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 05 - Les Remous de la Vague

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Andrew Kant
Admin - Chef de Lydée - Tueur d'Immortels
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mer 20 Jan - 2:19

Kirion regarda Olaek en haussant les épaules. Il darda ses yeux vers Koah et l'espace de quelques secondes, le temps sembla presque reprendre. Danaé prit un air navré. Le Dieu claqua des doigts. L'obscurité tomba à nouveau et s'évapora comme si quelqu'un avait éteint et rallumé les étoiles. Le glâneur, Kodo et le Dieu étaient suspendu dans les airs, dans le vide. Pourtant, ils parvenaient à respirer.

- Mauvaise pioche... Je t'aurais pensé plus vertueux et plus apte à la réflexion. Tu es prêt à te faire Passeur et à juger une âme pour la condamner alors que toi-même, tu as du sang sur les mains. Les Assassins des Brumes seraient-ils morts si tu n'avais pas choisi de t'enfermer dans un monde imaginaire ? Andrew aurait-il laissé la place à cet être qui a failli nous anéantir et que nous n'avons vaincu que grâce à Olaek et Crya ?

Le ton de Kirion était lourd de reproche. Pour la première fois depuis le début, Kodo et Koah sentirent le froid du vide les entourer. La sensation était très désagréable. Le Qwel frissonna et ses poils se hérissèrent... et pour que lui ait froid, il fallait le faire !

- Navré Jeune Vague mais je n'accèderais pas à ce sacrifice. Il n'y a aucun sacrifice. Il s'agissait d'un test de pureté. Et ce test tu viens de l'échouer.

Il reclaqua des doigts. Le décor reparut, et tous étaient immobiles, même Danaé ne pouvait bouger. Il s'approcha de Logan et plaça sa main au dessus de son nombril. Un mince filament commença à naître.

- L'âme de Logan sera bien guidée... médites sur ta leçon.

Il se changea peu à peu en fumée brune à mesure que l'âme de Logan quittait son corps. Il se mit à bouger, haletant, les yeux grands ouverts. Au pire d'un dernier effort il expira. Le filament allait définitivement se séparer de la partie physique lorsque Tulan apparut et intervint figeant la scène.

- Arrête. C'est un innocent, tu le sais. La Vague est encore jeune, les erreurs arrivent.

- S'il te plait Kirion, passe pour cette fois.

Le Dieu rétorqua, visiblement agacé par le fait que Danaé et Tulan s'immisce dans son geste :

- Il a échoué. C'est le prix à payer. Point final.

- Le Monde est au bord du chaos. Tout va s'effondrer d'un moment à l'autre. Il n'est plus temps d'obéir aux règles dictées auparavant...

Avec une violence inouïe, le filament de Logan fut projeté dans son corps et Kirion s'enflamma d'une lueur rouge écarlate. Sa voix claqua comme un coup de tonnerre faisait trembler les alentours. A part les Dieux, Logan Koah et Kodo, nul ne bougeait, ils étaient tous figés.

- LES REGLES DICTEES PAR CHEERA ELLE-MEME ! LES REGLES QUI S'APPLIQUENT A L'ORDRE DE CE MONDE ! IL TE RESTERA QUOI TULAN, LORSQUE TOUTES LES REGLES SERONT PIETINEES ?

Emporté par la colère, il poursuivit déclanchant une véritable tempête de paroles :

- CE MONDE EST PERDU S'IL ABANDONNE CE QU'IL A ETE ET POUR QUOI IL A ETE CREE ! LES REGLES SONT LES REGLES. ON NE DEFIE PAS LE COURS DU TEMPS, ON NE DEFAIT PAS LES PACTES, ON NE CHANGE AUCUNE REGLE EN COURS DE ROUTE !!!

- En perdant Logan, Andrew se perd, tu le sais. Or il est le seul à avoir la légitimité donnée par Cheera pour unir les Sulas. Les règles interdisent au Dieu de se sacrifier pour changer le cours du Monde. C'est un principe que Cheera a brisé. Qu'y-a-t-il de plus sacré que ce geste ? Crois-tu que Cheera aurait donné son pouvoir pour voir ceux qu'elle aimé durant toute son existence saboter notre Monde ? Tu te trompes. Cheera a toujours veillé sur ses enfants. Tu le sais ! Sinon tu ne serais pas venu ici ! Jamais tu n'aurais répondu à l'encens, dont tu hais l'odeur, jamais tu n'aurais répondu à l'appel de la Vague si Cheera par l'essence qui demeure en ce monde ne te l'avais pas ordonné.

Il y eut un silence.

- Quand on est habitué comme moi à écouter et à observer plus qu'à agir, il y a des choses que l'on apprend et que l'on sait. Cheera a beau avoir disparu, elle demeure sur ce Monde. Elle nous anime et elle t'anime. Elle est la raison pour laquelle nous combattons. Nous sommes tous prêts à rendre notre immortalité lorsque l'heure viendra. Par amour sur ce monde. Dis-moi que tu n'éprouves aucun amour même infime pour notre monde. Dis-le moi en face, sans me mentir, Kirion !

- Les règles demeurent des règles. Si je fais une seule exception, je les piétine et je m'y refuse.

- Alors soit, passons un pacte. Mettons cela sous secret. Cette dérogation, cet arrangement aux règles. Il n'y a que nous qui savons. Tous les six, Logan, Kodo, Koah, Danaé, toi et moi. Passons tout cela au secret. Et si ce secret est brisé, Logan mourra.

Kirion s'apaisa et la lueur disparut peu à peu. Il regarda Logan, qui respirait avec d'énormes difficultés puis plaqua un regard glacial sur Koah. Sa voix impitoyable vint le heurter en plein coeur :

- Non, si le secret est brisé, si quiconque apprend ce qui s'est joué ici aujourd'hui, alors Logan ne mourra pas. Mais Andrew rejoindra les ténèbres pour toujours. Comme ça, je suis certain que tu tiendras ta langue.

- Mais...

- Silence ! Logan ne dira rien de peur de voir son père disparaître, le Qwel ne dira rien de peur de trahir celui qui demeure son unique chef, Danaé se taira pour sauver sa peau, toi Tulan, tu te tairas pour la même chose, moi je ne dirais rien... Et Koah gardera ce secret toute son existence. Il le gardera car il tient beaucoup trop à Andrew pour risquer le perdre pour toujours. C'est ma seule offre. Le secret scellé sur l'âme d'Andrew en échange de la vie de Logan. Et inutile de prendre Olaek pour cible de ta décision et de lui faire retomber la faute dessus. Tout comme il est inutile d'en vouloir à Avian pour ne pas avoir sauté une Naïade. Tout comme il est inutile d'en vouloir à Gürkan pour ne pas avoir su se contrôler. Tu es une Vague injuste, tu en veux à un guerrier d'avoir succombé à la jalousie sous le contrôle des Furies, et tu n'en veux pas à Andrew alors qu'il a tué des centaines d'innocents. Tu ne t'en veux pas à toi d'avoir manqué pulvériser ce monde en morceau par ton acte égoïste, en brisant l'esprit d'Andrew, tu n'en veux pas à ton âme d'être souillée par le désir refoulé de voir ce gosse crever ! Non, tu ne t'en veux pas ! Tu préfères condamner d'autre à purger ta peine et à payer le prix de tes décisions. Que Cheera nous garde que tu sois un jour, Juge de ce Monde.

Tranchant comme une lame de rasoir, Kirion reprit après avoir lancé un dernier regard à Logan :

- Alors ? Que décides-tu jeune Vague ?
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mer 20 Jan - 4:02

Le cœur de Koah se morcela sous les reproches de Kirion. C’était injuste ! Il n’avait rien demandé de tout cela. Il n’avait pas demandé à être une Vague. Il n’avait pas demandé à mourir sur le chemin du Pic des Ténèbres. Il n’avait pas demandé à tomber amoureux d’Andrew au point de le forcer à briser sa promesse faite à Laureen. Non, il n’avait pas demandé cette vie. Koah subissait plus qu’autre chose son existence ces derniers temps. Il ne se passait pas une journée sans qu’il ne s’en veuille terriblement de bouleverser ainsi la vie des êtres qui l’entourait. Kirion était cruel et injuste dans ses propos. Il n'avait aucune idée du sentiment de culpabilité qui le rongeait.

Les poings serrés au point de se faire mal au niveau des plaies qui stigmatisaient la chaire de ses paumes, Koah soutenu le regard méprisant du dieu. La colère avait envahi le corps du glaneur et prit le pas sur sa tristesse. Il ne pleurerait pas devant lui. Il ne lui ferait pas ce plaisir. Le pacte que le dieu exigeait en échange de la vie de Logan ne convenait pas à Koah qui trouvait que trop de monde était lié à ce secret. S’il devait suspendre une épée de Damoclès au-dessus de la tête d’Andrew, Koah voulait avoir le contrôle total de la situation. Il n’était pas question de jouer avec la vie d’Andrew et de s’en remettre aux autres.

- Ce que je décide ? répéta le jeune homme avec froideur, conscient qu'il risquait de le regretter. Je décide d’apprendre dorénavant mes leçons maître Kirion. Je refuse ce pacte tel qu’il est, et j’en exige un nouveau.

Koah ne se démonta pas. Il fit face au dieu avec une incroyable arrogance, celle d'une jeune vague indisciplinée.

- Puisque je suis la Vague et que j’ai tous les droits, et vous tous les devoirs envers moi, Immortel, j’exige que de ce pacte soit retiré : Danaé, Kodo et Logan. Effacez cet instant de leur mémoire. Vous êtes des dieux. (Il s’adressa à Tulan et Kirion.) Vous en avez le pouvoir. Ce n’est qu’à cette condition et pas une autre que j’accepterais de mettre l’âme d’Andrew sous le poids du secret. Dans le cas contraire, si vous refusez, alors tuez Logan et je ne lèverais pas le petit doigt pour empêcher Thorin de nous envahir.

Le regard du glaneur s’intensifia.

- Si j’ai bien appris une chose de vos sages paroles maître Kirion (ça sonna avec ironie) c’est que vous êtes attaché à ce monde et à ses règles, et que sans Andrew ou moi, ce monde disparaîtra. Ce serait comme craché au visage de Cheera, et cela, j’ai comme l’impression que vous n’en avez pas envie. Son sacrifice aura été vain et Thorin pourra envahir nos terres. Et puisque je ne serais plus là pour m’en soucier, je me moque de ce qu’il pourrait arriver aux autres sulas. Allez y, punissez-moi. Punissez le seul allié de poids que ce monde possède. Ça me rendrait même un très grand service que d’oublier le mal qui m’habite. Que d’oublier que je suis la cause de tout ceci ! Que d’oublier que l’homme que j’aime me déteste.

Koah releva les épaules, ainsi que le menton.

- Allez-y, envoyez moi vers les Ténèbres ! Faites de moi ce que vous voulez. Je doute qu’un dieu puisse détruire mon âme ou l’envoyer vers le néant. Je suis l’Omkara après tout. Alors puisque je suis si important, j’exige qu’il n’y ait que trois personnes unies autour de ce pacte : Tulan, vous et moi, maître Kirion. A moins que cela ne soit trop vous demandez ? Dans ce cas, permettez-moi de vous faire remarquer que ce serait votre décision qui anéantirait notre précieux monde, et non la mienne puisque je vous laisse le choix.

Un sourire ironique se dessina sur les lèvres du glaneur.

- Si cela se trouve, je suis peut-être destiné à détruire ce monde. Je m’y prends pour l’instant formidablement bien, n'est-ce pas ? Et ce malgré tout vos reproches.

Le ton était amer et trahissait une profonde crainte. Puisque rien n’allait depuis la destruction de Lydée, cette hypothèse de la Vague incarnée pour détruire le monde commençait sérieusement à tourmenter l’esprit du glaneur. Pourtant, il était attaché à ces terres et à ses habitants. Il aimait son monde et il donnerait tout pour lui venir en faire. Hélas, tout ce qu'il faisait, c'était le tirer vers le bas.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Jeu 21 Jan - 17:07

- Règle numéro trois : lorsqu'il faut faire du chantage, il faut s'assurer d'avoir les atouts pour le faire. Tu veux me faire chanter comme une marionnette, jeune Vague, c'est bien... Je salue la manoeuvre... seulement, ce n'est pas moi qui craint pour la vie d'Andrew. Si ça n'avait tenu qu'à moi, il serait mort dans le Mont Kobol. Un accident est si vite arrivé. Quant à toi, tu as une image plus importante de toi qu'elle ne l'est en réalité. En réalité, je me demande comment une équipe de bras cassés comme vous autres, sulas pourra réussir à sauver ce Monde. Mais Cheera n'avait pas pour habitude de s'expliquer quand elle décidait des choses... Ton chantage est éloquent. Mais tu n'es pas en posture pour marchander. Tu n'as rien à exiger de moi. Plus maintenant. Tu as eu ta chance, tu as préféré la brûler, ça c'était ton choix... et il avait le nom d'Olaek. A partir de là, je m'en lave les mains.

Il regarda Logan et haussa les épaules. Le jeune garçon tremblait et était agité de spasmes, ceux d'un mourant. Kirion reprit, le regard impassible :

- En fait, tu tiens trop à Andrew pour savoir que son âme puisse être anéantie par Thorin. Oh oui, il faut que tu saches quelque chose... lorsque Thorin aura envahi ce monde il le détruira... et l'âme d'Andrew, bénie de Cheera lui servira de défouloir. Il s'en servira pour le torturer et lorsqu'il sera las de s'amuser, il la propulsera dans le néant. Tout sera alors terminé. Il n'y aura plus d'Andrew, plus d'âme à guider. Tu parles sans vraiment réfléchir car au final, que tu parviennes à sauver ce monde ou pas, tu seras prêt à de grandes choses pour Andrew. Des choses les plus absurdes aux plus sages. Je respecte ton choix. Je ris de ta prétention. J'exécute, maintenant...

Le filament argenté de Logan se mit à nouveau à sortir mais une fois encore Tulan intervînt.

- Cette sale habitude commence à me fatiguer Tulan...

- Tu ne violes aucune règle en effaçant leur mémoire... Davik l'a toujours fait lorsqu'il fêtait ses victoires dans les orgies...

- Ouais, et toi aussi, tu l'as fait pour t'envoyer en l'air, je sais... c'était la seule solution pour qu'on ne voit pas ta sale gueule...

Tulan fronça les yeux et secoua la tête.

- Pourquoi ne pas le faire ? Tu veux lui donner une leçon ? Vous êtes pareils tous les deux. Vous avez la même obstination et le même tempérament dévastateur. Tu lui reproches ses propos mais tu les tiens toi aussi ! Tu te venges... tout simplement... tu ne cherches que ça.

- Il a raison, les mortels oublieront et moi aussi. Ce Secret sera bien gardé à trois...

- Effacer les souvenirs d'une sorcière est dangereux, car elle peut les retrouver par la magie... effacer les souvenirs de mortels est tout aussi dangeureux car dans leurs rêves, ils peuvent se rappeler... Vous me prenez pour un débutant ? Je ne reviendrais pas là-dessus. La jeune Vague a fait son choix.

- Oui, elle l'a fait. Elle estime qu'ils doivent perdre la mémoire. C'est son choix. La finalité est la même.

- Alors soit, passons ce pacte à trois et effaçons la mémoire des autres. Mais si Danaé vient à se souvenir, si les mortels viennent à se souvenir de leurs rêves et qu'ils en parlent à qui que ce soit, surtout n'oublie pas Jeune Vague que c'est ce choix stupide qui brisera notre accord. Surtout, surtout, n'oublie pas que c'est ton esprit de réflexion proche d'un hankien qui causera la perte de l'âme d'Andrew. Et ce jour-là, il ne faudra pas venir pleurer. Quatrième règle : la sagesse ne s'acquiert qu'avec le temps et les regrets.

Il claqua des doigts. Kodo, Danaé et Logan se figèrent. Il marmonna quelques paroles en sula et un halo noir sortit de leurs oreilles pour se dissoudre dans l'air. Kirion plaça sa main droite entre Tulan et Koah et lâcha, sec comme un os :

- J'ai autre chose à foutre que d'attendre vos sérénissimes divas. Alors ? Pacte conclu ?
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Jeu 21 Jan - 18:59

La douleur grandissait au fond de Koah qui luttait avec lui-même pour ne pas répliquer avec véhémence aux propos tenus par l’Immortel. Le jeune homme avait la tête si pleine qu’il avait l’impression qu’elle allait exploser. Les poings toujours serrés à s’en faire à nouveau saigner, Koah tentait de se maîtriser. Il y avait tant de chose qu’il aurait voulu dire ou rectifier, comme le fait que son choix premier était Olaek, et non ce qu’on l’obligeait à accepter maintenant. Oui, il avait réclamé la vie d’un assassin dont l’âme lui semblait bien plus noire que les Ténèbres eux-mêmes, et il n’en éprouvait pas le moindre regret pour l’instant. Qui était donc ce dieu exilé d’au-delà les Rocailles pour lui faire un sermon ? Jusqu’à preuve du contraire, il était prêt à sacrifier l’Elu de la Créatrice et cela, malgré les espoirs qu’il portait.

De longues secondes, Koah tenta de refouler ses larmes et d’apaiser sa colère. Hurler sa rage le démangeait. Il aurait tant voulu crier ses nombreux reproches à s’en enrouer la gorge, mais il ne le fit pas. A quoi bon tenir tête à un Immortel ? C’était peine perdue. Le glaneur fixa quelques instants Logan avec tristesse puis il se décida à accepter le pacte. L’âme d’Andrew en échange de la vie de son fils. Andrew comprendrait peut-être un jour qu’il n’avait pas eu le choix… bien qu’une petite voix lui rappela que le choix ne se serait jamais posé s’il avait éprouvé un peu de compassion pour Olaek.

- Très bien !

