Déc - 3:02

Olaek se leva et ramassa le trident. Il ne le trouvait pas excessivement lourd mais sa longueur était beaucoup trop importante à son goût. Il détestait les armes de ce type, que ce soit les bâtons, les lances ou les fourches, le manche était long, le geste devait être puissant et pas assez près du corps. Lui préférait de loin les armes fines, petites, où après avoir fait une danse macabre, il enfonçait les lames dans les chairs, à une proximité telle qu'il les sentait tressauter et convulser. Il ne laisserait personne lui retirer ce plaisir. Sortant de son cagibi, il agita rapidement ses lames sur les pointes du trident, provoquant des gerbes d'étincelles à mesure qu'elles s'aiguisaient. Puis rangea les couteaux à leur juste place. Un dans chaque manche, un à chaque cheville, un sur sa poitrine au niveau de son coeur, deux sur les côtés et un dans le creux de ses reins.

Il rejoignit Koah, trident à la main, dans une démarche fluide, silencieuse. Même les planches du navire ne grincèrent pas. Les Assassins des Brumes avaient acquis des capacités d'infiltration telle qu'une fois en mouvement, il était difficile de les arrêter. Leurs gestes étaient précis, au point que lorsqu'il fallait achever leur adversaire, la lame plongeait indubitablement dans le coeur. Pour Koah qui n'avait jamais vu un Assassin des Brumes en action, cela risquait d'être effroyable. Ils n'avaient pas la réputation d'être un clan maudit des Dieux pour rien... Olaek à cet instant précis se demanda comment mettre son adversaire hors d'état de nuire, sans la tuer. Lui qui avait toujours appris à finir le travail... ou à en mourir... Il posa sa main sur l'épaule du glâneur et lui murmura, glacial :

- J'ai la langue déjà coupé en partie, tu peux prendre l'autre si tu veux, je n'en ai pas besoin pour tuer. Et au moins jusqu'à ce que tu aies mis la main sur... Andrew... je serais à l'abri de la moindre torture. Il serait idiot de perdre celui qui te conduira au responsable de sa disparition, n'est-ce pas ?

Il tapota sur l'épaule du glâneur, sortit une bille en verre de sa poche et la plaça sa bouche... du poison... au cas où il perdrait le combat. Puis il s'avança sur la terre ferme. C'était parfait. Il ne doutait pas de sa capacité à se battre mais l'eau n'était pas sa tasse de thé... sur la terre ferme, il avait un avantage. Il fit passer le trident entre ses doigts, provoquant un sifflement rapide et plaça sa main au milieu du manche, prêt à en découdre. On voyait tout de suite que la machine à tuer était en route... Visage fermé, concentré, le regard impitoyable, les muscles bandés... et tout cela avec un tel instinct, une telle animalité qu'il en émanait un sentiment d'appréhension tout autour. Certaines Naïades avait relâché leur attention charnelle pour l'observer. Néfal s'avança, impérieuse.

- Allons donc ma soeur... est-ce donc tout ce que tu as trouvé pour te défendre ? Quel dommage, sa semence aurait été très précieuse. Tu as fait ton choix, tu vas le regretter amèrement...

Elle se mit en position de combat à son tour. Son trident le long de son bras, son corps prêt à attaquer. Il y eut un grand silence, les Naïades avaient ralenti leur rythme et tout en continuant de façon secondaire leur besogne, regardèrent les deux combattants. Néfal lança un cri de guerre et s'élança. Les deux tridents s'entrechoquèrent, dans une gerbe d'étincelles. Olaek fit deux pas de côté, avec une telle vitesse qu'il se dégagea sans aucun problème. S'apercevant qu'elle avait sous-estimé son adversaire la Reine redoubla de fureur et se mit à attaquer. Le trident d'Olaek la parait à chaque fois, comme s'il parvenait à juger à l'avance ce qu'elle allait faire. Tant est si bien qu'elle s'énerva. Usant de la magie, elle fit sortir un serpent d'eau de l'Orenkar. Olaek sortit rapidement un petit flacon de sa manche et dans un geste net le brisa. Une fumée blanche s'en échappa. Le serpent d'eau lui arriva droit dessus mais il se transforma en glace à l'instant même où il passa dans la fumée blanche. Profitant de l'effet de surprise et de déconcentration de Néfal, l'Assassin passa la garde de son adversaire et lui asséna, en prenant appui sur son arme, un violent coup de pied dans la poitrine. Les Naïades s'offusquèrent et leur reine eut le souffle coupé un très court instant. Moment qu'Olaek mis a profit pour effleurer de la pointe du trident, son flanc et y créer une entaille.

Furieuse, Néfal envoya le manche de son arme dans les dents du jeune homme, lui éclatant la lèvre inférieure. Elle se servit d'un nouveau serpent d'eau pour le faire trébucher. Il s'affala sur le sol, sous les regards inquiets d'Avian, Koah et Molly. Néfal eut un sourire cruel et planta son trident en plein coeur. Mais la lame en kitine du couteau dévia le coup. Une des pointes lui transperça l'épaule gauche. Il n'y eut aucun cri, Olaek avait une sphère en verre sur le bord des lèvres, il la brisa d'un coup de dents. Presqu'aussitôt, une épaisse fumée noire se propagea, se propageant tout autour d'eau, les rendant invisibles. Nefal retira son trident et le planta à nouveau. Mais elle ne heurta que la terre, l'Assassin avait disparu dans la brume obscure. Ne pouvant contrôler l'air, elle n'arrivait pas à utiliser l'eau. Elle lâcha un hurlement strident lorsque les pointes du trident se plantèrent dans sa jambe. Quand elle se retourna, Olaek avait disparu. Elle se mit alors à frapper dans le vide avec désespoir pour le toucher. Après de longues minutes, il en résulta qu'elle s'était épuisée en vain.

La brume disparut aussi soudainement qu'elle était apparut. Néfal était essouflée, le sang coulant sur sa cuisse en cascade. Olaek était prêt à bondir, comme un tigre. A son épaule, sa tunique noire brillait de sang mais il restait impassible. Néfal utilisa un nouveau serpent d'eau qu'Olaek évita. Il bondit en avant, planta le trident dans le sol et avec une habileté surprenante, se jeta par terre droit vers la Reine. Elle n'eut pas le temps de réagir. Fauchée par le passage de l'espion elle tomba à terre, lâcha son trident. Olaek se releva et plaqua le sien contre sa gorge. Les Naïades avaient cessé tout acte de luxure. L'Assassin planta la pointe du milieu à peine dans la gorge pour en faire sortir du sang. Il ne vit pas le véritable coup de fouet de l'eau qui le percuta. A moitié assomé, il tomba à terre. Néfal en avait profité pour reprendre son trident et cette fois, elle planta l'arme en plein dans l'abdomen de l'Assassin. Elle le retira et avec un rire sadique, elle tenta une nouvelle fois de le toucher en plein coeur. Mais la pointe fut déviée encore et se planta entre deux côtes, dans le poumon. Furieuse, elle allait recommencer lorsqu'Olaek dans un formidable jeu de jambe lui déboita la mâchoire de ses deux pieds. Elle fut projetée sur le sol, le visage en sang. L'Assassin se releva. Le bruit de sa respiration était maintenant audible à une centaine de mètres. Son poumon se noyait peu à peu dans le sang. Il eut quelques spasmes et le sang se mit à couler à la fois de son nez de sa bouche en quantité importante.

Avec courage il se tint prêt à une autre attaque. Et celle-ci fut fatale à l'issue du combat. Néfal, emplie de haine et de colère se jeta sur lui trident brandi en avant. Les deux armes s'entrechoquèrent. Pendant plusieurs secondes elles tremblèrent fortement sous la puissance qui les faisaient se percuter. Mais l'utilisation de la magie et le combat avait épuisé la Reine. Elle commença à céder. Avec un geste vif et déterminant, Olaek la désarma et se saisit de son trident. Elle tomba au sol sur le dos les pointes appuyées sur sa peau. Dans un signe, elle abdiqua. Olaek la regarda, le regard sombre, inhumain. Puis il ôta les tridents et recula. Lorsqu'il fut suffisamment loin, il se tourna pour revenir vers Koah. Et tandis qu'Avian était satisfait, il ne put hurler. Néfal, dans sa rage de vaincre avait sortit un poignard et fonçait sur l'Assassin pour le tuer. Avec un instinct magistral, Olaek planta les deux tridents au sol, se projeta dans les airs en s'en servant comme appui puis fit un salot et volte-face. Néfal que la manoeuvre avait surpris, hésita. Et cette hésitation lui coûta cher. Olaek avec une dextérité de maître avait sorti deux lames d'on ne sait où et d'un geste coordonné tailla dans l'air. Il y eut un borborygme surprenant et effrayant. Néfal avait deux entrailles sur la gorge. Elle lâcha son arme, tomba sur le sol, agitée de spasmes. L'Assassin essuya ses lames sur sa tunique et passa devant Koah, sans rien dire. Il traînait derrière lui de longues traces de sang mais faisait comme si de rien n'était. Il entra dans son cagibi, resta un moment debout. Puis, soudain pâle comme la mort, il s'effondra, à plat ventre. Le sphère contenant le poison lui échappa tandis qu'il allait la briser et roula sur le sol de bois. Une épaisse mare de sang se propagea autour de lui tandis que son organisme refusait de perdre connaissance.

Il sentait que son sang se vidait... il sentait l'énergie vitale le quitter et le sang présent dans son poumon l'asphyxier.

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mar 8 Déc - 4:21

Le souffle de Koah se coupa lorsqu’Olaek trancha la gorge de la reine Néfal. Le geste fut si rapide et précis que le glaneur n’eut pas le temps d’utiliser ses dons pour repousser en arrière l’assassin. Agonisante sur les galets noirs, la reine des Naïades poussait des borborygmes douloureux, les muscles de son corps raidis. Elle grattait de ses longs doigts le sable sous les galets comme dans un espoir dérisoire de se raccrocher à la vie. Autour d’elles, les naïades se lamentaient en laissant s’échapper de longs gémissements attristés. Certaines se roulaient en boules sur le sol, tandis que d’autres enfouissaient leurs visages dans leurs mains en balançant des épaules dans une danse cérémoniale.

- Par tous les dieux ! déplora Koah en s’agenouillant au côté de la reine. Je ne voulais pas en arriver là.

Pour toute réponse, il ne reçu que des glapissements. La reine agonissait et mourait à petit feu. Malgré la main que Koah venait de déposer sur la plaie pour empêcher le sang turquoise de s’écouler à grand flot, la reine s’en allait. Dans un dernier effort, Néfal arracha son collier fait de pierre de turquoise et de rubis noirs, et elle le plaça dans la main du glaneur qu’elle serra fortement un instant avant de relâcher la pression. Le voile terne de la mort venait de se déposer sur ses yeux jaunes.

Une lourde triste s’abattit alors sur les berges. Les naïades délaissèrent les hommes qui en profitèrent pour se revêtirent, conscient que les festivités étaient terminées. Koah resta au chevet de la dépouille de la reine de longues minutes, le temps que les prêtresses de Sedna surgissent des profondeurs de l’Urenkar et recouvrent leur défunte reine d’un linceul blanc. Les yeux rouges de tristesse, Koah s’adressa aux filles du Fleuves :

- Je ne voulais pas que cela se termine de la sorte.

Malgré son visage accablé, Cara parue indulgente. Elle se démarqua de la foule d’un pas et avec une grâce révérencieuse, elle s’inclina.

- N’ayez aucun regret, Majesté. C’est la dure loi du Duel Royal. Notre reine Néfal est morte en guerrière. Comme elle a toujours vécue. Aujourd’hui vous êtes notre Souveraine, et nous sommes à vos ordres.

Les cris de tristesse des naïades firent vibrer les rives du l’Urenkar. Les prêtresses emportèrent le corps de leur défunte reine dans une procession religieuse ponctuée de chants et de danses ritualisées. Une fois la dernière prêtresse disparue sous les flots, les autres naïades la suivirent en rang ordonné. Cara et une poignée de guerrières armées de tridents restèrent près du glaneur. La prêtresse de Sedna dit alors en indiquant d’un geste le collier que Koah serrait dans son poing ensanglanté :

- Ce collier fut offert par Sedna elle-même à la première des reines de notre peuple. Il se transmet de reine en reine. Il est le symbole de votre pouvoir.

Koah regarda un instant le bijou briller entre ses doigts. Il se sentait sale de ce qu’il s’était passé. C’était sa faute si Néfal était morte. C’était lui qui avait choisi Olaek comme champion. Il avait choisi – sous le conseil d’Avian – cet assassin pour le représenter et combattre sa « sœur ». Comment avait-il put croire un seul instant qu’Olaek tiendrait parole ? Il était né pour tuer. C’était dans ses gênes ! L’estomac de Koah se resserra plusieurs fois, alors que monta en lui un épais et visqueux sentiment de culpabilité.

- Vous avez eut ce que vous vouliez Avian ! cracha le glaneur avec mépris. Elle est morte. Vous n’aurez plus jamais à payer le Passage désormais ! Votre puissance est à jamais sauve ! (Il s’approcha brusquement du mage et essuya sa main ensanglantée sur la tunique de ce dernier, laissant une trace turquoise sur le tissu.) Partagez donc avec moi le sang de cette innocente ! Vous êtes autant coupable que moi de sa mort !

Il serra avec rage le collier de Néfal et luta un instant avec l’envie de frapper le magicien. Sa colère lui disait de le cogner pour le punir mais sa raison l’en empêchait. Il lui lança finalement un regard remplit de mépris, puis il se détourna pour remonter sur le Dravani en empruntant le pont de corail. Lorsqu’il croisa le capitaine occupé à huiler sa barbe, il ordonna sans même le regarder :

- Soyez prêt à appareiller le plus tôt possible !

Teagan fit un large sourire, puis une révérence maladroite.

- Tout de suite, Majesté !

Koah balaya d’un mouvement d’épaules son geste. Il entra dans le compartiment des cabines, laissant derrière lui le capitaine qui hurlait à tue-tête ses ordres aux orderniens. D’un pas décidé, le glaneur suivit les traces de sang laissé par l’assassin sur le sol. Il rangea le collier dans la poche de sa tunique, puis il ouvrit à la volée la porte du cagibi d’Olaek. Le cœur de Koah ne fit qu’un bond dans sa poitrine. Alors qu’il était venu hurler sa colère sur l’assassin, il ne ressentit à cet instant précis qu’une grande panique l’envahir. La seule personne capable de l’aider à sauver Andrew se vidait de son sang.

- Oh non ! Pas ça ! VENEZ M’AIDER !

Koah se pencha sur le corps livide de l’assassin, ses genoux posés dans la mare de sang. Il le retourna et tenta de voir s’il était toujours vivant. Malgré ses yeux révulsés, il respirait toujours… faiblement. Le glaneur pressa la plaie au niveau du poumon d’Olaek, tentant de maîtriser l’hémorragie.

- Nous avons un accord tous les deux, pourriture ! Je t’interdis de mourir ! vociféra le jeune homme en lutant pour ne pas laisser ses larmes de détresse couler le long de ses joues. Tu m’entends ? (Il le gifla afin de le sortir de sa torpeur.) Je t’interdis de mourir ! Je ne te laisserais pas t’en aller ! Si je dois enfermer ton âme dans un flacon pour te forcer à rester parmi les vivants et me conduire vers ton maître, je le ferais !

Précipitamment, Danaé, Lycos et deux assassins oderniens apparurent dans l’encadrement de la porte. Sous l’ordre de l’ancienne déesse, Lycos porta le corps d’Olaek pour le déposer sur l’une des tables d’une des cabines adjacentes faisant office de réfectoire. Tout en examinant consciencieusement les plaies du mourant, Danaé demanda :

- Apportez-moi de l’eau chaude, des chiffons propres et du feu. (Les oderniens s’exécutèrent aussitôt.) Lycos, allez dans ma cabine et apportez ma bécasse. (Le lydéen s’éclipsa.) Koah, je vais avoir besoin de toi.

- De moi ? Mais je… je n’ai jamais soigné de blessure aussi grave.

- Il y a un début à tout.

Danaé déchira la tunique de l’assassin, dévoilant un corps recouvert de cicatrices et tatoué d’étranges symboles noirs formant un impressionnant symbole. Celui-ci recouvrait la quasi-totalité du dos d’Olaek et une partie de ses épaules et de ses côtes. Koah reconnu dans ces écrits du sula.

- Olaek est grièvement blessé, dit la jeune femme. Ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’il ne meurt. Je n’aurais pas assez de mes dix doigts pour l’apaiser.

- Vos dix doigts ?

- Connais-tu les points de pressions ? (Koah secoua la tête négativement.) Il existe dans le corps humain un grand nombre de point vitaux. Une pression suffit sur certains points pour ôter la vie à quelqu’un.

A l’aide de son index et de son majeur, Danaé appuya fortement sur un point précis du thorax de l’assassin. Un craquement se fit attendre et aussitôt, la respiration sifflante d’Olaek se calma. Elle dit alors qu’elle laissa ses doigts parcourir la hanche du mourant à la recherche d’un autre point à presser :

- Il n’utilise désormais plus qu’un seul de ses poumons. (Elle appuya fortement dans la hanche et un nouveau craquement se fit entendre.) Je vais le paralyser le temps de pouvoir le soigner. Même s’il est habitué à la douleur la plus atroce, inutile d’en rajouter davantage. Lorsque Lycos sera de retour, prépare les baumes et le sumac kori, et met à brûler les aiguilles. En attendant, regarde et apprend.

**********

La fin de la matinée était claire et lumineuse, et une brise venue de la mer rafraîchissait un peu la chaleur estivale. Dans tout Lydée et dans le village Qwel en contrebas, les préparatifs de la Célébration à Pëlos avançaient. Ces festivités étaient la plus vieille fête que célébrait les Lydéens, car elle fêtait la naissance du dieu protecteur du village. Pour l’occasion, la grande place était en effervescence. On avait dressé de grandes tables où s’étalait une myriade de plats différents que l’on préparait depuis une semaine. On avait descendu des greniers d’énormes tonneaux de bière épicée et on les avait posés sur de grand cadre de bois qui grinçaient sous leur poids. Inquiets de l’apparente fragilité des supports, les aides responsables des tonneaux s’empressèrent de vider un peu le contenu de ceux-ci, ce qui agaça prodigieusement Déjanire, la chef intendante de la guilde de l’Aménagement et de l’Harmonie.

Loin de toute cette agitation, au deuxième étage de la très grande hutte Kant, Koah somnolait. Allongé dans le lit conjugale, le jeune homme se prélassait simplement vêtu d’un pagne de nuit blanc, son corps caressé par un rayon chaud du soleil qui entrait par l’une des persiennes. Bien vite, celui-ci fut remplacé par un doux frôlement de doigts tout le long de son échine, puis par un baiser sur son épaule, et enfin d’une autre caresse parfumée. Dans un petit grognement, Koah ouvrit les yeux. Il reconnu aussitôt les lèvres de son mari, ainsi que ses mains aventureuses qui explorèrent tendrement sa peau, et l’odeur d’une alikey bleutée avec laquelle Andrew le caressait.

- Tu ne devrais pas être au temple entrain de te préparer pour la cérémonie de tout à l’heure ?

Koah ne bougea pas. Il se contenta de savourer l’instant présent et les douces attentions du chef Kant. Cela faisait une semaine qu’Andrew était partis chasser avec sa guilde pour ramener les plus beaux gibiers que la communauté dégusterait ce soir autour du grand brasier. Pour l’occasion, les chasseurs quittaient le territoire de Lydée pour traquer principalement le kataals, un majestueux cerf très farouche aux bois d’un jaune ressemblant à de l’or. Dans un effort de volonté, Koah s’étira puis il roula sur lui-même pour s’allonger sur le dos. Il fit une légère grimace devant le visage sale de son époux. Andrew avait les cheveux terreux, une barbe hirsute qui lui mangeait les joues et il empestait d’une odeur légèrement acide, mélange de transpiration, de suie de feu de camp, de nuit passée à la belle étoile et de tabac lydéen.

- Tu es tombé dans la fosse en arrivant ?
(Koah tenta de se soustraire à la poigne de son époux mais en vint.) Vous ne vous lavez donc jamais vous autre les chasseurs ? Tu reviens de la fange de Kabeth ?

Andrew rit, puis il offrit la fleur d’alikey bleutée à son époux.

- Tu n’imagines pas ce que j’ai du faire pour te cueillir cette fleur.

Koah la respira un instant avec un petit sourire.

- Il y en a des milliers qui montent le long de la façade du temple de Pëlos. Tu aurais pu en cueillir une là-bas.

- C’est ce que j’ai fais. Mais j’ai du batailler ferme avec Stanislas. Ce chien ne m’aime décidément pas !

A son tour, Koah éclata de rire. Malgré son léger dégoût face à la saleté plus qu’apparente de son mari, il se laissa tout de même embrasser longuement. Il ne put s’empêcher de nouer ses bras autour de son cou et de le serrer tout contre lui. Koah se laissa ensuite cajoler plus en détail. Durant un moment qu’ils ne purent réellement saisir, les deux hommes se retrouvèrent avec tendresse, profitant de la présence de l’un et de l’autre. Andrew explora de ses lèvres le corps de son époux, tandis qu’une de ses mains s’aventura sur les douces fesses qu’il avait mainte fois visitées. Deux doigts explorèrent l’intérieur du corps du glaneur qui couina, puis ils furent rejoints par sa langue et ses lèvres voraces. Andrew s’apprêta à défaire le pagne blanc de Koah afin d’avoir accès à son corps tout entier, lorsqu’une voix les interpella au fond du couloir :

- Grand-mère ! Papa ! Papa est rentré !

A peine eurent-ils le temps de se décoller que déjà la porte de la chambre s’ouvrit à la volée et qu’un petit garçon de cinq ans bondit sur le lit, puis dans les bras d’Andrew. Määt cria de joie, se bataillant avec son père qu’il n’avait plus vu depuis une trop longue semaine.

- Je croyais que tu devais aider grand-mère Lucie à préparer les grappes de fruits ce matin, s’étonna le glaneur.

Le petit garçon bomba le torse.

- Nous avons tout fini ! C’était facile. J’en ai fais une toute énorme rien que pour toi… avec plein de morceaux d’ananas.

Koah embrassa son fils sur le front, puis il sortit du lit, nouant discrètement au passage l’attache de son pagne. Il se dirigea vers le balcon de sa chambre et ouvrit les persiennes en grands, laissant l’air et la lumière cascader dans la pièce. Au loin, sur la grand-place, le monde affluait. Koah pouvait voir que l’on finissait d’amasser le bois de qwelsa pour le grand brasier, et il pouvait entendre que l’orchestre de cordes ajustait leurs cent trente et une lyres.

- Tu devrais aller te préparer, Andy. Lydée à besoin de son chef en grande pompe aujourd’hui.

Il ne reçu aucune réponse. Lorsqu’il se retourna, Andrew, Määt, puis la pièce entière s’évapora, soufflé par un vent imperceptible. Koah se retrouva une microseconde entouré du néant, mais celui-ci fut aussitôt remplacé par l’antre d’un majestueux édifice. Sous les pieds nus du lydéen s’étendait un dallage de marbre noir. Il s’étirait aux quatre coins du temple… car c’était bien dans un temple qu’il se trouvait. Koah reconnu l’autel pour les offrantes, mais il ne put donner une identité exacte à l’immense statue faite d’or et d’ivoire qui trônait au bout de l’allée à colonnades. Jamais de toute sa vie, il n’avait vu un édifice aussi grand, aussi haut et aussi majestueux.

- Pourquoi t’évertuer à sauver un monde sur le déclin ?

La voix se répercuta en échos dans le grand hall.

- Où suis-je ? Qui êtes-vous ? Montrez-vous !

Koah chercha la provenance de la voix mais il ne trouva personne. Il n’y avait que lui dans cet immense sanctuaire.

- Il n’y a plus rien a faire, jeune Vague. Il n’y a que toi qui vailles la peine d’être épargné. Il ne suffit que d’un mot de ta part et je t’ouvrirais les portes de mon panthéon. Le monde que tu chéri tant va disparaître. Tâches de ne pas sombrer avec lui.

D’un pas hésitant, le jeune homme s’approcha de la gigantesque statue. Elle devait faire plus de vint mètres de hauteur. Faite d’or et d’ivoire, celle-ci représentait un homme assit sur un trône, vêtu d’une toge et le pied droit posé sur un globe terrestre. Dans la paume de sa main droite, il soutenait une déesse, et dans l’autre, il tenait un sceptre surmonté d’une créature ailée ressemblant à un dragon.

- Je n’abandonnerais jamais mon monde !

- Pourquoi luter ? L’homme que tu aimes te haïs. Ton village est détruit. Tous les êtres autour de toi tombent les uns après les autres. Les Furies sèment la mort et la destruction. Ce ne sont que des barbares, jeune Vague. Tu veux mieux qu’eux. Tu es une Vague. Tu es destiné à t’élever et à briller. Combien de mort faudra-t-il encore pour que tu comprennes qu’il n’y a plus rien à attendre d’eux ? Crois-tu réellement que ce monde vaut la peine d’être sauvé ? Il est remplit de violeurs, d’assassins des brumes, de créatures monstrueuses, de communautés agressives que tout oppose… Jeune Vague, le monde de Cheera est un monde chaotique sur le déclin. La bonté et l’espoir ont disparus le jour où Cheera s’est sacrifiée… en vain !

**********

Koah se réveilla quand on le secoua tout doucement. Il avait l’impression de n’avoir fermé les yeux que durant quelques instants. Debout à côté de lui, Lycos lui tendait quelque chose :

- Tiens, mange ça. Ça te fera du bien.

Koah prit le bol de soupe aux algues et les deux brioches beurrées que son ami lui tendait. Après les deux premières bouchées, il se sentit mieux. Le jeune homme regarda le corps inerte d’Olaek qu’il avait tenté de soigner une longue partie de la nuit avec Danaé. Lycos demanda, inquiet :

- Comment va-t-il ?

- Je n’en sais rien. Nous lui avons administrer un sédatif très puisant afin qu’il se repose. Nous serons fixé d’ici quelques heures. Danaé dit quelles sont décisives.

Lycos bouscula légèrement son ami afin de s’asseoir à côté de lui. Les deux hommes se trouvaient dans une petite cabine à peine éclairée par la lueur d’une lampe à huile. La lanterne se balançait au rythme des coups de rames des oderniens.

- Depuis quand avons-nous quitter les berges ? demanda Koah qui ne s’était pas rendu compte du départ du Dravani.

- Depuis une demi journée. Teagan prétend qu’à ce rythme là nous devrions sortir des gouffres avant la tombée du jour. Demain dans l’après-midi, nous seront arrivé à bon port.

Koah trempa un morceau de pain dans sa soupe ensuite il le mâcha.

- J’espère qu’il tiendra jusqu’à notre arrivée.

- Vois le bon côté des choses. Dans son état, je doute qu’il puisse t’être d’un réel danger.

Koah se pencha en avant, les coudes sur les genoux et le bol et les deux petits pains coincés entre ses mains jointes. Il regarda de longues secondes le visage inconscient de l’assassin, puis il repensa à l’étrange rêve qu’il avait fais. Est-ce que Thorin l’avait contacté à travers l’un de ses rêves ? Il n’aurait su l’affirmer.

- Tu crois que c’est bien ce que nous faisons ?

Lycos se gratta le menton.

- De quoi ?

- De sauver notre monde.

- Bien sûr que ça l’est ! Nous n’allons quand même pas rester les bras croisés pendant qu’un autre monde tente de nous anéantir !

Koah déposa le bol et les pains à ses pieds. Il se passa une main sur le visage et une autre dans sa nuque.

- Quand je regarde autour de moi, je ne vois que des morts, Lycos. Que du sang. Que de la méchanceté. Que de la cruauté. Mavican, les Hankiens, la destruction de Lydée ! Cet assassin des Brumes… Ce ne serait que justice que d’être puni pour nos pêchés, non ?

D’un bond, le guerrier lydéen se leva, renversant sans le vouloir la soupe de son ami sur le plancher. Il tonna d’un ton sec et sans équivoque :

- Tu dis n’importe quoi ! Manges et tais-toi ! Je préfère encore aller tailler la causette avec Teagan que de t’écouter dire de pareille sornette !

Lycos s’en alla, claquant la porte de la cabine derrière lui. Koah récupéra son bol et ses deux petits pains pour les poser sur le coin d’un vieux meuble. Il allait se lever pour récupérer un vieux chiffon afin d’éponger le sol de la soupe renversée, lorsque son regard croisa celui d’Olaek. Le jeune homme resta immobile de longues secondes. Il l’observa en silence.

- Eprouves-tu des remords parfois à tuer ? demanda-t-il d’une voix neutre.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mer 9 Déc - 1:38

Olaek n'avait pas tout à fait perdu connaissance. La substance que contenaient ses tatouages l'en empêchait. Il flottait entre deux mondes. D'un côté le froid et de l'autre le chaud, les ténèbres et la lumière... la vie et la mort. Son corps entendait tout, les paroles, les frottements, il sentait son coeur battre mais souffrir, en silence. La souffrance... c'était la chose qui à cet instant aurait du l'envahir, le terrasser et pourtant la douleur la plus importante qu'il ressentait, était un léger pincement sur son muscle cardiaque, qui manquait de sang pour tenir un rythme élevé.

L'éclat de voix de Lycos le plongea dans le froid, les ténébres... elle le fit basculer à nouveau dans la vie. D'instinct, par pure habitude, il tourna le tête et darda ses yeux sur les deux individus. Il mit à peine deux secondes pour s'habituer à l'éclairage incertain. Lorsqu'il vit qu'il ne s'agissait que des lydéens, il cessa un instant de les regarder. Lorsque Koah s'approcha, il croisa ses yeux. Dans le bleu des siens il n'y avait rien, pas une once de pitié ou de peur, il restait froid. Le glaneur lui posa une question pour le moins inattendue. Il lui répondit la voix faible mais audible :

- Des remords pour ôter une vie ? Pourquoi en éprouverais-je ? Je n'ai pas besoin de remords pour continuer ma mission. Une vie est une vie, chose fragile, qui peut disparaître d'un coup de lame, du jour au lendemain. Nous sommes mortels. Que la mort arrive par ma main ou par une autre, cela n'en reste pas moins qu'une mort.

Il avala difficilement sa salive et ajouta, à la surprise de son interlocuteur :

- Lorsque je suis contrain de tuer un enfant, alors oui, j'éprouve du remords. Autrefois, quand j'étais enfant, on a tenté de me tuer. Ma mère aurait pu le faire, elle avait la pierre qu'il lui suffisait d'abattre sur mon crâne. Sais-tu quel effet cela fait de voir les yeux d'un gamin, l'incompréhension qui grandit ? Aucun d'eux n'a jamais supplié. J'ai connu des hommes pleutres, lâches, prêts à donner la vie de leur famille pour avoir la leur de sauvée. Mais les gamins... jamais... pas une seule fois, ils n'ont imploré. Face à leur regard, même le plus cruel des Assassins des Brumes sent ses forces l'abandonner. Nous ne tuons jamais un enfant par plaisir.

Il n'avait pas changé de ton mais la suite fut dure et ferme :

- Ces enfants ont plus de courage que toi. Ils n'ont pas peur d'affronter ce qui vient. Ils n'ont pas peur de se battre. Tu veux baisser les bras, soit... je suppose qu'une Vague comme toi sera surement convoitée par les Forces Supérieures. Mais Andrew, lui, il ne pourra pas te suivre. Tu l'aimes n'est-ce pas ? Pour être attaché à la vie d'un adulte, on ne peut que l'aimer.

Koah que le propos blessait intérieurement allait répondre lorsqu'il fut interrompu par l'Assassin :

- Néfal est morte, bon débarras. Je n'ai aucun remords. Elle a eu sa chance, je lui ai laissé la vie sauve. C'est une mauvaise idée que d'essayer de me planter dans le dos. Je tue toujours en regardant mes victimes, contrairement à ce que ces crétins de chacals d'Oderne pensent, nous avons un code d'honneur. Si tu es là pour me faire la leçon de morale sur sa mort, débarrasse le plancher. Si c'était à refaire, je recommencerais volontiers.

Le glâneur resta songeur un long moment. Il semblait partagé entre une décision et un acte. Taisant la colère qui était en lui il demanda, toujours neutre :

- Combien de vies as-tu ôté ? As-tu au moins le moindre souvenir pour chacun d'entre elles ?

- Tu as envie de m'interroger, je vois... aurais-tu un choix à faire ? Je me souviens de chaque personne que j'ai tué, oui. Je me souviens comment et avec quoi je les ai tué, je peux même te réciter leurs dernières paroles. Il y est souvent question de pardon, de toute façon... Nous avons un code d'honneur et un respect pour notre tâche. Ce n'est pas un loisir c'est un travail, une mission.

- Pourquoi fais-tu cela ? Un travail ou une mission, cela se décline.

- Est-ce que je te demande pourquoi tu pisses tous les matins ? Je ne crois pas...

- Réponds à ma question.

- Parce que c'est naturel, j'ai été élevé comme ça. C'est plus qu'une mission c'est une vie. Je vis pour tuer, c'est pour cela que l'on m'a conçu... que j'ai été créé.

- Et y trouves-tu du plaisir ?

Olaek lui adressa un regard si meurtrier que Koah se sentit transpercé de part en part. L'Assassin lui répondit avec une froideur qui lui fit froid dans le dos :

- Du plaisir ? Tu pense vraiment qu'ôter des vies me comble de plaisir ? Cela me satisfait, car j'ai accompli ce pour quoi je suis là. Mais non, je ne festoie pas sur les cadavres ! Je ne fête pas une mort en me roulant dans la luxure avec sa veuve ! Je ne rapporte aucun trophée de mes missions. Qu'est-ce que tu crois ? Que je me réjouis ? Je ne fais pas partie de ces bâtards d'Oderne que tu côtoies. Eux n'aspirent qu'à paraître, qu'à la vantardise. Peu m'importe si l'on souvient de nous, c'est justement parce que ce n'est qu'un travail et non un plaisir que nous sommes haïs. Décidément, tu n'es pas si différent des autres, à croire que la souffrance te plait. J'ai une mission : donner la mort. Si je réussis, tant mieux, si j'échoue, tant pis.

- Et si tu avais le choix, conti...

- La question ne se pose même pas. Je n'ai pas le choix. J'ai été créé pour ne jamais l'avoir.

- Supposons... mais une fois ta mission terminée, tu n'es plus lié à aucun contrat, tu peux t'arrêter. Lorsque tu l'auras accomplie, continueras-tu à tuer ?

Pour la première fois depuis le début, une légère expression de tristesse passa sur ce visage, si inexpressif. Cela dura à peine quelques secondes, avant qu'il réponde, lointain :

- Ce n'est pas si simple. Pour que je cesse de tuer, il faut que l'on cesse de me l'ordonner. Dis-toi que de toute évidence, nous ne sommes pas une race qui vit bien longtemps. Je tuerais encore quoi... dix ans, tout au plus, puis viendra la mort pour moi. Je suis lié depuis ma création par un contrat que je ne peux rompre. Les deux seules façon que je sois libéré c'est que je meure ou alors que l'on tue les Commandeurs. Chose qui n'arrivera jamais, sauf peut-être si tu libères Andrew. Mais je ne serais plus là pour le voir.

Il planta ses yeux dans ceux du glaneur et ajouta, sans ciller et sans perdre un seul trait de sa résolution :

- Tu me questionnes pour savoir si toi tu auras des remords à me tuer. Fais ce que tu as à faire et qu'on en finisse. N'oublie pas le nécessaire pour le passeur, nous veillons toujours à ce que nos victimes ait le salut de leur âme. Peu m'importe en fait, de mourir ou que les Commandeurs meurent. Aujourd'hui je sais pourquoi j'existe. Le jour où il ne me restera plus rien, ma vie n'aura aucun sens.

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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Ven 11 Déc - 0:43

Longtemps, Koah regarda l’assassin avec un mélange de tristesse et de dégoût. Il était partagé entre l’indignation et la révolte. Comment les dieux pouvaient-ils accepter que ce genre de clan foule les terres de ce monde ? Peu à peu, Koah se rendit compte que le monde tant idéalisé dans sa jeunesse, n’était pas aussi féerique qu’il se l’était imaginé. Il avait vu en peu de temps tout ce que cet univers détenait de plus obscur et de plus malsain. Les Furies, Kabeth et ses orgies, Torsha, Hanka, le duel royal des Naïades et les Assassins des Brumes. En dehors de l’enceinte dorée de Lydée, la vie était dure et cruelle. Guerel lui avait dis un jour que bannir quelqu’un était pire que la mort… Koah commençait à comprendre pourquoi désormais.

- Exister pour tuer femmes, enfants et vieillards… quelle noble destinée, murmura le glaneur en se détournant du blessé, ne supportant plus sa simple vue. Quelle sorte d’homme faut-il être pour accepter de tuer des enfants sans défenses ?

Toute l’humanité d’Olaek s’était définitivement évanouie aux yeux de Koah qui perdit le peu d’appétit qu’il avait. A Lydée, il était un dicton enseigné par les prêtresses de Cheera qui disait : « A trop vouloir jouer avec les démons, on risque fort d’y laisser son âme. » Koah comprenait désormais ces mots pleins de sens.

- Je te conseil vivement de réussir ta mission car si tu venais à mourir, et moi à survivre à ta pathétique tentative d’assassina, je m’arrangerais pour que tu ne trouve jamais ton salut. (Il ouvrit la porte et se stoppa avant de la franchir.) Les assassins d’enfants n’ont aucun droit à Lydée. Je me fous de savoir si tu respectes les rituels des morts. Profite de ton âme tant qu’elle est encore intacte, et prie. Prie très fort le dieu auquel tu crois pour qu’il t’accorde ma clémence. Car tout comme toi, assassin méprisant la vie, je n’aurais aucun remord à être le juge, le juré et le bourreau de ton âme. Je te le dis déjà ; ta sentence sera une éternité d’errance. Il n’est pas question qu’une pourriture dans ton genre trouve le salut et se réincarne.

Koah s’en alla pour rejoindre sa cabine, la porte claquant derrière lui. En chemin, il croisa Avian en grande conversation avec Danaé, mais il ne leur adressa pas le moindre mot. Il n’avait aucune envie d’entamer une quelconque discussion avec eux, et encore moins de reprendre ses leçons de magie avec le mage qu’il considérait comme responsable de la mort de Néfal. Le glaneur s’enferma dans ses appartements, refusant la présence de Lycos et de Kodo qui vinrent lui proposer une partie de dés lydéens. Afin d’être réellement tranquille, il bloqua la porte à l’aide d’un gros meuble qu’il déplaça par la force de son esprit. La colombe que lui avait offert Avian émit, comme outragée, perchée en haut d’une poutre soutenant la charpente de la galère. Elle remua les ailes plusieurs fois. Koah lui lança un regard sanglant, puis il se tourna sur le côté.