Tulan déposa une main écailleuse sur celle de Kirion, puis Koah fit de même. Aussitôt, un flot de magie scella le pacte pendant que les dieux murmurèrent des mots en sula d’un ton bas. Kirion disparu sans un mot et les plaies de Logan se résorbèrent. Le monde revient autour d’eux. Koah chancela sur le côté, puis il tomba en avant, les genoux à terre. Il ne put contrôler un sanglot qui lui coupa la respiration de longues secondes. Lycos se précipita vers lui pour le soutenir. Il lui demanda, inquiet :

- Que s’est-il passé ?

- Rien, sanglota le jeune homme.

Le retour à la réalité fut brutal. A quoi bon continuer à lutter ? Quoiqu’il fasse, ce n’était jamais bon. A quoi bon s’évertuer à sauver ce qui ne pouvait l’être ? Koah subissait continuellement son existence depuis sa résurrection. Il n’avait plus l’impression de pouvoir continuer à porter sur ses épaules le sort de ce monde, et ce malgré toute sa bonne volonté. Un haut le cœur le prit soudain et il régurgita aux pieds de l’autel le peu que contenait son estomac.

Au chevet d’un Logan sauvé miraculeusement, Danaé observait l’enfant sous toutes ses coutures. Malgré sa très forte fatigue, elle trouva la force d’user encore un peu de magie pour sonder son corps au-delà sa chaire. Elle dit pour Andrew :

- Il est sauvé. C’est un miracle !

- Oui, c’est un véritable miracle ! admit Lycos. Mais nous n’avons pas le temps de nous extasier. Notre chef est libre ! Il faut rejoindre le Dravani et rejoindre les nôtres pour préparer la guerre. N'est-ce pas (Il regarda Andrew.) chef Kant ?

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Sam 30 Jan - 0:51

Andrew serra Logan contre lui. Pendant ce temps-là, Tulan qui s'était glissé dans l'ombre murmura dans le tête de Koah.

"Aucun de nous trois ne parlera. Quant aux autres, Kirion dramatise. Les rêves et les visions ne sont de toute façon que des visions trop floues pour qu'un mortel s'en souvienne. Et Danaé, si elle s'en souvient, gardera ça pour elle. Que ça soit Kodo et Logan, aucun ne prendra le risque de perdre Andrew. Tu devrais te reposer. Bientôt tout te paraîtra plus clair. Continue d'apprendre avec Avian. Mais sache qu'il te faudra tôt ou tard envisager d'apprendre auprès de Kirion. Même si l'idée te paraît épouvantable. Son savoir doit être tien, et son pouvoir aussi. Merci, Vague."

Il disparut mais avant que le glâneur puisse réagir, Andrew le serra contre lui. Il avait le torse nu, puisque son armure avait été ôtée et couvert de poussière. Il lui tapa dans le dos de façon amicale et lui dit, ne décochant pas son regard du sien :

- Merci.

Et après ce geste qui ne dura que quelques secondes, il se tourna vers Lycos et désigna l'armure.

- On l'emporte avec nous. Elle pourra toujours m'être utile...

Le guerrier jeta un coup d'oeil à Koah, en se doutant bien que ce merci amical devait certainement avoir des conséquences sur le jeune homme. Il ne prêta donc pas bien attention à son chef mais la voix d'Olaek vint interrompre les pensées de chacun et répondit à un Andrew qui jusqu'à présent n'avait pas encore remarqué l'homme qui avait bien failli tuer son fils...

- Elle l'est.

Andrew tourna la tête et ses yeux se posèrent sur l'Assassin des Brumes qui poursuivit :

- Cette armure s'adapte à son possesseur. Elle appartenait à Kobol, mais je suis prêt à parier qu'elle a été forgée et façonnée par Davik. Elle n'est pas sans magie, ces choses là se sentent.

- Il dit vrai...

Cette fois les yeux d'Andrew se posèrent sur un Avian dangeureusement pâle, dont les forces semblaient inexistantes. Il tremblait involontairement pourtant il à moitié allongé sur le sol. Danaé se précipita vers lui pour user du peu de magie qui lui restait. Crya qui s'était montré silencieuse alla l'aider. Le silence s'était fait tandis qu'Andrew dévisageait Olaek, une lueur indescriptible dans le regard.

- La dernière fois que j'ai fait la connaissance de mon demi-frère, il a cherché à me tuer... Mais toi, mon autre demi-frère, tu as manqué tuer Logan...

- Demi-QUOI ??? Cette pourriture est quoi ??? HEIN ???

Molly avait l'air si offusquée qu'elle n'arrivait pas à trouver la déferlante de mots vulgaires dont elle voulait écraser l'Assassin. Ce dernier haussa les épaules, et lui lança, impassible.

- Crois-moi, ça ne me fait pas plus plaisir qu'à toi, la blondasse... Nous sommes dans le même bateau, j'ai ma vie tu as la tienne. J'ai accompli ma mission. Maintenant, si je ne te suis pas utile, je partirais.

- Comment ? Comment tu peux savoir Andrew ?

- Tu as accompli ta mission... ta mission...

Une lueur malfaisante passa sur son visage tandis que ses narines grossissaient sous l'effet de la colère. Sans prévenir, il partit dans un éclat de voix qui surprit tout le monde tant il était violent et sonore :

- TA MISSION !!! ORDURE C'EST DE MON FILS QU'IL S'AGIT !

Olaek ne le quittait pas des yeux et il allait rétorquer une remarque en signe de défi lorsque Crya intervint :

- Pour te sauver. Et la question est réglée, puisque désormais, Logan vit et que tu es libéré de l'emprise d'Ahm'Pyton.

- T'as la mémoire courte, parce que ce n'est pas moi qui ait éventré Logan... et ce sans scrupule. Je t'ai même sauvé la vie.

Un regard meurtrier se posa sur l'Assassin. Andrew ne sut quoi répondre aussi préféra-t-il taire son envie de décapiter Olaek et d'empaler Crya sur une flèche. Pour cette dernière il avait bien trop de souvenirs torrides pou les effacer. Il était humain, et charmé par ses formes. D'ailleurs, si pour Crya, personne n'avait de reproche à faire, pour l'Assassin tout était le contraire. Avec un mystère et une assurance qui lui étaient propres, il dit :

- Nous sommes observés. Quelqu'un approche...

Tous tendirent les oreilles. Il n'y avait rien. Du moins au début. Très rapidement, un bruissement se fit entendre. Des milliers de silhouettes étanges apparurent dans l'opacité du ciel. Les silhouettes posèrent pied à terre. C'était des êtres humains, impressionnants par leur haute taille et leur accoutrements variés. Tout portait des tuniques amples sauf un. Celui-là n'était pas arrivé par ses propres moyens. Il avait une armure et une épée étincelante. Il s'approcha du groupe, qui par prudence se tenait prêt à attaquer. Il se plaça face à Andrew et parla d'une voix portante charismatique, mais dans un sula visiblement soutenu. Danaé traduisit :

- Salutations étrangers, qui faîtes hurler les âmes et les hommes. Mon nom est Kheyrn, guerrier Sildarin, sujet du Seigneur Thoern, vassal dévoué d'Yrilia. Mon Maître m'a envoyé à votre rencontre, Elu de Cheera. Ce sont les sources magiques qui ont attiré les Mages vers vous. Nous venions prêter main forte contre l'ennemi, mais vous en avez visiblement fait de la chair à pâtée pour dragon !

Andrew répondit alors que Danaé traduisait ses propos :

- Guerrier Kheyrn, je suis enchanté de faire votre connaissance. Je me nomme Andrew Kant, Chef de Lydée, et bientôt Chef de l'Union des Sulas. Sois le bienvenu sur nos terres, toi et tes hommes. Mais nous n'avons pas encore vaincu l'ennemi, juste les traîtres qu'il avait placé parmi nous. La guerre est imminente et nous aurons besoin de vous pour l'emporter, nous aurons besoin de tous.

Le guerrier hocha la tête et frappa sur son armure en poussant un cri de rage. Il lança un coup d'oeil autour de lui, se rendant compte que les Mages le regardaient perplexes, médisants, et que les lydéens surpris se tenaient sur leur garde. "Pas de cri de guerre pour encourager le sang des hommes ? Tous sont défaitistes ou quoi ?".

- Comptez sur mon peuple ! Notre armée s'est perdue dans vos chaînes de montagne. Mais nous avons réussi grâce à l'aide des Mages à faire route vers la Colline, lieu légendaire que nous appelons dans nos contes "L'Antre".

Les Mages tiquèrent et le regardèrent visiblement courroucés. Mais il poursuivit.

- Je suis resté en arrière pour vous trouver, sur ordre de mon Maître. On m'avait indiqué que vous étiez devenu l'Elu du Père Destructeur. Je craignais d'avoir affaire à un démon. Mais je suis bien content de ne trouver que des humains... à part cette... chose...

Andrew suivit son regard et fit un sourire lorsqu'il vit que Kodo se retenait de ne pas lâcher une floppée de jurons, que Danaée n'aurait de toute façon pas traduit.

- C'est un Qwel, le dernier représentant de son espèce. C'est un ami très cher et très fidèle à notre peuple.

- Oh je vois ! Mille excuses au "Couel". Nous n'avons rien de semblable chez nous, pour nous tenir compagnie, à part les Mages...

Il fut interrompit par un crépitement magique. Les Mages le regardaient sourcils froncés, impassible, froids comme de la pierre. Ils n'avaient visiblement pas l'air d'apprécier. Kheyrn se gratta la gorge gêné et posa ses yeux sur l'armure. Intrigué, il demanda :

- C'est la vôtre ?

- Oui, si on peut dire.

- Impressionnant ouvrage ! J'ignorais que vous possédiez autant de savoirs sur les batailles. A vrai dire, vous me semblez plus développés que nous en ce domaine, bien que mon peuple ait une force non négligeable et un courage certain. Nous n'avions pas connu de guerre depuis l'invasion et l'extermination des milrasins.

Andrew se garda bien de préciser qu'il n'était pas l'auteur de l'armure. Devant cette assemblée de Mages austères, il était bien tenté de se pavaner par pur orgueil, ou du moins concurrence. Néanmoins, la présence de tous ces sorciers avait quelque chose d'indéfinissable, d'étrange. Andrew lança un coup d'oeil à Lycos, à Molly et un à Koah. Il consentit à faire un geste à Olaek et se recula légèrement pour discuter avec eux. Danaé occupait le guerrier et parlait dans un sula pas trop mal maîtrisé. Kheyrn montra un intérêt à l'état d'Avian et se préoccupa bientôt davantage du jeune mage que des autres. Mais les Yriliens ne lâchaient pas Andrew du regard. Le climat semblait se tendre...

- C'est étrange... autant de mages pour si peu... je veux bien admettre que je sois effrayant mais tout de même... j'ai un mauvais pressentiment.

- Ce qui est pathétique c'est surtout que ces mages de pacotille se croient surpuissants avec leurs pouvoirs. Comme si ça les empêchait de parler.

L'Assassin répliqua, exaspéré :

- Parfois, vaut mieux la fermer et passer pour un abruti que l'ouvrir et ne pas laisser de doute sur ce point, n'est-ce pas la blondasse ?

Molly allait se jeter sur Olaek mais Andrew l'en empêcha avec autorité.

- Stop ! Nous avons plus urgent que son cas... nous voilà entouré de Mages Yriliens qui vont surement nous conduire je ne sais où. Je sais pas pour vous, mais je sens le piège à plein nez...

Andrew regarda Koah et lui demanda :

- Quand tu as vu Kirion, t'a-t-il parlé de quelque chose concernant Yrilia ? Parce que dans les brides d'esprits qu'Ahm'Pyton laissait entrevoir, il y était question d'alliés yriliens en masse... même s'il ne les a jamais rencontré ni vu de ses yeux. En fait il tient l'information de Kor.
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Sam 30 Jan - 18:16

L’étreinte d’Andrew fut plus douloureuse qu’elle n’y paru. Elle n’avait rien de tendre, ni d’affectueuse. Elle n’était pas comme dans ses pensées, ni comme dans ses souvenirs. Si le corps du glaneur s’était légèrement éclairé une brève seconde au contact des bras musclés du chef Kant, s’irradiant d’une faible lueur provenant de son âme, l’obscurité terne et froide avait très vite repris ses droits au moment où Koah réalisa que ce n’était pas un acte d’amour.

- Ca va ? s’inquiéta d’une voix basse Lycos en soulevant l’armure d’Andrew pour la tendre à un odernien.

- Très bien. Pourquoi ça n’irait pas ? Nous avons libéré notre chef. C’était ce que je désirais… ce que tout le monde désirait ici. Notre mission est accomplie. C’est un franc succès. Réjouissons nous !

Le guerrier lydéen plongea ses yeux noisette dans l’océan vert des yeux de son ami pour y déceler l’ombre d’un aveu.

- Tu mens mal lorsque tu souffres.

- Et toi tu m’insupportes petit guerrier à la noix. Reste à ta place et je resterais à la mienne ! Et cesse de jouer les prêtresses de Cheera qui s’inquiète pour le tourment de mon âme.

Indifférent face à l’humeur massacrante de Koah qu’il imputa à sa fatigue et à sa tristesse, Lycos aida son ami à se tenir debout en roulant un bras autour de sa taille. La peau du glaneur était pâle et chacun de ses mouvements emprunt d’une profonde fatigue. Avec attention, le guerrier conduisit son ami à l’écart. Il l’aida à s’asseoir sur un rocher, puis pendant que les autres discutaient dans leur dos, il entreprit de fouiller sa bécasse pour en sortir un petite mangue. Il en coupa un bout à l’aide d’un petit poignard pour l’offrir à Koah.

- Mange. Ça t’empêchera de dire des conneries.

L’éclat de voix de Molly les fit sursauter. Koah et Lycos restèrent sans voix, sidérés par cette révélation. Olaek était le demi-frère d’Andrew ? Comment était-ce possible ? Là où le guerrier parut hésiter entre consternation et étonnement, Koah fut assaillit soudainement de remords. Et dire qu’il avait accepté de sacrifier sans une once de regret le demi-frère de l’homme qu’il aimait. Il aurait livré l’âme d’un Kant à Kirion.

- Comment peut-il savoir qu’il est son frère ? s’étonna Lycos en se grattant le haut du crâne.

- Andrew doit partager des souvenirs communs avec le Professeur. Lorsqu’une divinité prend possession d’un humain, elle laisse en lui des traces et des souvenirs.

Le lydéen sembla horrifier.

- Tu veux dire que tu… ? Avec Torsha…

Koah croqua dans le fruit qu’il mâcha silencieusement quelques secondes en hochant la tête.

- Oui, je partage avec elle bien des souvenirs et bien des secrets que je n’oserais jamais t’avouer. Mais grâce à Danaé et à Avian, je sais ignorer cette partie de Torsha qui habite mes pensées. Ils m’ont appris à organiser mon esprit, même si… si je ne sais dominer mes sentiments.

Le regard de Koah se posa sur Crya. Lycos regarda également dans sa direction et il fit une petite grimace désolée. Sa main se posa sur l’épaule du glaneur avec l’espoir dérisoire d’apaiser son chagrin.

- N’y pense pas. C'est une douleur qui partira.

C’était plus facile à dire qu’à faire. Comme tous les habitants de ce monde, Koah connaissait ce qu’il se disait que cette déesse. Il avait bien vu qu’elle avait prit les traits de Laureen tout à l’heure pour atteindre la conscience d’Andrew. Ce n’était pas lui qu’il aimait, mais elle, sa défunte épouse. Et Crya n’avait pas dû apaiser Andrew que de ses doux mots. L’idée que cette déesse puisse avoir touché le corps d’Andrew le rendait malade de jalousie.

Alors que Koah s’enfonçait dans les abysses de son esprit tourmenté, les mages Yriliens surgirent du ciel souterrain. Ils posèrent par millier le pied à terre face à Andrew qui ne sembla pas inquiet outre mesure. Lorsque le guerrier Sildarin se mit à parler en sula, le glaneur le comprit sans le moindre problème. Il n’eut pas besoin de la traduction de Danaé. Son esprit s’était bel et bien éveillé totalement à ce langage ancestral, à force d’user de magie.

Durant tout l’échange, Koah observa les mages derrière le guerrier. Ils étaient froids et austères, et accoutrés de tenues colorées étranges. Un instant, il se demanda si la couleur de leur tunique faisait référence à un ordre ou à une puissance particulière. Est-ce que les rouges manipulaient le feu et les bleus contrôlaient-ils l’eau ?

- Ils me font froid dans le dos, avoua Lycos en déglutissant. Regarde comme ils nous observent comme si nous étions de vulgaire Kabéthiens dansant dans la fange.

Au signe de tête d’Andrew, Lycos aida Koah à se relever et ils s’approchèrent de leur chef. Le jeune homme regardait à terre, ne pouvant affronter le regard d’Andrew pour l’instant.

- Kirion n’a rien dit de particulier, chuchota le glaneur après quelques secondes de réflexion. Il n’a fait référence qu’à to... (Il se rattrapa.) qu’à vous et à moi. Le contrôle des choses est quelque chose d’important pour ce peuple selon lui. Regardez comme ils sont disciplinés. Kirion pense que votre autorité sur ce peuple - comme sur Hanka - ne peut être complète sans…

Il se tut.

- Sans… ? insista Lycos.

- Sans le soutiens de la Vague.

- Sans toi donc !

Koah hocha la tête, regardant délibérément Lycos et ignorant toujours le regard d'Andrew.

- Kirion dit que même les dieux obéissent à une Vague. Mais je suis fatigué. Je ne me sens pas capable d’user encore de magie pour leur prouver qui je suis. De plus, je doute fort que me brandir en étendard les intimidera. Il vaut mieux trouver une issue diplomatique à cette rencontre.

- Koah à raison, intervint Lycos. Ils sont nombreux. Trop à mon goût. Je doute que votre armée de furies puisse les tenir longtemps en respect chef.

Le guerrier prit Andrew par le bras et il l’éloigna encore de quelques pas, histoire de se tenir à bonne distance des mages. D’une voix basse et grave, il lui dit, son regard plongé dans le sien :

- Loin de moi l’idée de vous donner des ordres, chef, mais il faut que vous sachiez avant de prendre une décision que leur reine a périe à Ténolas. Selon Jewel et Meecham, elle a donnée sa vie pour nous aider.