- Fiches-moi la paix où je t’envois faire un tour en cuisine ! Je ne mange peut-être pas de viande, mais eux si !

Allongé sur sa couchette, il fixa les ombres de la lampe à l’huile qui dansaient contre la cloison de bois au rythme du balancement des vagues. Tourmenté par le chaos d’une âme meurtrie par la dure réalité de la vie, le glaneur tenta de trouver le sommeil mais en vain. Dans son esprit tournait les mots d’Olaek. C’était peut-être un assassin tout ce qu’il y avait de méprisable, mais il avait raison sûr un point. Lui, il savait pourquoi il existait alors que Koah cherchait toujours un sens à son existence. Quelqu’un là-haut avait décidé qu’il serait une Vague, qu’il serait un être d’exception, et pourtant, Koah ne se sentait pas différent des autres. Il avait plus l’impression d’être un poids que de servir dignement une cause. Qu’était-il sensé faire ? Quelle était sa place en ce bas monde ?

Un petit soupir attristé s’échappa d’entre ses lèvres. Le constat de ces derniers mois était pénible à faire. Koah culpabilisait. D’abord, il n’avait pu aider à sauver Lydée, Puis, alors que les dieux l’avaient ressuscité, il avait vendu son âme à Torsha et de ce fait, forcé Danaé à sacrifier son immortalité pour le sauver. De cet événement avait découlé la déchéance d’Andrew. Il l’avait forcé à l’aimer, meurtrissant ainsi son âme au point de permettre à un dieu de le manipuler. Si une Vague symbolisait un grand changement… quel changement était-ce ? Et si ce Changement n’était pas celui que tous ici espéraient ? Et s’il n’était pas positif ? Et si Koah était destiné à détruire ce monde au lieu de le sauver ?

Epuisé par ses démons, le jeune homme s’endormis peu à peu, plongeant dans un sommeil sans rêves.

**********

Le souffle de l’aube, chargé des premières chaleurs de la journée, arrachait d’écœurants effluves aux cadavres disséminés au bord du quai. Une odeur douce-amère de chairs pourrissantes mêlées au parfum du bois brûlés des habitations agressait les narines de la troupe qui s’avançait à pas méfiants et armes à la main. Comme le capitaine Teagan l’avait annoncé, le Dravani avait quitté les gouffres quelques heures avant l’aube, et il s’était amarré au petit port détruit du village de Braag, sur la route menant au bois des Brumes.

- Que s’est-il passé ? demanda Lycos en regardant avec dégoût les corps calcinés. Ce village avait-il des ennemis ?

Teagan haussa les épaules.

- Pas à ma connaissance. Ces villageois ne faisaient jamais d’histoire. Ce sont principalement des pêcheurs. Des dévots de Cheera et de Prag’tar.

Le petite village de Braag fumait toujours d’un incendie tout ressent que la pluie matinale avait aidé à éteindre. Les habitations de paille et de bambou s’étaient embrasées comme des brindilles, tandis que la population semblait avoir été décimée avec une incroyable cruauté. Des femmes et des enfants avaient étés éventrés, tandis que des hommes se balançaient pendus à des cordes le long des arbres jalonnant la route centrale du village. Il n’y avait apparemment aucun survivant. La boue était gorgée de sang.

- C’est un véritable massacre.

Koah détourna les yeux des corps aux membres découpés. Le glaneur avait la nausée. Il porta à son nez un morceau de vieux chiffon enduit d’un baume de baie sauvage, histoire de couvrir l’odeur macabre qui les suivait.

- Je sens la présence du mal tout autour de nous, avertit Danaé en recouvrant ses épaules de son châle bleu. Ce n’est pas l’œuvre des Hommes.

La déesse échangea un regard Avian et alors qu’elle allait ajouter quelque chose, un grand cri de douleur se fit entendre à quelques toises sur la route. Armes à la main, les soldats se précipitèrent vers la provenance du hurlement. Lorsqu’ils arrivèrent, ils trouvèrent une vieille femme recroquevillée sur elle-même, les bras entourant les pieds de la statue de Cheera. Celle-ci trônait au centre de ce qui ressemblait à la place du village.

- Pourquoi ? … Pourquoi ont-ils fait ça ? se lamenta la vieille femme en se balançant, comme possédée. Mes fils. Leurs sœurs… pourquoi ? Ma fille… ses filles… pourquoi ?

- Que s’est-il passé ici ? demanda Lycos en s’approchant d’un pas.

La vieille femme ne réagit pas. Elle continua de se balancer en maugréant entre ses lorques sales. Ses haillons putrides étaient couverts de sang et ses longs cheveux gris tombaient sur ses épaules salies par la boue.

- Pourquoi ont-il fait ça ? Ô déesse suprême… pourquoi ?

Koah s’approcha d’un pas hésitant mais Lycos l’en empêcha d’un geste.

- N’avance pas Koah ! Elle est sénile !

A l’évocation du nom du glaneur, la vieille femme leva la tête rapidement, déposant un regard dont les yeux avaient étés arrachés, vers le jeune homme. Elle hurla alors, ce qui fit reculer Koah :

- C’EST TOI ! C’EST TOI QUI EST RESPONSABLE DE NOTRE CALVAIRE BÂTARD ! (Elle lui cracha dessus.) Elles te cherchent ! Elles te veulent ! Elles nous punissent à cause de toi ! Mes enfants ! Mes fils ! Leurs fils… mes filles ! Pourquoi ? Pourquoi ?

Lycos empêcha la vieille aveugle de se déplacer vers Koah en la poussa en arrière.

- Ne t’approche pas vieille folle !

La gorge nouée, Koah regarda un long moment la malheureuse, puis il s’adressa à Avian pour la première fois depuis la mort de Néfal :

- Ce sont les Furies, n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Dim 20 Déc - 19:44

Après le passage de Koah, Avian décida de rejoindre Olaek. Il était accompagné de Danaé, celle-ci s'assura que l'Assassin ne souffre pas, malgré tout, elle avait à son égard de la compasssion, difficile à décrire. A la demande d'Avian, elle sortit. Le mage resta longtemps dans la pièce sans rien dire. Olaek restait silencieux, impassible les yeux vers le plafond. Finalement le silence fut brisé...

- On dit de toi que tu es redoutable... après ce que j'ai vu aujourd'hui, je veux bien le croire.

- Je me moque de ce que l'on peut dire... je remplis ma mission.

- Oui, en effet... je m'étonne donc que tu sois toujours en vie.

Olaek ne broncha pas, mais Avian sut qu'il avait mis le doigt sur un point sensible et obscur, aussi, il poursuivit :

- Dans l'air, je ressens parfois de drôles de choses. Quand je te vois, je sens le mensonge... Il me parait plus que suspect que tu aies échoué à tuer Koah. Toute Vague fut-elle, tu avais l'occasion de l'abattre, à d'autres moments, par d'autres moyens. Ton échec n'en était pas un, Olaek, il était programmé, depuis le début. Tu avais planifié la façon dont tu échouerais de façon réaliste, suffisamment pour que tout le monde n'y voit que du feu.

Le silence tomba. L'Assassin semblait ignorer les paroles du mage. Ce dernier ajouta donc, pour étayer ses arguments :

- Ce combat... tu l'as gagné, et tu as été blessé gravement, très gravement... pourtant, comme par hasard tu ne t'es pas suicidé. Tu as encore échoué à mourir. En réalité, tu mens depuis le début. Tu n'étais pas là pour tuer la Vague. Tu n'es là pour tuer personne, sinon nous pleurerions nos morts. Tu as une autre mission. Quelle est-elle ?

- Si tu cherches à atteindre mon honneur, c'est perdu d'avance. Tu peux dire ce que tu voudras, étaler tes fadaises à qui veut les entendre... je m'en cogne. Je ne crois pas avoir autre chose à ajouter, maintenant dégage.

A cet instant, Logan entra, avec un gobelet en terre cuite rempli d'eau.

- Danaé m'a dit d'apporter à boire...

- Donne, je m'en occupe...

Logan tendit le verre mais au moment où il allait le lui donner ce dernier lui échappa des mains, tomba sur le sol et se brisa, répandant l'eau tout autour. Alors, Avian leva la main sur Logan, comme pour le battre. Olaek avait fait fi de son état et s'était redressé, avec la rapidité d'un fauve, il avait sorti une lame du bas de sa tunique et la lança sur le mage. Ce dernier n'avait pas battu Logan, il arrêta le couteau sans difficulté, à l'aide de la magie, caressa les cheveux du gamin et lui dit :

- Bien joué, merci Logan !

- Y'a pas de quoi...

Il sortit, lançant un regard interrogateur à l'Assassion. Olaek, comprenant la supercherie trop tard, ne sut que dire. Avian prit les devants :

- Seule la ruse et la traîtrise peuvent avoir les gens de ton espèce. Tu es ici pour le protéger, lui. C'est pour cette raison que tu ne t'es pas montré avant. Tu voulais t'assurer de pouvoir le suivre et le surveiller de près. Qui t'a chargé de cette mission ? Sais-tu vraiment où est le Professeur ? Parles !

Olaek resta silencieux à regarder de façon meurtrière l'homme qui venait de le démasquer si habilement.

- Je vois que j'ai affaire à un homme d'esprit... Je n'ai pas menti, je sais où se trouve le Professeur. Je sais même où se trouve Andrew, si tu veux tout savoir.

- Où est-il ?

- Actuellement ? Il se prépare à la guerre. Il ne tardera pas à intervenir pour décimer avec l'aide des furies l'ensemble des Sulas encore vivants. Le véritable danger, c'est le Professeur, pas Andrew. Le Professeur est le Dieu qui le manipule et qui le possède. Le seul qui ait trouvé la faille.

- Qui est ce Dieu ?

- Je l'ignore. Mais Crya le juge trop fourbe pour être sûre que Logan vivra. Ils ont déjà parlé de le tuer. Kor est persuadé que le sacrifice d'un innocent, ayant le sang de Kant dans ses veines pourra lui permettre d'ouvrir une brêche suffisamment grande pour quitter ce monde. La sang Kant coule dans les veines de Logan et elle m'a chargé de le protéger, chose que j'ai acceptée.

- Pourquoi ? Pourquoi t'envoyer toi ?

- Parce qu'elle estime qu'un innocent comme lui ne doit pas mourir et que je mourrais pour le protéger.

- Il y a une autre raison ! Parle !

Avian avait littéralement changé d'attitude, on sentait l'air se tendre fortement tout autour de lui. Sa voix s'était durcie. Olaek réfléchit un instant, puis jugeant qu'il n'était plus à un détail près, il ajouta :

- Crya accorde beaucoup d'importance aux liens du sang...

- Que veux-tu dire ?

- Aurais-tu perdu de ton jugement ? Crya a décidé de protéger chacun d'entre nous... Elle m'a apporté la protection d'une mère, elle protège Andrew. Elle veut protéger Logan.

- Quel rapport avec toi ?

- Le sang, Avian, le sang... il est le même que celui qui coule dans les veines d'Andrew. Kant père n'a pas fait que des heureux sur ce monde... il a couché à droite à gauche... sans scrupule.

Avian pâlit. Il n'arrivait pas à en croire ses oreilles. Il balbutia :

- Alors tu es toi aussi le frère d'Andrew ?

- Oui. Crya sait qu'Ayreb d'Hanka a commis trop de meurtres pour être innocent. Moi-même, j'ai fait des assassinas ma vie. Quant à Andrew, son âme est sâli par des actes... qui se rajoutent au fil du temps. Molly n'a pas l'âme innocente... il reste Logan. Kor et le Professeur veulent Logan, c'est la seule raison pour laquelle ils gardent Andrew captif à un endroit.

- Mais pourquoi Logan plutôt qu'un autre innocent ?

- Parce que ce n'est certainement pas un hasard si Andrew, Ayreb, Molly et moi-même arrivons à subir ce que d'autres humains ne subiraient pas. Ce n'est pas un hasard si Cheera a transmis son Don à Andrew, si Torsha a voulu se rapprocher d'Ayreb et en faire sa marionnette... La famille Kant est particulière... très particulière. Crois-tu vraiment que la Vague et Andrew ne sont pas liées ? Comment pourrait-il l'être, si ce n'est pas la force des choses ? Un naufragé arrive ici et sa descendance joue un rôle capital dans la survie de ce monde ? Ouvre les yeux Avian, il y a beaucoup plus de mystère sur ma famille que sur les objectifs de Kor et du Professeur.

- Je ne peux le croire...

- Il le faudra pourtant. Tôt ou tard, il faudra que tu l'admettes. Et si tu crains pour la vie de Koah, tu peux te rassurer. Je n'ai pas l'intention de tuer quiconque que mes ennemis.

- On ne peut pas lui cacher ça.

Olaek coupa alors court à la conversation :

- Aucun mot ne doit être dit en dehors d'ici, pas même à Logan. Ni à la Vague. Quant au Professeur, je lui apporterais Logan, comme il est convenu avec Crya. Tâche de maintenir la Vague en dehors de l'équation, c'est tout ce que je te demande.

- Que vas-tu faire de l'enfant ?

Et Avian eut beau questionner il ne put rien en tirer. Olaek était aussi muet qu'une tombe. Il finit par sortir, l'esprit soudain très préoccupé.

***


Tiré de sa rêverie par Koah, Avian regarda les cadavres et répondit, avec gravité :

- Je le crains malheureusement... Mais les Furies n'ont égorgé ni éventré personne... ce sont des mains humaines qui l'ont fait. Elle ne vont que monter les gens contre les autres. Ce ne sont pas les créatures les plus terribles. Elles se nourrissent des craintes et des jalousies humaines pour arriver à leurs desseins.

Un détail attira soudain son attention. Il fronça les sourcils et se dirigea vers une petite place, où généralement se tenait la marché. Il laissa son oiseau s'envoler et se concentra. Après quelques minutes devant unepetit foule surprise et inquiète, l'oiseau se posa sur son bras. Il se tourna, livide :

- Ce n'est pas un massacre, c'est un sacrifice...

- Je vous demande pardon ?

- Un sacrifice... là, ces motifs, ces traces de sang, elles sont trop nettes pour être faites de façon anarchique. On les a positionné ainsi !

Il se dirigea vers le puits et hissa le seau. Il trempa son main dedans et la montra aux autres. Elle était couverte de sang. Il y eut des grimaces écoeurées. Molly passa les mains sur les yeux de Logan tandis qu'Olaek lui jetait un regard pour s'aviser qu'il était toujours vivant. Le regard de l'Assassin et du mage se croisèrent, brièvement...

- Ces gens ont été sacrifiés et vu le rituel, ça n'était pas pour invoquer une créature... mais pour détruire leurs âmes. Un rituel de purification... Ces malheureux ont perdu toute chance de se réincarner. L'attaque des Furies n'est pas là pour nous combattre, elle est là pour nous exterminer.

Un silence de mort s'abattit sur le village. Même les flammes hésitaient à se faire entendre. Olaek brisa ce silence, froidement :

- Le Professeur n'est plus très loin... nul doute que ce rituel n'a pas été mis en place tout seul par la force d'un esprit... Nous devons avancer, et ne pas nous éterniser.

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Lun 21 Déc - 14:29

Avec hargne et agressivité, Koah répondit à Olaek sans même lui adresser le moindre regard :

- Est-ce que nous avons demandé ton avis ? Non ? Alors ferme-là !

La colère emprunt de dégoût que nourrissait le glaneur à l’égard de l’assassin jeta un froid sur la petite troupe. Koah ne supportait plus jusqu’à la simple vue d’Olaek. Il n’arrivait plus à se contenir, ni à ranger dans un coin de son esprit les mots de cet homme. Plus ils approchaient de leur but, et plus la boule de rage qui tiraillait l’estomac du jeune homme grossissait. Dans quelques heures, Olaek tenterait de le tuer, et cela, Koah ne l’avait pas oublié.

- Nous devons donner une sépulture à ces morts !

Lycos eut l’air surpris l’espace d’un instant.

- Pourquoi ? Ce ne sont plus que des lambeaux de chaire. Leurs âmes…

- Ne sont pas détruites ! claqua Koah qui se refusait à croire à une telle infamie. C’est impossible qu’un être détienne un tel pouvoir. Nous nous réincarnons tous ! C’est la loi du Karma !

- Sauf les maudits !

- Peut-être, mais eux ils errent dans les limbes, ils ne sont pas détruits. Les âmes sont indestructibles. Il n’existe aucune force capable d’anéantir l’essence de quelqu’un !

- Tu te trompes Koah, intervint calmement Danaé. Il en existe une.

Koah fronça les sourcils.

- J’ai étudier toute ma vie l’enseignement des dieux et il n’est fais mention nulle part d’âmes détruites jusqu’à leur essence !

- C’est parce que Cheera n’a jamais voulu que l’on vous parle du Ténébreux. Vivre dans la crainte de ce dernier, ce n’est pas vivre.

Koah secoua la tête.

- Le Ténébreux ?

- Ces âmes ont étés dévorées par le Néant que nous autre les premiers Sula appelons le Ténébreux. Elles ont été livrées en pâture à la seule puissance capable d’annihiler jusqu’à leur âtman*. Il n’y a plus rien à faire. Leur donner une sépulture ne changera absolument rien à leur condition. Ces paysans ne seront pas souillés, puisqu’ils ne reviendront jamais.

- Je n’ose y croire, s’indigna le jeune homme. Il n’y a rien à faire pour eux ?

- Tout ce que nous pouvons faire, c’est tâcher d’éviter que d’autres âmes ne soient détruites à nouveau. Et pour cela, nous devons mettre la main sur le Professeur au plus vite. Je comprends ta douleur de laisser ces cadavres pourrir sans sépultures, mais nous n’avons pas le temps de les honorer.

Malgré le côté pressant de la situation, Koah ne put se faire violence. S’il s’en allait sans apporter à ces corps une dernière demeure descente, il s’en voudrait. Ce n’était pas dans sa nature de disciple d’Okan de laisser des morts livrés à eux-mêmes.

- Je m’y refuse.

Lycos prit le glaneur par le bras.

- Soit raisonnable.

- Non. Vous soyez raisonnable ! Nous sommes peut-être en guerre mais je refuse de renier mes convictions. Je ne vous suivrais pas tant que ces corps n’auront pas trouvé de sépulture.

Teagan s’avança d’un pas en lissant sa barbe d’une main épaisse.

- Je vais m’en occuper. Laissez-moi quelques hommes et nous nous chargeons d’apporter à ces malheureux une dernière demeure.

Lycos indiqua la vieille femme d’un mouvement de tête.

- Et que faisons nous d’elle ?

- Partez, nous nous occuperons d’elle.

Sans perdre de temps, le groupe fut divisé, et la petite troupe sortit du village pendant que Teagan hurlait des ordres à qui voulait l’entendre. L’air maussade, Koah marcha entre Kodo et Lycos. Ces derniers gardèrent le silence, comprenant que le lydéen n’avait nullement envie de parler. La route vers le bois des Brumes dura une petite heure. Une fois à l’orée de celui-ci, les soldats dégainèrent leurs armes, prêt à toute éventualité. Le bois des Brumes n’était pas le coin le plus accueillant de ce monde. Beaucoup de légendes obscurs nourrissaient dans les cœurs la crainte de ce lieu.

D’un pas lent mais ordonné, la troupe de soldat pénétra dans le bois. A peine eurent-ils franchit les premiers saules pleureurs que déjà une brume épaisse les entoura. Dans ce nuage blanc moutonneux, on n’y voyait pas à deux mètres. Koah frissonna. Il faisait froid à tel point que de la condensation sortaient des bouches, et humide à en détremper le sol recouvert de fougères. Un silence quasi surnaturel pesait sur les environs. La magie était présente. Koah pouvait la sentir. Elle le caressait sous sa tunique.

Lycos lança un regard au glaneur, lui faisant comprendre de ne pas s’éloigner de lui. Koah n’avait aucune intention de s’écarter de la troupe de soldat, surtout que plus il s’enfonçait dans le bois, et plus il s’approchait du moment de sa mort. Derrière lui, les assassins oderniens fixaient intensément Oleak qui ouvrait la marche. Ils avaient ordre de bondir dessus dès l’instant où le professeur serait à porter de vue. La Vague devait être protégée, et cela coûte que coûte.



*Atman: rappel : il s'agit de l'essence même d'une âme.

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mar 22 Déc - 11:33

- Le traître !!! Le félon !

- Je t'avais prévenu Kor ! Je t'avais bel et bien prévenu que Kirion nous ferait obstacle ! Tu n'es qu'un imbécile !

- Je t'interdis de me parler sur ce ton.

Andrew se leva de tout sa grandeur et dégaina son arc avec une rapidité surnaturelle. Kor hésita puis finit par céder :

- Très bien... que dois-je faire, alors ?

- Faire ??? A chaque fois que tu as essayé de faire quelque chose, tout a raté. Tu es un minable ! Il va falloir prendre le mal par le mal. Tuer Kirion.

- C'est impossible et tu le sais.

- Abruti, je ne vais pas te confier cette mission je vais m'en charger moi-même... Andrew va éradiquer cette sale vermine. Plus rien ne pourra s'opposer à MA volonté.

- NOTRE volonté...

- Silence ! J'ai les cartes maîtresses en main, c'est moi qui commande. Peut-être que ton arrogance aurait pu te permettre d'être à ma place, si tu n'avais pas été aussi stupide. Les sacrifices sont faits au fur et à mesure. Je m'en charge personnellement. Quand viendra l'heure tu auras ce que tu voulais et moi aussi.

Un silence de mort tomba sur le Mont Kobol. Andrew entreprit alors d'enfiler son armure. Laureen, les larmes coulant sur sa joue, lui fixa les lourdes plaques de métal au torse et aux jambes. La possession l'empâchait de s'effondrer sous le poids des différents artefacts. Elle passa une épée à sa ceinture, un médaillon autour de son cou puis supplia :

- Ne pars pas Andrew... je t'en prie... Vous ne pouvez pas faire ça ! Il va mourir !

- LA FERME SOUILLON !

Andrew lui asséna une gifle qui l'assomma à moitié. Les lèvres et le nez en sang, Laureen rampa sur la côté pour se mettre à l'abri. Andrew dégaina son épée et frappa à trois reprises sur son torse, déclenchant trois mini-séismes. Les Idrazits sortirent aussitôt de la lave, impressionnants de grandeur. La calme retomba, agité simplement par les sanglots de Laureen. Kor eut un sourire mauvais et lança :

- Il est l'heure de la fin !

En tout réponse, Andrew leva son épée vers le ciel et se mit à flotter, ce que l'on aurait cru impossible en voyant le poids dont il était accablé. Presqu'aussitôt, les Furies sentirent naître en elles un nouvel élan. Leur puissance redoubla. Leur Maître se joignait au massacre, le ciel s'assombrit à mesure que le Chef de Lydée s'élevait dans les airs.

***


La terre trembla violemment dans le Bois des Brumes. Tant et si bien que la plupart de la troupe tomba au sol. Seul Olaek était resté debout. Il était aux aguets, l'oreille tendue. Avian se releva, courroucé :

- Je déteste lorsque le sol me fait défaut !

- Chut !

L'Assassin avait été si impérieux dans son ordre que plus personne n'osa dire un mot. Chacun tendit l'oreille.

- Montez dans les arbres, vite...

Avec une agilité qui faisait passer ses blessures pour du pipi de qwel, il bondit attrapa une branche et aida les personnes les plus proches à y monter : Avian, Molly et Logan. Il s'assura que la reste de la troupe arrive à rejoindre les branches, mais de part sa taille Kodo avait des difficultés. Il décida donc de descendre mais à l'instant même où il posa les pieds sur terre, un terrible rugissement se fit entendre. Le sol trembla légèrement. Une ombre se dessina dans la Brume, c'était une créature étrange, mi ours, mi fauve, à la taille assez imposante pour tuer des dizines de Rongmols d'un coup de patte griffue. Elle fonçait droit sur l'Assassin. Ce dernier attrapa Kodo par les poils, en arrachant une bonne quantité au passage, provoquant chez le Qwel des cris furieux et douloureux. Le monstre était à deux mètres d'eux, Olaek bondit sur le côté, Kodo bien en main. Juste à temps. La créature heurta violemment un tronc d'arbre. Ce dernier vacilla puis tomba sur l'animal, l'assomant pour un petit moment.

Sans ménagement, Olaek grimpa à un arbre puis posa Kodo sur une branche. Le Qwel prononça alors une floppée de jurons à l'encontre de l'Assassin. A l'instant où ce dernier passa près de Koah, les assassins oderniens se crispèrent. Sans un regard à la Vague, il rejoignit l'autre branche, celle où se trouvaient Molly, Logan et Avian.

- Il ne faut pas les tuer, sinon d'autres viennent se nourrir du cadavre. Nous ne pouvons pas marcher sur le sol. Heureusement pour nous, ils ne savent pas monter dans les arbres.

- Qu'est-ce que c'est que ces horreurs ?

Olaek leva un sourcil et répondit à Molly :

- Ces horreurs ? On les appellent les "Prédateurs", ici. Mais si cela vous effraie, lorsque vous allez voir les Sanguinaires, les monstres de Davik lui-même je tâcherais de ne pas rester à proximité, afin d'éviter de sentir l'urine imprégner vos vêtements...

Les joues de Molly la brûlaient devant l'affront qu'elle venait d'essuyer. Mais sur conseil d'Avian, elle se ravisa de le gifler. Le mage regarda tout autour de lui :

- Sommes-nous encore loin ?

- Il est tout près... vous ne sentez pas l'odeur de la mort qui arrive ?

Et alors qu'il posait la question, son regard bleu se posa avec froideur et calcul sur les assassins oderniens. Avian en trembla, il se tourna vers Koah et le regarda, d'un air qui voulait dire que l'Assassin avait parfaitement compris, et qu'il attendait l'instant avec une certaine impatience. Sauf que Koah ne savait pas la véritable mission d'Olaek.
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mer 23 Déc - 10:07

Perché sur la branche d’un gros saule pleureur, Koah soutenait le regard d’Avian avec défiance. Depuis la mort de Néfal, le glaneur tenait ses distances. Il refusait tout contact avec le mage. La main crispée contre le tronc de l’arbre, le jeune homme sentait les particules de magie glisser à travers son corps. La nature sauvage de son précieux Okan semblait le soutenir dans cette épreuve. Elle donnait l’impression de comprendre le tourment qui l’animait... du moins c'était ainsi qu'il interprétait la magie qui bouillonnait dans ses veines à chaque fois qu'il touchait l'écorce des saules.

Un long instant, Koah réfléchit en silence. Il hésitait à envoyer ses assassins combattre Olaek. Il sentait l’impatience des oderniens à l’idée de faire mordre une bonne fois pour toute la poussière à celui qui les avait trop longtemps défié. Dans un murmure couvert en majeure partie par le bruissement des feuilles, Lycos demanda :

« Maintenant ? Tu veux qu’on t’en débarrasse ? »

Le regard du glaneur s’attarda de longues secondes sur l’assassin des brumes. Quand allait-il fondre sur lui et lui arracher son dernier souffle ? Koah savait qu’il n’avait pas le choix. Pour sauver Andrew, il devait rester en vie, et pour cela, il fallait éliminer Olaek de l’équation, quitte à rompre le marché passé avec lui. Malgré toute la haine qu’il pouvait éprouver pour cet assassin au passé méprisable, le glaneur ne put se résoudre à donner l’assaut. Ce ne serait pas lui qui agirait le premier.

« Non, patientons encore. » Il échangea un regard avec l’un des assassins près de lui. « Mais gardez-le à l’œil. Dès qu’il verra le Professeur, il tentera de me tuer… c’est dans sa nature. Il faudra aller très vite. »

« S’il ose battre ne serait-ce qu’un cil vers Koah, tranchez lui la gorge. » ajouta Lycos avec fermeté.

Dans un silence profond, la troupe se mit en marche. Le guerrier lydéen accueillit sur ses épaules Kodo afin de l’aider à avancer de branche en branches. Sur plusieurs toises, ils se dirigèrent vers le nord, passant d’arbres en arbres sans jamais toucher le sol. Parfois, ils croisèrent la route de Prédateurs qui les obligèrent à rester immobiles et silencieux de longues minutes, le temps que ces monstres passent leur chemin.

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mer 23 Déc - 18:05

Au bout de deux heures ils parvinrent enfin dans un endroit dégagé. Les assassins pensèrent qu'il s'agissait alors de l'endroit où se trouvait le Professeur. L'un d'eau dégainant son poignard, long de plusieurs centimètres, prêt à toute éventualité. Olaek sauta de l'arbre. Il devait être perché à une dizaine de mètres et il aurait été difficile pour lui de ne pas se casser une jambe, pourtant, tout allait bien. Il aterrit avec souplesse et se redressa. Il prit alors une corde, cachée dans des brouissailles et l'envoya à Avian pour qu'il l'attache. Ce dernier utilisa la magie pour la faire venir à lui. Il attendit que chacun d'eux descende, même s'il fut tenté, très fortement à l'idée d'avoyer les lamesqu'il possédait en plein coeur des oderniens. A l'idée de voir leur cadavre chuter lourdement et s'écraser sur le sol, il éprouvait une sorte d'autosatisfaction. Toujours aussi froid, ils continuèrent à avancer. Avian, chuchota, visiblement méfiant :

- Je croyais qu'on ne devait pas marcher sur le sol...

- Ca, c'était avant que nous pénétrions dans Kil'A'Wek.

- Dans quoi ?

- Le Village des Assassins des Brumes.

A cet instant la troupe frémit et ralentit le pas, pour s'arrêter et porter sur Olaek un regard lourd, où la méfiance avait remplacé tout autre sentiment. Même Avian n'osait plus avancer. Il n'y avait pas des légendes pour rien... On racontait sur ce lieu maudit, que l'on n'avait jamais nommé, par ailleurs pour en accentuer le caractère horrifique, que nul n'en revenait vivant et que l'on faisait subir aux intrus des sévices terribles. Olaek désigna la brume et dit, la voix tranchante comme une lame :

- Nos pas devaient nous mener ici. Ce que l'on raconte est faux. La plupart des gens qui se sont enfoncés dans le Bois des Brumes se sont fait bouffer par des Prédateurs ou des Sanguinaires... nous retrouvions leurs cadares disséminés un peu partout dans le Bois. Ce village n'est pas maudit, c'est un village comme un autre. Enfin, ça l'était. Nous devons le traverser, vous ne risquez absolument rien.

Il détourna le regard, la mâchoire serrée et s'enfonça dans l'épais nuage de brume. Il ajouta, à titre préventif :

- Faites attention où vous mettez les pieds...

Avec une extrême vigilance, et une précaution exemplaire, le groupe s'avança et pénétra dans la brume. Bientôt, personne ne parvint à voir distinctement à plus de deux mètres. Avian essayait de dissiper la brume mais c'était impossible, même avec sa magie. Soudain, comme s'il venait de franchir un rideau, le trouble visuel tomba. Tout était devenu clair.

Kil'A'Wek se dressait devant le groupe. Le village était composé d'une multitude de huttes en bois et en pierre noire. Les huttes n'avaient aucune fenêtre, seule une entrée sans porte permettait d'y pénétrer. Les habitations avaient été construites au sol, entre les arbres. Il était difficile de croire que ce village avait été jadis un lieu de vie. Des cendres tombaient sur le sol légèrement laiteux. L'endroit était désert... des centaines de cadavres gisaient sur le sol. Eventrés, égorgés, décapités et mutilés, le peuple des Assassins des Brumes était répandu un peu partout. Avian observa les corps... le même rituel avait été utilisé.

Olaek se tourna, sans se départir nullement de son calme et fixa intensément Koah dans les yeux.

- Les enfants ont été précipités dans le cratère. Les femmes ont été brûlées vives. Nous allons dans le cratère. Mettez un mouchoir sur votre nez, pour couvrir l'odeur, même si vous la sentez déjà.

Il était difficile de passer à côté des relents de chair calcinée et de putréfaction. Mais une odeur couvrait tout, un odeur pire que celle de la mort, qui emplissait l'air comme une infection. Elle était indescriptible, mais aussi nauséabonde fut-elle, elle iradiait de magie. Le Dernier Assassin des Brumes reprit la route, évitant de marcher sur les cadavres qui à mesure qu'ils avançaient dans le village étaient plus nombreux. Il avait conseillé aux autres de se couvrir le nez pour masquer l'odeur mais lui ne l'avait pas fait. Il s'y était habitué depuis le temps. Ils passèrent devant une hutte très large, largement ventrée. A l'intérieur s'y trouvaient plusieurs instruments de torture. Des machines à écarteler, en passant par les brasiers au dessus desquels des chaînes pendaient, des fouets à dents aiguisées, à clous de kitine, des lames aux formes étranges, des fioles à l'aspect plus que suspect, tout y était. Cette vision révulsa Avian. Il n'avait pas menti en racontant son vécu, et son expérience.

Après quelques minutes, ils parvinrent au cratère. Le trou était énorme et béant. Une passerelle tenue par des cordes semblait le traverser. Olaek s'y engagea sans le faire tanguer, aussi lorsque Kodo et Avian posèrent le pied dessus et que la passerelle bougea, il se retourna avec vivacité et murmura :

- Pas un mot, pas un faux mouvement. Cette passerelle n'est pas habitué à la lourdeur d'abrutis. Et elle doit assurer un retour. Avancez lentement et surtout sans bruit.

Il reprit son chemin. Si vers les bords du cratère une fumée blanche empêchait de voir le sol, vers son centre, la fumée n'y était plus. Et même s'ils étaient à plus de dix-sept mètres de hauteur, ils purent distinguer assez nettement les cadavres d'enfants, la plupart en décomposition. Au milieu du cratère il y avait un plate forme de pierre noire. Olaek s'y arrêta dessus et patienta. Lorsque tout le monde fut regroupé sur le morceau assez étroit, il descendit des marches en colimaçon, taillées tout autour de la colonne. La descente fut interminable, l'escalier était sans rampe, escarpé et glissant en raison de l'humidité environnante. Un des assassins oderniens manqua de peu se briser les os sur le sol. Il fut rattrapé grâce à la magie d'Avian.

Une fois en bas, Olaek se stoppa net. En face d'eux, dans une grotte, deux lueurs rougeoyantes clignotaient. L'Assassin tira une lame de sa tunique. Avec gande précaution il souffla :

- Le Professeur n'est plus très loin... quoiqu'il advienne, surtout, ne pousez aucun cri. Vous ne devez pas réveiller ce qui se trouve ici, sinon nous sommes tous perdus. Il va falloir agir dans le silence, n'est-ce pas trop vous demander ? Si vous avez peur de faire du brut, taisez-vous et restez où vous êtes. Laissez les experts s'occuper du reste.

Une magie très puissante semblait émaner du sol même du cratère. L'atmosphère était tendue comme une corde de potence... tant dans l'air que dans les hommes qui étaient groupés. Les assassins oderniens ne cachaient plus leur désir d'en finir avec ce barbare devant eux. Barbare qui leur tournait le dos et qui était actuellement occupé à analyser les deux lueurs. La terre trembla d'une seule secousse, le silence tomba. C'était un silence de mort. Les deux lueurs s'approchèrent. Un énorme guerrier de métal apparut lors distinctement.

- Avian, vous contrôlez la magie de l'air... faites en sorte qu'aucun bruit ne se fasse entendre.

Le guerrier était à trois mètres d'eux. Il avait la taille d'un homme, et pas d'arbres visible... enfin... Il y eut une détonation et une énorme boule de feu leur arriva droit dessus. Avian avait tout juste eu le temps de mettre en oeuvre son savoir pour éviter que le bruit soit trop fort. Olaek évita la boule de feu en se jetant sur le côté, mais cette dernière vira de trajectoire. Elle poursuivait l'Assassin avec une précision étonnante. Par un habile tour de jambe, il l'esquiva une seconde fois et elle s'écrasa contre une paroi, provoquant des gerbes de flammes. Le bruit fut atténué mais Avian fit clairement comprendre par un gémissement qu'il ne pourrait pas taire ce vacarme indéfiniment. Une seconde boule de feu fut alors propulsée en direction de Koah.
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mer 23 Déc - 22:25

Le souffle de Koah se coupa lorsqu’il heurta le sol. La boule de feu avait foncée vers lui à une vitesse si grande qu’elle l’aurait fauché de plein fouet si Lycos ne l’avait pas violemment plaqué au sol. La sphère effleura l’épaulette de cuir du guerrier, puis sa joue, et elle repartit de plus belle dans les airs. Lycos retint un cri de douleur en serrant les dents. Sa joue était calcinée. Koah voulu lui demander s’il allait bien, mais aucun son ne fut porté à leurs oreilles. La magie d’Avian empêchait le moindre bruit de se propager. Malgré l’agitation qui régnait tout autour, tous les sons étaient amoindris, comme entouré d’un voile ouaté de silence.

Koah resta interdit le temps de quelques battements cardiaques. Il roula sur le côté et évita une nouvelle fois la boule de feu qui tournoyait dans les airs, comme doté d’une volonté propre. Cette chose semblait l’avoir prit pour cible. Elle revenait toujours à la charge, tentant des parades que le glaneur évitait de justesse en s’aidant de la paroi de la grotte pour rebondir. Bientôt, la sphère de magma fut rejointe par une deuxième, puis par une troisième qui fonça du fond de la grotte. Deux autres suivirent et pourchassèrent à leur tour les intrus. Un odernien fut touché de plein fouet et il s’embrasa d’un seul coup, brûlant de tout son être jusqu’à devenir un amas de cendre.

- Mettez-vous à l’abri ! Derrière la roche, hurla Lycos à pleins poumons.

Malgré la hargne dont le guerrier avait fais preuve pour rugir son ordre, sa voix parvint aux autres comme un murmure. Alors que Koah se dépêtrait tant bien que mal de ses trois boules de feu, il vit du coin de l’œil que Molly et Logan se trouvait sur la trajectoire d’une sphère. Sans réfléchir, le glaneur tendit la main vers elle et aussitôt, la lydéenne fut balayée violemment en arrière contre la roche, poussée par la force mental du jeune homme. Cet acte lui sauva la vie, ainsi qu’à Logan qui roula sur le sol, en boule.