Pendant quelques minutes, Lycos raconta à Andrew tout ce qu’il s’était passé pour eux depuis son enlèvement. Il parla de la mort de Laë, du voyage sur l’Urenkar pour aller le libérer, des Naïades et du plan qui consistait à rejoindre l’armée sulas en position sur les terres à l’est des rocheuses de Kobol.

- Ces gars là, continua Lycos d’un ton toujours très bas en jetant un coup d’œil aux mages, étaient peut-être des partisans de la reine et de sa cause. Mais… je me méfierais quand même si j’étais vous. Il ne faut pas oublier qu’une partie de leur peuple s’est allié à l’armée Jalanienne. De plus, Mavican a causé pas mal de mort sur leur terre si ma mémoire est bonne, et ils pourraient vouloir nous le faire payer. Si cela se trouve, c’est peut-être un piège. Ne faisons pas deux fois les mêmes erreurs. Ne croyons plus les autres aveuglément. Sans Avian, Danaé et Koah, nous auront bien du mal à les tenir tranquille. Exigez une preuve de leur bienveillance à notre égard.

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Sam 13 Fév - 2:42

- Une preuve de bienveillance... j'ignore quelle bienveillance ils peuvent bien avoir envers nous, ni quoi leur demander. Pour être honnête, je préfèrerais n'avoir rien à exiger de leur part. Ils empestent la magie et ses préceptes... et puis n'oublions pas que d'après Kirion et Laé, ils étaient nos ennemis. Pourquoi ce revirement soudain ? Je n'ai pas confiance...

Malgré la mise à l'écart de Lycos et d'Andrew, Olaek n'avait pas perdu une miette de leur discussion. Sa voix froide s'insinua entre les deux hommes ce qui eut pour effet d'agacer le Chef de Lydée au plus haut point.

- C'est probablement la dernière chose à faire... mais il faudrait prouver que vous condamnez Mavican et que leur princesse n'est pas morte par votre faute. Que le Chef de Lydée était possédé... et qu'il n'a pas agi par lui-même. L'ennui c'est qu'ils verront la faiblesse et qu'ils pourront l'exploiter.

Il tapota sur sa dague et regarda Kheyrn qui aidait Avian à se relever.

- Le guerrier n'a pas l'air pourri. Au contraire, il défendrait son peuple corps et âme, ça se sent dans ce qui émane de lui. Peut-être faudrait-il consulter Avian sur le sujet. Après tout c'est lui le Mage en chef...

Andrew regarda les deux hommes. Kheyrn aurait pu soulever le mage d'un seul bras tant ce dernier était épuisé. Kant se demanda si la parole d'un mage était solide et s'il ne risquait pas de tirer profit de sa magie pour lui nuire. Après tout, il ne connaissait rien sur les mages et chaque fois qu'il en avait croisé un sur son chemin, il avait failli y laisser la peau, lui ou sa famille.

- Soit... s'il le faut, autant demander son avis...

Il se dirigea vers Avian et demanda à Kheyrn un instant pour qu'il puisse lui parler seul à seul. Le guerrier n'en demanda pas plus. Son armure cliqueta et il s'éloigna avec un regard plein d'entrain vers les Mages. Mais leur attitude lui rappela que la vue de ces étrangers était bien plus agréable.

- Je vais avoir besoin de vos conseils...

- Je sais ce que tu vas me demander, Andrew. Je le sais parce que je sens leur magie irradier tout autour. Je sens aussi qu'elle crépite. Quels que fussent les enseignements de Kirion, ces Mages sont barbares et sanglants. Ils sentent la magie sauvage à plein nez. Tu as raison de te méfier. J'ignore pourquoi ils sont là mais tu as un moyen très simple pour savoir s'ils sont de notre côté.

- Lequel ?

- Ils ne s'inclineront pas devant le pouvoir de Kobol. Kirion le hait. Et tu le possèdes, n'est-ce pas ? Cela se sent à ton aura, Andrew. Elle a changé...

Andrew ne put s'empêcher de demander, légèrement inquiet :

- Dans le bon sens ou bien... ?

- La Magie n'a pas de bon et mauvais côté. Elle est ce que l'on en fait. Le plus destructeur des rituels peut être bénéfique pour tous. Seul l'avenir nous dira dans quel sens souffle le vent... pour l'instant, tu dois te préoccuper d'eux. Les Mages d'Yrilia ne doivent allégeance qu'à Kirion. Mais avec ce que je sais, je peux te dire que Kirion est redevable à Cheera. Kirion pourra peut-être t'aider. Tu peux toujours utiliser l'autel. Je ne garantis pas que cela fonctionne, mais je pense qu'il répondra à ton appel, par respect pour Cheera.

Andrew hésita. L'idée même de rencontrer Kirion à son tour le dégoûtait. Mais il n'avait pas vraiment le choix. C'était son peuple, lui seul le connaissait sr le bout des doigts. Et puis il se dit que si le Dieu refusait de lui donner ce qu'il voulait, il pourrait le mettre hors d'état de nuire... ce serait toujours ça de pris. Il se dirigea vers l'autel où quelques instants plus tôt, Koah avait invoqué le Dieu. Il marmonna maladroitement une prière et attendit. Le temps se stoppa une nouvelle fois mais contrairement à la précédente, le décor changea en douceur. Andrew se retrouva bientôt dans une pièce étrange, où la matière semblait se transformer en permanence sous ses pieds. Au centre se trouvait Kirion, assis sur un trône en bois.

- Où suis-je ?

- Tu es dans mon domaine, dans Yrilia.

Kant regarda alors avec attention ce qui l'entourait. De hautes murailles de pierres sélèvaient et formaient des murs. Le plafond n'était pas visible. Il n'y avait aucune fenêtre.

- Je sais pourquoi tu es ici. Je savais que cette heure là viendrait. Tu as de la chance, Elu de Cheera. Beaucoup de chance.

- Pourquoi ?

- Parce que tu as échappé à la mort un nombre de fois hallucinant... parce que tu as derrière toi des Sulas, tous les Sulas ou presque. Et tu n'es que mortel. Tu es épatant.

Méfiant Andrew ne le quittait pas des yeux, la main sur son arc.

- Si vous savez pourquoi je suis ici, j'attends que votre peuple s'incline et nous rejoigne. Même s'ils semblent plutôt vouloir me tenir tête.

- Yrilia souffre d'un mal que je n'avais pas prévu : l'arrogance. Lorsque l'on arrive à vaincre ses ennemis avec facilité, on devient stupide et trop confiant. Les Mages ne t'obéiront pas.

- Que dois-je faire alors ?

- La question n'est pas de savoir ce que tu peux faire mais ce que je peux faire.

- Et ?

- Et donc, je vais t'aider... à condition que tu le mérites. Cheera t'a choisi, tout comme moi, lorsqu'elle m'a permis de fonder un royaume à part. Comme toi j'ai perdu cruellement celle que j'aimais. Comme toi j'ai été amer et détruit. Mais le passé est le passé. Cheera t'a fait don de son être pour que tu sauves ce monde. Le poids que tu portes est inestimable. Pourtant, Elu, il va falloir que tu fasses avec.

- Venez-en au fait.

- J'accepte de t'aider, en échange, tu veilleras à ce que les pièces du puzzle se mettent en place pour la bataille. Dans les jours et les semaines à venir, les dieux restants devront choisir un élu comme Cheera l'a fait. Ils y perdront leur immortalité et donc ils disparaîtront. Ces élus porteront en eux la marque ultime de l'unité des Sulas.

- Je ne suis pas sûr de vous suivre.

- Je veux que tu veilles sur les Elus, quels qu'ils soient. Tu devras les protéger car ils seront tous mortels. Je suppose que tu as une question qui trotte dans ton esprit... je ne parviens plus à lire dedans, ce qui est une bonne chose. Tu dois te demander pourquoi Logan avait toute son importance dans cette affaire. Pourquoi les cinq Kant sont protégés. Molly, Ayreb, Olaek, Logan et toi êtes les futurs élus. Des mortels. De simple mortels dont l'âme n'a pas le moyen de s'élever. Ainsi, Cheera était assurée que vous ne commettriez pas les mêmes erreurs que nous.

- Vous voulez dire qu'ils pourront eux aussi tuer les Immortels ?

- Non, bien sûr que non. Cheera était la Déesse la plus puissante. Son pouvoir est le plus puissant. Les pouvoirs que les Kant récupèreront serviront à soutenir le tien. Cependant, je dois t'informer de plusieurs choses. La première c'est que tu mourras un jour ou l'autre. Et les autres aussi. Une fois morts, vos pouvoirs disparaîtront dans le néant. Vos descendants pourront en hériter, ce n'est pas moi qui ait instillé la vie à ce monde, c'est Cheera, j'ignore si elle l'avait prévu, ou pas. Vous avez jusqu'à votre mort pour sauver notre monde. Si vous échouez, plus personne ne pourra rien y faire. La seconde chose c'est que tu seras choisis deux fois comme élu.

- Pourquoi ça ?

- Parce que tu es mon choix. Et que tu auras besoin de mon pouvoir pour rallier Yrilia et la soumettre.

- Et vous allez donc disparaître ?

- Non. Cela ne s'applique qu'aux Dieux.

Décontenancé, Andrew le regarda avec insistance. Kirion soutint le regard et répondit :

- Je suis au dessus du dieu littéralement parlant. De la même façon que Musterion est indestructible jusqu'à la mort totale de ce monde, je le suis aussi.

- Qu'êtes-vous donc ?

- Il me semblait que c'était évident. J'ai plusieurs noms, plusieurs appelations, sinistres. Certains me nomment le Savalteur, d'autres le Faucheur d'âmes. Je suis celui qui viendra à votre chevet lors du trépas. Je suis le Passeur, l'autre côté. Le Gardien des âmes, la Mort. Yrilia est mon Royaume. Et avec le sacrifice de Cheera, la notion de mortel et d'immortel a perdu tout son sens, c'est pour cette raison qu'aujourd'hui, ce qui aurait du rester dans sa lumière et dans son havre de paix fuit au dehors dans l'espoir de vengeance. Les barrières tombent, les âmes s'enfuient et se réincarnent dans des corps.

- Mais alors...

- Oui, tous ceux que tu as perdus sont en Yrilia. Laë était l'âme de celle que j'ai aimé. Faucher son âme soeur c'est pire que mourir. Beaucoup se demandent ce qu'il advient après la mort, tu as la réponse. Mais tu dois la taire. Les mortels doivent continuer de redouter le trépas. Telle était la volonté de Cheera. Tu retrouveras peut-être des âmes que tu connais. Elles t'ont oublié. Et tu devras éviter de leur dire ce que tu sais sur elles. La mort, c'est comme le temps. Cela demande un équilibre, une grande prudence. Maintenant, il est temps pour toi de repartir avec le nécessaire.

Il tendit la main vers lui et une lumière argentée brilla. Elle se mit à entourer le chef de Lydée. Une sensation de grand froid le parcourut.

- Tu as désormais un Messager de la Mort. N'oublie pas ce que je t'ai dit. Bientôt les élus seront choisis. Le voile sur moi n'est que partiellement levé. Et ce pouvoir, il a un effet pervers, tu auras souvent dans son sommeil des rêves étranges, ce sont mes souvenirs, mon vécu. Tu y comprendras les choses que tu ne peux comprendre pour l'instant. Mais tu devras garder le silence à mon propos, un silence absolu. Un jour, tu parviendras à savoir, tu lèveras le mystère. Et tu accepteras ta fin de façon sereine et digne. Bonne chance, Elu de Cheera.

Il eut un léger râle et Andrew tomba lourdement sur le sol agité de convulsions... Le temps avait repris son cours normal. Kheyrn s'approcha, visiblement inquiet. Les yeux totalement révulsés, les muscles se contractant par saccades, le chef de Lydée était en proie à une véritable crise d'épilepsie. Danaé et Lycos accoururent...
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Lun 15 Fév - 10:35

La chaleur du foyer engourdissait peu à peu les membres. Allongé sur sa couchette, bercé par les remous de l’Urenkar, Koah faisait tourner entre ses doigts le petit sablier que lui avait offert Avian. Le jeune homme s’efforçait de lutter, mais il n’y avait rien à faire : le crépitement des flammes dans le brasero hypnotisait sa raison, l’entraînant petit à petit vers les limbes du sommeil.

Koah sentit le petit sablier glisser de ses mains, sa tête dodeliner et ses paupières s’affaisser. Pourtant, le temps d’un nouveau repos n’était pas venu : il avait encore tant à faire…

Cela faisait deux jours qu’ils avaient quitté le cratère et réembarquer sur le Dravani. Celui-ci faisait route vers les Rapides de Kobol. La bataille était imminente. Tout le monde à bord le savait mais personne ne daignait en parler, pas tant qu’Andrew ne se serait pas réveillé. A son chevet, Danaé, Molly et Avian lui administrait de nombreux soins et breuvages, aidés dans leur tâche par quelques mages Yriliens que Koah soupçonnait être à peine apprentis vu leur jeune âge. La quasi-totalité des mages n’avaient pas accepté d’embarquer sur le Dravani, comme si monter à bord d’un navire primitif les rebutait. Seul Kheyrn et une poignée d’Yrilien avaient consentit à faire route avec les sulas. De toute façon, il était clair que Kheyrn désirait s’entretenir avec le chef Kant avant que ceux-ci ne mettent pied dans les plaines.

Dans un effort qui lui décrocha un grognement, Koah se leva de sa couchette, rangeant le sablier dans sa besace. Il prit le temps pour une rapide toilette, puis il revêtit un pantalon odernienne et une tunique de couleur sombre. Il quitta ensuite sa cabine et remonta sur le pont principal, tâchant d’éviter au maximum de croiser la route d’Yrilien. Comme la plupart des sulas, il n’était pas très à l’aise avec eux. La méfiance régnait.

Sur le pont principal du Dravani, Koah rejoignit Lycos. Son visage cicatrisait doucement suite à sa blessure. Le guerrier jouait aux dés avec Kodo. Le qwel tentait depuis deux jours d’arracher un sourire à Logan mais en vain. Le petit garçon restait éternellement silencieux, le regard ailleurs, comme vide.

- Tu veux jouer ? proposa le guerrier avec un large sourire. Kodo triche constamment, mais c’est assez amusant.

- Kodo pas tricher ! Kodo être doué de naissance. N’est-ce pas petit Kant ?

Le qwel lança les dés comme pour le prouver et de sa petite patte, il bouscula la petite tablette afin que l’un des dés roule à nouveau et change la donne. Lycos poussa un rire gras qui fit se retourner avec un peu d’indignation deux apprentis mages.

- Tu vois ! Il triche ! Tu es témoin Logan ! Cette boule de poils triche comme un hankien !

Le garçon poussa un petit soupir, les épaules basses. Koah aurait bien voulu trouver les mots pour tenter de l’apaiser, mais il ne savait quoi dire. Logan avait vécu des choses douloureuses. Il avait failli mourir de la main de son propre père. Même si ce n’était pas une bonne chose, il était tout à fait normal qu’il se referme et ne trouve plus le goût à rien. Il était trop tôt pour qu’il pardonne à Andrew son acte.

- Désolé, mais je ne peux pas jouer. Peut-être ce soir. Danaé m’a demandée de broyer des racines de Jasfor. (Il regarda Logan.) Tu m’accompagnes bonhomme ?

Contre toute attente, le garçon se leva sans un mot. Koah échangea un regard avec Lycos et Kodo, puis il s’éloigna avec le fils Kant, le tenant par la main. Depuis sa rencontre avec Kirion il y a deux jours, Koah méditait quotidiennement afin de mettre de l’ordre dans son esprit. Il en était arrivé à la conclusion qu’il ne pouvait en vouloir à Logan pour les fautes de son père. Il n’y était pour rien s’il était le fils de la femme qu’il jalousait le plus au monde. Il ne pouvait pas reprocher à Logan la faiblesse d’Andrew.

- C’est gentil à toi de m’aider. Les racines de Jasfor sont très difficiles à broyer. Il faut d’abord enlever l’écorce, puis les faire bouillir et après les passer au mortier et au pilon.

- Je sais
, murmura l’enfant.

En silence, ils descendirent dans le grand réfectoire faisant également office de cuisine. Quatre oderniens s’activaient aux fourneaux à la préparation d’un ragoût de poisson. Encore une fois, Koah n’en verrait pas la couleur. Il devrait se contenter de boulette de riz, de morceaux de mangue et de pain au miel. Le jeune homme sortit d’un placard les ustensiles pour faire bouillir de l’eau, puis il déposa devant Logan des racines d’un noir ébène. Il lui dit en lui tendant un petit couteau :

- Tu les nettoies un peu ? (Il montra comment faire avec une racine, grattant la terre entre les cillons.) C’est facile. Mais fais attention de ne pas te couper.

Koah prit une bassine pour la remplir d’eau. Pendant qu’il s’avançait vers l’un des foyer destiner au feu, il croisa le regard d’Olaek assit à une longue table au fond du réfectoire. D’un claquement de doigts qui fit crépiter la magie, les flammes embrassèrent la cendre sous le petit chaudron. Impassible, Koah soutenait les yeux bleus d’Olaek comme un ennemi prêt à se battre.

- Si tu crois qu’être du même sang qu’Andrew va te sauver, tu te trompes lourdement. Tout aurait pu être différent si tu n’avais pas fait cavalier seul. Si tu nous avais dit directement qui tu étais, rien de tout ceci ne serait arrivé !

Koah serra les poings, sentant les plaies dans les paumes de ceux-ci se tendre et picoter.

- Un jour… Je ne sais pas comment. Je ne sais pas quand, commença-t-il d’un ton très calme. Mais un jour je te ferais payer ce que tu as fait à Logan. Ce que tu as fait à ma sœur. Ce que tu m’as forcé à faire et ce que tu as fait à tous les autres. Tu regretteras amèrement jusqu’à ton existence.

D’un simple battement de cils, Koah renversa la coupe de vin déposée devant Olaek.