La voix de Danaé raisonna à travers l'esprit du glaneur par magie :

- Koah ! Derrière toi !

Le temps sembla se ralentir. Koah se retourna et tomba nez à nez face à une boule de feu. Il ne pourrait l’éviter à temps cette fois-ci. Alors que sa respiration se coupait et qu’il fermait les yeux, la magie crépita autour de lui et instinctivement, le glaneur libéra la puissance qui glissait dans ses veines. Dans son esprit douloureux, des mots en sula brillèrent, comme le jour où il avait transformée la rivière de Lydée en Oxar. Ses lèvres murmurèrent une ancienne formule. Alors que la boule de feu aurait dû le tuer sur le coup, cette dernière se liquéfia, devenant une pluie fine qui entoura le glaneur. Tout autour du jeune homme, l’eau gravita, serpentant sa taille comme un boa. Lorsque les yeux brillant d’un vert éclatant de Koah se posèrent sur une nouvelle boule de feu qui s’agitait dans les airs, la traînée de pluie fonça vers les flammes, les réduisant au même sort que la précédente.

La volonté de la Vague était à l’œuvre. Le serpent de gouttelettes ondulait dans l’air à la poursuite des boules de feu. Lorsqu’il eut détruit tous les projectiles enflammés, il vint s’abattre violemment contre l’amure du guerrier de métal qui jusqu’alors combattait Olaek et les assassins oderniens. Koah ferma un instant les yeux, puis il les rouvrit. Ceux-ci avaient retrouvés leur clarté habituelle.

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Jeu 31 Déc - 3:11

Le guerrier s'enflamma l'espace d'un court instant, à la surprise générale, mais il tenait toujours debout. D'un geste visiblement énervé, il sortit un pieu en métal de son dos et le planta dans la poitrine de l'un des assassins. Ce dernier s'effondra, dans un râle. Olaek eut tout juste le temps de sauver l'un d'eux lorsque le colosse fendit l'air d'une énorme hache. L'Assassin des Brumes esquiva un coup qui aurait pu lui trancher la tête. Mais il y eut un bruit étrange. Un grincement. Le colosse commençait à rouiller et il avait du mal à bouger désormais. Olaek en profita pour lui administrer un coup de pied afin de le déséquilibrer. La masse de métal tomba puis finit par ne plus bouger.

Les lueurs s'éteignirent finalement, laissant l'entrée de la grotte libre. L'Assassin des Brumes s'assura d'un regard que Logan aille bien. Il rangea ses lames qui lui avait été fort inutiles dans ce combat, s'approcha de l'enfant et se tourna vers Koah.

- Il est là-dedans. Mais n'oublie pas qu'il veut t'anéantir. Tu es devenu sa cible. Faire tuer et tuer sont deux choses différentes. Tuer quelqu'un c'est un acte courageux, car c'est ton âme qui en pâtit par la suite. Faire tuer quelqu'un, c'est un acte lâche, tu laisses d'autres entâcher leur âme. Tu éprouveras le même remords en envoyant ces deux crétins à la Créatrice que lors de la mort de Néfal. Tout ça ne pèsera pas sur ton âme mais sur ta conscience.

Les assassins oderniens étaient prêts à bondir, ils attendaient un geste de la Vague. Olaek avait rangé ses armes mais il se tenait prêt.

- Regarde autour de toi, le cadavre de ces enfants. Comprends-tu ce que j'essayais de te dire ? Comprends-tu que la mort n'est pas une horreur en soi ? Que c'est la façon de mourir qui importe le plus ? Mon peuple est craint partout. Qui ne nous craint pas est fou... Mais, souviens-toi que je n'ai agi que par obligation. Et qu'à chaque temps, son explication, à chaque combat, ses sacrifices.

Avec une dextérité et une agilité qui lui étaient propres il brisa une fiole. Immédiatement il fut enveloppé d'une brume noire, très épaisse. Avian qui fatiguait, cessa de pallier au bruit et utilisa sa magie pour dissiper la brume. Les assassins s'étaient précipités à cet endroit et Lycos se tenait prêt de Koah pour lui servir de bouclier.

- LOGAN !!!

Molly venait de crier le prénom de l'enfant qui avait disparu. Elle beugla alors :

- L'ordure, il a enlevé Logan !!!

Il y eut un crépitement d'énergie si violent que la pierre éclata en mille morceaux. Le pilier explosa, laissant juste le temps au groupe de se précipiter à l'abri des chutes de pierres. L'un des assassins fut écrasé par un bloc de caillou aussi gros qu'un Qwelsas. La brume blanche disparut. De tous les cadavres d'enfants éparpillés autour d'eux, de longs filaments argentés s'élèvèrent. La magie opressait l'air de telle manière qu'il était impossible de respirer. Les odeurs, les couleurs, tout avait disparu, la lumière était si intense qu'elle aveuglait tout le monde. Avian cria alors :

- Dans la grotte, vite !!!

Tous se ruèrent vers la grotte. Molly trébucha lourdement sur une pierre et s'affala mais Kodo l'aida à se relever. Ils pénètrèrent dans la grotte mais ne purent aller plus loin, une onde de choc retentit et les plaqua à terre sans qu'ils puissent y résister. Un cri strident leur vrilla les tympans... les hurlements des enfants s'élèvèrent en cacophonie. Des éclairs zébrèrent le ciel, la roche, l'air. Puis les parois du cratère se mirent alors à brûler. Les flammes, couleur bleu-clair, n'émettaient aucune chaleur. Elles se contentaient d'illuminer le triste spectacle à l'intérieur du cratère. Tous purent voir la façon dont les enfants avaient été massacrés et jetés dans le vide, comment pour ceux qui avaient survécu, on avait ôté des parties du corps pour faire des symbôles. Ce cratère hurlait à la mort, une plaine si déchirante qu'elle les transperçait de part en part, les paralysant presque.

- Nous ne devons pas rester là... ce bruit va nous tuer, partons, dans les galeries... vite...

Avian aida les autres à se relever et ils progressèrent dans la grotte. Au bout de cinq longues minutes, les cris étaient peu audibles et donc supportables, bien qu'ils ne cessent pas. Molly se mit alors à vomir comme Lycos et le dernier assassin odernien. Avian était très pâle.

- Qu'est-ce que c'était ?

Danaé qui essayait de les aider à aller mieux par un peu de magie, répondit, avec une infinie tristesse :

- Le sang des innocents que l'on tue agit sur certains lieux comme un énorme cimetière d'âmes... Ces âmes sont prisonnières de ce cratère.

- Elles sont toujours là, nous devons pouvoir les sortir d'ici.

- Seul Kirion le peut...

Sentant tous les regards sur lui, Avian ajouta :

- Kirion a le pouvoir de conduire les âmes. J'ignore comment, il a toujours gardé ce secret pour lui. Mais une chose est sûre, le seul moyen de les sauver est d'appeller Kirion. Ce qui n'est jamais sans risque...

***

- Je me demandais quand tu allais arriver. Il me tardait de te montrer combien il était fou d'oser me défier une seconde fois, Kor !

- Je ne suis pas impressionné, j'ai avec moi un atout, d'une importance capitale, Kirion, ton heure a sonné !

Flottant dans les airs, Andrew surplombait la plaine chaotique. Des hurlements de terreur aux cris de guerre, des milliers d'âmes étaient en lutte contre les Furies. Tulan, visiblement inquiet, glissa à l'oreille de Kirion :

- Il a le pouvoir de nous tuer, tu le sais. Nous sommes perdus, si Kor contrôle son âme...

- Non, ça n'est pas Kor. Un lâche comme lui n'est bon à rien. C'est l'autre.

La peau grisâtre de Tulan pâlit soudain. Il semblait tout comprendre. Kor qui étit trop fier pour regarder autour de lui, se pavanait, souriant et diabolique. Andrew dégaîna son épée et atterit sur le sol. Un cercle se dessina autour de lui empêchant toute créature autre qu'un Dieu d'y pénétrer. Il se tenait prêt au duel. Kirion fit craquer sa nuque dans un bruit sinistre. Et presqu'aussitôt le silence tomba. Pas un seul bruissement d'air. La terre trembla. Furies et âmes restèrent immobiles, comme si elles se doutaient soudain de l'ampleur du combat qui allait se dérouler. Les yeux de Kirion virèrent au rouge flambloyant. Il dégaîna son épée dans un tintement mystique et les deux entités s'élancèrent l'une contre l'autre. Les coups étaient d'une telle puissance que les gerbes d'étincelles provoquaient des petits incendies dans les broussailles. Kor et Tulan osaient à peine respirer. Quelque chose se déroulait, quelque chose d'étrange. Le temps sembla se figer, les épées s'entrechoquèrent et prirent feu. Le pommeau rougeoyant et chauffé à blanc des deux épées commençait à brûler la chair des protagonistes. Puis, l'épée d'Andrew se brisa. Kirion lui asséna un coup violent dans le ventre à l'aide de ses bottes et le chef de Lydée tomba par terre.

Le visage de Kor était parcouru de tics nerveux. Kirion leva alors son épée et se prépara à asséner le coup de grâce lorsqu'une voix lui ordonna :

- Non ! Il doit vivre !

Laureen sauta de son cheval ailé avec vivacité. Elle se précipita entre Kirion et Andrew.

- Traîtresse ! Tu nous trahis depuis le début !

- Tu as perdu Kor. Et tu mérites ton châtiment !

- Non, Kirion...

Mais trop tard. Avec un visage glacial et empreint de malveillance, Kirion fit apparaître des âmes noires, dont la profonde obscurité ternissait toute forme de vie alentour. Les âmes se ruèrent sur Kor qui hurla de souffrance avant de disparaître.

- Il a lui aussi perdu !

- Kirion, écoute-moi, nous devons le laisser vivre... Kirion ! Il est temps de revenir !

Mais la lueur malveillante ne disparaissait pas. D'autres âmes noires se formèrent.

- NON KIRION !

Tulan le heurta avec violence pour le précipiter sur le sol. Les âmes noires disparurent aussitôt et la lueur rouge aussi.

- Pourquoi l'épargner ?

- Parce que j'ai un plan. Je sais ce qu'il cherche. Comme toujours cela n'a pas changé mais il lui faut le sang d'un innocent. D'un Kant.

- Et ?

- Et il se trouve que j'ai un Kant qui veille sur lui.

- Tu es vraiment impressionnante Crya...

- Je le sais. Mais ne tardons pas, tout se joue désormais. La bataille pour l'union des derniers sulas sera gagnée lorsqu'il sera mort, définitivement.

- NON !!! PITIE NON !!!

Le cri déchirant d'Andrew les fit sursauter. Le lydéen se tordait de douleur et avait une respiration saccadée.

- Voyez, le lien est toujours là ! Andrew, Andrew, qu'est-ce qu'il y a ? Que se passe-t-il ?

Le sang coulant de ses narines, il répondit :

- Logan... il meurt... il va mourir... il le tue...

- Tu vas m'écouter, Andy... lève-toi. Tu peux l'empêcher. Prends ma monture et va le sauver.

- Comment crois-tu qu'il va trouver l'endroit ?

- Il y a des liens qui ne s'oublient jamais, père.

- Qu'il vole alors ! Et qu'il se hâte.

- Les Idrazits arrivent !

- QUOI ???

- Oui, il les a réveillés !

Kirion eut son visage crispé par la colère et la cruauté un long moment mais Tulan aida Andrew à se mettre en selle et après avec pris position, ils s'envolèrent. Tulan les regarda partir, songeur mais Kirion le ramena sur terre, par une phrase effrayante :

- J'ai soif de hurlements...
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Jeu 31 Déc - 19:17

Koah tentait de garder son sang-froid et d’ignorer la détresse qui s’emparait de son âme. Une multitude de pensées contradictoires encombraient son esprit et l’empêchait de reprendre pieds. La culpabilité d’avoir perdu Logan à cause de sa compassion envers Olaek, le soulagement qu’enfin Alec, Elona et Määt étaient vengés de part le sacrifice du fils légitime d’Andrew, et la peur de s’enfoncer davantage dans cette grotte à la recherche du dieu-professeur, lui vrillait les tempes. Koah avait une boule dans la poitrine qui l’empêchait de respirer. Il avait l’impression de suffoquer.

- Tu dois calmer ton âme, encouragea Danaé une main posée sur l’épaule tremblante du glaneur. Fais le vide. Comme je te l’ai appris. Dompte les sensations qui te traversent. Retrouve la quiétude en toi. C’est le seul moyen d’avancer.

- C’est si dur, grogna Koah en ferma les yeux, ce qui fit couler une larme le long de sa joue. Tout va mal. Nous n’y arriverons jamais.

- Au contraire. Tant que tu seras en vie, tout ira bien. (Elle lui caressa les cheveux.) J’ai foi en toi.

Koah inspira profondément et il bloqua sa respiration. Il n’avait pas le choix de toute façon. Il chercha de longues secondes à faire le tri dans ses pensées, de ranger ses tourments dans un coin de son crâne comme le lui avait enseigné l’ancienne déesse. Peu à peu, ses pensées s’allégèrent et la boule qui oppressait sa poitrine s’estompa. Koah ouvrit les yeux d’un air serein, contrastant avec la détresse de ses compagnons.

- Je ne sais pas si vous faites le bon choix en ayant foi en moi, mais quitte à mourir, je mourais en défendant mon monde.

Lycos grommela une phrase d’encouragement incompréhensible en sortant son épée, puis voyant que tout le monde était à nouveau apte à avancer, il ouvrit la marche en compagnie d’Avian. Le guerrier et le mage s’enfoncèrent les premiers dans une galerie à pente douce, suivit par la poignée de survivants. Koah se demanda comment dix-huit oderniens, un assassin, un qwel, deux femmes dont l’une était une ancienne déesse, un mage maîtrisant la magie de l’air, un guerrier lydéen et une Vague à peine consciente de son statut pourraient venir à bout d’un dieu-professeur sans doute protégé par des créatures surgies tout droit du centre de la terre. Cette opération était du suicide.

Pendant un moment, la troupe descendit la galerie dont l’inclinaison douce les menait peu à peu vers les profondeurs de la terre. Ils n’eurent pas besoin de lumière pour se diriger car une lueur bleutée s’irradiait de la roche. Plus ils avançaient et moins la pierre semblait taillée grossièrement. Sans crier garde, les premières mosaïques firent leur apparition. Tout en s’avançant en silence, Koah les admira. Elles étaient faites principalement de ton noir et bleu, et elles représentaient (si son enseignement de prêtre était toujours à jour) la descente aux enfers des Damnées, des âmes condamnées à l’errance éternelle.

- J’ai l’impression que nous avançons vers l’Ampur, chuchota Koah dont la gorge était nouée.

Danaé hocha la tête.

- C’est le cas.

Finalement, après quelques minutes de marche supplémentaire, la troupe déboucha sur une terrasse de pierre naturelle. Elle surplombait de quelques mètres une rivière assez large au courant étrange. L’eau semblait flotter dans les airs comme un serpent vivant. Elle parcourait de part en part la cavité et allait se perdre dans les profondeurs d’un gouffre. A travers les flots déchaînés, on pouvait parfois entrapercevoir des âmes hurler de douleur et se débattrent… en vain.

Au bord d’une ghât qui descendait dans les profondeurs de la rivière, Avian se tourna vers Koah.

- Il faut la traverser, et j’aurais besoin de ton aide. J’ai usé beaucoup d’énergie tout à l’heure. Je n’en aurais pas suffisamment pour stopper le courant. Tu as une affinité avec l’eau, ordonne lui de nous laisser passer.

Le glaneur fit un pas en arrière, interloqué.

- Moi ? Mais ce n’est pas de l’eau ! Ce sont des morts ! C’est l’Ampur ! La rivière des Damnés ! Je n’ai pas ce genre de pouvoir !

- Torsha aimait cet endroit, intervint calmement Danaé. Fouille sa mémoire et trouve le sort qui nous fera passer de l’autre côté.

- Je n’aime pas utiliser sa magie. Elle est cruelle. Elle est noire. De plus, je n’ai jamais fais ça !

Avian eut un sourire.

- Il n’est de pire ennemi et de plus mortel poison que le doute, Koah.

- Tu es une Vague, renchérit l’ancienne déesse. Il n’y a pas un être sur ce monde plus intime avec la magie que toi. Tu n’as pas besoin de sorts complexes ou de subtiliser de la magie à des artefacts ou à des runes pour accroître ta puissance. Tu es capable de réaliser des choses sans avoir besoin de les apprendre par cœur dans un livre. La magie est instinctive pour toi. Blanche ou noire, elle t’obéit.

Lycos se raidit.

- Tu ferais bien de trouver très vite un moyen de nous faire passer de l’autre côté. Si non je ne donne pas cher de notre peau.

Des parois bleutées de la cavité, des ombres se mouvaient et descendaient vers le sol. Koah fronça les sourcils et il fut traversé par un profond sentiment d’angoisse. Les êtres qui descendaient tête la première étaient monstrueux à en glacer le sang. Mi-homme mi-fourmis, ces créatures avait le buste d’un humain mais la tête, l’abdomen et les pattes d’un insecte. Elles faisaient deux à trois fois la taille d’un homme et devaient peser cinq fois plus. Certaines d’entres-elles étaient pourvues d’ailes et descendaient en piquée vers les oderniens.

- Ce sont des Saratiis ! s’écria Avian qui usa d’un sortilège pour faire tourbillonner l’air et ainsi projeter quelques homme-fourmis contre les parois de la grotte. Leur point faible se trouve sous les articulations des pattes ! Koah ! Dépêches toi !

Une lutte sans pitié opposa les humains aux saratiis. Les hommes et les monstres s’étaient engagés dans un redoutable corps à corps. Un épais manteau de sang et de poussière s’était abattu sur les combattants, recouvrant guerriers, blessés et cadavres sous une couche uniforme. Le fracas du métal s’unissait aux craquements des os brisés pour former un tumulte assourdissant. Bien que massif et dotés de pinces capables de broyer un crâne comme une brindille, les saratiis n’étaient heureusement pas vifs et rapides. Cependant, ils étaient nombreux et pour chaque saratiis tués, trois autres surgissaient des alvéoles creusées dans la roche.

Plusieurs fois, Koah usa de son pouvoir psychique pour projeter dans la rivière quelques créatures qui furent aussitôt désagrégées par la mort elle-même. Le glaneur descendit les marches de la ghât jusqu’au bord du torrent, puis il ferma les yeux. Derrière lui, Danaé veillait à créer une zone de quiétude où aucune créature quel quelle soit ne pu pénétrer, à par Molly sur qui la déesse veillait.

- Cherche au fond de toi et domine la magie, conseilla Danaé. Ai confiance en ton pouvoir. Tu es le Pouvoir !

Les mots de l’ancienne déesse le traversèrent. Koah plongea au fond de son esprit, cheminant à travers de nombreux souvenirs, tant joyeux que douloureux. Il se concentra sur un seul objectif : trouver l’endroit où il avait scellé la mémoire de Torsha. Plus il s’approchait de son but et plus il sentait en lui la colère et la haine l’envahir. La magie parcourue ses veines un instant, puis elle crépita tout autour de lui. Un flot de magie noire, de haine et de tristesse envahit alors Koah. Il avait beau essayé de se maîtriser, son esprit hurlait de fureur. Sa tête se renversa en arrière, ses yeux se révulsèrent dans leurs orbites, et dans un geste rapide et précis, ses poignets se rejoignirent pour former une croix. Il hurla alors :

- Aansta naïa !