*************************
La plaine toute entière tremblait au son des tambours de guerre hankiens et vibrait au rythme du pas lourd des triceratops. Comme le voulait la tradition militaire de cette communauté, matin et soir, les hankiens faisait le plus de bruit possible pour intimider l’ennemi. En quelques mois à peine, l’armée jalanienne avait érigée un oppidum en haut de la plaine. Il était entouré de deux murs d’enceinte et stratégiquement bien placé entre deux bras de rivière, ce qui empêchait toute tentative d’infiltration à revers.

Il fallait reconnaître à ce peuple d’envahisseurs leur tallent de bâtisseur car le travail accompli en si peu de temps donnait le vertige. Sur plusieurs kilomètres, de nombreuses tours s’élevaient vers le ciel, et au-dessus de celles-ci, d’étranges oiseaux mi-lions, mi-aigles jouaient les sentinelles avec sur le dos des archers émérites.

De l’autre côté des marrais, près des rapides de Kobol, protégés par des remparts rudimentaire, les sulas unis avaient établit leur campement. Un demi millier de pavillons avait poussé en une nuit comme des champignons. Dans celui destiné aux chefs de guerre, Ayreb écoutait assis autour d’une table ronde le rapport des éclaireurs revenus au petit matin. L’un d’entre eux disait :

- La sorcière à une nouvelle fois ouverte la Faille pour faire passer une troupe de cent hommes.

- Comment étaient-ils ? questionna aussitôt Meecham devenu le conseillé stratégique pour son savoir inestimable sur les jalanniens.

- Noir de peau. On aurait dit des démons. Leur visage était recouvert de peinture blanche effrayante, tout comme leur corps.

Le jalanien se gratta la barbe d’un air songeur.

- Il doit s’agir des guerriers Rafitis. Ce sont les seuls à s’être soumis à Thorin lors de l’invasion de Caprica.

- Sont-ils dangereux ? demanda un haut gradé Lydéen.

- Assez. Cécrops ne compte pas envoyer des soldats sans valeurs. Ces hommes sont des métamorphes. Ils ont la capacité de se transformer en animal sauvage inspirant la crainte. Leur hurlement glace le sang dit-on.

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mar 16 Fév - 1:18

Olaek se leva, sa tunique trempé par le contenu de la coupe. Il ne quittait pas Koah des yeux et ne semblait pas plus inquiet par ses menaces. Il se contenta d'approcher de lui et de s'accroupir pour avoir son visage en face.

- Tôt ou tard, on paie tous pour ses actes. Je n'ai aucun regret à faire ce que j'ai fait. Et s'il m'en était donné l'occasion je recommencerais exactement de la même façon. J'ai obéi à ce que l'on m'a demandé, c'était ma mission. Un Assassin des Brumes ne faillit jamais à sa mission. Tu parlais de compassion et de sacrifice, mais tu ne sais même pas ce que c'est que le sacrifice et l'altruisme. La seule chose que tu sais préserver c'est ton égoïsme. Ce qui est sûr c'est que tu as beau être une Vague, tôt ou tard, toi aussi tu paieras. Je ne m'en fais pas pour ça. En revanche, tu ferais mieux de réfléchir aux ennemis que tu te fais.

Il passa le bout de sa langue sur ses lèvres qu'il mordit légèrement.

- Il va de soi, que ça n'est pas une menace. Je ne menace jamais, j'exécute. Ce gamin ne mérite pas ce qu'il a vécu. Tiens... voilà qui me rappelle quelque chose. Tu peux faire ce que tu veux, tu ne le comprendras jamais correctement. Qu'est-ce qu'un pourri-gâté prétentieux pourrait comprendre d'un enfant meurtri à l'innocence souillée ?

Et sur ces mots dits sans amertume mais avec grande froideur, il s'approcha de Logan et lui donna une lame.

- Elle est en kitine, elle coupera mieux et qui sait, tu en feras peut-être un bon usage. C'est une alliée solide, en toute occasion, même la plus désespérée.

Voyant que l'enfant de la prenait pas, il la posa en face de lui et partit, sans un bruit. Logan resta silencieux mais il finit par prendre le couteau. Deux lettres y étaient gravées. KO... cela aurait pu paraître drôle quand on savait les usages multiples de la dague... Il rangea l'arme à sa ceinture, en silence.

******

- Leur hurlement glace le sang ? Par les couilles de Kobol, si on arrêtait le mélodrame ? Ces espèces de porcs décérébrés sont des lavettes, des couards et des abrutis. Je repeindrais les murs de leur expèce d'oppitruc avec leur sang et leurs tripes, vous m'entendez ? Vous foutiez quoi à Lydée ? Vous appreniez à vos gamins à se battre comme des tapettes avec des brins d'herbe ? Vous êtes navrants !

Le chef d'Hanka fut interrompu par le lydéen :

- Nous avons passé le stade d'agir comme des barbares assoiffés de sang et de bêtises !

Ayreb donna un grand coup de poing sur la table ce qui la fit se soulever et craquer de façon sinistre. Le silence s'installa dans la salle, enfin un silence relatif, puisque la voix d'Ayreb résonnait à des mètres à la ronde :

- DES BARBARES QUI ONT TOUJOURS LEUR CITE ! EUX ! DES BARBARES QUI VONT GAGNER CETTE GUERRE ! PARCE QUE SI ON ATTEND APRES VOS ESPECES DE FILLETTES NOUS NE SOMMES PAS PRETS DE GAGNER UNE QUELCONQUE GUERRE !!! ALORS PETIT MERDEUX, TU FERMES TA GUEULE, TU DEGAGES ET TU LAISSES PARLER TON CHEF.

- Vous n'êtes pas le Chef ici !

- EN L'ABSENCE DE L'AUTRE BATARD SI ! A MOINS QUE QUELQU'UN ICI AIT ENVIE DE DEFIER HANKA ET DE PRETENDRE AVOIR UNE QUELCONQUE AUTORITE !

Il y eut un silence pesant. Ayreb semblait avoir doublé de volume tant qu'il avait la colère au fond de lui. Mais l'atmosphère se raidit soudain. non, personne n'avait rêvé...

- Moi, je te défie.

Toutes les têtes se tournèrent vers l'inconnu. Solidement armé, à la silhouette svelte, il menait de lui une aura qui inspirait le respect, sauf au chef d'Hanka. Ce dernier toisa l'homme qui osait le défier et se mit à rire.

- Toi ? Tu me défies ? Tu oses ?

- Tu as du mal à le croire, on dirait. Aurais-tu peur, jeune hankien ?

Cette fois le visage d'Ayreb laissa entrevoir toute sa haine. Il dégaine son épée, qu'il avait fait retravailler. Elle avait une lame affûtée qui brillait ardemment. Pour tout être humain normalement constituée, elle était à deux mains. Mais Ayreb n'était pas normalement constitué, il était musclé, et il avait la force de deux hommes. tout le mond ele lui reconnaissait. Aussi, il se battait avec cette épée, en la tenant d'un main, l'autre le protégeant par un bouclier dont on se demandait comment il pouvait être plus lourd ! Le duel fut interrompu par une voix visiblement paniquée :

- Elles nous attaquent ! Les bêtes qui volent dans le ciel arrivent !

- Que les archers se mettent en position ! Visez les ailes, une fois à terre, que les guerriers leur arrachent la tête ! Voilà qui tombe bien, il ne restait rien à bouffer !

Les ordres furent transmis à la chaîne. De partout on se mobilisait. Ayreb empoigna le guerrier si véhément qui lui avait tenu tête et le souleva du sol. Ce dernier, qui avait été distrait avait le visage violacé, et gigotait à vingt centimètres du sol.

- Tu voulais me défier ?

Le visage du malheureux avait soudain un aspect étrange. Seul Meecham était resté dans la salle, les autres avaient préparé à la hâte les troupes. L'homme n'avait plus rien d'humain, il était totalement informe. Il s'exprima comme s'il n'était pas étranglé :

- C'est comme cela que tu parles à ton Dieu, hankien ?

- Grand Davik ?

- Combien de Davik crois-tu qu'il existe, crâne de Rongmol ?

Ayreb lâcha aussitôt sa poigne et recula, soudain respectueux. Davik reprit sa forme humaine et se massa le cou.

- Tu as une poigne assez faiblarde. Et un égo un peu trop démesuré, hankien. Cela fait bien longtemp que tu ne m'as pas rendu hommage. m'aurais-tu boudé, moi, le dieu de la Guerre ?

La question sembla mettre le Chef d'Hanka dans le plus grand embarras.

- Je vois. Tu m'as oublié, tu as peut-être pensé que tu pourrais gagner sans moi ? Nous allons devoir remettre le Musterion à sa place, hankien. Tu peux cracher sur mon avatar, dénigrer mes fidèles, pisser sur les esclaves mais pas m'oublier. Prosternes-toi.

Ayreb hésita... un instant de trop. Davik lui envoya un coup de pied dans l'entrejambe. Il eut le soufflé coupé sans pouvoir lâcher un cri. Le visage livide, il tomba à genou, les larmes aux yeux.

-Voilà qui est mieux. Toi, l'étranger.

Il pointa Meecham du doigt et lui dit, impérieux :

- Dis-leur que les ordres ont changé et que tous s'enterrent et disparaissent. Dépêche-toi ! Ils ne doivent pas avoir le temps de vous compter ni de vous voir !
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mar 16 Fév - 5:03

Les narines de Koah se pincèrent pendant qu’il inspirait profondément. La rancœur qu’il éprouvait envers Olaek était puissante et il dut faire un énorme effort de concentration pour ne pas déployer toute sa puissance magique retrouvée. Il usa d’un sortilège pour recouvrer la quiétude dans ses pensées, se raccrochant à l’espoir même infime qu’un jour peut-être il puisse faire payer à cet homme le mal qu’il faisait.

Alors que l’eau bouillonnait peu à peu dans le chaudron, Koah rejoignit Logan. Il s’installa à côté de lui et entreprit de l’aider à nettoyer un peu les racines.

- Tu sais ce que mon père me disait toujours ?

Il attendit un signe de la part de Logan qui ne vint pas alors il continua d’un ton doux.

- Il disait qu’avec une arme à la main, on devenait un ennemi potentiel. C’est pour ça que j’utilisais le bâton à l’époque… pour me défendre. Un bâton, ça n’inspire pas la crainte. Ce n’est pas destiné à trancher.

Koah soupira.

- Ne crois rien de ce que cet homme peut te dire. Il est le mal. Et je n’en démordrais pas à ce sujet.

**********
Meecham s’était aussitôt incliné devant l’apparition de la divinité. Comme tous les jalaniens, il éprouvait beaucoup de respect pour les Immortels, bien que normalement il n’aurait dû en éprouver que pour ceux de son propre panthéon. Mais puisqu’il avait épousé une cheerani, il respectait les uses et les coutumes du peuple de son épouse, et de sa terre d’adoption. Aussitôt l’ordre de Davik donné, le guerrier jalanien sortit de la grande tente des dirigeants. Il s’enfonça dans la foule de soldats s’apprêtant à riposter pour rejoindre Gürkan sur l’une des palissades. Le guerrier lydéen avait revêtu les couleurs d’Hanka. Il portait l’armure des chefs de guerre et il hurlait ses ordres aux militaires alentours.

- Gürkan, les ordres on changés. Nous devons nous dissimuler. Ce sont des éclaireurs. Ils sont ici pour cartographier notre emplacement et faire un rapport sur nos troupes aux généraux.

Un griffon fut abattu par une salve de flèches. Gürkan opina, conscient que les conseils de Meecham pouvaient faire toute la différence dans cette bataille. Il tapa sur son bouclier à l’aide du pommeau de son épée pour attirer l’attention puis il se mit à brailler ses ordres d’une voix tonitruante. Il ordonna à ce que tous se retranchent. Les archers continuèrent d’abattrent les griffons survolant le campement, le temps que les mages du clan de l’Albatros se mettent en position au quatre coin du bivouac. Une fois ceux-ci prêt, une brume de plus en plus épaisse s’éleva. Un brouillard glacé monta des marrais, tapissant le campement des sulas et rendant la visibilité nul à partir des cieux.

Tous les griffons qui eurent l’idée saugrenue de descendrent trop bas furent abattus, ainsi que leur cavalier. Les amazones étaient de vraies tireuses émérites. Perchées sur les tourelles ceinturant le campement, elles dénichaient les silhouettes diffusent des éclaireurs à travers le brouillard. Aucun ennemi ne put descendre assez bas pour avoir une vision globale du camp.

Dans un cri strident, un griffon tomba du ciel à l’intérieur des palissades. Il écrasa lourdement une tente. Des soldats vinrent aussitôt empêcher le cavalier de dégainer son épée. Le jalanien fut très rapidement maîtrisé et fait prisonnier. Il ne portait pas d’armure afin de rendre son poids moins lourd sur l’étrange créature qui agonissait dans la toile de la tente en miette. Meecham arriva en courant accompagné de Gürkan. Ce dernier ordonna :

- Enfermez-le et prévenez les Augures. Nous aurons certainement quelques questions à lui poser.

L’homme se débattit et cracha aux pieds de Meecham.

- Traite à ta nation ! Je crache sur ton nom !

Même vêtu comme un lydéen, Meecham était reconnu comme jalanien aux yeux du prisonnier. Tous les habitants de ce peuple possédaient dès la naissance le don inné de reconnaître leur semblable en un seul coup d’œil. Qu’il soit né sur Jalane où dans les mondes vassaux, tous savaient d’instinct à qui il avait à faire, ce qui pouvait facilité grandement les trahisons au nom de l’Harmonie de l’Empire.

Le prisonnier fut emmené. Gürkan s’approcha de la créature agonisante. Elle était deux fois plus grosse qu’un tigre roux et possédait en plus d’un pelage embrun, des ailes d’aigle ainsi qu’un immense bec et des serres.

- Ce sont des griffons. Les maîtres des cieux sur Jalane. Il en existe de très nombreuses espèces. Tout comme les chevaux, certains sont prestigieux et destinés à l'élite, et d'autre élevé pour la guerre, commes les griffons d'Esculape.

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Jeu 18 Fév - 2:53

Pour la première fois depuis qu'ils étaient seuls, Logan regarda Koah dans les yeux. Il y avait énormément d'émotions qui passaient dedans. Il finit par dire la voix lointaine, comme s'il s'en moquait :

- Tu sais ce que mon père disait ? Qu'il ne me ferait jamais de mal...

Il prit l'arme dans ses deux mains et la scruta comme s'il essayait d'en déchiffrer un quelconque mystère. Il haussa les épaules.

- Qu'est-ce que tu crois que je puisse faire avec ? Tuer quelqu'un ? Qui ? Mon père ? Mon "oncle" ? Kodo parce qu'il triche ? Pourquoi me croire comme mon père ? Prêt à tuer ?

Il avait un regard interrogateur qui mettait mal à l'aise. Il rangea une nouvelle fois l'arme et ajouta, avant de reprendre son travail dans un mutisme assourdissant :

- Ce couteau servira à tailler un bâton. Un beau bâton. Je le rendrais ensuite à mon "oncle". Il ne servira à rien d'autre, je te le promets. Tu devras te contenter de ma promesse parce que je n''ai pas l'intention de m'en séparer avant le moment venu.

Affairé à sa tâche, Logan n'avait plus rien d'un enfant. En l'espace de quelques jours, il avait mûri. Et la fragilité dont on essayait de l'entourer par le biais de compassion et de bonne humeur venait de voler en éclat. a s'y méprendre, il ressemblait à Andrew, lorsque ce dernier était arrivé sur le cheval ailé... empreint d'une force mystérieuse. Avian entra dans la pièce, en claudiquant. Il n'avait pas tout à fait récupéré de son dur combat. Il s'installa à côté de Koah, la mine fatiguée.

- La dernière fois que tu m'as parlé, c'était pour me fustiger. Puis-je espérer que nous discutions à nouveau sereinement ? Nous arriverons bientôt à la limite de mon savoir. Après que je t'ai enseigné les dernières choses que je sais, je ne pourrais que m'incliner devant ta maîtrise. Je sens les crépitements autour de toi. Tu arrives à te contenir, c'est très bien. Maintenant, il te reste le plus important, canaliser ta magie et la contrôler. Mais je ne peux pas t'apprendre quoi que ce soit si tu ne le souhaites pas.

Il joignit ses bras et les fit entrer dans la manche opposée de sa robe rapiéciée.

- Commençons par le commencement. Canaliser ton esprit, ne veut pas dire canaliser tes pensées et tes mots. Je t'écoute, tu peux parler comme tu le souhaites, par la voix ou par l'esprit. Ne va pas trop vite dans ce dernier cas, parce que je risque d'avoir du mal à te suivre.

***

- Celui-là doit rester en vie. Soignez-le.

La foule incrédule se tourna vers le guerrier qui quelques instants plus tôt avait défié Ayreb. Il s'approcha du monstre sans crainte et posa sa main sur le griffon. Ce dernier tenta de le mordre et il manqua lui arracher un bras de son bec pointu. Il caressa son encôlure et la bête s'apaisa. Tous semblaient médusés. Davik se releva sous le regard docile du monstre. quelques guerriers reculèrent par méfiance.

- Vous attendez quoi ? Qu'elle soit définitivement morte ? Elle ne vous fera aucun mal si vous n'en avez pas peur. Allons quoi quel genre de pleutres êtes-vous donc ?

Une légère lueur de défi passa dans le regard de certains guerriers mais seule une poignée d'entre eux osa s'approcher de la créature et bander ses plaies. Quelques Mages de l'Albatros apportèrent des onguents. Ils partaient du principe que la créature étant ailée et sachant voler, elle était comme les oiseaux qu'ils sauvaient. Davik approcha de Gürkan et lui posa une main sur l'épaule :

- Tu ne fais pas partie d'Hanka, ni de sa communauté, et pourtant, tu t'es montré bien plus charismatique que nombre des hankiens ici présents. Tu ne mérites pas le poste que tu occupes. Il y a un conseil de guerre, tu en feras partie en tant que Capitaine des Guerriers, le bras droit du Chef d'Hanka.