Aussitôt, un déluge de magie noire s’échappa de son être comme une détonation, balayant la rivière et écartant ses eaux. Un barrage invisible maintenait le courant diviser. Danaé s’écria alors, tentant de couvrir le son de la bataille :

- Il a réussit ! Passez tous !

Lycos aida un odernien à se relever. Avec précaution, les soldats battirent en retraite. Avian usa d’un puissant sortilège pour repousser les saratiis suffisamment longtemps pour permettre aux derniers survivants de cette bataille de traverser à leur tour rivière. Lorsqu’il ne resta plus que lui et Koah (dont la tête était toujours renversée en arrière), il dit :

- A nous maintenant. (Voyant que le glaneur ne réagissait pas, il insista : ) Calme la magie qui te traverse. Concentres-toi et reviens. Enferme à nouveau l’obscurité derrière le sceau !

Koah lutta avec lui-même. C’était pourtant si bon de céder à tant de haine. C’était libérateur de se laisser aller à tant de cruauté. Le goût du sang… l’odeur de la chaire brûlée… le salé des larmes de désespoir… Oh qu’il était agréable de se sentir tout puissant. Le jeune homme s’enfonça peu à peu dans les méandres de son esprit. Rien de ce que lui disait Avian n’arrivait à le convaincre de revenir.

Et pourtant, un cri déchira le voile de l’obscurité.

Logan venait d’hurler de douleur. Koah ouvrit aussitôt les yeux, arraché de force à ses propres démons. Le sceau qui emprisonnait les souvenirs de Torsha s’était à nouveau scellé. Le glaneur tourna la tête et sous ordre de sa volonté, la rivière sortit de son lit. Elle remonta les ghâts et faucha les saratiis de plein fouet. Le glaneur profita de ce chaos pour traverser en compagnie d’un Avian visiblement à bout de force. A aucun comment, l’eau tumultueuse ne vint toucher les deux mages.

A genoux sur l’autre rive, Koah reprenait son souffle. Il perdit peu à peu le contrôle de la rivière qui reprit place dans son lit. Danaé utilisa sa magie pour soigner quelques blessures, puis malgré la fatigue de chacun, la troupe se remit en marche, suivant les hurlements douloureux de Logan. Il n’y avait pas de temps à perdre.

A travers les galeries qui s’enfonçaient toujours plus profondément dans la roche, les soldats marchèrent en silence. Trois fois durant, ils croisèrent des troupes de saratiis qu’ils durent massacrer afin d’éviter que l’alerte ne soit données. Un piège mortel emporta deux oderniens et un troisième faillit coûter la vie à Molly.

Cela faisait longtemps maintenant que Koah avait perdu toute notion du temps. Il ne savait pas depuis combien de temps ils s’enfonçaient toujours plus profondément dans la roche, suivant les cris de Logan. La chaleur rendait l’air suffoquant, mais les sept oderniens restant, ainsi que l’assassin ne semblait pas en souffrirent, sans doute habituer à de telles profondeurs. Inlassablement, les fresques se succédèrent. Elles dépeignaient toujours le même spectacle de désolation ; les âmes de damnés descendant aux enfers.

Finalement, la pente déboucha sur une vaste plaine rocheuse et poussiéreuse. A y regarder de plus près, il s’agissait d’un cratère. Il était si gigantesque qu’il était impossible d’y voir l’autre bout. Au centre de la plaine se tenait un édifice, sorte de plateforme d’un noir inquiétant au-dessus duquel se mouvait une ombre. C’était de là que provenaient les cris de Logan. Folle d’inquiétude, Molly voulu se précipiter sur le petit chemin sillonnant cette étonnante vallée souterraine mais Lycos la rattrapa brusquement. Il dit :

- Non… regarde !

D’un geste de la tête, il indiqua une direction et aussitôt, tous ils se mirent à couvert derrière les rochers. Un peu partout dans le cratère, des saratiis patrouillaient. Ils étaient parfois accompagnés de gigantesque homme-scorpion dont l’aiguillon empoisonné faisait la taille d’un petit rocher, et par des femmes-mante-religieuse aux seins si gros que Lycos ne put s’empêcher de siffler. Malgré leur camp opposé, Koah ne put à son tour s’empêcher d’admirer toutes ces étonnantes créatures dont il n’avait jamais ne serait-ce que soupçonné l’existence.

- Où sommes nous ? demanda Koah qui se redressa dangereusement, son regard rivé sur un homme-scorpion gracieux et agile.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Lun 4 Jan - 2:27

- Je crois reconnaître une Salle des Âmes. C'est ici que les âmes perdues sont envoyées dans les Enfers...

- Attendez un instant... pourquoi ce lieu ? Il n'est pas censé conduire les âmes vers le néant et l'infini ?

Danaé resta pensive un long moment et finit par répondre, touchant les parois de ses mains.

- Si. Mais vous ne sentez pas ? La magie tout autour ? Elle imprègne ses murs comme une essence. Cet endroit est un Passage.

- Un Passage vers où ?

- Vers le monde de Thorin.

Avian pâlit soudain. Dans son esprit tout s'expliquait alors. Il se tourna vers Koah, la voix tremblante :

- Olaek le savait... il savait où il nous emmenait, il savait tout. Ce qu'il a dit sur les enfants, sur la pureté de leur âme... Et sur Logan ! Le Professeur n'est pas là pour te tuer. Il va ouvrir le Passage pour permettre à Thorin de nous envahir !

- C'est impossible...

Avian martela :

- Non, c'est inévitable. Olaek me l'avait dit, ça n'est pas un hasard si Andrew a été choisi par Cheera, si Sedna a protégé Ayreb, si Torsha par l'intermédiaire de la Vague a voulu le préserver elle-aussi, si Olaek a survécu au massacre de son village et si Molly est protégée par vous Danaé. Qu'est-ce que les Kant ont de si précieux ?

Visiblement, le mage avait touché juste. L'ancienne Déesse baissa les yeux. Elle finit par avouer, sur un ton lointain :

- Je n'ai pas le droit de le dire. Je n'en ai jamais été la gardienne. J'ignorais qu'Olaek était un Kant. J'avais la charge de veiller sur Molly. Pélös devait veiller sur Andrew... Musterion sur Logan. Au départ, les choses étaient convenues ainsi. Mais je ne suis plus déesse, je n'ai pas pu protéger tout le monde. Vous devez comprendre que notre puissance s'affaiblit à mesure que nous tombons, l'un après l'autre.

Les confidences furent coupées par un autre cri de douleur de Logan. Avian le chercha des yeux sans parvenir à le distinguer.

- Nous aborderons les explications plus tard. Pour l'heure, Avian a raison. La sacrifice de Logan va ouvrir le Passage, si nous ne nous hâtons pas, ce Monde va mourir, définitivement. Jamais nous ne parviendrons à arrêter la légion de Thorin.

- Comment allons-nous procéder ? Ils sont partout je vous signale !, s'exclama Molly que les nerfs vieillissaient.

- Attendez un instant. La chaleur tout autour est notre alliée. Si je parviens à concentrer l'air en un seul endroit, j'arriverais à créer comme une boule de feu, cela devrait nous débarrasser des insectes en les brûlant. En revanche, je crains qu'il ne faille affronter les scorpions en combat direct... ce qui est aussi dangereux que de marcher sur des braises. Mais nous sommes à l'air libre... alors j'ai peut-être une idée !

Il s'assit en tailleur, traça un cercle autour de lui.

- Je vais avoir besoin d'aide... ma magie ne pourra pas tout résoudre.

Danaé saisit alors la main de Koah et la posa sur l'épaule du mage. Puis, elle posa à son tour sa paume sur l'autre épaule d'Avian. Ce dernier se concentra et murmura des propos en sula. Lorsqu'il eut fini, il ordonna pour la première fois à Lycos et aux autres :

- Je vais probablement y laisser des plumes. Prenez garde à vous, n'aggressez aucun d'eux, ce sont de nobles seigneurs de l'air. Dès qu'ils fondent, avancez avec une très grande lenteur. Nous ne pourrons pas marche, des guerriers vont devoir nous porter sur leurs épaules. Surtout, n'attaquez aucun d'entre eux. Ne songez même pas à les blesser. Ils ne vous feront aucun mal...

L'oiseau d'Avian prit alors son envol dans le cratère et son cri résonna de plus en plus lointain. Trois guerriers prirent respectivement Danaé, Koah et Avian sur leurs épaules et se serrèrent les uns les autres pour qu'ils gardent le contact. Dans le lointain, un bruissement se fit entendre. Il augmentait au fur et à mesure. Puis soudain comme une bombe, des chauve souris sortirent des galeries souterraines. Une myriade d'oiseaux de toutes sortes, se mit à piailler assoudissant créatures et humains. C'est à cet instant que le groupe avança. Les volatiles attaquaient les scorpions tandis que des bourrasques faisaient brûler sans flamme les mantes religieuses. Les cris étaient terribles. On entendait les chairs, les fractures, les hurlements de douleurs que ce soit pour les oiseaux ou pour les insectes humanoïdes. Lentement le groupe avança. Mais arrivé au quart du chemin, une lumière émana de l'endroit où se trouvait Logan. La terre trembla et le groupe s'arrêta brutalement. Un odernien venait de se faire griffer par un aigle . La situation tourna rapidement au drame, les oiseaux attaquèrent le groupe, plantant becs et griffles dans les chairs. Avian cria quelque chose dans le vacarme et les oiseaux s'éloignèrent. La voix fatiguée et presqu'éteinte, il dit :

- Il essaie de les corrompre... de les faire se retourner contre nous, nous devons accélérer, vite...

Pressant le pas, le groupe comprit rapidement l'utilité de courir à toutes jambes. Eventrant la terre dans un tumulte apocalyptique, trois énormes vers aux dents acérées répandus en plusieurs rangées les suivaient. le groupe poursuivit sa course pour la survie. Il étaient au trois quart du chemin lorsqu'un bourdonnement attira leurs regards. Juste à temps. Il se mirent tous à terre et le contact entre Koah, Danéa et Avian fut rompu. Presqu'aussitôt, les bourrasques cessèrent. Le mage perdit connaissance. Danaé tremblait et la Vague était livide. Les oiseaux, qui n'étaient plus contrôlés par quiconque continuèrent de se battre puis s'enfuirent. Avant même qu'ils puissent réagir, ils étaient encerclés par les hommes scorpions et des arachnides munies d'ailes. Il y eut des bruits de frottements et avant qu'ils aient pu réagir, ils furent tous ligotés, solidement enlisés dans les toiles gluantes des araignées volantes. Le silence tomba, et il y eut un rire à faire frissonner la lave elle-même. Les insectes soulevèrent les prisonniers et les apportèrent à leur maître : le Professeur.

Il se trouvait dans un vieux temple en ruine. Le fils d'Andrew était attaché sur une pierre gravée en sula, le ventre en sang.

- Eh bien, qu'avons-nous là... la petite Vaguelette et les petits exilés... héhéhé... oh ! Mais c'est qu'il nous reste encore des petits lydéens ! Haha !

Il porta un regard aliéné sur les dits lydéens et poursuivit, agité de tics divers, comme s'il était extrêmement instable :

- Lydéens, oderniens... oh ! ohohohoh ! Assassins ! Vous voyagez lourd ! Haha ! Mais pas assez lourd pour m'effrayer.

La dernière phrase coupa tout tremblement et il claqua des doigts.

- Vous arrivez à l'heure pour la fin ! Parfait, je vais non seulement ouvrir le Passage mais en prime j'offrirais à Thorin la petite vague, pour qu'il puisse la réduire en charpie !

Sa voix retomba dans un silence de mort. Il saisit alors une dague à l'éclat rougeoyant et la fit lentement glisser sur l'abdomen de Logan qui hurla de douleur.

- Larmes et sang ont un si doux parfum ! Héhé... allons, ne pleure pas petit lydéen... encore quatre ou cinq entailles et tes entrailles vont se déverser comme il le faut ! Je suis très soigneux dans mes rituels, avorton...

Il allait tailler une nouvelle fois lorsqu'une dague lui transperça la joue de part en part. Le Professeur se tourna méchamment et son visage sembla soudain sorti tout droit des enfers :

- ENCORE LUI !!! TUEZ-MOI CETTE VERMINE !!!

Tandis que les insecetes cherchaient des yeux l'auteur de cet acte, le Professeur se remit à trembler et dit avec le ton le plus barbare et haineux qu'il pouvait exister :

- Petite brume... tu finiras par te trahir... tes lames sont inutiles sur moi... héhé, elles me chatouillent. Pas de chance pour toi, je déteste les chatouilles. Sors de ta cachette, et j'abrègerais tes souffrances.

Il fit un sursaut lorsqu'une autre lame lui perfora la poitrine. Le Professeur tourna aussitôt la tête vers une zone d'ombre et envoya une boule de feu pour pulvériser une statue de Tulan. Il laissa échapper un cri rageur et s'énerva :

- Tu veux jouer avec moi, petite saloperie ? On va jouer !

Il sortit les lames de ses chairs qui se recomposèrent puis il fit un sourire machiavélique. Il planta les deux lames dans chaque jambe de Logan, lui arrachant un nouveau cri de douleur. Il refit glisser sa dague répandant un filet de sang sur le sol et la pierre gravée. Olaek surgit alors de derrière lui comme par magie et à l'aide d'une patt de mante religieuse, il lui coupa la main qui tenait la lame. Le Professeur n'eut pas le temps de ramasser la lame qu'elle avait disparu, l'Assassin avec, déroutant la petite armée qui se trouvait là. Cette fois, la folie avait définitivement laissé la place à la haine. Le Professeur avait prit une allure incertaine des nuages de vapeurs bleuâtres tout autour de lui.

- JE VAIS T'APPRENDRE CE QUE VEUT DIRE CREVER COMME UN PORC !

Il claqua des doigts et disparut. Le silence tomba alors. Au bout de quelques minutes, il réapparut alors, sa dague dans une main, le cou d'Olaek dans l'autre. Il jeta l'Assassin à terre et il y eut un éclat de verre. D'un geste il stoppa son armée qui voulait en faire un bon repas et dit, dégouté :

- N'y touchez pas ! Il s'est empoisonné ! Au moins, il ne m'emmerdera plus ! Haha, je vais pouvoir continuer tranquillement. Tu as mal mon petit ?

Profitant du fait que Logan lui réponde par des cris, Avian murmura, d'une voix faible mais audible par Koah, puisqu'elle était pas télépathie :

"Gagnez du temps... gagnez du... temps... c'est ce qu'Olaek a dit avant de s'effondrer. Koah... il faut gagner du temps... il avait un plan... gagne du temps..."

Il n'avait pas échappé au groupe que pendant le petit temps où le Professeur avait disparu, leurs liens s'étaient relâchés. Avian par son esprit désigna dans le dos de Koah une entaille faite dans le "cocon". Une entaille libératrice, le temps de faire diversion...
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mar 5 Jan - 9:48

D’un mouvement d’épaules, Koah tenta d’agrandir la brèche dans le cocon de soie. Ce n’était pas évident car les fils visqueux collaient au tissu de sa tunique, mais petit à petit et à force de courber l’échine, il parvint à déchirer suffisamment le cocon pour y extraire un bras, puis l’autre. A peine eut-il agité les poignets que deux saratiis donnèrent l’alerte en se précipitant vers lui, mandibules écartées.

Dans un geste précis de la main, le glaneur envoya valdinguer les deux créatures qui furent projetées en arrière, contre un pilier branlant du temple. Il se débarrassa rapidement du reste de sa prison organique, puis entreprit de déchirer celle d’Avian. A l’aide de sa magie télékinésique, il éventra le cocon de par en par.

- Il faut gagner du temps, répéta le mage d’une voix faible en balayant d’une rafale de vent quelques saratiis qui fonçaient vers eux. Il faut en gagner.

- Du temps, du temps ! Nous n’avons pas du temps ! s’emporta le glaneur.

- Libère les autres !

Koah attrapa brusquement le poignard que lui tendit Avian, puis sans attendre, il trancha les prisons de ses compagnons avec efficacité. Danaé sortit rapidement et aida Kodo dont les poils de sa fourrure étaient empêtrés dans des fils visqueux. D’un pas chancelant et d’une respiration sifflante, Avian tenait en respect les saratiis qui affluaient toujours plus nombreux par les brèches creusées dans les ruines du temple. Au bout du naos, près de l’autel sur lequel gisait Logan, le Professeur observait la Vague et ses compagnons un sourire aux lèvres. Il ricana férocement et dit, sa voix se réverbérant en échos assourdissant contre les piliers du temple :

- Tu ne fais que retarder l’inévitable. Cet enfant va mourir, ainsi que tes compagnons. Et toi, tu seras offert à Thorin.

Anéantie par la peine et la rage, Molly lutta pour ne pas s’effondrer.

- LOGAN !

Danaé la rattrapa de justesse, la forçant à rester en place.

- Non ! Lâchez moi ! C’est mon neveu qu’il torture ce salaud !

Les saratiis se précipitèrent vers eux avec déterminations, évitant les rafales de vent. Ils étaient accompagnés d’hommes-scorpions et de quelques araignées volantes. Malgré tous ses efforts, Avian ne parvenait plus à les tenir éloigné. Sa magie s’était tarie. Le mage tomba lourdement au sol, inconscient. Koah n’eut pas le temps de lui venir en aide. Un homme-scorpion lui barra le passage, puis un autre toute retraite, et un dernier s’approcha sur la gauche. Il évita de justesse une pince gigantesque en roulant sur le côté.

Ces créatures faisaient trois fois sa taille. Leur peau brillait comme si elle avait été polie et leurs pinces étaient aussi grandes que Logan. Koah voyait au-dessus de sa tête leurs aiguillons luisant de venin, tourner dangereusement dans l’air. Désarmé, il ne faisait pas le poids face à eux. Malgré les injonctions de sa raison qui le poussait à s’enfuir en courant, il ne bougea pas. Il se contentait d’observer le moindre fait et geste de ces choses.

Sans crier garde, un dard fonça dans sa direction et se planta au sol. Le jeune homme eut juste le temps de l’éviter. Il ne réfléchit pas davantage et grimpa sur la queue écailleuse de la créature courbée devant lui afin de s’éloigner d’eux. Le corps de l’homme-scorpion tremblotait tant il tentait de défaire son aiguillon de la roche. Un de ses comparses fendit l’air en direction de Koah, mais ce dernier se baissa rapidement. L’aiguillon se planta dans le flanc écailleux de la créature sur laquelle Koah était monté, l’empoisonnant mortellement. Celle-ci poussa des cris stridents d’agonie.

D’un bond, le glaneur roula près d’une pierre. Les deux créatures restantes s’élancèrent à sa poursuite. Le jeune homme rampa à travers les ruines du temple, évitant avec agilité les attaques des deux hommes-scorpions qui fout de rage envoyaient valser de tous les côtés les pierres sur leur chemin. Parfois, un saratii bloquait le passage du glaneur mais ce dernier usa de son pouvoir psychique pour écarter son opposant.

Au bout du temple, le Professeur ricanait, savourant le spectacle d’offrait les sulas.

Un combat s’était engagé. Lycos, les quelques guerriers oderniens encore vivant et l’assassin luttèrent vaillamment contre les saratiis, tandis que Danaé usait d’un sortilège pour entraver les ailes et les pattes des araignées volantes. Kodo profita que ces dernières furent plaquées au sol pour leur crever les yeux à l’aide de sa lance, aidé par une Molly dont la rage était palpable.

Malgré tous ses efforts, Koah n’arrivait pas à distancer ou à se débarrasser de ses poursuivants. Un violent coup de patte le heurta dans le dos et lourdement, il fut projeté contre un rocher. Son front cogna la pierre et du sang s’écoula le long de son arcade sourcilière. Koah poussa un gémissement de douleur, sonné par le choc. Il tenta de se redresser mais un homme-scorpion s’empara de lui en le serrant à la gorge à l’aide d’une immense pince. Cela lui coupa le souffle. Le manque d’air pesa rapidement sur la poitrine du glaneur, comprimant ses poumons.

Vainement, Koah tenta de se dégager. La créature le souleva du sol en resserrant davantage chaque seconde son étreinte mortelle. Koah lança un coup d’œil vers Avian avec le fol espoir qu’il se soit soudain éveillé et qu’il puisse prendre la bonne décision. Mais le mage ne bougea pas, plongé dans une profonde léthargie.

Seul.

Il était seul, et cette solitude lui pesait un peu plus à chaque seconde. Koah ne pouvait compter que sur lui-même pour se sortir de cette situation. Ses pouvoirs télékinésiques n’étaient pas assez développés pour s’occuper de créatures aussi grosses que l’était les hommes-scorpions. Le glaneur devait user d’une magie plus forte. Il devait à nouveau accepter de puiser dans le savoir de Torsha.

Sans chercher à lutter contre lui-même, le jeune homme plongea dans son esprit aussi vite que possible. Il suivit le fil d’Arianne menant aux recoins où se terrait la mémoire magique de Torsha. Comme une évidence, un sort piqua son esprit à vif. Derrière ses paupières closes, des lettres en sula brillèrent et lorsqu’il ouvrit les yeux, le glaneur hurla dans un dernier souffle :

- Aansta naïa !

Aussitôt, une magie puissante s’expulsa de son être comme une onde de choc. L’homme-scorpion relâcha docilement son étreinte. Il fonça ensuite avec son comparse se mêler au combat de Lycos et des autres. Les deux créatures étaient soumises à la volonté de Koah et celui-ci venait de leur ordonner de combattre les saratiis. Au bout du naos, le Professeur observait la scène avec curiosité. Sentant son regard posé sur lui, Koah s’avança d’un pas lent, les bras ballant le long du corps. Ses yeux verts étaient animés d’une beauté furieuse et tout autour de son être, de la magie noire crépitait, faisant danser des filaments obscurs.

- Tu vas payer pour le mal que tu as fais à Logan et à Andrew. Tu vas payer d’avoir osé voulu détruire mon monde ! Tu vas payer pourriture de dieu !

Koah remua les mains et les doigts dans un ordre précis. Le professeur dit de même, amusé par la situation. Il dit avec moquerie :

- Tu crois qu’une Vague à peine consciente de son statut peut quelque chose contre moi ? Ta magie est pathétique !

- Ma magie te vaincra ! hurla Koah.

Dans un éclat démentiel, un déferlement de magie, animé par une colère noire s’échappa de l’être du glaneur. Torsha avait pris le contrôle des émotions du jeune homme. La haine, la fureur et l’indignation nourrissaient ses pouvoirs. Le torrent de magie désagrégea sur son passage les dalles du temple en ruine. Le Professeur ne chercha pas à s’y dérober. Il laissa la magie s’abattre contre lui. Celle-ci semblait à peine l’atteindre.

- C’est ça ta magie ? Je me nourris de ce genre de pouvoir, ricana le dieu. Je vais t’apprendre ce que c’est que la véritable magie. Observe et prends-en de la graine, petite Vague. Regarde jusqu’où s’étendent mes pouvoirs !

D’un mouvement de la main, le Professeur brisa brusquement le sortilège et cela eut pour effet de rompre le lien avec la mémoire de Torsha. Koah chancela, décontenancé par ce retour brutal à la réalité. Ses oreilles bourdonnaient et son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Bien que la bataille faisait toujours rages derrière lui, il ne parvenait à entendre que faiblement les ordres hurlés par Lycos. Le Professeur sourit avec cruauté et en serrant le poing, il hurla une phrase en sula qui raisonna à travers le glaneur.

Koah eut le souffle coupé. Il eut la désagréable impression de sentir une main crochue fouiller son âme et la retourner de par en par. Il ferma les yeux et derrière ses paupières, il vit un champ de croix, un champ de crucifiés. Une odeur de chaire en décomposition irritait les narines et soulevait le cœur. De la neige tombait sur cette colline au sol gorgé de sang. Koah avait l’impression désagréable que ce n’était pas une vision mais un souvenir. Le souvenir d’une vie passée.

- C’est ainsi que tu es morte dans ta précédente vie petite vague. Crucifié comme un esclave ! Dans chacune de tes vies, tu souffres le martyr. Thorin veillera certainement à ce que ce cycle cesse.

Une fulgurante douleur traversa alors le corps du jeune homme. Il tomba en avant de tout son long, les pieds percés, ainsi que les mains. Koah hurla sa souffrance au bord des larmes. Le Professeur avait ramené dans le présent les plaies d’une vie antérieure. Du sang se répandit tout autour du jeune homme, remplissant les rainures entre les dalles du temple et imbibant sa tunique.

C’était fini.

Koah ne se sentait plus la force de continuer à lutter. Il ne savait pas quoi faire pour tenir tête à ce dieu. Que pouvait donc faire un mortel, toute Vague fut-il, face à une divinité immortelle ? C’était un combat perdu d’avance. Avian lui avait demandé de gagner du temps… du temps, oui, mais pour quoi faire ? Il regarda avec tristesse Logan, s’en voulant de ne pas avoir été à la hauteur. Même si cet enfant représentait à lui tout seul la vie qu’on lui avait arrachée de force, Koah n’arrivait pas à se réjouir de son sort. Il était une partie d’Andrew et de ce fait, une part du glaneur l’aimait.

Dans un ultime effort, Koah se redressa sur les coudes. Il se concentra pour tenter d’écarter le dieu de l’autel mais sa magie ne produisit qu’un léger froissement de tissu sur la tunique du Professeur. Ce dernier poussa un rire tonitruant. Il serra de nouveau le poing et une plaie surgie du passé entailla le dos du glaneur, suivi d’une autre et encore d’une autre. Koah hurla sa douleur à s’en enrouer la gorge. Il sentait les pointes acérées d’un fouet lui découper la chaire avec barbarie.

Ce ne fut que l’intervention de Danaé qui brisa le lien avec le passé. L’ancienne déesse se précipita vers le glaneur. Elle tendit une main vers le Professeur et créa autour d’elle une zone de quiétude. Celle-ci se briserait rapidement, mais au moins elle aurait le temps d’apaiser les douleurs de Koah d’un sortilège. Elle dit alors que de sa main libre elle effleurait les plaies dans le dos du glaneur :

- Il y a toujours de l’espoir.

- Non c'est faux, pleura le jeune homme dont l’être était emprunt au désespoir. Nous avons perdu.

Les plaies dans son dos se résorbèrent peu à peu, laissant comme seuls vestiges des lambeaux de tunique et des traces de sang. Maigre consolation lorsque l’on était certain de mourir dans quelques minutes. Dans une explosion assourdissante, la zone de quiétude fut détruite par un rayon obscur. Danaé roula sur le côté. Elle heurta une pierre qui la sonna sur le coup.

- Comment veux-tu qu’il apprenne de ses erreurs si tu le maternes comme un gosse ? cracha le Professeur.

Instinctivement, Koah releva la tête malgré sa fatigue. Son regard fut attiré par un point lumineux dans le ciel obscur. Il sentit son être s’embraser d’un seul coup. Chevauchant un cheval ailé d’un blanc éclatant, Andrew arrivait, irradiant de beauté. Il perçait les Ténèbres par son charisme. Il ressemblait à un dieu, vêtu de son armure brillante et de son heaume. Koah sentit l’espoir l’envahir et par magie, la douleur fut chassée de son corps. L’amour qu’il ressentait pour le chef de Lydée brûla son âme. Le jeune homme rayonnait faiblement, donnant l'impression de posséder au fond de lui une étoile.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Jeu 14 Jan - 11:24

Suivant le regard de Koah le Professeur fronça les sourcils. Lorsqu'il reconnut Andrew, son visage changea du tout au tout. Le fanatisme fit place à une peur si soudaine, que les créatures autour cessèrent le combat, attendant les ordres de leur maître. Pâle comme un linge, il murmura, comme si la mort était en face de lui :

- Impossible... ça ne peut pas être... c'est impossible...

Il scruta la silhouette et ses yeux se posèrent avec froideur sur la forme éthérée présente à côté d'Andrew. Il s'agissait d'un filament d'âme, rayonnant, terriblement angoissant... car il provoquait des choses non contrôlées. En effet, à la vue de cette chose virant alternativement du pourpre au rose, jamais les sulas ne se sentirent aussi bien. Il leur était impossible de détacher leur regard. Ils lâchèrent leurs armes, restant béats devant une telle créature. Très vite, la seule envie qui les préoccupaient fut de s'accoupler avec cette Déesse. Et sans s'en apercevoir ni même faire preuve de pudeur, ils avaient tous une bosse prononcée au niveau de l'entrejambe. Tous sauf Koah qui semblait insensible à ce genre de charmes, Andrew qui avait l'air étrange, comme suspendu entre deux mondes, Avian, toujours évanoui et le Professeur. Ce dernier gronda de colère :

- Encore toi sur mon chemin... attends un peu ma jolie ! Tuez le cheval ! Mais ne le tuez pas lui, je le veux vivant !

Les araignées volantes obéirent aussitôt et fondirent sur le cheval. Le Professeur ferma les yeux et dans le ciel, Andrew envoya Crya dans le vide d'un coup de coude. La Déesse chuta d'une vingtaine de mètres mais elle ne parut pas décontenancée, elle entra en communication avec Koah :

"Il faut à tout prix briser le lien, définitivement. C'est grâce à lui qu'il le contrôle ! Déconcentrez-le !"

Mais déjà les sulas s'étaient approchés d'elle pour voir si elle n'avait rien. Leur état hormonal avait encore empiré maintenant qu'elle était toute proche. D'une voix impérieuse, elle les stoppa et ordonna :

- Défendez votre Déesse ! On veut lui porter atteinte !

Et presqu'aussitôt les guerriers se lancèrent vers le Professeur, épaulés de Koah. Ce dernier les balaya d'un geste, lespropulsant de l'autre côté de la salle. La nuque d'un guerrier se brisa dans sa chute provoquant un craquement sinistre. Une énorme masse tomba sur le sol. Le cheval hurlait de douleur, les guerriers du Professeur le dévoraient vivants. Flottant dans les airs, Andrew aterrit lestement aux côtés du Dieu malfaisant qui ricana. Epée sortie, le chef de Lydée avait perdu toute lumière, il avait les traits d'un démon, perfide et avide de sang. son nez saignait avec abondance.

- Pauvre folle ! Tes supplices anciens n'ont pas suffi ? Tu as pensé avoir le dessus une nouvelle fois ? Sur moi ? Ton être à torturer ? Tu es encore plus sotte que tu en as l'air. Ta machination est bien calculée ! Oh oui, m'envoyer ton piètre Assassin des Brumes, dernier représentant de sa race m'offrir en échange de sa survie, l'âme pure pour finir mon sacrifice et ouvrir le Passage, le dernier rempart sur le Monde de Thorin, sur Hadrandar, les Enfers, oui, c'était un bon plan... Cela m'offrait une diversion, une jouissance inespérée. Mais cela me perdait, je n'avais pas ôté le contact de mon cher béni de Cheera. J'étais toujours lié à lui, il me voyait donc torturer l'innocent... C'est pour ça qu'il est venu pour le sauver... Quel dommage, ça a... FAILLI réussir !

Il éclata d'un rire démoniaque, provoquant dans son armée des frissons de crainte. Il poursuivit, agité de tics :

- Oh tu as échoué en beauté. L'innocent sera sacrifié ! Et tu sais quoi ? Haha ! C'est ton petit protégé, Andrew qui va le faire ! Il va tuer l'avorton ! Je vais lui dire que c'est la petite voix qu'il entend sans cesse, celle qui le torture. Qu'il doit tuer le gosse pour en finir !

- Tu ne peux pas faire ça !

- On parie ?

Il claqua des doigts. Andrew sortit son épée et recula, il appuya son épée sur le ventre de Logan et fit glisser la lame taillant dans le sang l'abdomen du jeune garçon qui n'eut plus la force d'hurler...

- Arrête !

Crya venait de prende forme humaine, elle était sous les traits de Laureen. Elle approcha :

- Andrew, je t'en supplie, arrête, il ment !

- Regarde, regarde comme elle rampe ! Elle t'a trahi ! Elle t'a trahi ! Elle est de son côté ! Depuis que tu l'as rencontrée, tout a changé, tu ne contrôles plus ! Elle te manipule ! TUE-LA !

- Andrew, je t'en conjure, reviens, ne l'écoute pas... pense aux cris... ils sont réels ! Il le torture !

- TUE-LA !

Andrew leva son épée et frappa. Crya disparut juste à temps. Le Professeur pesta. Puis il ricana et il claqua des doigts. Andrew recula de nouveau et tailla une fois de plus Logan, de haut en bas, sans le regarder, sans l'avoir dans son champ de vision. Le Professeur leva la main et souleva Molly dans les airs avant de la poser à ses pieds. Il la tira par les cheveux. et lui fit une entaille fine à la gorge en recueillant le sang sur ses doigts. Il approcha alors de Logan, à reculons et fit glisser ses doigts sur la plaie y étalant le liquide rouge.

- Puisque le petit protégé de l'autre pute s'est empoisonné les veines, je prends la pompe à sang qui tient plus que tout à le protéger, n'est-ce pas Molly ? Oh arrête de hurler, tu vas bientôt pouvoir retrouver la paix !

Il tourna la tête et fut projeté en arrière. Deux lames venaient de lui traverser le crâne. Furieux, il lança un regard vers Olaek qui se tenait debout. L'Assassin le regarda froidement et lança :

- La prochaine fois, apprends à reconnaître un poison mortel d'un subterfuge, le moche !

Il fit un sourire vainqueur. Le Professeur se leva, acerbe :

- Je vais t'étriper comme une charogne !

- Trop tard.

A cet instant là, seulement, le Professeur vit ce qu'Olaek tenait entre ses mains. Pendant le temps qu'il avait été décontenancé par son attaque surprise, l'Assassin avait bondi vers Andrew et avec une lame, il lui avait fait lâcher de force son bouclier. Bouclier qu'il tenait à côté de lui, face à Andrew. Et qui réflétait tout. Le regard bleu du chef de Lydée se posa sur la silhouette de son fils mutilé. Le Professeur tomba à genou, pris soudain d'une vive douleur au crâne. Il se mit à saigner du nez et des oreilles.

L'atmosphère crépita. Andrew se retourna lentement pour voir Logan. L'action durant de longues secondes pendant lesquelles le Professeur gémissait de longues plaintes de souffrance.

- Logan !

Il y eut un énorme crépitement, un cri horrible perçant le silence pesant qui s'était installé. Certains insectes explosèrent répandant leurs entrailles visqueuses tout autour. Puis le Professeur fut entouré d'une brume... son apparence changea bientôt avec une telle violence que les éléments autour en furent déformés.

- A moi ! Tuez-les tous ! Jusqu'au dernier !

Les insectes obéirent. Mais la terre trembla... Quelque chose se passait... quelque chose d'énorme. La magie ne cessait de croître. Crya apparut alors sous sa forme éthérée et dit à Andrew :

- Il faut l'abattre... il le faut ! Le lien est rompu, ordonne ! Les forces t'obéissent.

Dans le tumulte, Andrew leva son épée et ordonna :

- Soldats, défendez votre maître et ses alliés !

Il y eut un craquement sinistre... La terre trembla en même temps que le ciel. Les parois du cratère explosèrent, dans un grand halo de lumière. Une multitude d'éclair vint zébrer l'air environnant. Des cris stridents retentirent à l'oreille des insectes. Mais pour les sulas, le chant des enfants damnés étaient désormais audibles : "Toi le Passeur, toi le Passeur, montre-nous la voix, pitié montre-nous la voix. Toi, éternel passeur, apaise nos coeurs. Montre-nous la voix, que s'achève en notre âme le labeur".

Les insectes ne purent résister aux cris, la plupart des scorpions se suicidèrent. Les araignées se posèrent. Bientôt, les guerriers restants s'entretuèrent. Les furies avaient rejoint le combat et tuaient à coeur joie. Lorsque Andrew l'ordonna, tout se turent, son armée resta silencieuse attendant ses ordres. Tous les regards se fixèrent alors sur le Professeur. Mais il n'y avait plus de Professeur. A la place il y avait... un monstre. Comment le décrire autrement. L'odeur de putréfaction se répandait tout autour. Son visage n'était composé que d'une bouche béante, et de deux narines en petits trous ronds. Il tendit ses deux paumes ouvertes, laissant apparaitre des doigts taillé en pointes, à l'aspect peu reluisant et des yeux d'un blanc terne.

- Te voilà perdu, Ah'mPyton.

- Idiote, tu devrais apprendre à mieux me connaître, je suis connu pour être entêté ! J'obtiens toujours ce que je veux, adieu !

Dans un mouvement aussi vif que surprenant, il entailla le ventre de Logan de ses longues griffes et disparut dans un rire machiavélique. Il était parti et nul ne savait où. Olaek et Crya se précipitèrent vers Logan. Andrew regardait son fils, impuissant. La peau de son ventre avait finalement lâché et peu à peu elle se détendait laissant voir ses entrailles.

- Vite, il faut l'allonger ! Olaek ! Aucune entralle ne doit tomber.

Avec dextérité, l'Assassin trancha les liens et porta Logan loin de l'autel. Le garçon tremblait de douleur et de peur aussi, cela se voyait dans ses yeux. Le sang coulait tranquillement de la plaie, ouverture béante laissant entrevoir les intestins du malheureux. Danaé se mit aussitôt à son chevet pour l'apaiser. Andrew ne le quittait pas des yeux. Il ne versait aucun larme. Il se tourna vers Koah, et avec le même air de Dieu qu'il avait eu en arrivant, il ordonna :

- Sauve-le.

Un silence s'installa. Olaek et Crya affichaient un air sceptique. Danaé quant à elle secouait la tête de droite à gauche... elle savait qu'il y avait trop peu d'espoir. Andrew chancela. Le lien étant brisé, l'armure était en train de l'écraser et de l'étouffer. Il tomba à genou tandis que Crya demanda à Lycos qui avait été le plus vaillant à la copulation par ailleurs, de l'aider à se défaire de ce poids. Pendant ce temps, dans l'obscurité, Tulan se dessina et dit alors à Koah, par télépathie :

"Il n'y a pas de choses impossibles, mais parfois il faut se résigner. Ou combattre. Kirion tient à ce que je t'enseigne cette première règle : Les rêves n'existent pas, les sentiments n'existent pas. Il n'y a que les actes ou l'absence d'acte. Quand une âme est pesée, ce sont les actes qui sont examinés. Le lien est rompu, Andrew détient désormais le pouvoir de Kobol pour lui. Les plaies se referment. Si tu tiens à sauver Logan, si tu penses que c'est possible et que ça en vaille la peine, tu n'auras qu'à demander à Kirion de venir. En tant que Vague, tu as le pouvoir d'invoquer les Dieux. Mais sache qu'à chaque invocation, tu y risques ta vie."