Il se tourna vers les Amazones et posa des yeux pétillants sur leurs poitrines :

- A la vue de ces mamelons, l'ennemi risque fort d'avoir d'autres pensées. Voilà une idée à exploiter...

Elles parurent outrées mais déjà Davik avait porté son attention sur les Mages de l'Albatros.

- Si j'avais pu penser qu'un jour des Mages se battraient aux côtés de guerriers sanguinaires et primitifs... Votre magie ne vous sauvera pas des coups de lame, prenez garde à rester à couvert.

Enfin il se tourna vers Meecham. Il n'avait pas l'allure d'un titan, il eétait svelte et peu impressionant, il l'aurait été du moins si une aura de puissance et d'expérience ne l'avait pas entouré. Il resta en face de Meecham mais ne le toucha pas :

- Et toi, l'étranger, quel est ton nom ? Quelle est ta patrie ? Que fais-tu parmi les Exilés ?

Sa voix n'était pas autoritaire, elle inspirait naturellement le respect.
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Jeu 18 Fév - 16:44

Koah n’aima pas voir dans les yeux de Logan cette profonde blessure. Le petit garçon avait perdu toute innocente. Il n’était dorénavant plus un enfant mais bel et bien un jeune adolescent marchant sans illusions vers l’âge adulte. Le glaneur comprit que quoiqu’il puisse dire, cela n’apaiserait pas Logan. Il se contenta dès lors d’hocher la tête et de continuer d’éplucher les racines noires.

Lorsqu’Avian arriva et s’assit à ses côtés. Le jeune homme roula les yeux avec agacement. Il l’écouta parler sans même daigner lui prêter attention. Un sourire légèrement moqueur se dessina alors ses lèvres. Les propres limites d’Avian faisaient rire intérieurement Koah. Plus il utilisait la magie et plus Koah se sentait fait pour celle-ci.

Avec arrogance et mépris, le jeune homme dit en plantant son regard dans celui du mage :

- S’il faut en passer par-là pour être enfin débarrassé de vous, allons-y.

Il repoussa les racines devant lui, croisa les bras sur la table et durant quelques secondes, il fixa le visage fatigué du mage. Koah se concentra alors afin de tenter d’entrer en contact avec l’esprit d’Avian. Il n’avait jamais fait cela encore mais il était persuadé de pouvoir le faire. Les traces laissées dans son esprit par les dieux qui l’avaient contactés auparavant par la psyché étaient toujours intactes et palpables. Il suffisait pour lui de les suivre.

- Pourquoi ai-je l’impression que vous essayez de m’imposer une manière d’utiliser la magie, alors que la magie est innée chez moi ? demanda par l’esprit le glaneur avec un sourire toujours aussi arrogant. Êtes-vous jaloux de mes talents ?

Comme pour provoquer le mage pour qui il n’avait plus une once de sympathie, Koah détourna une partie de son esprit vers le chaudron d’eau bouillante. En une seule pensée, le feu s’étreignit et de la marmite s’étira dans les airs un long serpent d’eau chaude qui ondula dans la pièce avec grâce.

- Que voulez vous m’apprendre ?

**********
Devant Davik, Gürkan resta droit, impassiblement fier. Le guerrier lydéen, comme tous les nés cheeranis de ce monde, avait reconnu le dieu de la guerre. C’était un don inné, comme celui que pouvait posséder les jalaniens qui d’un seul coup d’œil pouvaient reconnaître les étrangers à leur monde.

Meecham échangea un regard avec Gürkan qui l’incita d’un mouvement de tête à répondre à la question qui lui avait été posé. Le jalanien s’inclina légèrement, prouvant ainsi son respect pour celui qu’Ayreb avait tout à l’heure honoré comme un dieu.

- Je suis Meecham Haru Toute Puissance, dit-il avec l’infini respect qui caractérisait les jalaniens vis-à-vis des dieux. Je suis fils d’Argos et de Jaylina, époux de Jewel, ancienne lydéenne et précepteur de Poméra Zambou, dernière héritière de la maison des Zambou, légitime gouverneur de la province d’Oke. Je suis jalanien. Traître aux yeux de l’Empire et allié de toutes les nations luttant pour leur liberté. Mon épée et mon savoir sont au service du chef Kant.

Gürkan intervint :

- Il est notre allié et digne de confiance.

- Avec mes seigneurs, nous tentions de rejoindre l’antique cité de Cheeranda il y a de cela presque une année, afin de fuir la folie meurtrière de l’Empereur. Ma maîtresse était destinée à être sacrifiée au sorcier Mavican, mais elle refusa, apportant par son acte de rébellion le courroux de l’Empereur et du Cercle sur notre famille. Sur la mer d’Ambre, nous avons essuyé une terrible tempête qui nous à fait passer de notre monde au vôtre monde.

Accompagnés de quelques soldats hankiens, les mages continuèrent de soigner le griffon. L’animal ailé s’agitait de temps en temps, mais il ne tentait plus de mordre ou de griffer qui que ce soit. Il se laissait faire, comprenant grâce à son intelligence avérée supérieure qu’on tentait de lui sauver la vie.

- Le légionnaire que vous avez capturer, qu’allez vous lui faire ?

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Ven 5 Mar - 3:04

"Apparamment je n'ai pas grand chose à t'apprendre sur l'utilisation de la magie de l'eau. Même s'il s'agit d'une magie primitive, tu l'utilises parce que Torsha en était passée Maître et parce que les Augures ont su faire de toi un pion. Je te parle de la magie de l'air, celle de l'esprit."

Il regarda le serpent d'eau onduler et croisa à nouveau le regard de Koah. Il était toujours aussi calme. La tentative de Koah de l'énerver ne marchait pas. Il sortit un pendentif accroché à son cou et le posa sur la table avec une attitude méticuleuse.

"La Magie n'est pas innée chez toi. Elle est plus que ça. Tu ne comprends pas bien tout ce que tu peux faire avec. Tu peux t'amuser avec ce que tu veux, tenter de m'impressionner avec un serpent d'eau chaude, ce n'est jamais qu'une petite goutte d'eau. Les légendes parlent des Vagues comme des êtres surpuissants, capable d'enfouir ou de faire exploser des volcans, de créer ou d'arrêter un tsunami, de contrôler l'essence même de la terre et du ciel. Les Vagues traversent tout ce qui nous paraît impossible : le temps, la mort, l'infini. Aussi, aussi bouillante puisse être cette eau, tu me pardonneras de croire que j'ai toujours quelque chose à t'enseigner."

Il désigna des yeux le pendentif et ajouta, toujours aussi calme :

"C'est le pendentif donné aux Mages importants dans mon clan. si tu es capable de le passer autour de ton cou sans en mourir, alors, oui, je n'aurais plus rien à t'apprendre et je me retirerais. Tu n'entendras parler de moi que comme un allié lointain pour sauver ce monde. Tu as le choix. Tu peux aller au bout de ton orgueil et me prouver que j'ai tort. Ou me croire sur parole. A toi de voir."

Logan les observait avec un certain ennui. Il regardait le serpent d'eau onduler. Ses paupières se faisaient lourdes... pourtant il pensait avoir bien dormi. Tandis que les deux hommes se livraient à un duel silencieux pour tenter de montrer chacun leur autorité, le jeune garçon avait la vue voilée. Il posa ses bras sur la table pour s'en servir d'oreiller et de façon totalement soudaine, il s'endormit.

***

Davik resta un long moment à observer Meecham avant de lui répondre. Il analysait chaque mouvement du jalanien comme s'il l'apprenait par coeur.

- Il y a des choses que l'on dit et d'autres qu'il faut garder secrètes, Etranger Haru. Qu'on emmène le prisonnier dans la salle du Conseil. Nous aviserons de son cas à huis clos. Quant au griffon, attachez le solidement, je crois savoir que nos belles Amazones aux seins galbés ont des chaînes, même si elles les réservent à d'autres jeux plus intimes.

Un grondement de fureur passa dans les rangs des femmes guerrières tandis que quelques sourires apparurent sur le visage de certains guerriers. Davik se replia vers la salle du Conseil accompagné de ceux qu'il avait invité d'un geste de main : Gürkan, Meecham, un Mage de l'Albatros et la Chef des Amazones. Cette dernière réchigna à le suivre mais finit par céder. De retour dans la salle, ils trouvèrent Ayreb installé à son "trône". Le Dieu de la Guerre claqua des doigts et lui intima de se lever, chose que le chef d'Hanka fit, sans le regarder dans les yeux et avec un peu de difficulté pour marcher. Davik s'installa sur le trône et fit s'asseoir le prisonnier qu'il avait fait transféré autour de la table, juste à côté de lui. Il chassa tous ceux qui n'étaient pas invités et ordonna que nul n'écoute à moins de vouloir nourrir le griffon. Lorsque ses ordres furent exécutés, il toisa chaque personne assise autour.

- Vous obéissez au doigt et à l'oeil à un individu... c'est bien. J'espère que c'est plus par conviction et par loyauté que par crainte.

Il lança un regarda Ayreb qui serra les dents, visiblement touché dans son égo, mais qui ne pouvait rien répondre... Tous se taisaient devant le Dieu de la Guerre, devant Davik le Sanguinaire. Ce dernier planta un regard étrange sur la Chef des Amazones qui elle aussi serra les poings dans un craquement sinistre sous la hargne. Elle ne savait que trop bien ce à quoi il pensait ! La seule raison pour laquelle il ne la violait pas en public, c'était parce qu'elle était une guerrière et qu'il avait du respect pour elle... du moins dans un certain sens. Elle sentait bien que son regard glissait sur ses seins vers son bas-ventre et elle était dégoûté en imaginant que sous cette armure, un membre d'apparance devait grossir à vu d'oeil. Comme pour lui donner raison, soit parce qu'il avait lu dans ses pensées et qu'il voulait s'amuser, soit parce qu'elle tapait dans le mille, Davik passa la main sur l'entrejambe de ses jambières et le déplaça légèrement dans un petit cliquetis métallique.

- Parfois on se sent seul et à l'étroit... ajouta-t-il avec un regard pétillant.

L'ambiance dans la salle était au respect mais le propos semait le doute sur l'atmosphère glaciale qui règnait entre la Chef des Amazones et l'Immortel. Davik porta son regard sur Meecham et demanda :

- Etranger Haru, j'espère que tu apprécies l'honneur que je t'accorde en te permettant, à toi, un étranger, de siéger ici. Tu m'es redevable aussi, je te l'ordonne, tu tâcheras de rester en vie durant cette bataille pour que ta femme et tes enfants puissent profiter de toi. Un guerrier mort est un guerrier inutile. Maitenant, connais-tu cet homme ? L'as-tu déjà rencontré de là d'où tu viens ? Crois-tu que sa tête se tranche nette ou par a-coup avec une épée ?

Il sortit sa lame et la posa sur le coup de l'individu, tout en continuant de regarder Meecham. Il avait beau menacer cet homme, le jalanien était probablement le seul à voir qu'il accordait beaucoup d'importance à la vie et à une mort rapide. Il devenait donc très clair que son but n'était pas de tuer l'individu mais de le pousser dans ses retranchements, d'ébranler sa force et de le rendre aussi ouvert qu'un livre. Davik aurait pu lire dans son esprit, mais il aimait trop la guerre pour enfreindre les codes et ne pas vivre la stratégie, les revirements de situation, bref, toutes cette incertitude, cette tension qui faisait de sa passion tout un art, tout un style.
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Sam 13 Mar - 15:57

L’orgueil prit le pas sur la raison ébranlée de Koah. Le jeune homme ne put résister à la tentation de prouver à cet homme qu’il lui était supérieur en tout point et que plus rien de ce qu’il pourrait lui apprendre ne lui servirait désormais. Il avait après tout dévié le cours d’eau du fleuve des enfers, il était revenu de la mort et son âme faisait même envie aux dieux. Qu’est-ce qu’un petit mage de pacotille pouvait-il donc bien lui apprendre que son instinct de Vague ne savait pas ? Le regard toujours planté avec défiance dans celui d’Avian, Koah s’empara du pendentif. Il laissa ses doigts analyser la pierre polie quelques instants, puis il écarta la chaîne pour glisser celle-ci autour de son cou.

- Alors ? Satisfait ? fit-il avec arrogance.

A peine eut-il esquissé un sourire en coin qu’il sentit ses poumons s’agiter. Une vive douleur s’empara de lui, mais il ne put la hurler. Elle lui martelait la poitrine. Son oxygène s’échappa de ses poumons dans un sifflement sinistre, sortant par ses narines. Malgré tous ses efforts pour inhaler et recouvrer son souffle, le processus continua. Koah perdait peu à peu son oxygène dans une douleur indescriptible. Le serpent d’eau tomba brusquement au sol alors que la jeune Vague se crispait sur le banc, les mains agrippées autour de son cou. Le silence régnait malgré tous les efforts du glaneur pour appeler à l’aide.

- Stop… gémit-il, la douleur étant insupportable.

Avian ne cilla pas. Il restait impassible face à ce spectacle morbide. Koah rassembla ses dernières forces pour s’emparer de la chaîne et l’enlever lentement de son cou. Il lui semblait qu’elle pesait des tonnes. Jamais il n’avait éprouvé autant de difficulté à soulever quelque chose. Une fois retiré, la magie qui oppressait ses poumons s’arrêta et dans un grand souffle bruyant, il haleta, récupérant son oxygène à grand coup. Une fois son cœur et son souffle calmé, il balança le pendentif vers Avian avec colère et il dit, vexé :

- Vous me le paierez un jour !

Il se redressa légèrement, essuyant d’un revers de poignet les larmes qui avaient perlées au coin de ses yeux. Il ajouta simplement d’une voix basse pour ne pas réveiller Logan :

- Allez-y. Qu’avez-vous donc d’autre à m’apprendre ?

****************
Le regard de Meecham se posa longuement sur le prisonnier. Le jalanien reconnaissait l’armure caractéristique des chevaucheurs de griffons. Elle était légère et silencieuse. Cet homme appartenait à la maison des Juran à en juger les couleurs et l’écusson sur son plastron. Meecham se leva alors, afin de s’adresser avec respect au dieu de la guerre de ce monde.

- Cet homme n’est qu’un légionnaire, Toute Puissance. C’est un chevaucheur de griffon. Il appartient au clan des Juran, une famille très puissante de l’Empire qui a fait mainte fois ses preuves par le passé. Ce sont de fidèles alliés de l’Empereur. Lorsque nous étions encore sur Jalane, le César en date appartenait à ce clan. S’il à envoyer une de ces propres légions pour nous écraser, c’est que le problème des « exilés » doit être plus important que nous l’estimions.

Gürkan intervint :

- Le César ?

- Le César est le Seigneur de la Guerre qui contrôle toutes les légions des clans et des familles de l’Empire réunies. Il est élu par Cercle.

La réponse ne sembla pas convenir à Gürkan qui insista lourdement, les mâchoires crispées :

- Nous ne sommes pas Jalanien, Meecham. Explique-toi.

Le précepteur opina.

- L’Empire est divisée en de nombreuses provinces à travers les mondes que nous occupons, et celles-ci sont dirigées par des familles ancestrales. Chacune de ses familles possèdent des légions de soldats. Les dirigeants de ces familles forment le Cercle et c’est ce Cercle qui élit tous les huit ans, lorsque l’étoile de Jalane traverse la constellation de Thorin, un nouveau César pour devenir le Seigneur de la Guerre et mener à bien les batailles de l’Empire.

- En quoi cela est-il si surprenant que ce César envois une de ses propres légions régler notre compte ?

- Le jeu du Cercle est un jeu dangereux. Les trahissons. Les coups bas. Les manigances. Les alliances secrètes. Qui contrôle le jeu du Cercle, contrôle la politique de mon monde. Un César se doit de protéger ses arrières s’il ne veut pas mourir prématurément. Si ce César à estimer qu’il pouvait se passer d’une de ses propres légions, c’est sans doute parce que le Cercle tout entier est d’accord avec cette guerre.

Le prisonnier poussa un rire moqueur en regardant avec dégoût Meecham.

- Tu n’as pas idée à quel point l’Empire est d’accord avec cette guerre, traître d’Haru. Pour Thorin et sa Gloire, ils sont tous décidés à vous écraser. Les légions des Douze Loyautés sont en route vers votre monde. Vous ne pourrez rien, bâtards d’Exilés ! Vous mourez tous les uns après les autres !

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Andrew Kant
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Jeu 18 Mar - 17:01

Avian récupéra le pendentif et le rattacha autour de son cou. Il laissa planer un long moment de silence. Il regarda Koah sans le juger, il n'avait aucun air victorieux sur son visage, comme si ce qui venait de se produire ne lui faisait ni chaud, ni froid. Il avait la sérénité de ceux qui savent et en réalité il était certain de ce qui allait se passer. Il fut même déçu que Koah tombe dans ce piège là. Un instant, il eut l'impression que tout ce qu'il avait tenté de lui apprendre avait disparu dans le néant, comme si la Vague avait balayait toutes les connaissances qu'ils avaient longuement partagé. Le mage leva les yeux vers le glaneur et reprit, toujours dans son esprit :

"Je pensais ne plus rien avoir à t'apprendre, en vérité... Mais ta colère parle une fois encore. Ta rage aussi. Je n'ai pas à en cerner les raisons, tu éprouves tellement de hargne envers tellement de monde. Elle transparaît. Si tu avais conservé ton calme, tu aurais pu porter ce pendentif sans problème. J'ai encore beaucoup à t'apprendre sur la discipline de l'esprit. Mais je ne peux pas continuer si chaque fois que j'essaie de t'inculquer un savoir, tu le balayes d'un coup de sang ou de colère."

Prenant un air grave et inquiet, il ajouta :

"Nul ne peut te discipliner, alors tu dois apprendre à le faire. Tu dois l'apprendre pour contrôler, ou du moins essayer avec de bonnes chances de succès les conséquences de tes actes, de tes décisions. Chaque fois que tu laisses Torsha parler, que tu laisses ta colère éclater, tu perds le contrôle. Tu deviens une Vague dévastatrice. Je ne te parle pas d'aimer tout le monde, je ne te demande pas de ne pas agir, je te demande de prendre une décision au calme, de ne pas laisser tes sentiments influer."

Il se leva, apparamment navré :

"Je ne peux rien faire de plus que t'aider à cela. Parce que tout ce que tu feras aura des conséquences, parce qu'il devient facile à des Dieux, à des Sulas de te manipuler, de t'anticiper. Fermer ton esprit aux provocations, à la colère, aux sentiments primitifs te rendra beaucoup plus puissant. Si tu ne le fais pas, personne ne peut prédire ce que cela va engendrer. Le dernier passage obligatoire entre nous restera une nouvelle projection de ta vie. On apprend de ses erreurs. Je ne peux pas faire ce travail là tout seul. Quand tu auras libéré ta rage, quand tu seras prêt à m'écouter et à apprendre, nous reprendrons. Mais uniquement quand tu le voudras."

*******

Entrecoupements déchirés, courants d'air... la sensation désagréable de se sentir épié, il n'arrivait pas à se repérer. Un drôle de halo subsistait, tandis que des visages familiers y défilaient. Où était le haut, où était le bas ? Quel était ce son, cette voix ? Pourquoi n'arrivait-il pas à voir correctement ? Et comment s'appelait-il au fait ? Il l'avait oublié... qu'était au juste ? A quoi appartenait-il ? Pourquoi ? Comment en était-on arrivé à son existence, à ce chaos tout autour de lui qui défilait à une vitesse qu'il n'imaginait pas. Il était un être de conscience, oui... mais incapable de savoir exactement quoi. La lumière se transformait en ombre qui disparaissait à son tour avec hâte. Et cette ombre là... mais pourquoi lui était-elle donc familière ? Le décor vacilla lentement, tout devint noir et l'être sentit un sentiment de crainte s'installer... Et si on rallumait la lumière ?

*******

Davik regarda le prisonnier avec calme et parcimonie. Il ne souriait pas, il ne disait rien. Un malaise commença à naître tout autour. Même Ayreb qui n'avait pas caché son hostilité sentit que le vent tournait. Le Dieu de la Guerre dégageait tellement de puissance dans cette situation que le respect était encore plus de mise. Comme si à tout instant, il pouvait briser une vie pour toujours. Cela dira bien cinq minutes puis il se mit à parler, toujours aussi calme, stratégique et calculateur :

- Tu mens.

Les yeux se fixèrent sur lui tandis qu'il poursuivait :

- En réalité, votre invasion peine. Vous rencontrez un problème auquel vous ne vous attendiez pas. L'aide que vous aviez tant espérée de ce monde n'est pas venue. Vous voilà donc dans une situation épineuse, désespérée. Vos renforts tardent, votre petite escouade est terrorisée à l'idée de mener cette bataille et de la perdre. Parce qu'il évident que vous allez la perdre. Cette escouade de reconnaissance, ce n'était que pour vous rassurer, que pour constater que vous n'aviez en face de vous qu'une armée faible et désunie.

Il se redressa. En se tenant droit, sa carrure en imposait, il fallait le lui reconnaître. Il prit l'étranger par le menton et lui leva la tête pour qu'il le regarde dans les yeux. Et seulement à cet instant, il lâcha, toujours avec ce calme, extrêmement perturbant :

- Sois heureux. Tu es le dernier survivant de ton escouade et tu viens de faire la connaissance de Davik, Dieu de la Guerre. Je n'ai jamais perdu une seule bataille, une seule guerre. Mais j'ai connu des individus plus rusés que vous. Le glas a sonné pour les troupes de ton César et pour ton César lui-même. J'espère qu'il me fera l'honneur d'étale ses couilles sur la table et de venir se battre contre moi.

Il le relâcha et ordonna :

- Qu'on lui apporte l'arme de son choix, une armure et un bouclier, s'il le souhaite. Nous allons passer un accord, légionnaire. Tu vas choisir un de mes guerriers, tu peux me choisir moi également, et te battre contre lui. Si tu parviens à le tuer, tu seras libre de retourner dans ton clan sur le dos de ton griffon. Si tu ne parviens pas à le tuer, tu mourras. Mais ton âme n'ira nulle part. Elle restera là, errante et muette et tu pourras vivre et revivre l'extermination de tes compagnons d'armes. Tu ne connaîtras jamais la paix pour avoir un jour, qualifié les habitants de ce monde d'Exilés devant moi. Choisis ton arme, où alors le combat se fera à mains nues. Tuer ou être tué. Voilà, tu y es à ton choix de guerre. A moins que tu ne doutes et que tu n'aies autre chose à me dire ?
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Sam 3 Avr - 14:08

Péniblement, le légionnaire se releva. Trop fier pour baisser les yeux, il soutint le regard de Davik. Il n’avait pas peur de la mort, ni même d’errer pour l’éternité des temps sur ces terres. Les jalaniens ne craignaient qu’une seule colère ; celle de Thorin.

- Le Grand Thorin domine bien plus de monde que tu n’en verra jamais dans ton existence de dieu primitif ! cracha avec mépris le soldat. Une fois qu’il aura prit possession de vos terres, il libérera mon âme, et je serais accueillit en héros dans son Royaume Céleste.

Les cheeranis éclatèrent d’un grand rire moqueur et cela fit grincer des dents le prisonnier. Celui-ci fixa une à une les personnes présentes sous la tente, cherchant l’adversaire le moins coriace à affronter. Son regard s’arrêta tout naturellement sur la chef des Amazones. Une femme guerrière était une aberration dans son monde. Il n’y en avait pas. Les femmes ne touchaient pas aux armes.

- Elle ! dit-il en pointant la grande guerrière. C’est elle que je combattrais.

Meecham secoua avec tristesse la tête, navré d’un tel choix.

**********
Des cadavres à perte de vue. Des milliers de corps mutilés baignant dans la lueur funèbre des trois lunes. Monstres, hommes et bêtes entremêlés recouvraient la plaine d’un linceul de chairs en voie de putréfaction. Et partout s’élevaient les crissements des vers des sables en train de se repaître du massacre.

Abasourdi par le spectacle qui s’étalait à ses pieds, Koah sentit ses jambes se dérober. Il dut s’asseoir au sommet de la colline sur laquelle il venait d’apparaître. Jamais de toute sa jeune existence il n’avait vu autant de morts. Tous ces corps amputés, ces entrailles ouvertes exerçaient sur lui une fascination morbide. Une fascination qui l’entraînait peu à peu à la lisière de la folie.

Il savait que ce n’était qu’un rêve. Que son corps était toujours endormis sur le Dravani, mais pourquoi encore une fois, ce murmure l’avait-il entraîné sur ce champ de bataille ? Il ne reconnaissait pas ce désert. Ce monde n’était pas le sien. Il n’était qu’un souvenir.


Depuis quelques jours, Koah percevait une sorte de murmure quelque part au coin de son cerveau. Une Voix qui ne cessait de le harceler sans qu’il puisse comprendre ce qu’elle désirait. Sournoise, elle profitait du moindre silence pour s’immiscer au creux de sa conscience. Elle chuchotait alors d’énigmatiques phonèmes qui le mettaient mal à l’aise. Mais, dès que Koah tentait d’en saisir le sens, elle s’évaporait tel un impalpable spectre niché dans sa propre tête. Elle s’évanouissait en laissant derrière elle un cortège d’images effrayantes ; d’horribles scènes de mutilation et de massacre, de terrifiantes visions d’armées aux hommes incalculables arborant chacun le sceau de l’Empire jalanienne. Puis tout s’arrêtait soudain, pour recommencer la nuit suivante.

Dans un sursaut, Koah se réveilla en sueur, faisant s’ébrouer de mécontentement la colombe qui somnolait nichée en hauteur. Il se secoua et passa une main sur son visage perlé de gouttelettes de transpiration.

- Fou ! Je deviens fou ! se lamenta-t-il à mi-voix.

Dans un effort désagréable, il se leva. Il revêtit une tunique et sortit de sa cabine pour rejoindre le pont principal où il retrouva Lycos. L’air froid et acide des bois des Brumes et de sa lande alentour avait laissé la place à l’air épais et lourd des Rocheuses de Kobol. Teagan annonça un peu après le déjeuner qu’ils arriveraient à destination dans quelques heures, un peu avant le couché du soleil. Le Dravani glissait sur les flots tortueux des rapides de Kobol à grande vitesse, ce qui permettait aux oderniens de se préparer à débarquer.

- Si tu ne te libères pas de tes liens, tu sais ce qui t’attend, dit simplement Lycos pendant que Koah étalait soigneusement un baume sur sa brûlure au visage. Il est imprévisible. Tu es parti sans lui laisser le choix. Son ego démesuré a dû en prendre un sacré coup, et il risque de vouloir te le faire payer très cher.

- Je n’ai pas peur d’Ayreb, assura avec un sourire confiant le glaneur. Il ne me fera rien tant qu’il n’aura pas eut ce qu’il désir de moi.

Une grimace de dégoût déforma le visage du guerrier.

- Tu vas vraiment accepter de porter son enfant ?

- Je n’ai pas le choix. J’ai promis.

- Les promesses sont faites pour être défaites ! tonna Lycos. Libère-toi de tes chaînes. Tu en as le pouvoir désormais !

- Je me suis fait à cette idée. Il a épargné Andrew dont ce monde à besoin. Maintenant, c’est à mon tour de tenir ma promesse et de lui donner l’héritier qu’il désir. Ça ne m’enchante pas de porter l’enfant d’un homme que je n’aime pas, mais si la survie de ce monde en dépend, alors je me plierais à ce devoir.

Lycos maugréa dans sa barbe naissante mais il n’ajouta rien de plus. Il laissa le glaneur soigner sa brûlure avant de retourner à son poste. Un instant plus tard, le son d’un cor fit vibrer l’air et s’agiter les soldats sur le Dravani. Sur la rive, des éclaireuses amazones suivaient la galère. Le campement de l’armée des cheeranis ne devait plus être très loin. Les hommes se préparèrent rapidement à débarquer dans un ramdam assourdissant….

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Dim 11 Avr - 17:13

Davik éclata d'un rire guttural qui fit trembler les gens autour de lui. Le Dieu de la guerre riait très probalement pour première et dernière fois en présence des mortels. Il tapota la joue du légionnaire et dit, avec un sourire non dissimulé :

- En attendant que ton grand bouffon de Thorin vienne nous montrer ton Royaume Céleste, tu vas avoir le plaisir de faire un petit passage dans notre Royaume Céleste à nous. Mais avant, laissemoi te raconter une histoire, légionnaire.

Le silence tomba tandis que Davik racontait :

- Autrefois, un guerrier hankien prénommé Börol arpentait les villages et les villes avec pour but de les piller. Il était si puissant qu'une dizaine de soldats n'étaient pas capables de l'arrêter. Sur son passage il égorgeait les maris, violait les femmes et attouchaient même des enfants. Un jour, ses pas le conduisirent dans un village de rêve selon lui. Ce village n'était peuplé que de femmes, des guerrières, avec des seins soigneusement mis en valeurs par leurs armures just'aucorps. Pour lui, qui ne voyait que la faiblesse et qui se prétendait orgueilleux et qui considérait les femelles comme des êtres faiblards et fragiles, violer toutes ces femmes ne serait pas difficile. Il s'imaginait déjà à l'acte, victorieux, avec un harem à ses pieds. Mais il ne savait pas ce que tous nous savons ici. Ces femmes ne vivent pas seules et regroupées par hasard, ce sont des Amazones, des soldats barbares et bestiaux, que de nombreux guerriers fuient comme la peste.

Il marqua une courte pause judicieusement calculée.

- Je vais te raconter pourquoi, tant que nous y sommes. Les amazones sont connus pour leur androphobie. Elles haissent les hommes et ne les utilisent que pour s'accoupler. Et crois-moi, elles s'empallent parfaitement bien et sont aussi sauvage quand elles te chevauchent que quand elle te tue. Une fois que le mâle a servi à plusieurs d'entre elles, il est sacrifié à la déesse Sedna. Notre cher hankien n'eut pas cette chance car il eut l'idée absurde de choisir une femme, la plus jeune parmi toute la tribu afin de la défier en duel. Elle avait onze ans. C'était ma fille. Le hankien pensait avoir misé sur le bon cheval mais il ne fallut pas moins d'une minute à la jeune fille pour le mettre à terre. Pas deux pour lui arracher les bourses à mains nues et pas trois pour les lui faire manger. Le hankien fut pendu par les pieds à un piquet de sorte que le sang et les excréments lui coulent sur le visages. Après deux jours seulement, les oiseaux et les insectes venaient récupérer un morceau de chair ou pondre leur oeufs à l'intérieur. Le hankien était robuste, il mit deux semaines avant de mourrir. Son cadavre est aujourd'hui empallé sur le mur d'enceinte de la cité amazone, et fait office d'avertissement à tous les débiles qui oseraient défier leur tribu.

Davik se tourna vers l'amazone et annonça, non sans lorgner ses seins :

- Légionnaire, je te présente ma fille.

Il fut détaché et équipé d'une épée et d'un bouclier. Il s'élança alors avec rage sur la guerrière et le combat commença. Davik regardait la scène avec amusement. Très vite, le légionnaire fut dominé. Il commençait à peiner sous les coups. Elle n'y allait pas de main morte. Au bout de quelques minutes il fut désarmé et précipité à terre. L'Amazone lui enfonça sa lame dans l'épaule droite, le clouant sur le sol meuble. Il sortit un poignard et d'un geste experimenté, elle defit son armue et lui trancha le sexe. Les hommes présents autour, à l'exception de Davik grimacèrent, certains tournèrent même de l'oeil. Le légionnaire poussa une plainte insoutenable que l'amazone fit taire en lui enfonçant ce qu'elle venait de couper cruellement dans la bouche. Elle sortit son fouet mais Davik l'arrêta.

- Non, pas ici. Il va attirer la pestilence et la maladie sur les guerriers. Exhibe-le ailleurs.

Le légionnaire encore vivant fut saisi à la jambe par le fouet et traîné à l'extérieur sur un bon kilomètre. Les amazones accompagnaient leur chef. Elles l'aidèrent à pendre le malheureux à une branche suffisamment exposée pour que sa silhouette soit visible puis retournèrent au camp où aucun homme n'osa lever un seul regard vers elles... Le légionnaire à moitié étouffé par son sang, s'endormit rapidement vers une mort lente et extrêmement douloureuse...

****

Andrew s'était réveillé, après quelques difficultés pour rester debout il avait trouvé le moyen de se lever et de marcher. Quand les cors retentirent, il se leva, accompagné de Molly pour regarder. Les deux Kant étaient à l'écart. L'Elu de Cheera regarda les amazones, d'un oeil indifférent. Savoir que Laureen était définitivement morte avait fait comme un coup de froid sur son désir. Il avait eu grâce à Crya, l'occasion de la revoir... du moins physiquement. Il était partagé, il en voulait à la déesse pour avoir agi ainsi mais d'un autre côté, il n'oubliait pas les moments passés dans ses bras. Forcément quand on a couché avec la femme la plus parfaite de ce Monde, il devient difficile d'aimer les autres... Aussi, ni les fesses galbées, ni les seins préominents des Amazones ne l'intéressait. Il porta ses yeux bleus sur d'autres membres de l'équipage. Il tomba sur Olaek, que Logan suivait de près, dans pour autant lui parler. Le jeune garçon n'avait pas parlé à son père, c'était tout juste s'il s'exprimait en fait. Molly, Avian et même Lycos n'avaient pas réussi à lui arracher plus de deux mots. Il était prisonnier d'un mutisme décourageant.

- Il y a quelques mois, nous étions tous les trois, toi, Logan et moi... 3 Kant... aujourd'hui, nous sommes 5... nous avons deux demi-frères... dont jamais je n'aurais suspecté l'existence. Le premier est un fou, le second un assassin en puissance. Mais quand je les compare à moi, j'ai du mal à les juger. Eux n'ont pas tenter de tuer leur propre fils... ils n'ont pas non plus tenter de tuer leur propre monde.

- Tu étais possédé, Andy.

- Je sais... mais je me souviens de tout. La douleur était telle que je le laissais prendre le dessus. J'ai été lâche, j'aurais du résister pour l'empêcher d'agir.

- C'était un Dieu, que voulais-tu faire contre lui ?

- Je ne sais pas...

Son regard se troubla et il dit en désignant Olaek :

- Il a son âme souillée mais pas au quart de la mienne. Et quand je le regarde, je n'éprouve pas de haine. Je sais que c'est un meurtrier, mais il m'a sauvé... comme Ayreb. J'y ai réfléchi, je crois que quelque chose de mystérieux nous unit... et je sais qu'il s'agit de notre sang. Il a un rapport avec tout, il coule dans nos veines et Ahm'Pyton voulait celui de Logan, car il était le seul à être innocent et à servir ses desseins.

Il se tourna avec insistance vers sa soeur.

- Qu'as-tu fait ? Tu peux m'en parler, maintenant... je n'aurais même pas à te juger.

Molly garda le silence un court moment, hésitante. Elle regarda finalement son frère aîné et lui dit avec amertume :

- J'ai tué papa.

Incrédule Andrew secoua la tête :

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? Il est mort pendant la lune rouge...

- Je le sais. Juste avant qu'il ne parte, il avait tenté d'abuser de moi. Il était imbibé et avait bu plus que de raison. Et je l'ai laissé boire.

- Mais ça n'est pas toi la meurtrière !

- Si Andrew. Je l'ai suivi... et quand il est arrivé près des rochers, je l'ai poussé dans le vide.

Un silence s'abattit soudain. Andrew demeura confus. Il aurait aimé ne pas savoir... mais maintenant que c'était tout le contraire, il sentit un frisson lui parcourir le dos. Ils regardèrent le navire accoster en silence puis se préparèrent à en descendre. Avian rejoignit Teagan satisfait d'avoir enfin l'occasion de débarquer ! Il ne s'habituerait jamais à l'eau...