Et il disparut. Les quelques guerriers restant se chargaient de tuer les derniers insectes qui n'étaient pas encore morts.
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Ven 15 Jan - 13:35

Brillant de plus en plus de l’espoir retrouvé, Koah regarda Andrew avec émerveillement, son corps irradiant comme une étoile. Le chef de Lydée était beau et puissant à la fois. Il incarnait tout ce que Koah avait toujours tant aimé en lui. La douleur qui perçait ses pieds et ses mains s’envola comme par enchantement, et poussé par un élan de confiance, le jeune homme se redressa, déployant sa magie instinctive contre le Professeur. A ses côtés, les derniers survivants se jetèrent corps et âme dans la mêlée. Le choc fut brutale mais pas suffisamment pour venir à bout du dieu. Malgré le flot de magie que le glaneur libérait, le Professeur les balaya d’une puissante onde de choc. Koah valsa brutalement en arrière, son dos et sa tête heurtant un pilier en ruine.

Une vive douleur le traversa, puis elle se stoppa. Koah ferma les yeux, il les ouvrit à nouveau, puis il les referma, incapable de se décider. Tout changeait si vite autour de lui. Le monde tournait lentement et les cris de douleur de Logan ne lui parvenaient que faiblement. Le glaneur tenta de se redresser mais en vain. Il n’avait plus la force de continuer. La magie l’avait épuisé. Il n’était plus capable de la drainer. Les minutes s’écoulèrent et les images se succédèrent devant ses yeux mi-clos. Le sang continuait de s’écouler lentement à l’arrière de son crâne, inondant d’une rivière écarlate les dalles. Son amour pour Andrew, sa jalousie pour Laureen, sa dévotion pour son monde… tout lui était égale.

Pendant un moment insaisissable, le glaneur resta inconscient. Les ténèbres avaient envahit son esprit. Il songea un instant à se laisser aller et à suivre cette lumière au loin. Elle était attractive. Elle était bienveillante. Elle donnait l’impression qu’une fois atteinte, tous les maux du monde disparaîtraient. A peine eut-il songé à rejoindre cette douce promesse de quiétude, qu’une voix empreinte d’une extrême sensualité se faufila dans sa tête, troublant sa conscience.

- Pas encore. Reviens, disait-elle.

Et lorsqu’il LE vit surgir devant lui, Koah songea qu’il devait être dans un rêve. Là, à quelques pas, harnaché dans une armure de nacre, Andrew le contemplait de son regard bleu pénétrant, un sourire ensorceleur accroché sur ses lèvres. Chaque pouce de son corps exhalait une profonde sensualité : sa peau semblait de velours, soulignant avec une grâce subtile le relief de sa musculature saillante, tandis que chacun de ses traits reflétait l’aura d’une indicible beauté.

Koah resta immobile, regardant le chef de Lydée s’approcher sans réaction aucune. Mais, lorsqu’Andrew lui saisit le poignet, il ne peut dissimuler tout à fait le trouble qui l’avait envahi.

- Nous avons besoin de toi, alors reviens.

Koah se sentit tiré avec force vers le chef de Lydée et soudain la réalité le faucha de plein fouet. Son corps se arqua dans un soubresaut, tandis que ses poumons cherchaient désespérément un peu d’air. Accroupis à ses côtés, Lycos sembla soulagé. Il pressait à l’aide d’un morceau de sa tunique déchiré l’arrière du crâne du glaneur pour stopper l’hémorragie.

- J’ai bien cru que tu étais mort. Ne refait plus jamais ça, stupide glaneur !

Le jeune homme reprit peu à peu pied à la réalité, ses douleurs refaisant surface inexorablement. Il n’y avait pas une partie de son être qui ne souffrait pas. Pendant quelques minutes, Lycos entreprit de bander sommairement les mains et les pieds de Koah dans des morceaux de tunique.

- J’aimerais faire plus mais je ne suis pas guérisseur.

Koah le remercia d’un sourire malgré sa fatigue évidente.

- Et nous en remercions Cheera tous les jours.

Dans un bourdonnement assourdissant, le monde s’écroula autour des deux lydéens. Ils entendirent Andrew hurler ses ordres aux forces obscurs de ce monde, et soudain, le chaos s’abattit sur le cratère. De nulle part, les Furies débarquèrent, hurlant avec férocité leur contentement de se jeter à corps perdu dans une bataille des plus sanglantes. Elles attaquèrent en meute, comme des chiennes enragées, déchiquetant la chaire des insectes et les poussant à se retourner les uns contre les autres. De toutes les créatures de ce monde, les Furies étaient les êtres les plus machiavéliques qui soient, et elles étaient aujourd’hui entièrement dévouées à Andrew.

L’une d’entre elle se tourna vers les deux lydéens. Son regard rouge sang se posa sur Koah et elle abandonna le combat pour s’approcher d’une démarche animale. Elle souriait, narquoise, se léchant même les crocs. Lycos s’interposa, son épée à la main. Il hurla comme pour l’arrêter :

- Nous sommes des alliés ! Nous sommes lydéens !

D’un pas chassé, elle évita le coup d’épée de Lycos qu’elle envoya par la suite valser sur le côté. Son regard observait avec délice la crainte envahir la Vague. Koah n’avait jamais été très à l’aise avec ces créatures. Il en avait une peur bleue, et c’était cette peur irrépressible qui attirait la furie. Le jeune homme recula le plus possible tout contre la roche, tentant de la traverser ou de ne faire qu’un avec celle-ci. La furie se pencha vers lui et il put sentir son haleine fétide lui caresser le visage et lui mordre les narines. Alors qu’il s’attendait à ce qu’elle le déchiquette de ses crocs acérés, la créature des ténèbres se contenta d’enfuir son nez dans la chevelure du jeune homme et de le respirer à pleins poumons. Elle fut rejointe par une autre furie qui fit de même. Elles semblèrent se régaler de l’odeur qui s’émanait du lydéen. Pétrifié, Koah n’osa pas bouger.

Ce ne fut que lorsque Andrew ordonna le calme que Koah eut la possibilité de s’échapper. Il profita du fait que les furies regardaient leur seigneur pour se faufiler sur le côté, aidé par un Lycos qui luttait avec lui-même pour ne pas leur trancher la tête à chacune des deux. Soutenu par le guerrier, Koah traversa le temple au milieu des cadavres et des furies pour rejoindre Danaé. Lorsqu’il vit Logan éventré, il ne put réprimer une vive douleur au cœur. Andrew se tourna alors vers lui et son appelle à l’aide le traversa de part en part.

Sauver Logan ?

Le choix fut étrangement difficile à prendre. Avait-il eu de la pitié pour Alec, Elona et Määt, lorsqu’il avait détruit son monde ? Lorsqu’il avait anéanti sans une once de regret toute sa vie. Le jeune homme lui en voulait tellement. Il serait si facile de le punir à son tour pour le mal qu’il lui avait fais subir. Il serait si facile de briser une bonne fois pour toute le lien qui l’unissait à Laureen. Mais malgré sa jalousie qui lui hurlait de punir Andrew, Koah ne trouva pas la force d’aller jusqu’au bout des choses. Il ne pouvait pas délibérément châtier l’homme qu’il aimait pour la destruction d’une vie qui ne fut réelle que pour lui-même.

- Je crains qu’il ne soit impossible de le sauver.

Danaé usa de sa magie autant qu’elle le pu pour contenir l’hémorragie mais en vain. Les intestins du jeune garçon s’agitaient douloureusement malgré les filaments dorés qui les entouraient. Plus les secondes passaient et plus Logan devenait livide. Son corps était aussi froid que la mort. Devant un tel spectacle, Koah se résigna. Il retourna quelques secondes dans son esprit les mots de Tulan. Il devait agir.

Le jeune homme s’empara de la besace de Danaé qu’il retourna sur le sol à la recherche de quelque chose. Il fit de même avec le sac de Molly, ainsi que celui de toutes les personnes à portée de mains. Lycos (toujours occupé à aider Andrew à se défaire de son armure) lui demanda avec autorité :

- Qu’est-ce que tu fais ?

Koah ne prit pas la peine de lui répondre. Il arracha sans ménagement la petite gibecière en bandoulière de Kodo, puis finalement il trouva ce qu’il cherchait ; un petit sac d’encens. Il rejoignit ensuite l’autel sur lequel avait été attaché Logan. Il brûla l’encens et s’agenouilla comme l’exigeait les cultes religieux. Les mains en prières au niveau du front, il commença à se balancer d’avant en arrière en psalmodiant une longue prière.

- Tu crois que c’est le moment de prier ! grogna Lycos. Logan meurt ! Soigne-le !

Indifférent à ce qu’on lui disait, Koah continua son rituel, l’encens emportant avec lui les mots comme le croyait les fidèles. Kodo le rejoignit et il s’agenouilla à sa gauche, priant à son tour. Les prières de Koah étaient destinées à Kirion, à ce dieu dont il ne connaissait rien. Il le suppliait de lui apparaître. De le guider. Et de lui venir en aide. Il ne savait pas quelle offrande il aurait pu apporter à ce dieu pour attirer son attention alors il s’était contenté de l’encens, la base de tous rituels religieux.

- Aum... Ô Kirion, murmura-t-il faiblement. Viens à notre aide. Je t’en conjure. Apparaît et guide-moi. Montre-moi la voie. Ouvre-moi le chemin. Porte-moi afin que je puisse aider mon monde à survivre. Epargne la vie de cet enfant. Il est important pour l’Elu de Cheera. Il est important pour notre monde.

Malgré les minutes et malgré les prières, Kirion ne se manifesta pas. Derrière le glaneur, l’agitation était grande. Koah sentit la colère bouillir de plus en plus dans son être. Il perdit peu à peu patience. Logan était à l’arctique de la mort, et ce dieu persistait à rester muet à ses prières. Il tenta encore de longues minutes de l’appeler, mais rien n’y fit. Rageur, Koah se redressa. Il hurla alors en se retournant :

- APPARAÎT-MOI KIRION ! JE TE L’ORDONNE ! MONTRE-TOI !

Une vibration fit onduler l’air. Elle venait de s’échapper du corps de Koah et se répandait comme des remous tout autour de lui.

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mar 19 Jan - 2:13

La lumière disparut d'un coup. Il y eut une détonation puis le temps s'arrêta. L'obscurité fut totale. Quelques points blancs apparurent autour de Koah et ils se mirent à tournoyer vivement. Le syphon blanc fut bientôt si intense, si agité, que Kodo se mit à vomir tout ce que son pauvre estomac pouvait avoir mangé ces derniers jours. Le Qwel, aussi surprenant que cela puisse paraître avait pâli. En fait, tout son pelage s'était terni, comme s'il avait prit un coup de vieux... Il tomba sur le sol, se tenant vivement le ventre et se recroquevilla sur lui-même. Koah tomba à genoux, une nausée le faisant trembler et frisonner. Ils avaient l'impression d'être coincés depuis des lustres, alors qu'à peine un centième de seconde s'était écoulé. Le chaos disparut et tout redevint presque normal. Le temps s'était figé, les couleurs avaient laissé place au gris tout autour d'eux. Kirion se tenait en face Koah, les yeux rougeoyants, l'épée sortie du fourreau. Il empoigna le glâneur au cou avec une telle violence qu'il lui coupa la respiration. On entendait un souffle d'outre-tombe sortir de sa bouche, comme s'il était en transe :

- Quelque soit ton nom, mortel, tu vas mourir pour avoir osé tenter de me dompter.

Il allait planter son épée lorsque rouge de ses yeux disparut, laissant la place à un blanc effrayant. La pointe de la lame entailla le nombril de Koah, très légèrement, une seule petite goutte de sang perla. Le Dieu le relâcha et le fixa, sa respiration se calma. Ses traits s'apaisèrent et il reprit enfin la forme d'un être humain, froid, bien évidemment.

- Ainsi donc, tu as entendu et décidé d'appliquer ma première règle. Tu apprends si vite, jeune Vague. Tellement de savoirs, tellement de puissance...

Il aida le Qwel à se relever, ce qui ne déplut pas à Kodo, complètement ébranlé par l'expérience qu'il venait de vivre. Kirion regarda alors tout autour de lui. Il vit Crya, Danaé... puis Lycos et quelques guerriers qui essayaient d'enlever l'armure de Kobol du dos d'Andrew. Le chef de Lydée avait un regard particulier sur Logan, on aurait dit qu'il brûlait d'une envie de le secourir. Le Dieu regarda Olaek, puis Koah. Il hocha la tête :

- Nos discussions sont rares. Pourtant, celle-là sera nécessaire. Avant que tu ne me demandes ta requête, je dois te transmettre un savoir, ancestral. Cheera a fait un Don inestimable à Andrew. Tout comme à mon égard, elle a fait un sacrifice, jadis. Mais aussi puissant qu'il soit, Andrew reste faible. Le pouvoir de Cheera est très puissant, son esprit est guéri mais il n'en demeure pas moins mortel. Sa vie est capitale. Mais la tienne l'est tout autant. Avian a fait de toi un apprenti mage, doué. Il faudra bientôt que tu changes de Maître. Mon existence est consacrée à la magie. Je pourrais t'enseigner ce que tu dois connaître.

Son ton se durcit, et parvint à faire frisonner Kodo.

- Mais pour cela tu dois survivre. Tu ne dois pas céder aux facilités. Tu es la Vague, tu es l'Omkara incarné. Tout ce que tu dis, tout ce que tu fais, tout ce que tu décides influence le cours des choses. La décision la plus infime comme par exemple rêver a des conséquences. Tu ne contrôles rien de tout ce qui arrive. Il faut te discipliner. Andrew aura beau être là, il ne sauvera pas ce monde seul. Il ne le peut pas. C'est un lydéen, il n'est même pas Sula. Il a juste été l'Elu de Cheera. Son autorité faillira, à Hanka, à Yrilia... partout où le contrôle des choses compte énormément. Son seul moyen de réussite, c'est toi. Même les Dieux obéissent à laVague. Me convoquer est dangereux, ce que vous avez vécu tout à l'heure n'est rien comparé à ce que nous subissons à chaque invocation. Tu as eu de la chance d'être reconnue. Et que je sois ton allié. Tu dois faire preuve de prudence. Préfère l'absinthe à l'encens... ça a une meilleure odeur !

Il lança un regard dédaigneux sur l'autel et passa la main dans sa barbe taillée de près.

- Ta magie est puissante. La seconde leçon est simple : "l'immortalité n'a aucune frontière autre que le destin. Tout immortel détient une source de magie inépuisable qui lui assure d'être puissant et de décider de on destin". Formule te demande, Jeune Vague. Mais réfléchis bien, je ne mettrais qu'un seule fois mon essence à ta disposition. Si tu as un souhait, exprime-le. Sache qu'il sera impossible de revenir en arrière. Et qu'il te sera imposé un sacrifice...

Il le dévisagea longuement et lâcha, d'une voix macabre :

- Je suppose que tu veux sauver Logan ? Si tel est le cas, une vie contre une vie. Je guiderais l'âme du trépassé, comme il est de coutume. Tu peux choisir la vie à échanger ou me laisser le faire.

Ses yeux brillèrent d'un éclat lugubre. Il semblait attendre quelque chose... une réponse peut-être ? Difficile à dire tant son visage restat indéchiffrable.
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mar 19 Jan - 13:35

Les mots de Kirion traversèrent Koah de par en par et laissèrent en lui une trace. Andrew avait besoin de son soutien et ce monde également. C’était amusant lorsque l’on savait que le chef de Lydée répugnait à lui adresser la parole ou ne serait-ce qu’à le regarder, et que ce monde était bien trop barbare et primitif pour suivre celui qu’Ayreb avait réduit en esclavage. Si la fatigue n’avait pas envahit plus que nécessaire le glaneur, celui-ci aurait certainement rit au nez de ce dieu que tout le monde semblait craindre et respecter à la fois.

Malgré son scepticisme, Koah accorda le bénéfice du doute à l’Immortel. Il n’avait de toute façon ni le temps, ni même le courage de remettre en doute cela. Logan était à deux doigts de mourir de ses blessures que Danaé peinait à contenir. La déesse suait à grosses gouttes et de ses yeux s’écoulait du sang. Qui sacrifier en échange de la vie de Logan ? Car il fallait sauver Logan ! Même si ce dernier était le symbole de l’amour que se portait Andrew et Laureen, Koah savait que si le fils de l’Elu de Cheera mourrait, Andrew ne s’en remettrait pas… pas après toutes ces épreuves.

Les yeux verts du glaneur passèrent rapidement en revue les personnes ici présentes. Lycos était son ami. Andrew, il l’aimait trop pour le sacrifier malgré sa rancœur à son égard. Danaé avait prouvée sa dévotion à ce monde. Les oderniens étaient leurs alliés. Avian n’était plus que l’ombre de lui-même et même si Koah lui en voulait, il pouvait s’avérer encore très utile par la suite. Molly avait l’immunité grâce à son lien étroit avec Andrew. Et Kodo était lié à jamais à la destinée des Lydéens. Les qwels étaient les nobles défenseurs de Lydée, tombés avec cette dernière.

Il ne restait plus qu’Olaek, cet assassin des Brumes méprisable et méprisé de tous. Il avait fais couler non seulement le sang des innocents, mais également celui des enfants. Koah se souvenait de la discussion qu’ils avaient eu et de la promesse qu’il lui avait faite. Peu importe de quel côté il retournait la situation, il en revenait toujours à Olaek. C’était lui qui devait être sacrifié. Cet homme n’avait eu que du mépris pour son statut de Vague, pour les oderniens et pour leur mission. Il avait tenté de l’assassiner, tué Néfal de sang froid et donc meurtris le peuple des naïades et enlevé Logan.

Impassible, Koah plongea ses yeux profondément dans ceux d’Olaek. Il le toisa quelques secondes, lutant entre sa compassion et son désir de vengeance. Entre son éducation lydéenne et son statut de Vague. Il pourrait lui laisser la vie sauve et se choisir à sa place, puisque Kirion n’allait certainement pas accepter de s’emparer de l’âme d’une Vague importante pour ce monde. Mais ce serait être trop gentil avec un homme qui jusqu’ici n’avait montré aucun remords pour ses crimes. Finalement, après une lute intestine, il dit, rageur :

- Lui. Je choisi l’âme du dernier Assassin des Brumes.

Danaé se raidit.

- Non. Choisi-moi ! Je me dévoue. Kirion, prend mon âme.

Koah balaya d’un geste brusque les propos de l’ancienne déesse.

- J’ai choisi ! Cette pourriture n’a récolté que ce qu’il a semé. Et cet assassin a semé dans le mauvais champ ! Que ce peuple barbare disparaisse à jamais avec sa mort. Son âme infecte en échange de celle de Logan. (Il s'adressa à Olaek.) Je te l'avais promis que tu paierais pour tout le mal que tu as fais.

Il regarda droit dans les yeux Kirion sans ciller, profondément décidé. Une petite voix lui murmurait qu’il le regretterait certainement plus tard d’avoir été le juge, le juré et le bourreau d’Olaek, mais tant pis. Ça ne serait pas la seule croix qu’il porterait de toute façon, et par amour pour Andrew, Koah se sentait capable de soulever des montagnes.

- C’est mon choix. Prenez son âme et rendez nous Logan.

_________________

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