Un bruit se fit entendre, puissant. Un cor de guerre avait créé du mouvement. Et tandis qu'on fixait les amarres, d'une petite foule de guerriers mal acaparés se dégagea un homme d'allure carrée, planté sur un cheval. Il déclara alors tandis qu'Andrew approchait de la passerelle :

- Elu de Cheera, sois le bienvenu !

La foule commença à répandre murmures et paroles à voix basse.

- Le Seigneur Meecham m'a chargé de vous conduire à lui dès que vous arriveriez. Je dois d'ores et déjà vous annoncer que les Seigneurs Ayreb et Gürkan attendaient également votre arrivée avec patience.

- Et bien soit, conduis-nous donc à eux.

Olaek lâcha, avec ironie :

- Seigneurs... quelle insulte. Ce sont ces bourgeois qui brament le plus lorsqu'on leur tranche la gorge... pathétiques...
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Dim 11 Avr - 18:59

L’officier monté sur le cheval s’inclina respectueusement devant Andrew avant de donner l’ordre à ses hommes de lever le camp et de quitter le port fortifier. Ils escortèrent l’Elu de Cheera et les autres cheeranis jusqu’à un sentier de terre boueuse qu’ils empruntèrent une trentaine de minutes avant d’atteindre la grande plaine où se trouvait la garnison. A l’ouest du campement caché derrière un grand mur d’enceinte, un petit bivouac attira l’attention de Lycos. Celui-ci s’exclama, incrédule :

- Par tous les dieux ! Des Rongmols !

L’homme sur son cheval s’adressa à Andrew principalement :

- Ils sont arrivés ce matin, un peu après l’aube. Seigneur Gürkan prétend qu’ils sont désormais de notre côté, mais je pense qu’il faut être vigilant avec ce genre de créatures.

- Combien sont-ils, demanda Koah qui regardait avec intérêt le campement au loin. Ils n’ont pas l’air d’être beaucoup.

- Une petite centaine, et il y a beaucoup d’enfants avec eux.

Devant le cadavre pourrissant du jalanien accroché au-dessus des portes du camp, Koah détourna le regard, trouvant cette mort trop barbare à son goût. Le mur d’enceinte franchit, ils furent accueillit par les gémissements de nombreux blessés. Des guérisseurs de Sidimote couraient dans tous les sens afin de prodiguer des soins aux hommes tombés au combat. Pour la troisième fois consécutive, les Jalaniens avaient assailli le campement de nuit, pour se retirer à l’aube.

- Ils sont bizarres, commenta le soldat du haut de son cheval. Toutes les nuits depuis trois jours, ils nous attaquent comme s’ils cherchaient à tester nos remparts. Mais nous les repoussons à chaque fois. Je ne comprends pas. Ils perdent énormément d’hommes mais ils continuent malgré tout.

Le soldat conduisit Andrew et les autres au centre du campement, là où se trouvait la grande tente de commandement. A côté de celle-ci, d’autres pavillons servaient d’appartements privés aux dirigeants. Sans se faire annoncer, Andrew souleva un pan de la tente et il entra, suivit des autres. Une fumée épaisse flottait dans l’air à cause des lanternes. Meecham et Gürkan étaient penchés au-dessus d’une table qui croulait sous les cartes, tandis qu’Ayreb se laisser débarrasser du sang de la bataille de cette nuit par deux esclaves nues. Lorsqu’il vit le chef d’Hanka, Koah fronça les sourcils et il serra les poings, contrôlant à l’aide d’un sortilège son esprit afin de se calmer.

- Andrew ! s’écria avec joyeusement Meecham qui délaissa les cartes pour aller offrir une accolade virile au chef de ce monde. Je suis heureux de vous revoir. Vous avez l’air en forme malgré ce que vous avez vécu.

La mine impassible, Gürkan releva la tête des rouleaux de parchemin. Il défia d’un long regard Andrew, puis posa quelques secondes les yeux sur Koah qui l’ignora superbement. Le grand guerrier métissé demanda, méfiant :

- Es-tu bien certain que ce dieu n’a plus d’emprise sur toi, Kant ?

- Je puis vous le certifier, intervint Danaé.

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Jeu 20 Mai - 16:56

Andrew rendit l'accolade virile à Meecham non sans un sourire. Il était content de le retrouver. Il regarda ensuite Gürkan qui le dévisageait.

- J'en suis sûr. La voix a disparu et je ne sens plus sa présence. En fait, je ne sens plus la présence de personne... j'ai l'esprit léger comme si rien n'y habitait, pas même moi.

- Ce sera bientôt mon poing qui va t'habiter le bâtard !

Ayreb avait délaissé ses esclaves pour s'approcher, furieux, une veine bleutée gonflait sa tempe. Il allait fracasser ses phalanges sur le Chef de Lydée lorsqu'il se stoppa net dans sa course. Olaek s'était interposé avec une rapidité fulgurante et avec un croc-en-jambe habile, il l'avait fait tomber par terre. Il plaqua une lame sur la gorge du chef d'Hanka et appuya. Histoire de le dissuader davantage, il laissa entrevoir une autre dague dont la pointe fit perler du sang sur son abdomen.

- Je te conseille de rester sage, j'en ai cinq autres en réserve, à des endroits que ta mère n'oserait même pas imaginer.

- Intéressant...

Tous se tournèrent vers la voix qui venait de raisonner. Davik se tenait légèrement en retrait dans une certaine pénombre. Il avança vers les nouveaux arrivants, avec une démarche indescriptible. Elle incitait immédiatement le respect. Et sa voix imposa immédiatement le silence. Davik s'approcha d'Andrew tandis que Meecham s'écartait. Il se planta devant lui et l'examina :

- Ainsi, voilà donc l'Elu de Cheera, le grand Chef de Lydée ! Le vainqueur de Kobol. Je suis impressionné. D'allure, tu fais vieux chasseur rabougri, à qui le temps a blanchi les temps... a rendu la barbe dure et a laissé sur la peau des cicatrices. Même si ces dernières ne sont que superficielles comparé à ce que tu as vécu. Un homme normal, tout ce qu'il y a de plus banal. C'est surprenant, car tu n'es pas Sula et peu de Sulas auraient survécu à ton voyage. Mais... tu as été bien aidé...

Il lança un regard pétillant à Koah puis déclara :

- Nous voici donc désormais réunis sous tes ordres, Elu de Cheera.

Il plaqua vivement ses yeux dans ceux d'Andrew et ajouta, autoritaire :

- Inclinez-vous devant votre Chef !

- Non, cela n'est pas nécessaire. Ses hommes me valent tous sinon mieux. Ils n'ont pas à s'incliner. J'ai confiance en chacun d'eux, et ils n'ont pas besoin de se soumettre pour marquer leur respect.

Davik parut dubitatif et ajouta :

- Décidément tu ne ressembles à aucun des chefs de guerre que j'ai servi, Chef Kant, tu n'es pas l'Elu de Cheera par hasard.

Le Dieu esquissa un sourire et désigna d'un geste la carte :

- Puisque tu es ici chez toi, voyons donc ensemble, entre égaux, ces fameuses cartes et cette stratégie. Dis-moi simplement qui reste et qui part.

Andrew regarda les autres et haussa les épaules :

- Tous peuvent rester, je n'ai rien à leur cacher.

- Ainsi soit-il.

Après de longues heures de discussions et de mises au point, Andrew, Koah, Gürkan, Meecham, Avian, Olaek, Ayreb et Davik se rendirent sur un haut-plateau qui surplombait la plaine. Devant eux, le campement prenait une proportion conséquente. Le Dieu de la guerre expliqua :

- A l'est, au fond, les Amazones ont établi leur campement. On déplore pour le moment 3 morts et 2 castrés dans un état grave. Plus le jalanien à l'entrée du camp, que vous avez du apercevoir... Plus à l'ouest, les Mages ont établi un campement rudimentaire. Ils manipulent eau, feu, vent ou terre. A côté d'eux, il y a les nécromants de Kabeth, de sombres personnages qui puisent leur pouvoir de la mort, autant dire qu'ils vont offrir sur le terrain un avantage majeur. Là, ce sont les archers du Nord, redoutables bien que peu nombreux... ils sont accompagnés de Chevaliers Raptors, des hommes ne parlant aucun mot de notre langue mais communiquant très bien avec leurs lézards. L'armée d'Hanka est la plus conséquente, même en enlevant les enfants. On a été obligé de les séparer de l'armée d'Oderne, surtout composé d'assassins...

- Tsss...

Davik se tourna vers Olaek en haussa un sourcil, puis reporta son attention sur le campement :

- Ténolas est ici, ils sont peu nombreux, mais assez robustes dans l'ensemble. Les hommes des montagnes les accompagnent, ainsi que les lanciers du nord. Les dompteurs de bêtes sont également de la partie et pour finir les Rongmols aussi depuis ce matin. Nous aurons probablement des renforts supplémentaires... d'ici quelques jours.

- Quel genre de renforts ?

- Le genre susceptible d'effrayer toute cette armée si on en parle... les Yriliens. Vous devrez faire attention avec eux... ce ne sont pas des "choses" à sous-estimer. L'armée de Kirion devrait arriver avant le début des combats.

Davik posa sa main sur l'épaule d'Andrew et dit à voix basse, de sorte que lui seul l'entende :

- Je sais que tu sais le reste... mais ces armées là ne viendront pas comme les autres. Les sulas tout autour de toi, tu les domines, eux non. Ils agiront selon leur bon vouloir.

- Nous devrons faire avec. Pourquoi m'aidez-vous ?

Andrew n'avait pas tardé à comprendre que l'homme qui l'avait ainsi accueilli était Davik, bien que ce dernier ne le lui ai pas dit. Il était étonné de le voir à ses côtés aussi obéissant.

- Je suis un guerrier, je fais la guerre. Le pouvoir ne m'intéresse pas. Seul le combat, la stratégie ont leur importance. Tu es un être d'exception terriblement banal. Tu ne ressemble à aucun des chefs de guerre que j'ai pu croiser dans mon existence. Et pourtant tu as l'âme d'un vainqueur. Un jour viendra où tu domineras ce monde et les Dieux. Je comprends pourquoi Cheera t'a choisi. Elle a su lire au plus profond de ton âme.

L'aveu laissa Andrew songeur et perplexe. Davik designa de sa main robuste une zone à l'est et ajouta :

- Là-bas vous trouverez les Illuminés. C'est un groupe de fidèles d'e Hyphée. C'est la Déesse du Hasard et du Destin. Si vous voulez commencer cette guerre sous une bonne augure, il faudra convaincre les Illuminés de procéder à leur rituel. Il serait fou de partir à la guerre sans se préoccuper du problème. Hyphée est du genre de Sedna. Elle a de beaux seins mais un caractère de chien, à la différence près c'est qu'un chien ne mord jamais son maître.
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mer 26 Mai - 11:15

Silencieux et en retrait, Koah observa longuement le campement de l’armée unie des cheeranis. Celui-ci était assez conséquent. Une épaisse palissade entourait sa majeure partie tandis qu’autour de celle-ci, des hommes creusaient des tranchées piégées afin de se prémunir des attaques terrestres des jalaniens. Koah n’avait jamais vu autant de peuples réunit sous une même bannière et sous un même commandement. De mémoire de Lydéen, ce genre de chose n’était jamais arrivé. Pratiquement toutes les communautés de ce monde avaient répondues présent à l’appel pour le défendre… pratiquement toute, sauf les Trayaregs et les Naïades… mais celles-ci étaient encore en deuil.

- Avez-vous songé à envoyer des émissaires réclamer le soutiens des Trayaregs ? Après Hanka et Yrilia, ils sont les plus nombreux. Et ce monde est également le leur. Il serait normal de leur demander s’ils désirent s’allier à nos forces pour repousser l’envahisseur.

Gürkan haussa les épaules avec dédain, balayant cette idée d’un geste de la main.

- Ne dit pas n’importe quoi ! Les Trayaregs n’ont aucune parole. Ils sacrifient père et mère sur leurs autels et mangent les morts. Nous ne pourrons jamais leur faire entièrement confiance. De plus, voir ce monde détruit leur ferait un immense plaisir.

- Qui sont les Trayaregs ? intervint Meecham en s’adressant principalement à Koah.

- Un peuple…

- De cannibales !

Le jeune homme roula les yeux mais il ne s’attarda pas.

- A l’époque où Lydée était encore debout et où nous ne connaissions pas l’existence d’Yrilia, les Trayaregs étaient la deuxième plus grande communauté d’hommes de ce monde. Ils vivent près des Rocailles et n’entretiennent aucune relation amicale avec les autres communautés. Ils sont même plutôt du genre belliqueux.

- Ils chassent toutes créatures osant poser le pied sur leur territoire, Meecham, renchérit Gürkan. Les Trayaregs estiment que tout ce qui bouge et est différent d’eux peut être mangé. Ils ont été pendant des siècles les plus grands ennemis de Lydée, bien avant Hanka !

Koah se renfrogna.

- C’est du passé. Ils vénéraient Kobol à l’époque.

- Et ? grogna Gürkan. En quoi cela les excuse-t-ils ?

- Aujourd’hui, Kobol est mort et Andrew a hérité de son pouvoir.

Gürkan éclata d’un rire moqueur.

- Tu n’es pas sérieux !

- Je me demande simplement si en héritant du pouvoir de Kobol, Andrew à également hérité de la dévotion des Trayaregs. En renaissant grâce à l’Oxar, j’ai hérité du statut de princesse Naïade. Pourquoi les Trayaregs tourneraient-ils le dos à leur nouveau Kobol ?

La question se devait d’être posée. Même si les Trayaregs étaient un peuple méprisable, barbare et sanguinaire, ils faisaient partie de ce monde et légitimement, ils avaient également le droit de le défendre au même titre que les autres peuples qui le constituaient.

- Nous n’avons de toute façon pas le temps de nous attarder sur la question, s’entêta Gürkan. Nous avons des Illuminés à convaincrent et une guerre à mener.

- D'ailleurs, que faut-il faire pour les convaincre de nous apporter les meilleurs auspices pour mener à bien notre guerre ? demande Meecham pour couper court avec diplomatie à la querelle qui opposait Koah au grand guerrier métissé.

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Jeu 27 Mai - 0:23

Davik eut un regard admiratif vers Koah. Il fut étonné de voir autant de perspicacité chez cet homme qui en apaprrence avait un aspect plutôt immatûre. D'ailleurs la magie qui irradiait de lui était mal contrôlée. Il répondit néanmoins à Meecham en premier :

- Personne ne convainc Hychée. Elle n'est affectée ni par les sacrifices, ni par les objets. C'est une Furie, dont l'âme a été élevée par Kobol lui-même pour en faire un Juge impartial entre lui et Cheera. Au départ, elle était sensé donner l'avantage à l'un ou l'autre sans réfléchir. Mais avec le temps et la folie qui implique sa condition elle est devenue malveillante et têtue.

Il fit craquer son cou dans un mouvement de tête et ajouta :

- Généralement, elle exige le guerrier le plus fort pour s'accoupler avec. L'enfant qu'elle met au monde est élevé par les Illuminés jusqu'à l'âge de 10 ans. Il est alors soumis à un rituel et devient un Haut-Illuminé puis il est alors tué et son âme récupérée par Hychée. Elle le transforme alors en furie, en parfaite réplique d'elle-même. Quand les Illuminés vous autoriseront à la rencontrer, vous devrez prendre garde. En face de vous se tiendront sept copies conformes d'Hychée. Vous devrez parler à la véritable pour envisager son soutien. Vous avez 6 chances sur sept de vous tromper. Et si c'est le cas, elle vous tuera et nous devrons envoyer d'autres personnes pour espérer son soutien, sinon elle déchaînera sa colère contre nous.

- Elle tue son propre enfant ?

Andrew parut soudain troublée. Il aurait préféré ne jamais entendre ça.

- Oui. Cela fait partie du rituel. Je vous conseille de prendre garde si vous parvenez à la trouver parmi les six autres. Cela n'implique pas qu'elle nous aide. Plus le potentiel d'une âme est grand plus elle va tenter d'en récupérer une partie, soit en la capturant, soit en s'unissant à elle. Elle est dangereuse. Souvenez-vous en.

Il posa son regard sur Koah et ajouta à son attention :

- Tu es décidément perspicace. Deux messagers ont été envoyés chez les Trayaregs. Je sais que le premier est mort dévoré. Le second s'est suicidé peu de temps après avoir appris sa mission. De la même façon que torsha réside encore en toi et te permet de gouverner les Rongmols, Andrew a officiellement pris la place de Kobol dans l'ordre de ce monde.

Il regarda le chef de Lydée et compléta :

- Cela veut dire que les furies et les Trayaregs t'obéissent.

Kant ne tarda pas à réfléchir et il ajouta, dans un éclair soudain d'intelligence :

- Donc... Les pouvoirs de Cheera et de Kobol me permettent de contrôler Hychée, puisqu'elle n'était qu'un juge entre eux. Sa nature de furie en fait un de mes sujets et sa nature de juge impartiale un de mes dévôts.

Davik eut un sourire satisfait, rayonnant :

- Il ne te reste plus qu'à découvrir qui elle est parmi les 7 furies. Seuls Kobol et Cheera ne se trompaient jamais. Si une part de leur pouvoir t'habite alors tu devrais pouvoir la reconnaître sans difficulté. Tu ne peux être à deux endroits en même temps. Mais si Hychée se soumet, tu auras plus de chances de rallier les Trayaregs. De plus Hychée était proche de Torsha...

Andrew resta songeur un long moment et dit alors :

- Cela ne sert à rien d'emmener tout le monde. Puique seuls Koah et moi-même sommes importants, nous partirons tous les deux. On ne peut pas prendre le risque de perdre des gens importants.

- Oui, mais si cela tourne mal vous serez seuls.

Le chef de Lydée eut une lueur sombre dans le regard et il trancha :

- Si ça tourne mal, j'utiliserais l'armure pour me défendre et mes flèches pour lui exploser l'âme. Si elle veut jouer, alors je jouerais.

- Sauf que les Furies ne craignent pas les flèches.

- Koah usera de sa magie, à deux nous nous en sortirons. N'est-ce pas ?

Il posa la question au glaneur. Sa voix n'était pas sèche, elle était posée et calme. Trop calme lorsqu'on le connaissait... il affichait un air trop serein pour ne pas avoir une idée derrière la tête.
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Koah Lang
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mer 9 Juin - 9:02

Koah resta longtemps songeur devant le raisonnement d’Andrew. C’était étrange. Et dire qu’à une époque pas si lointaine, il craignait la magie. Aujourd’hui, il semblait avoir accepté le pouvoir qui était désormais le sien. Non seulement Andrew possédait le don le plus précieux de Cheera, mais il détenait également la souveraineté de Kobol. Les êtres primitifs de ce monde lui obéissaient donc, comme les Furies ou même les Idrazits. Andrew était devenu en peu de temps l’homme le plus puissant de ce monde. Koah se demanda si Cheera savait qu’en offrant son immortalité à Andrew, elle lui offrait aussi le monde sur un plateau d’argent.

- Hychée ne craint peut-être pas les flèches, dit-il à l’intention de David, mais elle craindra jusqu’au plus petit caillou que lui lancera Andrew. Il possède le don de Cheera et celui-ci rend dangereux jusqu’à la plus petite brindille entre ses mains.

Koah regarda alors le chef des cheeranis, son regard plongeant dans le sien. Même malgré tout ce qu’il s’était passé entre eux, il ne put s’empêcher d’éprouver pour lui énormément d’affection. Il tenta de se raisonner rapidement et de chasser de son esprit les sentiments qu’il nourrissait à son égard. C’était du passé et d’un façon où d’une autre, il devrait l’accepter et aller de l’avant.

- Bien sûr que nous nous en sortirons tous les deux. J’ai été jusqu’à dévier le cours d’eau du fleuve de l’enfer. Ce n’est pas une bâtarde de Kobol qui me fera peur.

Avec un petit air supérieur, il passa sous le nez d’Andrew et défia d’un regard Avian. Encore une fois, Koah se sentait confiant et plus encore en sachant qu’Andrew avait confiance en lui. Il avait foi en sa magie. Plus celle-ci grandissait et plus elle le confortait dans l’idée qu’il était fait pour la manipuler. Chaque jour qui passait ne faisait que renforcer son pouvoir. Il comprenait de plus en plus, et de mieux en mieux les subtilités du flux magique qui l’entourait. C’était comme si celle-ci réclamait qu’il l’utilise.

- Ne sûr estime pas ta puissance, lâcha Gürkan pour ramener Koah sur terre. De ce qu’on m’en a dit, tu as encore pas mal de lacunes, et pas mal de chose à apprendre.

Le glaneur porta un regard noir sur le guerrier, puis il fixa Avian, comprenant que Gürkan parlait de lui et de son enseignement. Il dit alors, débordant d’arrogance à l’attention de tous ici présent :

- Ma magie est bien plus puissante lorsque je l’utilise d’instinct. Je suis né pour la maîtriser. Ce n’est pas vos enseignements dérisoires (il fixa Avian) qui m’apporteront quelque chose de neuf. Je m’en suis toujours très bien sortit jusqu’à présent. Je vais donc continuer sur ma lancée si ça ne vous dérange pas.

Et comme pour leur clouer le bec à tous, il fit crépiter la magie autour de lui. Celle-ci claqua dans l’air en de petites gerbes d’étincelles bleutées. Débordant d’arrogance et de confiance, Koah s’éloigna dans la prairie, marchant jusqu’au campement…

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mer 16 Juin - 15:07

Andrew haussa un sourcil en voyant Koah fanfaronner. Il était surpris par une telle assurance, lui qui jusqu'à présent n'avait rencontré que des coups. Peut-être s'était-il endurci ? Il se souvint alors de la présence d'Ah'mPyton dans son esprit et de ses dialogues avec Kor qui tendaient bien souvent à s'éterniser... Le souvenir lui remonta en mémoire...

Ils étaient dans l'antre de Kobol. Comme cela avait souvent été le cas, Andrew venait d'atteindre un nouvel orgasme. Ses muscles puissants ruisselants de sueur, il se laissa choir sur le côté. Laureen, ou plutôt Crya, avait la peau parsemée d'écorchures. Pendant plus d'une heure, ils s'étaient contorsionnés sur le sol rocheux et abrasif. La jeune femme avait durement chargé, puisqu'elle était en dessous. Kor apparut sur cette fin de scène torride. Il avait eu un sourire malveillant sur le visage puis les deux Dieux s'étaient parlés... Kor avait des doutes sur l'issue de la bataille que le Dieu des Isolés écarta rapidement.

- Tu n'es pas là pour penser, mon pauvre abruti, mais pour te soumettre. La bataille sera gagné pour notre cause.

- Et la Vague ? Elle ne pourra qu'intervenir à notre encontre, puiqu'elle vit ici. Jamais un monde où elle est né ne peut se détruire totalement.

- La Vague deviendra bientôt l'ennemie de ce Monde, parce qu'elle sera rejetée. C'est sur cela que nous devons jouer. Quand la Vague sera haïe et détestée, qu'elle sera ramenée au rang de larbin de foire, elle n'aura qu'une envie, se libérer. Nul ne peut contenir la Vague. A nous de préparer cette libération et de la guider, maintenant. Redonnons-lui confiance.

En se rappelant cette discussion, Andrew fit un parallèle immédiat avec les dernières actions qu'il avait faites. S'il se montrait aussi proche et conciliant avec Koah c'était pour faire échouer les plans des deux Dieux. Mais il se demanda s'il n'était pas en train de jouer leur jeu... Koah avait retrouvé une confiance et une assurance qui ressemblaient plus à de l'orgueil qu'à autre chose. Il se consolidait davantage dans sa position. La voix de Davik le tira de sa rêverie :

- Prenez garde, car vous êtes mortels. Hychée n'aura aucun scrupule à vous tuer.

Andrew approuva l'air absent puis voyant Koah s'éloigner, il se tourna vers Gürkan et lui ordonna :

- Prépare les hommes aux combats. Je veux que chacun d'entre eux soit apte à se battre à l'épée, à l'arc et à la lance. Qu'ils sachent monter des bêtes, dont la taille importe peu et qu'ils sache aussi tendre des embuscades. Tuez tout intrus sur notre base.

Il allait partir lorsqu'il se ravisa :

- Et brûlez-moi les cadavres, n'oubliez pas le Passeur, qu'elle que soit leur origine. Ces soldats ne sont que des pions de Thorin, ils ne méritent pas de ne pas avoir de dernière demeure.

Sur ce, il partit à la suite de Koah, emportant avec lui son armure et son arc. Il ne regarda pas en arrière. Davik eut un sourire réjoui sur son visage et déclara, à l'attention de ceux qui étaient restés :

- De toute mon existence, seule une autre personne avait autant de tempérament de battant, moi-même. S'il n'était pas mortel, les Panthéons des Dieux aurait trouvé en lui un chef probable.

Il posa ses yeux sur Gürkan :

- Puisque tu es visiblement notre chef de remplacement, quels sont tes ordres ?

***

Depuis une vingtaine de minutes, Andrew marchait derrière Koah, qui visiblement avait décidé d'en mettre plein la vue. Malgré toute l'admiration qu'il lui portait, ce comportement commençait à l'agacer. Ce n'était pas vraiment l'entêtement et le côté revêche qui le mettaient en pétard mais plutôt cette sensation de n'être qu'un pion dans le jeu de Thorin. Il avait de plus en plus l'impression que l'issue serait la même quoiqu'il tente. Le mal avait été fait et il était trop tard. Mais il lui restait un atout non négligeable : la franchise. Il y pensait de plus en plus. Tant et si bien qu'il ouvrit la bouche pour dire à Koah ce qu'il avait entendu. Sa voix brisa le petit silence, légèrement altéré par quelques crépitements de magie :

- Koah, il faut que je te parle de quelque chose d'impor...

Un sifflement familier lui fit baisser la tête. Sans plus attendre, il se précipita sur Koah et le poussa brusquement à terre. Deux sifflements passèrent près de leurs oreilles tandis que le glaneur d'affala de tout son long sur le sol. Andrew lui était tombé dessus avec son armure, et le poids qu'elle impliquait.

- Chut...

Il se pressa contre Koah, cherchant à se rendre le plus petit possible. Au bout de quelques secondes il se dégagea et s'accroupit à côté du glaneur. Il regarda autour d'eux et chuchota :

- Des flèches, quelqu'un a essayé de nous abattre.

Ses yeux furent attiré par un éclat brillant au sol. Il examina l'éclat et prit entre ses mains le fil très fin. Il compris alors que personne ne leur avait tiré dessus. Ils avaient mis les pieds dans un piège.

- Ce sont des pièges, regarde la corde. Ce fil est si fin qu'on ne le sent pas casser. Hychée est loin d'être sans défense...

Il scruta les environs et finit quand même par se concentrer sur Koah. Le malheureux avait été violemment plaqué contre le sol terreux...

- Je suis désolé, rien de cassé ?
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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Mer 30 Juin - 14:37

Le coup qu’il essuya lui avait coupé le souffle. Allongé de tout son long, Andrew sur lui, Koah tentait de calmer la colère passagère qui avait prit possession de son être. Il n’arrivait pas à savoir pourquoi exactement il en voulait à la terre entière, et plus particulièrement à Andrew à cet instant. La proximité de leurs corps (bien que séparés par l’imposante armure du grand homme), et les douloureux souvenirs d’un passé en commun perturbaient les pensées du glaneur. Celui-ci dû user d’un sortilège d’apaisement mental pour ravaler ses pulsions et taire son désir. Car sentir le souffle d’Andrew contre son visage avait réveillé en lui car qu’il pensait avoir scellé au fond de son être à jamais.

- J’ai connu des coups bien plus difficiles à encaisser, ronchonna d’un air faussement indifférent Koah en se relevant et en époussetant sa tunique. Ce n’est pas cette petite bousculade qui me brisera. Si tant est qu'il y ait encore quelque chose à briser en moi.

Koah s’approcha du fil brisé et il s’accroupit, ramassant ce dernier. Il regarda autour de lui, puis en direction du campement des dévots d’Hychée. Si ce qu’Andrew disait était exact, ce ne serait pas le seul piège sur leur chemin. Le glaneur soupira. Il en avait assez qu’on lui mette sans cesse des bâtons dans les roues. A croire que les habitants eux-mêmes de ce monde étaient contre la survie de celui-ci.

- Je ne sais pas vous Andrew, dit-il en se relevant, un air hautain sur le visage, mais moi j’en ai assez qu’on me dise comment agir. Il m’a été fait don d’un pouvoir inégalé, et je compte bien m’en servir. Si Hychée et ses larbins refusent qu’on approche par la méthode douce, c’est à grand coup d’éclat que nous la rencontrerons.

La magie crépita autour du glaneur, puis un vent chaud souffla à travers ses cheveux. Avec un sourire en coin, le genre de sourire prétentieux qu’il arborait souvent depuis un moment, Koah descendit la plaine. Un piège se déclencha mais les flèches furent aussitôt arrêtées dans leur élan par des ronces sorties de terre. A chacun des pas du glaneur dont la magie irradiait son être, le sol se mouvait autour de lui. L’herbe poussait à une vitesse folle, tandis que de celle-ci des lianes et des ronces surgissaient et brisaient un à un les pièges. Koah ouvrait la route vers le campement, confiant et débordant de magie.

- Je suis la Vague ! cria-t-il a l’attention des gardes qui bloquèrent l’issue du camp. J’accompagne l’Elu de Cheera ! Nous voulons voir Hychée ! Sur le champ. Pliez-vous à ma volonté ou subissez mon courroux !

Autour de Koah, les ronces continuaient à onduler et l’herbe à se mouvoir.

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MessageSujet: Re: 05 - Les Remous de la Vague   Jeu 15 Juil - 21:48

[HJ : Les balises ne fonctionnent plus ? Je sélectionne, je clique mais ça me met rien en page. ]

Alors que Koah se pavanait en usant de ses pouvoirs, Andrew réfléchissait. Il voulait bien essayer d'empêcher le glaneur de se croire au dessus des choses, mais il ne voyait pas comment. Il cherchait à éviter de le rabaisser, par inquiétude de le voir exploser. Il n'y avait nul doute, il devenait dangereux de traîner avec lui, d'ailleurs, il n'aperçut même pas que certaines ronces venait écorcher les jambes du Chef des Sulas. Etait-ce conscient ou pas ? Est-ce que la Vague faisait exprès de lui faire mal, ainsi pour se venger ? Ou alors se servait-elle de son ressenti pour réagir ? Il avala difficilement sa salive à cette idée. La Magie... depuis le début, Andrew pensait qu'elle n'était pas un pouvoir simple, mais bien un être doté de conscience, se nourrisant de la force de l'essence mais aussi des faiblesses d'un individu. Il se rappela d'une phrase lointaine, qui lui revint tout à coup en mémoire : "La magie est un allié qui vous plante un poignard dans le dos lorsque vous avez un genou à terre". Il réfléchit à cette phrase, ne sachant plus où il l'avait apprise. Il écouta Koah parler toujours aussi songeur et s'immobilisa lorsque des voix sifflantes ricanèrent :

- Hi hi hi... nous vous attendions... venez donc jouer avec nous, mortels. Choisissez votre corde, Vague.

Juste à cet instant précis, une ronce se transforma en liane et se passa autour du cou d'Andrew avec violence. Comme raccordée à une branche, la liane s'envloa dans les airs, sur la cime des arbres. Alors que trois pierres tombèrent de l'arbre, chacune attachée à trois bouts de liana, Andrew s'éleva dans les airs, la corde serrant son cou et coupant sa respiration.

- Choisissez Vague, et ne vous trompez pas, l'air commence à manquer. Hi hi hi.

Andrew, pendu à plus de cinq mètres de hauteur avait le visage violacée et gesticulait en espérant casser la liane. Il sortit son épée et leva le bras mais une ronce lui enserra le poignet, le faisant lâcher l'arme et saigner. Il regarda Koah, impuissant et eut alors l'idée de lui ouvrir son esprit. Il laissa tomber les barrières qu'il avait mise autour de lui et espéra que le glaneur le remarque... Quelle plaie que de savoir déjà ce que les Furies pensaient et quelle corde était la bonne mais de ne pas pouvoir le dire... Et dire qu'elles n'avaient même pas besoin d'agir elles-même, elle se servait de la haine de Koah pour détourner son pouvoir et le retourner contre eux... Il se concentra et tenta d'atteindre l'esprit du jeune Lang. Peine perdue, il n'était pas sula... tout ça lui était physiquement impossible. Quoique ?

***

Davik resta dubitatif. Depuis qu'il était sous les ordres de Gürkan, ce dernier cumulait à ses yeux les petites erreurs qui souvent menaient aux pires défaites, dans sa façon de se comporter, comme si quelque chose d'autre occupait son esprit loin des obligations qui découlaient de sa charge. Tandis qu'il l'observait un peu en retrait, Crya s'approcha langoureusement de lui, docile, posant une main sur son torse musclé et saillant sous l'armure et l'autre au niveau de son entrejambe, qu'elle massa avec conviction. Davik lui adressa un regard particulier.

- Tu es toujours la même.

- Tu devrais être bien placé pour savoir que je ne faillis jamais à ma réputation. Combien de temps cela fait-il toi et moi ?

- Des siècles.

- Oui... c'est beaucoup trop.

Elle le poussa dans la tente et mit son autre main sur l'entrejambe du dieu-guerrier. Davik eut un sourire amusé et la repoussa :

- Quoi ? Tu oses me rejeter ?

- Oui. Je ne couche qu'après une bonne victoire et jamais avec des femmes enceintes, question de principe.

- Parce que toi tu as des principes ?

- Ne sois pas aigri, tu as tout un tas de mortels qui ne rêvent que de te sauter dessus. tu trouveras bien de quoi te faire jouir dans ce campement.

Crya, boudeuse, s'adossa contre un piquet. Elle concéda :

- C'est le fils d'Andrew. Il sera mon arme.

Une lueur passa dans le regard Davik et il dit gravement :

- Tu sais pertinemment que nous allons disparaître. A quoi bon se raccorcher à un vain espoir ? Ce gamin ne te servira à rien.

- Oh que si. Tu n'as jamais été capable de comprendre ça. Mais on s'inscrit dans l'histoire par nos enfants, pas par nos exploits.

- Tu te trompes, ce sont bien nos exploits qui forment les légendes que nos petits enfants entendent avant de s'endormir. Accepte ton destin, nous avons fait notre temps.

- Quoi ? Toi tu te rends sans combattre ?

- Je ne combats que les ennemis de Cheera. Pas son élu. Si son élu met fin à notre règne, alors nous devons laisser faire.

Crya resta dubitative et finit par ajouter :

- Andrew a été un excellent amant.

Et Davik répondit, impérieux et impassible :

- Je doute qu'il soit plus qu'autre chose avec toi à l'avenir.

- Il prendra soin de son enfant.

- Oh ça oui, surement... son âme est empreinte d'amour. Il ne pourra jamais tuer son propre sang. Par contre, toi... Quand il saura que tu l'as trompée pour tenter de tirer ton épingle du jeu, cela risque d'aller fort mal pour toi. Il te le fera lourdement payer.

- Toi qui est si fort, qu'aurais-tu fait à ma place ?

- C'est justement ça ton problème, et le problème des autres. Vous n'avez pas compris comment survivre avec l'amour de Cheera. Elle a toujours voulu que l'on aide les mortels. Aujourd'hui, ils ont besoin de notre aide et nous devons nous sacrifier comme elle l'a fait. C'est ça le vrai message.

- Je n'ai pas envie de mourir !

- Pourtant, ton tour viendra suffisamment tôt.

- Le tien aussi !

- Oui, mais une part de moi survivra.

- Que veux-tu dire ?

Davik resta silencieux un long moment et répondit avant de sortir de la tente :

- Que tu devras profiter des bienfaits de la chair tant que tu le peux encore. Il est trop tard pour toi. Et ton enfant ne te servira pas de bouclier, mais va précipiter ta perte. Suspect
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